Cinéma italien

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Le cinéma italien, qui est le cinéma produit ou réalisé en Italie, est l'un des principaux cinémas nationaux de l'histoire du cinéma.

L’histoire du cinéma italien a commencé quelques mois après que les frères Lumière eurent créé le cinématographe le 28 décembre 1895 à Paris : ce sont eux qui l'introduisent en Italie au cours de l'année 1896. À la fin de l'après-guerre, ce sera l'un des cinémas nationaux les plus influents et reconnus au niveau mondial, avec des mouvements très forts comme celui du néoréalisme.

Le cinéma italien se déploie dans de nombreux sous-genres, dont le fameux western spaghetti ou le giallo. Souvent méprisé par la critique, le cinéma de genre italien a pourtant donné de véritables œuvres d'art et inspiré le reste du cinéma mondial.

De très nombreuses coproductions franco-italiennes font que le cinéma italien croise souvent le chemin du cinéma français. Dans les années 2000 et 2010, c'est toujours un cinéma très actif et primé.

Histoire du cinéma italien[modifier | modifier le code]

Les pionniers[modifier | modifier le code]

Le cinéma est apporté en Italie par les frères Lumière au cours de l'année 1896. En mars, le cinématographe arrive à Rome et à Milan, en avril à Naples, en juin à Livourne, en août à Bergame, Ravenne et Bologne, en octobre à Ancône[1] et Pérouse, en décembre à Turin, Pescara et Reggio Calabria.

Les premiers films italiens sont documentaires et ne durent que quelques secondes. Ils immortalisent au moyen d'une caméra à manivelle des faits et personnages de leur temps : rois, empereurs et papes. On peut avant tout citer l'inventeur, opérateur et réalisateur Filoteo Alberini, un ex-cartographe de l'Institut géographique militaire de Milan, qui avait breveté en Italie en 1895 le « Kinetografo », un appareil cinématographique semblable à celui qui sera divulgué six mois plus tard par les frères Lumière[2].

Le pape Léon XIII

Parmi les premiers cinéastes, on peut citer Vittorio Calcina, Rodolfo Kanzler, Italo Pacchioni, Roberto Omegna, Giuseppe Filippi, Luigi Sciutto et Giovanni Vitrotti.

Les premiers films datent de 1896. Cette année, Vittorio Calcina réalise pour le compte des frères Lumière un film, aujourd'hui perdu, sur le roi Humbert Ier et de la reine Marguerite de Savoie se promenant dans le parc à Monza[3],[4]. Le premier film parvenu jusqu'à nous concerne le pape Leon XIII qui se recueille dans les jardins du Vatican et se retourne vers la caméra pour donner sa bénédiction[5] ; il dure deux minutes et a été tourné en 1896 par Vittorio Calcina.

Le 28 janvier 1897, les princes Victor-Emmanuel et Hélène de Monténégro assistent à une projection organisée par Calcina, dans une salle du Palais Pitti à Florence[6]. Ceux-ci ont à leur tour été filmés pendant une cérémonie officielle par Alberini lors de la visite du baptistère de Saint-Jean à Florence[7]. Ils ont aussi été filmés lors de leur mariage par le français Charles Moisson pour le compte des frères Lumière, le 24 octobre 1896[8],[9].

Début de l'industrie du cinéma[modifier | modifier le code]

Jusqu'aux premières années du siècle, le cinéma était considéré comme une curiosité présentée dans des spectacles ambulants. L’industrie du cinéma italien naît entre 1903 et 1909 avec la création de sociétés de production dans les centres importants : l'Ambrosio Film, l'Aquila Film et l'Itala Film à Turin, la Cines à Rome, Milano Films (it) à Milan, Partenope Film (it) et Dora Film à Naples. En même temps apparaît un réseau de salles dans les centres urbains des villes. La plus ancienne salle de cinéma ouvre à Pise en 1905, le « cinéma lumière », dans les locaux du Palazzo Agostini. Il ne fermera que le 13 février 2011[10].

Un des premiers sous-genres apprécié fut les films à sujet, historique ou non : le premier de ce type fut, en 1905, le film de Filoteo Alberini, La Prise de Rome (20 septembre 1870) (La Presa di Roma). Pendant une grande période du cinéma muet, ces films ont côtoyé les documentaires, jusqu'à les remplacer presque complètement au début de la première guerre mondiale.

