Federal Bureau of Investigation

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Federal Bureau of Investigation
Sceau du FBI.
Sceau du FBI.

Devise : « Fidelity, Bravery, and Integrity »

Création 26 juillet 1908
Type Police fédérale
J. Edgar Hoover FBI Building 935 Pennsylvania Avenue, Washington, D.C.
Coordonnées 38° 53′ 44″ N 77° 01′ 31″ O / 38.8954168, -77.025243 ()38° 53′ 44″ N 77° 01′ 31″ O / 38.8954168, -77.025243 ()  
Langue(s) anglais
Budget 7,9 milliards de dollars US (année fiscale 2010)
Effectifs 35 850 employés (30 avril 2012)
Directeur du FBI James Comey
Affiliation(s) Département de la Justice des États-Unis
Site web www.fbi.gov

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J. Edgar Hoover FBI building, le siège du Bureau depuis 1975.


Le Federal Bureau of Investigation (qui peut être traduit par « Bureau fédéral d'enquête »), ou très couramment nommé par son sigle FBI (prononcé à l'anglaise /ˈɛf.biː.aɪ/), est aux États-Unis le principal service fédéral de police judiciaire et un service de renseignement intérieur. En 2010, la juridiction du FBI recouvre plus de 200 catégories de crimes fédéraux, faisant du FBI l'organisme d'enquête majeur du gouvernement américain. Ses attributions incluent l'antiterrorisme, le contre-espionnage, le crime informatique et la médecine légale.

Établi en 1908, comme Bureau of Investigation (BOI, un « Bureau d'Investigation »), ce service fut baptisé FBI en 1935. Son siège est situé à Washington, et ses bureaux sont disséminés dans plus de 400 villes américaines, et 50 ambassades dans le monde.

Le sceau du FBI a été créé par Leo Joseph Gauthier et fut utilisé pour la première fois en 1941.

Présentation[modifier | modifier le code]

Le FBI est sous la tutelle du Département de la Justice des États-Unis qui lui accorde son budget et définit ses priorités.

Les activités du FBI portent notamment sur :

Son siège est dans l'immeuble J. Edgar Hoover Building à Washington DC[1] et son centre de formation est à Quantico en Virginie[2]. Sa devise officielle est Fidelity, Bravery, Integrity.

En 1996, il comptait environ 10 000 agents et 13 000 employés, ainsi que 500 bureaux, dont 23 à l'étranger[réf. nécessaire]. En 2005, il comptait 12 156 agents et 16 000 autres employés, dont de nombreux ingénieurs, médecins légistes, informaticiens et avocats[réf. nécessaire]. Seuls 15 agents, en 2005, étaient affectés à la surveillance des fraudes sur les hypothèques (l'une des causes de la crise des subprimes)[3]. Elle dispose aujourd'hui, concernant la délinquance en col blanc, de centaines d'agents de moins que pendant la crise des Savings & Loans des années 1980-1990[3]. Du coup, l'agence se fait parfois assister, concernant cette délinquance, par des entreprises de sécurité privées (dont Kroll[3]).

Au 30 avril 2012, le FBI employait 35 850 employés (13 851 agents spéciaux et 21 989 employés de support) et son budget était de 8,1 milliards de dollars américains. Le FBI disposait de 56 bureaux régionaux et de 380 agences locales aux États-Unis, ainsi que 60 bureaux en dehors des États-Unis au sein des ambassades ou des consulats[2].

Émergence[modifier | modifier le code]

Le directeur du FBI J. Edgar Hoover en 1961.
Poste de commandement mobile du FBI.

L'ancêtre du FBI, le « Bureau of Investigation » (BOI), a été créé le 26 juillet 1908 par Charles Joseph Bonaparte-Patterson, petit neveu de Napoléon Ier. Charles Joseph Bonaparte est alors procureur général des États-Unis sous la présidence de Theodore Roosevelt, pour lutter contre le crime organisé à partir d'un groupe d'agents du United States Secret Service. Son siège était alors installé dans l'immeuble du Département de la Justice, à Washington D.C..

L'origine même du BOI remonte à la décision de la Cour suprême de 1886, Wabash, St. Louis & Pacific Railroad Company v. Illinois (1886), qui décréta alors que les États fédérés n'avaient pas le droit de réguler le commerce inter-étatique. L'année suivante, le Congrès passa l'Interstate Commerce Act (« Loi sur le commerce inter-étatique », 1887), rendant l'État fédéral responsable de l'application de la loi dans les cas inter-étatiques. Mais jusqu'à l'arrivée de Charles J. Bonaparte-Patterson en tant que Secrétaire de la justice, le Département de la Justice se contentait d'effectifs limités pour assurer cette fonction. Bonaparte-Patterson fit alors appel à diverses autres agences, dont le Service secret, afin d'obtenir des enquêteurs, mais en 1908, le congrès vota une loi interdisant au Département de la Justice de faire appel à des employés du Trésor. C'est alors que le Secrétaire de la Justice Bonaparte-Patterson créa le BOI en y intégrant ses propres agents spéciaux, issus des Services secrets (lesquels acceptèrent de transférer douze de leurs agents au BOI). Ainsi, les agents du FBI étaient originellement des agents des Services secrets, et dépendaient, juridiquement, de l'Interstate Commerce Act de 1887[4].

La première mission officielle du BOI fut de visiter les maisons de tolérance et d'établir des registres de celles-ci, afin de préparer l'application du Mann Act du 25 juin 1910 (ou White Slave Traffic Act, « loi sur la traite des blanches »). Le BOI luttait aussi contre les « voleurs de terres » qui, dans l’Ouest américain, s’étaient appropriés, avec la complicité de membres du Congrès et de fonctionnaires, des dizaines de milliers d’hectares appartenant à l’État.

Ère Hoover (1924-1972)[modifier | modifier le code]

J. Edgar Hoover fut nommé directeur du BOI le 10 mai 1924, et demeura en poste pendant près de 48 ans, jusqu’à sa mort en 1972. Hoover s'impliquait de près dans la plupart des enquêtes et projets du FBI. En 1932, le BOI fut renommé United States Bureau of Investigation, tandis que le Scientific Crime Detection Laboratory (ou FBI Laboratory, la division de police scientifique du FBI) fut ouverte la même année, en grande partie grâce aux efforts de Hoover. L'année suivante, il fusionna avec le Bureau of Prohibition, chargé d'appliquer les lois sur la prohibition de l'alcool, et prit le nom de Division of Investigation (service enquête) (DOI), avant d'adopter finalement son nom actuel de « Federal Bureau of Investigation » (FBI) en 1935[5].

Lester J. Gillis, alias "Baby Face" Nelson, tué par le FBI en 1934 lors d'un échange de tirs.

Durant l'entre-deux-guerres, ses pouvoirs s'étendent à la suite des difficultés des forces de police locale à faire respecter la loi. Les règlements de compte brutaux à Chicago sont monnaie courante ainsi que le trafic d'alcool. Le service se fit alors rapidement connaître grâce à une excellente politique de relations publiques. Lors de la « guerre contre le crime » des années 1930, le FBI arrêta ou tua un certain nombre de criminels célèbres, tels que John Dillinger, Baby Face Nelson, Kate Ma Barker, Alvin "Creepy" Karpis, et George Machine Gun Kelly. Durant cette période, le FBI était aussi chargé de lutter contre l'influence du Ku Klux Klan, dont les activités racistes étaient en recrudescence notable. Par ailleurs, grâce au travail d'Edwin Atherton, le FBI arrêta un certain nombre de néo-révolutionnaires mexicains, près de la frontière de Californie, dans les années 1920.

Mais le FBI s'intéressa aussi, dès cette période, aux activistes politiques, mettant en œuvre une surveillance des mouvements politiques les plus divers. La « red scare » (« peur rouge ») affectait en effet les États-Unis à ce moment. Il fallut que le président Franklin D. Roosevelt intervienne pour mettre un terme (temporaire) à ces enquêtes, qui visaient des écrivains tels que Truman Capote ou William Faulkner[6].

