Bernadette Lafont

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Bernadette Lafont

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Bernadette Lafont en 2012 aux rencontres cinématographiques de Cannes.

Naissance 28 octobre 1938
Nîmes, Gard (France)
Nationalité Drapeau : France Française
Décès 25 juillet 2013 (à 74 ans)
Nîmes, Gard (France)
Profession Actrice
Films notables Le Beau Serge
La Fiancée du pirate
La Maman et la Putain
L'Effrontée
Paulette

Bernadette Lafont est une actrice française, née le 28 octobre 1938[1] à Nîmes (Gard) et morte le 25 juillet 2013 dans la même ville[2].

Grâce à ses rôles dans Les Mistons (1957) de François Truffaut, Les Bonnes Femmes (1960) de Claude Chabrol ou encore La Maman et la putain (1973) de Jean Eustache, cette vedette populaire est considérée comme l’une des égéries de la Nouvelle Vague[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de protestants des Cévennes, née à la Maison de santé protestante de Nîmes[4], elle grandit à Saint-Geniès-de-Malgoirès où son père est pharmacien puis fait ses études au lycée Feuchères de Nîmes. Sa mère, femme stricte au foyer qui désespère d’avoir un garçon pendant 10 ans, l'appellera toujours Bernard[5]. Bernadette Lafont se destine à la danse et suit des cours à l'opéra de Nîmes. Elle rêve aussi de cinéma en regardant Brigitte Bardot[6]. Elle prend des cours à l'opéra de Nîmes qui donnent à la midinette gironde et au caractère bien trempé une cambrure parfaite[7]. Très bonne élève, elle décroche la première partie de son baccalauréat à 16 ans à Nîmes où ses parents se sont alors installés. Alors en vacances, elle fait la connaissance en 1955 de l'acteur français montant de l'époque, Gérard Blain, dans les arènes de Nîmes où il répète la pièce Jules César[8],[9]. Elle l'épouse à l'âge de dix-huit ans[3] puis, en secondes noces, elle s'unit en 1959 au sculpteur hongrois Diourka Medveczky qui en fera sa muse et dont elle aura trois enfants en trois ans : Élisabeth, David et Pauline[10].

À Paris, elle rencontre François Truffaut, qui lui offre son premier rôle dans le court-métrage Les Mistons (1957), tourné la même année à Nîmes : voulant faire son premier film, Truffaut qui dispose de peu de moyens financiers l'engage elle et son mari Gérard Blain, à la grande surprise de Bernadette car son mari refusait qu'elle devienne actrice[5]. Elle devient rapidement une figure représentative de la Nouvelle Vague notamment après les deux films de Claude Chabrol, essentiels du mouvement, Le Beau Serge en 1957 puis Les Bonnes Femmes en 1960. Elle est l'héroïne de Une belle fille comme moi (1972) de François Truffaut. Elle joue le rôle de Marie dans La Maman et la Putain (1973), de Jean Eustache[9].

Estampillée Nouvelle Vague qui critique le cinéma classique, cette bourgeoise décomplexée qui n'hésitera pas à jouer des rôles transgressifs (plusieurs de ses rôles qui mettent en avantage son physique pulpeux lui vaudront le surnom de « vamp villageoise ») en paie le prix et sa carrière connaît un creux (elle se retire alors cinq ans à la campagne et met au monde ses trois enfants) mais elle s'en moque, faisant de la phrase de Jean Cocteau sa devise :

« Les premières places ne m'intéressent pas spécialement; celles que j'aime, ce sont les places à part. »

Elle joue alors dans des nanars où sa voix gouailleuse et son ton décalé la font devenir populaire[6]. La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan, en 1969, lui permet de renouer avec le succès. Alors que la mode est aux actrices blondes avec un petit nez et une taille de guêpe, cette brune de type méditerranéen détonne (elle se fera par la suite teindre en blonde platine) et est qualifiée de « Bardot nègre » dans Le Monde par l'écrivain Hervé Guibert[10].

Bernadette Lafont lors du festival de Cannes 2007.

En 1971, elle signe le Manifeste des 343 salopes, en faveur du droit à l'avortement[7].

Dans les années 1980, elle apparaît dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky, mais surtout dans L'Effrontée de Claude Miller en 1985 qui lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle[6].

En 1988, sa fille Pauline meurt accidentellement[3]. Elle surmonte son chagrin en multipliant les films et les pièces de théâtre [7].

Son dernier film, Paulette, sorti en 2013, reçoit un très bon accueil du public[6]. Elle déclare à cette époque « vivre depuis plus de trente ans dans le même appartement, dans le Marais, avec son chat » alors que son compagnon, le peintre figuratif Pierre de Chevilly, vit majoritairement à la campagne[10]; acquéreur de l'ancienne école de garçons de la commune d'Argenton-Château (Deux-Sèvres - depuis Argenton-les-Vallées), sur sa suggestion elle acheta en 2006 une petite maison dans ce lieu calme qu'elle qualifia ensuite de "thalasso mentale", et où elle offrit gracieusement son concours de conteuse lors de manifestations culturelles locales en 2011 et 2013.

Partie se reposer dans sa maison familiale de Saint-André-de-Valborgne, dans le Gard, où elle est victime d’un premier malaise cardiaque, début juillet 2013, elle est contrainte de séjourner au centre héliomarin de Grau-du-Roi, où elle eut un second malaise le 22 juillet 2013, transportée au CHU de Nîmes par le SAMU, elle y meurt le 25 juillet 2013[6], en plein festival de Vebron dont elle était la marraine depuis ses origines en 1988[11].

