Monténégrins

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Monténégrins
Crnogorci
Црногорци

Populations significatives par région
Monténégro Monténégro 267 669 (2003)[1]
Serbie Serbie 69 049 (2002)[2]
Drapeau de l'Italie Italie 50 000 (2004)
Drapeau de l’Argentine Argentine 30 000 (2001)[3]
Drapeau de la Croatie Croatie 4 926 (2001)[4]
Drapeau de la Macédoine Macédoine 2 686 (2002)[5]
Drapeau de la Slovénie Slovénie 2 667 (2002)[6]
Drapeau de l'Albanie Albanie 2 000 à 2 500 (2000)[7]
Drapeau du Canada Canada 2 370 (2006)[8]
Drapeau de l'Australie Australie 1 171 (2006)
Drapeau du Brésil Brésil 800 (2006)
Population totale environ 400 000
Autres
Langues

Monténégrin, Serbe

Religions

Christianisme orthodoxe; Catholicisme; Islam

Ethnies liées

Autres Slaves; Slaves des Balkans

Les Monténégrins (en Monténégrin : (sr-ME-Cyrl)Црногорци, (sr-ME-Latn)Crnogorci) sont un peuple de la branche des Slaves du Sud, ils vivent essentiellement au Monténégro.

Identité et population[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Dioclée et Monténégro.

Dans le Monténégro d'aujourd'hui, les ethnies Monténégrine et serbe se différencient essentiellement sur des bases politiques. Les Slaves sont présents dans la région du Monténégro depuis le Ve siècle et les Serbes y sont présents depuis le VIIe siècle [9]. Depuis la violente rébellion de Noël de 1919, qui a vu les combats entre la guérilla pro-Petrović et les troupes de la maison Karađorđević, il y a une opposition significative à l'unification avec la Serbie[10]. Après la fin de la Seconde Guerre mondiale la population a été déplacée massivement en faveur de l'appartenance ethnique distincte du Monténégro (91 %)[1]. Toutefois après l'effondrement du communisme en Yougoslavie, les Monténégrins ont de nouveau commencé à s'auto-identifier comme des Serbes (32 %), tandis que la plus grande proportion des citoyens du Monténégro se déclare encore comme « monténégrin » pour leur origine ethnique (43 %)[1]. Cela s'est encore aggravée quand le mouvement pour l'indépendance totale du Monténégro en République fédérale de Yougoslavie a commencé à gagner du terrain en 1991, et, finalement, a réussi de justesse lors du référendum de mai 2006 (ayant été rejetée en 1992). Les Serbes du Monténégro ne se considèrent pas comme distinct de la nation monténégrine mais pense que tous les véritables slaves Monténégrins sont des Serbes par origine ethnique, et que l'état monténégrin est une fraction de « Serbdom ». Lors du recensement de 2003, plus de 270 000 personnes soit 43 % de la population du Monténégro s'identifient comme Monténégrin, alors que 200 000 personnes soit 32 % s'identifient comme Serbe. Le nombre de « Monténégrins » et de « Serbes » varie énormément d'un recensement à l'autre, ceci n'est pas due à des changements réels dans la population, mais en raison de changements dans la façon dont les gens vivent leur identité. D'après le recensement de 2002, il y a environ 70 000 Monténégrins en Serbie, soit 0,92 % de la population. le nombre de citoyens Monténégrins en Serbie se situe autour de 300 000 personnes, mais la majorité d'entre elles s'identifient comme Serbe. En outre, un nombre important de Serbes en Serbie et Bosnie-Herzégovine sont d'origine monténégrine, mais le nombre exact est difficile à évaluer. Les habitants du Monténégro ont grandement contribué à la repopulation de la Serbie dépeuplée après deux rébellions contre l'empire ottoman au début du XIXe siècle. On peut noter, d'une part la moitié de la population de la Šumadija et des alentours qui est peuplées par des gens originaires du Monténégro et d'autre part plusieurs personnalités en vue et de l'intelligentsia Serbe du XIXe siècle et début du XXe siècle étaient des descendants de personnes originaires du Monténégro. Le , une nouvelle constitution est adoptée proclamant la langue Monténégrinne comme officiel, l'indépendance du Monténégro et surtout la souveraineté au peuple Monténégrin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article principal : Histoire du Monténégro.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Durant le Moyen Âge, Le Monténégro a souvent changé de domination, mais c'est principauté de la Dioclée (ou Zeta) qui a eu la plus longue influence, ce qui a ouvert la voie à ce que deviendra à terme le Monténégro moderne. En 1496, la Zeta passe sous la domination de l'empire ottoman, mais l'influence turque reste limitée aux villes alors que les tribus Monténégrines, bien que désunie, avait le contrôle sur les montagnes environnantes. Elles ont formé une théocratie assez souple de Prince-évêque, commençant par Vavila en 1516[11]. Durant le XIIe siècle, la Dioclée devient la principauté de Zeta. Entre 1276 et 1309, la Zeta est dirigée par la reine Sainte Hélène d'Anjou, femmes du roi Serbe Stefan Uroš Ier. Elle a garanti l'autonomie de la avec les serbes Nemanjić et construits ou restaure environ 50 monastères, et plus particulièrement celui de Serge et Bacchus de Rasafa sur le fleuve Bojana près de Shkodër. Le nom du Monténégro (Crna Gora) est mentionnée pour la première fois dans la charte du monastère de Saint-Nicolas à Vranjina, datant à 1296 pendant le règne de Hélène d'Anjou. Sous le règne du roi Milutin (Uroš II) Nemanjić, au début du XIVe siècle, l'archevêché de Bar est le plus important seigneur féodal de Zeta.