Une expérience de film parlant est conduite par le professeur Pietro Pierini (it) avec une projection le 19 octobre 1906 au cinéma Lumière de Pise[11]. Sa société Fabbrica Pisana di Pellicole Parlate produisit quelques courts-métrages synchronisés avec une bande son portant sur des chansons et des airs d'opéra, avant de fermer en 1919.

L'âge d'or[modifier | modifier le code]

Cabiria de Giovanni Pastrone (1914), le temple de Moloch

Entre 1910 et 1918, les premières compagnies atteignent une production de qualité et le cinéma italien commence à se vendre hors d’Italie.

Le genre du film à grand spectacle, qualifié de kolossal, apparaît. Mario Caserini produit en 1913 un Les Derniers Jours de Pompéi, qui est déjà un remake, de celui de Luigi Maggi et Arturo Ambrosio. La même année, Guazzoni réalise un Marc-Antoine et Cléopâtre très apprécié. Et l’année suivante, Giovanni Pastrone crée l’immense Cabiria.

Article détaillé : Cinéma futuriste.

L'Italie est la première à porter un mouvement d'avant-garde, avec le Futurisme. Le « Manifeste de la cinématographie futuriste », succédant à quelques expériences antérieures, est signé en 1916 entre autres par Filippo Marinetti, Arnaldo Ginna et Giacomo Balla. Le cinéma se prête à tous les « caprices merveilleux » des futuristes, en particulier grâce au montage et aux effets spéciaux. Plusieurs œuvres de ce mouvement ont été perdues. Une des plus significatives est Thaïs de Anton Giulio Bragaglia en 1917.

C'est aussi l'époque du « film de diva », avec des actrices comme Francesca Bertini, Lyda Borelli, Leda Gys et Italia Almirante Manzini spécialisées dans les passions tragiques. Ce furent les premières « stars » de cinéma et aussi les premières actrices à être filmées partiellement nues.

D’autres genres abordaient des thèmes sociaux. En 1916, le film Cenere (Braises) adapté du livre de Grazia Deledda était interprété par l’actrice de théâtre Eleonora Duse.

Enfin, à l'occasion de la Première Guerre mondiale, le film de propagande fait son apparition. Un héros, mythologique ou non, s'y immerge dans des aventures belliqueuses et s'y distingue par des actes courageux.

La grande crise et l'introduction du son[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Grande Guerre, le cinéma italien traverse une très forte période de crise, essentiellement due à la prolifération de petites maisons de production qui faisaient faillite après quelques films. Cela se manifeste par l'arrêt du développement de la technique, et la perte des marchés extérieurs. Artistiquement, le cinéma est encore dominé par la parole plutôt que par l'image.

L'affiche de La canzone dell'amore de Gennaro Righelli (1930)

Les drames passionnels résistent encore. Ils se limitent à reprendre des textes littéraires et des pièces de théâtre classiques. Ils sont dirigés par des spécialistes comme Roberto Roberti (le futur père de Sergio Leone). Giulio Antamoro (it) continue à produire des kolossal à thème religieux. Un autre filon qui tient bon est celui du film napolitain, inspiré des représentations populaires (sceneggiate), des chansons, de romans sentimentaux, ou de faits tragiques survenus à Naples.

Les fascistes arrivent au pouvoir entre 1922 et 1925. Ils tentent de relancer une industrie cinématographique en déclin et fondent en 1924 l'Istituto Luce, un institut de diffusion de films à fins éducatives et surtout de propagande. En 1927, le ciné-journal Giornale Luce (it) doit obligatoirement être diffusé dans tous les cinémas d'Italie avant le film.

Il faut attendre la fin des années 1920 pour voir retrouver quelques films novateurs. Deux futurs représentants de l'ère des « téléphones blancs » font leurs débuts : Alessandro Blasetti, avec Sole (1928), et Mario Camerini, avec Rails (Rotaie, 1929).

En 1930 sort le premier film parlant italien : La canzone dell'amore de Gennaro Righelli et interprété par Dria Paola, Elio Steiner (it) et Isa Pola, qui deviennent par la même occasion les premières « divas » du cinéma parlant italien. Ce film obtient un grand succès et marque le début de la renaissance du cinéma italien.

