Nicolae Grigorescu

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Autoportrait

Nicolae Grigorescu (15 mai 1838 – 24 juillet 1907) est considéré comme le plus grand peintre roumain. Il était membre de l'Académie roumaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le 15 mai 1838, N. Grigorescu naît dans le village de Văcărești de Răstoacă, dans le județ de Dâmbovița. En 1843, il déménage à Bucarest avec sa mère et ses frères et devient quelques années plus tard l'élève du peintre tchèque Anton Chladek. Il réalise alors (entre 1850 et 1861) des icônes pour les églises des monastères Baïcoï et Caldarusani ainsi que des peintures murales pour les églises des monastères Zamfira et Agapia dans un style encore académique.

En 1861, il obtient une bourse qui lui permet d'étudier à l’école des Beaux-arts de Paris où, dans l'atelier de Jean-Jean Cornu, il a Renoir pour condisciple. Il en profite pour aller copier au Louvre les toiles des grands maîtres. À l'auberge du père Ganne, près de Fontainebleau, il rencontre les maîtres de l'École de Barbizon comme Millet, Daubigny ou Corot et s'initie à la peinture de plein air dans les forêts voisines. Il part ensuite peindre à Barbizon. À leur contact, il allège sa palette et opte pour une touche à la fois abrégée et synthétique, par larges coups de brosse visibles tout en affirmant déjà sa prédilection pour des thèmes et un rendu réalistes, à la fois construit et spontané. La rencontre de Georges de Bellio, mécène des impressionnistes, l'initie aux styles de Monet, Renoir ou Sisley. Sa palette gagne encore en luminosité, mais il conserve son goût pour la paysannerie et un réalisme direct.

En 1873-1874, il voyage en Italie (Rome, Naples, Pompéi), en Grèce, en Turquie, à Vienne, en Moldavie où il peint les paysans, son thème favori.

Pendant la guerre d'indépendance de 1877, il devient « peintre de guerre » en Roumanie et réalise le Cycle de la campagne en plus des dessins et croquis de scènes de combat.

De 1879 à 1890, il travaille surtout à Paris et va peindre à Vitré en Bretagne.

De retour en Roumanie (à Câmpina), il expose plusieurs fois à l'Athénée roumain entre 1891 et 1904. En 1899, il est nommé membre honoraire de l'Académie roumaine. Pendant cette dernière période, il se consacre surtout au portrait et peint des visages remarquablement expressifs et baignés de lumière sur un fond sombre.

Premier peintre roumain adepte de la peinture de plein air et fondateur de la peinture moderne en Roumanie, il a influencé des peintres comme Ion Andreescu (son condisciple à Fontainebleau) et Ștefan Luchian

Œuvres[modifier | modifier le code]

Thèmes[modifier | modifier le code]

Le village roumain[modifier | modifier le code]

Fils de paysan, Grigorescu ne dément pas son origine, les paysans étant les figures les plus représentatives de son œuvre. Même si un étranger n'a jamais visité la campagne roumaine, il peut la connaître très bien s'il regarde ses tableaux. Son œuvre est un miroir du village roumain : il présente toutes ses activités et ses héros humains ou non. Mais les plus beaux sont les portraits des habitants au visage serein.

Il y a des portraits : d'intérieur, tels Paysanne au foulard (1885), Paysanne tissant (1864 - 1869), Jeune fille au fichu blanc, Paysanne joyeuse; des peintures d'extérieur, dans le paysage bucolique roumain, tels Printemps (1881), Bergère, L'Attente, Paysanne assise sur l'herbe. Les filles surprises à l'extérieur sont toujours très gaies.

Les femmes sont en général brunes aux lèvres humides, l'accent est mis sur le visage presque dans tous les tableaux car le corps est souvent flou. Elles ont des activités ancestrales : elles tissent, font pâturer les moutons, apportent à la maison de l'eau prise à la fontaine (Paysanne dans sa maison (1870 - 1872), Jeune femme à la quenouille, Vieille femme filant).

Mais il y a aussi d'autres personnages du village roumain, comme le paysan en contemplation (Paysan assis devant sa maison), le berger (Jeune berger, Jeune berger au chien (1902), Le berger et son troupeau) et celui surpris en labourant (Paysan bêchant) et les animaux (Troupeau à la rivière, Chariot à bœufs qui connaît beaucoup de variantes). Il a aussi remarquablement présenté des coins de nature ou du village - Le chadouf, A la lisière de la forêt, Paysage (Pommier fleuri), Maison paysanne, Paysage aux meules de foin, Foire.


La religion[modifier | modifier le code]

Bien que le village roumain soit son point central d'intérêt, Grigorescu a abordé aussi d'autres sujets, comme la religion. En réalité c'est une ébauche pour la préparation de la main du grand maître des paysans de plus tard, car il a abordé ce sujet au début de sa carrière. Il a peint des icônes pour divers monastères - Baïcoï, Zamfira - et le plus fameux, Agapia, où il y a un musée consacré à son œuvre pour éviter la destruction des tableaux et des fresques dans l'église. Ainsi, ils sont mieux protégés.


La France[modifier | modifier le code]

Un autre motif d'inspiration a été la France et pourquoi pas comme les impressionnistes alors à la mode, il s'est laissé fasciner par la beauté de Barbizon (Paysanne gardant ses vaches à Barbizon) ou par la forêt de Fontainebleau (Dans la forêt de Fontainebleau, 1864 - 1868) et aussi par les côtes bretonnes et l'océan (Rue à Vitré, Intérieur à Vitré, 1876 - 1885, Le mendiant breton, Paysanne française dans le vignoble, Au bord de l'océan, La Pêcheuse de Grandville).


La guerre[modifier | modifier le code]

Il a été aussi le peintre de la guerre car il a participé en 1877 à la Guerre d'Indépendance pour surprendre dans ses toiles des témoignages de la lutte du peuple roumain pour la libération. (L'Espion, L'Attaque de Smardan, 1885, Les Artilleurs, 1877 - 1878).


Le portrait[modifier | modifier le code]

Grigorescu a été avant tout un grand portraitiste, qu'il s'agisse d'Autoportrait ou des portraits de paysans roumains ou français, des soldats, il y excelle avec des touches sensibles de son pinceau. L'un des plus remarquables portraits est celui du Juif à l'oie qui se trouve au Musée national d'art de Roumanie, Bucarest.


Musées recommandés[modifier | modifier le code]

Gobelins[modifier | modifier le code]

Une fabrique de tapisseries de Timișoara, Hudemas, produit des toiles reproduisant des tableaux de Grigorescu. Cette activité est une occupation de base pour les femmes roumaines pendant leurs temps libres.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catalina Macovei, Nicolae Grigorescu, éd. Parkstone, 1999, ISBN 185995 532 0 (En français)
  • COLL., Grigorescu, Regia Autonomǎ “Monitorul Oficial”, IIe éd., 2001, ISBN 973-567-323-1 (éd. Trilingue, roumain, français, anglais)
  • Collectif, Nicolae Grigorescu (1838-1907). Itinéraires d’un peintre roumain de l’école de Barbizon à l’Impressionnisme, Éditions Somogy,‎ 2006, 112 p. (ISBN 2-85056-986-0, résumé).