Manitas de Plata

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Manitas de Plata

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Le guitariste en 1968 aux Pays-Bas

Informations générales
Nom de naissance Ricardo Baliardo
Naissance 7 août 1921
Sète
Décès 5 novembre 2014 (à 93 ans)
Montpellier
Genre musical Flamenco, musique tzigane, rumba catalane
Instruments Guitare
Labels 5

Manitas de Plata (littéralement « petites mains d'argent » correspond à l'expression française « doigts de fée »), de son vrai nom Ricardo Baliardo, né le 7 août 1921 à Sète et mort le 5 novembre 2014[1],[2] à Montpellier, est un guitariste français gitan renommé. Il est l'artiste du monde flamenco, toutes tendances confondues, qui aura le plus vendu d'albums dans le monde[3]. Il existe à l'ONU[4] une permanence internationale du monde gitan représentant ses diverses populations, qui a été créée suite à sa rencontre avec le secrétaire général des Nations unies de l'époque (U Thant), lors d'une de ses tournées aux Etats-Unis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Manitas de Plata est né à Sète en 1921, comme Georges Brassens. Très jeunes, ils vont se passionner pour la guitare : classique pour Brassens, et manouche pour le second. Habitant presque la même rue, ils vont se croiser à Sète, mais ils ne deviendront amis que lors de leurs consécrations, vers le milieu des années 1950.

Le jeune Ricardo est très vite reconnu par les siens comme "Manitas de Plata", « petites mains d'argent », « doigts de fée ». Il se distingue chaque année, avec sa guitare, lors du pèlerinage aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Du vivant de Django Reinhardt, il n’ose même pas penser à détrôner celui que l’on considère alors comme le roi de la musique gitane. Dix ans après la mort de Django, il accepte de jouer en public. Avec son frère Hippolyte, leur cousin José Reyes et avec Joseph "Manero", son fils aîné, le fiston, chanteur et guitariste, il forme le groupe Los Baliardos

À New York, lors d’une exposition de photographies de son ami Lucien Clergue, un admirateur le reconnaît sur un des clichés et le persuade d’enregistrer. Il réalise son premier album dans la chapelle d'Arles. Un manager américain le fait jouer sur la scène du prestigieux Carnegie Hall de New York en décembre 1965.

Le gitan illettré, qui ne sait pas lire une note de musique, conquiert le monde. En mars 1964, un soir de corrida à Arles, Pablo Picasso, après l’avoir entendu jouer, s’écrie : « Il vaut plus cher que moi ! ». C'était un ami de Salvador Dalí, qui ressemblait au père de Manitas, et dira de lui, « à chaque fois que Manitas joue, les pompiers prennent feu »[5].

Manitas de Plata avec une guitare peinte par le peintre Bernard Buffet.

Depuis 1967, Manitas de Plata ne cesse de sortir des disques, parcourt le monde entouré de sa tribu et toujours de son fils aîné, Manero, chanteur de Camargue, ou en formation plus réduite, avec sa famille. Il se produit aux États-Unis, en Allemagne, en Italie, en Nouvelle-Zélande, à Singapour, en Angleterre, en Algérie. La grande fortune que lui apporte les 93 millions d'albums vendus dans le monde, avec plus de 83 disques différents, lui permet d'entrenir 80 personnes.

En octobre 1981, il est très affecté par la disparition de son ami Georges Brassens, qu'il connaissait depuis son enfance à Sète, et qui lui avait proposé, avec le jazzman Moustache, de participer à son disque réalisé avec de grands jazzmen, en 1979. Faute de temps, et pris par une longue tournée, il avait décliné la proposition, pensant que ce n'était que partie remise. Avec la disparition prématurée de Brassens, l'occasion ne se représente plus.

A la fin de sa vie il vit modestement à La Grande-Motte. Son frère cadet, Hippolyte Baliardo qui l'accompagnait aux débuts de sa carrière, meurt, le 27 mai 2009, à 80 ans. Et le 8 août 2009, Manitas joue encore aux arènes El Cordobés à Palavas-les-Flots (France), lors de la soirée dédiée à son frère et pour son anniversaire du 7 août 2009.

Il se produit comme invité surprise le 31 octobre 2012 à l'Olympia, à l'âge de 91 ans alors qu'il vient de perdre son fils, Manero Baliardo, décédé le 5 juillet 2012.

Le 19 avril 2013 il fait un malaise cardiaque, à son domicile de La Grande-Motte, après une baisse de tension, il est placé en observation à l’hôpital de Montpellier. Le 20 juillet 2013, à 92 ans, ruiné et malade il lance un appel à l'aide dans le journal La Dépêche du Midi « Je suis ruiné et malade, aidez-moi ! » Il apparaît, en fauteuil roulant, au pèlerinage des Saintes-Maries-de-la-Mer le 24 mai 2014 entouré de quelques amis et de Bambo Baliardo, le dernier membre du groupe Los Baliardos qu'il avait fondé après sa séparation d'avec José Reyes, son premier chanteur avec lequel il avait fait un triomphe au Carnegie Hall, à ses débuts.

Le 7 juin, après un nouveau malaise, il est transporté en urgence à la clinique de Montpellier où il reste plus d'un mois en gériatrie-gérontologie, jusqu'au 8 août. Le 10 août, il est transféré en maison de retraite, la résidence foyer Carriera dans le quartier de La Paillade à Montpellier, gérée par le CCAS, sans pouvoir revenir à son domicile. Il meurt, dans la nuit du 5 au 6 novembre 2014, dans la maison de retraite Carriera à Montpellier, âgé de 93 ans. Le 8 novembre 2014, il est inhumé au funérarium-cimetière Grammont de Montpellier.

Vie de famille[modifier | modifier le code]

Manitas (Ricardo Baliardo) est le frère d'Hippolyte Baliardo, le roi de la rumba catalane[6]. Le groupe qu'ils forment à leurs débuts avec leur cousin José Reyes et avec Manero, le fiston chanteur guitariste, s'appelle los Baliardos. Grand séducteur, si Manitas a eu 11 enfants reconnus, on lui attribue la paternité d'une vingtaine d'enfants. Il avouait aimer les femmes plus que le flamenco même. Il était marié officiellement avec Antoinette Maille.

D'autre part, Manitas est l'oncle de Bambo Baliardo, Nino Baliardo (Bruno Baliardo), Nanasso Baliardo (Jean-Marc Baliardo), Bébé Baliardo (David Baliardo)[7] et également de Jean-Pierre Cargol, surnommé « El Rey », qui interpréta L'Enfant sauvage, dans le film de François Truffaut[8], tous fils d'Hippolyte Baliardo. Les membres du groupe Les Gypsies Kings lui sont apparentés également.

Discographie[modifier | modifier le code]

Manitas de Plata jouant au Grand Gala du Disque Populaire, le 8 mars 1968
  • lores de mi corazon, album 1999, Troubadour Records
  • Guitare et Poésie Flamenca, poèmes dits en français par Robert Etcheverry, album 1968, CBS
  • Aux Saintes-Maries-de-la-Mer, album 1966, Philips 70-361
  • Manitas de Plata et ses guitares gitanes, album 1972, CBS 65020

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Musique aux doigts, récit recueilli par Jean Boissieu, Éditions Robert Laffont, 1976.

Liens externes[modifier | modifier le code]