Chakra

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Les sept chakras dans le corps humain

Chakra[1],[2],[3](prononcé [ʃa.kʁa][4],[5], dérivé du sanskrit : चक्र (écriture devanagari) [6] qui signifie roue ou disque, prononciation phonétique « tchakra », en IAST : cakra ; pali : chakka ; chinois: 轮 ; tibétain : khorlo ; indonésien et javanais : cakra) est le nom sanskrit traditionnellement donné à des objets ayant la forme d'un disque, parmi lesquels le soleil. Le terme est aujourd'hui plus connu pour désigner des « centres spirituels » ou « points de jonction de canaux d'énergie (nāḍī) » issus d'une conception du Kundalinî yoga et qui pourraient être localisés dans le corps humain. Selon cette conception, il y aurait sept chakras principaux et des milliers de chakras secondaires. On trouve ce concept dans certaines upanishads dites mineures composées vers le IIe siècle av. J.-C.[7] et plus particulièrement dans la Yoga Chudamani Upanishad (composée entre le VIIe siècle av. J.-C. et Xe siècle) et la Yoga Shikha Upanishad.

Un symbole de pouvoir[modifier | modifier le code]

Chakra (roue) au centre du drapeau de l'Inde

Dans l'Inde ancienne, le mot désignait un disque de métal — or, cuivre ou fer — symbolisant le pouvoir d'un râja dit chakravarti : celui qui fait tourner la roue de la destinée des hommes, qui tient leur vie dans ses mains, mais aussi, peut-être, celui qui est à l'image de sūrya, le soleil. Le titre de chakravarti ou chakravartin était donné à un souverain ayant fait le sacrifice du cheval ou ayant réalisé de grandes conquêtes.

Dans l'hindouisme, la roue représente la structure des mondes et de l'individu, « dont le moyeu est le cœur, les rayons ses facultés et les points de contact avec la jante les organes de perception et d'action »[8].

Le terme fut ensuite utilisé pour qualifier Bouddha et les souverains bouddhistes, qui font tourner la roue de la loi (geste de dharma chakra-mudrâ).

On retrouve ainsi très logiquement une représentation de chakra dans l'emblème et le drapeau de l'Inde. À l'origine, devait se trouver dans la bande blanche le rouet de Gandhi, c'est-à-dire l'outil emblématique de l’autosuffisance. Il fut plus tard remplacé par le chakra d'Ashoka, un symbole bouddhiste, sous l'influence de Bhimrao Ramji Ambedkar, le rédacteur hors-caste de la constitution indienne qui finit par se convertir au bouddhisme.

Les chakras du yoga[modifier | modifier le code]

Les chakras spirituels décrits dans le kundalinî yoga[9] sont représentés par des fleurs de lotus et marquent, sur le corps vital de l'homme (prânamaya-kosha), les étapes de la progression de la Kundalinî le long des nâdi (canaux), sushumna (canal central parasympathique), ida (canal sympathique gauche) et pingala (canal sympathique droit), qui relient entre eux les chakra (centres d'énergie). Les chakra sont aussi reliés par un circuit plus direct appelé merudanda. Dans le tableau ci-dessous, les couleurs de la colonne de gauche suivent la convention généralement adoptée par le mouvement New Age, les couleurs de la colonne de droite sont celles généralement mentionnées dans les écrits traditionnels (il existe cependant des divergences suivant les traditions).

Les sept couleurs des chakras principaux sont également les couleurs de l'arc-en-ciel.

Chakra Représentation Élément Emplacement Divinité associée Qualité Couleur traditionnelle
7 Sahasrāra
सहस्रार
  vibration Vibration (स्पन्द Spanda) Fontanelle Shri Paramashiva Conscience
6 Ajna
आज्ञा
  esprit Esprit (मनस् Manas) Chiasma optique Shri Mahaganesha Pardon
5 Vishuddha
विशुद्ध
  éther Éther (आकाश Ākāśa) Gorge Shri Krishna Communication
4 Anahata
अनाहत
  air Air (वायु Vāyu) Cœur Shri Durga Courage, Sécurité
3 Maṇipūra
मणिपूर
  feu Feu (तेजस् Agni) Nombril Shri Vishnu Satisfaction, Paix
2 Svādhiṣṭhāna
स्वाधिष्ठान
  eau Eau (आपस् Āpas) Coccyx Shri Brahma Connaissance et créativité
1 Muladhara
मूलाधार
  terre Terre (पृथिवी Pṛithivī) Sacrum Shri Ganesha Innocence et sagesse

Le dernier sahasrāra-chakra, mot d'origine sanscrite signifiant « chakra aux mille pétales », correspond à l'aboutissement du déploiement de la kundalinî, équivalent à l'éveil spirituel.

