Musée de Grenoble

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Musée de Grenoble
Image illustrative de l'article Musée de Grenoble
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Grenoble
Adresse 5 place Planelli de Lavalette 38000 Grenoble
Coordonnées 45° 11′ 40″ N 5° 43′ 57″ E / 45.1945, 5.732445° 11′ 40″ Nord 5° 43′ 57″ Est / 45.1945, 5.7324  
Informations générales
Date d’inauguration 1798 (l'institution)
Collections peintures, sculptures, dessins, antiquités
Nombre d’œuvres 1 000 tableaux exposés
Superficie 18 270 m2[1] + Tour de l'Isle
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 256 154[2] (2011)

176 457[2] (2012)

Site web Site officiel

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Musée de Grenoble

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Musée de Grenoble

Le musée de Grenoble est un musée municipal des beaux-arts et antiquités de la ville de Grenoble en Isère. Situé place Lavalette, il est considéré, tant pour ses collections d'art ancien que pour ses collections d'art moderne et contemporain, comme l'un des plus prestigieux musées en Europe[3].

Historique de l'institution[modifier | modifier le code]

Le musée de Grenoble a été fondé le 16 février 1798 par Louis-Joseph Jay, bien avant les autres musées de province français. Ce jour-là, un arrêté de l'administration départementale détaille la création d'un muséum à Grenoble, dans lequel l'article 10 stipule que « le citoyen Louis-Joseph Jay est nommé conservateur de ce muséum »[4].

Louis-Joseph Jay par Jacques Augustin Catherine Pajou

Au mois de mai, le ministre de l'Intérieur annule la création du musée, mais une autorisation provisoire est obtenue en décembre, qui devient définitive le 3 avril 1800. Début 1799, tout en s'occupant de la collecte des œuvres d'art de l'Isère, Jay fait une demande de souscription publique afin d'acheter tableaux et dessins.

Installé dans quatre salles du premier étage de l'ancien évêché à partir de son inauguration le 31 décembre 1800, le musée compte 298 objets d'art dont 177 tableaux, 80 dessins ou gravures et 45 sculptures disposées dans le jardin. Chaque salle porte un nom, la première, salle d'Apollon, est consacrée aux peintres français, la seconde, salle de Castor et Pollux, est consacrée à l'école française et italienne, la troisième, salon du gladiateur, présente les copies de la vie de saint Bruno par Eustache Lesueur, et la dernière, salle de la Vénus de Médicis, présente l'école flamande. Mais, quelques mois après son ouverture, la signature du concordat de 1801 par Napoléon Bonaparte oblige le musée à évacuer les locaux, afin de leur rendre leur destination première.

C'est ainsi qu'il emménage le 14 juillet 1802 dans l'École centrale[5], l'actuel lycée Stendhal. Le 12 mars 1807, un décret transforme le musée, jusqu'alors départemental, en musée municipal. Le 15 février 1811, un décret impérial attribuant 209 tableaux à six villes françaises en donne 32 à Grenoble. En 1815, malgré une légère dispersion d'œuvres favorisée par la Restauration (57 tableaux sont rendus aux propriétaires, 11 disparaissent et un nombre indéterminé est mis en dépôt dans les églises), les collections continuent de s'accroître. En 1816, le nouveau maire Jean-François de Pina de Saint-Didier, homme remarquable par son savoir et ses goûts artistiques, s'impliqua pour acquérir des œuvres du XVIIe siècle[6]. Les acquisitions, les donations et les legs se poursuivent tout au long du XIXe siècle, au point de rendre indispensable la construction d'un nouveau bâtiment malgré l'agrandissement du bâtiment en 1844.

Un nouvel édifice appelé musée-bibliothèque et conçu par l'architecte Charles-Auguste Questel ouvre au public ses 21 salles pour sa partie musée le 19 juin 1870[7] sur l'actuelle place de Verdun. L'édifice abrite également la Bibliothèque municipale de Grenoble, constituant ainsi l'un des grands exemples de l'architecture des musées en France et en Europe.

Vers la fin du XIXe siècle, un grand mécène, le général Léon de Beylié, complète la collection du musée en lui offrant quatre prestigieux tableaux de Francisco de Zurbarán, perpétuant ainsi une longue tradition de donations et de legs. Son influence est directe et massive sur la richesse et la nature des collections. De 1895 jusqu'à sa mort accidentelle le 15 juillet 1910, il apporte au musée 50 tableaux, 13 dessins, 16 sculptures, 13 pièces d'archéologie et des centaines d'objets d'Extrême-Orient[8].

