Louis Malle

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Louis Malle
Naissance 30 octobre 1932
Thumeries, France
Nationalité(s) Drapeau de la France Française
Mort 23 novembre 1995
Beverly Hills, Californie, États-Unis
Profession(s) Réalisateur
Film(s) notable(s) Le Monde du silence
Ascenseur pour l'échafaud
Au revoir les enfants
Conjoint(e) Anne-Marie Deschodt (1965-1967)
Candice Bergen (1980-1995)
Site officiel http://www.nef-louismalle.com/
Distinction(s) Palme d'or 1956
Lion d'Or 1980 et 1987
César du cinéma
BAFTA du meilleur film 1974

Louis Malle (30 octobre 1932 à Thumeries - 23 novembre 1995 à Beverly Hills) est un cinéaste français.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Les débuts

Né à Thumeries dans le Nord en 1932, Louis Malle est issu d'une grande famille d'industriels du sucre (c'est le petit-fils d'Henri Béghin, fondateur de la marque de sucre Beghin-Say). Il grandit dans le milieu de la grande bourgeoisie et traverse l'Occupation dans différents internats catholiques (dont celui qu'il évoquera plus tard dans Au revoir les enfants). Dès l'âge de 14 ans, il s'initie à la réalisation avec la caméra 8mm de son père. Il pense étudier les sciences politiques à l'Université de Paris, mais c'est à ce moment que se décide sa carrière de cinéaste. Il s'inscrit donc à l'IDHEC.

Jacques-Yves Cousteau recherche alors un jeune assistant pour réaliser un documentaire sur les fonds marins; on lui propose des étudiants de l'IDHEC et il choisit Malle. Plusieurs mois de travail sur la Calypso aboutissent au Monde du Silence (1955). Leur travail reçoit une Palme d'Or.

Sur le tournage, Louis Malle se crève les tympans lors d'une plongée, il ne pourra donc plus réaliser de travaux de ce type. Les projets qui suivront, films et documentaires, seront volontiers moins consensuels et abordés avec un œil critique.

C'est alors l'essor de la Nouvelle Vague, mais Malle ne sera jamais reconnu par ce mouvement ; il développera son propre chemin en parallèle, seul, selon ses propres motivations.

Il réalise son premier long métrage à 25 ans, Ascenseur pour l'échafaud (1957) histoire d'assassinat avec Jeanne Moreau (la bande originale réalisée par Miles Davis montre l'intérêt de Malle pour le jazz[1]). Le film remporta le Prix Louis-Delluc en 1957. Suivent Les Amants (toujours avec Jeanne Moreau) dans lequel il s'attaque à la bourgeoisie, puis l'adaption d'un roman de Raymond Queneau, Zazie dans le métro (1960), film léger et enthousiaste, et l'adaptation d'un récit de Pierre Drieu La Rochelle, Le Feu follet (1963), film sur la dépression et le suicide...

Le Voleur est un regard cynique sur la société (les politiques et la bourgeoisie, principales cibles), le voleur personnifiant l'homme libre, extérieur à ce système empli de préjugés et hypocrite. On y voit une critique sociale au travers d'une peinture acerbe de personnages.

Malle tourne par ailleurs plusieurs documentaires dont Calcutta, l'Inde fantôme en 1969.

[modifier] Polémique et exil

De retour de son voyage en Inde, il tourne un film qui provoque un tollé : Le Souffle au cœur. Il y évoque la relation incestueuse (voire romantique) entre une mère et son fils. Ce thème est traité sans aucun jugement moral, ce qui sera une constante chez le réalisateur, il n'y a pas d'innocents et pas de coupables, la vie est bien plus complexe. C'est au spectateur de faire son propre jugement, pas au réalisateur de le lui imposer.

Trois ans plus tard, c'est sur un autre thème qu'il provoque une controverse. Dans Lacombe Lucien (1974) il décrit la lente progression d'un jeune homme désœuvré dans la collaboration. Là encore, il ne porte aucun jugement, et montre un individu dont l'engagement est essentiellement dû au hasard des circonstances. Une partie de la critique l'accuse alors de tous les maux, jugeant son film ignoble et lui reprochant de ne pas avoir vécu assez durement la guerre.

