Cinéma américain

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Le cinéma américain, c'est-à-dire le cinéma réalisé aux États-Unis, est celui qui a globalement le plus profondément façonné le cinéma au cours de son premier siècle d'existence, tant au niveau des contenus et des techniques qu'au niveau économique et culturel. Son cœur est à Hollywood, un quartier de Los Angeles, où est produite la majeure partie des programmes audiovisuels américains, télévisuels compris.

La critique américaine Pauline Kael résuma en 1968 le style des films hollywoodiens par la formule devenue célèbre : « Kiss Kiss Bang Bang ». Pour lapidaire et brève que soit la formule, elle traduit l'importance de l'action qui caractérise cette production, laissant dans l'ombre l'importance des aspects techniques, la qualité des techniciens, la maîtrise technologique, qui ont fait et font ce cinéma : le scénario, la mise en scène, les images, le montage, la musique, le son et les effets spéciaux.

Mais le cinéma américain est également une industrie puissante et très structurée, dans laquelle le financement et le marketing sont toujours aux premiers rangs des critères de décision. Il s'inscrit également au sein du secteur du divertissement audiovisuel devenu le premier poste des revenus de l'économie des États-Unis à l'étranger. Les films produits aux États-Unis sont par exemple en Europe ceux qui réalisent la majorité des entrées en salle (62,5 % des entrées en 2001). Le cinéma hollywoodien est considéré comme le premier vecteur de diffusion de la culture américaine à l'étranger (conjointement avec les séries télévisées).

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Histoire[modifier | modifier le code]

Une salle de cinéma à New York (1917)

De l'invention du cinéma aux premiers films parlants (1893-1930)[modifier | modifier le code]

L'affiche du film Naissance d'une nation (1915)
Jackie Coogan au côté de Charlie Chaplin dans Le Kid (1921)

Au début du XXe siècle, tandis que l'industrie cinématographique n'en est pas encore une, la plupart de ceux qui se lancent dans le cinéma sont des immigrants, et plus particulièrement des immigrants juifs, venant de Russie, d'Allemagne ou d'Autriche-Hongrie. Ils débarquent à New York avec une volonté qui les distingue de leurs contemporains européens : pour ces immigrés aux États-Unis, le cinéma est plus qu'un simple divertissement, c'est une nouvelle forme d'art. Les producteurs qui vont apparaître, comme William Fox (fondateur en 1915 de la Fox Film Corporation, qui deviendra la 20th Century Fox), Samuel Goldfish (qui changera son nom en Samuel Goldwyn, fondateur en 1916 de la Goldwyn Picture Corporation, qui deviendra la MGM), les frères Warner (fondateurs en 1923 de Warner Bros Studios), ont dès le début des ambitions artistiques. Ils se mettent donc en contact avec des écrivains renommés pour écrire les scénarios de leurs films, ou achètent les droits des pièces de théâtre de Broadway[1]. Ils se disent avec raison qu'un film fondé sur un livre ayant déjà eu du succès a plus de chances de faire de bonnes recettes.

Dans les années 1900, les premiers producteurs indépendants de la côte Est tournent des petites bandes de 7 à 10 minutes dans la campagne du New Jersey autour de New York et l'hiver en Floride autour de Jacksonville qui devient la première ville du cinéma à la fin des années 1900 (Sidney Olcott inaugure cet héliotropisme en 1908)[2]. Ils ont recours à l'autofinancement pour leurs courts-métrages[1]. Ce dont on peut s'apercevoir dès les débuts du cinéma aux États-Unis, c'est que les producteurs ont un rôle qui va au-delà de l'aspect purement financier : ils participent à la création des films au même titre que les réalisateurs et les scénaristes.