Dès 1920, le musée de Grenoble est considéré comme le premier musée d'art contemporain en France puisque celui de Paris n'ouvre qu'en 1947. Il est même l'un des premiers dans le monde avec le musée Folkwang d'Essen et celui de Lodz en Pologne, puisque le Museum of Modern Art de New York n'ouvre qu'en 1929.

En 1982 le président François Mitterrand annonce la création d'un nouvel édifice. L'année suivante, le nouveau maire de la ville Alain Carignon et le ministre de la Culture Jack Lang s'accordent sur le principe et le lieu de construction : un terrain tout proche du centre-ville et voisin d'un parc urbain. Après la désignation des architectes en 1987, le chantier de construction débute en 1990.

Cette période de transfert va donner l'occasion à l'institution d'exposer 175 chefs-œuvres à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne à partir du 15 octobre 1992, et dans trois villes japonaises Tokyo, Takamatsu et Kanazawa à partir du 23 avril 1993[9].

Le 30 janvier 1994, le nouveau bâtiment abritant les collections est inauguré par le premier ministre Édouard Balladur[10]. Situé en plein centre de la ville, en bordure de l'Isère, il triple la surface d'exposition de l'ancien musée. Son coût total est de 203 millions de francs[11]. Il se complète d'un jardin de sculptures dans le parc Albert Michallon, un espace arboré de 16 000 m2 entourant un mur d'enceinte de la ville de la fin du XIXe siècle.

Historique de l'emplacement du nouveau musée[modifier | modifier le code]

L'emplacement actuel du musée est occupé dès les premières années du XIIIe siècle par le premier couvent de franciscains, souvent appelés en France frères mineurs ou Cordeliers[12], avant qu'il se déplace en 1592, sur l'actuelle place de Bérulle. Intégré à la ville au XIIIe siècle par une extension de l'enceinte romaine, le lieu devient l'extrémité est de la ville et le restera jusqu'au XIXe siècle, ce qui entraîne différentes générations de fortifications au fil des siècles.

C'est ainsi que s'achève la construction de la tour de l'Isle en 1401, faisant office de système de défense autant que de moyen de relative autonomie des consuls de la ville qui en font la première « maison de ville ». En 1591, le futur duc de Lesdiguières, qui vient de s'emparer de la ville dans le cadre des guerres de religion, construit une nouvelle enceinte fortifiée, transformant le lieu en une petite citadelle également appelée Arsenal, afin de se préserver de toute rébellion des habitants. Ainsi, cette zone devient la première caserne dans l'histoire de la ville.

Caserne Vinoy vers 1900

Au XIXe siècle, le général Haxo agrandit l'enceinte de la ville de 1832 à 1836 en édifiant un nouveau mur de fortification qui vient s'appuyer contre la citadelle. Historiquement lieu d'occupation militaire, le quartier est ainsi occupé au cours du XIXe siècle par plusieurs casernes dont la caserne Vinoy à l'emplacement du musée, et la caserne Bizanet en face[13].

Vers 1888, une modification est apportée dans l'enceinte Haxo[14]. À la demande pressante du maire, Édouard Rey, et de la population, le génie crée une nouvelle porte, la porte de la Saulaie, afin de desservir le nouveau quartier de l'île Verte. Cette création oblige techniquement les militaires à redresser le cheminement de l'enceinte Haxo en construisant un nouveau tracé d'enceinte en équerre rejoignant le bord de l'Isère, à l'emplacement d'une ancienne demi-lune de fortification. Cette nouvelle muraille de 150 mètres linéaires environ a été conservée depuis cette époque et sépare de nos jours le jardin de sculptures du terrain de football, puis rentre dans la structure du musée.

En 1967, les bâtiments de la caserne Vinoy sont démolis et laissent place à un grand parking.

Architecture du bâtiment[modifier | modifier le code]

Mur d'enceinte dans le musée

Le bâtiment actuel, inauguré en 1994, a été conçu dans le cadre du programme de grands travaux en province initié en 1982, par les architectes Olivier Félix-Faure, Antoine Félix-Faure et Philippe Macary du cabinet d'architecte grenoblois Groupe 6, assistés du muséographe Lorenzo Piqueras.

Sur le site, les contraintes de construction sont fortes. Des impératifs sont à respecter dans l'environnement immédiat du chantier. Au nord-ouest, une partie d'enceinte Lesdiguières datant de 1591 est inscrite au titre des monuments historiques. À proximité, la tour de l'Isle datant de 1401, également inscrite, est à rénover. À l'est, la partie modifiée de l'enceinte construite vers 1888 doit être conservée, obligeant ainsi l'intégration d'une partie de celle-ci à l'intérieur du bâtiment. Enfin à l'est, un stade de football est à conserver à l'intérieur du cheminement de l'enceinte pour ce quartier à forte densité urbaine.

