Principautés danubiennes

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Principautés danubiennes (Principatele române)

13301859

Drapeau Blason
alt=Description de l'image Danubian Principalities 1750.jpg.
Histoire et événements
1330, 1359 fondation de la Valachie (écu d'azur) puis de la Moldavie (écu de gueules)
1422, 1484 l'Empire ottoman annexe les ports et côtes de la Mer Noire (Dobrogée valaque et Bugeac moldave)
1534, 1538 l'Empire ottoman annexe les ports danubiens valaques de Turnu, Giurgiu et Brăila, et la région (raïa) moldave de Tighina
1713, 1714 l'Empire ottoman annexe la région (raïa) moldave de Hotin ; début de la période phanariote dans les deux principautés
1775 annexion autrichienne de la région moldave alors nommée Bucovine
1812 annexion russe de la moitié orientale de la Moldavie, alors nommée Bessarabie
1829 la Valachie récupère les ports danubiens de Turnu, Giurgiu et Brăila ; fin de la période phanariote dans les deux principautés
1856 la Moldavie récupère le Bugeac
1859 fusion des deux principautés pour former la Roumanie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

Principautés danubiennes (en russe : Дунайски княжества, en grec παραδουνάβιες χώρες, en serbe : kneževine Dunavske) est une expression ancienne désignant les principautés de Moldavie et de Valachie. Ce terme a été forgé par les chancelleries diplomatiques depuis le traité de Küçük Kaynarca de 1774, puis largement utilisé par les historiens et les milieux politiques hors des pays roumains (où on les appelle principatele române : les « principautés roumaines »). Après l'union des deux Principautés en 1859, qui inaugure l'existence politique de la Roumanie, les expressions principautés danubiennes ou provinces danubiennes cessent d'être employées dans les chancelleries, mais sont encore utilisées par les historiens non-roumains pour désigner les anciennes principautés.

Les principautés de Moldavie et Valachie en 1786, carte italienne de G. Pittori, d'après le géographe Giovanni Antonio Rizzi Zannoni.

Enjeux sémantiques[modifier | modifier le code]

Les historiens roumains contestent la pertinence du nom principautés danubiennes et plus encore celle de provinces danubiennes, avançant quatre arguments[1] :

  • le refus de l'historiographie russe et européenne d'utiliser l'adjectif « roumains » pour les États et les populations roumanophones d'avant 1859 (au motif que ce serait un néologisme du XIXe siècle) est historiquement infondé et géographiquement inéquitable, car cet adjectif est attesté comme endonyme dès le XVIe siècle[2] et les adjectifs équivalents allemand ou italien sont bien utilisés internationalement pour désigner les États et les populations germanophones ou italophones d'avant les unités allemande ou italienne de 1871 ;
  • le terme de principautés danubiennes est géographiquement et historiquement flou pour les non-spécialistes, puisque de nombreuses principautés ont été situées le long du Danube au cours du temps, notamment dans l'Empire germanique ;
  • à partir de 1817 le concept vaut aussi pour la Principauté de Serbie, et devrait donc désigner les trois principautés chrétiennes vassales de l'Empire ottoman ensemble, et non les seules Moldavie et Valachie comme c'est le plus souvent le cas dans l'historiographie occidentale, russe ou grecque ;
  • le terme de provinces danubiennes est historiquement encore plus faux, puisque les principautés roumaines furent vassales du sultan ottoman mais ne furent jamais des provinces ottomanes et ne firent pas partie de l'Empire turc ; il s'agit souvent d'une mauvaise traduction du grec παραδουνάβιες χώρες qui signifie en fait "pays danubiens" (et non "provinces") et cette erreur aboutit, sur de nombreuses cartes historiques pour la période 1815-1878, à représenter la Serbie, le Monténégro, la Tunisie ou l'Égypte comme indépendantes et/ou autonomes vis-à-vis de l'Empire ottoman, tandis que les principautés roumaines ne figurent pas, leur territoire étant rendu comme turc[3].

En français, ce sont Émile Ollivier, Edgar Quinet et Élysée Reclus qui, vers la moitié du XIXe siècle ont introduit dans le langage courant le gentilé « roumains », « roumaines », issu de l'endonyme de ces populations, à la place de Danubiennes, Valaques, Moldaves ou Moldo-Valaques.