Au cours des années 1910, Hollywood devient le principal centre de production de la nouvelle industrie cinématographique : une légende veut que les producteurs aient quitté la côte Est pour Hollywood afin d'échapper aux représentants du Trust Edison mais les détectives privés payés par Edison pouvaient débarquer sur les tournages dans les studios d'Hollywood pour vérifier que les cameramen tournaient avec des pellicules d'Eastman, monopole de la Motion Picture Patents Company[2]. En réalité, une partie des producteurs est attirée par la Californie, sa luminosité et son climat ensoleillé (350 jours de soleil par an, comme l'alléguait l'office de tourisme de Los Angeles), la diversité de ses décors naturels (montagne, mer, forêt, désert), ses terrains à bas prix, l'absence de syndicats (qui apparaîtront dans les années 1930), une main d'œuvre cosmopolite (indiens, asiatiques, hispaniques pour des rôles de figurants)[1]. Les lieux de tournage ressemblent plus à des campements qu'à de véritables studios[1]. W. Griffith installe sa compagnie La Biograph dès 1910 dans le quartier d'Hollywood à Los Angeles[1]. Il y réalise Naissance d'une nation en 1915, film qui rapporte 10 millions de dollars[1]. En 1912, Mack Sennett y fonde sur un terrain vague le studio Keystone qui devient le principal foyer du cinéma burlesque. Progressivement se forme une ville champignon. C'est au milieu des années 1910 que naissent les premières grandes stars du cinéma américain : Douglas Fairbanks, Florence Lawrence, Florence Turner, Mary Pickford et Charlie Chaplin, les acteurs étant jusque là anonymes (la légende du cinéma raconte souvent qu'Hollywood a inventé les stars mais la firme Pathé en crée une dès 1910 avec Max Linder[2]). Ces stars s'associent en 1919 avec David Griffith et William S. Hart pour former la United Artists, destinée à l'exploitation de leurs films. Dès 1917, avec le développement des budgets (décors, figurants, costumes) et des stars pour fidéliser le public, les studios ont recours au financement extérieur des particuliers et des banques dont le prêt est gagé sur les actifs que sont devenus les stars, les scénarios et les réalisateurs[1]. Ils achètent des salles de cinéma, des stalles de première exploitation comme des nickel odéons, dans les grandes villes du pays.

Les années 1920 sont marquées par les productions de Cecil B. DeMille et avec elles des super-productions (Le Voleur de Bagdad, Ben Hur), les majors acceptant de faire de temps en temps un film de prestige pour participer à l'éducation des masses[2]. Mais c'est surtout le succès international des premiers grands Westerns épiques (La Caravane vers l'Ouest, 1923, Le Cheval de fer de John Ford, 1924) qui édifie le mythique originel de l'Amérique et de ses pionniers. Dès les années 1920, les grands studios invitent parfois à prix d'or des acteurs (Erich von Stroheim, Greta Garbo, Conrad Veidt, Marlène Dietrich) et cinéastes européens (Fritz Lang, Ernst Lubitsch, Billy Wilder, Maurice Tourneur, Alfred Hitchcock, Douglas Sirk, Victor Sjöström, l'émigration des cinéastes viennois et allemands étant accélérée dans les années 1930 par la montée du nazisme) pour améliorer la qualité esthétique du cinéma hollywoodien (apport de Lubitsch dans la comédie sophistiquée et sa science du maniement des foules, de Wilder, Fritz Lang ou Otto Preminger dans le film noir, de Friedrich Murnau et son directeur de la photo Karl Freund dans l'art de l'éclairage), cela leur permet parallèlement d'éliminer des concurrents dangereux comme les studios de Babelsberg[3]. Les transferts culturels entre le cinéma européen et hollywoodien sont dès lors faits d'hybridation, de naturalisation et de changements d'identités[4].

En 1927, les grandes compagnies fondent l'Académie des arts et des sciences du cinéma. Bien qu'au départ, il s'agissait de contrer le projet d'unification des studios[5], le rôle le plus connu de cette académie est de décerner les Oscars, une récompense annuelle prestigieuse dont le retentissement est autant artistique que commercial. Avec le déclin du cinéma muet, 1927 est également l'année de l'avènement du cinéma parlant (Le Chanteur de jazz). Si cette innovation a une répercussion mondiale donnant au cinéma une nouvelle dimension, aux États-Unis, elle marque également la fin de l'âge d'or des comédies burlesques et de leurs gags visuels (Chaplin, Buster Keaton, Harold Lloyd, Stan Laurel et Oliver Hardy, Harry Langdon, Roscoe « Fatty » Arbuckle…).

De l'âge d'or hollywoodien des années 1930 aux difficultés de l'après-guerre[modifier | modifier le code]

Rita Hayworth, une des grandes actrices du cinéma américain des années 1940

Grâce à l'arrivée du cinéma parlant, l'industrie cinématographique subit sans encombre le début de la Grande Dépression. Mais, dès 1931, la fréquentation des salles baisse. La crise provoque un chômage massif parmi les artistes et les acteurs des années 1930, entraînant des grèves et la création de syndicats d'acteurs et de scénaristes, la Screen Actors Guild et la Writers Guild of America. Le New Deal mis en place par le président Franklin D. Roosevelt comporte un volet culturel visant à aider les artistes en difficulté. Toutefois, même pendant sa faillite, Paramount ne diminue pas le nombre de ses productions[5]. À la suite du Code de production de 1930 et des opérations de restructurations et de fusions qui marquent les années 1929-1931, les Big Five, c'est-à-dire les cinq grandes compagnies des majors dominent le nouveau marché de la série A (Fox, Paramount, Metro-Goldwyn Mayer, R.K.O. et Warner Bros), tandis que les Little Three (en) (qui sont aussi majors mais ne possèdent pas de salles) Columbia, Universal (la troisième étant United Artists) se spécialisent dans la série B dans son terme économique et non artistique, à savoir un film dont les critères économiques sont basés sur un budget moins conséquent[5],[6]. Pendant les années 1930, du fait de la baisse durable de la fréquentation des salles (notamment avec la hausse du prix d'entrée, ces salles devant s'équiper pour le sonore) et de la hausse du coût de production d'un film (tournage en extérieur plus compliqué à cause des bruits, développement de studios nécessitant des moyens plus lourds, multiplication des prises)[1], les bénéfices chutent, provoquant une situation financière catastrophique des compagnies de production[5]. La RKO fait faillite et se trouve rachetée en 1931[6]. Malgré cette situation, Hollywood produit plus de 5 000 films, les majors imposant le système du block booking[7]. Les grands financiers prêtent les fonds nécessaires et se renforcent dans les conseils d'administration des compagnies de cinéma hollywoodien[6]. Les années de guerre profitent au contraire du boom économique du pays et de la standardisation de la production. Jusqu'en 1946, l'industrie cinématographie connaît une forte prospérité économique[5].