Plan du niveau 0

Le musée est construit sur un immense parking à trois niveaux le mettant à l'abri de tout débordement de l'Isère[15]. Concernant les zones d'expositions, le musée lui-même est construit sur trois niveaux mais la plupart des salles d'exposition sont installées au niveau 0. À ce niveau, les salles sont desservies par une large allée centrale. À gauche, les cinq séquences d'art ancien, à droite les salles des expositions temporaires. Au fond de l'allée centrale laissée vide de toute œuvre, en arc de cercle, l'immense zone dédiée au XXe siècle et l'accès à la tour de l'Isle. Hormis la salle des statues, l'ensemble du niveau 0 est éclairé par une lumière indirecte dont l'intensité est contrôlée par l'abaissement automatique de rideaux dans la structure complexe des plafonds, ces derniers contenant également d'une façon discrète tout le système de climatisation.

Les niveaux -1 et -2 n'existent que sur une petite partie de l'emprise au sol, et ne reçoivent donc qu'un nombre restreint de salles. Leur éclairage n'est plus d'une lumière zénithale très étudiée comme les salles du niveau 0. Au niveau -1 sont installées, sous le hall d'accueil, les trois salles des antiquités grecques, étrusques et égyptiennes, et à l'autre extrémité du bâtiment, quatre salles concernant la fin du XXe siècle puisque les œuvres sont postérieures à 1960. Au-dessous, le niveau -2 réserve six salles au XXIe siècle. C'est également à ce niveau que l'on peut découvrir l'intégration spectaculaire de l'extrémité de l'enceinte du XIXe siècle à ce bâtiment futuriste.

Hall d'entrée du musée

À quelques mètres du bâtiment, le musée intègre, via une passerelle aérienne de verre et d'acier, la tour de l'Isle, en la transformant en lieu d'expositions graphiques. Rénovée, cette tour médiévale a été dotée de deux escaliers pour des raisons de sécurité et sa charpente reprise en certains endroits. Le projet architectural intégrait aussi dans le même complexe le stade de football du quartier.

À l'intérieur, les passages entre niveaux sont équipés de larges rampes d'accès et trois ascenseurs facilitent les déplacements. Les salles sont conçues pour reposer l'œil : parquets uniformes, murs blancs, absence de tout procédé d'accrochage, rien d'apparent.

Autour du hall d'entrée cylindrique, se répartissent le service d'accueil, la librairie et la boutique, une cafétéria. À l'étage, les bureaux de la conservation, ceux de l'association des amis du musée, ceux de l'association Musée en musique qui organise des concerts dans un auditorium de 275 places en partenariat avec le musée du Louvre et enfin la bibliothèque André Chastel pourvue d'un fonds spécialisé en histoire de l'art de 55 000 ouvrages à consulter sur place.

Les conservateurs du musée[modifier | modifier le code]

Alexandre Debelle, par Jacques Gay.

Deux conservateurs ont marqué l'histoire du musée : Louis-Joseph Jay et Andry-Farcy. Le premier crée et assure la mise en place du musée de 1798 à 1815[16] avant de laisser la succession à Benjamin Rolland de 1817 à 1853. Les peintres Alexandre Debelle conservateur de 1853 à 1887 et Jules Bernard assurent la succession comme conservateurs.

Puis au XXe siècle, ce sont Xavier Borgey et surtout Pierre André Farcy, dit Andry-Farcy, conservateur de 1919 à 1949, qui va orienter d'une façon décisive la collection en faveur de l'art moderne. Il va se faire remettre, en échange de la promesse de les exposer à côté de grandes œuvres du musée, un certain nombre d'œuvres contemporaines de Matisse, Picasso ou Monnet provoquant une violente campagne de presse à son encontre. Ses adversaires en viendront à nommer sa galerie d'art, le « rigolarium ». Ses successeurs sont Jean Leymarie, Gabrielle Kueny, Maurice Besset, Marie-Claude Beaud, Pierre Gaudibert, Hélène Vincent qui assure un intérim pendant 2 ans, Serge Lemoine et depuis 2002, Guy Tosatto.

Fréquentation[modifier | modifier le code]

Globalement, la fréquentation annuelle moyenne du musée dans les années 2000 à 2012 est de 170 000 visiteurs[2].