Ainsi que cela s'est produit à Hollywood, avec le passage au parlant, la plus grande partie des acteurs et des actrices italiens ne trouve plus de rôles dans les nouveaux films. Certains d'entre eux, comme Emilio Ghione et Mario Bonnard, se recyclent comme réalisateurs ou producteurs. Ce mouvement laisse la place à de nombreux nouveaux interprètes.

Cinecittà[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cinecittà.
L'entrée de Cinecittà

À la même époque, le fascisme crée le Ministère de la culture populaire (it). Après un incendie désastreux survenu en 1935 dans les studios de l'ancienne compagnie Cines, il suggère la création d'une structure importante pour relancer le cinéma.

Cette création est pleinement approuvée par Mussolini, qui avait affirmé dès sa prise de pouvoir en 1922 que « le cinéma est l'arme la plus forte »[12]. Un emplacement est trouvé dans le sud-est de Rome et après deux ans de travaux, le 21 avril 1937, Cinecittà est inaugurée.

Cette « cité du cinéma » est conçue à la manière de Hollywood pour fournir tout ce qui pouvait être nécessaire au tournage d’un film : théâtres, services techniques et même une école de cinéma, le Centro sperimentale di cinematografia, une véritable pépinière pour les futurs acteurs, réalisateurs et scénaristes. De nos jours encore, de nombreux films sont tournés à Cinecittà.

Les téléphones blancs et la propagande fasciste[modifier | modifier le code]

Assia Noris dans La casa del peccato

En 1939, une loi interdisant en grande partie l'importation des films étrangers, et en particulier américains, entre en vigueur. Dans ce marché protégé, se développent les films tirés d'œuvres littéraires, les films historiques, les comédies des téléphones blancs et les films de propagande fasciste.

Article détaillé : Téléphones blancs.
Vecchia guardia (1934) de Alessandro Blasetti, emblème du film de propagande fasciste

La période des téléphones blancs est relativement brève. Ce genre se caractérise invariablement (un véritable tic) par la présence de téléphones blancs dans les scènes représentées. Ils sont les signes d'une élite bien portante, au-dessus de la masse qui utilise alors majoritairement des téléphones noirs. La critique récente appelle aussi ce style commedia all'ungherese (« comédie à la hongroise »), car l'action est souvent située en Hongrie pour contourner la censure et pouvoir parler de divorce et d'adultère, choses impensables en Italie à l'époque. Ces films contribuent à lancer certains d’acteurs qui deviendront célèbres plus tard, comme Vittorio De Sica ou Alida Valli.

Article détaillé : Cinéma de propagande fasciste.

Dans les films de propagande fasciste, on exalte le régime fasciste, ses politiques, ses idéaux et ses valeurs. Les personnages de ces films proviennent quasiment toujours du peuple, se distinguent par des actes d'héroïsme, et sont unis par un sens aigu de l'honneur et de la patrie. Dans certains on exalte les actions de l'armée, dans d'autres on ridiculise les adversaires du régime.

Le néoréalisme[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Néoréalisme (cinéma).

Dans les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, l'Italie connaît les conflits sur son territoire et les destructions. C'est dans ce contexte que se développe le néoréalisme, un mouvement artistique et culturel qui touche toutes les formes d'art, et en particulier le cinéma.

Le cinéma néoréaliste représente la situation réelle du pays, la trame des films tournant souvent autour des vicissitudes des familles pauvres. Les acteurs sont fréquemment non professionnels, et connaissent donc ce quotidien qu'ils jouent. Une attention particulière est portée à la langue, avec un recours fréquent aux dialectes régionaux. Pour ce qui est de l'image, les réalisateurs se proposent de ne pas truquer la réalité : ils renoncent à l'illumination artificielle et aux prises de vue en studio. Comme Cinecittà était occupée par des réfugiés, les films furent souvent tournés à l’extérieur sur les routes dévastées du pays vaincu, ou à la maison de parents et d'amis.