Jusqu’à la création de l'OSS lors de la Seconde Guerre mondiale, le FBI fut le seul grand service américain qui faisait du renseignement humain à l'étranger, essentiellement grâce à ses bureaux en Amérique Latine. Lors de la création de la CIA, successeur de l'OSS, le FBI fut cantonné aux activités de surveillance intérieure.

À partir des années 1940, le FBI se chargea de nombreuses enquêtes de contre-espionnage, qui continuèrent tout au long de son existence. Lors de la Seconde Guerre mondiale, huit agents de l'Allemagne nazie furent arrêtés, accusés d'avoir préparé des opérations de sabotage. Six d'entre eux furent exécutés (voir l'arrêt de la Cour suprême, Ex parte Quirin). Aux côtés de la NSA (National Security Agency), le FBI participa aussi de façon importante au projet Venona, un projet de décodage cryptographique des codes utilisés par l'URSS, mené conjointement avec le Royaume-Uni. Le projet Venona était sous la supervision de Hoover, qui n'en informa la CIA qu'en 1952.

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Clyde Tolson, no 2 du FBI, très proche de Hoover. Certains historiens affirment qu'ils furent amants.

Lors de la guerre froide, la cible prioritaire officielle du FBI fut les réseaux du bloc de l'Est (arrestation de l'espion Rudolph Abel en 1957). Toutefois, l'agence ciblait aussi tous les mouvements « dissidents » des États-Unis, du Ku Klux Klan au Parti communiste des États-Unis et aux divers groupes du mouvement des droits civiques. Ainsi, lors de l'opération secrète de renseignement COINTELPRO[7], programme en œuvre de 1956 à 1971, le FBI surveillait, avec l'aide de la National Security Agency (NSA), beaucoup de mouvements d'opposition. Révélé par la Commission citoyenne d'enquête sur le FBI, un groupe de gauche qui avait cambriolé des bâtiments du FBI pour récupérer des dossiers classifiés, le programme COINTELPRO a été sévèrement critiqué par la Commission Church de 1975.

La surveillance du FBI s'étendait aussi aux membres du gouvernement. Ainsi, Hoover ordonne à ses agents d'effectuer une enquête à propos de Jack Valenti, nommé conseiller spécial du président Lyndon Johnson juste après l'assassinat de Kennedy le 22 novembre 1963[8]. L'enquête visait notamment à déterminer si Valenti était homosexuel, une accusation qui suffisait alors à briser une carrière (le conseiller de Johnson Walter Jenkins dut ainsi démissionner peu de temps avant l'élection présidentielle de 1964 pour cette raison) [8]. Hoover (qui n'était pas marié, fut pendant 40 ans le compagnon de son "bras droit" Clyde Tolson et a, de ce fait, été soupçonné par certains historiens d'être lui-même homosexuel[8]) utilisait en effet les informations sur les élites obtenues par ses agents dans le cadre de ses tractations avec la Maison-Blanche[8].

Pendant les années 1950 et 1960, les dirigeants du FBI se sentaient de plus en plus concernés de l'influence des leaders des droits civils. En 1956 par exemple, Hoover pris la rare décision d'envoyer une lettre ouverte dénonçant le Dr T.R.M. Howard, un leader des droits civils, chirurgien et riche entrepreneur du Mississippi qui a critiqué l'inaction du FBI pour résoudre les meurtres récents de George W. Lee, Emmett Till et d'autres afro-américains dans le sud. COINTELPRO servait à enquêter sur et stopper des organisations politiques dissidents aux États-Unis, y compris les organisations non violents et militantes, dont le Southern Christian Leadership Conference, leader dans les droits civils[9].

Martin Luther King, Jr. était une cible fréquente des enquêtes. Le FBI n'a trouvé aucune preuve de crime, mais a tenté d'utiliser des enregistrements d'actes sexuels de King pour l'intimider. Dans ses mémoires de 1991, le journaliste du Washington Post Carl Rowan affirme que le FBI a envoyé au moins une lettre anonyme à King l'encourageant à se suicider[10].

Quand le président John F. Kennedy est abattu, c'est sous la juridiction de la police locale jusqu'à ce que le président Lyndon B. Johnson ordonne au FBI de prendre en charge l'enquête[11]. Pour s'assurer qu'il n'y aurait plus de confusion sur les homicides au niveau fédéral, le congrès a fait passer une loi qui en donne la charge au FBI.

Après que la loi sur le racket "RICO" prenne effet, le FBI commence à enquêter sur d'anciens groupes anti prohibition, qui sont depuis devenus des façades pour le crime dans les principales villes et mêmes des villes moyennes. Tout le travail du FBI est fait sous couverture et depuis ces groupes en utilisant les ressources financières de RICO pour les démanteler. Bien que Hoover ait initialement nié l'existence d'un réseau criminel organisé aux États-Unis, le Bureau a plus tard mené des opération contre des syndicats du crime bien connus et des familles, incluant celles menées par Sam Giancana et John Gotti. La loi RICO est encore utilisée aujourd'hui pour tout crime organisé ou individu qui tomberait sous cette loi.

Après Hoover[modifier | modifier le code]

En 1975, après la mort de Hoover, le FBI s'installe dans son nouveau quartier général, baptisé « John Edgar Hoover FBI Building » en la mémoire de son inamovible directeur. Le Congrès vote aussi une loi limitant la durée de fonction des directeurs du FBI à un maximum de dix années. Au moins deux de ses agents étaient en poste en Amérique latine : Dan Mitrione, qui est kidnappé et assassiné en 1970 par les Tupamaros uruguayens, et Robert Scherrer, qui fut l'un des premiers Américains informé de l'existence de l'opération Condor et transmis des renseignements obtenus via celle-ci afin que le FBI interroge aux États-Unis des militants présumés exilés.

Le Hostage Rescue Team (« équipe de secours des otages »), une unité d'élite du FBI, chargée en particulier de la lutte antiterroriste et des crimes majeurs, fut créée en 1984 afin de préparer l'organisation des Jeux olympiques de 1984[12]. Comme dans d'autres pays (dont l'Europe, avec la création de TREVI), la création de cette unité, qui travaille avec le SWAT, fut influencée par la prise d'otages des Jeux olympiques de Munich en 1972.

La même année, le CART (Computer Analysis and Response Team) est créée pour s'occuper des problèmes de sécurité informatique[13].

À la fin des années 1980 et au début des années 1990, la guerre froide prenant fin avec la chute du Mur de Berlin en 1989, 300 agents du FBI consacrés au contre-espionnage ont été ré-assignés dans des missions de prévention des crimes violents, désignés comme sixième priorité nationale des services de police. Le budget du FBI est alors amoindri, et le FBI se charge de plus en plus de missions d'assistance aux forces de police locales dans la traque des suspects franchissant les frontières des États fédérés. Le FBI poursuivit aussi le développement de ses activités de police scientifique, initiées dès 1924 avec un système de dactyloscopie (empreintes digitales), en analysant l'ADN.

À la suite de l'attentat du World Trade Center de 1993, le FBI se concentre à nouveau, entre 1993 et 1996, à la lutte antiterroriste. En 1993, il gére aussi les négociations avec les Davidiens lors du siège de Waco, qui aboutit à la mort de 82 personnes. Il enquête ainsi sur l'attentat d'Oklahoma City (1995), et arrête en 1996 Unabomber. Par ailleurs, depuis 1994, en cas de bavure policière aux États-Unis, le FBI peut être chargé de l'enquête[14].

En 1998, le FBI crée le CITAC (Computer Investigations and Infrastructure Threat Assessment Center pour le Centre d'enquêtes informatiques des risques de menace des infrastructures) et le NIPC (National Infrastructure Protection Center pour le Centre national de la protection des infrastructures) afin d'augmenter ses capacités en matière de sécurité informatique et de lutte contre le cybercrime. L'agence fédérale augmente aussi ses capacités de surveillance électronique, s'adaptant aux évolutions des télécommunications.

Après que le Congrès ait fait passer les lois Communications Assistance for Law Enforcement Act (CALEA, 1994), Health Insurance Portability and Accountability Act (HIPA, 1996), et Economic Espionage Act (EEA, 1996), le FBI a donné suite en améliorant sa technologie en 1998, comme il l'avait fait avec le CART en 1991.

Depuis le 11 septembre 2001[modifier | modifier le code]

Article connexe : Guerre contre le terrorisme.

Lettres de sécurité nationale et autres[modifier | modifier le code]

Le USA Patriot Act donna un pouvoir accru au FBI, notamment via l'usage des lettres de sécurité nationale (NSL), obligeant toute personne, physique ou morale, à lui transférer toute donnée personnelle intéressant le FBI, sans avertir la personne concernée par cette surveillance[15]. Le FBI a ainsi utilisé de façon exponentielle ces NSL, en en délivrant 200 000 entre 2003 et 2006[16]. Par ailleurs, le FBI a procédé entre 2002 et 2006 à la récolte illégale de données concernant plus de 3 500 appels téléphoniques[17], faites sans NSL, visant entre autres des journalistes du Washington Post (Ellen Nakashima, qui était basée à Djakarta) et du New York Times (Raymond Bonner et Jane Perlez, également basés dans la capitale indonésienne)[18].

Fin 2003, Bush et John Ashcroft, le ministre de la Justice, ont autorisé les agences à conserver les données acquises via les NSL, alors qu'elles étaient auparavant détruites si elles concernaient des personnes innocentées par la suite[15]. Il a même ordonné que ces données soient enregistrées sur des systèmes de traitement de données, à des fins d'exploration de données (data mining) tandis que l'executive Order 13388 (en) (Further Strengthening the Sharing of Terrorism Information To Protect Americans) étendit l'accès à ces bases de données aux gouvernements locaux, étatiques et tribaux, ainsi qu'aux « entités appropriées du secteur privé », entités non définies[15]. Fin décembre 2003, la Proactive Data Exploitation Unit (unité proactive d'exploitation de données), dirigée par Gurvais Grigg, fut envoyée à Las Vegas, placé sous alerte orange, afin d'analyser les données concernant tous les visiteurs de la ville, à la recherche de liens éventuels (coups de téléphones, etc.) à des personnes soupçonnées de terrorisme[15].

En janvier 2004, le FBI a mis sur pied l'Investigative Data Warehouse (en), fondée sur le même logiciel d'Oracle utilisé par la CIA, afin d'exploiter ces données[15]. Les instructions ministérielles d'Ashcroft permettaient aussi, pour la première fois, au FBI d'intégrer les données provenant des deux filiales de Reed Elsevier, LexisNexis et ChoicePoint (en), qui combinent des données personnelles provenant du secteur privé et public, à ses systèmes de traitement (les précédents ministres de la Justice considéraient que cela violerait le Privacy Act de 1974 (en)) [15].

Sneak and peek warrant[modifier | modifier le code]

Le Patriot Act instaurait aussi les Sneak and peek warrant (en) (section 213), c'est-à-dire des perquisitions menées en l'absence de la personne perquisitionnée, qui peuvent être utilisés dans le cadre de toute enquête judiciaire (y compris pour des simples délits, ou misdemeanor (en)). Ces mandats ont dû être amendés à la suite de la décision d'un juge les déclarant anticonstitutionnels, en raison de la violation du 4e amendement de la Constitution, dans l'affaire Brandon Mayfield (en), un avocat de Portland victime d'une telle perquisition et accusé de terrorisme parce que le FBI prétendait avoir identifié ses empreintes digitales sur des explosifs trouvés à Madrid après les attentats du 11 mars 2004 — Mayfield a été par la suite innocenté, le FBI s'étant trompé.

763 mandats de ce genre avaient été accordés en 2008, dont seulement trois concernaient des affaires de terrorisme: les deux tiers (65 %) concernaient des affaires de stupéfiants [19].

Ré-organisation du FBI par Robert Mueller[modifier | modifier le code]

Quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001, le directeur du FBI Robert Mueller, nommé sept jours avant les attentats, appela à une réforme du mode de fonctionnement de l'agence. À la suite de ces attentats et dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » proclamée par l'administration Bush, un tiers des agents du FBI (soit plus de 1 800 personnes) ont été ré-affectées au renseignement et au contre-terrorisme [3]. Du coup, l'agence manque de personnel pour la lutte contre la délinquance en col blanc, ayant du mal à assurer les enquêtes dans les milieux financiers à la suite de la crise des subprimes et à la crise financière de 2008[3]. Le FBI est chargé notamment des enquêtes concernant Fannie Mae, Freddie Mac, l'American International Group et la banque en faillite Lehman Brothers[3].

Création du Terrorist Screening Center et watchlist[modifier | modifier le code]

En novembre 2003, l'administration Bush crée le Terrorist Screening Center, une agence fédérale dépendante du FBI, consacré à l'identification et au stockage des données concernant les personnes suspectées d’être terroristes par une ou plusieurs agences gouvernementales américaines, ou par des organisations alliées étrangères. L'agence, dotée d'une base de données informatisée (Terrorist Screening Database, TSDB), est chargée de centraliser les informations issues des différents organismes publics, fédéraux ou locaux. En 2005, son budget s'élevait à 30 millions de dollars, tandis que le centre employait environ 180 agents[20]. Le TSDB comportait des fiches sur à peu près 700 000 personnes en avril 2007, avec une progression mensuelle moyenne de 20 000 personnes fichées[21].

Outre la base de données TSDB, le FBI maintient une watchlist des personnes soupçonnées d'implication éventuelle dans le terrorisme, qui comportait 400 000 noms en septembre 2008 ; 24 000 d'entre eux n'auraient pas du être inscrits sur cette liste selon un rapport du Département de la Justice de mai 2009[22].

Divers[modifier | modifier le code]

Le 17 octobre 2008, le FBI annonça publiquement le succès de son opération d'infiltration du forum DarkMarket, une opération contre la cybercriminalité qui dura deux ans et qui a abouti à l'arrestation de 56 personnes dans le monde, empêchant, selon l'agence, la perte [Par qui ?] de 70 millions de dollars[23].

Dix agents illégaux du SVR (neuf russes et une américano-péruvienne) ont été arrêtés le 27 juin 2010 par le FBI[24] et échangés le 9 juillet 2010 à l'aéroport de Vienne contre quatre Russes accusés d'espionnage aux profit des États-Unis et du Royaume-Uni, un onzième homme a réussi à s'échapper à Chypre[25].

En juillet 2010, le FBI a lancé une polémique à propos de l'utilisation de son sceau par le projet Wikipédia. Le bureau fédéral a demandé le retrait de son logo des pages de Wikipédia, qui a rejeté la requête. En effet, Wikipédia juge que l’image qu’elle héberge n’est ni un faux badge, ni une fausse carte d’identification, ni un faux insigne. « De fait, nous devons appliquer ce que dit la loi, et non pas l'interprétation de celle-ci que vous appelez de vos vœux », ironise Mike Godwin, l'avocat de Wikipedia, s'adressant au FBI[26]. Depuis cette réponse de l'encyclopédie en ligne, aucun commentaire n'a été formulé par le FBI.

Le 19 janvier 2012 au soir, le FBI ferme les 18 sites du groupe Mega, dont le service de téléchargement direct Megaupload, ainsi que le service de streaming Megavideo.

En septembre 2012, le FBI annonce la mise en place, au coût d'un milliard de $ US, d'un système de reconnaissance faciale, la Next Generation Identification (NGI). Il s'agit d'une base de données nationale comprenant des photos d'identité judiciaire, des images de l'iris, des enregistrements d'ADN, des échantillons de voix et d'autres informations biométriques[27].

Programme PRISM[modifier | modifier le code]

Article détaillé : PRISM (programme de surveillance).

Le 6 juin 2013 le quotidien britannique The Guardian révèle que, dans le cadre d'un programme hérité de l'ère Bush et de la lutte antiterroriste, une ordonnance de justice secrète obligeait l'opérateur américain Verizon à livrer quotidiennement à l'agence nationale de sécurité (NSA) la totalité des données téléphoniques de ses abonnés[28]. L'agence nationale de sécurité a transféré l'ordre le 25 avril au FBI, accordant par là au gouvernement un accès illimité aux données pour une période de trois mois. Les données concernent la géolocalisation des appels, leur heure et durée, et l'identifiant unique des parties. Le jeudi 6 juin l'administration Obama réagit via un haut responsable qui, sous couvert d'anonymat, explique que cette collecte d'information est un "outil crucial" pour lutter contre le terrorisme[29] et ne concerne que les métadonnées liées aux appels. La sénatrice démocrate de Californie, Dianne Feinstein, déclare de son côté que l'ordonnance secrète n'est que le renouvellement – d'une durée de trois mois (25 avril - 19 juillet) d'une pratique courante. D'autres parlementaires font remarquer que cette pratique est parfaitement légale, et en accord avec le Patriot Act en vigueur depuis 2001.

Ces révélations corroborent celles de USA Today en 2006[30] sur l'existence de base de données massives d'appels téléphoniques, et portent à croire que la NSA a collecté secrètement des données sur les appels pendant plus de 7 ans[31].

Le 7 juin The Gardian révèle que la NSA dispose d'un accès direct aux données hébergées par les géants américains des nouvelles technologies, parmi lesquels Google, Facebook, YouTube, Microsoft, Yahoo!, Skype, AOL et Apple (Dropbox étant sur le point d'être ajouté à la liste)[32]. Cet accès fait partie d'un programme tenu secret baptisé « PRISM », qui permet de collecter des données comme des historiques de recherche, le contenu de mails, le transfert de fichiers et les conversations instantanées. Le Guardian appuie ses révélations sur un document powerpoint interne de 41 pages daté d'avril 2013. La plupart des entreprises concernées reconnaissent collaborer ponctuellement avec les services secrets américains, mais nient l'existence d'un « accès caché » aux données personnelles qu'elles détiennent[33].

Formation des agents[modifier | modifier le code]

Élèves de l'académie du FBI au stand de tir.

À titre d'exemple, au début de l'année 2005, le « Bureau » a reçu environ 115 000 candidatures pour n'en retenir que 2 900 [réf. nécessaire].

Les postulants au poste d'agents sont formés dans la FBI Academy sur le campus de Quantico en Virginie, qu'elle partage avec la FBI National Academy, qui s'occupe elle des cours de perfectionnement pour des policiers américains et étrangers chevronnés.

Pour être admis au FBI, il faut un diplôme universitaire et être âgé de 23 à 37 ans, la moyenne d'âge est de 30 ans, car l'on exige des recrues qu'elles aient acquis des expériences professionnelles.

Environ un tiers des nouveaux agents viennent des forces armées[réf. nécessaire], mais les candidats proviennent désormais de toutes les couches sociales et groupes ethniques du pays après avoir eu, jusqu'aux années 1960 sous la direction d'Hoover, la réputation d'être réservé à la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestant).

Ils arrivent à Quantico par groupes de cinquante et s'entraînent pendant dix-sept semaines aux techniques de filature, au tir (120 heures) et à l'utilisation des sciences pour le recueil d'indices. Ce premier entraînement est suivi de deux années de formation sur le terrain.

Les agents fédéraux sont souvent surnommés les « G-men » (Government men). En 2003, quelque 1 200 agents ont été formés, ce qui est un record dans l'histoire du FBI. Les salaires démarrent à 55 000 dollars américains par an pour un agent débutant.

Sanctions disciplinaires[modifier | modifier le code]

Début 2011, le FBI déclare qu'entre 325 et 350 employés sont la cible d'une action disciplinaire par an, depuis la simple réprimande jusqu'à la mise à pied, et qu'environ 30 personnes sont licenciées chaque année, sur un total de 34 300 salariés[34].