Évolution du nombre de visiteurs
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012
137 506 137 942 134 033 160 282 133 407 140 835 167 035 192 634 187 715 160 520 168 432 256 154 176 457
- 11,3 % + 0,3 % - 2,8 % + 19,6 % -16,7 % + 5,5 % + 18,6 % + 15,3 % - 2,5 % -14,5 % + 5 % + 52 % - 31 %

Collections[modifier | modifier le code]

Le musée offre la possibilité de parcourir sans rupture, l'histoire occidentale du XIIIe au XXIe siècle, avec pour chaque période des œuvres de premier plan. Moins connue du grand public, comme une parenthèse dans le parcours, une collection de 115 statuettes et objets d'art africains[17] figure dans l'allée séparant le XIXe du XXe siècle.

Le visiteur a la possibilité de s'équiper, moyennant paiement, d'un audio-guide qui lui permet de découvrir à son rythme les collections. Les textes lus sont courts et vivants et enregistrés par des comédiens.

Les collections permanentes rassemblent 1 500 œuvres dans 57 salles sur 14 000 m2, qui se groupent comme suit :

Antiquités égyptiennes, grecques et romaines[modifier | modifier le code]

Salles 58 à 60
Salle no 59. Sarcophages en section Égyptologie

Trois salles situées sous le hall d’entrée, au niveau -1 sont consacrées aux antiquités égyptiennes, avec en particulier de très beaux sarcophages. Une salle est consacrée aux antiquités romaines, et une aux antiquités grecques. La ville de Grenoble est liée à l'histoire des frères Champollion et à celle de l'Égyptologie puisque Jean-François Champollion a habité Grenoble durant presque 17 ans, et son frère Jacques-Joseph Champollion y a travaillé à la bibliothèque municipale. Dès le XVIIIe siècle en effet, des pièces égyptiennes anciennes provenant de fouilles figurent dans le cabinet des antiques de la Bibliothèque municipale de Grenoble, dont Jean-François Champollion est le bibliothécaire adjoint. C'est tout naturellement que ce fonds se retrouve au musée où il n'a cessé d'être enrichi par de nombreux dons au XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Buste funéraire de femme. Palmyre, IIe siècle, Syrie

Les plus importants ont été effectués par la Société française de fouilles archéologiques en 1907 et 1913 à la suite des fouilles d'Antinoé, de Touna-el-Gebel et de Kôm el Ahmar, puis en 1916 par la famille du comte Saint-Ferriol. Un important mécène, Léon de Beylié, complète la collection au début du XXe siècle par 13 pièces d'archéologie comme le buste funéraire d'une femme provenant de la cité de Palmyre en Syrie.

En avril 2010, la prophétesse d'Antinoé, une momie du VIe siècle découverte en 1907 dans une nécropole copte d'Antinoé en Moyenne Égypte, réintègre définitivement le musée de Grenoble après plus de cinquante ans d'absence. Elle repose avec divers objets de la vie quotidienne dont un luth ancien présenté comme l'un des sept encore existants à travers le monde[18].

La collection d'antiquités égyptiennes considérée comme la cinquième de France, après celles du Louvre, de Marseille, de Lyon et de Dijon, comprend du mobilier funéraire et des objets de la vie quotidienne. L'ensemble de sarcophages est impressionnant, en particulier celui, fragmentaire, d'Amenhotep fils de Hapou, vizir d'Aménophis III.

Une troisième salle des antiquités comprend également un fonds intéressant de céramiques grecques et étrusques et de la statuaire.

XIIIe au XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Salle 1
Salle no 1 (XIIIe siècle)

Le parcours commence par les origines de la peinture occidentale, puis la collection atteint vite la période de la Renaissance artistique. On remarque notamment :

  • Sainte Lucie attribué à Jacopo Torriti
  • Le triptyque de La Vierge à l'Enfant entre saint Gérard, saint Paul, saint André et saint Nicolas (1395) de Taddeo di Bartolo
  • Le Christ rencontrant la femme et les fils de Zébédée et Noli me tangere de Véronèse
  • Une statue en bronze représentant Hercule datant du XVIe siècle et reprise par le sculpteur Jacob Richier au XVIIe siècle, dont une copie est placée au centre du jardin de ville de Grenoble.

Pour cette période, le musée possède également des œuvres de Pérugin (deux peintures dont Saint Sébastien et sainte Apolline), Fra Bartolomeo (attribué à), Marco Palmezzano, Bernardino Licinio (Conversation sacrée avec donateur, 1532), Giorgio Vasari, Le Tintoret, Adrien Ysenbrandt, Pieter Coecke van Aelst ou encore de Georg Pencz.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 2 à 10
Salle no 8 (XVIIe siècle)

Cette section prestigieuse est consacrée aux peintures françaises, flamandes, hollandaises espagnoles et italiennes et présente plusieurs chefs-d'œuvre. On peut en particulier citer :