Tout au long du XIVe siècle, la maison Balšić et la maison Crnojević ce sont disputées le contrôle des territoires du Monténégro jusqu'à ce que les Crnojević remporte la suprématie à la fin du XIVe siècle. Sous les Crnojević, l'église orthodoxe monténégrine atteint son apogée. En 1496, les Ottomans conquièrent une partie amis pas tout le Monténégro.

Du XVIe siècle au début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les Monténégrins ont maintenu leur indépendance vis-à-vis de l'Empire ottoman, pendant leur règne sur la région des Balkans (Croatie, Serbie, Bulgarie...). Les Monténégrins se sont réunis autour de la Métropole Cetinje, qui a encore conduit à l'éveil national des Monténégrins aux alentours. La création d'un État théocratique et son avancement dans un pays laïque et indépendante a été encore plus évident à la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle.

Le règne de la maison Petrović-Njegoš aux XVIIIe siècle et XIXe siècle à unifier les Monténégrins et établi des liens solides avec la Russie et plus tard avec la Serbie (sous l'occupation ottomane), avec des aides occasionnels de l'Empire austro-hongrois. Cette période a été marquée par plusieurs accrochages avec les turcs ainsi que par un établissement ferme d'une Principauté auto-gouvernée.

En 1878, le congrès de Berlin reconnait le Monténégro comme le 27e état indépendant du monde. Le Monténégro participe aux guerres balkaniques de 1912 à 1913, ainsi qu'à la seconde Guerre mondiale du côté des alliés.

Période Yougoslave[modifier | modifier le code]

Le Monténégro rejoint sans condition la Serbie le par une décision controversée de l'assemblée de Podgorica, et devient bientôt une partie du Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, plus tard renommé en Royaume de Yougoslavie.

Un certain nombre de chefs Monténégrin, déçus par la disparition effective du Monténégro, qu'ils ont senti consécutifs à une manipulation politique, levèrent les armes au cours de janvier 1919 dans une insurrection connue sous le nom de la rébellion de Noël, qui fut écrasée dans une sévère campagne militaire en 1922-1923. L'annexion du royaume du Monténégro le acquiert une reconnaissance internationale lors de la conférence des ambassadeurs de Paris, qui s'est tenue le [12]. En 1929, le nouvellement renommé Royaume de Yougoslavie a été réorganisé en provinces (banovine) dont l'une, Zeta Banovina, comportait l'ancien royaume du Monténégro avec Cetinje comme centre administratif.