Les films des années 1930 s'intéressent aux problèmes sociaux et au sort des plus démunis[8] : Les Raisins de la colère et Qu'elle était verte ma vallée qui retrace la vie des mineurs du Pays de Galles, de John Ford. Certains films de Charlie Chaplin dénoncent la montée du fascisme (Le Dictateur en 1940) et les conditions de travail des ouvriers (Les Temps modernes en 1936). Les comédies de Frank Capra, bien que légères, critiquent les excès du capitalisme sauvage[9] : L'Extravagant Mr. Deeds (1936), Vous ne l'emporterez pas avec vous (1938), M.. Smith au Sénat (1939). Toutefois, à côté des films ambitieux que l'histoire a retenu, Hollywood produit une foule de films comiques (les Marx Brothers), comédies musicales aux mises en scène brillantes interprétées par des artistes prestigieux (Fred Astaire et Ginger Rogers), mélodrames, westerns de série B, films d'horreur et films de gangsters (Scarface, 1932, Les Anges aux figures sales, 1938). Le glamour et son mythique « baiser hollywoodien » se porte également à merveille avec des stars comme Marlène Dietrich, Jean Harlow, Rita Hayworth ou la provocante Mae West qui scandalise les ligues de vertu et parvient à contourner la censure du code Hays.

À la fin des années 1930 et pendant la guerre, le Technicolor donne ses premières couleurs au cinéma américain (Le Magicien d'Oz, Autant en emporte le vent, 1939), alors que le film noir, inspiré des romans de Hammett ou Chandler connaît un fort développement (Le Faucon maltais, 1941) et succède au film de gangsters des années trente. Lié à l'effort de guerre, Hollywood travaille avec l'Office d'information de la guerre (OWI), produisant des films de propagande (Dive Bomber, 1941) et des films d'espionnage[10]. Si Casablanca joue un rôle allant dans le sens de l'engagement du pays dans la guerre[10], Orson Welles n'en révolutionne pas moins le 7e art avec Citizen Kane.

Après la guerre, le cinéma est soupçonné d'activités antiaméricaines par une Commission parlementaire (1947). La chasse aux sorcières qui s'ensuit détruit la carrière de nombreux artistes (Liste noire de Hollywood). À la même époque, le système de production et de distribution est démantelé par le ministère de la justice appuyé par la Cour suprême, en application de la loi antitrust (1948)[11]. Les compagnies doivent désormais séparer leurs activités de production et de gestion de salles de cinéma. De plus, le développement des agents comme Lew Wasserman casse le système qui liait les stars aux studios dont certains acceptent de donner une partie de leur profit à leurs vedettes[2]. Les revenus chutent dès 1947, tandis que les coûts de production ne cessent d'augmenter, provoquant une diminution durable des recettes et donc du nombre des productions.

Années 1950 : les studios prennent l'air[modifier | modifier le code]

