Kirk Douglas

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Kirk Douglas

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Kirk Douglas en 1963

Nom de naissance Issur Danielovitch
Naissance 9 décembre 1916 (97 ans)
Amsterdam, État de New York, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Acteur
Écrivain
Producteur
Réalisateur
Films notables La Vie passionnée de Vincent van Gogh
Règlement de comptes à O.K. Corral
Les Sentiers de la gloire
L'Arrangement
Les Vikings
Spartacus

Kirk Douglas, né Issur Danielovitch le 9 décembre 1916 (97 ans) à Amsterdam, dans l'État de New York, est un acteur, réalisateur, producteur de cinéma et écrivain américain. Il est le père de l'acteur et producteur Michael Douglas.

Figure majeure du cinéma américain, Kirk Douglas fut un des acteurs les plus populaires dans le monde entier dans les années 1950 et 1960. Nombre de ses films sont devenus des classiques, et il a excellé dans tous les genres : comédie (Au fil de l'épée), aventures (Vingt Mille Lieues sous les mers, Les Vikings), western (Règlement de comptes à O.K. Corral), péplum (Spartacus), guerre (Les Héros de Télémark, Sept jours en mai, Les Sentiers de la Gloire), drame (La Vie passionnée de Vincent van Gogh). Douglas a tourné avec Stanley Kubrick, Vincente Minnelli, John Huston, Howard Hawks, Otto Preminger, Joseph Leo Mankiewicz, Elia Kazan, Billy Wilder et King Vidor...

Connu pour son engagement démocrate, il fut un producteur courageux à une époque où le cinéma américain était en proie au maccarthysme,, notamment en engageant Dalton Trumbo, scénariste figurant sur la « liste noire d'Hollywood ». Plusieurs de ses films abordent des thèmes sensibles, comme Les Sentiers de la gloire qui fut interdit à sa sortie dans beaucoup de pays européens.

Ambitieux, séducteur[1], mégalomane[2], il fait partie des acteurs américains qui ont le plus marqué la mémoire du public. Sa grande popularité ne s'est jamais démentie et il apparaît aujourd'hui, à 97 ans, comme l'une des dernières légendes vivantes de l'âge d'or de Hollywood (en 2014, Olivia de Havilland, Maureen O'Hara ou encore Luise Rainer sont encore en vie). L'American Film Institute l'a par ailleurs classé 17e plus grande star masculine du cinéma américain de tous les temps en 1999. Retiré du cinéma en 2008, il s'occupe de sa fondation[3] pour les enfants défavorisés.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunes années et débuts au cinéma[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas en 1939

Issur Danielovitch est le quatrième enfant d'une famille qui en compte sept (il a six sœurs). Il est le fils de Bryna « Bertha » (née Sanglel) et de Herschel « Harry » Danielovitch, chiffonnier. Ses parents étaient des immigrants juifs de Gomel, en Biélorussie ayant fui le pays pour des raisons politiques. Son oncle paternel, qui avait émigré plus tôt, avait utilisé le patronyme Demsky, que la famille Danielovitch adoptera aux États-Unis. En plus de leur nom de famille, ses parents changèrent leurs prénoms en Harry et Bertha. Issur adopte quant à lui le surnom "Izzy" : né sous le nom d'Issur Danielovitch, il grandit donc sous celui de Izzy Demsky[4].

La famille vit au 46 Eagle Street et souffre à la fois de la pauvreté et de l'antisémitisme. C'est après avoir récité un poème à l'école et reçu des applaudissements que le jeune Issur décide de devenir acteur. Une ambition non partagée par sa famille. À l'université, le fait d'être fils de chiffonnier lui attire l'antipathie de nombre de personnes mais le jeune homme trouve une façon d'imposer le respect : la lutte.

En juin 1939 il décide de partir à New York pour apprendre la comédie. Au théâtre Tamarak, un ami lui propose de changer son nom. On lui propose Kirk et un nom commençant par un D, Douglas. Il entre ensuite à l'académie américaine d'art dramatique et suit les cours de Charles Jehlinger. Il y rencontre aussi Diana Dill, sa future première femme, et la jeune Betty Bacall, future Lauren Bacall. Après quelques rôles mineurs dans les pièces Spring Again et Les Trois Sœurs, il s'engage dans la marine. Peu avant de s'enrôler, il effectue une démarche de changement de nom : Kirk Douglas, qui était initialement un nom de scène, devient alors son nom d'état-civil[5].

