Pour une poignée de dollars

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Pour une poignée de dollars

Description de cette image, également commentée ci-après

Clint Eastwood

Titre original Per un pugno di dollari
Réalisation Sergio Leone
Scénario Sergio Leone
Adriano Bolzoni
Victor Andrés Catena
Jaime Comas Gil
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de l'Italie Italie
Genre Western spaghetti
Sortie 1964
Durée 96 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Pour une poignée de dollars (titre original : Per un pugno di dollari) est un western spaghetti réalisé par Sergio Leone, sorti en 1964 avec Clint Eastwood.

Ce film est le premier volet de la trilogie du dollar, qui comprend également Et pour quelques dollars de plus (Per qualche dollaro in più, 1965) et Le Bon, la Brute et le Truand (Il buono, il brutto, il cattivo, 1966). C'est un remake du film Le Garde du corps (Yojimbo) d'Akira Kurosawa, sorti en 1961.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Début du film[modifier | modifier le code]

Une petite ville mexicaine isolée proche de la frontière avec les États-Unis… Un étranger sans nom arrive. Il observe d'abord d'un air indifférent un gamin et son père se faire rosser par des brutes, puis il se dirige vers le centre. Le sonneur de cloche lui indique qu'ici on devient riche ou on meurt. Peu après, trois hommes s'amusent à tirer dans les jambes de son mulet. L'étranger atterrit alors dans une auberge minable où le tenancier lui donne un repas et lui ordonne de partir, lui expliquant que cette ville est un cimetière. Entre temps, l'étranger aperçoit le croque-mort joyeux préparer ses cercueils.

Il apprend ensuite de l'aubergiste que la ville est déchirée par la lutte de deux familles rivales : les Baxter originaires du Texas qui font du trafic d'armes et les Rojo (Rodos en VF) qui font du trafic d'alcool.

Il tue alors les hommes qui avaient tiré sur son mulet, et provoque John Baxter, le chef du clan. Ayant vu l'étranger tuer les hommes de Baxter, Don Benito Rojo engage l'étranger en lui donnant de l'argent. L'étranger surprend ensuite une dispute entre Don Benito et son frère Esteban. Ce dernier lui reproche d'avoir trop donné d'argent et souhaite faire disparaître l'étranger. L'étranger comprend et se retire non sans classe. Il est intrigué par une belle femme, appelée Marisol, qui avait par deux fois repoussé ses regards.

Un autre jour, un convoi comportant une diligence arrive en ville, sous bonne escorte. L'étranger essaie de trouver ce qu'il y a dans la carriole mais un garde armé le repousse. Le lendemain matin, l'aubergiste le surprend réveillé. L'étranger lui avoue être perturbé par ce qu'il y a dans le carrosse, et lui demande qui est Marisol. L'aubergiste lui avoue avoir bombardé de questions le commandant du convoi sans obtenir une réponse, et refuse de lui raconter l'histoire de Marisol; il accepte seulement de lui dire que c'est une femme dont Ramon, le chef des Rojo, est amoureux.

Ils voient alors les soldats s'en aller discrètement. L'étranger décide de les suivre, accompagné de l'aubergiste. Ils les retrouvent à la frontière. Le chef du convoi échange une caisse d'or avec un lieutenant nordiste contre des armes. Il s'agit en fait d'une traitrise : Ramon est caché dans un chariot yankee et élimine tous les mexicains à l'aide d'une mitrailleuse. Les nordistes ont en fait été eux aussi assassinés par les Rojo qui ont pris leurs uniformes pour récupérer l'argent. Ramon abat froidement un dernier survivant qui tentait de s'enfuir.

L'étranger retrouve Ramon à la ville et le flatte. Ramon lui avoue alors qu'il a invité les Baxter à dîner pour arrêter les tueries entre les deux clans. L'étranger répond ironiquement qu'il ne connaît pas la paix, et refuse de participer au repas pour éviter les disputes qu'il pourrait créer à cause des quatre hommes des Baxter qu'il a tués. Ramon déclare alors à ses hommes qu'il se méfie de l'étranger qui a l'air un peu trop malin à son goût. Il leur explique ensuite pourquoi il arrête le combat : il ne veut pas être suspecté au sujet du massacre de Rio Bravo, mais précise que sitôt l'enquête terminée, la famille Rojo éliminera les Baxter.

Une nouvelle fois, l'aubergiste recommande à l'étranger de partir. Mais l'étranger va au contraire chercher deux cadavres au fleuve, aidé du croque mort. Pendant ce temps, les Baxter, méfiants, se rendent à l'invitation de Ramon.

L'étranger ramène avec l'aubergiste deux morts au cimetière pour jouer une mise en scène. Les Baxter rentrent chez eux. Alors que la femme de leur chef va se coucher, elle est abordée par l'étranger qui lui raconte qu'il existe deux survivants du massacre au cimetière et qu'ils pourront témoigner contre Ramon. Les Baxter se précipitent vers le cimetière, bientôt suivis par les Rojo, eux aussi prévenus par l'étranger, qui est rémunéré 500 dollars par chaque famille pour ses renseignements. Les deux clans se retrouvent au cimetière où une nouvelle fusillade éclate.

