Ion Antonescu

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Ion Antonescu (1882-1946)
Ion Antonescu (1942 : sur 5 décorations, 4 sont allemandes)
Ion Antonescu (1942 : sur 5 décorations, 4 sont allemandes)
Fonctions
Chef de l'État Roumain
5 septembre 194023 août 1944
Élection nomination par décret royal du (5 septembre 1940)
Réélection sans élection
Président du Conseil lui-même comme « Chef de l’État » national-légionnaire
En tant que vice-président du Conseil :
Horia Sima
Mihai Antonescu
Prédécesseur Ion Gigurtu
Successeur Constantin Sănătescu (président du Gouvernement provisoire)
Ministre de la Guerre
28 décembre 193730 mars 1938
Prédécesseur général Constantin Ilasievici
Successeur général Gheorghe Argeșanu
6 septembre 194027 janvier 1941
Prédécesseur général Constantin Nicolaescu
Successeur général Iosif Iacobici
Ministre des Affaires étrangères (ad-interim)
26 janvier 19411er janvier 1943
Prédécesseur le prince Mihail Sturdza
Successeur Mihai Antonescu
Biographie
Nom de naissance Ion Victor Antonescu
Date de naissance 2 juin 1882
Lieu de naissance Pitești (Roumanie)
Date de décès 1er juin 1946 (à 63 ans)
Lieu de décès
fusillé en prison Jilava (Roumanie)
Parti politique sans parti ; de 1938 à janvier 1941 proche de la Garde de fer (« Mouvement Légionnaire »)
Conjoint Rachel Mendel (séparation)
Maria née Niculescu, ex-Cimbru, ex-Fueller
Enfant(s) un fils
Profession militaire (ex-maréchal dégradé), politicien.
Religion chrétien orthodoxe
Présidents du Conseil des ministres
Chef de l'État Roumain

Ion Victor Antonescu, né à Pitești le 15 juin 1882, mort exécuté le 1er juin 1946 à Jilava (non loin de de Bucarest), est un militaire roumain devenu un homme politique d'extrême droite. Il fut le chef du gouvernement et chef de l'État roumain (dictateur - (ro) conducător - du Royaume de Roumanie) de 1940 à 1944. Il engagea son pays, aux côtés de l'Allemagne nationale-socialiste dans la Seconde Guerre mondiale. Il fut condamné à mort pour crimes de guerre et fusillé après guerre.

Première Guerre mondiale et guerres balkaniques[modifier | modifier le code]

Ion Antonescu est un pur militaire de carrière. Surnommé « Le Chien Rouge ») dans l'armée de terre, il fait l'École de guerre. Officier pendant la Deuxième guerre des Balkans et la Première Guerre mondiale, où la Roumanie combat aux côtés de la France et du Royaume-Uni, il s'y distingue par son courage au combat et par son sens de la logistique. Il devient alors chef de la section Opérations du Grand quartier général.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Il se distingue de nouveau dans la guerre contre la Hongrie communiste (21 mars - 6 août 1919[1]) et participe à l'occupation de Budapest. Devenu lieutenant-colonel, il est décoré de la plus grande distinction roumaine de guerre, l'Ordre Michel le Brave IIIe classe (décret royal no 5454/31 décembre 1919).

« Légionnaires » de la « Garde de fer » abattus par ordre du roi sous la « dictature carliste » (1938-1940). La banderole proclame : ainsi périssent les assassins traîtres à leur pays.

Entre 1922 et 1926, il est attaché militaire à Paris puis à Londres. Il est nommé ensuite commandant de l'École supérieure de Guerre (1927-1930) puis chef du Grand État-Major (1933-1934).

Le 25 décembre 1937, il est promu général de division et trois jours plus tard, ministre de la Guerre dans le « gouvernement de 44 jours », conduit par Octavian Goga (ce gouvernement 28 décembre 1937 - 30 mars 1938 inaugura en Roumanie les premières mesures contre les juifs). Le roi Charles II (ou Carol II) impose sa « dictature carliste » et lutte par les armes contre l'extrême-droite (la « Garde de fer »). Antonescu lui adresse un mémoire vexatoire et il est aussitôt destitué disciplinairement et assigné à résidence au monastère de Bistrița dans les Carpates.

Début de la Seconde Guerre mondiale et dépeçage de la Roumanie[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, le Royaume de Roumanie, gouverné par le roi pro-allié, Carol II, reste neutre. Le 13 avril 1939, la France et le Royaume-Uni ont garantis les frontières roumaines

En septembre 1939, alors que la Pologne est démembrée par l'Allemagne et l'URSS, conformément au pacte Molotov-Ribbentrop, la Roumanie accueille les troupes survivantes (environ 85 000), le gouvernement et le Trésor polonais. Les 26 navires du Service maritime roumain et la flotte roumaine les transportent jusqu'à Alexandrie, en Égypte, où les Britanniques les intègrent dans leurs troupes.

Avec l'effondrement de la France et des Britanniques qui battent retraite en juin 1940, la Roumanie, considérée comme hostile à l'Axe, va être dépecée par l'Allemagne nazie et ses alliés. Staline, soutenu par Hitler, adresse un ultimatum au gouvernement roumain pour qu'il lui cède une part de son territoire. L'URSS annexe alors la Bessarabie, le territoire de Herţa et le nord de la Bucovine en juin 1940. La Hongrie et la Bulgarie annexent respectivement la Transylvanie du nord et la Dobroudja du sud en août 1940). C'est la fin de la Grande Roumanie[B] qui a perdu 40% de son territoire.

Prise du pouvoir par Antonescu[modifier | modifier le code]

Dès le 4 juillet 1940, suite à la défaite de la France principal soutien géopolitique de la Roumanie, le gouvernement d'Ion Gigurtu libère Antonescu et prend de nouvelles mesures antisémites.

