Abel Gance
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Abel Gance
| Nom de naissance | Abel Eugène Alexandre Perthon |
|---|---|
| Naissance | 25 octobre 1889 Paris (France) |
| Nationalité | |
| Décès | 10 novembre 1981 (à 92 ans) Paris (France) |
| Profession | Réalisateur |
| Films notables | J'accuse, La Roue, Napoléon, Austerlitz |
Abel Gance est un réalisateur français, scénariste et producteur de cinéma, né Abel Eugène Alexandre Perthon, le 25 octobre 1889 à Paris 18e[1], et mort le 10 novembre 1981 à Paris 16e. Abel Gance est l'un des pères du langage moderne dans le cinéma et compte parmi les plus importants pionniers de son histoire, avec David Wark Griffith aux États-Unis et Sergueï Eisenstein pour l'URSS.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Né à Paris, Abel Gance avait par sa mère, Françoise Perthon[2], une origine bourbonnaise. Il passa une partie de sa petite enfance à Commentry (Allier) chez ses grands-parents[3]. Il commença des études de droit, les abandonna pour se consacrer au théâtre et à la poésie, puis au cinéma vers 1909.
Il s'affirme dès 1918 comme un cinéaste novateur, dont le style empreint de lyrisme tranche sur la production de l'époque. J'accuse et La Roue font de lui un réalisateur vedette, tandis que Napoléon est l'un des derniers grands succès français du cinéma muet. Mais le grave échec financier de La Fin du monde brise sa carrière. Il est amené à tourner des films moins personnels et, bien que sa carrière compte des succès commerciaux comme Lucrèce Borgia ou La Tour de Nesle ou Austerlitz (1960), il ne retrouvera jamais le prestige qui était le sien.
En 1974, il a reçu le prix national du Cinéma et, en 1981, un hommage à la cérémonie des César, quelques mois avant sa mort, qui survient le 10 novembre de la même année. Kurosawa et Coppola n'ont jamais caché leur admiration pour Gance. Il a eu comme secrétaire et assistante Nelly Kaplan.
La rue Abel-Gance à Paris porte son nom en hommage. Il est inhumé au cimetière d'Auteuil, à Paris.
Gance et la technique [modifier]
Abel Gance élabore en 1925 avec André Debrie, 40 ans avant le cinérama, un procédé de film avec trois caméras par juxtaposition qui donne une largeur d'image trois fois supérieure au format traditionnel et permet aussi un récit en trois images différentes, la « polyvision ». Voir Napoléon (1927).
En 1929/1932, il dépose, avec André Debrie, un brevet sur la « perspective sonore », ancêtre de la stéréophonie. En 1934, il sonorisa son film Napoléon, avec ce procédé.
Il met au point à partir de 1937, avec l'opticien Pierre Angénieux, le « pictographe », appareil optique pour remplacer les décors par de simples maquettes ou photographies, et qui est à l'origine de l'incrustation télé d'aujourd'hui.
Ses derniers travaux avant sa mort portaient sur l'image virtuelle.
État civil [modifier]
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- Le père d'Abel ne le reconnaît pas à sa naissance, il est donc inscrit à l'état-civil par un tiers sous le nom de sa mère, selon l'usage de l'époque.
- 25 septembre 1895 : Françoise Perthon reconnaît Abel pour son fils, toujours selon l'usage en vigueur, suivant acte passé à la mairie du 18e arrondissement de Paris[4].
- 5 juin 1897 : Françoise Perthon épouse Adolphe Gance à la mairie de Saint-Leu-Taverny, Seine-et-Oise (aujourd'hui, Saint-Leu-La-Forêt, Val d'Oise). Par leur mariage, ils légitiment Abel, qui portera désormais le patronyme de Gance[5].
- 9 novembre 1912 : il épouse en premières noces Mathilde Angèle Thizeau à Paris 16e.
- 7 novembre 1922 : il épouse en secondes noces Marguerite Danis à Neuilly-sur-Seine.