Entre les deux guerres mondiales, le parti communiste de Yougoslavie, opposés à la monarchie yougoslave et sa politique d'unification, et soutenant l'autonomie du Monténégro, a obtenu un soutien considérable au Monténégro. Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux Monténégrins rejoignent les partisans yougoslaves, bien qu'une partie significative se joignent également à l'Armée yougoslave de la patrie (Tchetniks). Un tiers de tous les officiers de l'armée des partisans étaient Monténégrins. Ils ont aussi donné un grand nombre de hauts responsables du parti et des généraux. Au cours de la Seconde Guerre mondiale l'Italie a occupé le Monténégro (en 1941) et annexé au Royaume d'Italie les environs de Kotor où il y avait une petite communauté romaine (descendants des populations de la renaissance Albanie vénitienne). Le Royaume du Monténégro est créé sous le contrôle des fascistes (la reine d'Italie, Hélène de Monténégro, était la fille de l'ancien roi du Monténégro) C'est à ce moment que Krsto Zrnov Popović de retour d'exil à Rome, en 1941, a tenté de diriger les Zelenaši (les verts) qui prônait le rétablissement de la monarchie indépendante au Monténégro. Ce groupe armé est appelé la Brigade de Lovćen. Le Monténégro a été ravagé par une guerre de guérilla terrible, surtout après le remplacement des Italiens (battu en septembre 1943) par l'Allemagne nazie.

Quand la Seconde Yougoslavie est créée en 1945, les communistes qui ont conduit les Partisans durant la guerre ont formé le nouveau régime. Ils ont reconnu et favorisé une identité nationale pour les Monténégrins en tant que peuple distinct des Serbes et des autres Slaves du Sud. Le nombre de personnes qui étaient inscrites en tant que Monténégrins au Monténégro était à 90 % en 1948, il a diminué ensuite, jusqu'à 62 % en 1991. Avec la montée du nationalisme serbe et monténégrin à la fin des années 1980, le nombre de citoyens qui se déclarent monténégrin a fortement chuté de 61,7 %, au recensement de 1991, à 43,16 % en 2003.

Au début, après la chute du communisme au début des années 1990, l'idée d'une identité distincte pour le Monténégro a été repris avec l'idée d'indépendance des Monténégrins. Mais, le Parti démocratique socialiste du Monténégro (DPS) en place à ce moment, dirigé par le Premier ministre Milo Đukanović, le président Momir Bulatović et fermement alliés à Slobodan Milošević, s'est opposé à ces mouvements pendant toute cette période.

Au cours des récentes Guerre de Bosnie-Herzégovine et Guerre de Croatie (1991-1995), le Monténégro a participé avec sa police et des forces paramilitaires dans des attaques contre Dubrovnik et des villes de Bosnie, aux côtés des troupes serbes. Il a mené des persécutions contre les réfugiés bosniaques qui ont été arrêtés par la police monténégrine et transportés vers les camps serbes de Foča, où ils ont été exécutés[13].

En quête d'indépendance[modifier | modifier le code]

Toutefois, en 1997, un fossé s'est produit au sein du DPS, et la faction Đukanović, a pris le dessus sur celle de Bulatović, qui a formé un nouveau Parti socialiste populaire du Monténégro (SNP). Le DPS, dont Milošević s'est lui-même éloigné, s'est progressivement substitué à l'idée d'indépendance venant de l'Alliance libérale du Monténégro et du SDP, et a remporté toutes les élections depuis.