À la suite de cela, et au retrait chaotique et douloureux des autorités roumaines de Bessarabie, le roi Carol II, conspué par l'opinion et se trouvant dans une situation de crise politique aiguë, nomme Ion Antonescu premier ministre le 5 septembre 1940, sous la pression de Horia Sima, chef du mouvement fasciste dit Garde de fer. La Garde de fer est un groupe paramilitaire sur le modèle de la SS, dont le nom officiel est « Mouvement légionnaire » : Horia Sima menace le roi d'attentats et d'assassinats ciblés s'il ne cède pas[2]. Le lendemain de la nomination, Antonescu et son vice-président du Conseil Horia Sima organisent un coup d'État par lequel ils forcent le roi à abdiquer et proclament un nouveau régime, d'inspiration fasciste, sous le nom d’« État national-légionnaire ».

La Roumanie en août 1940 avec en rouge les territoires cédés à l'URSS, en jaune ceux cédés à la Hongrie, et en vert à la Bulgarie.
Frontières de la Roumanie entre 1941 et 1944, avec la Transnistrie à l'est.
Le mémoire des dirigeants de l'opposition Iuliu Maniu et Ion C. Brătianu à Antonescu (1942) contre le passage du Dniestr.

Antonescu devient dictateur (« conducător »), « chef de l’État national-légionnaire », avec Horia Sima et Mihai Antonescu (sans lien de parenté) comme vice-présidents du Conseil

Le 16 septembre 1940, Antonescu s'auto-promeut général de corps d'armée. Le 8 octobre 1940 la Wehrmacht envahit la Roumanie avec l'aval d'Antonescu qui proclame être le « Pétain roumain », ce qui provoque les premiers mouvements de résistance.

Tant qu'il était assigné à résidence au monastère de Bistrița, Antonescu était une personnalité oubliée, sans poids politique, ni militaire. C'est la raison pour laquelle Horia Sima l'avait choisit comme président du Conseil, espérant en faire un fantoche. Mais le stratagème échoua : s'emparant des pleins-pouvoirs avec l'aide de l'armée, où il avait gardé de nombreux appuis, Antonescu accapare les ministères-clefs (Justice, Affaires étrangères, Défense), les services d'espionnage (où il nomme un anti-légionnaire : Eugen Cristescu) et ne laisse aux « Légionnaires » de la Garde de Fer que les ministères et les fonctions secondes.

La Garde de Fer s'inspirait du régime nazi, mais n'en partageait pas tous les principes. Bien qu'ils fussent xénophobes et antisémites, les « légionnaires » étaient aussi des intégristes chrétiens, comme les phalangistes de l'Espagne franquiste. Et comme ceux-ci, les Légionnaires répugnaient à mettre leur pays au service des intérêts allemands. Hitler ne les considérait donc pas comme très fiables et choisit la junte militaire d'Antonescu, qui l'assure de la participation active et totale de la Roumanie dans la guerre à venir contre l'URSS. Pour Hitler, le Mouvement légionnaire devait surtout être un contre-poids, une menace permettant d'éviter une éventuelle défection d'Antonescu.

Dans un premier temps, Antonescu donne une place au pouvoir à la Garde de fer et promulgue des lois antisémites. Il laisse les Légionnaires assassiner des intellectuels et d'anciens élus des partis démocrates — certains, alors qu'ils étaient emprisonnés — et perpétrer des pogroms, que Carol II avait empêchés. Le 21 janvier 1941 la « Garde de fer » tente de renverser Antonescu qui réplique et fait arrêter et emprisonner les Légionnaires et leur chef Horia Sima.

Alliance avec l'Allemagne nazie[modifier | modifier le code]

Antonescu opte pour une alliance avec l'Allemagne nazie, déclarant que son intention permanente et ferme était de récupérer les territoires cédés. Dans les faits, la Roumanie n'en devint pas moins un vassal du Troisième Reich, qui y impose ses intérêts stratégiques — approvisionnement en produites agricoles, en pétrole à partir de la région de Ploiești — et va utiliser le territoire roumain comme base d'invasion de l'Union soviétique.

Lorsque l'Allemagne nazie attaque l'URSS, Antonescu fait le choix d'entrer en guerre aux côtés des Allemands pour récupérer la Bessarabie. Mais une fois celle-ci reprise, il envoie l'armée roumaine en Union soviétique jusqu'à Stalingrad.

La Roumanie va payer l'engagement d'Antonescu par la mort de plus de 800 000 Roumains : 500 000 soldats tombés sur le front de l'Est, 300 000 Roumains de confession juive, soit près de la moitié, 15 000 Roms et d'autant d'intellectuels, résistants et autres « indésirables » ( Nedoriți). (chiffres repris dans ces les chefs d'accusation lors de son procès en 1946).

Mihai Antonescu (homonyme sans lien de parenté) est un ami du dictateur. Il avait été l'avocat d'Ion Antonescu dans un procès de bigamie. Il va devenir son plus proche collaborateur, nommé vice-président du Conseil à partir de 1941, et sera l'un des principaux responsables des affaires intérieures du « régime Antonescu ».

Le 5 février 1941, Antonescu s'auto-promeut général d'armée.

La guerre contre l’URSS[modifier | modifier le code]

Le 22 juin 1941, il participe à l'offensive allemande contre l'URSS, et se nomme lui-même Commandant du « Groupe des Armées Général Antonescu » (jusqu'au 17 juillet 1941). Le 6 août 1941, il est décoré par L'Allemagne de la Croix de fer avec rang de chevalier et 21 août suivant, il se décerne le rang de Maréchal et se décore de l'Ordre Michel le Brave 2e et 1re classe[3].,[A].

« Soldats, je vous l’ordonne, traversez le Prut ! »[modifier | modifier le code]

Le 22 juin 1941, l'ordre du conducător Antonescu : « Soldats, je vous l'ordonne, traversez le Prut ! » les enjoint à « la guerre sacrée, anti-communiste, juste et nationale ».