La plus ancienne mention connue des chakras se trouve dans les dernières upanishad (plus spécifiquement, le Brahma Upanishad et le Yogatattva Upanishad). Upanishad indique le déplacement physique vers le maître (upa), le mouvement vers le bas pour s'asseoir (ni), et l'écoute respectueuse de son enseignement (shad).

Les sept chakras principaux sont décrits comme formant une colonne lumineuse (colonne d'argent) partant de la base de la colonne vertébrale jusqu'à la base la tête. Chaque chakra est associé à l'énergie d'une certaine couleur, à de multiples fonctions spécifiques, à un aspect de la conscience, à un élément classique et encore à d'autres choses.

Vision mystique des chakras[modifier | modifier le code]

Les chakras sont issus d'un système de croyances philosophiques issues de l'hindouisme. Les premiers textes qui en parlent sont écrits en sanscrit. Pour les personnes adhérant à ces croyances, ils ont une réalité physique et physiologique au même titre que d'autres organes, même si cette physique est, dans leur conception, beaucoup plus subtile. En occultisme, il est affirmé que la clairvoyance permettrait de les voir comme des centres de lumière et d'énergie.

Des chercheurs se disant « indépendants » ont cherché à confirmer l'existence de ces points et à donner une explication à leur fonctionnement (le Dr Janine Fontaine, pour n'en citer qu'un exemple français). De nombreuses personnes — des milliers selon certains — disent avoir la capacité de les toucher et/ou de les voir (voir la référence M.L. LaBonté en bibliographie) ; cela ne serait qu'une question d'entraînement et de détente.

Ceux qui examinent les chakras les décrivent comme des organes vivants. Ils auraient pour fonction la régulation de « l'énergie » entre les différentes parties du corps, et entre le corps, la terre et l'univers. Soumis aux aléas de santé de l'individu, ils présenteraient des symptômes de rigidité ou d'affaissement, d'encombrement ou de perte de vitalité. Ils communiqueraient entre eux et seraient capables de se compenser mutuellement. Réciproquement, une action « d'harmonisation énergétique » (de type acupuncture, même si celle-ci ne travaille pas directement sur les chakras) aurait des répercussions sur la santé de l'individu.

De plus, les chakras correspondraient à des plexus et à des glandes, ce qui signifie que leurs localisations auraient une fonction avérée dans la biologie et même le psychisme de l'individu. Mais la physiologie, en l'état actuel des connaissances, n'a pas besoin d'avoir recours à la notion de chakra pour expliquer les phénomènes observés.

En ésotérisme, le manipūra-chakra serait situé au niveau du plexus solaire, il aurait donc a un rôle dans la digestion. Quant au sahasrâra-chakra, il se situerait au niveau de la glande pinéale, qui sécrète la mélatonine, hormone liée au sommeil. Mais en occultisme on enseigne que c'est le chakra dans sa dimension subtile qui régulerait le plexus et la glande correspondante, et donc de proche en proche régit et harmonise le psychisme de l'humain. Si, par exemple, l'hormone de la glande pinéale est sécrétée en quantité adéquate, ce serait en conséquence d'un chakra harmonieux, et l'individu aurait alors un sommeil régénérateur.

Le scientifique dira que c'est grâce à la sécrétion de la mélatonine, l'occultiste, lui, dira que c'est l'ouverture du sahasrâra-chakra qui offre un sommeil régénérateur (cf. dans Wikipédia les articles Mélatonine, Sommeil).