Le cinéma américain des années 1950 est caractérisé par le triomphe des grandes productions hollywoodiennes. L'arrivée du CinemaScope favorise le succès des productions coûteuses, des films aux couleurs somptueuses, aux mises en scènes spectaculaires, projetés sur de grands écrans panoramiques[12]. Toutefois, sur le plan financier, cette stratégie des gros studios s'avère peu rentable en raison du coût élevé des investissements, de la maintenance et du personnel, d'où une diminution du nombre des films produits, malgré le maintien des petites compagnies indépendantes. L'exportation et la diffusion du cinéma américain à l'international, soutenu par le département d'État et la Motion Picture Export Association, apporte une solution à ces difficultés et permet d'exporter à l'étranger le rêve américain et le modèle de l'« American way of life » s'opposant à la propagation de l'idéologie communiste. Si le grand spectacle, le western, le péplum et la comédie musicale triomphent, le film noir vit son crépuscule et la science-fiction met en scène des invasions extra-terrestres qui semblent refléter les angoisses liées à la guerre froide et au phantasme de l'apocalypse nucléaire (Le Jour où la Terre s'arrêta (The Day the Earth Stood Still), 1951, La Guerre des mondes, 1953). La montée en puissance de l'Actors Studio dont Marlon Brando demeure la figure emblématique entraîne le renouvellement du jeu des acteurs qui composent des personnages tourmentés à la forte charge physique et émotionnelle (James Dean). Cela n'empêche pas le maintien des clichés du glamour hollywoodien et de la femme objet (Marilyn Monroe, Jayne Mansfield). Le développement de la télévision et la migration des cadres vers la banlieue entraîne le déclin des salles de centre-ville[2].Un dernier phénomène, typique de cette période est le développement rapide du drive-in ou cinéma en plein air. S'adressant à un public jeune, il suit les centres d'intérêt des adolescents (films sur le rock and roll, « teenpics », films d'horreur à petit budget, films de série B) et préfigure les temps à venir.

Années 1960-1970 : déclin d'Hollywood, contestation et nouvel Hollywood[modifier | modifier le code]

Durant les années 1960, le cinéma américain n'a pas connu un énorme succès. Cependant, cette période a été marquée par la présentation sur grand écran de films d’épouvante, tels Psychose. Et pour ce type de films, l’arrivée de la couleur marqua un vrai départ.

Les années 1960 et 1970 marquent aussi le début d'une réaction particulière du cinéma américain, face aux politiques intérieurs et internationaux. La production s’en est d’ailleurs trouvée transformée, bouleversée par les contestataires du début des années 1960. Elle devait réagir sur la fin de la décennie, sous l’ampleur du mouvement, en réalisant des films tels que Easy Rider ou Macadam Cow Boy, très référentiels, dans leur forme à la Nouvelle Vague française[12], mais traitant de la société américaine contemporaine. Ces films à petit budget lancent des acteurs jusque là inconnus comme Robert De Niro, Al Pacino ou Jack Nicholson[12]. Ils mettent en scène de nouveaux thèmes comme la violence, le sexe et la politique[12]. Plusieurs longs métrages contestent l'engagement américain dans la Guerre du Viêt Nam.

En 1977 George Lucas élabore son projet d'épopée cinématographique Star Wars. Les années 1970 voient également l'ascension de Steven Spielberg : c'est le début des superproductions avec effets spéciaux qui réalisent d'énormes recettes notamment grâce aux produits dérivés et à la publicité[12].

De la fin des années soixante-dix aux années 1990 : l'ère Spielberg ou le temps des Blockbusters[modifier | modifier le code]

Quelques vedettes masculine des films hollywoodiens dans les années 1980-1990 (de gauche à droite et de haut en bas) : Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis, Steven Segal / Dolph Lundgren, Jean-Claude Van Damme, Wesley Snipes, Jackie Chan.

Pendant les années 1970-1980, l'augmentation du nombre des films de science-fiction et de super-héros accompagne la diminution du nombre des westerns : 2001, l'Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick (1968), Star Wars de George Lucas (1977), Rencontres du troisième type (1977) et E.T. l'extra-terrestre (1982) de Steven Spielberg, Superman (1978), Flash Gordon (1980), Alien - Le huitième passager (1979) et Blade Runner (1982) de Ridley Scott, Gremlins de Joe Dante, Terminator (1984), Retour vers le futur (1985) de Robert Zemeckis.

Nombre de ces films à gros budget ont des suites, des produits dérivés et sont l'objet d'un marketing intensif[12]. S'ils sont en partie modernes, de par leurs sujets (rencontre avec l'autre, apparition extraterrestre, intelligence artificielle) et leurs effets spéciaux, il s'agit essentiellement de super-productions hollywoodiennes dont le traitement de l'histoire est classique, le récit linéaire (se terminant par un happy end)[13] et un montage transparent (il n'y pas de faux raccord, de regard caméra ou bien de cadrage serré volontaire). Les producteurs visent d'avantage une catégorie ciblée de la société que le grand public dans son ensemble[12]. On appelle parfois cette période l'ère Spielberg, à cause du caractère emblématique de ses films.

Avec Tron (1982), Predator (1987) et plus encore Terminator 2 (1991), la science-fiction bénéficie de plus en plus des progrès du traitement informatique de l'image (numérisation, morphing) qui devient la norme de blockbusters comme Jurassic Park (1993), Independence Day (1996) ou Godzilla (1998). Le XXe siècle s'achève avec Matrix (1999), un film de science-fiction bientôt culte inaugurant une nouvelle génération d'effets spéciaux numériques permettant de reculer les limites de ce qu'il est possible de représenter et appelés à se généraliser dans les années 2000.