Les troupes roumaines traversent donc le Prut et, aux côtés des Allemands, récupèrent la Bessarabie, puis prennent Odessa et Sébastopol. Les Roumains prennent une part essentielle dans le siège d'Odessa, qui se termine le 14 octobre 1941 par le retrait de l'Armée rouge. La Roumanie occupe la Podolie, territoire soviétique immédiatement à l'est du Dniestr, c'est-à-dire à l'est de la Moldavie. Après la prise d'Odessa, cette région, appelée Transnistrie par les Roumains, devient une terre de déportation pour les Juifs, les Roms, les résistants et les autres « indésirables » roumains. L'armée s'y livre à des massacres qui s'ajoutent au froid et aux épidémies de dysenterie et au typhus. Le nombre des victimes sera estimé, au procès d'Ion Antonescu, à 400 000 dont 293 000 Juifs[3].

Conquérir la Crimée et Odessa « en passant »[modifier | modifier le code]

Antonescu ordonne à l'armée roumaine (le « Groupe des Armées du Général Antonescu ») de conquérir la Crimée et Odessa « en passant ». Le 3 août 1941, les Corps IV et V de l'Armée roumaine, commandé par le général Nicolae Ciupercă traversent le Dniestr, entre Tighina et Dubăsari (« L'Ordre Opératif du Grand État-Major » no 31 du 8 août 1941). Le plan d'attaque élaboré par Antonescu en personne se révèle désastreux. Odessa est occupée par les armées roumaines alliées de l'Allemagne et souffre d'importants dommages.

Le 3 septembre 1941 le général Ciupercă fait à Antonescu un rapport sur la situation de ses troupes, qui, après un mois d'attaques permanentes, sans approvisionnement, dans un terrain hostile, doit faire face aux attaques des partisans soviétiques. Ciupercă propose d'alléger le dispositif, de consolider l'intendance, de laisser la population ukrainienne s'auto-gérer partiellement et de se concentrer sur les plans d'attaque. Ion Antonescu rejette le rapport et, le 9 septembre, le général Ciupercă est remplacé par le général Iosif Iacobici, prochain Chef du Grand État-Major (ultérieurement, le plan du général Ciupercă sera adopté discrètement, avec succès)[3].

Parmi les méthodes instituées par Antonescu pour « fouetter le moral des troupes », la Directive no 113 du 14 août 1941 du Cabinet militaire, impose les punitions corporelles en cas de déshonneur (comme la fuite devant l'ennemi), ou de fautes graves (comme l'ordre de retrait donné par un sous-officier). Le punition peut aller jusqu'à 25 coups de fouet en public. Cette directive entend contrer l'action des divisions roumaines Alliées « Horia-Cloșca-Crișan » et « Tudor Vladimirescu », qui, par l'infiltration et la propagande, tentaient (et souvent réussissaient, surtout pendant et après Stalingrad) de rallier les soldats à la cause Alliée, et ce d'autant plus facilement que le choix, pour les prisonniers roumains faits par les Soviétiques, entre la captivité en Sibérie et l'engagement dans ces divisions roumaines Alliées, a déterminé un grand nombre d'entre eux à choisir la seconde option, qui leur a permis de revenir au pays en vainqueurs[3]. La Directive no 113 visait aussi à obliger les hommes à obéir à des ordres inhumains, visant à persécuter ou assassiner des civils.

L'attentat sur le quartier général roumain d'Odessa[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres d'Odessa .

Le 22 octobre 1941, six jours après l'entrée des troupes roumaines à Odessa, les partisans soviétiques font sauter le quartier général roumain d’Odessa. Le général Ion Glogojanu, commandant d'Odessa, est tué, ainsi que 16 officiers, 46 sous-officiers et soldats roumains, et 4 officiers mariniers allemands. Les soldats roumains ne parviennent pas à capturer les vrais auteurs de l'attentat (aujourd'hui, les catacombes des partisans sont une attraction touristique). Le soir même, le général Antonescu personnellement, au nom du gouvernement roumain, ordonne des représailles implacables contre la population civile, spécialement les Juifs, parce que, conformément à sa propagande, « tous les Juifs sont communistes »[4],[5].

Aussitôt, le nouveau commandant d'Odessa, le général Trestioreanu annonce qu'il va prendre des mesures pour « pendre les Juifs et les communistes » sur les places publiques. Durant la nuit 5 000 Juifs sont exécutés, pendus en grappes de 3-5 victimes à chaque lampadaire sur les boulevards d'Odessa.

Le 5 décembre 1941 les Alliés occidentaux déclarent la guerre à la Roumanie (qui n'était jusqu'alors en guerre que contre l'URSS).

Jusqu'à Stalingrad[modifier | modifier le code]

Fidèle à ses engagements envers Hitler et l'Allemagne nazie, Antonescu envoie ses troupes bien au-delà de la Bessarabie, à 2 000 km vers l'est, en Union soviétique, avant de subir aux côtés des Allemands, le désastre de Stalingrad. En février 1943, l'armée roumaine, pour laquelle il n'existe aucun dispositif d'évacuation, est décimée à Stalingrad et doit se mettre en retraite aux côtés de son allié allemand, qui la laisse volontiers en arrière-garde. Elle perd, au cours de cette seule campagne, plus de 220 000 hommes (dont environ 7 000 parmi lesquels le général Mihail Lascăr, se rendent aux Soviétiques pour intégrer les deux divisions roumaines Alliées „Vladimirescu” et „Horia-Cloșca-Crișan”[3]).

Au total, 473 000 soldats roumains furent engagés contre l'Union soviétique. Parmi les forces de l’Axe, il s'agit du contingent le plus fourni après celui de l'Allemagne[3].

