Luna Papa

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Luna Papa

Titre original Лунный папа
Réalisation Bakhtiar Khudojnazarov
Scénario Bakhtiar Khudojnazarov et Irakli Kvirikadze
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne,
Drapeau de la France France,
Drapeau de la Russie Russie,
Drapeau du Japon Japon,
Drapeau de l'Autriche Autriche,
Drapeau de la Suisse Suisse,
Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan,
Drapeau de l'Ouzbékistan Ouzbékistan
Sortie 1999
Durée 107 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Luna Papa (Lunnyy papa, en cyrillique Лунный папа) est un film réalisé par le cinéaste tadjik Bakhtiar Khudojnazarov, sorti en 1999. Il a été coproduit par des sociétés basées dans huit pays différents, notamment européens : Allemagne, Russie, Japon, Autriche, Suisse, France, Tadjikistan et Ouzbékistan. Néanmoins, pour le réalisateur, le film est avant tout « centre-asiatique »[1].

Ce film a beaucoup contribué à la notoriété de son réalisateur[2] et peut être considéré comme l'un des films d'Asie centrale les plus connus internationalement[n 1].

Luna Papa a été présenté dans de nombreux festivals internationaux, notamment à la Mostra de Venise où il a été projeté pour la première fois, dans une section non compétitive. Il a reçu plusieurs récompenses, dont la Montgolfière d'or 1999 au Festival des trois continents et le Prix Nika 2001 du meilleur réalisateur.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Buste en noir et blanc contrasté d'une jeune femme pâle de profil, cheveux tirés, traits fins, grand front, grands yeux noirs
Chulpan Khamatova (ici en 2008), interprète de Mamlakat, l'héroïne du film.

À Far-Khor, petite ville imaginaire d'Asie centrale[4] située sur la rive d'un lac, la voix off d'un fœtus[5], Khabibula, propose de raconter l'histoire de sa conception.

Mamlakat Bekmaroudova, une jeune villageoise de dix-huit ans, vit avec son père, Safar, qui est vétérinaire[6], et son frère, Nasreddin, qui est mentalement perturbé depuis son service militaire effectué durant la guerre d'Afghanistan[n 2]. Elle rêve de devenir comédienne. Un soir de pleine lune, Mamlakat arrive en retard pour la représentation d'une pièce de Shakespeare par une troupe ambulante, à laquelle elle voulait absolument assister. Déçue, elle erre dans les alentours, dans l'obscurité d'un bois, où elle est abordée par un homme, qu'elle entend mais ne voit pas. Naïve, elle croit l'inconnu lorsqu'il prétend être un acteur (affirmant même connaître intimement Tom Cruise[7]) puis elle ne résiste pas à ses avances pourtant forcées. Ils ont ainsi une relation sexuelle furtive dans le bois, puis l'homme disparaît sans que Mamlakat n'ait pu voir son visage ni connaître son identité.

La jeune femme découvre plus tard qu'elle est enceinte de lui et se lance à la recherche du père de son enfant, avec l'aide de son père, qui a difficilement accepté la nouvelle, et de son frère. Ensemble, ils écument les théâtres du pays pour tenter d'identifier le père biologique du futur enfant parmi les acteurs qu'ils rencontrent. Par ailleurs, à Far-Khor, la pression sociale est de plus en plus forte dans une société qui ne tolère pas les mères célibataires.

Durant ses recherches, Mamlakat rencontre aussi Alik, un arnaqueur qui se fait d'abord passer pour un médecin. Les deux tombent amoureux et Alik se déclare prêt à assumer le rôle de père auprès de l'enfant qu'il n'a pas conçu.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire, les informations concernant la fiche technique proviennent du site IMDb.
Plan pointrine d'un homme de 36 ans souriant de toutes ses dents en faisant le V de la victoire
La production, en grande partie allemande, a attribué le rôle de Nasreddin à un acteur allemand, Moritz Bleibtreu (ici au festival de Berlin en 2007).

Distribution[modifier | modifier le code]

Gros plan surexposé d'un homme de 45 ans, souriant, visage rond, cheveux courts, cravate rouge dénouée
Nikolai Fomenko (ici lors d'un concert en 2007), interprète de Yassir, le père tant recherché par Mamlakat et sa famille.
  • Chulpan Khamatova : Mamlakat Bekmaroudova (en russe : Мамлакат)
  • Moritz Bleibtreu : Nasreddin Bekmaroudov, le frère de Mamlakat (en russe : Насреддин)
  • Ato Mukhamedshanov : Safar Bekmaroudov, le père de Mamlakat et Nasreddin (en russe : Сафар)
  • Merab Ninidze : Alik (en russe : Алик ou Алимжан)
  • Polina Rajkina : Khabibula (voix) (en russe Хабибулла)
  • Nikolai Fomenko : Yassir (en russe : Ясир)
  • Lola Mirzorakhimova : Zube
  • Sherali Abdulkajsov : Akbar
  • Dinmukhamet Akhimov : le gynécologue
  • Azalbek Nazriyev : Alisher Khamrayev

Production : de la genèse au tournage[modifier | modifier le code]

Paysage de montagne quasi désertique. Au premier plan, la carcasse incomplète et rouillée d'un véhicule, vestige de la guerre civile. Au loin, un hangar apparemment désaffecté
Le film s'inspire de plusieurs pays, comme le Tadjikistan, pays d'origine du réalisateur, qui a connu une guerre civile après l'indépendance (1992-1997).