La guerre du Viêt Nam est également un sujet de réflexion privilégié par le cinéma américain de cette époque : Voyage au bout de l'enfer de Michael Cimino (1978), Apocalypse Now de Coppola (1979), Rambo (1982), Platoon d'Oliver Stone (1986), Full Metal Jacket de Kubrick (1987). D'autres films évoquant divers épisodes de la Seconde Guerre mondiale marquent la décennie suivante : La Liste de Schindler (1993) et Il faut sauver le soldat Ryan (1998) de Spielberg, La Ligne rouge (1998) de Terrence Malick.

Un autre fait notoire des années 1980 et qui se prolonge dans les années 1990 est la vogue du cinéma d'action, dont les héros, justiciers expéditifs, franc-tireurs virils, body-buildés ou bagarreurs vindicatifs préfigurés par Charles Bronson et Clint Eastwood sont incarnés par toute une génération d'acteurs (Schwarzenegger, Stallone, Chuck Norris, Jackie Chan, Steven Seagal, Bruce Willis et autres Van Damme…) et dénote l'influence croissante du cinéma hongkongais dont les réalisateurs viennent parfois tenter leur chance à Hollywood (John Woo, Tsui Hark..).

Le thriller, inspiré par la fascination que les psychopathes et les tueurs en série exercent sur le public, connaît de brillantes réussites : Liaison fatale (1987), Le Silence des agneaux (1991), Basic Instinct (1992), Seven (1995)…

Titanic (1997) de James Cameron résume bien la tendance des années 1990 : goût de la performance, énormes moyens financiers et techniques, numérisation des images, record d'audience, bande musicale à succès. Si les valeurs sûres sont toujours très présentes (Spielberg, Lucas, Coppola, Scorcese, Eastwood…), une nouvelle génération s'affirme avec force et joue des codes et genres cinématographiques avec une grande virtuosité : Sexe, mensonges et vidéo (1989) de Steven Soderbergh, Pulp Fiction (1994) de Quentin Tarantino, Batman (1989) ou Mars Attacks! (1996) de Tim Burton

Les années 2000 : l'ère numérique[modifier | modifier le code]

Les progrès informatiques ont permis l'explosion de nouvelles possibilités. Les années 2000 sont marquées par une augmentation croissante des films d'animation entièrement réalisés en images de synthèse, remplaçant le traditionnel dessin animé. Le premier film de ce type est Toy Story (1995, qui connaîtra une suite en 1999, puis en 2010). D'autres exemples notables sont la série Shrek (2001 pour le premier), la série L'Âge de glace (2002 pour le premier), Le Monde de Nemo (2003), Madagascar (2005), Happy Feet (2006), Ratatouille (2007), Kung Fu Panda (2008), WALL-E (2008), Là-haut (2009). Apparaissent également des productions utilisant la capture de mouvement comme Le Pôle express (2004) et La Légende de Beowulf (2007). La technologie du cinéma 3D, jusqu'alors limité à des salles spécialisées ou événements exceptionnels, commence également à accompagner les grosses productions destinées aux salles grand public habituelles.

Les années 2000 sont également marquées par l'apparition de grosses productions de fantasy et de science-fiction intégrant ces nouvelles technologies informatiques, comme la trilogie du Seigneur des anneaux (2001-2003), la prélogie de la saga Star Wars (1999-2005), la série Harry Potter (2001-2011), la série Pirates des Caraïbes (2003-), King Kong (2005), la série du Monde de Narnia (2005-), la série Transformers (2007-), et Avatar (2009). Parallèlement, le film Gladiator (2000) est largement crédité pour avoir relancé le genre du péplum.

Les films de super-héros, issus de comics américains, connaissent également un fort regain de succès, comme la franchise X-Men (2000-), la trilogie Spider-Man (2002-2007) de Sam Raimi, la trilogie Batman (2005-2012) de Christopher Nolan, et le commencement de la saga des Vengeurs (depuis Iron Man en 2008).

Liste des 100 meilleurs films de l'histoire du cinéma américain (XXe siècle)[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

L'industrie cinématographique américaine est particulièrement puissante et rentable. Son taux de croissance a plus que doublé en dix ans : si elle engrangeait 7,02 milliards de dollars en 1991 sur le marché international, en 2001, le chiffre passait à 14,69 milliards de dollars[14].

La domination des majors[modifier | modifier le code]

Trois types d'acteurs composent l'industrie cinématographique américaine : les majors, leurs filiales, et les producteurs indépendants. Les majors sont représentées par la Motion Picture Association of America (MPAA) à l'intérieur des États-Unis, et par la Motion Picture Association (MPA) à l'étranger. La MPAA représente les sept plus importantes majors, c'est-à-dire les producteurs et distributeurs du « divertissement filmé » (filmed entertainment), à savoir les films de cinéma, programmes de télévision, cassettes et DVD à la vente ou à la location, films diffusés sur Internet, etc..