À l'automne 1999, peu après le bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN, le Monténégro, dirigé par Đukanović, a proposé une réforme pour la redéfinition des relations au sein de la fédération qui a appelé à une plus grande participation du Monténégro dans les domaines de la défense et la politique étrangère, bien que cette réforme ne va pas dans le sens de l'indépendance. Après le renversement de Milošević, le 5 octobre 2000, Đukanović pour la première fois a pu appuyer pleinement l'indépendance et a réussi son action en remportant le vote sur l'indépendance le 21 mai 2006.

Controverse à propos de l'identité Monténégrine[modifier | modifier le code]

Le Monténégro a fait partie de la Serbie à la fois aux temps présent qu'à l'époque médiévale, depuis les conquêtes des Ottomans dans les Balkans, ils ont été séparés pour une période de 300 ans. Au XIXe siècle le nationalisme romantique parmi les Slaves du Sud a alimenté la volonté de réunification. Un certain nombre d'ouvrages publiés au cours de cette période, voit les Monténégrins comme des Serbes.

Couverture du «Manuel scolaire Serbe» de 1836
  • Durant le règne de Petar I Petrović-Njegoš, le manuel scolaire de base dans les écoles publiques est appelé «le livre de lecture Serbe élémentaire». Une autre édition a été publiée lors du règne de Petar II Petrović-Njegoš.
  • Durant le règne de Danilo Petrović-Njegoš, les élèves avaient des cours de grammaire slaves, d'histoire monténégrine et d'Histoire slaves
  • Le plan de cours de Géographie au Collège de théologie consistait à «étudier les terres slaves indépendantes, soumise et occupées, ainsi que les principales villes, les lieux et les villages"
  • Le manuel de géographie pour la 3e année de maternelle à l'école primaire, en 1911, déclare :

« Au Monténégro, vivent seulement des vrais et purs Serbes qui parlent la langue serbe ... Outre le Monténégro il y a plus de terres serbes dans lesquels nos frères serbes de vivre ... Certains d'entre eux sont aussi libres que nous sommes et certains sont soumis à des étrangers. »

  • De nombreux certificats de scolarité, passeports et autres documents similaires conservés ont comme la nationalité du porteur : «serbes».
  • Le recensement de 1909, entrepris par la Principauté du Monténégro, a montré que 95 % de la population parlaient serbe.
  • Milovan Djilas, un chef de file des partisans yougoslaves et proche associé de Tito, a déclaré:

« Tous les Monténégrins sont des Serbes, mais tous les Serbes ne sont pas des Monténégrins. »

D'autre part, il est indéniable que l'unicité de l'identité monténégrine est basée sur des siècles de longue traditions distinctes, l'entité nationale, et les particularités dialectales et culturelles, se sont formées sous le règne des Ottomans et des Italiens. Les origines exactes de l'identité ethnique du Monténégro sont faciles à tracer, par exemple, les identités serbe et monténégrine sont plus opposées que compatibles, ou les Monténégrins ont été documentées en tant que nation depuis les années 1900[14].

Peut-être que le tournant s'est produit avec l'Assemblée de Podgorica, où le groupe pro-indépendance zelenaši («les Verts»), qui a encouragé «le nationalisme, le localisme, et le chauvinisme» a gagné, alors que les unionistes bjelaši («les blancs»), qui ont favorisé le « nihilisme national » dans des conditions discutables ont perdu[15].

il y a des répercussions de cette dernière fraction jusqu'à ce jour. Les partisans de l'unicité du Monténégro sont parfois péjorativement dénommé « zelenaši » par les pro-unionistes, tandis que les partisans de la double identité monténégrine-serbe sont parfois appelés péjorativement «bjelaši» par les indépendantistes monténégrins. La scission en partisans communistes et royaliste (tchetniks) pendant la Seconde Guerre mondiale, mais surtout idéologique, ne fut pas sans conséquences pour les problèmes d'identité nationale. Les communistes, qui ont gagné la guerre contre les Tchetniks, ont activement promu l'origine ethnique du Monténégro et de la nation à partir de 1945. Les recensements de 1948 et de 1991 décrivent la majorité des habitants du Monténégro en tant que Monténégrins. Les partisans des idées pro-unionistes au Monténégro font valoir que cela était dû, soit parce qu'il n'était pas effectivement confrontés à une identité serbe, soit parce qu'elle a été imposée par la propagande et de la force. Toutefois, pendant le dernier recensement national qui a été menée d'une manière libre et démocratique (comme les autorités monténégrines l'ont proclamé), la majorité des Monténégrins se sont encore déclarées comme ayant une origine ethnique monténégrine - sans opter pour l'identité serbe facultative.

