Trevanian

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Trevanian

Nom de naissance Rodney William Whitaker
Autres noms Beñat Le Cagot, Jean-Paul Morin, Nicholas Seare
Activités Romancier, nouvelliste, professeur d'université, essayiste, dramaturge, scénariste
Naissance 12 juin 1931
Granville, État de New York, Drapeau des États-Unis États-Unis
Décès 14 décembre 2005 (à 74 ans)
West Country, Drapeau de l'Angleterre Angleterre
Langue d'écriture Anglais américain
Genres Roman policier, roman d'espionnage, nouvelle, essai, théâtre, scénario

Trevanian est l'un des noms de plume de l'écrivain américain Rodney William Whitaker, né le 12 juin 1931 à Granville, dans le nord de l'État de New York et mort le 14 décembre 2005 dans le West Country, en Angleterre[1].

Professeur d'université, il est demeuré longtemps un auteur mystérieux. Il passe une grande partie de sa vie reclus avec sa famille dans les Pyrénées basques de France, refusant tout entretien et toute photographie. Il ne révèle son vrai nom qu'en 1979, lors de la sortie du livre Shibumi.

Ses livres sont traduits en 14 langues, plusieurs d'entre eux étant des best-sellers : entre 1972 et 1983, cinq de ses livres se sont vendus à plus d'un million d'exemplaires chacun.

Biographie[modifier | modifier le code]

Rodney Whitaker est né dans une famille qui doit lutter contre la pauvreté. Dans sa jeunesse, il vit plusieurs années dans la ville d'Albany, capitale de l'État de New York, une période qu'il raconte dans The Crazyladies of Pearl Street, son dernier ouvrage publié.

Il entreprend des études supérieures et obtient une maîtrise à l'Université de Washington et un doctorat en communications et cinéma à l'Université Northwestern, sise en banlieue de Chicago. Il se destine ensuite à l'enseignement et devient professeur au Nebraska, puis sert dans la Marine américaine pendant la guerre de Corée. Plus tard, il reçoit une bourse Fulbright pour étudier en Angleterre.

Il devient ensuite professeur, puis directeur du département de communications de l'Université du Texas à Austin pendant de nombreuses années. Quand le succès littéraire le lui permet, il quitte ce poste et vit pour de longues périodes, avec sa famille, dans la campagne basque française.

Dans les années 1970, il amorce une carrière d'écrivain et choisit le pseudonyme de Trevanian en l'honneur de l'historien britannique George Macaulay Trevelyan (1876-1962). Il a 40 ans quand paraît son premier roman La Sanction (The Eiger Sanction, 1972), un récit d'espionnage parodique dont le héros est l'arrogant, snob et insupportable professeur d'histoire de l'art Jonathan Hemlock. Alpiniste émérite et tueur à gages pour les services du renseignement américain, il doit tuer un des membres de sa cordée pendant l'ascension de la face nord de l'Eiger, en Suisse. Pour ce personnage, chaque mission est une « sanction » qui, une fois accomplie, lui permet d'acheter des tableaux impressionistes pour compléter sa riche collection. Le roman est adapté au cinéma en 1975 sous le même titre par Clint Eastwood avec le réalisateur dans le rôle de Jonathan Hemlock et Rodney Whitaker comme co-scénariste.

L'espion Hemlock revient dans le roman L'Expert (The Loo Sanction, 1973) avant que Trevanian ne l'abandonne.

La Main (1976), d'abord publié sous le pseudonyme de Jean-Paul Morin, puis sous celui de Trevanian, est un roman policier de procédure policière situé dans un quartier pauvre de Montréal. Il a pour héros le lieutenant de police quinquagénaire, solitaire et désabusé Claude Lapointe.

Shibumi (1979) est un thriller d'espionnage qui met en scène Nicholas Hel, à la fois maître du jeu de go, adepte des arts martiaux et tueur professionnel, où le récit s'intéresse moins à sa mission qu'à la jeunesse du héros à Shanghaï et au Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1983, Trevanian signe L'Été de Katya (The Summer of Katya), un roman d'horreur psychologique. En 1998, il revisite le roman western avec Incident à Twenty-Mile (Incident à Twenty-Mile). Cette diversité dans les genres abordés a longtemps laissé croire que le pseudonyme Trevanian était en fait le nom de plume d'un groupe d'écrivains. Sous le nom de Nicolas Seare, Trevanian a également publié des contes se déroulant à l'époque médiévale.

Il meurt le 14 décembre 2005.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Série Jonathan Hemlock[modifier | modifier le code]

  • The Eiger Sanction (1972)
    Publié en français sous le titre La Sanction, traduit par Jean Rosenthal, Paris, Robert Laffont, « Suspense », 1975 ; réédition dans une traduction révisée, Paris, Gallmeister, 2007 ; réédition, Paris, Gallmeister, « Totem » no 3, 2010
  • The Loo Sanction (1973)
    Publié en français sous le titre L'Expert, traduit par Jean Rosenthal, Paris, Robert Laffont, « Best-Sellers. Suspense », 1976 ; réédition dans une traduction révisée, Paris, Gallmeister, 2009 ; réédition, Paris, Gallmeister, « Totem » no 33, 2013

Autres romans[modifier | modifier le code]