Ces majors sont :

Quant à leurs filiales, on peut par exemple citer Miramax, qui appartient à Disney; New Line, à la Warner ou encore Sony Classics.

Dans les années 1980, l’administration du Président Reagan permet une nouvelle phase d’intégration verticale des majors en annulant les « décrets anti-trust Paramount » de 1948[15]. Il devient désormais possible pour les studios d’acquérir des canaux de diffusion (cinémas, chaînes de télévision…) et ils concentrent alors en leur sein toutes les phases d’exploitation des biens audiovisuels, c'est-à-dire la production, la distribution et la diffusion.

Il faut donc mettre en avant la domination incontestable des majors sur les studios indépendants. Car même si les films produits par ces derniers sont plus nombreux, leur part de marché est beaucoup plus faible au niveau intérieur et international. Ainsi, si le plus important distributeur indépendant du pays, USA Films, a sorti quinze films en 2000, il n’a pu engranger qu’1 % des recettes du box-office national.

Nouveaux films sortis aux États-Unis,
2000 – 2004[16]
Année Majors Autres distributeurs Total
2000 191 267 458
2001 188 274 462
2002 220 229 449
2003 194 265 459
2004 199 276 475
Revenus du box-office États-Unis et Canada,
1980–2000[17]
Année Millions de $ constants Part des majors
1980 5 745 91 %
1985 6 000 77 %
1990 6 617 80 %
1995 6 208 86 %
2000 7 661 83 %

La domination du cinéma hollywoodien dans le monde[modifier | modifier le code]

La dimension internationale fait depuis toujours partie intégrante de l’industrie cinématographique – de quelque pays que ce soit – pour une simple logique de rentabilité qui lui est spécifique : si l’investissement initial nécessaire à la production d’un film est extrêmement élevé, les coûts de duplication sont en revanche particulièrement bas. Plus l’on distribue de copies du film, et plus l’investissement risque d’être rentable. Les marchés étrangers ont donc toujours fait partie de la stratégie des firmes hollywoodiennes, et ce depuis le tout début de leurs activités il y a un siècle. Dès 1919, les recettes générées par les marchés internationaux étaient inclus dans les budgets d’Hollywood[18].

Mais ce flux d’exportation des biens cinématographiques a véritablement décollé[19], si bien que la présence d’Hollywood est aujourd’hui virtuellement ressentie dans tous les pays du monde. En ce sens, et dans le contexte actuel d’économie mondialisée, l’export des films à l’étranger est plus que jamais un élément incontournable de compétitivité mondiale, représentant depuis une trentaine d’année entre 40 % et la moitié des revenus des grands studios[20].

L’industrie cinématographique est l’un des rares secteurs aux États-Unis à avoir un équilibre commercial positif, c'est-à-dire à exporter plus de produits qu’elle n’en importe, et ce dans tous les pays où elle est présente. En 2001, Hollywood détenait 80 % des parts de marché du film au niveau international, et 70 % pour les programmes télévisés[21].

Le cinéma indien, avec Bollywood, est une des seules industries du cinéma au monde qui puisse encore tenir tête à Hollywood dans son propre pays avec plus de 800 films produits par an, avec le cinéma français, très puissant également et avec un nombre de films produit également très important, le plus élevé d'Europe. La difficulté pour Hollywood et pour l'ensemble des films occidentaux se situe au niveau culturel mais aussi par l'émergence de cette industrie dans le continent sud-asiatique qui dépasse aujourd'hui largement ses frontières notamment par la forte popularité en France, en Grande-Bretagne et les villes américaines.

Cette domination mondiale se retrouve aussi dans les films pornographiques, au nombre d'environ 12 000 tournés annuellement en Californie, dans la vallée de San Fernando[22].

Structure de certains marchés cinématographiques nationaux, 2000[23]
Pays Nombre de films produits Part de l'industrie cinématographique nationale Part de l'industrie cinématographique américaine
Allemagne 75 9,4 % 81,9 %
Australie 31 8,0 % 87,5 %
Espagne 98 10,1 % 87,7 %
États-Unis 460 96,1 % -
France 204 28,9 % 58,3 %
Italie 103 17,5 % 69,5 %
Japon 282 31,8 % 64,8 %
Royaume-Uni 90 19,6 % 75,3 %

Le cinéma américain, une approche plus commerciale que culturelle ?[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis, il semble que l’industrie cinématographique ait été envisagée dans une conception purement commerciale depuis ses débuts. Car si les films sont considérés comme des biens culturels, c’est néanmoins une logique économique qui prévaut. Ainsi, dès 1915 la Cour suprême déclarait que « la diffusion des films est purement et simplement du commerce, mue par et développée pour le profit. »[24] De fait, il est difficile de parler du cinéma américain sans penser à la conclusion d'André Malraux, dans Esquisse d'une psychologie du cinéma : « Par ailleurs, le cinéma est une industrie ».