En 1993, Bakhtiar Khudojnazarov reçoit le Lion d'argent lors de la 50e Mostra de Venise pour son film On est quitte (Kosh ba kosh), ce qui lui permet d'obtenir des financements de producteurs occidentaux[n 4] et donc un budget suffisant pour réaliser un projet de plus grande ampleur[24]. Selon Irakli Kvirikadze, il se retrouve alors par hasard avec son ami[25] Khudojnazarov et avec le producteur Karl Baumgartner dans un café de Berlin[26] où ce dernier, qui venait de s'engager dans la production ambitieuse de Underground de Kusturica, demande aux deux hommes de lui proposer un projet plus abordable financièrement[26]. Khudojnazarov et Kvirikadze développent un scénario intitulé Le Divan Est-Ouest (Восточно-западный диван) mais ce projet est toutefois trop coûteux, donc les deux scénaristes réfléchissent à une autre idée[27]. Kvirikadze, qui a l'habitude de noter diverses histoires vraies dans un cahier, retrouve une histoire géorgienne qu'il avait oubliée, à propos d'une fille enceinte[26]. Il écrit rapidement une première ébauche de synopsis à partir de cette histoire et la propose dès le lendemain à Khudojnazarov et Baumgartner qui se disent enthousiastes[26]. Kvirikadze et Khudojnazarov réfléchissent longtemps au scénario avant de décider de faire un film « dédié à [leurs] mères »[1], alors que celle de Kvirikadze vient de mourir[25]. Les deux scénaristes se donnent alors pour objectif d'écrire « une comédie, pleine d'humour, d'ironie, et de poésie »[25].

Le scénario s'inspire de plusieurs histoire d'enfance de Kvirikadze[25], dont un conte traditionnel géorgien[28], mais aussi du vécu personnel de Khudojnazarov[25]. Le scénario incorpore d'autres histoires vraies, comme celle de pilotes d'Asie centrale qui avaient volé un taureau puis avaient été contraints de s'en débarrasser en plein vol, la chute de l'animal causant le naufrage d'un bateau de pêche dont seule une passagère, enceinte, a survécu[29],[n 5]. Khudojnazarov dit apprécier ce « genre d'histoire bien tordue et loufoque [...] parce que la logique, en revanche, [lui] semble trop sèche, sans sel »[29]. Khudojnazarov avoue avoir également puisé une partie de son inspiration dans la littérature de Luigi Pirandello et de Gabriel García Márquez[29] et évoque aussi deux tragédiens très joués en Asie centrale : Shakespeare et Sophocle[30]. D'après Kvirikadze, le plus difficile a été de trouver une fin à l'histoire et les scénaristes ont écrit une douzaine de dénouements, dont plusieurs ont ensuite été tournées pour permettre de se fixer sur le choix final au moment du montage[28].

Au nord du Tadjikistan, dans une région étroite coincée entre l'Ouzbékistan et le Kirghizistan, se trouve un lac allongé dans le sens nord-est/sud-est
Carte du Tadjikistan indiquant, au nord du pays, le lac Karakoum, principal lieu de tournage.

L'histoire de Luna Papa ne se situe pas vraiment au Tadjikistan, le pays d'origine du réalisateur, ni en Géorgie, pays d'origine de son coscénariste et de l'histoire qui est à la base du scénario, mais dans un pays imaginaire qui s'inspire de plusieurs pays d'Asie centrale ainsi que des pourtours de la Mer Noire, de la Turquie et de la Grèce[4]. Certaines scènes ont été filmées au Kazakhstan[31] mais le tournage a essentiellement eu lieu dans une zone désertique au carrefour du Tadjikistan, de l'Ouzbékistan et du Kirghizistan[32],[33],[34], les passages de frontières avec le matériel ont nécessité d'importantes négociations avec les autorités locales[34].

La majeure partie des scènes ont été tournées dans le nord du Tadjikistan, sur les rives du Karakoum[14], une retenue d'eau artificielle créée par un barrage sur le Syr-Daria, dans les environs de la ville de Khodjent[33]. Un village entier a été construit pour les besoins du film, avec des canaux et un petit port, et a même dû être reconstruit une deuxième fois à cause d'une inondation qui a interrompu le tournage pendant trois mois[33],[35]. Sa conception a nécessité la collaboration de plusieurs décorateurs venus du Kazakhstan, d'Ouzbékistan, du Tadjikistan et de Saint-Pétersbourg[4], et d'une équipe d'environ 140 personnes pour le construire[33]. Selon Khudojnazarov, les tempêtes et la boue ont contraint l'équipe à reconstruire régulièrement les décors et à « attendre le soleil pour tourner »[34]. Après le tournage, le décor n'a pas trouvé preneur et a donc été entièrement détruit[4]. Au total, le tournage a nécessité 170 jours de travail répartis entre avril 1998 et avril 1999[33]. Il a également été rendu difficile par la multiplicité des langues parlées par les membres de l'équipe[33], par la forte chaleur[36], ainsi que par l'instabilité politique du Tadjikistan, à cause de la présence de milices armées dans la région[33]. Khudojnazarov a même fait face au kidnapping d'un de ses assistants durant le tournage[34]. D'autre part, Khudojnazarov affirme que lui et une partie de son équipe ont « appris à n'être jamais rationnels »[1] et décrit ainsi l'atmosphère de tournage de son film : « Sur le plateau, nous instaurons la dictature de notre liberté »[1].