  • The Main (1976), d'abord publié sous le pseudonyme de Jean-Paul Morin
    Publié en français sous le titre Le Flic de Montreal, traduit par Robert Bré, Paris, Robert Laffont, « Best-Sellers », 1979 ; réédition dans une traduction révisée sous le titre The Main, Paris, Gallmeister, Gallmeister, collection Noire, 2013
  • Shibumi (1979)
    Publié en français sous le titre Shibumi, traduit par Anne Damour, Paris, Robert Laffont, « Best-Sellers », 1981 ; réédition dans une traduction révisée, Paris, Gallmeister, collection Noire, 2008
  • The Summer of Katya (1983)
    Publié en français sous le titre L'Été de Katya, traduit par Emmanuèle de Lesseps, Paris, Denoël, 1983
  • Incident at Twenty-Mile (1998)
    Publié en français sous le titre Incident à Twenty-Mile, traduit par Jean Rosenthal, Paris, Gallmeister, collection Noire, 2011
  • The Crazyladies of Pearl Street (2005), roman partiellement autobiographique

Recueils de nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Hot Night in the City (2000)

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • Switching (1978), aussi parue sous le titre After Hours at Rick's
  • Minutes of a Village Meeting (1979), nouvelle signée Beñat Le Cagot[2]
  • That Fox-of-a-Beñat (1984), nouvelle signée Beñat Le Cagot
  • The Secrets of Miss Plimsoll (1984), aussi parue sous le titre The Sacking of Miss Plimsoll
  • The Apple Tree (2000)
  • Waking to the Spirit Clock (2003)

Autres publications[modifier | modifier le code]

Essai signé Rod Whitaker[modifier | modifier le code]

  • The Language of Film (1970)

Pièce de théâtre signé Rod Whitaker[modifier | modifier le code]

  • Eve of the Bursting, drame en trois actes (1959)

Autres publications signées Nicholas Seare[1][modifier | modifier le code]

  • 1339 or So ...Being An Apology for A Pedlar (1975), première version de la pièce Eve of the Bursting
  • Rude Tales and Glorious (1983)

Filmographie[modifier | modifier le code]

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

  • 1975 : La Sanction (The Eiger Sanction), film américain réalisé par Clint Eastwood, adaptation du roman éponyme où Rodney William Whitaker est coscénariste sous son patronyme, avec Clint Eastwood dans le rôle de Jonathan Hemlock

Adaptation[modifier | modifier le code]

  • 2004 : Hot Night in the City, film américain réalisé par Allen P. Haines, d'après la nouvelle éponyme

Citations[modifier | modifier le code]

« L'ironie, pour être efficace, doit souligner une phrase d'un trait léger, pas dégouliner de chaque mot. » (L'expert)

« C'est un truisme de la politique américaine qu’un homme à même de remporter une élection n’en a jamais l’étoffe. » (Shibumi)

« Ce ne sont pas les Américains qui m’irritent, c'est l’américanisme : une maladie de la société postindustrielle qui contaminera à leur tour chacune des nations les plus développées, et qui est appelée « américaine » uniquement parce que votre pays [les États-Unis] montre les symptômes les plus avancées de cette maladie, de même que l’on parle de grippe espagnole ou d’encéphalite japonaise du type B. Les symptômes en sont le manque de respect du travail, l’atrophie des ressources internes, et un besoin constant de stimulation extérieure, suivis par le délabrement spirituel et la narcose de la moralité. Vous pouvez reconnaître la victime à ses efforts permanents pour rester en contact avec elle-même, pour se persuader que son ramollissement spirituel est une intéressante anomalie psychologique, et pour transformer sa fuite devant les responsabilités en une affirmation que la vie est constamment offerte à de nouvelles expériences. Dans les dernières phases, le patient est amené à se limiter à l’activité la plus triviale de l’homme : le divertissement. » (Shibumi)

« L’une des principales difficultés pour l’égocentrique est d’admettre qu’il est un protagoniste mineur dans toutes les biographies, sauf dans la sienne. Je ne suis qu’un second rôle dans votre existence ; comme vous dans la mienne. » (Shibumi)

« L’essence même du compromis : une situation qui ne satisfait personne, mais donne à chacun la satisfaction de savoir que les autres sont aussi mal lotis que lui. » (Shibumi)

« Chaque heure blesse, la dernière tue. » (proverbe basque, mais aussi latin, cité par Trevanian in Shibumi)

« La sociologie, cette pseudoscience descriptive qui camoufle ses insuffisances dans un brouillard de statistiques, se retranchant sur le créneau étroit situé entre la psychologie et l’anthropologie. Le genre de science mineure que tant d’Américains choisissent pour justifier quatre années d’insignifiance intellectuelle destinées à prolonger l’adolescence. » (Shibumi)

« L’attachement à l’honneur des Américains est inversement proportionnel à leurs besoins en chauffage. » (Shibumi)

« Le concept de fair-play est totalement étranger à la mentalité des Français ; un peuple qui a produit des générations d’aristocrates, mais pas un seul gentleman ; une culture où le droit remplace la justice ; une langue où l’unique mot pour désigner le fair-play est emprunté à l’anglais. » (Shibumi)

« Être gentil, c'est la façon dont un homme fait son chemin dans la société s'il n'a pas l'étoffe d'être dur ou la classe d'être brillant. » (La Sanction)

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) « Rodney Whitaker, author best known as Trevanian » écrit par Myrna Oliver, publié sur le site du Boston Globe www.boston.com, le 22 décembre 2005
  2. Les nouvelles publiées sous le nom de Beñat Le Cagot sont « traduites » sous le pseudonyme Trevanian.

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]