Les « majors » américaines, unifiées sous le front de la MPA, tentent donc d'imposer le libre-échange en matière culturelle, et se battent contre la notion de « diversité culturelle », argument souvent utilisé par d'autres États (et notamment la France) pour imposer des barrières protectionnistes aux films américains.

Les blockbusters[modifier | modifier le code]

Ainsi, à Hollywood, ce sont les « blockbusters », films spectaculaires incluant le plus souvent une débauche d’effets spéciaux et d’acteurs célèbres, qui sont devenus la norme. Ceci ne veut pas dire que les grands studios ne produisent plus aujourd’hui que des films de ce genre, mais que les films les plus rentables appartiennent quasiment tous à cette catégorie, et notamment parce qu’ils plaisent aux publics du monde entier. L’exemple de l’année 2004 au cinéma est particulièrement révélateur, la grande majorité des vingt films ayant engrangé le plus de recettes au box-office américain étant des productions spectaculaires (notamment Spider-Man 2, Le Jour d'après, ou encore I, Robot). Seuls La Passion du Christ et Fahrenheit 9/11 étaient dotés de budgets limités, mais leur succès s’explique en grande partie par la controverse, voire le scandale, suscités au moment de leur sortie.

La tendance générale depuis de nombreuses années ancre donc l’industrie cinématographique américaine dans une surenchère de moyens et de technologie, qui rend d'autant plus difficile la compétition pour les producteurs indépendants américains ou étrangers, qui ne disposent en général pas de moyens aussi considérables que ceux des majors de Hollywood.

L'opposition cinéma français / cinéma hollywoodien[modifier | modifier le code]

On définit souvent le cinéma réalisé aux États-Unis par opposition au cinéma français : le premier serait un cinéma de divertissement, destiné à un public non cinéphile et le second, un cinéma d'auteur ayant des buts plus artistiques que commerciaux. La réalité est en fait plus complexe : le cinéma américain possède une histoire presque aussi longue, et toute aussi variée, que celle du cinéma français, au cours de laquelle de nombreux réalisateurs, acteurs mais aussi producteurs ont donné au cinéma nord-américain ses lettres de noblesse et permettent sans aucun doute de le qualifier de mouvement artistique. Dans ce domaine, un des apports majeurs du cinéma américain est la mise au point de codes esthétiques aboutissant à la création de genres bien définis : film noir, thriller, western, comédie burlesque ou musicale, film d'horreur, péplum, etc. Dans tous ces genres, le cinéma américain a produit des chefs-d'œuvre qui sont des références et des modèles pour le reste du monde. De par son attractivité, il a su puiser dans le vivier européen pour s'enrichir et nombre d'acteurs et de réalisateurs du vieux continent ont eu une période américaine. De plus, son hégémonie ne l'a pas empêché de rester perméable aux influences étrangères (néoréalisme italien, nouvelle vague française, cinéma hongkongais…). La nouvelle vague [Référence demandée] et François Truffaut en particulier[25] ont d'ailleurs reconnu leur dette à l'égard du cinéma américain. Enfin, si le cinéma français s'exporte mal aux États-Unis, les comédies à succès d'Yves Robert ou Francis Veber ont été l'objet, à partir des années 1980, de nombreux remakes. Par ailleurs, il existe aux États-Unis même une opposition de même ordre entre le cinéma hollywoodien et le cinéma new-yorkais, ville où le New York Film Critics Circle Awards constitue l'antichambre des Oscars.