Pour l'interprétation du film, aucun acteur n'est pressenti lors de l'écriture du scénario[26]. Selon Kvirikadze, les recherches pour l'interprétation de Mamlakat se sont déroulées partout dans le monde, notamment à Paris, à Los Angeles et à Istanbul[26], et ce n'est que peu de temps avant le tournage que Khudojnazarov a trouvé Chulpan Khamatova[26]. Le choix de Moritz Bleibtreu a été fait par le producteur allemand[26]. Pour le personnage du père de Mamlakat, il a rapidement été évident pour les deux scénaristes qu'il fallait un acteur tadjik[26] et ce fut Ato Mukhamedshanov, dont c'est le dernier film au cinéma. Dans son ensemble, la distribution et l'équipe technique étaient très internationales, avec également le Russe Nikolaï Fomenko, le Géorgien Merab Nenidze, le Kazakh Dinmukhamet Akhimov ou encore des acteurs ouzbeks[2].

Moritz Bleibtreu dit avoir apprécié la compagnie des personnes originaires d'Asie centrale, caractérisées selon lui par « beaucoup de chaleur, de respect et de tolérance envers l'autre — plus qu'en Occident »[36],[c 1]. Il souligne aussi que, même si son jeu se reposait avant tout sur la gestuelle à cause de son rôle et de son absence de maîtrise de la langue russe, il avait eu « plus de texte que prévu initialement »[37],[c 2]. Revenant en 2002 sur le tournage compliqué de Luna Papa, l'acteur allemand en profitait pour affirmer qu'un acteur ne doit « pas se contenter de solutions de sécurité » mais au contraire « admettre ces défis [et] se salir les mains »[38],[c 3].

Musique[modifier | modifier le code]

La bande originale, majoritairement composée par Daler Nazarov mais également constituée d'arrangements de musiques traditionnelles[39], a été enregistrée par le label EmArcy. Le CD a été produit par Pandora Film et distribué par Universal. Daler Nazarov en a assuré lui-même la production au Studio Schamms à Douchanbé[6] (et plus secondairement dans la ville allemande de Vlotho[39]) et a réuni des musiciens traditionnels d'Asie centrale pour l'enregistrer[40]. La musique est dominée par les instruments à cordes pincées (majoritairement joués par le musicien tadjik Ikbol Zavkibekov[39]), avec la guitare acoustique, la mandoline mais aussi des instruments traditionnels comme le rubab et le setâr, souvent appuyés par des percussions comme le tablâ ou la doira. La musique utilise également, de façon plus épisodique, le saxophone, les claviers, la flûte et aussi les voix. La bande originale mélange ainsi des sensibilités folkloriques et traditionnels d'une part et des aspects plus modernes et occidentaux d'autre part[41].

Pour le critique italien Alberto Crespi, la musique a plutôt tendance à desservir le film[42], alors que son compatriote Silvio Danese souligne l'heureuse collaboration entre le réalisateur et le compositeur[43]. Dans Variety, Deborah Young souligne la « touche folk-rock » de la « composition locale » de Nazarov[5],[c 4]. Selon la chroniqueuse Mademoiselle Catherine, sur la radio belge La Première, la musique de Luna Papa « n’est pas sans rappeler celles de Goran Bregović pour le cinéma d’Emir Kusturica »[41].

Liste des titres édités sur l'album de la bande originale[6],[44],[n 6]
Titre Compositeur Interprètes et musiciens Durée
1 Quiet Soul Daler Nazarov Ikbol Zavkibekov (guitare, mandoline, rubab),
Rustam Rachimov (batterie), Sarif Pulotov (tablâ)
4min04
2 In Paradise Traditionnel (arrangements : Daler Nazarov) Ensemble Rubab de Douchanbé (chorale) 3min48
3 Girl From The Village Daler Nazarov Ikbol Zavkibekov et Daler Nazarov (guitares),
Anwarscho (guitare basse), Sarif Pulotov (tablâ et dotâr)
4min20
4 Theme Of A City Daler Nazarov Daler Nazarov (guitare), Ikbol Zavkibekov (rubab),
Gumontsch Zavkibekov (gidgak), Hussein Isatulaev (accordéon),
Sarif Mulotov (doira)
3min17
5 Alik Daler Nazarov Daler Nazarov (sifflet), Hussein Isatulaev (claviers) 0min25
6 Father Daler Nazarov Jadidja Iljaev (saxophone) 3min58
7 Loneliness Daler Nazarov Ikbol Zavkibekov (guitare, setâr), Hussein Isatulaev (claviers) 3min21
8 Bedor Schaw G. Rumi et Daler Nazarov Nusrat Odinamamadov et Nobowar (chant),
Sarif, Dorobscho et Husein (chœur)
2min39
9 Posle Snaharki Daler Nazarov Ikbol Zavkibekov (guitare), Hussein Isatulaev (claviers) 2min37
10 Happyness Traditionnel (arrangements : Daler Nazarov) Ikbol Zavkibekov (guitare), Jadidja Iljaev (flûte),
Sarif Mulotov (tablâ), Anwarscho (guitare basse),
Daler Nazarov (guitare)
3min42
11 Sadness Daler Nazarov Daler Nazarov (flûte), Hussein Isatulaev (claviers) 1min31
12 On The Way Daler Nazarov Sarif Pulotov (percussions) 3min26
13 Rythm Of The Mountain Traditionnel (arrangements : Daler Nazarov) Chœur d'enfants de Douchanbé 4min58
14 Only Song Daler Nazarov Sachiri Bachtari (rubab), Salimi Bachtari (tablâ),
Ikbol Zavkibekov (guitare)
4min20
15 Fading Desire Daler Nazarov Daler Nazarov (flûte), Ikbol Zavkibekov (setâr, mandoline),
Hussein Isatulaev (claviers)
4min22

Analyse[modifier | modifier le code]

Style du film[modifier | modifier le code]

Homme d’une cinquantaine d’années, cheveux mi-longs et mal rasé, le regard concentré vers le hors-champs
Luna Papa a été souvent comparé aux films d'Emir Kusturica (ici en 2009).