Pendant la guerre, il se marie à Diana. Réformé à la suite d'une dysenterie chronique, il retourne à New York en 1944 puis joue dans Star in the Window qui est retiré de l'affiche au bout de trois jours. Il remplace Richard Widmark dans Kiss and Tell. Lauren Bacall, en intervenant auprès de Hal Wallis, lui permet d'obtenir le troisième rôle dans L'Emprise du crime où il joue le mari de Barbara Stanwyck[6]. Il donne la réplique à Robert Mitchum dans La Griffe du passé et rencontre Burt Lancaster dans L'Homme aux abois. Alors qu'il est père de deux enfants et qu'il se sépare de sa femme, il prend le choix audacieux de tourner Le Champion (alors qu'on lui proposait une superproduction produit par la MGM). Sorti en juillet 1949, le film est un succès inespéré.

La gloire internationale[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas en 1952

Il signe alors un contrat avec la Warner et enchaîne plusieurs films (La Femme aux chimères, Le Gouffre aux chimères...) qui lui permettent de rencontrer et de séduire un grand nombre de stars féminines, dont Rita Hayworth ou Gene Tierney. Las de l'emprise du studio, il décide de ne pas renouveler son contrat après le film La Vallée des géants. Libre, il tourne un western de Howard Hawks, La Captive aux yeux clairs, puis Les Ensorcelés de Vincente Minnelli où l'oscar du meilleur acteur lui échappe.

Pour les beaux yeux de l'actrice italienne Pier Angeli il accepte un contrat de trois films qui l'amène en Europe. Le Jongleur, Un acte d'amour et enfin Ulysse des jeunes producteurs Dino De Laurentiis et Carlo Ponti. À cette époque il rencontre Anne Buydens, une assistante dont il tombe amoureux et qu'il épouse le 29 mai 1954, la même année que la superproduction Disney Vingt Mille Lieues sous les mers. Après L'Homme qui n'a pas d'étoile, l'acteur à succès devient producteur et crée la Bryna, du nom de sa mère, et produit La Rivière de nos amours, un succès.

En 1955 il achète les droits du roman Lust for life et confie la réalisation à Vincente Minnelli. La Vie passionnée de Vincent van Gogh entraîne Kirk Douglas aux limites de la schizophrénie, l'acteur ayant du mal à entrer sans conséquences dans l'âme tourmentée du peintre. Là encore, il est nommé pour l'Oscar du meilleur acteur sans toutefois l'obtenir. Il tourne alors avec son ami Burt Lancaster un western de légende, Règlement de comptes à O.K. Corral. Sa composition du personnage de Doc Holliday reste dans toutes les mémoires. La même année, il s'investit dans la production et l'écriture d'un autre film de légende, Les Sentiers de la gloire qui permet à Stanley Kubrick de faire ses preuves. Le film ne rapporta pas beaucoup d'argent puisqu'interdit dans un grand nombre de pays européens. Avec la Bryna, il produit Les Vikings, fresque épique qui l'emmène tourner un peu partout dans le monde (dont en France). Le film avec Tony Curtis et Janet Leigh est un gros succès. L'année suivante, après le film Au fil de l'épée, sa mère meurt le jour de son anniversaire.

Vexé de ne pas avoir été choisi pour interpréter Ben-Hur, il choisit de faire son propre film épique en adaptant au cinéma l'histoire de Spartacus l'esclave qui fit trembler Rome. Une préparation longue et compliquée, un tournage long et difficile (le réalisateur Anthony Mann est remplacé par Stanley Kubrick), mais un immense succès et un rôle qui place définitivement Kirk Douglas au panthéon des stars de Hollywood. En 1962, toujours sur un scénario de Dalton Trumbo, il interprète un cow-boy perdu dans le monde moderne dans Seuls sont les indomptés. Il triomphe aussi au théâtre dans la pièce Vol au-dessus d'un nid de coucou, qu'il comptait jouer au cinéma. Après quelques échecs commerciaux, dont un ambitieux, Le Dernier de la liste, il revient aux films engagés avec Sept jours en mai. Dans Les Héros de Télémark il est un scientifique qui tente de stopper la progression industrielle allemande pendant la guerre. Sur la même période, il enchaîne avec Première victoire et L'Ombre d'un géant. Après un petit rôle dans Paris brûle-t-il ? de René Clément, il retrouve John Wayne pour un western à succès La Caravane de feu.