Situation présente[modifier | modifier le code]

Le clivage politique en fin des années 1990 a permis au problème de l'ethnie serbo-monténégrine de refaire surface.

Monténégrins au Monténégro par le recensement de 1991
Monténégrins au Monténégro par le recensement de 2003
Monténégrins en Voïvodine, Serbie (recensement de 2002)

La population du Monténégro est actuellement en partie divisée sur des questions ethniques et politiques entre le groupe composé des Monténégrins de souche ethnique Bosniaques, musulmans, Croates et Albanais d'un côté, et le groupe composé de l'identité ethnique Serbes de l'autre. Le premier groupe est majoritaire sur ce dernier et a remporté à plusieurs reprises les élections nationales.

Divers notables au Monténégro ont soutenu l'indépendance du Monténégro et ont reconnu le droit des citoyens du Monténégro de se déclarer comme Monténégrins de souche. À noter que les partisans de l'indépendance comprennent l'homme d'État Milo Đukanović et le président du Parlement du Monténégro Ranko Krivokapić.

Dans les minorités, nous trouvons notamment le scientifique historien Serbo Rastoder (un Bosniaque de Berane), Don Branko Sbutega (un catholique romain prêtre de Kotor, déclaré comme un croate, qui est décédé le 27 avril 2006), et le journaliste Esad Kocan (un Bosniaque). Un certain nombre de notables Monténégrins incluant le footballeur Dejan Savićević, les hommes politiques Slavko Perović et Filip Vujanovic, les comédiens Branko Babović et Sekula Drljević, le chanteur de chansons folkloriques populaires Sako Polumenta, l'acteur Žarko Laušević, le mannequin Marija Vujović, les membres du groupe de rock Perper, Miraš Dedeić, le souverain du Monténégro Ivan Crnojevic premier et l'ancien président de la Serbie-et-Monténégro Svetozar Marović. Un certain nombre de Monténégrins qui vivent en dehors du Monténégro, principalement en Serbie, maintiennent encore la tradition monténégrine, des liens familiaux et des clans.

Ils restent Monténégrins par ces usages, mais en recensement, ils se déclarent plus souvent que des Serbes. Certains sont largement connus comme des Serbes, alors que peu savent qu'ils ont des racines du Monténégro. Par exemple, même Slobodan Milošević était un Serbe d'origine monténégrine, il est de la première génération de sa famille à être né en Serbie. Sa fille, Marija Milošević, et son frère, l'ancien ambassadeur en Russie, Borislav Milošević, se déclarent d'ethnie monténégrine.

D'autres Serbes éminents descendent partiellement ou intégralement du Monténégro, ils comprennent :

Caractéristique physique[modifier | modifier le code]

Dans les Balkans, les Monténégrins se distinguent par leur haute stature (surtout les hommes), notamment ceux de l'intérieur et du nord du pays[21]. La taille moyenne des Monténégrins, qui est aussi l'une des plus hautes d'Europe, était de 178 cm vers 1960 (contre 175 cm pour les Scandinaves, 173 cm pour Anglais, 170 cm pour les Français, 168 cm pour Allemands, 166 cm pour les Italiens et 162 cm pour les Espagnols, à la même époque)[22].

Actuellement, la taille moyenne des hommes monténégrins est de 183.21 cm[23][24].

