Suisse romande

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En vert, la Suisse romande, territoire aujourd'hui en très grande majorité francophone mais historiquement de langues arpitane et d'oïl[1].

La Suisse romande ou Romandie (Westschweiz pour les Suisses alémaniques) est la partie francophone de la Suisse. Les habitants de la Suisse romande sont appelés Romands et Romandes.

Géographie[modifier | modifier le code]

La Suisse romande se situe à l'ouest du pays et comptait environ 1,93 million d'habitants fin 2012, soit 24 % de celle de la Suisse, pour 12 029 km2 de superficie. Bien que l'appellation « Romandie » soit fréquemment employée dans la vie courante, cette région n'existe pas sur le plan politique en Suisse. « Romandie » est un terme qui désigne les populations suisses dont la langue commune est le français. Elle recouvre les cantons de Genève, du Jura (à l'exception de la commune germanophone d'Ederswiler), de Neuchâtel et de Vaud et une partie des cantons de Berne (Jura bernois et Bienne), de Fribourg et du Valais.

La majeure partie de la Romandie fait partie du domaine linguistique francoprovençal ou arpitan, une langue presque disparue en Suisse et en France mais protégée en Italie, et qui est encore parlée dans quelques rares villages valaisans et fribourgeois[2].

Les Suisses alémaniques appellent parfois les Romands les Welsches, et la Suisse romande le Welschland. Welsch vient du germanique walh-isk-, dérivé de walh-, et a sans doute désigné d'abord les Volques, puis les Celtes en général, et enfin les Gallo-Romains ; on retrouve ce mot partout où les peuples de langue germanique avaient des voisins de langue romane ou celtique (non seulement welsche, welsh mais aussi wallon et gaulois se rattachent à la racine walh-).

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'adjectif romand est une réfection de roman d'après normand, où le suffixe -mand est l'adaptation française du germanique mann « homme », emprunté au norrois de Normandie. Le même phénomène explique les graphies modernes flamand et allemand.

Roman s'applique à ce qui est relatif aux peuples conquis par Rome, notamment à la langue qu'ils parlaient. En conséquence, les linguistes désignent par romanes les langues issues du latin tardif en usage sur le vaste territoire de la Romania à la fin de l'Antiquité et dont les formes modernes les plus répandues sont l'espagnol, le portugais, le catalan, le provençal, le français, l'arpitan, l'italien et le roumain.

Le terme apparaît en 1723 dans le titre Histoire de la Suisse romande de l'historien vaudois Abraham Ruchat[3], ouvrage qui ne sera publié qu'ultérieurement.

La dénomination "Suisse française" était courante au XIXe siècle et reflétait l'influence culturelle et le prestige de la France[3]. Durant la Première Guerre mondiale, elle a cédé la place à « Suisse romande[3] » pour affirmer une unité nationale menacée par les divisions linguistiques (le fameux Röstigraben)[4].

Politique[modifier | modifier le code]

Dans le système fédéraliste suisse, la Romandie n'a pas d'existence politique autonome, mais regroupe sept cantons ou parties de cantons, lesquels sont indépendants avec leurs propres institutions. Ceux-ci collaborent néanmoins dans des domaines concrets au travers de nombreuses conventions et concordats intercantonaux.
La Suisse étant un pays qui recourt de façon extensive à la démocratie directe lors de consultations populaires qui ont lieu plusieurs fois par année, les différences de sensibilités politiques entre Romands et Alémaniques se sont manifestées clairement lors de votations comme celles qui ont porté sur l'intégration éventuelle de la Suisse dans l'Espace économique européen (EEE), ou dans la politique d'immigration et d’asile. Ces différentes sensibilités politiques, sans doute liées en partie à une différente appartenance culturelle, ont fait naître une véritable frontière imaginaire qui n'est pas seulement linguistique, mais également politique et culturelle, populairement appelée « barrière de röstis » ou röstigraben[5],[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la carte de Suisse indiquant les régions romandes où l'arpitan est (était) traditionnellement parlé sur Ethnologue.com.
  2. Valais: il croit à l'arpitan de demain et plus généralement Le Portail de l'arpitan
  3. a, b et c « Suisse française, Suisse romande : le virage de 14-18 ? », Geopolitis, un magazine de la RTS et de TV5 Monde,‎ 8 décembre 2013 (lire en ligne [[vidéo]])
    « Comment est née l’appellation de Suisse romande ? Quels étaient alors les territoires concernés ? Geopolitis revient sur ce moment de l’histoire suisse au cœur de la Première Guerre mondiale dont on célèbre en ce moment le centenaire. À partir du minutage 07:13, l’émission se poursuit par une interview du professeur Georges Andrey, historien et enseignant émérite de l’université de Fribourg. Présentation : Xavier Colin. »
  4. [1] L'Hebdo, 2013-06-06
  5. http://www.hebdo.ch/la_suisse_romande_comme_on_ne_jamais_racontee_164611_.html
  6. http://www.hebdo.ch/romandie_la_genese_mot_tabou_164612_.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]