Gorans

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gorani, Goran et Goranes.

Goranis
Goranci

Populations significatives par région
Kosovo Kosovo 1 ville et 18 villages
Drapeau de l'Albanie Albanie 11 villages
Drapeau de la Macédoine Macédoine 2 villages
Population totale 60 000 env.
Autres
Régions d’origine

Slaves du Sud

Langues

Goranski, albanais

Religions

Islam sunnite

Ethnies liées

Pomaks Torbes

Les Goranis sont des Slaves du Sud résidant la région de Gora ou Mont Šar. Actuellement de confession musulmane depuis le XVI-XVIIIe siècle, ils auraient peuplé la région de Gora au VIIIe siècle au moment de l'arrivée des Slaves dans les Balkans. Leur langue, le Našenski appartient au groupe des langues slaves du sud et s'apparente au serbe, macédonien et bulgare. Selon des historiens serbes, Stefan Uroš IV Dušan aurait rédigé le Code Dušan dans la langue serbe du dialecte torlaque de l'époque médiévale et s'apparenterait fortement au Našenski. Ce peuple minoritaire de l'actuel Kosovo serait en voie de disparition et d'assimilation par les Albanais; en effet, son nombre est en constante diminution. Depuis 1912, la population est passée de 60.000 à aujourd'hui 8.000 Goranis, ce phénomène est dû à des émigrations massives en Turquie au début du XXe siècle, dans les pays de l'ex-Yougoslavie, mais également vers les pays occidentaux (France, Italie, Allemagne, Suisse ..etc.)

Répartition[modifier | modifier le code]

Cette communauté est répartie sur trois pays des Balkans :

  • dans la région montagneuse de Gora, juste au sud de Prizren au Kosovo dans 19 villages: Bаćkа, Brоd, Vrаništе, Glоbоčicа, Gоrnjа Rаpčа, Gоrnji Krstаc, Dikаncе, Dоnjа Rаpčа, Dоnji Krstаc, Drаgаš, Zli Pоtоk, Krušеvо, Kukulјаnе, Lеštаnе, Ljubоvištе, Мlikе, Оrćušа, Rаdеšа i Rеstеlicа ;
  • au nord-ouest de la Macédoine dans la région montagneuse de Šar (près de Tetovo) dans 2 villages: Urvic et Jelovjane ;
  • au nord-ouest de l'Albanie (plus principalement dans la région de Kukës) dans 9 villages: Bоrје, Zаpоd, Kоšаrištе, Оrgоstа, Оrеšеk, Оrčiklе, Pаkišа, Crnоlеvо i Šištаvеc.
Gorans au Kosovo selon le recensement de 2011
Gorans en Kosovo 2011

Langue[modifier | modifier le code]

Pour communiquer entre eux, les Gorans utilisent en premier lieu leur propre langue qu'ils appellent le Našinski, terme fondé sur le mot naš signifiant « notre ». Il s’agit d’une variante du dialecte torlaque, considéré par certains linguistes comme langue intermédiaire entre le serbe et le bulgare. Les Gorans du Kosovo sont également pour la plupart locuteurs du serbe standard qu'ils apprennent à l’école. Beaucoup d’entre eux parlent aussi l’albanais pour des raisons pratiques tandis que les Gorans d’Albanie l’apprennent à l’école. Depuis l’occupation du Kosovo par l’OTAN en revanche, les autorités albanaises du Kosovo tentent d’imposer l’enseignement de la langue bosnienne aux Gorans, pour des raisons politiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Selon les thèses de certains historiens notamment bosniaques[réf. nécessaire], cette population proviendrait de Serbes et de Bulgares bogomiles, chrétiens apparentés aux cathares qui, après leur persécution en Bulgarie, se seraient réfugiés en Serbie et en Bosnie-Herzégovine, où, sous l’Empire ottoman, ils auraient été islamisés. Néanmoins, la majorité des spécialistes des Balkans[1] remarquent que les Bogomiles disparaissent complètement dès la fin du XIVe siècle, alors que l'islamisation ne commence qu'au début du XVIe siècle, les populations chrétiennes passant à l'Islam pour ne plus payer le Haraç (impôt ottoman sur les non-musulmans). La dernière famille chrétienne orthodoxe de Gora s'est éteinte en 1855, avec la mort de Baba Bozana dans le village de Brod

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Castellan, Histoire des Balkans : XIVe-XXe siècle, Fayard, Paris, 1999, ou Barbara Jelavich, History of the Balkans, Cambridge University Press, 1983.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Arnault Dérens, Laurent Geslin, Voyage au pays des Gorani, Paris, Cartouche, 2010.

Liens externes[modifier | modifier le code]