  • Saint Jérôme de Georges de La Tour.
  • La plus belle collection de tableaux de Francisco de Zurbarán dans un musée français avec la série des quatre toiles peintes pour la Chartreuse de Jerez : L'Annonciation, La Circoncision, L'Adoration des bergers et L'Adoration des mages.
  • Saint Grégoire pape entouré de saints et de saintes de Rubens (l'un des plus grands tableaux du musée, mesurant 4,77 × 2,88 mètres).
  • Six tableaux de Philippe de Champaigne (dont le Christ en croix, L'Assomption, datée de vers 1638, et la Résurrection de Lazare), ce qui en fait le second ensemble de peintures de Champaigne dans un musée français après celui du musée du Louvre.
  • Noli me tangere et son pendant L'Apparition du Christ aux pèlerins d'Emmaüs de Laurent de La Hyre.
  • La Partie de carte dans une hôtellerie de David Teniers, scène de vie quotidienne au XVIIe siècle.
  • Quatre natures mortes du Flamand Osias Beert.

On trouve aussi des œuvres de :

(vers 1666)

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 11 à 14
Salle no 12 (XVIIIe siècle)

Parmi les œuvres de ce siècle on remarque de majestueux grands formats de l'école française, comme Le Martyre de Saint-André peint en 1749 par Jean Restout pour la Collégiale Saint-André de Grenoble. Parmi les toiles les plus intéressantes on remarque également :

Les autres tableaux sont notamment de la main de Nicolas de Largilliere, Hyacinthe Rigaud, Jean-Baptiste Pater, Jean-Baptiste Greuze, Joseph-Marie Vien, Sebastiano Ricci, Giovanni Paolo Pannini, Gaspare Diziani, Léonard Defrance et Thomas Gainsborough. La section présente aussi quelques bustes, comme celui d'Antoine Barnave.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 15 à 23

Le XIXe siècle est illustré par un ensemble remarquable allant du néo-classicisme jusqu'aux nabis, avec des œuvres de :

Essentiellement musée de peinture, le musée de Grenoble conserve néanmoins des sculptures du XIXe siècle essentiellement dans les salles 18 et 19, dont celle de Phryné de James Pradier. En salle 17, figure celle en plâtre d'une hauteur de 2 mètres de Jean-François Champollion faite par le sculpteur Bartholdi. Cette statue provient d'un legs de la veuve Bartholdi fait en 1905 à la ville de Grenoble et qui a été conservée par le lycée Champollion jusqu'à l'ouverture du nouveau bâtiment[19]. C'est ce plâtre qui a servi de modèle à la sculpture en marbre du Collège de France à Paris.

Art régional du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 20 et 21
Salle no 21 (école dauphinoise)

L'école dauphinoise du XIXe siècle atteint un niveau qui justifie la place de choix qu'elle occupe dans le musée. Si une première salle présente des tableaux de petit format, c'est surtout le paysage qui lui donne son âme. Le fondateur de cette école, Jean Achard, donne les premiers paysages majestueux qui vont exalter les peintres suivants.

Laurent Guétal, Charles Bertier, Ernest Hébert, l'abbé Calès. Beaucoup de ces peintures, malgré la précision topographique font penser à une vision inspirée.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 24 à 48
Une salle des collections du XXe siècle.

La section du XXe siècle est particulièrement riche puisque le musée est considéré comme le plus ancien musée d'art contemporain en France[20]. Répartie sur plus de vingt salles, la collection va des conquêtes de l'art moderne au début du siècle jusqu'aux développements formels les plus récents. Une partie des collections provient de l'important legs du couple Georgette Agutte et Marcel Sembat en 1923 après leur disparition tragique, legs suffisamment important au point d'ouvrir une salle destinée à cette collection.

Toutes les tendances et mouvements de la peinture sont présents, tels le fauvisme avec des tableaux de Henri Matisse (8 peintures), André Derain, Albert Marquet, Raoul Dufy, Maurice de Vlaminck, Emile Othon Friesz (6 peintures), Jean Puy, Charles Camoin (Nu à la chemise mauve, acquis en 2012) Kees van Dongen, le cubisme avec Georges Braque, Albert Gleizes, André Lhote, Fernand Léger et Le Corbusier, l'école de Paris, représentée par Amedeo Modigliani, Chaïm Soutine, Maurice Utrillo ainsi que Marc Chagall. Quatre peintures illustrent les différentes périodes artistiques de Pablo Picasso tandis que l'on retrouve aussi des œuvres de peintres tels Pierre Bonnard, Jacques Villon, Natalia Gontcharova, Paul Signac, Henri-Edmond Cross (5 peintures), Claude Monet, Georges Rouault, Robert Delaunay, Kurt Schwitters, George Grosz, Paul Klee, Vassily Kandinsky, Frantisek Kupka, Theo van Doesburg, Jean Arp, Nicolas de Staël, Balthus, Bernard Buffet, Maria Elena Vieira da Silva ou encore Hans Hartung.