Liste des directeurs[modifier | modifier le code]

Deputy director[modifier | modifier le code]

Deuxième dans la hiérarchie du FBI, le Deputy director est Sean M. Joyce depuis septembre 2011, succédant à Thimothy P. Murphy.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sa construction couta 126 millions de dollars in Jacques Berlioz FBI: Histoire d'un empire p. 313 éd. Complexe 2005
  2. a et b (en) Archives déclassifiées de la NSA, « Documenting the FBI: Declassified Documents Provide New Detail on Confronting the Terrorist Threat – from al-Qaeda to Skinheads »,‎ 19 juillet 2012
  3. a, b, c, d, e et f Erich Lichtblau, David Johnston et Ron Nixon, F.B.I. Struggles to Handle Financial Fraud Cases, New York Times, 18 octobre 2008.
  4. Langeluttig, Albert, The Department of Justice of the United States, Johns Hopkins Press,‎ 1927, p. 9–14
  5. FBI, Timeline of FBI History (Chronologie du FBI).
  6. Parmi les écrivains espionnés on dénombre Pearl Buck, Truman Capote, John Dos Passos, Theodore Dreiser, William Faulkner, Ernest Hemingway, John Steinbeck, Thornton Wilder, Sinclair Lewis, Romain Gary, Tennessee Williams et bien d'autres. Voir « Quand le FBI espionnait les écrivains américains », Le Monde, 20 novembre 1987.
  7. (en) Mike Cassidy, « A Short History of FBI COINTELPRO » [html], Monitor,‎ 1999-05-26 (consulté le 2006-06-06)
  8. a, b, c et d Joe Stephens, Valenti's Sexuality Was Topic For FBI, Washington Post, 18 février 2009
  9. Allan M. Jalon, « A Break-In to End All Break-Ins » [html], Los Angeles Times,‎ 2006-04-08 (consulté le 2006-06-06)
  10. Cecil Adams, « Was Martin Luther King, Jr. a plagiarist? » [html], Washington Post,‎ 2003-05-02 (consulté le 2006-06-06)
  11. (en) « Postwar America: 1945–1960s », Federal Bureau of Investigation
  12. FBI, Rise in International Crime
  13. FBI, End of the Cold War
  14. Nicole Bacharan, Faut-il avoir peur de l’Amérique ? , Paris, éditions du Seuil, 2005, (ISBN 978-2-02-079950-8), p. 77
  15. a, b, c, d, e et f Barton Gellman, The FBI's Secret Scrutiny - In Hunt for Terrorists, Bureau Examines Records of Ordinary Americans, Washington Post, 6 novembre 2005
  16. ACLU, National Security Letters
  17. Carrie Johnson, Inspector general cites 'egregious breakdown' in FBI oversight, Washington Post, 21 janvier 2010
  18. John Solomon et Carrie Johnson, FBI broke law for years in phone record searches, Washington Post, 19 janvier 2010
  19. DRC Net, Le Patriot Act américain vise plus les dealers que les terroristes, Rue89, 3 octobre 2009
  20. (en) Government Executive .com
  21. Laurent Checola, Six ans après le 11-Septembre, la surveillance des terroristes potentiels aux États-Unis demeure lacunaire, Le Monde, 11 septembre 2007.
  22. Ellen Nakashima, FBI's Lapses on Terrorist Watch List Put Nation at Risk, Report Warns, Washington Post, 7 mai 2009.
  23. Communiqué du FBI concernant l'opération d'infiltration de DarkMarket
  24. (fr) Espionnage : Burn After Reading à Washington ? Pierre Lorrain, 1er juillet 2010.
  25. (fr) Échange… de vieux procédés, Pierre Lorrain, 9 juillet 2010
  26. Le Monde - Le FBI exige le retrait de son logo sur Wikipedia
  27. (en) Sebastian Anthony, « FBI launches $1 billion nationwide facial recognition system », ExtremeTech,‎ 7 septembre 2012 (lire en ligne)
  28. (en) NSA collecting phone records of millions of Verizon customers daily - The Guardian
  29. (fr) Scandale Verizon : Washington défend la saisie de millions de données téléphoniques - Le Monde.fr
  30. (en) NSA has massive database of Americans' phone calls - USA Today
  31. (en) NSA has been collecting records on every call made in America for the last seven years - The Verge
  32. (fr) NSA taps in to systems of Google, Facebook, Apple and others, secret files reveal - The Guardian
  33. (fr) Apple, Google, Microsoft, Facebook, Yahoo, and Dropbox deny providing direct access to PRISM surveillance program - The Verge
  34. (en) CNN exclusive: FBI misconduct reveals sex, lies and videotape, CNN, 27 janvier 2011

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]