Langage[modifier | modifier le code]

Article principal : Monténégrin.
Article connexe : Serbe.

Le monténégrin (en alphabet cyrillique црногорски jeзик, en alphabet latin crnogorski jezik) est une langue slave méridionale du groupe occidental de ces langues, parlée par les Monténégrins. Du point de vue de la sociolinguistique, c’est une langue Ausbau, c’est-à-dire une langue à part ayant son propre standard. Celui-ci a pour base le dialecte chtokavien de l’entité linguistique appelée « langue serbo-croate » à l’époque de l’ancienne Yougoslavie. Du point de vue de la linguistique comparée, c’est l’une des variantes standards d’une seule et même langue, les autres, basées sur le même dialecte chtokavien étant le serbe, le croate et le bosnien[25].

Au niveau sociolinguistique, la langue a été classée comme un dialecte du serbe, étant préalablement un dialecte du serbo-croate. La constitution du Monténégro définit actuellement le serbe comme langue officielle. Toutefois, avec la campagne pour l'indépendance, un mouvement pour la reconnaissance du Monténégrin comme langue séparée du serbe a vu le jour. L'actuel gouvernement pro-indépendance n'a pas embrassé particulièrement le mouvement, mais ne s'y oppose pas non plus. Pour tenter de surmonter la situation, les classes scolaires de langue ont été renommés de «langue serbe» en «langue maternelle», avec l'opposition farouche des milieux pro-serbe. Lors du recensement de 2003, 63,49 % des citoyens monténégrins ont déclaré parler la langue serbe, tandis que 21,53 % ont déclaré parler monténégrin.

Culture[modifier | modifier le code]

Article principal : Culture du Monténégro.

La dimension la plus importante de la culture monténégrine est l'idéal éthique Čojstvo i Junaštvo, traduit approximativement par "l'humanité et les actes de bravoure". Un autre résultat de sa longue histoire guerrière, est le code non écrit de chevalerie que Marko Miljanov, l'un des guerriers les plus célèbres de son temps, a tenté de décrire dans son livre Primjeri Čojstva i Junaštva (Exemples de l'humanité et les actes de bravoure) à la fin du XIXe siècle. Ses grands principes stipulent que, pour mériter un respect véritable de son peuple, un guerrier doit faire preuve de vertus d'intégrité, de dignité, d'humilité, de sacrifice de soi pour la juste cause si nécessaire, de respecter les autres, et de la Rectitude dans la bravoure.

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Dans les temps anciens de bataille, les Monténégrins combattaient à mort, la capture était considérée comme la plus grande honte. ce code est encore très bien gravé dans le système de croyances éthiques de chaque monténégrin et il est essentiel pour vraiment les comprendre. Venant de milieux non-guerrier, la plupart des autres nations slaves du sud n'ont jamais pleinement saisi son sens, ce qui entraîne des réactions qui allaient de la total indifférence, dans le meilleur des cas, à s'en moquer et l'assimilant à de l'arriération.

La plupart des extraordinaires exemples de conduite de Monténégrins au cours de sa longue histoire peuvent être reliés au code. Son importance est également reflétée par le niveau extrêmement bas de la religiosité dans la population monténégrine. Il est probablement juste de dire que les convictions éthiques des Monténégrins sont plus proche du stoïcisme que du christianisme.

La longue histoire de lutte pour l'indépendance des Monténégrins est invariablement liée à forte tradition de poésie épique populaire. Une caractéristique importante de la culture monténégrine est la gusle, c'est un instrument à cordes joué par un conteur qui chante ou récite des histoires de héros et les batailles en Décasyllabe. Ces traditions sont plus fortes dans les régions du nord du pays et sont aussi partagés avec les populations de l'est de l'Herzégovine, de l'ouest de la Serbie, du nord de l'Albanie et du centre de la Dalmatie.

