Kathryn Bigelow

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Kathryn Bigelow
Description de cette image, également commentée ci-après
Kathryn Bigelow en 2010.
Nom de naissance Kathryn Ann Bigelow
Naissance (72 ans)
San Carlos, Californie, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis américaine
Profession Réalisatrice, scénariste, productrice
Films notables Aux frontières de l'aube
Point Break
Strange Days
Démineurs
Zero Dark Thirty
Detroit

Kathryn Bigelow [ˈkæθɹɪn ˈbɪɡəˌloʊ][1], née le à San Carlos (Californie), est une réalisatrice, scénariste et productrice américaine, première femme à recevoir l'Oscar du meilleur réalisateur (pour Démineurs en 2010).

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et débuts dans le cinéma d'action (années 1990-2000)[modifier | modifier le code]

Kathryn Bigelow, née à San Carlos, Californie, est la seule enfant de Gertrude Kathryn (née Larson 1917–1994), bibliothécaire, et de Ronald Elliot Bigelow (1915–1992), directeur d'usine de peinture. Sa mère était d'origine norvégienne. Elle est allée à l'école secondaire de Sunny Hills à Fullerton et à l'institution des arts de San Francisco en Californie. Elle étudie la théorie et la critique de cinéma à l'université Columbia où elle a notamment pour professeurs l'écrivaine Susan Sontag et le cinéaste Miloš Forman.

Après un court-métrage avec la violence pour toile de fond (The Set-up), et un film coréalisé avec Monty Montgomery (The Loveless), Kathryn Bigelow met en scène, en 1987, Aux frontières de l'aube (Near Dark), un film de vampires. La même année, elle réalise la vidéo de Touched by the Hand of God de New Order. Elle tourne ensuite Blue Steel, un film où une jeune policière (Jamie Lee Curtis) est poursuivie par un tueur psychopathe.

En 1991, elle remporte son premier grand succès commercial avec Point Break avec dans les rôles principaux Patrick Swayze et Keanu Reeves.

Son ex-mari James Cameron lui confie la réalisation d'un film d'anticipation dont il a écrit le scénario, Strange Days[2]. Sorti en 1995, le film reçoit de bonnes critiques mais est un échec au box-office.

À la même époque, elle développe avec le scénariste Jay Cocks un projet qui lui tient à cœur, consacré à Jeanne d'Arc : Company of Angels. Mais ses recherches et son scénario sont repris par Luc Besson, qui devait produire le film avant de s'en désister à la suite d'un désaccord sur l'actrice pour incarner Jeanne[3]. Besson concrétise sa propre version en 1999, et Bigelow lui intente un procès. L'affaire sera finalement réglée à l'amiable[4].

En 2000, alors que le thriller à moyen budget Le Poids de l'eau est un flop commercial, la cinéaste se voit confier la responsabilité de réaliser une grosse production - le plus gros budget de sa carrière, 100 millions de dollars. Ce thriller à suspense, nommé K-19 : Le Piège des profondeurs (K-19: The Widowmaker), sort en 2002. Essentiellement un huis-clos se déroulant dans le premier sous-marin nucléaire russe, elle y dirige Harrison Ford, face à Liam Neeson. Le film essuie cependant un cuisant échec commercial, ne rapportant que 66 millions de dollars, et divisant la critique.

Si en 2003, la cinéaste est membre du jury lors de la Berlinale, elle se retire bien des plateaux de cinéma. Elle ne revient vers la mise en scène qu'en 2004, afin de mettre en boîte le dixième et dernier épisode de l'éphémère série d'action Karen Sisco, avec Carla Gugino dans le rôle-titre.

Retour au premier plan et reconnaissance critique (années 2010)[modifier | modifier le code]

La cinéaste aux Oscars 2010 pour Démineurs.

Il faut attendre 2009 pour qu'elle revienne sur grand écran : c'est pour un film indépendant, le thriller de guerre Démineurs, avec un inconnu, Jeremy Renner, en tête d'affiche, dans le rôle d'un soldat spécialisé dans le déminage pendant la guerre d'Irak. Produit pour 15 millions, le film en rapporte 50 et reçoit des critiques dithyrambiques. En 2010, elle est la première femme à remporter le prix du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Démineurs à la 63e cérémonie des BAFTA Awards[5]. Quelques semaines plus tard, lors de la 82e cérémonie des Oscars, elle gagne également le trophée des catégories du meilleur film et du meilleur réalisateur. Le film obtient par ailleurs quatre autres récompenses. Ainsi devient-elle la première femme de l'histoire du cinéma à recevoir l'Oscar de la meilleure réalisation[6].

Le film donne surtout le ton du cinéma de Kathryn Bigelow : un univers masculin, et ayant pour thèmes de prédilection la violence, la terreur et l'humanité menacée.

Elle revient dès décembre 2012 avec un autre projet, au sujet éminemment politique et poursuivant son exploration de la guerre en Irak : Zero Dark Thirty est consacré à la traque de Ben Laden par une équipe gouvernementale dirigée par Maya, une analyste de la CIA incarnée par Jessica Chastain. Lors de sa sortie en salles, le film remporte à la fois un succès critique et public, rapportant 132 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 40 millions[7]. Le film reçoit 5 nominations à la 85e cérémonie des Oscars et 4 aux 70e Golden Globes.

En 2017, elle revient avec un troisième long-métrage scénarisé par le journaliste Mark Boal, Detroit, drame historique sur les émeutes survenues dans la ville américaine de Détroit en 1967 et les événements survenus à l'Algiers Motel.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Le , Kathryn Bigelow épouse le réalisateur James Cameron. Le couple divorce en 1991.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisatrice[modifier | modifier le code]

Courts métrages[modifier | modifier le code]

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Productrice[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

2008[modifier | modifier le code]

2009[modifier | modifier le code]

2010[modifier | modifier le code]

2012[modifier | modifier le code]

2013[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. « Strange Days (1995) - Catherine Bigelow - James Cameron France », sur www.jamescameron.fr (consulté le )
  3. Michael Atlan, « Les films que vous ne verrez jamais: le Jeanne d'Arc de Kathryn Bigelow (volé par Luc Besson) », sur Slate.fr, (consulté le )
  4. AlloCine, « Bigelow et Besson enfin d'accord », sur AlloCiné (consulté le )
  5. Jean-Luc Wachthausen, « Oscars : James Cameron en difficulté face à son ex-femme », Le Figaro, le 23 février 2010.
  6. « Pour la première fois, une femme, Kathryn Bigelow, est couronnée «meilleure réalisatrice» », sur Rfi, .
  7. « Zero Dark Thirty », sur Box Office Mojo (consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • (en) The Cinema of Kathryn Bigelow: Hollywood Transgressor, Londres, Wallflower Press, , 232 p. (ISBN 9781903364420)
  • (en) Kathryn Bigelow: Interviews, Univ. Press of Mississippi, , 224 p. (ISBN 9781617037757)
  • (en) Susan Dudley Gold, Kathryn Bigelow, Cavendish Square Publishing, coll. « Great Filmmakers », , 80 p. (ISBN 9781627129398)
  • Jérôme d'Estais, Kathryn Bigelow : Passage de frontières, Éditions Rouge profond, coll. « passage de frontières », , 200 p. (ISBN 979-10-97309-31-2).

Articles[modifier | modifier le code]

  • Apolline Caron-Ottavi, « Kathryn Bigelow : Femme d’action », 24 images, no 179,‎ octobre–novembre 2016, p. 20-21 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :