Clint Eastwood
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| Clint Eastwood | |
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Clint Eastwood en 2007
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| Nom de naissance | Clinton Eastwood, Jr. |
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| Naissance | 31 mai 1930 San Francisco, Californie, |
| Nationalité(s) | |
| Profession(s) | Acteur Réalisateur Producteur Compositeur |
| Film(s) notable(s) | Le Bon, la Brute et le Truand L'Inspecteur Harry Impitoyable Sur la route de Madison Mystic River Million Dollar Baby L'Échange |
| Conjoint(e) | Maggie Johnson (1953-1984) Dina Ruiz (1996 - présent) |
| Enfant(s) | Scott Reeves Kyle Eastwood Alison Eastwood |
| Site officiel | www.clint-eastwood.fr |
| Distinction(s) | Voir les récompenses |
Clinton « Clint » Eastwood Jr, né le 31 mai 1930 à San Francisco, est un acteur, réalisateur, producteur et compositeur américain.
Sommaire |
[modifier] Biographie
[modifier] Origines
Clint Eastwood a toujours été mystérieux sur ses origines, sa vie privée ou son passé. De sa volonté d'être celui qui sait sans divulguer, Eastwood est sélectif. Lors d'interview, il ne dévoile que la partie de son arbre généalogique qui développe son image[1],[2]. Pourtant, les origines d'Eastwood suivent de près l'histoire américaine. La famille Eastwood arrive en Amérique au milieu du XVIIe siècle. Ils font partie des premiers colons à se lancer dans la conquête de l'Ouest. Elle se partage donc entre des membres installés à New York, dans l'Ohio, dans le Michigan, en Virginie, dans l'Illinois, en Louisiane, au Kansas, dans le Colorado, le Nevada, en Californie et enfin en Alaska[3]. Bien avant que Clint Eastwood ne naisse, sa famille est marquée par le monde du spectacle. Le premier Eastwood né en Amérique est Lewis Eastwood. Ses parents sont venus d'Angleterre ; ces derniers sont toutefois d'origine irlandaise. Bien qu'il ait déclaré à la presse être « le premier de la famille à avoir réussi »[4], Clint Eastwood est bien loin de la vérité : à la fin du XVIIIe siècle, Lewis Eastwood est devenu un entrepreneur renommé, classé cent troisième parmi les mille deux cents commissionnaires de la ville de New York[4]. L'un des petits-fils de Lewis, Asa Bedesco Eastwood, l'arrière grand-père de Clint, quitte la ville pour devenir mineur. Dans cette optique, le réalisateur a souvent montré, à travers ses films, une tendresse particulière à l'égard des mineurs, comme dans La Kermesse de l'Ouest (1969), L'Homme des Hautes Plaines (1973) ou encore dans Pale Rider (1985)[5]. Habitués du commerce, Burr, l'un des fils d'Asa Bedesco, quitte sa famille pour travailler comme magasinier, emploi dans lequel il montera rapidement l'échelle sociale[6]. Il épouse par la suite Jessie Anderson, une immigrante d'Écosse[6]. Ce dernier a deux fils, dont Clinton. Clinton se marie en 1927 avec Margaret Ruth Runner, une femme de la haute société. Ensemble, ils donnent naissance à un garçon qui leur dédiera plus tard l'Oscar du meilleur film qu'il remportera pour Impitoyable[7],[8],[9] :
« Cette victoire est juste merveilleuse, je la décerne à toutes les personnes auxquelles je pourrais penser. […] Durant cette année de la femme, la plus grande femme sur la planète est ici ce soir — ma mère, Ruth[10]. »
C'est ainsi que le 31 mai 1930, naît Clinton Eastwood Jr. à l'hôpital Saint Francis de San Francisco. À cette époque, le nourrisson était déjà célèbre. Sa mère déclare au journal anglais News of the World : « c'était le plus gros bébé de la maternité. Il pesait 5,2 kg. Les infirmières s'amusaient beaucoup à le montrer aux autres mamans. Elles l'appelaient « Samson ». Il était tellement grand »[11],[12]. Il fut baptisé Clinton Jr. en hommage à son père, mais ne reçut pas de second prénom. Toutefois, il fut surnommé par ses parents « Sonny »[13].
[modifier] Enfance
[modifier] L'époque « merdique »
Si ses divers attachés presse ont, durant quarante ans, clamé que Clint Eastwood était originaire d'Oakland[14], ville ouvrière qui mettait en valeur la réussite d'Eastwood — ce dernier a même déclaré dans une interview que s'il traitait si souvent les gens de « trous du cul » dans ses films, c'était probablement à cause de son enfance passée à Oakland[14] — cette information est erronée. C'est dans la biographie écrite par Schickel publiée en 1996 que l'on découvre pour la première fois qu'Eastwood a, en fait, grandi à Piedmont[15],[14]. Schickel y déclare que les Eastwood ont grandi dans une « modeste maison au toit couvert de bardeaux », mais il précise que « cette maison était [toutefois] située à la limite d'Oakland »[15]. L'enfance de Clint Eastwood est marquée par la Grande Dépression et le passage au cinéma sonore. Les journaux locaux ne traitent guère de la crise. Toutefois le chômage n'a de cesse d'augmenter. Il atteint un taux de 28 % en Californie. Si Oakland est très touchée par la Grande Dépression, de par son origine ouvrière, Piedmont fait figure de banlieue chic où la crise n'a pas de réel impact sur la vie de tous les jours[14]. Toutefois, les parents du jeune Eastwood quittent la région : Clinton Sr. vient de perdre son emploi de commercial chez East Bay Refrigeration Products[16].
Selon les diverses déclarations, Clinton Sr. se met en quête de travail partout où il y en a. Il n'avait aucun diplôme universitaire et n'avait pas non plus de qualifications professionnelles. Les voyant découragés, le frère de Ruth, la mère de Clint Jr., les aide financièrement comme il le peut. Il aide par ailleurs Clinton Sr. à trouver un emploi dans une usine de réfrigérateurs à Spokane[16]. Il enchaîne avec un travail de pompiste sur Sunset Boulevard qu'il obtient grâce à des amis. La famille s'installe ainsi à Pacific Palisades. C'est durant cette période que Clint Jr. manquera de mourir noyé à l'âge de quatre ans et qu'il assistera à la naissance de sa sœur, Jeanne. L'enfance de Clint Jr. est ainsi marquée par des déménagements incessants dûs au changements de travail de son père, ils vont à Sacramento, à Redding et bien d'autres villes[17]. Ces voyages dureront près de six ans. Cependant, Schickel déclare dans son livre sur Clint Eastwood qu'« il n'y avait jamais ni panique ni désespoir dans ces déménagements. […] Quand la famille faisait ses paquets, M. Eastwood avait toujours retrouvé un emploi. Et à aucun moment Clint ne s'est senti délaissé ou abandonné durant cette période »[15]. Alors, au milieu des années 1930, la mère de Clint Eastwood achète la maison de sa tante à Piedmont pour une somme dérisoire[17]. Au sujet de cette période, l'acteur et réalisateur déclare au Village Voice, en 1976, que « c'était une époque merdique ». Il ajoute « on n'était pas itinérants. […] C'était pas Les Raisins de la colère, mais c'était pas le luxe non plus » au Rolling Stone[17].
De retour à sa ville natale, Clint Eastwood rend souvent visite à sa grand-mère, Virginia May Runner, jusqu'en 1937, date à laquelle cette dernière déménage vers la région rurale, derrière les faubourgs est d'Oakland. Néanmoins, il rend souvent visite à sa grand-mère. C'est durant ses séjours que Clint Eastwood apprend à monter à cheval, il apprend également les valeurs du sacrifice et du devoir :
« Grand-mère a eu plus d'impact sur ce que je suis devenu que n'importe quelle théorie d'éducation. Elle vivait seule et était très autonome.[18] »
[modifier] Premiers pas dans le monde artistique
Il est âgé de dix ans lorsque son père trouve enfin un emploi lucratif en tant qu'assureur à la Connecticut Mutual Life Insurance Co. Mais la Guerre éclate. Clinton Sr. étant mobilisable, il devient tuyauteur sur des chantiers navals. Peu de temps après, l'économie prend un nouvel essor grâce à la Guerre, et les Eastwood en profitent. La famille achète une résidence dans la Hillside Avenue, à quelques pas de l'école de Clint Jr. L'époque qu'il considérait de « merdique[17] » dans sa vie était terminée.
Héritier d'une famille tournée vers la religion, Clint Jr. n'est inscrit sur aucun registre de baptème et ne va jamais à la messe. Ce manque est certainement dû aux déménagements de son enfance. Lorsque David Frost lui demande si la religion est importante pour lui, Clint Eastwood répond : « je ne souscris à aucune religion officielle. Mais j'ai toujours accordé beaucoup d'importance à ce genre de choses […]. Surtout quand je suis dans la nature. Je crois que c'est pour ça que j'ai tourné autant de films […] dans la nature. […] Je n'ai jamais vraiment réfléchi là-dessus à haute voix »[19].
Clint trouve son premier travail comme caddy sur un terrain de golf. Par ailleurs, il distribue le journal Oakland Tribune, tond des pelouses et emballe les courses des clients d'une épicerie locale pour se faire de l'argent de poche. En parallèle, sa vie scolaire n'est pas très épanouie : il change près de dix fois d'établissements[20]. Il fréquente notamment les écoles Glenview, Crocket Highlands et Frank Havens School, toutes à proximité de Piedmont[20]. À la deuxième d'entre elles, Eastwood suit un cours de photographie[21], ce qui se révèle être son premier contact avec le monde artistique. Plus tard, au collège, Clint Eastwood découvre la comédie. Pourtant introverti, il est choisi parmi tous les élèves de sa classe pour interpréter le rôle principal d'une pièce par son professeur d'anglais, Gertrude Falk. Au début désastreux, il prend peu à peu confiance en lui et termine la pièce avec plusieurs rires appréciateurs[22].
Malgré la présence de sa sœur, Clint joue seul. Il s'invente des amis imaginaires et mime des scènes avec ses jouets[23]. Voici ce que Clint Eastwood déclara à ce sujet au McCall's en 1987 :
« Comme j'étais presque toujours le petit nouveau, je jouais souvent tout seul, et dans ces cas-là votre imagination devient très vite active. Vous vous inventez plein de petites histoires dans votre tête…[23] »
Il découvre le jazz grâce à sa mère. Cette dernière collectionne des disques. De son côté, son père joue de la guitare et chante dans un groupe improvisé. Clint grandit ainsi en écoutant des morceaux de jazz et de rhythm and blues. Il se lance lui-même à jouer de la clarinette, puis du piano. Il finit même par prendre des cours[24]. Ce qui deviendra par la suite l'une de ses passions.
[modifier] La période « rebelle »
Clint entre au lycée en 1945. Il est indifférent à l'éducation et doit suivre les cours de rattrapage pour pouvoir passer en deuxième année[25]. Bien élevé et socialement avantagé, Clint Eastwood devient de plus en plus un « marginal » qui cherche à se montrer rebelle[25]. Le personnage solitaire du collège est désormais entouré de plusieurs amis. Son physique sportif ne fait pas de lui un bon athlète, il ne s'investit pas dans les équipes sportives de l'école. Il déclare à ce sujet qu'il ne s'est « jamais vraiment impliqué dans les sports d'équipe, à cause de tous les déménagements »[26]. Ce qui n'est pas totalement véridique du fait qu'il ne déménagea plus à partir de 1940. Les seuls sports que le futur acteur pratique sont le golf et le tennis. Il n'est pas intéressé par les sports collectifs. C'est pourtant un travail collectif qu'il effectuera en créant la Malpaso des années plus tard.
Après avoir validé sa première année au lycée de Piedmont, Clint Eastwood le quitta pour le lycée technique. Les raisons de ce départ sont assez floues : certains affirment que c'est à cause des cours de théâtre que dispensait le lycée technique que l'acteur changea d'établissement[27], d'autres[15] avancent que c'est l'absence de familles noires ou asiatiques qui poussèrent Clint Eastwood à partir et d'autres[28] déclarent qu'il a quitté le lycée sur la demande de ce dernier[29] — Clint aurait inscrit sur le panneau d'affichage du stade du lycée des propos obscènes sur l'une de ses employées[30].
Il finit son cursus dans ce lycée technique. Il obtient, durant cette période, sa première voiture, alors qu'il n'avait pas l'âge légal pour la conduire. L'acteur avait deux priorités dans la vie : les voitures et les filles. Il assouvit sa passion avec ses copains, entre balades en voiture et flirt à l'arrière[31]. On remarque d'ailleurs qu'une fois sa société de production créée, il enchaîne les films sur ces thèmes : Le Canardeur (1974), L'Épreuve de force (1977), Honkytonk Man (1982), Pink Cadillac (1989) ou encore La Relève (1990). Au lycée, plutôt que de suivre des cours de théâtre, Clint assiste à des cours de mécanique et d'aéronautique. Il ne pense alors pas à son avenir, préférant vivre aux côtés de ses amis plutôt que de travailler ses leçons.
En 1948, la famille Eastwood doit à nouveau déménager, à la suite d'une promotion de Clinton Sr. Ce dernier est promu directeur de l'une des usines de la société, à Seattle. Ils laissent derrière eux Clint Jr. qui termine son semestre au lycée, hébergé par Harry Pendleton, l'un de ses camarades. Ainsi, à dix-neuf ans, il obtient son bac, malgré une scolarité dissipée[32]. Après ceci, Clint Eastwood demeure encore chez son ami quelques temps. Entouré de son groupe d'amis, il est persuadé que l'attrait de la vie étudiante est petit. Il ne voit qu'un côté positif : faire la fête. Dans cette optique, il côtoie nombre de discothèques chaque fin de semaine. Un soir, alors qu'il rentre chez lui en voiture, accompagné de quelques amis, ils sont contraints de s'arrêter pour ne pas percuter des chevaux qui traversent la route. L'un d'entre eux reconnaît les chevaux : « stop ! Je sais à qui ces chevaux appartiennent »[33]. Tous descendent alors de la voiture, et ramènent les chevaux à leur propriétaire qui n'était autre que Howard Hawks. Eastwood croisa pour la première fois Hawks, réalisateur et producteur notamment des westerns de John Wayne. « Ce fut la seule rencontre d'Eastwood avec Howard Hawks, qui était l'un de ses réalisateurs préférés […]. Il dit considérer Hawks, de même que John Ford et Anthony Mann, comme des hommes qui ont beaucoup influencé son propre travail » écrit Janet Maslin dans un article du New York Times en 1993[34]. Cependant, Clint n'échange aucune parole avec Hawks lors de leur rencontre.
[modifier] Le début de l'âge adulte
[modifier] Les prémices de la collaboration avec Universal
Au début de l'été 1949, Clint Eastwood part rejoindre sa famille à Seattle. Alors, malgré son manque de qualifications, il se fait embaucher dans une usine de Weyerhaeuser Company à Springfield, dans laquelle il perdure une année. Il enchaîne ensuite plusieurs petits travaux : il fait l'inventaire des pièces chez Boeing, conduit un camion pour Color Shake, puis veilleur de nuit chez Bethlehem Steel[35]. En parallèle, il suit une formation et obtient de la Croix-Rouge le diplôme de maître-nageur[36]. Il reçoit en même temps sa convocation au service militaire où son diplôme se révéla précieux. Il décide alors qu'il souhaite poursuivre des études supérieures de musique à la Seattle University. Les étudiants ne sont pas concernés par l'engagement qu'avait pris le général Lewis B. Hershey : envoyer 30 000 hommes en quatre-vingt-dix jours en Corée. Clint appelle donc le conseil de révision et demande un délai[36]. Mais on le lui refuse.
À Fort Ord, le centre de réception des appelés, des milliers de jeunes recrues arrivent pour renforcer l'armée du général Douglas MacArthur qui souhaite mener une offensive vers le nord. Clint y débarque en 1950[37]. Son diplôme de maître-nageur lui vaut de ne pas partir à la guerre, mais de devenir professeur de natation du camp[38]. En sa qualité d'enseignant militaire, il doit faire preuve de sang-froid et doit témoigner d'un esprit de commandement qui lui servira par la suite, quand il deviendra réalisateur. Clint Eastwood déclarera qu'une équipe de tournage, « c'est comme un peloton. Je guide le peloton vers l'endroit où il doit aller »[39]. Fort Ord ressemble à une vraie ville : mis à part la caserne, on y trouve un centre de sport, une cantine, un hôpital, des magasins, des théâtres et des cinémas. Universal Pictures semble avoir entretenu une grande relation avec Fort Ord[39]. Les nouveaux films y sont souvent projetés avant leur sortie nationale ; leur projection est souvent accompagnée de la présence des acteurs et réalisateurs. Il termine ainsi ses deux années de service, sans toutefois réellement entrer en relation avec une quelconque célébrité. Il n'est pas envoyé en Corée grâce à la qualité de ses cours pour laquelle il terminera caporal et fait même l'objet d'une citation récompensant son mérite[40].
En 1952, Clint Eastwood peut, pour la première fois, voter. À l'instar de toute sa famille, il s'oriente vers le Parti républicain et vote pour Dwight David Eisenhower[41],[42]. Par ailleurs, c'est durant son service militaire qu'il réussit à entrer en contact avec Universal International. La manière dont ceci s'est déroulé est assez floue. Plusieurs théories ont été publiées, et personne ne peut dire laquelle se révèle être la bonne. La première d'entre elles a été publiée dans un communiqué de presse publicitaire du groupe, le 18 février 1955 : on y apprend que Clint a été découvert par un individu en visite au Fort Ord qui remarque son physique avantageux[43]. Cette rencontre est en quelque sorte l'équivalent masculin de Lana Turner, découverte sur un tabouret du bistro Schwab's. « Clint Eastwood a été découvert par le réalisateur Arthur Lubin durant le tournage de Francis chez les wacs à Fort Ord »[43],[44]. Le communiqué de CBS lors de la sortie de Rawhide est plus complet à ce sujet : « une équipe de tournage Universal International était en train de travailler à Fort Ord, en Californie. Un audacieux assistant réalisateur remarqua le beau jeune homme de 1,95 mètre alors qu'il s'apprêtait à faire la queue pour la cantine. Il lui dit : « quand tu auras fini, passe faire un tour sur le plateau. Je voudrais que tu rencontres notre réalisateur ». Clint s'exécuta et le réalisateur fut tellement impressionné par son physique […] qu'il lui demanda de le rappeler à Universal dès qu'il aurait terminé son service »[43],[44]. La deuxième théorie au sujet de cette rencontre est légèrement différente. Publiée par Schickel dans son livre, elle met en avant Chuck Hill, une recrue de Fort Ord, qui encourage Clint à se rendre à Los Angeles. Mais Clint ne fait rien. Les deux hommes restent en contact, et Hill décroche un jour un poste à Universal où il fait entrer en cachette son ami. Il le présente à un caméraman, Irving Glassberg, qui voit en lui la prochaine vedette[15],[45]. La troisième théorie à ce sujet est publiée par Earl Leaf. Ce dernier affirme que Clint restait durant des heures assis sur un tabouret à la Turner, espérant se faire remarquer de la même manière que cette dernière. Et un jour, ses espoirs se réalisent alors qu'il rencontre une jeune standardiste qui le fait entrer à Universal[46]. Il apparaît que la première théorie, bien que déformée, se rapproche le plus de la réalité[46].
[modifier] La chance de Clint
Plus tard, Clint Eastwood quitte Seattle, où il a mis enceinte une fille, dont les parents fréquentaient ceux de l'acteur et réalisateur. Scandalisés, ils fournissent à Clint la somme nécessaire pour payer l'avortement de la jeune fille, malgré le fait que Clint propose de se marier avec elle[47]. Il promet alors à ses parents de devenir plus sérieux. Plus tard, il expliquera à ses amis que cet épisode fut « dévastateur » pour lui, que cette fille resterait son seul « véritable amour ». Il décide donc de partir pour Los Angeles où il reprend ses études au Los Angeles City College et se met à fréquenter une fille qu'il avait rencontré — et fréquenté — durant son service à Ord[48] : Margaret Neville Johnson, surnommée « Maggie ». Cette dernière travaillait là-bas pour l'Industria Americana[49]. Un an plus tard, le couple annonce ses fiançailles. Et, lors de Noël 1953, à South Pasadena, les deux amoureux se marient[47].
Le Los Angeles City College est considéré comme le meilleur établissement de la ville pour apprendre la comédie, il a notamment formé Kim Novak, Robert Vaughn ou encore James Coburn[50]. Par ailleurs, beaucoup de studios y envoient leurs acteurs sous contrat, pour qu'ils poursuivent leur formation. Malgré cette réputation, Clint Eastwood ne va pas dans cette université pour suivre des cours d'art dramatique, mais pour y suivre une formation commerciale[50]. Il étudie ainsi de septembre à février 1954. C'est durant le printemps de la même année qu'Eastwood décide d'abandonner ses études : en avril, grâce à des personnes rencontrées durant son service militaire, il se fait embaucher à Universal, chez qui il signe un contrat de courte durée[50]. Malgré la récession qui sévit aux États-Unis, Universal semble s'en sortir en produisant nombre de films à petit budget. Clint Eastwood est donc embauché comme « inconnu pas cher »[51]. Mais à cette époque rien n'est encore gagné, Clint n'ayant jamais appris à jouer la comédie.
En 1950, cependant, Sophie Rosenstein créé la Universal Talent School où l'on apprend la comédie. Chaque année, plus de soixante personnes s'y présentent, seules dix gagnent le droit de passer une audition et deux ou trois seulement sont retenues pour faire un essai filmé. Le premier critère de sélection, à l'époque, est le physique. En rencontrant Clint, Arthur Lubin a déclaré qu'« il était tellement grand, mince et beau »[52]. Il lui propose immédiatement de faire un essai filmé, mais Eastwood, n'ayant aucune expérience du métier d'acteur, ne sait pas où se positionner ni ce qu'il doit faire[53]. Après cet essai décevant, Lubin lui avouera qu'« il faut persévérer. Je te conseille d'aller à l'école d'art dramatique du studio »[53]. C'est ainsi qu'Eastwood obtient son contrat avec la société Universal. Signé le 26 avril 1954, il stipule que le studio bénéficie des « services exclusifs à titre d'artiste pour ce qui est du cinéma, des apparitions personnelles et des productions théâtrales, radiophoniques et télévisuelles »[53]. Le contrat dure vingt semaines, avec un salaire de 100 $ par semaine, avec la possibilité d'être prolongé.
Clint apparaît être un bon élève dès les premières semaines : s'il n'a pas toujours de bonnes notes, il est consciencieux et attentif, ce que relèvent les professeurs qui le considèrent comme l'un de leurs meilleurs élèves[54]. Toutefois, sa réussite se limite aux cours ; lorsqu'Eastwood joue, il demeure froid et rigide[55]. D'ailleurs, alors qu'il passe sa première audition pour jouer dans le film La police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross) de Joseph Pevney en mai 1954, il n'obtient aucun rôle[56]. Il tente, sans succès, de jouer des scènes tirées de Brigadoon, Tessa, La Nymphe au cœur fidèle ou encore de Sept ans de réflexion pour montrer aux directeurs de casting ce qu'il vaut. Alors, il se rabat sur le doublage[56]. Il travaille ainsi sur La Révolte des Cipayes, Le Signe du païen, Le Fleuve de la dernière chance et sur Deux nigauds chez les flics[56].
[modifier] Une carrière naissante
L'ayant remarqué à Universal, alors que Lubin travaille sur son film Franchis chez les wacs, Jack Arnold décide d'engager Eastwood pour les besoins du tournage de La Revanche de la créature. Dans ce dernier, il joue le petit rôle d'un laborantin, Jennings, qui assiste le médecin (John Agar) qui mène des recherches sur le monstre[57],[58]. Durant les années 1950, il décroche plusieurs rôles, mais toutes ses apparitions sont insignifiantes pour l'intrigue[59]. C'est ainsi que le jeune Eastwood et sa femme, Maggie, déménage dans un appartement à la Villa Sands, sur le Ventura Boulevard, pour être plus proches des studios d'Universal[60]. Ils y côtoient des jeunes célébrités telles que Gia Scala, Anita Ekberg[61] ou encore Lili Kardell[60]. Eastwood était un ami proche de Scala et de Kardell, toutes deux également comédiennes de la Talent School. La période rebelle est oubliée, Clint essaye désormais de réussir sa vie.
Clint Eastwood apparaît moins souvent que ses collègues de la Talent School. On le voit apparaître dans quelques films, mais sa présence est à peine visible. On le retrouve dans Ne dites jamais adieu, Brisants humains ou encore dans Les Piliers du ciel et dans Stars in the Dust[62]. Il participe, sans être toutefois crédité, aux films Le Cavalier au masque, El Tigre, La danseuse et le milliardaire (Ain't Misbehavin'), Les Forbans, L'Enfer des hommes, La Jungle des hommes, Coup de fouet en retour (Backlash) et Benny Goodman[63]. Si Universal profite ainsi de lui, Clint en tire profit et observe durant son apprentissage toutes les étapes de la fabrication d'un film.
Mais, en septembre 1955, son contrat avec Universal est sur le point d'expirer. Eastwood est persuadé que la société le renouvellera. Aussi, en rentrant de deux semaines de vacances avec sa femme qu'on lui avait accordé, il est face à la désillusion : lui et deux autres personnes ne sont désormais plus sous contrat avec Universal[64]. Fort de cet échec, Eastwood est d'autant plus déterminé à continuer sa carrière dans le cinéma. Sa relation avec le réalisateur homosexuel, Lubin, demeure inchangé : ce dernier l'invite souvent à manger ou à voyager avec lui, il lui offre des costumes ou lui prête de l'argent. Certains pensent même qu'Eastwood est lui-même homosexuel[64]. En voyant cette relation, jalouse, sa femme demande à Clint de ne plus jamais revoir Lubin. Toutefois, Lubin et Eastwood restent en contact. Lubin offre à Eastwood le plus grand rôle de sa carrière, à l'époque, crédité au générique : celui d'un officier qui recrute pour la brigade des Rough Riders dans La VRP de choc (First Traveling Saleslady)[65].
Il enchaîne avec un petit rôle, toujours pour Lubin, comme pilote dans Escapade au Japon (Espacade in Japan) et des petites apparitions à la télévision. Eastwood essaye en vain de décrocher un contrat avec la Warner Bros., avec la Paramount Pictures ou encore avec la Twentieth Century Fox[66]. C'est en 1959 qu'il réussit enfin à décrocher un grand rôle dans la série télévisée Maverick. Il interprète le rôle d'un méchant qui essaye d'épouser une fille riche pour son argent[66]. Toutefois, il est loin de s'épanouir grâce à son travail ; c'est Maggie Johnson, sa femme, qui, grâce à son emploi comme mannequin, permet à la famille de subvenir à ses besoins.
Il participe au casting du prochain film de Billy Wilder, L'Odyssée de Charles Lindbergh (The Spirit of St. Louis), mais on lui refuse le rôle, pour le céder à James Stewart. Il obtient par contre un petit rôle dans C'est la guerre (Lafayette Escadrille) de William A. Wellman et un rôle, bien plus important que le précédent, dans Ambush at Cimarron Pass, western réalisé par Jodie Copelan. Il y incarne le rôle d'un soldat sudiste qui explore la frontière à la recherche de trafiquants d'armes. Considérant Ambush at Cimarron Pass comme la « pire étape de sa carrière »[67], abattu par le manque de succès, il est prêt à abandonner le cinéma[68]. Lorsqu'il assiste à une projection du film avec sa femme, il lui déclare : « je vais arrêter. Il faut vraiment que j'arrête. Il faut que je retourne à l'école. Je dois commencer à faire quelque chose de ma vie »[68]. Il trouve un nouvel agent, après avoir été brièvement sous contrat avec la Marsh Agency[69] : Bill Shiffrin[68]. C'est la signature de ce contrat qui sera certainement la plus décisive dans la carrière de Clint Eastwood à cette époque. Plus loin que sa collaboration avec Lubin, Shiffrin va permettre à Eastwood de se faire remarquer … à la télévision.
[modifier] L'âge adulte : Universal et United Artists
[modifier] Un succès imminent
Shiffrin remarque la carrure d'Eastwood et le pense parfait pour un casting dont il a entendu parler[70]. Ce casting est organisé par CBS Corporation pour les besoins d'un western diffusé sous forme de feuilleton d'une heure chacun. En entrant dans les locaux de la société, un cadre — qui n'était autre que Robert Sparks — le remarque et lui demande « combien mesurez-vous ? », ce à quoi Eastwood répondit « 1,95 mètre »[71]. Alors, le cadre l'invite à le suivre dans son bureau où Eastwood rencontre pour la première fois Charles Marquis Warren, le producteur de cette série[71]. Le lendemain, son agent annonce à Clint qu'il doit passer des essais : lire un monologue d'Henry Fonda, L'Étrange Incident. Pensant avoir tout loupé ; pourtant une semaine plus tard, il est contacté par Shiffrin qui lui annonce qu'il a décroché le rôle[72]. Il venait de décrocher, pour l'époque, son rôle le plus important ; celui d'un cow-boy nommé Rowdy. La série traite de la transhumance, c'est pourquoi Warren voulait la nommer Outrider[73],[74], mais la direction de la chaîne préfère Rawhide[75], titre définitif de la série[74]. Si le tournage de la série a bien débuté, sa programmation est pour le moins incertaine. CBS ne sait pas encore comment l'introduire dans son programme, comment la mettre en valeur. C'est ainsi que Clint se souvient avoir pensé que sa « carrière va s'arrêter là, dans un sous-sol, dans un tiroir à CBS »[76]. C'est durant Noël suivant, alors qu'Eastwood et sa femme partent voir la famille de Clint, à Piedmont, ils reçoivent un télégramme annonçant la diffusion imminente de Rawhide, que le tournage allait reprendre dès le mois suivant[76].
Eric Fleming interprète le premier rôle de Rawhide, mais pourtant, Eastwood se considère comme la vedette, il en parle comme de « sa série » à ses amis[78]. Les deux acteurs, lors du premier jour de tournage, en Arizona, en viennent même aux mains. Toutefois, Eastwood, en public, marque toujours un certain respect pour Fleming. Par ailleurs, Eastwood était considéré sur le plateau de tournage comme un proche par beaucoup des artistes, tels que Charles Marquis Warren et Paul Brinegar qui l'identifient à leur frère respectif[79]. Ceci sert tout au long du tournage, où le personnage de Rowdy évoque la compassion d'un grand frère et de son petit frère, il incarne l'homme fougueux qui n'a pas encore suffisamment d'expérience. Finalement, au fils du temps, le personnage incarné par Fleming perd en importance à la différence de celui d'Eastwood. Ceci est d'autant plus marquant avec le premier épisode de la deuxième saison, quand Endre reprend la série après le départ de Warren : l'épisode est pour la première fois introduit par Rowdy, qui déclare « je suis Rowdy Yates, bouvier de cette bande … »[80].
Si Fleming demeure la star de la série, Eastwood monte dans l'estime des gens, et son nom commence à être connu[81]. Son salaire s'élève désormais à 750 $ par épisode[82], lui permettant de quittant la Villa Sands pour une maison à Sherman Oaks[83]. Il incarne pour l'Amérique, le fils idéal, le « petit »[81]. Et ceci n'est pas pour plaire à Eastwood. En effet, Rowdy incarne le « jeunot », l'adolescent, alors que Clint va avoir trente ans en 1960 ; d'ailleurs, Rowdy peut se traduire pour caractériser une personne de turbulente, de chahuteuse[84], et Clint le surnomme ainsi comme « le Crétin des plaines »[81],[85]. Son salaire lui permet toutefois d'investir, ce qu'il réalise en achetant nombre de voitures[82] et de parcelles[86], telles que la propriété « Mal Paso » ou une autre près de Monterey. Grâce à Rawhide, Clint Eastwood réalise sa première interview en 1959 :
« Il faut toujours se vendre. Il faut vanter partout les mérites de ce produit que l'on est. Il faut croire en soi de la même façon qu'un VRP croit en son aspirateur. C'est difficile, mais si vous ne le faîtes pas, personne ne peut savoir ce que vous valez. À Hollywood, on ne peut se permettre d'être humble que quand on est déjà devenu une star[86]. »
En plus de son jeu d'acteur, le producteur de la série demande à Clint Eastwood de jouer de la guitare et d'interpréter A Drover's Life ; et, dans un autre épisode, de monter sur les planches d'un Saloon et de chanter Beyond the Sun[87]. Si le jazz avait bercé son enfance[24], c'est désormais la country qui l'intéresse. Il lance ainsi sa carrière musicale. En 1959, Clint enregistre ainsi son premier album sous le label Cameo qu'il intitule Cowboy Favorites[88]. Toutefois, le succès de l'album est très limité[88]. Clint s'essaye à plusieurs autres reprises dans la musique, mais ses essais sont relativement mal accueillis.
[modifier] Post-Rawhide
Dès la troisième saison de Rawhide, les journaux de Hollywood relatent à quel point Eastwood est las de la série[89]. CBS empêche, depuis la signature du contrat, l'acteur d'accepter une quelconque apparition dans autre chose que Rawhide. Dans une interview publiée dans le Hollywood Reporter, Clint déclare : « je me prépare à me faire renvoyer, ce qui signifie que je ne pourrai plus travailler ici, mais j'ai reçu des propositions de films de Londres et de Rome qui devraient me rapporter plus d'argent en une année que ce que j'ai touché pour Rawhide en trois ans »[89]. Toutefois, selon l'agent actuel de l'acteur, Ruth Marsh, Eastwood ment, il n'a reçu aucune proposition, et son interview n'a qu'un but, une augmentation de salaire[89]. Les seules demandes qu'il a reçu se maintiennnent à des courtes apparitions dans des programmes télévisés[89].
En 1964, la série quitte le Top 25 sur lequel elle trônait depuis les débuts de sa diffusion[90],[91]. Endre Bohem quitte la série pour la laisser à Vincent Fenelly, qui la cède lui-même à Bernard Kowalski et Bruce Geller ; Eric Fleming est de plus en plus souvent absent ; et tout est mis en œuvre pour pallier cet insuccès soudain, mais cela se révèle infructueux[90]. La série perd peu à peu sa cohésion. Fleming se voit alors proposer un rôle dans un western italien tourné en Espagne : The Magnificent Stranger[92]. Toutefois, son salaire prévu n'est pas élevé et Fleming essaie de négocier une augmentation. Il refuse alors l'offre, désirant plutôt voir son nom associer à de grosses productions hollywoodienne. Par le biais de Leonard Irving, Fleming passe la proposition à Clint[92]. Au début, Eastwood a la même réaction que Fleming : il ne veut pas s'embêter avec un petit rôle dans un western étranger, pire, il refuse de lire le scénario[93]. Mais, encouragé par Irving, il s'exécute. Il remarque une « intrigue intelligemment construite », ainsi qu'une similitude avec Le Garde du corps d'Akira Kurosawa[94]. Eastwood accepte finalement de jouer le rôle de l'homme sans nom, et signe le contrat pour 15 000 $[95],[96]. À la fin du tournage, durant le montage, Sergio Leone, le réalisateur, ne sait pas encore ce que va donner le film — Leone n'est pas encore devenu le grand réalisateur qu'il est devenu à ce jour — et il ne se fait aucune illusion sur le rendu final[97].
Tandis que la septième saison de Rawhide est diffusée, en 1965, Leone termine le montage de son film. Lorsqu'il montre le montage final de son film à ses associés, l'un d'eux, Duccio Tessari, lui déclare qu'il s'agit d'« un très bon film »[98]. Le titre est modifié, il ne s'agit plus de The Magnificent Stranger, mais de Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari). Pour la promotion du film, les producteurs tendent à montrer une œuvre américaine. Pour se faire, Leone porte le pseudonyme de Bob Robertson, Ennio Morricone, le compositeur, devient Dan Savio et Gian Maria Volontè devient John Wells[99]. Tout est fait pour que le film réussisse. Pourtant, lorsque Leone se rend au marché du film de Sorrente, aucun grand distributeur n'accepte de vendre un western réalisé par un inconnu[99]. Le film n'est finalement projeté que dans une salle. Après deux très mauvais jours, le film fait salle pleine. En Italie, le film rapporte finalement 3 000 000 000 ₤[100]. La critique italienne comme américaine est très élogieuse vis-à-vis du film. Le film, finalement nommé A Fistful of Dollars en Amérique, est vu comme le succès inattendu de cette année[99].
[modifier] « L'Homme sans nom »
Fort de son succès, Leone propose à Eastwood un rôle dans une suite de son film. Le budget alloué augmente largement. Leone engage Luciano Vincenzoni pour l'écriture du scénario. Le film s'intitule finalement Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in più). Pour les besoins du tournage, un nouvel acteur est embauché : Lee Van Cleef. Par ailleurs, Sophia Loren vient de proclamer Eastwood comme la « plus grande star masculine d'Italie »[101]. Si le premier volet a consolidé l'image d'Eastwood en Amérique, ce deuxième lui donne une certaine notoriété. C'est la United Artists qui décide de distribuer le film à l'étranger. Les distributeurs sont subjugués alors qu'ils sortent d'une projection à Rome. Ils achètent le film pour 900 000 $[102]. Alors qu'ils signent le contrat, Arnold Picker demande à Sergio Leone ce qu'il compte faire par la suite, intéressé par la production de son prochain film. Leone n'avait jusqu'ici rien en tête, mais il lui vient l'idée d'un film : Il Buono, il brutto, il cattivo. Enchanté, Picker lui demande combien coûtera le film, et décide finalement de le produire. Ensemble, ils tournent finalement Le Bon, la Brute et le Truand. Entre temps, Dino De Laurentiis l'engage pour un petit rôle dans un film à sketchs Les Sorcières (Le Streghe), sous la direction de Vittorio De Sica[103]. Durant le tournage de Le Bon, la Brute et le Truand, Eastwood devient plus sûr de lui. Il s'affirme mieux au sein de l'équipe de tournage. Il parle même de se mettre prochainement à son compte pour tourner ses propres films, en tant que producteur ou réalisateur[104]. Pourtant, sa collaboration avec Leone est des plus fructueuse : Le Bon, la Brute et le Truand est le volet le plus lucratif de la trilogie, il rapporte 8 000 000 $ en coût de location[105].
Toutefois, le succès de la trilogie est surtout européen. Aux États-Unis, elle est quelque peu critiquée, et Eastwood a du mal à se faire embaucher[106]. Les attachés de presse de la United Artists déclarent que « les producteurs américains faisaient désormais la queue pour s'offrir les services de Clint », mais c'est loin d'être le cas[106]. On lui propose un jour Pendez-les haut et court (Hang 'Em High) écrit par Mel Goldberg et Leonard Freeman. Cependant, il se montre réticent. Mais face à une forte insistance de la part de Leonard Irving, il accepte. Le film est une coproduction de UA et de Malpaso, société créée par Eastwood lui-même[107]. Il est le principal actionnaire de cette société, et par ce biais, a un certain contrôle sur les films dans lesquels il apparaît : choix du script, des principaux acteurs et du réalisateur. C'est ainsi que Ted Post, un vieil ami de Clint, devient réalisateur de Pendez-les haut et court : « c'était lui qu'il voulait, se souvient Goldberg, parce qu'il y avait beaucoup de scènes de dialogue dans lesquelles il allait être obligé de jouer. Il a dit que le peu de scènes qu'il avait pris plaisir à faire dans Rawhide avaient été celles que Ted Post avait réalisées »[108].
Pendez-les haut et court est le quatrième western dans lequel Eastwood apparaît. Cependant, c'est le premier à être véritablement apprécié par la critique[109]. Le New York Post déclare ainsi qu'il s'agit d'« un western de qualité, plein de courage, de périls et de passion »[109]. Le film est également une réussite au box-office : lors de son premier jour, en juillet 1968, le film rapporte 5 241 $, ce qui se révèle être la meilleure première de toute l'histoire d'United Artists y comprit James Bond, à l'époque[109]. En deux semaines, le film est déjà rentable pour les sociétés de production[109]. Variety rapporte qu'UA considère le succès du film comme une juste récompense pour ses trois ans de collaboration avec Eastwood[109]. Le magazine rajoute ensuite que le nom d'Eastwood est désormais synonyme de succès au box-office.
Mais United Artists est une « petite » société à l'époque, et les productions ne s'y enchaînent pas comme à Universal. Eastwood n'écarte pas l'idée de retourner, un jour, chez Universal, où il a un jour été rejeté. Par ailleurs, le contrat de Clint avec UA n'est pas un contrat d'exclusivité, et Malpaso peut quoi qu'il en soit traiter avec toutes autres sociétés[110]. Aussi, Jennings Lang permet à l'acteur de signer un nouveau contrat avec Universal, dont le salaire s'élève à plus du double de celui d'UA. Ce dernier lui assure le premier rôle dans le prochain long métrage de Don Siegel, Un shérif à New York[110], qui devait initialement être un feuilleton avant que le script ne soit réécrit par Dean Riesner. Clint désire incarner un « connard héroïque », selon ses mots, cherchant à se distinguer de ses précédents rôles[111],[112].
[modifier] Clint, col bleu : un nouveau genre
Le 19 mai 1968, quelques mois avant la sortie du film Un shérif à New York, Maggie Johnson accouche de leur premier enfant : Kyle Eastwood. Cela faisait plusieurs années que Johnson souhaitait avoir un enfant, sans jamais y parvenir[113]. Si Clint se dit très fier de ce nouveau venu[114], il ne peut pas rester longtemps à en profiter, face à ses obligations professionnelles. Cette période de sa vie est sans doute la plus active. Il accepte de tourner dans le film Quand les aigles attaquent de Brian G. Hutton malgré un salaire plus bas qu'à l'accoutumé. Ce film lui permet d'affirmer sa position en Europe, et de changer de genre[114],[115]. Par la suite, il accepte un rôle dans La Kermesse de l'Ouest (1969), un nouveau film qui se démarque de tous les autres puisqu'il s'agit d'un film musical. C'est une adaptation d'un spectacle de Broadway sur la ruée vers l'or. Le rôle d'Eastwood a été spécialement créé pour l'acteur, il était absent du script original[116]. Mais le tournage ne se déroule pas comme prévu. Si le film se voit attribué un budget imposant, il comprend le salaire de toutes les célébrités engagées sur le tournage, le salaire des choristes ou encore les décors. Qui plus est, une météo peu clémente détruit tous les décors extérieurs et le réalisateur, Joshua Logan apparaît instable[117],[118]. Quoi qu'il en soit, l'épouse de Clint Eastwood se plaint de la longue absence de son mari auprès de leur jeune enfant :
« Je veux que Clint soit plus proche de son fils. Je vous assure qu'il l'a à peine regardé jusqu'à présent. Il enchaîne les films à une telle vitesse qu'il n'est à la maison qu'une ou deux fois par semaine. La dernière fois qu'il est rentré d'un tournage, il faisait nuit. Kyle dormait et Clint a à peine jeté un coup d'œil sur lui. C'est un peu dur pour un jeune père[119]. »
Fin 1969, le président de la Malpaso et conseiller financier d'Eastwood, Leonard Irving, meurt. Cet événement aura un effet très néfaste sur l'acteur. Leonard est remplacé chez Malpaso par Bob Daley, un vieil ami de Clint, et Roy Kaufman devient son conseiller financier[120]. Durant cette même période, l'acteur se lasse d'Universal qui ne lui propose que des films dont le script est plat[121]. Par ailleurs, le contrat signé entre la Malpaso et Universal stipule qu'en cas de désaccord majeur entre les deux sociétés, Universal a le dernier mot. Eastwood n'aime pas ce sentiment d'emprisonnement. Le premier désaccord entre les deux sociétés a lieu avec la coproduction de 1970 : Sierra torride. Personne ne se met d'accord sur le script. Le contrat avait été signé avant le succès de Pendez-les haut et court et de Un shérif à New York, Eastwood ne peut plus revenir en arrière. Lors de la signature, il devait donner la réplique à Elizabeth Taylor, mais c'est Shirley MacLaine qui est finalement retenue. Taylor souhaitait tourner en Espagne, ce qu'approuvaient Eastwood et Siegel, mais pas Universal[122]. Finalement, la critique est moins généreuse avec ce film. La meilleure parait dans le New York Times : « il est néanmoins bon, et il reste dans la mémoire »[123].
Après le tournage, Eastwood ne dispose que de quelques mois pour profiter de son fils avant de repartir sur le tournage de De l'or pour les braves. Tournage qui ne se déroule pas comme prévu : la météo est une fois de plus peu clémente, et les effets spéciaux ne fonctionnent pas comme voulut (brulant par exemple les décors). Lorsque le tournage touche à sa fin, Eastwood n'en peut plus. C'est ainsi le dernier contrat qu'il passe hors Malpaso[124]. Il enchaîne avec Les Proies, réalisé par Don Siegel durant l'hiver 1969. Julian Blaustein est nommé producteur par les studios, mais, après avoir critiqué Eastwood — « le rôle aurait dû être attribué à un homme plus jeune et d'apparence plus innocente » — il est rapidement oublié[125]. Clint Eastwood incarne finalement ce jeune soldat nommé McB qui se réfugie dans un camp de fille où il charme une à une les filles en leur mentant. Un critique parisien, Pierre Rissient, propose d'organiser la première du film au Festival de Cannes 1971, mais, Hollywood étant peu à l'aise à l'époque à Cannes, Universal refuse cette offre, malgré le fait qu'Eastwood la trouve géniale[126]. Le studio s'occupe seul de la distribution du film, que Schickel considère de « stupide »[15] ; à la fin de sa distribution aux États-Unis, finalement, le film ne fait pas de bénéfice, rapportant à peine 1 000 000 $[126]. Mais Rissient est toujours enthousiasmé par Les Proies et s'arrange pour que des critiques français le voient avant sa projection[127]. Après la première, à Paris, Paris Match publie une critique élogieuse à l'égard du film : « étrange et violent, comme les nouvelles d'Ambrose Bierce »[128].
[modifier] Les débuts comme réalisateur
Cette même année, Eastwood perd son père, Clinton Eastwood, mort d'une crise cardiaque[129]. Il abandonna durant plusieurs semaines son projet suivant : Un frisson dans la nuit[130]. Quand il revint, Eastwood est différent : il ne boit plus d'alcool fort, et est plus prévenant qu'auparavant en ce qui concerne la santé. Voici les propos de Fritz Mane sur cette époque de la vie de Clint Eastwood :
« Il a été complètement dévasté par la mort de son père, et ce parce que c'était la seule mauvaise chose qui lui était jamais arrivée dans la vie. Jusqu'ici les problèmes qui survenaient étaient toujours réglés à la fin de la journée. Il n'arrivait pas à comprendre ce qui lui arrivait. Il a pris comme une affaire personnelle — comme si on lui avait fait quelque chose, à lui, personnellement. Il a mis beaucoup de temps à s'en remettre, et Bon Dieu, il a bien failli s'effondrer[130]. »
Un frisson dans la nuit, le dernier projet qu'a conclu Leonard Irving avant de mourir, est le premier film d'Eastwood en tant que réalisateur ; il joue également le rôle principal. Ce film lui permet d'aborder le thème du jazz, et d'explorer une nouvelle fois la psychose sexuelle[130]. La mort de son père a eu un impact sur le style visuel du film, très sombre et mélancolique[131]. Le tournage se déroule mieux que prévu : il coûte 50 000 $ de moins et se termine quatre jours avant la date fixée[132]. Rissient, qui est devenu représentant européen de l'acteur, organise une projection du film et la première rétrospective de l'œuvre d'Eastwood au Festival du film de San Francisco en 1971[133],[134]. Mais cette première apparition dans un festival n'est pas une réussite : Eastwood n'est pas très apprécié des féministes. Ceci n'empêche pas le film d'être accueilli chaleureusement lors de sa sortie en salles[134]. Quoi qu'il en soit, Un frisson dans la nuit constitue un nouveau tournant dans la carrière de l'acteur : en plus d'être pour la première réalisateur, Eastwood ne joue plus un cow-boy ou un militaire.
La même année, Current Biography estime les recettes totales des films d'Eastwood sur le marché mondial à environ 200 000 000 $ tandis que Life consacre Eastwood « star du cinéma la plus populaire du monde »[135]. À cette époque, Eastwood n'a plus projet de films, jusqu'à ce que Jenning Langs lui présente le script de L'Inspecteur Harry[136]. C'est l'histoire de Harry Calahan, un policier de New York, qui est déterminé à arrêter un meurtrier psychotique par tous les moyens. Le script, appartenant initialement à Universal, est finalement acheté par la Warner Bros.. Frank Sinatra est un temps pressenti pour interpréter le rôle principal. Mais le projet tirant en longueur, l'acteur abandonne finalement, pour laisser sa place à Eastwood. Harry est quelqu'un de solitaire qui vient de perdre sa femme, et qui ne cherche plus l'amour. Andy Robinson est choisi par Siegel pour interpréter le méchant du film. C'est ainsi que commence le tournage de L'Inspecteur Harry[137].
[modifier] Harry le charognard
Le tournage s'avère au début difficile. Il est composé de nombreuses cascades périlleuses, complexes à mettre en place[138]. Par ailleurs, Siegel attrape la grippe et doit s'absenter plusieurs jours du tournage : Eastwood décide de prendre sa place pour se diriger lui-même durant son absence. L'Inspecteur Harry est clairement opposé à l'« avertissement Miranda » qui vise à informer un suspect sur ses droits constitutionnels, avant un interrogatoire[139],[140]. D'ailleurs The New Yorker publie une critique franche en janvier 1972 : « ce genre du film d'action a toujours recélé un potentiel fasciste, qui a fini par faire surface. […] Nous aurions tous la permission de tuer, comme Dirty Harry. Mais dans la mesure où le crime est causé par la dépravation, la misère, la psychopathologie, et l'injustice sociale, L'Inspecteur Harry est un film profondément immoral »[141].
Harry Callahan incarne pour l'Amérique un nouvel essor, un renouveau[142] : à l'époque, la police est contestée et, en parallèle, la guerre du Viêt Nam risque d'être une défaite. Il incarne le héros dont les américains ont besoin. En décembre, le film sort en salle. Il devient très rapidement premier au classement du box-office, pour finalement rapporter en fin d'exploitation plus de 53 000 000 $[143]. Grâce à ce film, Eastwood devient la célébrité d'Hollywood la plus lucrative[143]. Malgré quelques mauvaises critiques sur le côté « fasciste » du film, il a été généralement très bien accueilli. En parallèle à la sortie de L'Inspecteur Harry, Richard Nixon annonce au peuple américain qu'il compte se présenter une nouvelle fois aux élections présidentielles. Eastwood déclare son appui pour Nixon, et est invité à plusieurs repas officiels[144]. C'est de cette manière qu'Eastwood se voit offrir un mandat de six ans au National Council of the Arts[145], un organisme consultatif sur les subventions fédérales à apporter aux initiatives artistiques, bien que le choix de Cesar Romero soit le premier formulé.
À son nouveau poste, Eastwood privilégie les petits artistes américains, notamment ceux du milieu du jazz. Néanmoins, selon les archives du conseil, il ne participe pas souvent aux réunions organisées[146] : il assiste, finalement, à cinq des vingt cinq réunions entre 1972 et 1976[147]. C'est en raison de ce manque d'assiduité qu'on demande finalement à Eastwood de démissionner avant le terme de son mandat[147].
Son prochain film, Joe Kidd (1972), relève du même style que ses précédents : un homme solitaire tente de faire sa loi. L'histoire originelle est centrée sur un personnage inspiré par un leader passionné de la lutte pour la terre, Reies Lopez Tijerina. Mais Elmore Leonard l'a sensiblement modifié pour que le personnage d'Eastwood devienne le héros[148]. Durant le tournage, Clint est d'abord pris par une grippe, qui se transforme ensuite en allergie (sous forme de bronchite). Ceci provoque le retour des crises d'angoisse de Clint, qui s'estompent en fin de compte lorsqu'il va voir Roxanne Tunis qui lui apprend la méditation transcendantale[149].
Clint Eastwood décide de passer à nouveau, pour la deuxième fois, derrière la caméra pour L'Homme des Hautes Plaines. C'est le premier western qu'il tourne lui-même[150]. Ce film est très proche de par l'intrigue et la mise en scène, de ceux tournés avec Sergio Leone : il s'agit d'un étranger qui arrive dans une ville, où il est engagé pour la protéger de trois méchants. Le tournage s'effectue vers le lac Mono, où Henry Bumstead crée un décors mystérieux[151]. Par ailleurs, dans la scène finale, Eastwood fait un clin d'œil à trois de ses principales collaborations : alors qu'il part à cheval, on voit gravés sur des pierres tombales les noms de Don Siegel, Sergio Leone et de Brian G. Hutton. Eastwood déclare à la presse qu'il « enterre [ses] réalisateurs »[151]. Cette même année, 1972, Eastwood et sa femme, Maggie, donnent naissance à leur deuxième enfant : Alison Eastwood. Maggie Johnson est heureuse, elle souhaite depuis longtemps avoir une fille. Eastwood fait figure du mari modèle depuis bien des années, mais ses conquêtes ne passent plus inaperçues aux yeux de la presse, et on peut désormais lire des titres comme « Pourquoi dit-on que Clint Eastwood est le pire mari de tout Hollywood ? » sur les premières pages des journaux[152].
[modifier] L'âge adulte : Warner Bros.
[modifier] Une suite à Harry ?
Juste avant la sortie de son dernier film en salles, Eastwood contacte Elmore Leonard pour lui demander s'il a un nouveau script en tête, quelque chose à la Inspecteur Harry[153]. En fait, si Clint Eastwood veut tourner une suite à L'Inspecteur Harry, c'est à cause de son trop faible pourcentage qu'il touche sur les recettes du film[153]. Leonard lui propose un script qu'il a ébauché : un cultivateur d'artichaut qui vit à Castroville, résidence d'Eastwood, refuse de céder face à une association de malfaiteur qui veut lui extorquer de l'argent[154]. Eastwood refuse ce projet pour la principale raison que Castroville est bien trop proche de Carmel, là où il vit[154]. Leonard finalise tout de même son projet en le modifiant. Mr. Majestyk est tourné en 1973 avec Charles Bronson, à la place d'Eastwood.
On parle toutefois d'une suite à L'Inspecteur Harry à Clint qui met tout en œuvre pour voir le projet éclore[154]. Mais entre-temps, Jo Heims lui propose un tout autre rôle. Celui d'un agent immobilier propulsé dans une relation avec une fille « libérée »[154]. Eastwood déclare ainsi à la presse : « j'ai bien cerné le personnage. Elle voulait que je le joue. Je lui ai dit : “Jo, je ne crois pas que je sois dans la bonne tranche d'âge” »[154]. Il accepte néanmoins de le mettre en scène. Breezy est tourné en 1973. Le film n'est pas une grande réussite. Il n'a ni marqué le public, ni la critique[155].
La Warner annonce, alors que Breezy ne marche pas, qu'Eastwood va reprendre le costume de L'Inspecteur Harry pour une suite nommée à l'époque Vigilance[156]. Au début, les scénaristes essayent de travailler dans la continuité du premier film. Mais ils changent vite d'avis. Dans Magnum Force, Harry devient plus beau, et a désormais une relation avec une femme. Ce deuxième film se compose d'une intrigue plus simpliste[156]. Durant le tournage, Eastwood, également producteur du film, a souvent été opposé au réalisateur, Ted Post, à cause de sa volonté d'économiser[157]. Lors de sa sortie en salle, le film est dénigré par les critiques. On peut lire « toujours le même truc » ou encore « moralisme embrouillé » dans des périodiques américains[158]. La plus dure est écrite par Pauline Kael : « comme [Clint Eastwood] n'est pas acteur, on peut difficilement le traiter de mauvais acteur. Il faudrait qu'il fasse quelque chose pour que l'on puisse évaluer ses qualités de comédiens »[158]. Malgré ceci, le film réalise un meilleur box-office que L'inspecteur Harry, rassemblant en fin d'exploitation plus de 39 000 000 $.
Stan Kamen propose par la suite un script à Eastwood : Le Canardeur. C'est l'histoire d'un braqueur de banques, un vétéran de la guerre de Corée, qui cherche à garder une longueur d'avance sur les membres de son groupe. Ce dernier se lie d'amitié à un autre homme durant un voyage. Kamen refuse de vendre le projet si son auteur, Michael Cimino, n'en est pas le réalisateur[159]. Eastwood accepte de rencontrer Cimino — qui n'est autre que le scénariste de Magnum Force — et ils s'entendent sur le film. La Warner refuse au dernier moment de produire ce film, trop atypique pour Eastwood[160]. La United Artists accepte. Eastwood n'apprécie pas beaucoup ce film parce que son rôle n'est que secondaire face à celui de Jeff Bridges[161] ; c'est d'ailleurs Bridges qui est nommé à l'Oscar pour ce film, et non pas Eastwood. D'ailleurs, le film dont beaucoup louent les qualités ne remporte pas le succès cherché, ce qui énerve passablement Eastwood. C'est de cette manière que le deuxième film prévu entre Malpaso et UA ne voit finalement pas le jour.
Eastwood tourne ensuite La Sanction, en tant que réalisateur et acteur. C'est une adaptation du roman de Trevanian, The Eiger Sanction. L'histoire se porte sur un universitaire spécialiste de l'histoire de l'art à qui l'on demande de revenir une dernière fois à son précédent métier : tueur à gage, pour exécuter une dernière sanction, en échange d'un tableau d'un grand artiste[162]. Le film est produit par Richard Zanuck et David Brown. Le tournage s'effectue dans les Alpes pour donner un côté réaliste à la prise de vues[163]. Le tournage a faillit être arrêté, à cause des conditions extrêmes. Et l'impatience d'Eastwood met en danger plusieurs techniciens. C'est ainsi, par exemple, que son directeur de la photographie fait une chute de trois mètres, après laquelle il doit réapprendre à marcher, son côté gauche étant paralysé durant plusieurs jours[164]. Lors de sa sortie, le film est boudé par la critique. On peut même lire que le film est une « farce grotesque »[165]. Cette échec se répercute sur la réception publique en salle, très mauvaise. En fin d'exploitation, le film rapporte seulement 14 000 000 $[165].
[modifier] Prémisses d'une longue collaboration
Frank Wells, le vice-président de la Warner Brothers, apprécie beaucoup Eastwood. Sa société détient par ailleurs tous les droits sur la saga de L'Inspecteur Harry. Clint Eastwood, à cette époque, est déçu de son précédent film, qui n'a pas marché, alors qu'il misait beaucoup dessus[165]. Wells persuade ainsi l'acteur de signer un contrat avec la Warner, en septembre 1975. Ce dernier est très avantageux pour l'acteur. Le studio s'engage à tirer un grand nombre de copies des films d'Eastwood, accompagnées de campagnes publicitaires sans précédant. Par ailleurs, Eastwood peut enfin se prononcer sur la stratégie publicitaire à prendre, et son studio, Malpaso gagne en importance[166].
Leur première collaboration est Josey Wales hors-la-loi, découvert par Malpaso. Eastwood engage Philip Kaufman pour l'écriture du scénario et la réalisation. Toutefois, au bout de quelques jours de tournage, Kaufman est renvoyé par Eastwood[167],[168]. Les deux hommes ont des avis très divergents, et la méthode de prise de vues de Kaufman ne convient pas à l'acteur. C'est donc Eastwood qui prend les commandes de réalisateur. Cette affaire fait beaucoup de bruit en Amérique, causant le mécontentement de la Directors Guild of America[168]. Cet incident provoque le passage d'une nouvelle loi, la « loi Clint Eastwood » qui punit ce genre d'action[169]. Finalement, à sa sortie, le film est apprécié des critiques, et est aujourd'hui considéré comme « l'une de ses œuvres les plus profondes, les plus personnelles »[170]. Cette réception est en parti due à l'ampleur de la campagne publicitaire et aux invitations luxueuses des critiques[171].
Gail Morgan Hickman et S. W. Schurt, deux anciens élèves du lycée d'Oakland, de grands admirateurs d'Eastwood, lui propose leur script, de cent dix pages. La Warner considère que l'intrigue a un bon potentiel, mais que le script nécessite une réécriture. Alors, Eastwood renvoie le texte aux deux jeunes, qui passent beaucoup de temps à réécrire leur histoire, pour finalement rendre un travail encore plus mauvais[172]. De cette manière, Eastwood perd son statut de numéro un au box-office, et en même temps six mois de production qui lui coûtent cher. Le script devient la nouvelle suite des aventures de Harry Callahan qui est opposé à un groupe de terroriste[172]. Eastwood engage alors Stirling Silliphant, qui vient de terminer une collaboration avec Don Siegel, pour le scénario. La proposition majeure qu'il fait est d'associer Callahan avec une femme, et son histoire s'intitule L'inspecteur ne renonce jamais, titre du nouvel épisode de la saga. Par ailleurs, si Eastwood est pressenti pour la réalisation, c'est James Fargo, à la surprise générale, qui occupe finalement le poste[173]. Finalement, le film est un grand succès avec une recette de 46 236 000 $ aux États-Unis. Le côté féministe d'Eastwood est très apprécié, même s'il est élu « pire acteur de l'année » par Harvard Lampoon[174]. Il s'agit du plus grand succès, à l'époque, de l'acteur.
[modifier] Les années Locke
Cela fait plusieurs mois, depuis Josey Wales hors-la-loi, qu'Eastwood a une relation avec l'actrice Sondra Locke[175]. Eastwood se penche, en parallèle, sur son prochain film, L'Épreuve de force. Il cherche pour ce dernier une actrice pour interpréter un personnage lié à la mafia. La Warner pense d'abord à Barbra Streisand, une valeur sûre, face au coût du scénario — Dennis Shryack et Michael Butler vendent leur premier script à Universal pour 300 000 $ et 15 % des bénéfices, pour L'Épreuve de force, ils demandent 500 000 % et 15 % des bénéfices[176] — mais Eastwood voit plutôt Sondra Locke dans ce rôle, ce que les deux scénaristes approuvent[177] quand ils découvrent son côté fragile mêlé à son côté dur. Avec ce film, Eastwood reprend le poste de réalisateur. Et, comme à son habitude, le tournage s'effectue très rapidement, Eastwood préférant la spontanéité de la première prise. Plusieurs critiques reprochent au réalisateur d'avoir mis un accent trop grand sur les scènes de violence[178]. C'est le jeu de Locke qui relève le film, selon d'autres critiques, telles qu'Arthur Kinght dans Hollywood Reporter. Le film reste toutefois l'un des dix plus grands succès de l'année.
La fin du tournage de L'Épreuve de force marque le déménagement de Locke à Sherman Oaks, pour se rapprocher d'Eastwood. Ensemble, ils font la couverture du magazine People, pour leur dernière collaboration. Dans ce dernier, Eastwood porte un regard ambigu sur Locke, et la surnomme « princesse »[179]. C'est ainsi que Maggie Johnson, l'épouse d'Eastwood, apprend sa relation avec l'actrice[180]. Cette dernière appelle donc un avocat. La famille Eastwood effectue un dernier voyage à Hawaï, durant lequel Johnson espère sauver son couple. De retour du voyage, l'acteur annonce à Locke que sa femme compte demander une séparation légale, et non un divorce[181]. Un jour, Locke convainc son compagnon de tourner une comédie, Doux, dur et dingue, ce qui est considéré par un brusque changement de cap dans la carrière de l'acteur et réalisateur. Les producteurs de Malpaso et de Warner sont très dubitatifs quant à ce film. Ils organisent même un sondage auprès du public pour voir s'ils assisteraient à la projection d'un tel film avec Eastwood. Le résultat est mitigé, mais les studios acceptent finalement de financer le projet[182]. À nouveau, Locke fait partie du casting. Lors de sa sortie, le film a un véritable succès. Sa promotion avait été assurée par la sortie, peu avant la distribution du film, de la bande originale qui figure parmi les meilleures ventes country de l'année[183]. Pour parfaire la publicité, la Warner diffuse des bandes annonces à la télévision nationale américaine. Le film sort finalement dans 1 246 salles en même temps. La critique n'apprécie pas le nouveau film « tellement mauvais » selon Variety. Cela n'empêche pas la Warner — et Eastwood — de battre son record au box-office en enregistrant une recette finale de 85 196 485 $ rien qu'en Amérique.
Pendant la distribution de Doux, dur et dingue, Johnson et Eastwood débattent du partage des biens de l'acteur. Dans un premier, l'acteur doit se trouver une nouvelle maison, laissant l'ancienne à sa femme. Il en achète une à Shasta en Californie, qu'il partage avec sa compagne, Locke[184]. Malgré ce rapprochement, le prochain film d'Eastwood ne comporte pas de rôle pour cette dernière.
[modifier] Œuvres
[modifier] Filmographie
Sauf mention contraire ou complémentaire, la filmographie est issue du site Internet Movie Database[185],[186].
| Année | Titre | Titre original | Profession(s) | Box-office |
|---|---|---|---|---|
| 1955 | - | Allen in Movieland (TV) | Acteur | - |
| 1955 | La Revanche de la créature | Revenge of the Creature | Acteur | - |
| 1955 | - | Francis in the Navy | Acteur | - |
| 1955 | Madame de Coventry | Lady Godiva of Coventry | Acteur | - |
| 1955 | Tarantula ! | Tarantula | Acteur | - |
| 1956 | - | Death Valley Days (TV) | Acteur | - |
| 1956 | - | West Point | Acteur | - |
| 1956 | - | Highway Patrol (TV) | Acteur | - |
| 1956 | - | Rawhide (TV) | Acteur | - |
| 1956 | Ne dites jamais adieu | Never Say Goodbye | Acteur | - |
| 1956 | La corde est prête | Star in the Dust | Acteur | - |
| 1956 | - | Away All Boats | Acteur | - |
| 1956 | La VRP de choc | The First Traveling Saleslady | Acteur | - |
| 1957 | Escapade au Japon | Escapade in Japan | Acteur | - |
| 1958 | - | Navy Log (TV) | Acteur | - |
| 1958 | C'est la guerre | Lafayette Escadrille | Acteur | - |
| 1958 | - | Ambush at Cimarron Pass | Acteur | - |
| 1959 | - | Maverick (TV) | Acteur | - |
| 1964 | Pour une poignée de dollars | Per un pugno di dollari | Acteur | USA : 14 500 000 $[187] |
| 1965 | Et pour quelques dollars de plus | Per qualche dollaro in più | Acteur | USA : 15 000 000 $[187] |
| 1966 | Le Bon, la Brute et le Truand | Il Buono, il brutto, il cattivo | Acteur | USA : 25 100 000 $[187] |
| 1966 | Les Sorcières | Le Streghe | Acteur | - |
| 1968 | Pendez-les haut et court | Hang ’Em High | Acteur | USA : 11 000 000 $[187] |
| 1968 | Un shérif à New York | Coogan’s Bluff | Acteur | USA : 3 110 000 $[187] |
| 1968 | Quand les aigles attaquent | Where Eagles Dare | Acteur | USA : 7 100 000 $[187] |
| 1969 | La Kermesse de l’Ouest | Paint Your Wagon | Acteur | USA : 14 500 000 $[187] |
| 1970 | Sierra torride | Two Mules for Sister Sara | Acteur | USA : 5 050 000 $[187] |
| 1970 | De l'or pour les braves | Kelly’s Heroes | Acteur | USA : 5 200 000 $[187] |
| 1970 | Les Proies | The Beguiled | Acteur | USA : 1 100 000 $[187] |
| 1971 | Un frisson dans la nuit | Play Misty for Me | Réalisateur et acteur | USA : 10 600 000 $[187] |
| 1971 | L'Inspecteur Harry | Dirty Harry | Acteur | USA : 35 976 000 $[187] |
| 1972 | - | Joe Kidd | Acteur | USA : 6 330 000 $[187] |
| 1973 | L'Homme des Hautes Plaines | High Plains Drifter | Réalisateur et acteur | USA : 15 700 000 $[187] |
| 1973 | - | Breezy | Réalisateur et caméo | - |
| 1973 | - | Magnum Force | Acteur | USA : 39 768 000 $[187] |
| 1973 | Le Canardeur | Thunderbolt and Lightfoot | Acteur | USA : 21 700 000 $[187] |
| 1975 | La Sanction | The Eiger Sanction | Réalisateur et acteur | USA : 14 200 000 $[187] |
| 1976 | Josey Wales hors-la-loi | The Outlaw Josey Wales | Réalisateur et acteur | USA : 31 800 000 $[187] |
| 1976 | L'inspecteur ne renonce jamais | The Enforcer | Acteur | USA : 46 236 000 $[187] |
| 1977 | L'Épreuve de force | The Gauntlet | Réalisateur et acteur | USA : 26 414 658 $[187] |
| 1978 | Doux, dur et dingue | Every Which Way But Loose | Acteur | USA : 85 196 485 $[187] |
| 1979 | L'Évadé d'Alcatraz | Escape from Alcatraz | Acteur | USA : 43 000 000 $[187] |
| 1980 | - | Bronco Billy | Réalisateur et acteur | USA : 24 265 659 $[187] |
| 1980 | Ça va cogner | Any Which Way You Can | Acteur | USA : 70 687 344 $[187] |
| 1982 | Firefox, l'arme absolue | Firefox | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 46 708 276 $[187] |
| 1982 | - | Honkytonk Man | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 4 484 991 $[187] |
| 1983 | Le Retour de l'inspecteur Harry | Sudden Impact | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 67 642 693 $[187] |
| 1984 | La Corde raide | Tightrope | Producteur et acteur | USA : 48 143 579 $[187] |
| 1985 | Haut les flingues | City Heat | Acteur | USA : 38 348 988 $[187] |
| 1985 | Pale Rider, le cavalier solitaire | Pale Rider | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 41 410 568 $[187] |
| 1986 | Le Maître de guerre | Heartbreak Ridge | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 42 724 017 $[187] |
| 1988 | - | Bird | Réalisateur et producteur | USA : 2 181 286 $[187] |
| 1988 | La Dernière cible | The Dead Pool | Acteur | USA : 37 903 295 $[187] |
| 1988 | - | Thelonious Monk: Straight, No Chaser | Producteur | - |
| 1989 | - | Pink Cadillac | Acteur | USA : 12 143 484 $[187] |
| 1990 | Chasseur blanc, cœur noir | White Hunter Black Heart | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 2 319 124 $[187] |
| 1990 | La Relève | The Rookie | Réalisateur et acteur | USA : 21 633 874 $[187] |
| 1992 | Impitoyable | Unforgiven | Réalisateur, producteur et acteur | M : 159 157 447 $[188] |
| 1993 | Dans la ligne de mire | In the Line of Fire | Acteur | M : 176 997 168 $[189] |
| 1993 | Un monde parfait | A Perfect World | Réalisateur, producteur et acteur | M : 135 130 999 $[190] |
| 1994 | - | A Century of Cinema | Acteur | - |
| 1995 | Sur la route de Madison | The Bridges of Madison County | Réalisateur, producteur et acteur | M : 182 016 617 $[191] |
| 1995 | - | Casper | Acteur | - |
| 1995 | - | The Stars Fell on Henrietta | Producteur | - |
| 1996 | Les Pleins Pouvoirs | Absolute Power | Réalisateur et acteur | USA : 50 068 310 $[187] |
| 1997 | Minuit dans le jardin du bien et du mal | Midnight in the Garden of Good and Evil | Réalisateur et producteur | USA : 25 105 255 $[187] |
| 1997 | - | Absolute Power | Producteur | USA : 50 068 310 $[187] |
| 1999 | Jugé coupable | True Crime | Réalisateur, producteur et acteur | USA : 16 649 768 $[187] |
| 2000 | - | Space Cowboys | Réalisateur, producteur, compositeur et acteur | M : 128 884 132 $[192] |
| 2002 | Créance de sang | Blood Work | Réalisateur, producteur et acteur | M : 31 794 718 $[193] |
| 2003 | - | Mystic River | Réalisateur, producteur et compositeur | M : 156 822 020 $[194] |
| 2004 | - | Million Dollar Baby | Réalisateur, producteur, compositeur et acteur | M : 216 763 646 $[195] |
| 2004 | Épreuves d'artistes | - | Acteur | - |
| 2005 | - | Budd Boetticher: A Man Can Do That (TV) | Producteur | - |
| 2006 | Mémoires de nos pères | Flags of Our Fathers | Réalisateur, producteur et compositeur | M : 65 900 249 $[196] |
| 2007 | Lettres d'Iwo Jima | Letters from Iwo Jima | Réalisateur, producteur et compositeur | M : 68 673 228 $[197] |
| 2007 | - | Grace Is Gone | Compositeur | M : 973 999 $[198] |
| 2008 | L'Échange | Changeling | Réalisateur, producteur et compositeur | M : 112 994 004 $[199] |
| 2008 | - | Gran Torino | Réalisateur, producteur, compositeur et acteur | M : 269 659 918 $[200] |
| 2010 | - | Invictus | Réalisateur et producteur | - |
| 2010 | - | Hereafter | Réalisateur et producteur | - |
[modifier] Discographie
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1959 : Cowboy Favorites (Cameo Records)
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Peu avant les années 1960, il n'était pas rare qu'une célébrité de la télévision — comme l'était à l'époque Clint Eastwood — enregistre un album pour tester sa popularité[201]. C'est ainsi qu'en 1959 Clint Eastwood franchit cette étape en enregistrant son premier album intitulé Rawhide's Clint Eastwood Sings Cowboy Favorites (ASIN B000063E0V) chez Cameo Records[202]. Ce sont pour la plupart des reprises de morceaux connus. Cet album représente l'esprit de l'Amérique de l'époque.
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1969 : La Kermesse de l'Ouest (Mca)
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Puis, en 1969, il participe à l'enregistrement de la bande originale du film La Kermesse de l'Ouest, aux côtés d'Alan Jay Lerner, Lee Marvin, Andre Previn, Anita Gordon, Frederick Loewe et Harve Presnell. Distribuée par Mca Records, la bande originale (ASIN B000002PEY), d'une durée de 46:27 minutes, a été très appréciée lors de sa sortie le 15 octobre 1969[203],[204].
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Par la suite, le 17 octobre 1996, le Carnegie Hall Jazz Band, à New York, organise un concert sur Clint Eastwood, et sa filmographie. Ce dernier interprète même une chanson durant le concert. Composé de vingt six titres, l'album (ASIN B000002NEK) est produit et distribué par la Warner Bros. Records en 1997[205]. Il démontre l'amour du jazz qu'a Eastwood depuis son enfance[206]. D'ailleurs, son fils, Kyle Eastwood participe également au concert, sur le morceau This Time the Dream's on Me.
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En 2003, il collabore pour la première fois avec son fils, Kyle Eastwood, sur la bande originale d'un de ses films : Mystic River. Pour les besoins de la composition (ASIN B0000DBK8C), produites et distribuée par Warner Bros./Malpaso, d'une durée totale de 01:02:02 heures, Eastwood, à l'aide de Lennie Niehaus, a travaillé aux côtés du Boston Symphony Orchestra et du Tanglewood Festival Chorus[207],[208].
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2006 : Flags of Our Fathers (Milan Records)
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2007 : Grace Is Gone (Milan Records)
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[modifier] Autres projets
Clint Eastwood a son propre label discographique distribué par Warner Bros. Records, Records Malpaso, dans le cadre de son contrat avec la Warner. Cet accord est resté inchangé lorsque Warner Music Group a été vendu par la Time Warner à des investisseurs privés. Malpaso a publié toutes les bandes originales des films d'Eastwood, depuis celle de Sur la route de Madison. Le label a également sorti en 1996, l'album d'un concert de jazz qu'Eastwood a présenté, intitulé Eastwood After Hours - Live at Carnegie Hall.
Eastwood a tenté à un certain moment de réaliser un épisode de la série télévisée Rawhide, inspirée des westerns, dans laquelle il jouait l'un des rôle principaux. Toutefois, en raison de différents entre le président du studio et les producteurs de la série, il est passé au travers.
En 1985, il a fait une apparition dans la direction de la série télévisée Histoires fantastiques (Amazing Stories) pour l'épisode Vanessa, avec Harvey Keitel et Sondra Locke, pour sa première collaboration avec le créateur, scénariste et producteur exécutif de la série, Steven Spielberg (Spielberg produisit plus tard Un Monde parfait, Mémoires de nos pères et Lettres d'Iwo Jima).
Eastwood a réalisé une grande variété de films, certains pour des raisons clairement commerciales, d'autres pour des motivations très personnelles. Il produit la plupart de ses films, et est bien connu dans l'industrie du cinéma pour son efficacité, le faible coût de ses réalisations. Pour une interview du quotidien britannique The Daily Telegraph, il a dit que « tout je fais en tant que réalisateur est basé sur ce que je préfère faire en tant qu'acteur[209] ». Au cours des années, il a développé des relations avec de nombreux cinéastes, en travaillant de plus et plus avec la même équipe, les mêmes producteurs, chefs opérateurs, monteurs et autres techniciens. De même, il a une relation à long terme avec le studio Warner Bros., qui finance et distribue de la plupart de ses films. Toutefois, dans une interview parue en 2004 dans The New York Times, Eastwood a noté qu'il a encore parfois du mal à convaincre le studio de participer à ses films[réf. nécessaire].
Dans les années 2000, Eastwood a également commencé à composer de la musique pour certains de ses films[210].
En tant que producteur, réalisateur et acteur, Clint Eastwood a exclusivement travaillé avec le légendaire affichiste Bill Gold[réf. nécessaire]. Gold a conçu (et souvent photographié) les affiches pour les 35 films de Clint Eastwood, de L'Inspecteur Harry (1971) à Million Dollar Baby (2004).
Eastwood va diriger le biopic sur Nelson Mandela, Invictus (2009), un film basé sur un livre de John Carlin sorti en 2008 (Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation - (ISBN 978-1-59420-174-5)), mettant en vedette Morgan Freeman dans le rôle de Nelson Mandela et Matt Damon dans celui du capitaine de l'équipe de rugby François Pienaar. Carlin a vendu les droits d'adaptation cinématographique à Morgan Freeman[211].
Eastwood et Warner Bros. ont acheté les droits à James R. Hansen pour son livre First Man: The Life of Neil A. Armstrong, la biographie autorisée de l'astronaute Neil Armstrong. Aucune date de production n'a encore été annoncée.
À partir de Septembre 2009, il est en pourparlers pour réaliser Hereafter sur Peter Morgan pour la Warner[réf. nécessaire].
Eastwood avait annoncé sa retraite d'acteur, mais a confirmé que « si un bon script western se présente, on ne sait jamais ... »[réf. nécessaire]. Cependant, en 2008, il joue dans Gran Torino, un drame plutôt qu'un western.
Eastwood a récemment des fonds à la nouvelle bibliothèque CSUMB du campus.
Au début de 2007, Eastwood a annoncé qu'il va produire un documentaire de Bruce Ricker propos de la légende du jazz Dave Brubeck. Le film est intitulé provisoirement Dave Brubeck - In His Own Sweet Way. Ce travail a été commandé par le Monterey Jazz Festival et a été présenté en première au festival de 2006. L'équipes de tournage d'Eastwood a aprticipé aux premières répétitions, le contrôle des son, et le montage final. Ricker et Eastwood travaillent actuellement sur un autre documentaire sur Tony Bennett, intitulé The Music Never Ends[réf. nécessaire].
[modifier] Autour de Clint Eastwood
[modifier] En politique
Clint Eastwood, bien que souvent engagé politiquement au côté du Parti républicain, parti sur les listes duquel il est inscrit depuis 1951[212], se définit lui-même comme un libertarien fiscalement conservateur mais sociétalement libéral[213],[214],[215]. Ainsi, lors des élections présidentielles, il a soutenu les candidats républicains (Dwight D. Eisenhower en 1952, Richard Nixon en 1968 et en 1972, Ronald Reagan en 1980 et 1984, ou plus récemment John McCain en 2008) à l'exception de l'élection présidentielle américaine de 1992 où il a soutenu Ross Perot, un milliardaire libertarien indépendant. En 1972, Nixon avait nommé Clint Eastwood au conseil national pour la culture, poste qu'il garde jusqu'à la démission de Nixon, en 1974.
Lors d'élections plus locales, il a soutenu des candidats d'autres partis comme le démocrate environnementaliste Sam Farr en 2002 et s'est opposé au référendum révocatoire contre l'ancien gouverneur démocrate de la Californie, Gray Davis, en 2003. De 1986 à 1988, Clint Eastwood fut lui-même un élu local, maire de la ville de Carmel-by-the-Sea dans le comté de Monterey Californie (élu avec 72% des suffrages). De 2004 à 2008, il est membre de la commission sur les parcs californiens, nommé à cette fonction par le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger. En 2008, en tant que membre de cette commission, Eastwood s'opposa à la construction d'une autoroute à péage dans le sud de la Californie entrant en opposition avec l'avis défendu par Schwarzenegger. Celui-ci ne renomma pas Clint Eastwood à la commission à l'expiration de son mandat.
S'il marque en son temps un grand scepticisme devant la guerre du Vietnam déclarant que le pays n'avait « rien à gagner au Vietnam, si ce n'est envoyer nos hommes en enfer », qu'« aucun politique n'avait de plan de sortie ou de solution miracle », il déplore l'ambiguité du soutien américain aux Sud-Vietnamiens puis le lachage de ces derniers [216]. Il a publiquement critiqué l'engagement de l'armée américaine dans la guerre en Irak. Néanmoins, un an plus tard, il appellera à voter pour George W. Bush[217] par opposition au démocrate John Kerry. Bien qu'opposé au fait de tuer, y compris des animaux[218], il s'est affiché en faveur de la peine de mort, notamment pour les crimes impliquant des enfants[219],[220],[221].
En janvier 2005, lors d'un dîner de gala à New York, Clint Eastwood s'en prend vigoureusement au réalisateur Michael Moore, déclarant « Michael, si vous vous présentez un jour à ma porte avec une caméra, je vous tue » (faisant référence au comportement de Michael Moore avec son vieil ami Charlton Heston, dans le film-documentaire Bowling for Columbine). Jouant sur l'ambiguïté de la plaisanterie, alors que la salle éclate de rire, Eastwood précisa alors « Je suis sérieux »[222],[223].
[modifier] Dans la culture populaire
- Dans le film Retour vers le futur III, Marty McFly se présente comme Clint Eastwood lorsqu'il voyage vers l'époque du Far West.
[modifier] Distinctions
Nicolas Sarkozy lui a remis vendredi 13 novembre 2009 les insignes de commandeur de la Légion d'honneur.
[modifier] Récompenses
| Année | Cérémonie | Prix | Film |
|---|---|---|---|
| 1961 | Western Heritage Awards | Wrangler de bronze du meilleur téléfilm dramatique | Rawhide |
| 1962 | Western Heritage Awards | Wrangler de bronze du meilleur téléfilm dramatique | Rawhide |
| 1964 | Western Heritage Awards | Wrangler de bronze du meilleur téléfilm dramatique | Rawhide |
| 1967 | Laurel Awards | Laurel Award 2e place - Meilleur espoir | |
| 1968 | Laurel Awards | Laurel Award 2e place - Meilleure performance dans un film d'action | Le Bon, la Brute et le Truand |
| 1971 | Laurel Awards | Laurel Award 3e place - Meilleure performance dans un film d'action | Sierra torride |
| 1971 | Golden Globes | Henrietta Award de l'acteur préféré | |
| 1980 | American Movie Awards | Special Marquee en reconnaissance de sa carrière d'acteur et de réalisateur | |
| 1981 | People's Choice Awards | People's Choice Award de l'acteur préféré | |
| 1982 | ShoWest Convention | Special Award de la star masculine de la décennie | |
| 1984 | People's Choice Awards | People's Choice Award de l'acteur préféré | |
| 1985 | Golden Apple Awards | Golden Apple Award de la star masculine de l'année | |
| 1985 | People's Choice Awards | People's Choice Award de l'acteur préféré | |
| 1987 | People's Choice Awards | People's Choice Award de l'acteur préféré | |
| 1988 | Golden Globes | Cecil B. DeMille Award | |
| 1988 | People's Choice Awards | People's Choice Award de l'acteur préféré | |
| 1989 | Golden Globes | Golden Globe du meilleur réalisateur | Bird |
| 1989 | Sant Jordi Awards | Sant Jordi Award du meilleur film étranger | Bird |
| 1991 | Hasty Pudding Theatricals | Homme de l'année | |
| 1992 | Los Angeles Film Critics Association Awards | LAFCA Award du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1992 | Los Angeles Film Critics Association Awards | LAFCA Award du meilleur acteur | Impitoyable |
| 1993 | Oscars du cinéma | Oscar du meilleur film | Impitoyable |
| 1993 | Oscars du cinéma | Oscar du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1993 | Directors Guild of America | DGA Award du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1993 | Fotogramas de Plata | Fotogramas de Plata du meilleur film étranger | Impitoyable |
| 1993 | Golden Boot Awards | Golden Boot Award | |
| 1993 | Golden Globes | Golden Globe du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1993 | Hochi Film Awards | Hochi Film Award du meilleur film en langue étrangère | Impitoyable |
| 1993 | Kansas City Film Critics Circle Awards | KCFCC Award du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1993 | National Society of Film Critics Awards | NSFC Award du meilleur réalisateur | Impitoyable |
| 1993 | Sant Jordi Awards | Sant Jordi du meilleur film étranger | Impitoyable |
| 1961 | Western Heritage Awards | Wrangler de bronze du meilleur film | Impitoyable |
| 1993 | ShoWest Convention | ShoWest Award du réalisateur de l'année | |
| 1994 | Kinema Junpo Awards | Kinema Junpo Award du meilleur film en langue étrangère | Impitoyable |
| 1994 | Mainichi Film Concours | Mainichi Film Concours du meilleur film en langue étrangère | Impitoyable |
| 1995 | Oscars du cinéma | Irving G. Thalberg Memorial Award | |
| 1995 | Hamburg Film Festival | Douglas Sirk Award | |
| 1996 | American Film Institute | Life Achievement Award | |
| 1996 | ASCAP Film and Television Music Awards | ASCAP Award du film en tête du box office | Sur la route de Madison |
| 1996 | Blue Ribbon Awards | Blue Ribbon Award du meilleur film en langue étrangère | Sur la route de Madison |
| 1996 | Film Society of Lincoln Center | Gala Tribute | |
| 1996 | Fotogramas de Plata | Fotogramas de Plata du meilleur film étranger | Sur la route de Madison |
| 1996 | Kinema Junpo Awards | Kinema Junpo Award du meilleur film en langue étrangère | Sur la route de Madison |
| 1996 | Mainichi Film Concours | Readers' Choice Award du meilleur film en langue étrangère | Sur la route de Madison |
| 1998 | Césars du cinéma | César d'honneur | |
| 1998 | PGA Awards | Lifetime Achievement Award | |
| 1999 | National Board of Review | Career Achievement Award | |
| 2009 | Légion d'honneur | Commandeur de la Légion D'Honneur |
[modifier] Nominations
[modifier] Notes et références
- ↑ À noter par ailleurs que la biographie autorisée écrite par Richard Schickel sous le titre Clint Eastwood ne dévoile aucun trait des origines de l'acteur et réalisateur Clint Eastwood.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 13.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 14.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 15.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 21-22.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 23.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 25.