Chute d’Antonescu[modifier | modifier le code]

N'ayant jamais été élu par le peuple au suffrage universel, ni même investi par le Parlement comme son homologue français Philippe Pétain, Antonescu ne tient sa « légitimité » que d'un décret royal, signé sous la contrainte par un roi qu'il déposera le lendemain. En mars 1941, Antonescu, qui s'auto-proclame le « Pétain roumain », se fait plébisciter et obtient 2 millions de oui contre 3 360 non[6]. Après la libération de la Bessarabie, dans un autre simulacre de plébiscite, la réussite avoisine aussi les 99,9 %.

La popularité d'Antonescu s'effondre lorsque les deux armées roumaines, engagées sur les flancs des forces allemandes, subirent d'importantes pertes lors de la bataille de Stalingrad.

Devant l'avancée de l'Armée rouge, qui entre en Roumanie du Nord-Est en mars 1944, l'opposition à Antonescu s'organise autour d'un Bloc national démocratique regroupant les quatre principaux partis politiques du pays.

Antonescu est destitué et arrêté avec ses partisans le 23 août 1944 sur ordre du roi Michel Ier, en accord avec le Conseil National de la Résistance et les dirigeants des partis politiques (dont ceux du Parti communiste roumain alors libérés de prison[7]). La Roumanie est alors déjà partiellement occupée par l'Armée rouge depuis mars 1944. Le lendemain, 24 août, la Roumanie déclare la guerre à l'Allemagne et à la Hongrie, engageant 547 000 soldats roumains contre l'Axe, le contingent le plus fourni après ceux de l'URSS, des États-Unis et du Royaume-Uni[3]. Mais les Alliés attendent jusqu'au 12 septembre pour répondre à la demande d'armistice, et durant cette période, tandis que les Roumains luttent à l'ouest contre la Wehrmacht et l'armée hongroise, à l'est l'Armée rouge se comporte toujours en ennemie et continue à faire des prisonniers, alors que les Roumains ont reçu l'ordre de ne pas résister. De plus, durant ces trois semaines, la Roumanie est bombardée alternativement par l'USAAF depuis Foggia en Italie, par la Luftwaffe depuis Szeged en Hongrie et par les Armée de l'air soviétique. Antonescu est assigné à résidence à Bucarest jusqu'au 6 mars 1945, lorsqu'un coup d'État communiste renverse le gouvernement issu du Conseil national de résistance, Antonescu est alors transféré à Moscou.

Après-guerre : procès et exécution[modifier | modifier le code]

Après la fin de la guerre, il est ramené en Roumanie et traduit devant le « Tribunal du peuple » de Bucarest qui le condamne à mort le 17 mai 1946 pour crimes « contre la paix, contre le peuple roumain, les peuples de la Russie soviétique, les juifs, les tziganes et autres crimes de guerre », pour avoir provoqué la mort de 500 000 militaires et civils dans la guerre et pour la déportation ou l'exécution de près de 300 000 juifs roumains ou ukrainiens et 15 000 tziganes.

Il est fusillé aux abords de la prison de Jilava (non loin de Bucarest) le 1er juin suivant, en même temps que Mihai Antonescu, vice-président du Conseil du Royaume de Roumanie de 1941 à 1944, le général de gendarmerie Constantin Vasiliu, ex-sous-secrétaire d'État et Gheorghe Alexianu, ex-gouverneur de Transnistrie[8],[9]. Avant le tir, il lève son chapeau en criant « Vive la Roumanie ! » et ses derniers mots après le tir sont, selon le rapport officiel de la Securitate de l'époque : « Vous ne m'avez pas tué, messieurs, tirez encore ! »[10].

L’idéologie d’Antonescu[modifier | modifier le code]

« Le train de la mort » Iași, 27 juin 1941
Juifs tués dans la rue, Pogrom de Iași

Antonescu est souvent l'objet d'opinions divergentes quant à ses responsabilités selon l'aphorisme du « verre à moitié vide ou à moitié plein ». Paradoxalement, les cercles politiques nationalistes, représentée par des écrivains comme Paul Goma ou Adrian Păunescu, ou des politiciens comme Corneliu Vadim Tudor (qui tendent à justifier la xénophobie et l'antisémitisme et s'en servent dans le champ politique actuel) essaient d'exonérer Ion Antonescu de ses responsabilités et insistent sur les crimes qu'il aurait pu commettre, mais qu'il a évités. Face à ces tentatives, l'image très négative exprimée par la majorité des historiens dessine un décideur qui aurait pu, comme ses homologues finlandais ou bulgares, éviter bien des crimes qu'il a pourtant soit laissé faire, soit ordonnés[11],[12],[13],[14],[15],[16],[17].

Dans la Roumanie comme dans des autres pays d'Europe et même en dehors de l'Europe, le fascisme, sous différentes formes, a joué un rôle clef dans la période 1930-1944, et a été au pouvoir de 1940 à 1944. Il a justifié la mise en place de mesures discriminatoires dès 1935 et de la « dictature carliste » (anti-fasciste, mais dictature) en février 1938. En abolissant la démocratie et l'état de droit, ces régimes ont ouvert les portes d'une « bestialisation » de la société, manifestée par des pogroms, des pillages, des viols, des meurtres, des déportations et l'emploi de l'appareil d'état et de l'armée à des fins criminelles, « bestialisation » qui s'est poursuivie ensuite sous le régime communiste durant près d'un demi-siècle. Ce n'est pas sans raison que la démocratie et l'état de droit ont été si difficiles à remettre en place après 1989. Antonescu était un dictateur mais pas un doctrinaire. Son idéologie, initialement conservatice, nationaliste et chrétienne, vire avec « l'air du temps » a une position pas tres loin du fascisme xénophobe et antisémite. Une xénophobie qui épargne cependant les Allemands et les magyars de Roumanie. Le 5 septembre 1940, il s'enrôle dans la Garde de fer, un parti véritablement fasciste[18]. Il considère alors que sa « mission historique est de faire de l'ordre et de nettoyer le pays de tous les éléments étrangers et nocifs  : juifs, francs-maçons, tziganes et autres parasites qui ont corrompu le peuple roumain immaculé ». Sa réponse d'octobre 1942 à Ion C. Brătianu, chef du Parti Libéral dans l'opposition, est explicite :

« Les “youpins” ((ro) jidani[19]), avec les Anglais et les Américains, ont dicté la paix […] que vous avez d’accepté […] avec cette humiliante, indigne et ignoble garantie d'accorder des droits civiques aux Juifs […], ces cochons de Juifs qui ont sali le pays, compromis l'économie et la pureté de notre race […]. Vous avez causé la décadence morale de la Roumanie en capitulant devant les Juifs et les francs-maçons, par instauration d'un système démocrate-libéral, qui a accordé des droits égaux à tous, même aux femmes. »

— [20]

Comme Hitler, Ion Antonescu considère les juifs, les francs-maçons, les libres-penseurs, les suffragettes, les communistes, les slaves, le système démocrate et libéral et le socialisme comme une « pourriture » qu’il faut anéantir, écraser, afin de « purifier et guérir la race » (l'ethnie considérée comme un produit biologique et non pas culturel) en l'occurrence roumaine (« limpezirea și vindecarea neamului »). Il déclara le 7 mars 1941 : « Messieurs, nous sommes devant la nécessité pour notre nation de profiter de ce désastre (la guerre) pour se purifier, s'homogénéiser. Nous sommes sans pitié. Je ne pense pas à l'intérêt général du genre humain, je pense à l'intérêt national de notre race, qui nous ordonne de cesser d'être tolérants avec tous ces éléments étrangers qui nous ont exploités, abâtardis, amollis et qui nous ont fait tant de mal. »[21]

Antonescu ne manquait pas d'incohérences:

  • il s'affichait conservateur, strict, et attaché aux valeurs chrétiennes, mais il a été en procès pour bigamie car il s'est marié avec Maria née Niculescu, ex-Cimbru, ex-Fueller sans avoir jamais divorcé de Rachel Mendel-Antonescu, mère de son fils unique, malgré les efforts de sa première belle-mère, Frida Cuperman. Officiellement fiancé à Rachel Mendel, il l'avait épousé en secret, au désespoir de sa famille et de celle de la jeune fille, qui s'étaient liguées pour briser leur idylle[22]
  • il s'affichait fermement antisémite et l'a prouvé par ses décisions, mais sa première belle-famille était juive ainsi que son ami d'enfance Wilhelm Filderman, dont la famille, aisée, avait entretenu l'enfant Antonescu et payé sa scolarité[23]. Ce dernier sera président de la fédération des organisations juives de Roumanie. Il lui permit avec l'organisation « Aliyah » dirigée, à Bucarest, par Eugen Meissner et Samuel Leibovici, d'affréter des trains à travers la Bulgarie et des bateaux à travers la mer Noire, pour conduire des Juifs roumains en Turquie, alors neutre, et de là, en Palestine[24]. Mais ensuite lorsqu'il continua de protéger ses coreligionnaires, il fut déporté comme juif en Transnistrie et n'en réchappa que de justesse.
  • il mit en œuvre la « Shoah roumaine » mais d'un autre côté, refusa de livrer aux nazis les juifs roumains, même ceux arrêtés en Allemagne,

En somme Ion Antonescu apparaît comme un opportuniste qui dans sa jeunesse a profité, à l'époque de la Roumanie social-démocrate et pluraliste, des avantages de ce temps-là, puis, ultérieurement, à l'âge mûr, de la vague d'ultra-nationalisme et de l'antisémitisme montant dans le gouvernement et dans une partie de l'opinion, pour relancer sa carrière à coups d'expropriations, de déportations et d'exécutions, notamment en Bessarabie et en Transnistrie.

Que ce soit par opportunisme ou par idéologie, Antonescu souhaitait « nettoyer la Roumanie de tous les juifs » mais en « pleine souveraineté », sans interférence allemande. Ce faisant, il plaça nettement le gouvernement et l'armée au rang des bourreaux[25]. La solution finale, dont le nom de code adopté par Antonescu était « nettoyage du terrain » (Curățirea terenului), a été fermement mise en œuvre (voir la déclaration d'Antonescu dans la Conseil en 31 août 1942)[26] mais l'extermination des juifs en Transnistrie a été abandonnée à la suite du désastre de Stalingrad.

À l'encontre de sa politique, des citoyens roumains, avec humanité et courage[non neutre], en exposant leurs vies, ont tenté de résister. Dans l’armée roumaine, la guerre était loin de faire l’unanimité : de juin 1941 à août 1944, 86 000 condamnations en cour martiale seront prononcées pour refus d’obéissance et/ou tentative de passage aux Alliés[3]. Comme en France, l'attaque contre l'URSS a fait sortir le P.C. de l’expectative et lui fait rejoindre l’opposition au fascisme. Une division roumaine, nommée « Tudor Vladimirescu », s'est constituée du côté de l'Union Sovietique: elle est l’équivalent roumain de la division Leclerc et combattit en URSS contre les nazis. « Yad Vashem » étant inconnu dans les pays de l'est pendant la période communiste (1946-1990), la plupart des « justes » moururent sans apprendre son existence et seuls 54 Roumains ont été honorés par l'État d'Israël du titre de Juste parmi les nations). Joseph Goebbels rapporte dans son journal personnel : « Antonescu est au gouvernement avec l'aide des francs-maçons et des ennemis de l'Allemagne. Nos minorités [allemandes en Transylvanie] ont la vie dure. Le Reich a fait un tel effort pour rien. » (19 février 1941).

Controverses et tentatives de réhabilitation[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1942, Antonescu a permis et même encouragé l'émigration des juifs vers la Palestine mandataire, avec l'argument que de cette façon le « problème juif » serait résolu. Cette politique cessa ensuite à cause du refus britannique d'accepter l'immigration en Palestine de Juifs roumains (tragédie du Struma), et de la pression de plus en plus importante du gouvernement hitlérien.

En effet, contrairement à un Horthy, en Hongrie, le dictateur roumain a refusé de livrer une partie des Roumains juifs aux nazis, ce qui ne l’a pas empêché de leur faire subir une législation antisémite dégradante et de faire déporter un certain nombre d’entre eux en Transnistrie. Aussi, la tendance de l'extrême-droite roumaine est de reprocher aux Juifs de ne pas être reconnaissants à Antonescu pour leur avoir évité les camps de concentration, en perdant de vue les Juifs expropriés, déportés et massacrés sur les ordres de ce même Antonescu (le Pogrom de Iași, les Massacres d'Odessa, etc.)

Dans la dernière décennie du régime communiste, le nouveau Conducător Nicolae Ceaușescu, aux abois, utilisa à son tour la symbolique identitaire de l'ordre national pour tenter de légitimer son pouvoir en s'appuyant sur des personnages historiques. Après la chute de Ceaușescu, les maîtres d'œuvre de son « national-communisme », Adrian Păunescu et Corneliu Vadim Tudor, se reconvertirent dans la réhabilitation du Conducător antérieur, le dictateur Antonescu. Ils créent le parti national-communiste Parti de la Grande Roumanie(ro) Partidul România Mare). Ici ou là, dans des villes de province, quelques maires en mal d'idéologie mirent le dictateur fasciste à l'honneur à la place du dictateur communiste, au moyen de quelques statues et de quelques rues du nom d'Antonescu.

Dans les médias et l'historiographie, la réhabilitation de divers aspects des régimes politiques antérieurs qui, pour avoir été diabolisés par les communistes, n’étaient pas moins antidémocratiques et parfois criminels, ont parfois servi de bouche-trou idéologique après l’effondrement du communisme. Les premiers signes d'une réhabilitation du Conducător Antonescu se font jour avant même la fin de l’époque communiste, qui dans ses dernières années en fait un patriote fourvoyé. Après 1989, une certaine presse, par exemple le journal România mare, le présente comme un héros qui, à l’instar d’un Pétain, a fait ce que l’on pouvait faire dans la situation de l'époque, et qui aurait été anti-fasciste parce qu’il a liquidé en janvier 1941 les « vrais » fascistes, les « Légionnaires », après avoir gouverné avec eux contraint et forcé par Hitler[27].

Tous ces signes de révisionnisme ont été éliminés avec sévérité, les statues érigées en hommage à Antonescu ont été enlevées de la place publique et les rues à son nom débaptisées, en application de l'ordonnance d'urgence no 31 du gouvernement roumain en date du 13 mars 2002 « concernant l'interdiction de l'organisation et symboles avec caractère fasciste, raciste et xénophobe et stimulation du culte de personnes coupables d'infractions contre la paix et l'humanité[28] ».

Dans les années 2000, à la demande du fils de l'ex-gouverneur de Transnistrie, Gheorghe Alexianu, et des cercles nationalistes, la sentence du 17 mai 1946 condamnant le groupe d'Antonescu pour « crimes contre la paix » est attaquée devant la Cour d'appel de Bucarest. Le 6 décembre 2006, la Cour estime que les documents produits par les plaignants, inconnus lors du premier procès, notamment les protocoles secrets du pacte germano-soviétique prévoyant la possibilité d'une agression soviétique contre la Roumanie, justifient l'engagement d'Antonescu contre l'URSS en 1941, et que donc, le « crime contre la paix » n'est pas établi, dans la mesure où la Roumanie, comme la Finlande, n'aurait eu aucune raison d'attaquer l'URSS si celle-ci n'avait pas d'abord, conformément au Pacte germano-soviétique, annexé des territoires au détriment de ses voisins[29]. Pour les autres chefs d'accusation de 1946, la sentence du 17 mai 1946 est en revanche confirmée[C],[30].

Par la suite, le Parquet attaché à la Haute Cour de Cassation et de Justice (ro) de Roumanie intente un recours, et l'affaire est rejugée. Le 6 mai 2008, la Haute Cour de Cassation et de Justice de Roumanie rejette la demande du 6 décembre 2006 et confirme définitivement la sentence du 17 mai 1946 donnée par le « Tribunal du peuple » de Bucarest[31].

En 2004, le gouvernement roumain ratifie les conclusions de la Commission Internationale d'enquête sur l'Holocauste en Roumanie, nommée par Ion Iliescu alors président de la Roumanie et menée par Elie Wiesel, faisant état de la responsabilité objective d'Antonescu dans la mort de 280 000 à 380 000 juifs de Roumanie ou des territoires occupés par son armée, déportés ou assassinés[32].

Décorations[modifier | modifier le code]

Roumaines :

Allemandes :

Finlandaise :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  • A  L’Ordre Michel le Brave, comporte une cape blanche, le transport gratuit en I-ère cl. par le train et les autres moyens de l'État, 25  ha de terrain cultivable et 500 m2 de terrain en zone urbaine[33].
  • B  La Grande Roumanie désigne le territoire du Royaume de Roumanie dans les années séparant la Première Guerre mondiale et la Seconde Guerre mondiale. La Roumanie a perdu 40% des son territoires l'été 1940 et a été occupée par la Wehrmacht le 8 octobre, devenant un état satellite. Dans le détail, la première perte, en 48 h et dans des conditions dramatiques, a été celle de la Bessarabie et de la Bucovine du nord, fin juin 1940. Des exactions eurent lieu contre la population et dans sa retraite précipitée suite à l'ultimatum soviétique, l'armée roumaine perdit énormément de matériel ; de plus elle eut ses premiers morts de la guerre à Hertsa. Ce traumatisme, s'ajoutant à celui d'avoir vu s'effondrer l'allié polonais l'année précédente, détermina Ion Gigurtu (premier ministre entre 4 juillet - 4 septembre 1940, qui ignorait l'existence du protocole secret du pacte Hitler-Staline) à déclarer son adhésion à la politique de l'Axe[34], misant sur Adolf Hitler pour résoudre le conflit territorial avec la Hongrie au sujet de la Transylvanie[35],[36]. Lors de son investiture, Gigurtu a déclaré à la radio : « la Roumanie doit faire des sacrifices territoriaux pour justifier son orientation nationale-socialiste et son adhésion totale à l'Axe »[37]. Fin août 1940, dans une rencontre entre Hitler et Gigurtu, ce dernier consent à « l'arbitrage » d'Hitler[38],[39],[40]. Le lendemain de cette déclaration, le caricaturiste Dem publiait dans le journal “Curentul” un dessin de deux chiens, l'un ayant la tête de Gigurtu et léchant la crotte d'un autre chien ayant la tête d'Hitler.
  • C Le 5 décembre 2006, une Cour d'appel de Bucarest a déclaré nulles certaines décisions du Tribunal du Peuple du 17 mai 1946 condamnant Antonescu et d'autres accusés pour certains de leurs “crimes contre la paix”, en s'appuyant sur le fait que l'ultimatum soviétique de 1940 et les exactions et déportations commises ensuite contre la population de Bessarabie[41] auraient justifié la guerre contre l'Union soviétique, si bien que l'article 3 de la Convention de 1933 définissant ce qu'est une agression ne s'applique pas dans son cas. En conséquence, Antonescu et vingt autres personnes ont été déclarés non coupables de « crimes contre la paix à l'encontre des peuples de la Russie soviétique » (comme le stipulait le texte de 1946) et non coupables également en ce qui concerne certains des « crimes de guerre résultant de la collaboration militaire entre la Roumanie et l'Allemagne », sur la constatation que les éléments constitutifs de ces crimes-là étaient absents. La cour a estimé légitime la guerre contre l'URSS pour libérer la Bessarabie et la Bucovine du Nord dans la mesure où il s'agissait d'écarter une menace militaire soviétique imminente, déclarant que, vue sous cet angle, la coopération militaire avec l'Allemagne n'était pas illégitime.
    En revanche, la même cour a constaté que la Roumanie, par l'intermédiaire du régime d'Antonescu, a collaboré militairement avec les pouvoirs de l'Axe sans traité militaire, ce qui lui laissait une autonomie relative dans ses décisions, établissant ainsi une responsabilité propre de la Roumanie distincte de celle de l'Axe. En acceptant le 12 juin 1941 de participer dans le cadre du plan Barbarossa à des opérations militaires jusqu'à Stalingrad et à des annexions hors de son territoire de 1939 (i.e. en Transnistrie), la Roumanie s'est livrée avec l'Axe à une guerre d'agression contre l'Union soviétique, ce qui justifie les conclusions de la cour de 1946 qui avait condamné les 21 accusés sur ce point. La cour a fondé sa décision sur les conclusions du Tribunal de Nuremberg (1946) selon lesquelles la guerre engagée par l'Allemagne nazie était une guerre d'agression. Dans sa référence aux crimes de guerre et aux crimes contre l'humanité, la cour a constaté que l'existence du pacte germano-soviétique ne pouvait pas justifier de tels crimes et que par conséquent la demande de révision qui les concernait était sans fondements.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Evgueni Samoïlovitch Varga - Encyclopedia Universalis
  2. in : Grigore Gafenco, Préliminaires de la guerre à l'Est, Paris, Egloff, 1944 ; Nicolette Frank, La Roumanie dans l’engrenage, Paris, Elsevier-Sequoia, 1977 ; Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, Bucarest, ed. Univers Enciclopedic, 2002.
  3. a, b, c, d, e, f, g et h (ro) Duțu A., Dobre F., Loghin L., Armata română în al doilea război mondial (1941-1945) - Dicționar enciclopedic, Ed. enciclopedică, 1999
  4. (ro) L' Holocaust in Roumanie - Le télégramme de général Iacobovici au Cabinet militaire, le 22 octobre 1941 (Holocaustul în România - Telegrama lui Iacobici către Cabinetul militar din 22 octombrie 1941), [1]
  5. Hilberg, Raul : La Destruction des Juifs d'Europe, tome 1, Foliohistoire, p. 545, 2006
  6. Quid, édition 2000
  7. , dans, sur: « Un jour pour se retourner : la Roumanie rejoint les Alliés », Le Monde du 26 août 1984
  8. (ro) Ciucă, Marcel-Dumitru : Procesul mareșalului Antonescu, ed. Saeculum și Europa Nova, București, vol. 2 p. 211, 1995-98.
  9. (ro) Ciucă, M-D. : Procesul mareșalului Antonescu, vol. 2 p. 432-439.
  10. L'exécution de Ion Antonescu (Film)
  11. (ro) Giurescu, Dinu C. : Evreii din România (1939-1944), - România în al doilea război mondial, 1939-1947, ed. ALL
  12. (ro) Giurescu, Dinu C. : Cine poartă răspunderea? (Qui est le Responsable ?) [2]
  13. (ro) Solomovici, Teșu, Istoria Holocaustului din România, ed. Teșu, București, p. 45-46
  14. (ro) Duțu A., Retegan M., Război și societate, vol. 1, RAO, 2000
  15. (ro) Duțu, A., Dobre, F., Antonescu și generalii români. Un război surd și ciudat, 1999,
  16. (en)Nițu Victor, Armata română în al Doilea Război Mondial - Marshal Ion Antonescu [3]
  17. (ro) Scafes C., Șerbănescu H., Scafes I., Andonie C., Dănilă I., Avram R., Armata română, 1941-1945, Editura R.A.I., 1996
  18. (ro) Google Video - [4], Marea Manifestatie Legionara/6 oct. 1940
  19. Correctement, en roumain on dit Evrei (Juifs); péjorativement on dit Ovrei (petits Juifs), de façon insultante on dit Jidani (Youpins) et Jidovi (Youtres)
  20. (ro) Drăgan : Antonescu, II, no 23, p. 24, [5] Ancel, Jean : Surse arhivistice despre Holocaustul din România
  21. (ro) ASRI: Fondul Penal, dossier 40010, vol. 77, p. 29
  22. George Magherescu (aide de camp d'Ion Antonescu), Despre Mareșalul Ion Antonescu (biographie d'Ion Antonescu), Edit. Păunescu, Bucarest, 1991.
  23. (ro) Willi Filderman, colegul de liceu al Maresalului în Evreii care l-au influentat pe Antonescu (2) - Dosare ultrasecrete Ziua - 24 iunie 2006, [6].
  24. Le principal obstacle à l'activité d'« Aliyah » ne venait pas des régimes fascistes de Roumanie et de Bulgarie, qui en profitaient pour piller les candidats au départ, mais de l'attitude des Alliés : les Britanniques refusaient les visas pour la Palestine, surtout après avoir déclaré la guerre à la Roumanie en février 1942, et les Soviétiques torpillaient les navires de réfugiés même lorsqu'ils étaient sous pavillon neutre et même lorsqu'ils connaissaient parfaitement leurs passagers, comme le démontre la tragédie du Struma.
  25. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d'Europe, Paris, éd. Gallimard, coll. « Folio », 2006 ; Carol Iancu, La Shoah en Roumanie, Publications de l'université de Montpellier, 2000 ; Radu Ioanid, La Roumanie et la Shoah, Maison des sciences de l'homme, 2003.
  26. (ro) Să se publice structura orașelor pentru ca să vadă și țara cât era de compromisă, și de amenințată viața economică și dezvoltarea spirituală din cauza ticăloșiei politicianiste iudeo-masonice a căror exponenți erau partidele “naționaliste” din Transilvania și Regat. Dacă voi lăsa moștenitorilor regimului aceeași situație, voi face și regimul meu părtaș la această crimă. Voi trece peste toți și peste orice greutate pentru a purifica nația de această neghină. Voi înfiera la timp pe toți acei care au venit – ultimul dl. Maniu – și vor veni să mă împiedice a răspunde dorinței majorității imense a acestei nații… Să se publice integral această rezoluție a mea odată cu publicarea statisticei și memoriului de față. Publicarea până la 10 septembrie Președenția Consiliului de Miniștri - Nota din 31 august 1942 cu adnotări ale lui Antonescu – (en) [7] Ancel, Jean : Surse arhivistice despre Holocaustul din România
  27. (ro) Nicolas Trifon, Paul Goma et Norman Manea : « le témoignage littéraire dans l’engrenage de la concurrence mémorielle », Le Courrier des Balkans, jeudi 10 juillet 2008, [8]
  28. (ro) L'Ordonnance d'urgence no 31 » le 13 mars 2002 [9]
  29. [10] voir ici
  30. (ro) L'article du quotidien Ziua [11]
  31. (ro) La Haute Cour de Cassation et Justice de Roumanie a rejeté la réhabilitation partielle de maréchal Antonescu (Instanța Supremă a respins reabilitarea mareșalului Antonescu) – (en) Ziua on-line, no 4224, 6 mai 2008.[12]
  32. (en)The report of the International Commission on the Holocaust in Romania, submitted to President Ion Iliescu in Bucharest on November 11, 2004.
  33. (ro) L'histoire de décorations (Istoricul decorațiilor) - [13]
  34. (en)NYT 5 Iulie 1940, NYT 7 Iulie 1940, NYT 30 Iulie 1940, NYT 9 August 1940
  35. (fr)Le Figaro, 6 juillet 1940 p. 2
  36. (fr)Le Figaro 9 juillet 1940, p. 1
  37. (fr)Le Figaro, 9 août 1940 – (en) The New York Times, 9 August 1940
  38. (ro) Constantiniu, Florin : Între Hitler și Stalin; România și pactul Ribbentrop - Molotov, București, Danubius, 1991.
  39. (ro) Constantiniu, Florin : Hitler, Staline et la Roumanie - la genèse de l'“Opération Barbarossa”, Bucarest, éd. Univers Enciclopedic, 2002
  40. (fr)Le Figaro 31 août 1940, 1er septembre 1940, Le Figaro, 23 août 1940
  41. Nikolaï Théodorovitch Bougaï, Informations des rapports de Béria et de Krouglov à Staline, éd. de l’Acad. de sciences de Moldavie nr. 1, Chișinău, 1991 (Н.Ф. Бугай «Выселение произвести по распоряжению Берии…» О депортации населения из Молдавской ССР в 40-50- е годы – Исторические науки в Молдавии. № 1. Кишинев, 1991. 1.0), Déportation des peuples de Biélorussie, Ukraine et Moldavie, éd. Dittmar Dahlmann et Gerhard Hirschfeld, Essen, Allemagne, 1999, p. 567-581 (Депортация народов из Украины, Белоруссии и Молдавии : Лагеря, принудительный труд и депортация. Германия. Эссен. 1999. 1.3).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Florin Constantiniu, Une histoire sincère du peuple roumain, 4e édition revue et augmentée, éd. Univers encyclopédique, Bucarest 1997
  • Yves Durand, Le nouvel ordre européen, Paris 1990.
  • (en)Dean, Martin: Robbing the Jews - The Confiscation of Jewish Property in the Holocaust, 1935 - 1945, Cambridge University Press, 2008.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]