Thème[modifier | modifier le code]

Deux familles rivales, les Baxter et les Rojo (Rodos en VF), riches et puissantes grâce au trafic d’armes et d’alcool se disputent la suprématie et la mainmise sur la ville. Entre en scène un inconnu, « l’étranger » (l'homme sans nom, néanmoins appelé Joe peu après la 80e minute, campé par Clint Eastwood), qui va attiser cette guerre et provoquer la zizanie entre les deux clans afin de leur soutirer le plus d’argent possible en leur servant tour à tour d’informateur. Au-delà de l’appât du gain mis en avant, l’histoire confère au héros la dimension d’un défenseur du faible et de l’opprimé, qui préfère à toute chose le bien et la justice- notamment lorsqu’il permet à Marisol, séquestrée par le clan Rojo, de rejoindre son époux et son fils déchirés par cette séparation. C’est le mythe, maintes fois incarné, du sauveur messianique qui permet aux hommes de retrouver la paix, l’harmonie et l’amour avec l’ambiguïté de se présenter en exécuteur des mauvaises âmes.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Le titre du film était à l'époque du tournage Il magnifico straniero ("Le magnifique étranger")[1]
  • Pour l'anecdote, le budget du film sera le même que la somme recherchée par Blondin et Tuco dans le troisième volet de la trilogie Le Bon, la Brute et le Truand : 200 000 $.
  • Recettes italiennes : 3 182 000 000 lires.
  • Sergio Leone signe le film sous le pseudonyme de Bob Robertson, en hommage à son père Vincenzo Leone, qui prit en son temps celui de Roberto Roberti. De même que l'acteur Gian Maria Volontè est crédité au générique sous le nom de John Wells.
  • Richard Harrison, un acteur américain installé en Italie et spécialisé à l'époque dans les péplums, avait été contacté pour tenir le rôle principal. Harrison refusa finalement le rôle ; les producteurs, ayant à leur disposition une liste d'acteurs américains, sollicitèrent plus tard son avis et Richard Harrison suggéra d'engager Clint Eastwood, parce que ce dernier savait monter à cheval[2],[3].
  • Ce film est une transposition dans le monde du western du film Yojimbo d’Akira Kurosawa[4]. Les producteurs, qui n’avaient pas prévu que le film remporte un succès international, ont négligé de négocier les droits de Yojimbo pour le monde entier. Un procès a retardé la sortie du film aux États-Unis (1966), à l’issue duquel Kurosawa s’est vu accorder les droits du film pour l’exploitation au Japon.
    Le réalisateur avoua s’en être largement « inspiré sans aucun complexe » une dizaine d’années plus tard. Il déclare à un journaliste : « J’ai vu un film de Kurosawa : Yojimbo. On ne peut pas dire que c’était un chef-d’œuvre. Il s’agissait d’un démarquage de La Moisson rouge de Dashiell Hammett. Pourtant, le thème me plaisait : un homme arrive dans une ville où deux bandes rivales se font la guerre. Il se place entre les deux camps pour démolir chaque gang. J’ai songé qu’il fallait replacer cette histoire dans son pays d’origine : l’Amérique. Le film de Kurosawa se passait au Japon. En faire un western permettait de retrouver le sens de l’épopée. Et comme ce récit s’inspirait également d’Arlequin, serviteur de deux maîtres de Goldoni, je n’avais aucun complexe d’être italien pour opérer cette transplantation. Sans compter que l’inventeur du western n’est autre qu’Homère. Sans oublier que le western est un genre universel parce qu’il traite de l’individualisme. »[5]
  • La scène du massacre des soldats mexicains par Ramon montre une mitrailleuse type montigny (à action manuelle), or le tireur semble l'utiliser comme une maxim (arme réellement automatique).

Version française longtemps non disponible en DVD[modifier | modifier le code]

En France, le film a été exploité avec une version post-synchonisée par la Société Parisienne de Sonorisation (voix du personnage principal par Jacques Deschamps), dont les droits sont détenus par une société française propriétaire de la VF d’origine (les crédits au générique du film indiquent la société Record Film sous la direction artistique de Martine et Gérard Cohen). Les différentes propositions du producteur – la société allemande Constantin Film (groupe Kratz) – auraient été refusées jusqu’en 2010, bloquant ainsi toute réutilisation. Depuis le milieu des années 1990, l’édition en DVD comprenant la VF a donc été compromise. Pourtant, la société Constantin[6] touche régulièrement des royalties lorsque le film est diffusé sur les chaînes françaises ou francophones. Il existe une ancienne édition VF en VHS Sécam du film mais il faut attendre 2010 pour voir le film publié en DVD, y compris dans la zone 1 (il existait uniquement une version américaine sous-titrée)[7].

  • Un coffret DVD et blu-ray contenant la trilogie - y compris Pour une poignée de dollars - est sorti le 6 octobre 2010 chez l'éditeur Fox Pathé Europa
  • Le DVD et blu-ray de Pour une poignée de dollars est disponible depuis le 16 mars 2011 chez l'éditeur Fox Pathé Europa

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Divers auteurs, sous la direction de Gabriele Lucci, Morricone, Cinema e oltre/Cinema and More, Mondadori,‎ 2007, livre + CD, 303 p. (ISBN 978-883704143-4), p. 52
  2. Iain Johnstone, The man with no name:Clint Eastwood, Plexus, 1981, page 35
  3. Interview de Richard Harrison sur nanarland.com
  4. Angela Errigo, « Les Sept Samouraïs », in: 1001 films à voir avant de mourir (dir.: Steven Jay Schneider), Omnibus, 2007, 3e éd., p. 304
  5. Conversations avec Sergio Leone de Noël Simsolo, Stock, Paris, 1987.
  6. (en) « Le groupe Constantin : structure », sur le site officiel du groupe
  7. (fr) « Pour une poignée de dollars (Per un pugno di dollari) 1964 », sur le site Western Décrypté, 2008