En France, un festival prestigieux est entièrement consacré au cinéma américain, à Deauville (Calvados), depuis 1975. Aux États-Unis, il existe plusieurs festivals du film français comme celui de Sacramento.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Dehée 2010, p. 71
  2. a, b, c, d, e et f Christian-Marc Bosséno, Jacques Gerstenkorn, Hollywood : L'usine à rêves, Gallimard,‎ 22 avril 1992, 176 p. (ISBN 2070531538)
  3. Jean-Loup Bourget, Hollywood, un rêve européen, Armand Colin,‎ 2006, 286 p. (ISBN 2200269242)
  4. Marc Cerisuelo, « Europe, Hollywood : heureux transferts », Critique, vol. 4, no 731,‎ 2008, p. 350-352
  5. a, b, c, d et e L'Encyclopédie du XXe siècle, Les années trente, p. 136, France-Loisirs, 1993
  6. a, b et c Dehée 2010, p. 73
  7. (en) Robert S. McElvaine, The Great Depression : America, 1929-1941, New York, Times Books,‎ 1993 (ISBN 9780812923278), p. 238-239
  8. André Kaspi, Franklin Roosevelt, Paris, Fayard, 1988 (ISBN 2-2130-2203-8), p. 343
  9. André Kaspi, Franklin D. Roosevelt, Paris, A. Fayard,‎ 1988 (ISBN 9782213022031), p. 346
  10. a et b Encyclopédie du XXe siècle, les années trente, p. 144-145.
  11. L'Encyclopédie du XXe siècle, Les années cinquante, p. 146, France Loisirs, 1993 (ISBN 2-7242-6401-0).
  12. a, b, c, d, e, f et g Dehée 2010, p. 74
  13. Un dénouement heureux en français
  14. Stephen E. SIWEK, Copyright Industries in the U.S. Economy, The 2002 Report, International Intellectual Property Alliance, 2002, p. 17.
  15. Mark Wheeler, « Trade Follows Film : Hollywood and US Trade Policy », Political Studies Association (PSA) Conference, University of Leeds, 5-7 avril 2005, p. 2
  16. MPA, U.S. Entertainment Industry. 2004 MPA Market Statistics, Motion Picture Association – Worldwide Research, 2004, Site de Motion Picture Association of America
  17. National Association of Theatre Owners, Encyclopedia of Exhibition, 2001–2002. Cité dans Allen J. Scott, « Hollywood and the World : The Geography of Motion-Picture Distribution and Marketing », Review of International Political Economy, 11 (1), février 2004, p. 43
  18. Toby Miller et al., Global Hollywood, Londres, British Film Institute, 2001, p. 24
  19. Allen J. Scott, « Hollywood and the World : The Geography of Motion-Picture Distribution and Marketing », Review of International Political Economy, 11 (1), février 2004, p. 53
  20. Encyclopedia of American Industries, « America and the World », SIC 7822 Motion Picture and Videotape Distribution. Allen J. Scott, op. cit., p. 37
  21. Voir Toby Miller (et al.), Global Hollywood, Londres, British Film Institute, 2001, p. 7 ; Voir également Kerry A. Chase, « Globalization versus Localization : Cultural Protection and Trade Conflict in the World Entertainment Industry », Meeting of the International Studies Association, Los Angeles, 2000.
  22. « Malgré le succès des pays de l’Est et de certaines contrées asiatiques, le centre mondial du porno reste la vallée de San Fernando, en Californie. Là-bas, se tournent un bon millier de films... chaque mois. »La fin du porno sur DVD? - L'Hebdo, 16 octobre 2008
  23. CNC Info, no 283, 2002, Paris : Centre national de la cinématographie. Cité dans Allen J. Scott, « Hollywood and the World : The Geography of Motion-Picture Distribution and Marketing », Review of International Political Economy, 11 (1), février 2004, p. 55
  24. Thomas H. Guback, « Hollywood’s International Market », in: Balio Tino (Ed.), The American Film Industry, Madison, The University of Wisconsin Press, 1976, p. 463.
  25. Dans son livre consacré à Hitchcock

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Baptiste Thoret, Le Cinéma américain des années 1970 (Cahiers du Cinéma, 2006)
  • Yannick Dehée, « Hollywood : les dessous de l'usine à rêves », L'Histoire, no 353,‎ mai 2010, p. 70-75 (ISSN 0182-2411)
  • Christian Marc Bosséno, Hollywood : l'usine à rêves, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes »,‎ 1992 (ISBN 9782070531530)
  • (en) Ronald Brownstein, The power and the glitter : the Hollywood-Washington connection, New York, Pantheon Books,‎ 1990, 2e éd. (ISBN 9780394569383).
  • Brigitte Gauthier, Histoire du cinéma américain, Paris, Hachette livre, coll. « Les fondamentaux »,‎ 12 janvier 2007, 2e éd., 160 p. (ISBN 9782011456236 et 2011456231)
  • (en) Toby Miller, Nitin Govil, John McMurria, Richard Maxwell et al., Global Hollywood, London, British Film Institute,‎ 2001 (ISBN 9780851708454 et 0851708455)
  • Bernard Lonjon, Emile Reynaud : le véritable inventeur du cinéma, Polignac, Roure,‎ 2007 (ISBN 9782906278653)
  • (en) Allen J Scott, On Hollywood : the place, the industry, Princeton, N.J, Princeton University Press,‎ 2005 (ISBN 9780691116839 et 0691116830)
  • Anne-Marie Bidaud, Hollywood et le rêve américain, Paris, Masson, coll. « Cinéma / Arts Visuels »,‎ 1994 (réimpr. 2012 2e édition revue et corrigée) (ISBN 2225845832, lire en ligne)
  • Laurent Aknin, Mythes et idéologie du cinéma américain, Vendémiaire,‎ 2012, 192 p. (ISBN 9782363580313)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]