Le réalisateur opte pour un ton à la fois tragi-comique[45], burlesque[46], lyrique[47] et surréaliste[47], créant un univers baroque[24] avec ses nombreux détails dans l'image[45] et son grand nombre de péripéties où se côtoient gags et drames[45]. Faire raconter l'histoire par l'enfant qui n'est pas encore né est, selon Khudojnazarov, « une solution pour permettre de rentrer facilement dans l'univers détraqué du film »[1] et fait du film « une histoire simple, à hauteur de nourrisson »[1]. L'incongruité de cette narration justifie l'onirisme du film et lui donne une certaine cohérence[47]. Pour le réalisateur, « la fantaisie, c’est la simplicité et le rythme est la chose la plus importante dans un film »[1]. Malgré la folie des personnages, ceux-ci ne sont pas caricaturaux[47] et le réalisateur les traite avec tendresse[47].

Le film a souvent été comparé aux films d'Emir Kusturica[45], valant même à Khudojnazarov le surnom de « Kusturica d'Asie centrale »[24] même si Khudojnazarov a moins tendance à plaquer un discours idéologique sur ses films[48]. Khudojnazarov apporte une explication simple à ce rapprochement : « On travaille dans le même genre, la tragi-comédie »[1] mais il revendique plus d'influences littéraires que cinématographiques[1]. Une des grandes différences entre Kusturica et Khudojnazarov vient du fait que ce dernier se focalise plus sur ses personnages féminins[49]. Interrogé sur ce point, le scénariste Irakli Kvirikadze rejette catégoriquement toute comparaison avec Kusturica et nie une éventuelle inspiration[26].

Comme le souligne la journaliste française Élodie Lepage, le film respecte aussi les codes du conte puisqu'il « se situe dans un pays où l'on n'arrive jamais puisqu'il n'existe pas » et qu'« il se produit des événements bizarres mais qui ne choquent pas plus que ça »[50].

Thèmes, symboles et messages[modifier | modifier le code]

La recherche du père est évidemment le thème central de Luna Papa[29], qui fait symboliquement référence à Œdipe roi de Sophocle[30]. Pour Khudojnazarov, ce père est « déifié, au sens de grand ordonnateur de la vie [puis il] redevient très vite un homme comme les autres »[29]. Par la narration, l'embryon participe aussi à cette recherche[29]. Selon le réalisateur, le film « raconte le monde avec les yeux d'un enfant qui n'est pas encore né, l'amour d'une mère pour son fils, de la Sainte Vierge pour son sauveur, de la femme pour son mari, du filet pour le poisson, du ver pour les pommes, d'Icare pour le soleil, des gens tristes pour les gens drôles, de Mamlakat pour son Papa Lune »[30]. La journaliste française Élodie Lepage explique ainsi le titre du film : « les bébés n'ont peut-être pas de père, à moins que ce ne soit la Lune »[50].

La présence d'animaux est associée à divers sentiments qu'ils symbolisent, comme l'angoisse, la joie ou l'absurde[30]. Par leur côté partiellement incontrôlable, ils donnent aussi « de l'énergie au film » selon le réalisateur[30]. Le village imaginaire, que Khudojnazarov appelle une « ville-mosaïque »[4], permet quant à lui de poser la question de ce qu'est la patrie[4]. Pour le réalisateur, c'est « tout sauf une notion géopolitique »[4] et, avec ce film, il se demande s'il ne s'agit pas plutôt d'une maison, d'amis ou du ventre de la mère[4]. En outre, pour Khudojnazarov, Luna Papa « témoigne du bordel qui règne dans cette région du monde »[1] qu'est l'Asie centrale. Pourtant, son film permet aussi de fantasmer sur une Asie centrale unifiée[2], Khudojnazarov étant lui-même d'une génération qui a connu la période soviétique, durant laquelle les frontières entre les pays actuels n'existaient pas. Selon le cinéaste, c'est même un aspect qui « enflamme » son film pour trois raisons puisqu'il considère que cette unité est « un raisonnement logique car nécessaire aujourd'hui », mais aussi une question de « mémoire car cela a eu lieu par le passé »[n 7] et également un « rêve car cela sera à nouveau le cas un jour »[2],[c 5]. Le lac Karakoum où a été tourné le film, près des frontières du Tadjikistan avec l'Ouzbékistan et le Kirghizistan, est symbolique de cette unité centre-asiatique[2].

Exploitation et accueil[modifier | modifier le code]

Lion ailé
Au départ, le film devait faire partie de la sélection officielle de la 56e Mostra de Venise avant d'être placé dans la section « Dreams and Visions », non compétitive.