Matisse fait don de son Intérieur aux aubergines, Pablo Picasso de sa Femme lisant en 1921 et Claude Monet du coin de l'étang à Giverny en 1923. De grands noms du surréalisme sont aussi présents comme Giorgio de Chirico, René Magritte, Joan Miró, Max Ernst, André Masson, Francis Picabia ou Yves Tanguy.

La sculpture est également présente dans les salles, avec des œuvres d'Auguste Rodin, Georges Rouault (femme nue, vers 1909), Henri Laurens, Raymond Duchamp-Villon, Jacques Lipchitz, Julio Gonzalez, Ossip Zadkine, Max Ernst (Un chinois égaré), Alberto Giacometti, Alexander Calder et même Henri Matisse, toujours grâce au legs Agutte-Sembat.

Le musée de Grenoble est aussi une référence pour l'art contemporain, sa collection étant une des plus anciennes de France, avec notamment des œuvres de Sam Francis, Frank Stella, Pierre Soulages, Christian Boltanski (Monument), Christo, Tapies, Andy Warhol, Donald Judd, Robert Ryman, Carl Andre, Sol Lewitt, Giuseppe Penone, Victor Vasarely, Jean Dubuffet, Daniel Spoerri, Martial Raysse, Arman, Jean Peyrissac, Annette Messager ou encore Rebecca Horn et Thomas Schutte.

En 2012, le musée de Grenoble a acquis l'un des treize collages cubistes épinglés de Pablo Picasso daté du printemps 1914. Acquis pour un montant de 750 000 euros grâce au club des mécènes du musée, « Le verre » sera exposé tous les trois ans par courte période de deux mois dont la première débute le 19 décembre 2012.

XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Salles 49 à 54

Les dernières salles situées au niveau -2, consacrées au siècle actuel, mettent en évidence la très grande diversité des formes et des préoccupations qu’explorent les créateurs d’aujourd’hui en jouant sur les matériaux, les techniques et les sources d’inspiration les plus divers.

la Tête bleue de Thomas Schutte est caractéristique.

Les dessins[modifier | modifier le code]

Nathalie, sœur de Fantin-Latour

Exposés le plus souvent dans la Tour de l'Isle, aménagée en cabinet d’art graphique, le fonds ancien compte 5 500 dessins[21] provenant essentiellement des dons et du legs de Léonce Mesnard en 1890. Magistrat passionné d'art, il a consacré une partie de sa vie à ses écrits et collections qui comptaient plus de 16 000 objets. À sa mort, en mai 1890, le maire de Grenoble, Auguste Gaché, fait l'éloge de sa grande générosité car il lègue 3 207 pièces au musée[22].

Les dessins italiens prédominent, notamment ceux des Vénitiens et des Florentins de la Renaissance et du Seicento même si l'on retrouve bien d'autres feuilles isolées : le musée possède ainsi des dessins de Parmigianino (Le Parmesan), de Palma le Jeune, de Annibal Carrache, Agostino Ciampelli, Guido Reni, Le Guerchin, Luca Giordano, Giambattista Tiepolo, Giandomenico Tiepolo, Francesco Guardi, Giovanni Battista Piazzetta etc. Le fonds français ancien a récemment été étudié par Guillaume Kazerouni, Barbara Brejon de Lavergnée et Jérôme Delaplanche, donnant lieu à la publication d'un catalogue et permettant de nouvelles attributions ainsi que la découverte de nouveaux dessins : pour le XVIIe siècle, on trouve dans les collections des feuilles d'artistes comme Laurent de La Hyre, Philippe de Champaigne ou Vouet. Le XVIIIe siècle comporte des artistes célèbres tels que Watteau, Hubert Robert ou David. L'école hollandaise s'impose par son importance avec notamment Jacob Jordaens et Rembrandt au point d'en faire une exposition temporaire en 2014. Le XIXe siècle, lui, se caractérise par des séries importantes de certains artistes comme Delacroix, Fantin-Latour ou Jongkind[23] avec ses aquarelles du Dauphiné.