Cette polémique le décide à s'expatrier aux États-Unis. Il tourne entre autres, à La Nouvelle-Orléans, La Petite avec la jeune Brooke Shields et, à Hollywood, Atlantic City (1980), avec Burt Lancaster et Susan Sarandon, dans lequel il raconte les mésaventures d'un truand à la retraite et de sa voisine dans la ville des casinos.

[modifier] La consécration

Lorsqu'il revient en France en 1987 c'est pour s'attacher au thème qui l'avait fait partir : l'occupation. Ce sera alors la consécration de sa carrière, Au revoir les enfants : dans un collège catholique sous l'occupation, un garçon issu de la bourgeoisie découvre qu'un de ses camarades est juif. Une amitié se construit entre les deux mais ne pourra pas empêcher une fin tragique.

Dans ce film, Louis Malle montre ce dont il se souvient de la guerre. L'histoire est en partie autobiographique, il a été témoin d'une situation similaire lors de son enfance, un jeune juif avait été caché dans son internat puis découvert par la gestapo et déporté. Il dira d'ailleurs que ce thème le hantait depuis toujours et que c'est cette histoire tragique qui l'avait amené au cinéma.

Ce film reprend aussi certains éléments de ses précedents films polémiques; de Lacombe Lucien il reprend le collabo "malgré lui", du Souffle au cœur, il reprend la relation fusionnelle entre la mère et le fils. Là encore il ne juge personne, il n'y a pas de bons ni de méchants, juste une certaine fatalité. Ce film sera un triomphe et recevra plusieurs récompenses.

Suivront la comédie Milou en mai puis Fatale et enfin l'adaptation de la pièce d'Anton Tchekhov Vanya, 42e rue (1994).
Il meurt d'un lymphome le 23 novembre 1995 à Los Angeles; il s'était marié avec l'actrice américaine Candice Bergen en 1980 (son premier mariage avec Anne-Marie Deschodt avait duré de 1965 à 1967), il avait trois enfants.

[modifier] Documentaires

Au cours de sa carrière, le réalisateur a alterné les films purement fictionnels et les documentaires.

Le documentaire le plus connu pour lequel il a collaboré est sans conteste Le Monde du silence (1955). Co-réalisé avec Jacques-Yves Cousteau, c'est sa première réelle expérience professionnelle pour laquelle il deviendra scaphandrier.

Quinze ans plus tard il ira filmer la pauvreté des paysans de l'Inde pour Calcutta, l'Inde fantôme (1969). Cette expérience lui aurait fait hésiter à revenir à la fiction.

Il décide de filmer une autre forme de pauvreté, celle des travailleurs français, plongés dans une précarité quotidienne d'une usine Citroën à Rennes, c'est Humain trop humain (1973). Il filmera ensuite la population pauvre américaine dans God's Country (1985) puis La Poursuite du bonheur (And the Pursuit of Happiness, 1986), dans lequel il filmera les individus qu'il avait suivis une décennie plus tôt.

[modifier] Récompenses (non exhaustif)

[modifier] Filmographie

[modifier] Première période française

[modifier] Période américaine

[modifier] Deuxième période française

[modifier] Notes et références

  1. L’idée de faire appel à Miles Davis venait de Jean-Paul Rappeneau, l’assistant de Louis Malle à l’époque. Elle pourrait lui avoir été inspirée par la parution, quelques mois auparavant, du film Sait-on jamais… de Roger Vadim, dont la musique avait été composée par John Lewis du Modern Jazz Quartet. Louis Malle fut séduit par l’idée, et en particulier par la possibilité, qui lui paraissait alors inédite, d’utiliser pour son film une musique totalement improvisée. Il apprit cependant plus tard que Django Reinhardt avait déjà eu recours à ce procédé pour réaliser les bandes originales d’un certain nombre de courts métrages (voir John Szwed, So What: The Life of Miles Davis, New York, Simon & Schuster Paperbacks, 2004 (première édition, 2002), p. 152-153)

[modifier] Liens externes

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