Luna Papa a été projeté pour la première fois à la Mostra de Venise le 8 septembre 1999. D'abord pressenti pour la sélection officielle, le film a été placé dans une section annexe non compétitive (« Dreams and Visions ») après les déclarations d'Emir Kusturica, président du jury de cette 56e édition, qui avait laissé entendre avant le festival qu'il lui attribuerait le Lion d'or[42],[51],[52]. La direction du festival a en effet estimé qu'il y avait un fort risque d'impartialité de la part de Kusturica, qui est ami avec Khudojnazarov et avec qui il partage le même producteur en la personne de Karl Baumgartner[52] (la démission de Kusturica comme président du jury ayant également été envisagée[53]).

Le film de Khudojnazarov a ensuite été sélectionné ou présenté dans de nombreux festivals à travers le monde, notamment ceux de Toronto, de Tokyo, de Thessalonique et de Sundance. À partir de mars 2000, il a progressivement été distribué sur les circuits nationaux, tout en continuant sa carrière dans les festivals comme celui de Karlovy Vary.

Accueil critique[modifier | modifier le code]

Les critiques concernant la musique sont mentionnées dans la section « Musique ».

Luna Papa reçoit un accueil globalement positif en France : AlloCiné établit une note moyenne de 3,92/5 à partir de 12 titres de la presse française[54]. Ciné Live le gratifie de la note maximale et plusieurs titres apprécient le film avec une note de 4/5, dont des publications culturelles comme Télérama, Les Inrockuptibles et Première, alors que Le Monde ne lui accorde qu'un 2/5[54]. Le film est choisi comme « découverte du mois » par la rédaction de Première pour son numéro de mai-juin 2000[55],[n 8].

Dans Ciné Live, Sandrine Benedetti s'enthousiasme pour la « brochette d'acteurs merveilleux et un scénario pétri de symbolisme et de réalisme », qualifie le film de « démesuré, insensé, irrésistible » et estime qu'il « dénonce par l'absurde autant l'inanité des guerres fratricides qu'il rend hommage à l'amour »[56]. Louis Guichard, pour Télérama, souligne l'« époustouflante énergie » et la « capiteuse absurdité » du film[45]. Pour Les Inrockuptibles, le film, qualifié de « presque trop grandiose », est parmi les œuvres les plus intéressantes présentées à la 56e Mostra de Venise[57]. Élodie Lepage, dans Le Nouveau Cinéma, parle de Luna Papa comme un « objet cinématographique non identifié », note que « la quête du père permet surtout à Bakhtiar Khudojnazarov de filmer une Asie centrale sauvage, violente et émouvante », et estime qu'il « démontre que le road-movie peut aussi être poétique »[50]. Dans Première, Olivier de Bruyn parle d'une « Kusturicacerie amusante »[55], d'une « fable foutraque, parfois fatigante mais souvent enivrante, [et d'une] fresque gargantuesque »[55], comparant le film à « ces plats goûteux mais bourratifs où l'abus d'épices menace paradoxalement d'annihiler les nuances du mets »[55], jugeant néanmoins que la ressemblance avec les films de Kusturica est « un tantinet écrasante »[55]. Parmi les mauvaises critiques françaises, Jean-Michel Frodon, dans Le Monde, regrette la « multiplication des personnages grotesques » et qualifie le film de « tohu-bohu de fantasmagories tape-à-l'œil d'un onirisme pesant »[24]. Également plus réservé, Christophe d'Yvoire, dans Studio, ne lui attribue que deux étoiles et, même s'il admet un « sens de l'image flamboyant dans ce film baroque et généreux »[58] et une « énergie impressionnante »[58], il regrette « des longueurs et un scénario un peu simpliste »[58] tout en soulignant que le film « n'atteint pas l'ampleur et l'inspiration de ceux de Kusturica »[58].

Luna Papa

Score cumulé
Site Note
Metacritic non répertorié
Allociné 4 étoiles sur 5
Compilation des critiques
Périodique Note
Télérama 5 étoiles sur 5
Ciné Live 5 étoiles sur 5
Les Inrockuptibles 4 étoiles sur 5
Première 4 étoiles sur 5
Le Monde 2 étoiles sur 5

En Allemagne, le critique Jan Distelmeyer (de), pour epd Film (de), voit dans Luna Papa une sorte d'hybride entre Emir Kusturica, les Monty Python et Václav Vorlíček[7] et rapproche la scène où la vache tombe du ciel de la pluie de grenouilles dans Magnolia[7], sorti peu de temps avant. Dans Der Spiegel, Christian Bartels pense que Luna Papa, qu'il qualifie de « road-movie tragicomique »[59],[c 6], peut faire partie des films dont les images restent en mémoire grâce à ses « paysages fascinants »[59],[c 7]. Il salue le jeu de Chulpan Khamatova « avec de grands beaux yeux et des gestes de film muet »[59],[c 8] et de celui Moritz Bleibtreu, quasi muet, qui « s'intègre parfaitement au paysage psychologique du film »[59],[c 9], montrant ainsi son talent polyvalent[59]. Bartels note aussi que « rien n'est idéalisé »[59],[c 10] dans le film et que l'Orient de Khudojnazarov est « un peu plus sauvage que l'Orient européen de Kusturica »[59],[c 11].