Sur la base de la poésie épique folkloriques, des poètes comme Petar II Petrović-Njegoš, l'icône du Monténégro, ont créé leur propre expression. Le livre épique de Njegoš Gorski Vijenac ((en) The Mountain Wreath) présente le point central de la culture monténégrine.

D'autre part, les villes adriatique comme Herceg Novi, Kotor et Budva avait de fortes traditions de commerce et d'activité maritime. Elles ont présenté un point d'entrée pour République de Venise, République de Raguse et d'autres influences Catholique. La possession de ces villes a souvent changé, mais leur population est essentiellement un mélange des traditions et religions orthodoxe et catholique. Ces villes ont été incorporées au Monténégro seulement après la chute de l'Autriche-Hongrie. Dans ces villes, de fortes influences, du Moyen Âge et de la Renaissance en architecture, peinture et poésie lyrique, peuvent être trouvées.

Religion[modifier | modifier le code]

La plupart des Monténégrins sont orthodoxe chrétiens, appartenant à l'Église orthodoxe serbe, l'Église orthodoxe monténégrine. Il existe également des musulmans appartenant à l'islam sunnite, ainsi qu'un petit nombre de catholique romain. Bien que près de 17 % de la population du Monténégro est musulman, tous les musulmans dans le pays ne sont pas d'origine ethnique du Monténégro, mais beaucoup sont Bosniaques ou Albanais. En outre, certains déclarent être « musulmans par nationalité », mais parle le monténégrin en tant que langue maternelle[26].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Résultat non officiel du recensement du Monténégro de 2003
  2. Résultat officiel du recensement de la Serbie en 2002, Bureau républicain des statistiques
  3. Histoire de la diaspora
  4. Résultat officiel du recensement de la Croatie en 2001, Bureau central des statistiques de Croatie
  5. Résultat officiel du recensement de la Macédoine en 2002, Bureau des statistiques d'état de la république de Macédoine
  6. Résultats officiels du recensement de la Slovénie en 2002, Bureau des statistiques de la république de Slovénie
  7. Rapport d'état de l'Albanie du CoE, PDF
  8. Résultat du recensement du Canada en 2006
  9. http://www.njegos.org/past/vid.htm
  10. http://www.montenegro.org/pictures/news1919.gif
  11. Les invasions barbares et le peuplement de l'Europe: Arabes et Maures.-Scandinaves.-Slaves du sud..-Slaves du centre volume 1 page 244
  12. « http://www.orderofdanilo.org/en/family/index.htm » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  13. PORODICA NEDŽIBA LOJE O NJEGOVOM HAPŠENJU I DEPORTACIJI 1992. GODINE « http://bosnjaci.net/aktuelno.php?id=4311 » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  14. Formulaire d'immigration US de 1906
  15. D.Vujovic, Ujedinjenje Crne Gore i Srbije, Istorijski institut NRCG, 1962, p. 8: cité par « Histoire du Monténégro », Montenet.org
  16. BBC: profil de Radovan Karadžić
  17. Kurir, 30 juin 2004:Vojislav Koštunica (le surnom de son grand-père était Damjanović) Veselin konjevic: O'kle je Boris
  18. IWPR: Milka Tadic: « Arkanova Crnogorska Veza » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  19. a et b « http://www.blic.co.rs/arhiva/2006-05-25/strane/tema.htm » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-04-08
  20. Glas Javnosti, 17 juillet 2000: Koreni iz lepih Vasojevića (une interview avec le grand-père de Milla)
  21. Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette, "Petit futé Monténégro", Petit Futé, 2009, p. 19.
  22. Quid 2003, p. 172, a et b.
  23. (en) "Body height and its estimation utilising arm span measurements in Montenegrin adults", Slovene Anthropological Society 2012, p. 69.
  24. Voir aussi : Alpes dinariques#Groupes ethniques.
  25. Voir au sujet de la discussion autour du statut de ces langues et de leur dénomination, l’article Serbo-croate.
  26. (en) « Montenegro - MSN Encarta » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)