Spécificités[modifier | modifier le code]

Pierre tombale du prince Radu Mihnea (XVIIe siècle) portant les armes de la Valachie et de la Moldavie, dans le Monastère de Radu Vodă.
Monnaie d'1,3 Para des « principautés danubiennes » avec les armes des deux états.

Les deux principautés de Moldavie et Valachie avaient leurs souverains (voïvode, hospodar ou domnitor selon les époques et les sources), leurs conseils (sfat domnesc ou conseil princier), leur législation (pravila), armées (oastea), flottes sur le Danube (bolozanele) et un corps diplomatique (logofeții). Elles avaient une monnaie commune (galbeni, bani, parale...), ont eu comme langues de chancellerie et liturgique le slavon, le grec et le roumain, et utilisaient la même écriture gréco-slavonne spécifique de 43 signes[4], qui leur était propre.

La monarchie y était élective : le souverain était élu par (et souvent parmi) les boyards : pour être nommé, régner et se maintenir, il s'appuyait sur les partis de boyards et fréquemment sur les puissances voisines, Hongrie, Pologne, Transylvanie, Russie et surtout Turquie, car jusqu'en 1859 les deux principautés étaient vassales et tributaires de la « Sublime Porte ». Le candidat au trône devait ensuite "amortir ses investissements" par sa part sur les taxes et impôts, verser en outre le tribut aux Ottomans qui confirmaient son élection, payer ses mercenaires et s'enrichir néanmoins. Pour cela, un règne d'un semestre au moins était nécessaire, mais la "concurrence" était rude, certains princes ne parvenaient pas à se maintenir assez longtemps sur le trône, et devaient ré-essayer. Cela explique le "jeu des chaises musicales" sur les trônes, la brièveté de beaucoup de règnes, les règnes interrompus et repris, et parfois les règnes à plusieurs (co-princes). Quant au gouvernement, il était assuré par les ministres et par le Sfat domnesc (conseil des boyards).

À plusieurs reprises dans son histoire, la Principauté de Moldavie a été vassale et alliée de la Pologne mais cela ne signifie pas, comme l'affirment par erreur certains auteurs (voir [1] et [2]) qu'elle soit devenue une province polonaise ou un fief du roi de Pologne. Ces erreurs sont dues d'une part à la confusion sémantique chez certains historiens modernes, entre voïvodie (province, en polonais) et voïvode (prince régnant, en roumain), ou encore entre suzeraineté et souveraineté, et d'autre part à la rétroprojection nationaliste de l'histoire[5].

Concernant le tribut aux Ottomans, la vassalité des principautés roumaines envers le Sultan turc ne signifie pas, comme le montrent par erreur beaucoup de cartes historiques, qu'elles soient devenues des provinces turques et des pays musulmans. Seuls quelques petits territoires moldaves et valaques sont devenus ottomans : en 1422 la Dobrogée au sud des bouches du Danube, en 1484 la Bessarabie alors dénommée Boudjak, au nord des bouches du Danube (Bessarabie ne désignait alors que les rives du Danube et de la mer Noire), en 1538 les rayas de Brăila alors dénommée Ibrahil et de Tighina alors dénommée Bender, et en 1713 la raya de Hotin. Le reste des principautés de Valachie et Moldavie (y compris la partie de la Moldavie située entre Dniestr et Prut qui sera appelée Bessarabie en 1812, lors de l'annexion russe) ont conservé leurs propres lois, leur religion orthodoxe, leurs boyards, princes, ministres, armées et autonomie politique (au point de se dresser plus d'une fois contre le Sultan ottoman)[6]. Les erreurs cartographiques et historiques sont dues à l'ignorance ou à des simplifications réductrices[7].

Traditionnellement, les musulmans considèrent les Principautés roumaines tributaires de l’Empire ottoman, comme situées dans le Dar el Ahd ("maison de la trêve", en arabe : دار العهد), qui définit de jure leur statut d’états chrétiens orthodoxes vassaux des Ottomans musulmans, où seuls des orthodoxes pouvaient être citoyens : les musulmans, avdétis, romaniotes et sépharades étaient sujets et protégés de l'Empire ottoman, les catholiques, protestants et ashkénazes étaient sujets et protégés de l'Empire des Habsbourg ou des états d'Europe centrale et occidentale dont ils étaient originaires. Certaines fonctions, droits et devoirs, comme servir l’État, faire le service militaire, acquérir des terres et ouvrir des entreprises, étaient réservées aux citoyens orthodoxes[8].