- ↑ (fr) AlloCiné, « Impitoyable (secrets de tournage) », consulté le 20 octobre 2009
- ↑ (en) Pittsburgh Post-Gazette, « Oscar makes his day as Unforgiven rides off four Academy Awards », 30 mars 1993.
[(en) Lire en ligne (page consultée le 20 octobre 2009)] - ↑ (en) This is just a wonderful one, it goes to everybody i can think off. […] In the year of the woman, the greatest woman on the planet is here tonight — my mother, Ruth.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 40.
- ↑ (en) Guardian, « Gentla Man Clint », consulté le 31 octobre 2009
- ↑ Sonny est un terme familier anglais, diminutif de l'anglais son que l'on traduit fils. Sonny peut ainsi désigner « fiston », par exemple.
(fr) familli.fr, « Sonny », consulté le 20 octobre 2009 - (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 42.
- (fr) Clint Eastwood: A Biography, Robert Schickel, biographie autorisée de Clint Eastwood
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 43.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 45.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 47.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 48.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 49.
- ↑ Où il côtoie Jackie Jensen, futur joueur star des Red Sox de Boston
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 51.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 50.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 52-53.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 54.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 55.
- ↑ Cette théorie a été avancée par les premiers attachés presse de Clint Eastwood. Néanmoins, elle sera vite considérée comme un mensonge : dès la sortie de Honkytonk Man, on apprend qu'il anéantissait tous les efforts de ses professeurs d'art dramatique qui cherchaient à lui donner un rôle dans leur pièce. Sally Rinehart Nero, professeur d'anglais et d'art dramatique, affirme que Clint Eatwood n'était inscrit à aucun de ses cours ou ateliers.
- ↑ I.e. le journal d'Oakland
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 56-57.
- ↑ Les archives du lycée ne présentent toutefois aucune raison au départ de Clint Eastwood.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 58.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 62.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 63.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 63-64.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 65-66.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 66.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 67.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 68.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 69.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 73.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 76.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 20.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 77.
- Cette théorie selon laquelle Eastwood aurait été remarqué par Arthur Lubin durant le tournage de Francis chez les wacs est en pratique fausse. Arthur Lubin est un réalisateur polyvalent sous contrat avec Universal, à l'apogée de son succès dans les années 1950. Clint était sans doute le « beau gosse » dont parle ces communiqués. Néanmoins, Eastwood avait déjà quitté Fort Ord quand le tournage eut lieu. Néanmoins, le réalisateur explique qu'une personne le conduisit à une station service de Los Angeles où Clint travaillait. C'est là que les deux hommes se sont rencontrés pour la première fois.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 77-78.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 78.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 81.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 79.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 82.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 83.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 85.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 86.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 87.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 89.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 109.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 91.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 92.
- ↑ Voir les dialogues du passage où apparaît Clint sur Wikiquote : La Revanche de la créature.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 93.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 94.
- ↑ Anita Ekberg est d'ailleurs sans cesse prise en photographie devant la piscine de la Villa Sands, où elle arbore son célèbre maillot de bain en peau de léopard.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 114.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 114-115.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 115.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 118-119.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 119.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 128.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 129.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 118.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 130.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 131.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 132.
- ↑ Traduit par « meneur de troupeaux à cheval ».
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 133.
- ↑ Rawhide désigne un cuir non traité, ou le fouet fabriqué dans ce cuir.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 136.
- ↑ (fr+en) Internet Movie Database, « Rawhide (lieux de tournage) », consulté le 6 novembre 2009
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 137.
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- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 140.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 141.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 143.
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- ↑ (en) The Free Dictionary, « Rowdy », consulté le 6 novembre 2009
- ↑ (en) Reader's digest, « RD Face to Clint Eastwood », consulté le 6 novembre 2009
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 145.
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- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 170.
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- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 171.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 172.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 173.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 174.
- ↑ Le tournage s'est effectué entre deux saisons de Rawhide, permettant à Eastwood de conserver son contrat avec les producteurs de la série. C'est d'ailleurs cet argument d'Irving qui a emballé Eastwood à accepter ce contrat.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 186.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 192-193.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 193.
- ↑ Ce qui équivaut à 1 500 000 € d'après (fr) « fxtop » (consulté le 9 novembre 2009).
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 195.
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- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 220.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 221.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 226.
- ↑ Un shérif à New York était initialement, avant la refonte du scénario, un remake de Rawhide. En effet, le scénario représentait un nouveau Rowdy du sud-ouest à New York, un peu perdu, qui s'essaye à faire la loi.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 100-228
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 229.
- ↑ Quand les aignes attaquent est un film de guerre, alors que Clint Eastwood n'avait jusqu'à présent joué que dans des westerns.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 230.
- ↑ À noter que ce film est le dernier de sa carrière.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 231.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 234.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, pp. 236-237.
- ↑ Toutefois, s'il est vrai qu'Universal ne lui propose pas, de 1969 à 1973, des scripts intéressants, la société n'est pas seule responsable. Don Siegel et Eastwood ont carte blanche pour travailler le script.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 240.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 242.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 245.
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- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 251.
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- ↑ (fr) Cécile Besson, « États-Unis. haro sur le droit criminel », L'Humanité, consulté le 20 novembre 2009
- ↑ (fr) Jean-Eudes Durand, « Don Siegel 1912-1991 », findeseance.com, consulté le 20 novembre 2009
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- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 300.
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- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 312.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 313.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 315.
- ↑ Paul Newman refuse à nouveau de jouer dans ce film du fait de son pacifisme. Dans sa biographie, Let Me Entertain You, David Brown, co-producteur du film, assure pourtant qu'Eastwood était également quelqu'un de pacifiste.
- ↑ Eastwood ne savait pas escalader, il dut donc suivre une formation de quelques jours. Ce tournage sera par ailleurs le dernier de David Knowles, un alpiniste qui accompagnait le tournage pour l'aider à travers la montagne. Ce dernier est mort, lors d'un éboulement.
(fr) Clint Eastwood : une légende, p. 323. - ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 328.
- (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 331.
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- ↑ Entretien avec Clint Eastwood par Michael Henry, Positif, janvier 1985.
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- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 366.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 372.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 374.
- ↑ De son côté, Sondra Locke est marié au même un homme depuis son adolescence. Mais il s'agit plus d'un « mariage de façade ». En effet, lorsque le couple emménagea à Hollywood, Anderson se rend compte qu'il est homosexuel.
(fr) Clint Eastwood : une légende, p. 378. - ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 375.
- ↑ (fr) Clint Eastwood : une légende, p. 382.
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- ↑ (fr) [pdf] Grunert, « Filmographie de Clint Eastwood », consulté le 16 novembre 2009
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- ↑ (en) Box-office mojo, « A Perfect World », consulté le 22 novembre 2009
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- ↑ (en) Box-office Mojo, « Mystic River », consulté le 22 novembre 2009
- ↑ (en) Box-office Mojo, « Million Dollar Baby », consulté le 22 novembre 2009
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- ↑ John Hiscock, « Clint Eastwood on Changeling: Angelina Jolie "a fine actress hampered by beauty" » sur Telegraph.co.uk, 13 novembre 2008. Consulté le 5 novembre 2009
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- ↑ Bill Keller, « Entering the Scrum » sur NYTimes.com, 15 août 2008. Consulté le 5 novembre 2009
- ↑ (en) Popentertainment, « Interview », consulté le 7 novembre 2008
- ↑ (en) « Interview de Clint Eastwood » dans The Guardian, juin 2008.
- ↑ (en) « Clint Eastwood - Libertarian », Interview à USA Today, 25 janvier 2004 "I like the libertarian view, which is to leave everyone alone."
- ↑ (en) Clint Eastwood's Libertarian-Conservative Vision,David Swindle, Front Page Magazine, 23 janvier 2009
- ↑ (fr) Samuel Blumenfeld, Clint Eastwood : le vieil homme et la guerre, Le Monde, 19 Octobre 2006
- ↑ (fr) Qui a voté qui ?, Le nouvel observateur, 8 novembre 2004
- ↑ À propos de la chasse, après une remarque de Hillary Clinton : « I don't go for hunting. I just don't like killing creatures. Unless they're trying to kill me. Then that would be fine. » (« Je ne chasse pas. Je n'aime pas tuer des créatures. Sauf si elles essaient de me tuer. Alors ça va. »). (en) Article du Los Angeles Times, juin 2008.
- ↑ (fr) Philippe Person, Clint Eastwood a-t-il vraiment changé ?, Le Monde diplomatique, juin 2009
- ↑ (fr) Clint Eastwood est réac, et alors ?
- ↑ (en) Article du Los Angeles Times, 19 octobre 2008.
- ↑ (en) Clint Eastwood: I'll Kill Michael Moore - NewsMax.com, 13 janvier 2005
- ↑ (fr) Clint Eastwood est réac, et alors ?, Marianne2, juin 2009
[modifier] Voir aussi
[modifier] Article connexe
[modifier] Bibliographie
- Christian Authier, Clint Eastwood, Fitway publishing, Paris, 2005, 118 p. (ISBN 2-7528-0018-5)
- Patrick Brion, Clint Eastwood : Biographie, filmographie illustrée et analyse critique, Éditions de La Martinière, Paris, 2002 (ISBN 2732429678)
- Christian Dureau, Clint Eastwood, Stars de l'écran, Paris, 109 p. (ISBN 2-8416-7341-3)
- (en) Leonard Engel, Clint Eastwood, actor and director : New Perspectives, University of Utah Press, Utah, 2007 (ISBN 0-87480-900-2)
- (en) Iain Johnstone, The Man with No Name : The Biography of Clint Eastwood, Plexus Publishing, 2007 (ISBN 0-85965-387-0)
- Isaline, Clint Eastwood : Regard d'une femme française, Publibook, France, 15 mars 2005, 164 p. (ISBN 2748308255)
- Patrick McGilligan, Clint Eastwood : une légende, Nouveau Monde, Paris, février 2009, 765 p. (ISBN 978-2-84736-396-8)
- Philippe Person, Clint Eastwood a-t-il vraiment changé, Le Monde Diplomatique, Paris, juin 2009, 109 p. (ISBN 2-8416-7341-3)
- (en) Richard Schickel, Clint Eastwood : A Biography, Knopf, 1996 (ISBN 0-679-42974-3)
- (en) Douglas Thompson, Clint Eastwood : Billion Dollar Man, John Blake, 2005 (ISBN 978-1-85782-572-5)
- Michael Henry Wilson, Entretiens avec Clint Eastwood, Cahiers du Cinéma, Paris, 2007, 216 p. (ISBN 2-8664-2474-3)
[modifier] Films biographiques
- 1976 : Harry Callahan / Clint Eastwood: Something special in films
- 1976 : Eastwood in Action
- 1982 : Clint Eastwood: Director
- 1989 : Eastwood & Bronson: Pablihasa detektib
- 1992 : Eastwood… A Star
- 1992 : Eastwood & co: Making 'Unforgiven'
- 1992 : Clint Eastwood on Westerns
- 1993 : Clint Eastwood: The Man from Malpaso
- 1996 : The American Film Institute Salute to Clint Eastwood
- 1997 : Eastwood on Eastwood
- 1997 : Eastwood After Hours: Live at Carnegie Hall
- 2000 : American Masters: Clint Eastwood, Out of the Shadows
- 2003 : Biography: Clint Eastwood, Gut Instinct
[modifier] Liens externes
- (en) Site officiel
- (fr+en) Clint Eastwood sur l’Internet Movie Database.
- (fr) Clint Eastwood (site non-officiel)