La collection du XXe siècle vient en deuxième position en termes d'importance pour un musée français après celle du Musée national d'art moderne. Comme pour la peinture, elle doit beaucoup à la politique d'Andry-Farcy. En 1923, le legs Agutte-Sembat fait rentrer 24 dessins dont l'esquisse au fusain de la danse de Matisse de 1909. Outre Matisse (présent avec 28 œuvres en tout) la collection comporte notamment des dessins de la main de Jean Arp, Antonin Artaud, Pierre Bonnard, Alexander Calder, Marc Chagall, Jean Cocteau, André Derain (Portrait de Francis Carco), Raoul Dufy (68 œuvres), Max Ernst, Léonard Foujita, Julio Gonzalez, Juan Gris, Frantisek Kupka, Le Corbusier, Fernand Léger, Alberto Magnelli, Albert Marquet, André Masson, Joan Miró, Amedeo Modigliani, Pablo Picasso (Verre, papier collé de 1914 acquis en 2012), Kurt Schwitters, Paul Signac, Cy Twombly, Suzanne Valadon, Maurice de Vlaminck, Edouard Vuillard et Ossip Zadkine.

Quelques œuvres exposées[modifier | modifier le code]

Le jardin de sculpture[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc Albert-Michallon.
Plan du site

Un jardin de sculptures, concept né au XVIIe siècle, est installé sur le pourtour est/nord-ouest du musée, dans le parc Albert-Michallon.

D'une superficie de 16 000 m2, c'est en 1964 qu'un premier aménagement donne à cet emplacement d'une ancienne demi-lune de fortification, un statut de jardin. Globalement le parc prend une forme d'équerre épousant ainsi le cheminement de l'imposante muraille de fortification de la fin du XIXe siècle qui termine sa course à l'intérieur du musée. Remarquablement paysagé, c'est dans ce parc que se trouve le plus vieil arbre de la ville, un Cèdre du Liban, planté en 1847[24]. Il offre la possibilité exceptionnelle en cœur de ville de pouvoir exposer des sculptures en plein air.

La surface du parc Michallon ne permettant pas d'étendre à l'infini la présentation de sculptures, en 1988, le choix d'aménagement se porte sur la période du XXe siècle, en cohérence avec l'importante collection d'art contemporain du musée. L'esplanade François-Mitterrand en partie encadrée par l'enceinte de la fin du XVIe siècle construite par le duc de Lesdiguières vient s'ajouter à ce parc. La liste complète des sculptures du parc Michallon est la suivante :

  • Alexander Calder - Monsieur Loyal, 1993, hauteur 9 mètres, acier laqué 1967
  • Mark di Suvero - Étoile polaire, 23 mètres de haut, 18 d'envergure, acier peint 1972
  • Marcel Gimond - Jeune fille debout, bronze 1934, (devant la muraille du XVIe siècle)

Dans le parc Albert Michallon, les œuvres les plus proches du musée, comme Duna, sont visibles de l'intérieur :

Quelques œuvres du jardin de sculpture[modifier | modifier le code]

La bibliothèque[modifier | modifier le code]

Bibliothèque d'histoire de l'art, ouverte au public avec consultation sur place. Le fonds et la politique d'achat d'ouvrages en fait une bibliothèque d'histoire de l'art les plus importantes, et très fréquentée par les étudiants. Ouverture les lundis, mercredis, jeudis et vendredis de 14 h 00 à 18 h 00. Fermeture un mois d'été.

Expositions temporaires[modifier | modifier le code]

Bassin d'eau du musée

Parallèlement aux espaces consacrés à la présentation des collections permanentes, des salles sur une superficie de 1 000 m2 sont réservées aux expositions temporaires.

Chaque année, deux grandes expositions y sont organisées contribuant à faire du musée un pôle important de la vie artistique française. Insérée entre trois salles, près d'un espace de repos, un bassin d'eau incite les visiteurs à faire une pause. En 2011, un record d'affluence pour une exposition temporaire est atteint avec 143 230 visiteurs pour l'exposition Chagall, dépassant largement les 103 000 visiteurs de l'exposition Giacometti de 2013, ainsi que les 98 000 visiteurs de l'exposition Impressionnisme de France et d'Amérique de 2008[25].

Échanges internationaux[modifier | modifier le code]

Le musée de Grenoble fait partie du Frame (French Regional & American Museum Exchange), dont une des missions est de favoriser la circulation et l'échange d'œuvres d'art entre des musées français et américains.