Depuis la fin du XVIIe siècle, l’élection du prince se joue de moins en moins à Jassy et Bucarest auprès du Sfat Domnesc (conseil des boyards), et de plus en plus à Constantinople parmi les Phanariotes et auprès des Ottomans ; elle est aussi de plus en plus coûteuse. Au début du XVIIIe siècle (et jusqu’en 1829), les Phanariotes supplantent les boyards roumains et seront très nombreux à régner sur les deux principautés ; les deux aristocraties s'entremêlent, les Phanariotes se roumanisent, les boyards s'hellénisent[9].

C'est aussi la période où l'Empire russe se rapproche des principautés, commence à se poser en champion de la foi orthodoxe contre l’Empire ottoman, y mène des campagnes militaires et intervient dans la politique des Principautés roumaines, qui sont alors influencées par l’esprit des Lumières ; leurs aristocraties et bourgeoisies commencent à devenir francophiles et francophones, phénomène qui culminera au XIXe siècle et perdurera jusqu'au milieu du XXe siècle[10].

Les armoiries des principautés (Moldavie à gauche, Valachie à droite) sur le blason de la famille princière Mavrocordat.
Évolution territoriale des principautés roumaines jusqu'en 1859:
  •      Territoires voisins
  •      Pour comparaison, territoire de la Roumanie en 1918-1940
  •      Formations politiques ayant une population roumaine ("valaque", "moldave") attestée
  •      Formations politiques à population et aristocratie roumaines attestées : Valachie (sud) et Moldavie (nord-est)
Armoiries des principautés en 1805.
Valachie (bleu) et Moldavie (rouge), par Theodor Aman, 1856.
Les județe des principautés danubiennes en 1800, d'après N. Iorga et C. Giurescu.

Durant cette période, des princes (Alexandru IV Lăpușneanu, Radu Șerban, Șerban Cantacuzène et Antioche Cantemir) et des lettrés fondent des académies (en 1561 à Cotnari en Moldavie, en 1603 à Târgoviște et en 1688 à Bucarest en Valachie, en 1707 à Jassy en Moldavie ; les princes Constantin Brâncoveanu et Dimitrie Cantemir accomplissent des réformes juridiques et fiscales dans un sens plus équitable, et en 1741, le hospodar Constantin Mavrocordato instaure en Valachie une Constitution ("Marele Hrisov"), avant d’abolir le servage en 1746-49 en Valachie et en Moldavie, où il règne successivement. Le "Marele Hrisov" a été publié in extenso dans le "Mercure de France" de juillet 1742. En 1780, la "Pravilniceasca Condică", code de lois rédigé par le hospodar Alexandre Ypsilantis (ancêtre d'un autre Alexandre Ypsilantis célèbre en 1821) instaure la notion de citoyenneté. Le hospodar moldave Ioan Sturdza lève les restrictions religieuses légales en 1823, commence une réforme agraire en sécularisant les domaines ecclésiastiques, et abolit la robie (servage des Roms ; la robie n’est pas comme on l’a souvent écrit un "esclavage" car le rob peut se vendre et se racheter lui-même, et ne peut appartenir qu’aux monastères, aux boyards et aux voïvodes, mais non à des particuliers)[11].

Les révolutions roumaine et grecque de 1821 et européenne de 1848 soulèvent les deux principautés, contrairement à ce qu’indiquent les nombreuses cartes historiques non-roumaines qui, les prenant pour des provinces ottomanes, n’y marquent aucun signe de révolution locale, au motif que celle-ci n’a pas touché l’Empire turc. Les réformes du prince Ioan Sturdza, entre autres, sont des conséquences de la révolution de 1821. Ces réformes seront poursuivies après des interruptions par Alexandre Jean Cuza, et ne sont pourtant qu’un début : il faudra attendre 1921 pour voir disparaître, dans la législation roumaine, les dernières traces juridiques du statut spécifique des Principautés roumaines aux marges de l’Empire ottoman. Toutefois, ces Principautés étaient dotées de constitutions, pourvues de facultés et libérées du servage près d’un siècle avant les grands empires absolutistes voisins[12].

Une autre particularité des Principautés roumaines est le fait que leur majorité paysanne a été, durant de longues périodes, en position d’asservissement à des financiers phanariotes, arméniens, arvanites, romaniotes, sépharades ou levantins qui l’exploitaient durement, et auxquels les hospodars, pour rembourser leurs dettes d’intronisation, affermaient les offices moldaves et valaques. Par conséquent, la majorité roumaine a longtemps été moins favorisée socialement, économiquement et culturellement que les minorités, liées aux classes dominantes des Principautés roumaines ainsi qu’aux Empires voisins et à leur essor économique. La seule minorité encore moins favorisée que la majorité roumaine, était celle des Roms[13].