En Italie, Alberto Crespi, dans L'Unità, rapproche le film de Kusturica mais aussi des écrivains García Márquez et Aïtmatov, de Federico Fellini et de cinéastes caucasiens comme Danielia, Abouladze ou Paradjanov[42]. Crespi pense aussi que Luna Papa a le potentiel des films qui restent à vie dans la mémoire du spectateur[60] et souligne qu'il s'agit d'un « voyage sur une planète qui pour nous, habitants de la galaxie Hollywood/Cinecittà, est étrangère »[42],[c 12]. Roberto Pugliese, pour Il Gazzettino, parle d'un « conte de fées visionnaire et scintillant »[60]. Dans le Corriere della Sera, Maurizio Porro souligne les « très beaux panoramas, dus au talent visionnaire de Bakhtiar Khudojnazarov »[61],[c 13]. Silvio Danese, dans Il Giorno, parle de « vols d'avions tels de oiseaux chagalliens »[43],[c 14] et, s'il regrette « plusieurs répétitions dans la première partie »[43],[c 15], il salue l'imaginaire coloré, les articulations de la narration et le « grand final comme celui de certains cancans qui vous épuisent avant de vous envoler »[43],[c 16]. Stefano Della Casa (it) le considère comme un des meilleurs films de la Mostra de Venise 1999 et regrette qu'il ait été mis hors compétition[51]. Il remarque que Luna Papa alterne des « aventures sauvages dans le désert asiatique » et des passages où le film est « capable de couler en douceur »[51],[c 17], tout en mélangeant folklore et modernité[51]. Pour Della Casa, c'est « un film qui sait comment impressionner sans être cérébral »[51],[c 18] et le rapproche en cela de L'Été de Kikujiro de Kitano, les deux films étant également des preuves de « la possibilité d'un cinéma qui n'est pas encore un scan typique du modèle dominant (américain) »[51],[c 19].

Au Portugal, Rui Pedro Tendinha, dans Notícias Magazine, parle d'un « nouveau type de Monty Python »[60],[c 20] et témoigne que le film est, lors de sa sortie portugaise, l'une des « coqueluches des circuits d'art et essai »[60],[c 21].

Au Royaume-Uni, Time Out London (en) situe le film dans « un terrain nébuleux entre La Luna de Bertolucci et un conte centre-asiatique »[c 22], regrettant que la « poésie visuelle » des précédents films de Khudojnazarov soit ici « éclipsée par les clichés d'un "réalisme magique" tapageur à la manière de Kusturica »[c 23] et se moquant de la qualité des « effets pas très spéciaux »[c 23] de la scène finale[62],[n 9].

En Russie, Andreï Plakhov, qui couvre alors la Mostra de Venise pour Kommersant, estime que Luna Papa peut plaire aux Italiens car son histoire rappelle celle de Séduite et abandonnée (1964) de Pietro Germi[52]. Plakhov compare aussi le film avec ceux de Fellini et Kusturica[52]. Dans Iskoustvo Kino, Natalia Sirivlya est en revanche assez sévère avec le film de Khudojnazarov, qu'elle qualifie de « produit multi-culturel synthétique, [qui] n'est même pas intéressant du point de vue du résultat artistique »[27],[c 24]. Elle regrette l'impact de la coproduction européenne, qui produit un mélange culturel peu convaincant, une superposition « grotesque » d'époques et de traditions, et une « fantasmagorie décorative »[27],[c 25]. Elle critique également l'influence trop flagrante de Kusturica, dont elle cite Chat noir, chat blanc comme inspiration principale[27]. Sirivlya note aussi que « le profond pessimisme de l'auteur est clairement discordant avec l'esthétique des anecdotes, des gags et des blagues »[27],[c 26]. Également dans Iskoustvo Kino, dans une interview de Chulpan Khamatova parue quelques mois plus tard, Elena Kutlovskaya fait au contraire remarquer que le film de Khudojnazarov a été victime d'un certain « snobisme critique »[c 27] et qu'il est plus réussi que Chat noir, chat blanc[53]. Kutlovskaya considère en outre que ce film a permis de monter que Khamatova est « une actrice de caractère, qui est capable de créer une sorte de douceur grotesque »[53],[c 28].

Aux États-Unis, Deborah Young, pour Variety, qualifie le film de « délicieux conte tragicomique »[5],[c 29]. Contrairement à la critique russe Natalia Sirivlya, Young juge que « les valeurs de la production européenne servent bien ce conte moderne, raconté avec une verve humoristique et une certaine colère »[c 30] et que « l'une des idées les plus surréalistes [des scénaristes] fut de mélanger la culture traditionnelle, les villes inventées et les costumes folkloriques avec le monde postmoderne violent »[c 31],[5]. Elle salue aussi la performance de Moritz Bleibtreu qui « communique la dignité troublante des anciens combattants qui ont vu plus que ce qu'ils ne pourront jamais raconter »[c 32] et celle de Chulpan Khamatova qui « incarne les contradictions impossibles entre l'amour de la vie et l'acceptation de son côté tragique »[c 33] et dont le jeu est « un des atouts majeurs du film »[c 34],[5]. Enfin, elle fait remarquer que la contribution de quatre directeurs de la photographie différents n'empêche pas « un style assez unifié »[c 35],[5].