Sri Swami Shivananda va même plus loin dans son livre Kundalinî-yoga, où il décrit les chakras[10] comme des centres spirituels qui peuvent être activés à 100 % grâce à la montée de la Kundalinî. Chaque chakra serait dépositaire de pouvoirs secrets endormis. Le mûlâdhâra-chakra activé, permettrait au yogi de léviter et de se purifier de tout péché. Le vishuddha-chakra activerait la clairaudience. L’âjñâ-chakra, lui, garderait en lui le pouvoir caché de clairvoyance. Enfin Sahasrâra activé fournirait la paix suprême, l'union fusionnelle avec l'être cosmique.

Chakra et psychanalyse[modifier | modifier le code]

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La littérature tantrique fait correspondre aux chakras des « organes de perception » et des « organes d'action » (Arthur Avalon). Ces correspondances évoquent les stades freudiens ou les zones pulsionnelles de Lacan.

Les premières comparaisons entre chakra et données psychanalytiques sont dues à Maryse Choisy et Charles Baudouin [Quand ?] [Où ?]. Ce dernier s'intéresse à une correspondance entre chakra et instances de la personnalité qu'il extrait (entre autres) de Freud, de Jung. Il fait aussi remarquer l'étroite parenté des descriptions tantriques et thérésiennes (les demeures du « château de l'âme »).

Il existe un mouvement de pensée entre « Tantrisme et Psychologie analytique », où se croisent tant des praticiens de la psychologie analytique s'inspirant ou étant à la recherche de sens dans le tantrisme que des tantrika (« praticiens » du tantra) s'inspirant ou étant à la recherche de sens dans la psychologie analytique. Certains travaillent sur la kundalinî, les chakras, etc.

Chakra et bouddhisme[modifier | modifier le code]

Chapiteau d'Ashoka

Ces modèles du tantrisme hindou ont été repris avec quelques adaptations dans le bouddhisme tibétain et le shingon japonais ou vajrayāna ou cinq centres correspondants aux cinq éléments et aux cinq dhyanis bouddhas sont souvent décrits[11]. Le chakra est aussi, dans l'iconographie bouddhiste, le halo ou auréole qui accompagne la représentation des saints hommes, derrière leur tête, le shirashchakra, leur corps, le prabhâvali, composée de flammes, le jvâla.

Avant que la rencontre des mondes indien et grec n'introduise une représentation figurative du Bouddha, celui-ci n'était représenté que par un chakra, parfois au sommet d'une colonne ou lât, comme le chapiteau d'Ashoka qui est devenu l'emblème de l'Inde.

Article détaillé : Dharmacakra.

Chakra et autres disciplines[modifier | modifier le code]

La médecine traditionnelle chinoise se base sur un modèle voisin du corps humain comme système d'énergie traversé par des vaisseaux et des points, ceux utilisés par l'acupuncture. Cependant, aucune preuve physique ou physiologique ne vient pour l'instant à l'appui de ce modèle.

Cependant les chakras sont situés sur le vaisseau gouverneur (VG) qui est un méridien fondamental en médecine chinoise. Chaque chakra correspond à un point précis de ce méridien et à des actions sur les fonctions des divers organes lui correspondant. Ainsi :

Le 1er chakra, est le Muladhara, « chakra de la racine » correspond au point No 1 du vaisseau conception (VC) soit entre l'anus et le scrotum. Il est en lien avec le métabolisme, le système lymphatique et la vessie. Il est lié aux glandes surrénales.

Le deuxième chakra est le hara (VC no 6), le centre de l’énergie. Il est en lien avec les reins, l’appareil reproducteur, les intestins et le système immunitaire. Point maître du foyer inférieur, il régit l’activité des ovaires et des testicules (les gonades).

Le troisième chakra, le plexus solaire (VC no 12), est relié au pancréas. Il a une action sur le foie et la vésicule biliaire ainsi que sur le système digestif (estomac). Point maître du foyer médian.

Le quatrième chakra est l'Anahata « chakra du cœur » (VC no 17), est en lien avec le cœur, le système circulatoire les poumons et le thymus. Le lien avec le thymus est important pour le travail avec les enfants car cette glande s’atrophie rapidement avec l’âge, il a pour fonction la production des lymphocytes au début de la vie. Point maître du foyer supérieur.