Lorsque le mouvement d’émancipation roumain a commencé à émerger sous l’influence des Lumières, ses revendications ont remis en question cet ordre des choses, et lorsqu’en 1918 l’unité roumaine s’est politiquement accomplie, les minorités jadis favorisées, comme les Allemands et Magyars des territoires anciennement austro-hongrois, ou bien les Russes des territoires anciennement russes, ont perdu leurs avantages et ont protesté avec d’autant plus de véhémence, que la démocratie parlementaire, instaurée en 1921, le leur permettait. De ce fait, le nationalisme roumain, comme bien d’autres en Europe, s’est teint de xénophobie, qui, attisée par la crise économique des années 1930, a culminé durant la Seconde guerre mondiale par la Shoah roumaine[14].

Le demi-siècle de dictature communiste qui s’en est suivi n’a pas gommé toutes traces de ces particularités, qui ont ressurgi après la « Libération de 1989 » sous la double forme d’une vie politique riche en intrigues, changements de cap, affrontements, clientélismes, corruptions et scandales divers, et de discours populistes portés par des partis nationalistes comme le PRM. À tort ou à raison, mais assez systématiquement, ces particularités sont analysées par des commentateurs tel Andrei Pleșu comme « un héritage de la vassalité ottomane »[15].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alexandru Dimitrie Xenopol, Histoire des Roumains de la Dacie trajane : Depuis les origines jusqu'à l'union des principautés. E Leroux Paris (1896)
  • Nicolas Iorga, Histoire des Roumains et de la romanité orientale. (1920)
  • (ro) Constantin C. Giurescu & Dinu C. Giurescu, Istoria Românilor Volume III (depuis 1606), Editura Ştiinţifică şi Enciclopedică, Bucureşti, 1977.
  • Neagu Djuvara, Les pays roumains entre Orient et Occident : les Principautés danubiennes au début du XIXe siècle, Publications Orientalistes de France, 1989.
  • Mihail Dimitri Sturdza, Dictionnaire historique et généalogique des grandes familles de Grèce, d'Albanie et de Constantinople, M.-D. Sturdza, Paris, chez l'auteur, 1983 (ASIN B0000EA1ET).
  • Jean-Michel Cantacuzène, Mille ans dans les Balkans, Éditions Christian, Paris, 1992. (ISBN 2-86496-054-0)
  • Joëlle Dalegre Grecs et Ottomans 1453-1923. De la chute de Constantinople à la fin de l’Empire Ottoman, L’Harmattan Paris (2002) (ISBN 2747521621).
  • Jean Nouzille La Moldavie, Histoire tragique d'une région européenne, Ed. Bieler (2004), (ISBN 2-9520012-1-9).
  • Traian Sandu, Histoire de la Roumanie, Perrin (2008), (ISBN 9782262024321).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Florin Constantiniu : Une histoire sincère du peuple roumain, 4e édition revue et augmentée, éd. Univers encyclopédique, Bucarest 1997
  2. Bien qu'Ernest Gellner ait écrit que « ce sont les États qui créent les nations », la notion de Roumain ou Aroumain n'apparaît pas avec la Roumanie moderne (comme l'affirment les historiens occidentaux, soviétiques et grecs) mais la précède. Les premières attestations des Valaques se désignant eux-mêmes avec le nom de « romain » datent du XVIe siècle, alors que des humanistes italiens commencent à rendre des récits écrits sur leurs voyages dans les zones habitées par des Valaques. Ainsi :
    • Tranquillo Andronico écrit en 1534 que les Roumains (Valachi) « s’appellent eux-mêmes romains » (« nunc se Romanos vocant » in: A. Verress, Acta et Epistolae, I, p. 243).