Quatre Pas dans les nuages (Quattro passi tra le nuvole) d'Alessandro Blasetti en 1942 est l’histoire d’un humble employé. Pour beaucoup, il est considéré comme le premier film néoréaliste. La trilogie de Roberto Rossellini (Rome, ville ouverte, Païsa et Allemagne année zéro), entre 1945 et 1948, décrit la fin du fascisme et les gens dans la guerre. La poésie et la cruauté de la vie sont harmonieusement combinées dans les films que Vittorio De Sica scénarise et réalise avec le scénariste Cesare Zavattini : parmi ceux-là, Sciuscià en 1946, Ladri di Biciclette (Le Voleur de bicyclette) en 1948 et Miracolo a Milano (Miracle à Milan) en 1950. On peut aussi citer Luchino Visconti, Giuseppe De Santis et Pietro Germi. Federico Fellini se forme auprès de l'école néoréaliste mais en même temps est à la recherche d'une dimension esthétique qui lui permette de la dépasser.

L'époque néoréaliste est aussi celle où l'on voit exploser des talents d'acteur comme celui d'Anna Magnani.

Le cinéma d'auteurs des années 1950 à 1970[modifier | modifier le code]

À partir de la moitié des années 1950, le cinéma italien commence à s'émanciper du néoréalisme et affronte les thèmes de la vie d'un point de vue plus introspectif que descriptif. C'est un cinéma d'auteurs, marqué par le style personnel des réalisateurs.

Michelangelo Antonioni, avec des films comme Femmes entre elles (Le amiche), Le Cri (Il grido) et la tétralogie L'avventura, La Nuit (La notte), L'Éclipse (L'eclisse) et Le Désert rouge (Deserto rosso), crée un cinéma existentiel, introspectif, et porte son attention à la psychologie des personnages plutôt qu'aux évènements. Sa célébrité et sa reconnaissance internationale seront consolidées par des œuvres comme Blow-Up et Profession : reporter.

Federico Fellini, avec des chefs-d'œuvre comme Les Vitelloni, La strada, Les Nuits de Cabiria et La dolce vita, s'impose comme un des points de référence du cinéma italien dans le monde. Son style inimitable est mis en valeur par le partenariat réussi avec le compositeur Nino Rota, dont les musiques entreront dans l'imaginaire collectif. Certaines scènes de ses films deviendront le symbole d'une époque entière, comme la fameuse scène où Anita Ekberg, dans La dolce vita, se baigne dans la fontaine de Trevi. À partir des années 1960, il commence à expérimenter et à jouer avec l'onirisme, avec Satyricon, Amarcord, Le Casanova de Fellini et La Cité des femmes.

Luchino Visconti, le grand esthète, continue à offrir au cinéma italien d'autres créations inoubliables et prestigieuses : Senso, Rocco et ses frères, Le Guépard, Les Damnés, Mort à Venise et Ludwig ou le Crépuscule des dieux.

Franco Zeffirelli est un élève de Visconti. Parmi ses œuvres les plus remarquées, il y a les transpositions de William Shakespeare: La Mégère apprivoisée et Roméo et Juliette.

Pier Paolo Pasolini est un autre grand nom du cinéma italien. Réalisateur, acteur, poète et écrivain, il s'oppose dans ses œuvres à la morale de l'époque. Personnage de rupture, jusqu'à son assassinat en 1975, il ne cesse de combattre sur tous les fronts (littéraire, cinématographique et politique) pour proposer ses propres valeurs contraires au conformisme et au consumérisme de la société italienne. Ses premiers films sont Accattone et Mamma Roma, avec Anna Magnani dans le rôle d'une prostituée. Suivent L'Évangile selon saint Matthieu, Des oiseaux, petits et gros, Œdipe roi, Théorème et Médée. La « trilogie de la vie (Le Décaméron, Les Contes de Canterbury et Les Mille et Une Nuits) aurait du être suivie d'une « trilogie de la mort » commencée avec le dérangeant Salò ou les 120 Journées de Sodome.

Le néoréalisme rose[modifier | modifier le code]

Le néoréalisme prend fin avec Umberto D. de Vittorio de Sica. Le genre des films qui suivent, avec des atmosphères plus légères, peut-être plus cohérentes avec les conditions générales de vie plus satisfaisantes, a été appelé néoréalisme rose.

L'exemple le plus célèbre du néoréalisme rose est sans doute Pain, amour et fantaisie de Luigi Comencini[13].