Accès[modifier | modifier le code]

  • Parking Musée de Grenoble (730 places)
  • Ligne de tramway  B, station Notre-Dame-Musée.
  • Lignes de bus  16 62, arrêt Notre-Dame-Musée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Selon le magazine hors série N°48 bis de la revue Connaissance des arts en 1994, ISSN 1242-9198 .
  2. a, b et c Bilan de fréquentation des 70 principaux sites et musées de l’Isère
  3. Selon le site du musée et le site Framemuseums
  4. Joseph Roman 1892
  5. Ancien collège des jésuites qui prend le statut d'École centrale en 1796, puis celui de lycée en 1803.
  6. Catalogue des tableaux du musée en 1911, page 7.
  7. Archives municipales de Grenoble, cote 6FI 2381.
  8. Catherine Chevillot 1995
  9. Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné N°3547 du 28 août 1992, page 3.
  10. Le musée de Grenoble, un écrin de 20 ans Place Gre'net, 31 janvier 2014
  11. Soit 31 millions d'euros.
  12. Histoire de Grenoble,‎ 1829 p. 152
  13. Centre de criblage sous le régime de Vichy, elle se trouvait à l'emplacement de l'actuel groupe scolaire Bizanet et fut rasée après la Seconde Guerre mondiale, voir : Claude Muller, Heurs et malheurs du Dauphiné,‎ 2000 (ISBN 9782844940278) p. 230
  14. Selon le livre de Maurice Mercier, Histoire des fortifications de Grenoble, Imprimerie Guirimand, Grenoble, 1976, pages 268 et 270, accord écrit du ministre le 17 mars 1888 pour ces travaux. et page 267, plan D.E.J. BOITON de la ville de Grenoble en 1890, sur lequel cette modification n'est pas encore prise en compte.
  15. Des vestiges de l'orillon d'un bastion de l'enceinte Lesdiguières ainsi qu'une structure postérieure au XIVe siècle ont été conservés tant bien que mal et intégrés aux structures en béton du niveau inférieur du parking. Ils restent donc visibles.
  16. Louis-Joseph Jay est destitué pour raisons politiques en 1815, et le poste de conservateur est assuré par intérim par le bibliothécaire jusqu'à la nomination de Benjamin Rolland en 1817.
  17. Objets répertoriés dans le livre de Laurick Zerbini, Collection d'art africain du musée de Grenoble.
  18. Selon l'animation présentée dans la salle d'Égyptologie du musée.
  19. Les Affiches de Grenoble et du Dauphiné N°3591 du 2 juillet 1993.
  20. Selon Serge Lemoine 1988 dans son livre Le musée de Grenoble, et le magazine Connaissance des arts, hors série N°48 bis en 1994.
  21. Selon le site du ministère de la culture
  22. Catherine Chevillot 1995.
  23. La ville donnera son nom au quai bordant le musée et le jardin de sculptures.
  24. Selon un document de 30 pages réalisé par le service des espaces verts de la ville de Grenoble et rédigé par Agathie Berthier.
  25. Les Nouvelles de Grenoble no 144 de juillet 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joseph Roman, Histoire et description du musée-bibliothèque de Grenoble, Paris, Librairie Plon, Nourrit et Cie,‎ 1892, 230 p.
  • Gabrielle Kueny, Grenoble, musée des Beaux-Arts, collection égyptienne, Édition de la réunion des musées nationaux, Paris, 1979 (ISBN 2-7118-0050-4)
  • Fondation de l'hermitage, Chef-d'œuvre du musée de Grenoble, la bibliothèque des arts, Lausanne, 1992 (ISBN 2-85047-204-2)
  • Serge Lemoine, Le musée de Grenoble, Paris, musées et monuments de France,‎ 1988, 135 p. (ISBN 9782226033178)
  • Catherine Chevillot, Peintures et sculptures du 19e siècle, Paris, réunion des musées nationaux,‎ 1995, 558 p. (ISBN 9782711829644)
  • Serge Lemoine, Image d'une collection, 200e anniversaire, musée de Grenoble, 1999 (ISBN 2-7118-3795-5)
  • Yves Aupetitallot et Jean Guibal, Un musée sans murs, Édips, Dijon, 1999 (ISBN 2-906732-64-8)
  • Gilles Chomer, Peintures françaises avant 1815 - la collection du musée de Grenoble, Réunion des musées nationaux, Paris, 2000 (ISBN 2-7118-2950-2)
  • Guy Tosatto, Les collections du musée de Grenoble, éditions Artlys, 2004
  • Laurick Zerbini, Collection d'art africain du musée de Grenoble, musée de Grenoble, 2008 (ISBN 978-88-7439-440-1)
  • Éric Pagliano, avec Catherine Monbeig Goguel et Philippe Costamagna, De chair et d'esprit. Dessins italiens du musée de Grenoble, Éditions Somogy, 2010 (ISBN 978-2-7572-0305-7)
  • Guillaume Kazerouni, avec Barbara Brejon de Lavergnée et Jérôme Delaplanche, L’Idée et la ligne. Dessins français du musée de Grenoble XVIe-XVIIIe siècle, éditions Somogy, 2011 (ISBN 978-2-7572-0481-8).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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