    • En 1532 Francesco della Valle accompagnant le gouverneur Aloisio Gritti note que les roumains ont préservé leur nom de romains et qu'« ils s’appellent eux-mêmes roumains (Romei) dans leur langue ». Il cite même une phrase : « Sti rominest ? » (« sais-tu roumain ? », roum. : « știi românește ? »): « ...si dimandano in lingua loro Romei...se alcuno dimanda se sano parlare in la lingua valacca, dicono a questo in questo modo: Sti Rominest ? Che vol dire: Sai tu Romano, ... » (in: Cl. Isopescu, Notizie intorno ai romeni nella letteratura geografica italiana del Cinquecento, in Bulletin de la Section historique, XVI, 1929, p. 1- 90).
    • Ferrante Capeci écrit vers 1575 que les habitants des « provinces valaques de Transsylvanie, Moldavie, Hongro-valaquie et Mésie » s’appellent eux-mêmes roumains (romanesci) (« Anzi essi si chiamano romanesci, e vogliono molti che erano mandati quì quei che erano dannati a cavar metalli... » in Maria Holban, Călători străini despre Țările Române, vol. II, p. 158 – 161).
    • Pierre Lescalopier remarque en 1574 que « Tout ce pays la Wallachie et Moldavie et la plupart de la Transilvanie a esté peuplé des colonies romaines du temps de Trajan l’empereur…Ceux du pays se disent vrais successeurs des Romains et nomment leur parler romanechte, c'est-à-dire romain… » (Voyage fait par moy, Pierre Lescalopier l’an 1574 de Venise a Constantinople, fol 48 in Paul Cernovodeanu, Studii și materiale de istorie medievală, IV, 1960, p. 444).
    • Le Saxon transylvain Johann Lebel note en 1542 que les Valaques se désignent eux-mêmes sous le nom de Romuini: « Ex Vlachi Valachi, Romanenses Italiani,/Quorum reliquae Romanensi lingua utuntur.../Solo Romanos nomine, sine re, repraesentantes./Ideirco vulgariter Romuini sunt appelanti » (Ioannes Lebelius, De opido Thalmus, Carmen Istoricum, Cibinii, 1779, p. 11 – 12).
    • Le chroniqueur polonais Orichovius (Stanislaw Orzechowski) observe en 1554 qu’«en leur langue ils s’appellent romin, selon les romains et valaques en polonais, d’après les Italiens » ("qui eorum lingua Romini ab Romanis, nostra Walachi, ab Italis appellantur" in: St. Orichovius, Annales polonici ab excessu Sigismundi, in I. Dlugossus, Historiae polonicae libri XII, col 1555).
    • Le Croate Anton Verancsics remarque vers 1570 que les Valaques se nomment eux-mêmes romains (roumains) : « ...Valacchi, qui se Romanos nominant...„ “Gens quae ear terras (Transsylvaniam, Moldaviam et Transalpinam) nostra aetate incolit, Valacchi sunt, eaque a Romania ducit originem, tametsi nomine longe alieno... » (in: De situ Transsylvaniae, Moldaviae et Transaplinae, in Monumenta Hungariae Historica, Scriptores; II, Pesta, 1857, p. 120).
    • Le hongrois transylvain Martinus Szent-Ivany cite en 1699 les expressions : « Sie noi sentem Rumeni » (« nous aussi, nous sommes roumains », pour le roum. : « Și noi suntem români ») et "Noi sentem di sange Rumena" (« nous sommes de sang roumain », pour le roum. : « Noi suntem de sânge român ») : Martinus Szent-Ivany, Dissertatio Paralimpomenica rerum memorabilium Hungariae, Tyrnaviae, 1699, p. 39.
    • À la même époque, Grigore Ureche (Letopisețul Țării Moldovei, p. 133-134) écrit : « În Țara Ardealului nu lăcuiesc numai unguri, ce și sași peste seamă de mulți și români peste tot locul... ».
    • Enfin, dans son testament littéraire, Ienăchiță Văcărescu écrit : « Urmașilor mei Văcărești!/Las vouă moștenire:/Creșterea limbei românești/Ș-a patriei cinstire. » Enfin dans une Istoria faptelor lui Mavroghene-Vodă și a răzmeriței din timpul lui pe la 1790 un Pitar Hristache versifie : « Încep după-a mea ideie/Cu vreo câteva condeie/Povestea mavroghenească/Dela Țara Românească ».