Lors de ses obsèques religieuses qui ont eu lieu au temple protestant de Saint-André-de-Valborgne, le 29 juillet 2013, le réalisateur Jean-Pierre Mocky a déploré l’absence totale de la profession et du gouvernement [12].

Bernadette Lafont a publié plusieurs ouvrages dont son autobiographie, La Fiancée du cinéma[13].

En 2013, le cinéaste Gérard Courant lui a rendu hommage en réalisant In Memoriam Bernadette Lafont, avec les comédiennes Alexandra Stewart et Stéphane Audran et le comédien Guillaume Gouix.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Elle est faite officier de la Légion d'honneur le 14 juillet 2009[14].

En 2010 elle reçoit la médaille de l’ordre national du Mérite et de l’ordre des Arts et Lettres[5].

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Le théâtre municipal de Nîmes, sa ville natale, porte son nom depuis le 25 octobre 2013 à l'initiative de Jean-Paul Fournier, sénateur-maire de Nimes [15].
  • La 39e cérémonie des César du 28 février 2014 a honoré sa mémoire dans la rubrique "Hommage aux disparus".
  • Le 30 mars 2014, dans le cadre du Festival cinéma d'Alès / Itinérances a été remis le 1er Prix Bernadette Lafont de la meilleure comédienne récompensant Agathe Schencker dans « Canada », court métrage de Sophie Thouvenin et Nicolas Leborgne, en compétition. Doté par Univam d'un montant de 1500 euros, le prix souligne l’engagement constant de Bernadette Lafont pour le court métrage et les jeunes talents.
  • La bibliothèque de la communauté de communes du Bocage bressuirais à Argenton-les-Vallées[16], a été nommée Bernadette Lafont le 22 juin 2014, en présence de ses proches et de nombreux amis et admirateurs d'Argenton et d'ailleurs.
  • En 2004 le nom de Bernadette Lafont a été donné à un rosier buisson à grandes fleurs rose foncé et au parfum puissant (grand prix du Parfum à Bagatelle en 2004)[17].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Années 1950
Années 1960
Années 1970
Années 1980
Années 1990
Années 2000
Années 2010

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • 1978 : La Fiancée du cinéma, avec la collaboration d'Alain Lacombe, Paris, éditions Olivier Orban, 1978 (ISBN 2-85565-072-0); réédition Ramsay, 1987, 1999 (ISBN 978-2-85956-456-8)
  • 1988 : Mes enfants de la balle : Élisabeth, Pauline et David, avec la collaboration de Pascale Duval, Paris, éditions Michel Lafon (ISBN 978-2-86804-572-0)
  • 1997 : Le Roman de ma vie : souvenirs, en collaboration avec Evane Hanska, Paris, Flammarion (ISBN 978-2-08-067378-7)

Livre audio[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Bastide, Bernadette Lafont, une vie de cinéma, Nîmes, Atelier Baie, 2013 (ISBN 978-2-919208-20-3)
  • (en) Roland-Francois Lack, « Sex Power : Bernadette Lafont and the Sexual Revolution in French Cinema circa 68 », dans Julian Jackson, Anna-Louise Milne et James Williams, Rethinking May 68, Basingstoke, Palgrave Macmillan,‎ 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

Autorité[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernadette Lafont sur lesGensduCinema.com
  2. « La comédienne Bernadette Lafont est décédée » sur lefigaro.fr.
  3. a, b et c Sabrina Champenois, « Bernadette Lafont, sans vague à l’âme », Libération,‎ 14 janvier 2013 (lire en ligne)
  4. Hervé Denyons et Chrsitine Rigollet, « Mon Nîmes à moi », sur Le Point,‎ 29 janvier 2009
  5. a, b et c « La comédienne Bernadette Lafont est décédée », sur lepoint.fr,‎ 25 juillet 2013
  6. a, b, c, d, e et f Gilles Kerdreux, « Bernadette Lafont, actrice frondeuse et populaire », Ouest-France, no 20973,‎ 26 juillet 2013, p. 27
  7. a, b et c Jean-Baptiste Morain, « Bernadette Lafont (1938-2013). L’actrice s’est éteinte le jeudi 25 juillet, à Nîmes, où elle était née », sur Les Inrocks,‎ 26 juillet 2013
  8. Bruno Icher, « Lafont, sacrée bonne flamme », sur Libération,‎ 25 juillet 2013
  9. a et b Documentaire de Véronique Aubouy, « Une sacré bonne femme », 2012, 52 minutes
  10. a, b et c Sabrina Champenois, « Bernadette Lafont, sans vague à l’âme », sur Libération,‎ 14 janvier 2013
  11. Fabien Hisbacq, « Bernadette Lafont : l’hommage de Vebron », sur midilibre.fr,‎ 26 juillet 2013
  12. Jean-Pierre Mocky sur RMC le 6 août 2013.
  13. Avec la collaboration d'Alain Lacombe, éditions Olivier Orban, 1978.
  14. « Paulette » : Bernadette Lafont, mamie décapante, sur Le Parisien,‎ 16 janvier 2013
  15. lexpress.fr, publié le 08/08/2013, d'après Jean-Paul Fournier, le sénateur-maire de Nîmes.
  16. lanouvellerepublique.fr, publié le 20/07/2011,par Pierre Calmeilles .
  17. http://nature.jardin.free.fr/2012/rosa-bernadette-lafont.html

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]