En 1969, il tourne L'Arrangement sous la direction de Elia Kazan puis sous celle de Joseph L. Mankiewicz pour un western original et déroutant, Le Reptile aux côtés de Henry Fonda. Après une autre adaptation d'un roman de Jules Verne (assez sombre), Le Phare du bout du monde, Kirk Douglas décide de passer à la réalisation.

Déclin progressif et fin de carrière[modifier | modifier le code]

Sur un sujet qu'il pense rentable, avec un budget correct, Kirk Douglas tourne Scalawag adapté de L'Île au trésor. Le tournage est catastrophique comme en témoigne le journal de bord et le film est un échec total. Deux ans plus tard, il réitère l'opération avec La Brigade du Texas, western qui ne trouve pas son public. Ce dernier film incite la star à s'éloigner de la réalisation. Ne voulant plus tourner que des films qui l'intéressent, il produit Holocaust 2000, et Saturn 3 (nommé aux Razzie Awards). Furie lui permet de se frotter au Nouvel Hollywood avec Brian De Palma et Nimitz, retour vers l'enfer de retrouver le film de guerre.

Il retrouve son ami Burt Lancaster pour Coup double en 1986. Victime d'un grave accident d'hélicoptère duquel il réchappe miraculeusement, il réduit son activité cinématographique, freinée par une attaque cérébrale en 1994. Diamonds en 1999 est l'occasion de retrouver Lauren Bacall et de recevoir au festival de Deauville un hommage pour l'ensemble de sa carrière. Une attaque cardiaque en 2001 lui enlève tout espoir de retourner au cinéma, et pourtant il accepte de tourner dans Une si belle famille aux côtés de son fils Michael Douglas et de son petit-fils Cameron. Trois générations de Douglas sont ainsi réunies pour un film sorti de façon discrète et qui ne connaîtra pas un grand succès.

Depuis le milieu des années 1990, Kirk Douglas est fréquemment honoré dans le monde entier pour l'ensemble de sa carrière. Écrivain, il a publié plusieurs ouvrages et se consacre aujourd'hui à sa fondation en faveur des enfants défavorisés.

Douglas s'est marié deux fois : la première fois avec Diana Dill (née le 22 janvier 1923, divorcée en 1951) avec qui il a eu deux fils, l'acteur Michael Douglas et Joel Douglas[7]; la seconde fois en 1954 avec Anne Buydens (née en 1930) avec qui il a eu également deux fils, le producteur Peter Vincent Douglas né le 23 novembre 1955 et l'acteur Eric Douglas né le 21 juin 1958 et mort le 6 juillet 2004 d'une overdose. Il a sept petits-enfants dont l’aîné Cameron Douglas est également acteur.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Oscar[modifier | modifier le code]

Berlin International Film Festival[modifier | modifier le code]

  • 1975 nommé pour le meilleur film

New York Film Critics Circle Award[modifier | modifier le code]

  • 1956 Meilleur acteur
  • 1951 nommé dans la catégorie meilleur acteur

César du cinéma[modifier | modifier le code]

Golden Globes[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas (1978)

Souvent nommé aux Oscars, Kirk Douglas n'a jamais reçu la statuette du meilleur acteur. Il a reçu la médaille présidentielle de la Liberté américaine (Presidential Medal of Freedom, récompense civile la plus élevée) en 1981.

En 1996, il a reçu le prix Carl Foreman par la fondation du cinéma américain, en 2001 le prix Milestone au prix PGA L'Orel d'or. Pour l'ensemble de sa carrière, il a été récompensé par le National Board Of Review en 1988, par l'American Film Institut en 1991, par la Convention ShoWest en 1994, par le festival de cinéma de Hollywood en 1997, par la Guilde des Acteurs de cinéma en 1997, par le festival de cinéma de Wine Country et par le festival du cinéma international de Berlin en 2001.