  3. Y compris par des centres de diffusion cartographiques importants comme toutes les grandes maisons d'édition françaises, l'Université d'Oxford ou IEG-MAPS (dir: Andreas Kunz de l'Université de Mayence), voir par exemple Map-GermanConfederation.svg.
  4. Voir article Écriture du roumain d'après Ion-Aurel Candrea, Dicţionarul enciclopedic ilustrat „Cartea românească”, 1re partie, Cartea românească, Bucarest, imprimé entre 1926 et 1931 :
    Lettre Nom de la lettre Valeur numérique Prononciation Correspondant actuel
    1 Α α az 1 /a/ a
    2 Б б buche /b/ b
    3 В ϐ vede 2 /v/ v
    4 Г г glagol 3 /ɡ/ g, gh
    5 Д δ dobru 4 /d/ d
    6 Є ε iest 5 /e/ e
    7 Ж ж jivete /ʒ/ j
    8 Ѕ ѕ dzelo, dzialu 6 /d͡z/
    9 З з zeta, zemlia 7 /z/ z
    10 И η ije, ita 8 /i/ i
    11 І і I 10 /i/ i
    12 К ϰ capa, caco 20 /k/ c, ch
    13 Л λ lambda, liude 30 /l/ l
    14 М μ mi, mislete 40 /m/ m
    15 N ɴ naş 50 /n/ n
    16 О o on 70 /o/ o
    17 П π pi, pocoi 80 /p/ p
    18 Р ρ riţi, râţă 100 /r/ r
    19 С с slovă 200 /s/ s
    20 Т τ tvirdo, ferdu 300 /t/ t
    21 Ѹ ѹ Ucu 400 /u/ u initial
    22 У ȣ u /u/ u ordinaire
    23 Ф ф fârtă 500 /f/ f
    24 Х χ heru 600 /h/ h
    25 Ѡ ω ot 800 /o/ o
    26 Щ щ ști / ște /ʃt/ șt
    27 Ц ц ți 900 /t͡s/ ț
    28 Ч ч cervu 90 /t͡ʃ/ c devant e et i
    29 Ш ш șa /ʃ/ ș
    30 Ъ ъ ieru /ə/
    /ʷ/
    ă
    31 Ы ы ieri /ɨ/
    /ʲ/
    /ʷ/
    â, î
    i
    32 Ь ь ier /ə/
    /ʲ/
    /ʷ/
    ă
    i
    33 Ѣ ѣ eti /e̯a/ ea
    34 Ю ю iu /ju/ iu
    35 Ѩ ѩ iaco /ja/ ia
    36 Ѥ ѥ ie /je/ ie
    37 Ѧ ѧ ia /ja/
    /e̯a/
    ia
    ea
    38 Ѫ ѫ ius /ɨ/ â, î
    39 Ѯ ξ csi 60 /ks/ x
    40 Ѱ ѱ psi 700 /ps/ ps
    41 Ѳ ѳ fita 9 /θ/, /ft/
    42 Ѵ υ ipsilon, ijiţă 400 /i/
    /u/
    i
    u
    43 Џ џ gea /d͡ʒ/ g devant e ou i
    .
  5. L'expression « rétroprojection nationaliste », du Pr Jean Ravenstein de l'Université de Marseille, désigne la tendance historiographique moderne à projeter dans le passé les nationalismes modernes, comme s'ils étaient apparus dès le Moyen Âge ou l'Antiquité.
  6. Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : L'Empire ottoman et les pays roumains, EHESS, Paris, 1987.
  7. Erreurs cartographiques et simplifications réductrices : voir par exemple ro:File:Europa_1800_franceza.jpg, carte française omettant l'existence des principautés, ou File:Map-GermanConfederation.svg, carte allemande qui figure le Dd-Duché de Finlande et la Pologne du Congrès comme indépendants de la Russie, et la Serbie comme indépendante de l'Empire ottoman, tandis que les Principautés roumaines n'y figurent pas : ces deux cartes sont pourtant inspirées de sources universitaires.
  8. Gilles Veinstein et Mihnea Berindei : op. cit., EHESS 1987.
  9. Gilles Veinstein, Mihnea Berindei, op. cit.
  10. Andrei Oțetea (dir.) : Istoria lumii în Date, éd. Enciclopedică, Bucarest, 1969, et Gilles Veinstein, Mihnea Berindei, op. cit.
  11. Andrei Oțetea, op.cit. 1969, et Gilles Veinstein, Mihnea Berindei, op. cit 1987.
  12. Traian Sandu : Histoire de la Roumanie, Perrin 2008.
  13. Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, éd. Univers Enciclopedic 2012.
  14. Florin Constantiniu, op.cit., 2012.
  15. Catherine Durandin, Perspectives roumaines : du postcommunisme à l'intégration européenne, éd. L'harmattan 2004.