Le cinquième chakra est le Vishuddha, « chakra de la gorge » (VC no 22), est le centre du système respiratoire, en lien avec le fonctionnement de la glande thyroïde. Il est important pour le fonctionnement du cou, de la voix et des mains.

Le sixième chakra est l'Ajna, le troisième œil, situé sur le vaisseau gouverneur (VG) est le seul chakra qui n’a pas de point de correspondance avec les points du vaisseau gouverneur. Cependant il est en lien avec l’hypophyse, et soutient la fonction des yeux et du système nerveux, il est le siège de l'intuition.

Le septième chakra est le Sahasrāra, « chakra coronal ou du ciel » (VG no 20), est en lien avec la glande pinéale (épiphyse). Son action porte sur l’activité du cortex cérébral, il a une action importante sur la circulation de l’énergie dans le corps et sur les activités intellectuelles, la concentration et la mémoire. Il harmonise l’énergie yang du corps.

  • Le Reiki évoque les chakras.
  • Le concept de chakra est repris par le mouvement New Age qui a redéfini le code de couleurs représenté dans la première colonne du tableau ci-dessus.
  • La chakrologie est un néologisme quelquefois employé par des praticiens de médecine non conventionnelle ou des philosophes ésotériques, pour désigner l'étude des chakras.
  • Les Rosicruciens (étudiants de la philosophie Rose-Croix), ont un système décrivant les centres spirituels humains appelés « centres psychiques », qui est similaire[réf. nécessaire].
  • Dans la kabbale, et donc dans la mystique judaïque, les sephiroths peuvent être comparées aux chakras[12].

Il y a de nombreuses et différentes écoles de chakrologie, certaines d'entre elles sont basées sur les anciennes traditions ésotériques tantriques indiennes, des interprétations New Age, des analyses occultes occidentales, etc.

Le physicien et philosophe ésotérique Arvan Harvat considère qu'il est très difficile de développer une science unifiée et cohérente des chakras qui intégrerait tous les éléments actuels[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Petit Larousse 2010 édité en 2009, le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 édité en 2008 et le Dictionnaire Hachette 2010 édité en 2009 ont une entrée « chakra ».
  2. Note : Dans la transcription scientifique du sanscrit, utilisée par les sanscritistes, le terme est orthographié « cakra » ; « chakra » a été préféré ici, car il représente l'usage le plus courant
  3. Le Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 édité en 2008 signale la forme anglaise « chakra » datée de 1888, langue dans laquelle le groupe ch se prononce c’est-à-dire « tch ».
  4. Prononciation avec ʃ- à l’initiale indiquée dans l’entrée chakra du dictionnaire en ligne Wiktionnaire consulté le 18 août 2010.
  5. Prononciation avec ʃ- à l’initiale indiquée dans l’entrée « chakra » du Nouveau Petit Robert de la langue française 2009 édité en 2008.
  6. चक्रं cakraṃ est la forme au cas nominatif.
  7. Claiming Knowledge: Strategies of Epistemology from Theosophy to the New Age. Olav Hammer. Éd. BRILL, 2004. (ISBN 9789004136380)
  8. Ananda Coomaraswamy, Hindouisme et Bouddhisme p. 36
  9. Voir article de Guénon Kundalîni yoga, 1933, qui donne en sus la correspondance avec le caducée des médecins comme les séphiroths de la kabbale, et de ce fait avec les sept sceaux de l'Apocalypse de Jean — recueil Études sur l'hindouisme, éd. Études traditionnelles — cf. lien externe « le coin du serpent »
  10. page 55 à 61 dans le livre au format PDF Kundalinî-yoga
  11. Les fondements de la mystique tibétaine Lama Anagarika Govinda
  12. Leonara Leet. The Universal Kabbalah

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chakra :

Kundalinî :

  • Carl Gustav Jung, Psychologie du yoga de la Kundalinî, 2005 (ISBN 2-226-15711-5)
  • Lilian Silburn, La Kundalinî, l’Énergie des profondeurs, Les Deux Océans, Paris 1983
  • Tara Michaël, Corps subtil et corps causal. "La Description des six chakras" et quelques textes sanscrits sur le kuṇḍalinī yoga, Paris, Le Courrier du livre, 1979, 278 p. Hindouisme.

Psychologie analytique :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]