En France, il a été décoré de la Légion d'honneur en 1985 des mains de Jack Lang. En outre, le festival du film américain de Deauville lui a rendu un hommage en 1978 et 1999.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

L'image de Kirk Douglas est indéniablement liée à la politique, puisqu'il fut un producteur audacieux et très souvent engagé. Démocrate affirmé, il a voyagé dans le monde entier pour le compte des gouvernements successifs sous l'impulsion du président Kennedy. Bien que démocrate, il fut reçu par l'ancien acteur Ronald Reagan à la Maison Blanche et fut proche de sa femme, Nancy.

Au cinéma, dans le western il prend la défense des Indiens : La Captive aux yeux clairs d'Howard Hawks en 1952, La Rivière de nos amours d'André de Toth en 1955, et Le Dernier train de Gun Hill de John Sturges en 1959. Évoquant la Première Guerre mondiale il fustige l'imbécilité meurtrière des militaires avec Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick en 1958. Il produit aussi un thriller politique avec Sept jours en mai en 1964. Le film raconte le coup d'État d'un général d'extrême droite afin de renverser le gouvernement démocrate américain, désireux de signer un traité de paix avec l'URSS.

Sa collaboration avec le scénariste Dalton Trumbo (victime de la liste noire) s'étend sur trois films : Spartacus, El Perdido (The Last Sunset) et Seuls sont les indomptés. Ce dernier film est le préféré de Kirk Douglas.

Kirk Douglas écrivain[modifier | modifier le code]

Kirk Douglas dans La Vallée des Géants (The Big Trees, 1952) de Felix E. Feist

Outre quelques romans de fiction (The Gift, Last tango in Brooklyn, Dance with the Devil), il publie la première partie de son autobiographie, Le Fils du chiffonnier, en 1988. Douglas se décrit étouffé par une multitude de grandes sœurs et en quête pathétique de reconnaissance vis-à-vis d'un père indifférent. Le ton est souvent critique et caustique envers lui-même. Il y raconte de nombreux tournages, des anecdotes sur les vedettes américaines, ses joies et ses colères. Son cœur abrite toujours Issur Danielovitch Demsky, le fils du chiffonnier. C'est ce que ce livre démontre. Derrière la vedette du cinéma américain se cache le petit garçon peureux. L'ouvrage est un succès mondial lors de sa sortie.

La deuxième partie, Climbing The Mountain: My Search For Meaning, parue en 2000, est un texte sur la découverte par l'acteur de sa propre judéité.

La troisième partie, My Stroke Of Luck, en 2002, raconte l'accident cérébral dont il est victime en 1996. Diminué et incapable d'émettre le moindre mot, il raconte la violente dépression qui suivit et la redécouverte de l'amour de la vie et des siens. Le livre se clôt par un hilarant « Manuel de survie ».

En 2006, Douglas publie à quatre-vingt-dix ans le dernier tome de son autobiographie, Let's face it: Ninety years of Living, Loving, and Learning. Il y parle de l'équilibre et de la quiétude avec laquelle il aborde désormais l'existence et parle pour la première fois de la disparition tragique de son plus jeune fils, Eric.

En 2012 sort I am Spartacus, récit de l'élaboration puis du tournage du film réalisé par Stanley Kubrick, mais qui est en fait, de bout en bout, le projet de Kirk Douglas. Le livre se situe dans le contexte de la fin du Maccarthysme, ce qui en fait aussi un témoignage sur le contexte politique de l'époque. La préface du livre a été écrite par l'acteur George Clooney.

Voix françaises[modifier | modifier le code]

Roger Rudel (1921 - 2008) fut la voix française régulière de Kirk Douglas pendant plus de 54 ans. Il y eut tout de même quelques exceptions comme La Vallée des géants ou encore Paris brûle-t-il ?.

et aussi :

Filmographie[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans son livre Le Fils du chiffonnier, il raconte un grand nombre de ses conquêtes féminines.
  2. Bertrand Tavernier qui fut son attaché de presse, dans les bonus du DVD Seuls sont les indomptés, décrit la mégalomanie de l'acteur.
  3. Anne & Kirk Douglas Playground Award
  4. How a Poor Jewish Kid From Upstate New York Became Kirk Douglas -- Hollywood's Best-Loved Gladiator, The Hollywood Reporter, 31 mai 2012
  5. Kirk Douglas, Let's Face It. John Wiley & Sons, 2007, page 3
  6. Il hésite à accepter le rôle, car son ambition à cette période est de devenir un grand acteur de théâtre.
  7. Il a été producteur de films dans les années 1980.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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