Au Québec, André Roy, dans la revue 24 images, considère que Khudojnazarov « change complètement de style en racontant une histoire totalement échevelée, aussi absurde que fantaisiste » et décrit « un film picaresque délirant (une sorte de road movie hallucinatoire) », qualifié de « kaléidoscope surréaliste, lorgnant vers ce qu’on pourrait nommer un réalisme fantastique, un peu à la manière kusturicienne »[15]. Roy fait remarquer que les « nombreuses scènes d'envol et de chute » en font un « rêve icarien » et que « par le biais d’un récit familial est présenté un monde à la dérive, abandonné à la misère et à la folie, survivant grâce à la rapine et au vol et sur lequel ne règne plus aucune loi »[15]. Bien qu'évoquant un « risque [de] surcharge », des « baisses de tension » ou encore des« sautes de ton », Roy considère que Luna Papa « est sauvé en grande partie par un vrai sens de la poésie, fruit du choc de l’improbable et de l’inimaginable » et que « son anticonformisme fait du bien »[15]. Il se félicite enfin de constater que la coproduction internationale n'a pas imposé l'anglais ou une quelconque autre langue européenne[15].

Box-office[modifier | modifier le code]

Les résultats au box-office sont restés globalement modestes mais relativement importants pour un film centre-asiatique. En Europe, le film a connu ses meilleurs résultats en Allemagne, en France et en Italie, où il a dépassé à chaque fois les 100 000 entrées, et a cumulé près de 600 000 entrées sur l'ensemble du continent selon l'Observatoire européen de l'audiovisuel[n 10]. Les résultats de Luna Papa au Japon et en Russie, pays coproducteurs du film, sont assez mal connus[n 11].
Principaux résultats au box-office :

Avis des spectateurs[modifier | modifier le code]

Sur de nombreux sites web à travers le monde, Luna Papa obtient un accueil public plutôt bon dans l'ensemble puisque les moyennes sont généralement situées entre 6 et 7,5 sur 10 (ou équivalents). Imdb et deux sites russes proposent les moyennes les plus représentatives avec plus de 1000 votants, alors que les autres sites recueillent moins de 160 votes chacun.

Site web Pays d'origine
du site
Situation au 30 juillet 2014
Note moyenne Nombre de votes Commentaires
IMDb[68] Drapeau des États-Unis États-Unis 7,3/10
7/10 étoiles
2 562 IMDb utilise un système de moyenne qui lui est propre. Le site indique néanmoins la moyenne arithmétique, 7,5, et la note médiane, 8. D'autre part, 14 % des votants ont attribué la note maximale et IMDb indique qu'au moins 1 835 votants ne sont pas américains[68].
Afisha (ru)[69] Drapeau de la Russie Russie 3,2/5[n 12]
3 étoiles sur 5
1 925
KinoPoisk[70] Drapeau de la Russie Russie 7,464/10
7/10 étoiles
1 382 17,8 % des votants ont attribué la note maximale[70].
Filmweb[71] Drapeau de la Pologne Pologne 7,6/10
8/10 étoiles
153
Moviepilot[72] Drapeau de l'Allemagne Allemagne 6,2/10
6/10 étoiles
116
MovieMeter[73] Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas 3,31/5
3 étoiles sur 5
102 Un graphique permet de montrer l'évolution de la note moyenne, qui est stable depuis mi-2008[74].
AlloCiné[75] Drapeau de la France France 3,7/5
4 étoiles sur 5
57
FilmAffinity[76] Drapeau de l'Espagne Espagne 6,8/10
7/10 étoiles
56

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sauf mention contraire ou complémentaire, les informations concernant les distinctions proviennent du site IMDb[77].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Nominations et sélections[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Citations originales[modifier | modifier le code]

NB : Certaines citations sont issues de sources françaises ayant déjà procédé à une traduction depuis une autre langue (notamment pour les propos du réalisateur) et ne communiquant pas les citations originales. De même, certaines citations sont issues d'un site portugais ; la traduction française proposée ici est donc une seconde traduction qui peut avoir altéré légèrement les citations originales, elles aussi indisponibles.
  1. (ru) « Прожив там достаточно долго, я полюбил тамошних людей, в них много тепла, уважения и терпимости друг к другу,— больше, чем на Западе »
  2. (de) « Ich hatte im Film sogar mehr Text, als ursprünglich im Drehbuch vorgesehen. »
  3. (de) « Du darfst dich nicht mit Sicherheitslösungen zufrieden geben, sondern musst dich auf solche Herausforderungen einlassen. Das ist überhaupt das Wichtigste für einen Schauspieler: Er muss sich die Hände schmutzig machen »
  4. (en) « A local score from Tadjik musician Daler Nasarov has a folk-rock feel. »
  5. (en) « It is logical reasoning because it is necessary today. It is my memory because it already happened in the past. And it is my dream because it will happen again one day, I am sure. These are the three turning points that ignite my film. »
  6. (de) « tragikomischen Roadmovie »
  7. (de) « faszinierende Landschaft »
  8. (de) « Sie spielt mit schönen großen Augen und Gesten stummfilmhaft ungebärdig »
  9. (de) « fügt sich hervorragend ein in die obskure Seelenlandschaft des Films »
  10. (de) « Idealisiert wird hier nichts »
  11. (de) « Khudojnazarows Osten ist noch östlicher und auch noch ein wenig wilder als Kusturicas europäischer Osten. »
  12. (it) « un pianeta che per noi, abitanti della galassia Hollywood/Cinecittà, è alieno. »
  13. (it) « una serie di panorami bellissimi, affidati al talento visionario di Bakhtiar Khudojnazarov. »
  14. (it) « aerei in volo come uccelli chagalliani. »
  15. (it) « Appesantito da diverse ripetizioni nella prima parte »
  16. (it) « un gran finale come certi can-can che ti sfiniscono prima di farti volare »
  17. (it) « avventure scatenate nel deserto asiatico, rapimenti e inseguimenti, folklore e modernità, trama ingarbugliata ma capace di scorrere con fluidità »
  18. (it) « Un film che sa stupire senza essere cerebrale »
  19. (it) « la possibilità di fare ancora cinema che non abbia le scansioni tipiche del modello dominante (quello americano) »
  20. (pt) « uma nova espécie de Monty Python’s »
  21. (pt) « uma das coqueluche nos circuitos de arte & ensaio »
  22. (en) « the director seems to be aiming for some nebulous ground between Bertolucci's La Luna and a Central Asian folktale. »
  23. a et b (en) « Even before the not-very-special effects take over at the climax, the visual poetry of his previous films has been eclipsed by the clichés of roistering 'magic realism' in the Kusturica manner. »
  24. (ru) « представляет собой именно такого рода синтетический мультикультурный продукт, крайне любопытный даже не с точки зрения художественного результата »
  25. (ru) « декоративную фантасмагорию »
  26. (ru) « Этот глубинный авторский пессимизм отчетливо диссонирует с эстетикой баек, гэгов и анекдотов. »
  27. (ru) « критический снобизм »
  28. (ru) « в фильме Б.Худойназарова вы выступаете уже как характерная актриса, умеющая создавать этакий нежный гротеск »
  29. (en) « delightful tragicomic tale »
  30. (en) « Western-financed production values well serve this modern folk tale, told with humorous verve and some anger by young Tadjikistan helmer Bakhtiar Khudojnazarov »
  31. (en) « One of the most surreal ideas that Khudojnazarov and co-scripter Irakli Kwirikadze had was to mix traditional culture, fabled cities and folk costumes with the violent postmodern world »
  32. (en) « As brother Nasreddin, Bleibtreu communicates the troubling dignity of war veterans who have seen more than they can ever recount »
  33. (en) « Khamatova embodies the impossible contradictions of love for life and acceptance of its tragic side. »
  34. (en) « Her sparkling, on-key perf is one of pic’s major pluses. »
  35. (en) « Lensing is credited to four cinematographers, but pic sports a fairly unified look nonetheless. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le guide Lonely Planet sur l'Asie centrale remarque que le cinéma d'Asie centrale n'a pas une grande notoriété internationale et cite Luna Papa en tête d'une courte liste de recommandations[3].
  2. Dans le film, la guerre en question n'est pas précisément identifiée. Dans Variety, après la projection du film à la Mostra de Venise, Deborah Young suggérait qu'il s'agissait probablement soit d'une des guerres en Afghanistan soit d'un conflit en Tchétchénie[5]. Dans certaines déclarations, le réalisateur affirme qu'il s'agit d'une guerre en Afghanistan mais ne précise pas laquelle[6].
  3. Plusieurs sources mentionnent le farsi comme autre langue utilisée dans le film en plus du russe[14] mais aucune ne précise s'il s'agit du persan (langue majoritaire en Iran) ou du dari (variantes du persan, notamment utilisées en Afghanistan, pays frontalier des anciennes républiques soviétiques d'Asie centrale où se déroule le film). D'autres sources suggèrent qu'il s'agit tout simplement du tadjik[15], langue proche du persan.
  4. Certaines sociétés de production de Luna Papa avaient déjà coproduit On est quitte. C'est le cas notamment de Pandora Film mais aussi de Euro Space et VISS[23].
  5. En 2011, la même histoire vraie a servi de point de départ au film argentin El Chino.
  6. L'album sorti dans le commerce ne propose pas l'intégralité des musiques présentes dans le film.
  7. L'unité de l'Asie centrale a notamment été une réalité durant la période de l'empire de Tamerlan. Voir également l'article sur l'histoire de l'Asie centrale.
  8. Dans le numéro de mai-juin 2000 (p. 59), Première attribue la note de 3 étoiles sur un maximum de 4 pour la critique d'Olivier de Bruyn ; dans le numéro de juin-juillet 2000 (p. 76), le tableau récapitulatif des avis de la rédaction crédite le film de 3 étoiles pour 4 rédacteurs et de 2 étoiles pour 2 autres rédacteurs. Dans le même numéro, avec une moyenne de 2,75 (extrêmes exclues), Luna Papa est placé à la troisième place du « top 7 de la rédaction » (p. 75) derrière Erin Brockovich et Gladiator.
  9. La critique de Time Out London (en) fait une erreur dans son résumé en attribuant à tort le rôle d'Alik à Moritz Bleibtreu.
  10. 37 pays européens sont membres de l'Observatoire européen de l'audiovisuel, dont la Russie. Néanmoins, pour Luna Papa, le site de l'OEA fournit des informations sur 18 d'entre eux seulement ; aucune information n'est donnée pour la Russie.
  11. Le site Kinopoisk mentionne 500 000 entrées pour le Japon et 1 million pour la Russie[63]. Il est toutefois permis de douter de la fiabilité de ces informations car les chiffres paraissent plutôt élevés pour un tel film (notamment pour le résultat japonais) et les chiffres sont manifestement arrondis. D'autre part, le site kino-teatr.ru mentionne seulement 15 000 dollars de recettes en Russie et 72 600 dollars dans le monde[64].
  12. Sur le site Afisha, la note moyenne n'est visible que si le curseur passe au-dessus des étoiles.
  13. Appelé « Bélier d'or » (Золотой Овен) à sa création en 1998, le prix a ensuite pris le nom d'« Éléphant blanc » (белый Cлон) à partir de 2005[82].

Références[modifier | modifier le code]

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