- 7 octobre 1933 : il épouse en troisièmes noces l'actrice Odette Marie Vérité (1902 - 1978) à Paris 16e, dont il aura une fille, Clarisse.
Filmographie [modifier]
- 1911 : La Digue
- 1912 : Il y a des pieds au plafond
- 1912 : La Pierre philosophe
- 1912 : Le Masque d'horreur
- 1912 : Le Nègre blanc
- 1915 : La Fleur des ruines
- 1915 : La Folie du docteur Tube
- 1915 : L'Énigme de dix heures
- 1915 : L'Héroïsme de Paddy
- 1915 : Strass et Compagnie
- 1915 : Un drame au château d'Acre
- 1916 : Ce que les flots racontent
- 1916 : Fioritures
- 1916 : Le Fou de la falaise
- 1916 : Le Périscope
- 1916 : Les Gaz mortels
- 1917 : Barberousse
- 1917 : La Zone de la mort
- 1917 : Le Droit à la vie
- 1917 : Mater Dolorosa
- 1918 : Ecce Homo (inachevé)
- 1918 : La Dixième Symphonie
- 1919 : J'accuse
- 1923 : La Roue
- 1924 : Au secours !
- 1927 : Napoléon
- 1928 : Marines et cristeaux (court-métrage)
- 1931 : La Fin du monde
- 1932 : Mater Dolorosa
- 1933 : Le Maître de forges avec Fernand Rivers (scénario et production)
- 1934 : La Dame aux camélias avec Fernand Rivers (scénario et production)
- 1934 : Poliche
- 1935 : Jérôme Perreau héros des barricades
- 1935 : Le Roman d'un jeune homme pauvre
- 1935 : Lucrèce Borgia
- 1935 : Napoléon Bonaparte
- 1937 : Un grand amour de Beethoven
- 1938 : J'accuse
- 1938 : Le Voleur de femmes
- 1939 : Louise
- 1940 : Paradis perdu
- 1941 : Vénus aveugle
- 1943 : Le Capitaine Fracasse
- 1953 : Lumière et l'invention du cinématographe de Paul Paviot, seulement auteur du commentaire et interprète
- 1953 : Quatorze juillet (documentaire)
- 1955 : La Tour de Nesle
- 1956 : Magirama (suite de courts-métrages : Auprès de ma blonde, Fête foraine, Begone Dull Care, Le Départ de l’armée d’Italie, Châteaux de nuages)
- 1960 : Austerlitz
- 1964 : Cyrano et d'Artagnan
- 1966 : Marie Tudor (film TV)
- 1967 : Valmy (téléfilm terminé par Jean Chérasse)
- 1971 : Bonaparte et la Révolution
Metteur en scène [modifier]
- 1958 : La Cathédrale de cendres de Berta Dominguez D., distr.: Tania Balachova, Antoine Balpêtré, Giani Esposito, Tony Taffin, Roque Carbajo, Théâtre de l'Alliance française[6]
Hommages [modifier]
- En 1993, la Rue Abel-Gance dans le 13e arrondissement de Paris prend son nom en souvenir.
- En 2010, Philippe Starck utilise des citations d'Abel Gance dans le design de la salle de cinéma numérique du palace parisien Le Royal Monceau, « Le Cinéma des Lumières », avenue Hoche, Paris.
Notes et références [modifier]
- Archives de Paris, acte no 4880, image 16
- parfois orthographié Péreton
- Monique Kuntz et Georges Frélastre, Hommes et femmes célèbres de l'Allier, Paris, Bonneton, 1995, 160 p. (ISBN 2-86253-189-8)
- Acte no 4467, image 27
- Dès la reconnaissance d'un enfant par le père, le nom du père se substitue au patronyme de naissance qui est rayé dans le registre par l'officier d'état civil, comme c'est le cas pour Abel (voir l'acte en ligne)
- Jacqueline Tuillier. La Cathédrale de Cendres au Théâtre d’Aujourd’hui // Libération. 1958. 27 oct.