Ce filon utilise des actrices aux formes épanouies qui deviennent de vraies célébrités : Sophia Loren, Gina Lollobrigida, Silvana Pampanini, Lucia Bosé, Eleonora Rossi Drago, Silvana Mangano, Claudia Cardinale et Stefania Sandrelli peuplent l’imagination des Italiens juste avant le « boom des années 1960 ».

La comédie à l'italienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comédie à l'italienne.
Antonio De Curtis, dit Totò, dans Fermo con le mani! (it) en 1937

Bientôt, le néoréalisme rose est remplacé par la comédie à l'italienne (commedia all'italiana), un genre qui par le rire évoque de façon détournée, mais de manière profonde, les thèmes sociaux, politiques et culturels de l'Italie. Ce nom se réfère à un film de Pietro Germi, Divorce à l'italienne, de 1961. Ces films décrivent les années de la reprise économique et enquêtent sur les coutumes des Italiens, une sorte de recherche auto-ethnologique.

L'humour n'a pas attendu cette période pour se manifester dans le cinéma italien. Totò, un acteur napolitain reconnu comme le plus grand comique italien, constitue un véritable phénomène qui a commencé dès 1937. Dans ses films, souvent avec Peppino De Filippo et presque toujours avec Mario Castellani, il s’exprime aussi bien avec ses manières de guitto (cabotin) que dans l’art du grand acteur dramatique qu’il est également. Son visage mobile unique, ses expressions et mimiques personnelles, et ses gestes créent un personnage inimitable. C’est une machine à films, avec presque cent titres, dans un répertoire fréquemment répétitif mais jamais ennuyeux.

On considère généralement que la « comédie à l’italienne » débute avec Le Pigeon (I soliti ignoti) de Mario Monicelli en 1958. Il est suivi par Ettore Scola, Pietro Germi, Luigi Comencini et Dino Risi. Les acteurs Marcello Mastroianni, Vittorio Gassman, Ugo Tognazzi, Alberto Sordi, Claudia Cardinale, Monica Vitti et Nino Manfredi figurent parmi les stars des comédies à l'italienne.

Pietro Germi, dans Divorce à l'italienne, expose la méthode pratique pour se séparer de sa femme qui consiste à la tuer en montant de toutes pièces un « crime d'honneur », faiblement puni. On peut aussi citer Ces messieurs dames de 1966, une autre comédie de mœurs acide.

En 1961, Dino Risi réalise Le Fanfaron (Il sorpasso), qui mélange le comique d'un personnage et le sérieux d'un sujet tragique. Il réalise également Une vie difficile, Les Monstres et Au nom du peuple italien.

Les films de Mario Monicelli comprennent La Grande Guerre, les Camarades, L'Armée Brancaleone, Nous voulons les colonels, Romances et confidences et Mes chers amis.

On retrouve Luigi Comencini avec Don Camillo en Russie en 1965, L'Argent de la vieille (Lo scopone scientifico) en 1971 ou Le Grand Embouteillage en 1978.

Ettore Scola filme la perte des illusions dans Nous nous sommes tant aimés en 1974 et le grotesque dans Affreux, sales et méchants. Il participe avec Dino Risi et Mario Monicelli aux Nouveaux Monstres. Son film La Terrasse de 1980 est considéré comme le dernier film du genre de la comédie à l'italienne.

L'humour ne s'éteindra pas dans le cinéma italien après cela. On peut citer par exemple les films de Roberto Benigni ou de Carlo Verdone, autour des années 1990.

Le cinéma social et politique[modifier | modifier le code]

Manifestation d'étudiants à Rome en février 1968

Les mouvements sociaux de 1968 en Italie, impliquant des étudiants, des ouvriers et une partie de la société civile, et le militantisme de la décennie qui suit, influencent aussi le cinéma. À côté de la comédie, qui se permet souvent la satyre sociale, se développe un genre impliqué socialement et politiquement de façon plus directe.

Dans ce contexte, de nouveaux réalisateurs continuent et amplifient l'œuvre commencée bien avant par Francesco Rosi, auteur de comme Salvatore Giuliano de 1961, qui raconte l'histoire du célèbre bandit sicilien, et Main basse sur la ville de 1963, qui dénonce la spéculation immobilière.

Parmi les films les plus importants de ce genre, figurent Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon et La classe ouvrière va au paradis en 1970 et 1971 d'Elio Petri, avec Gian Maria Volontè qui devient un symbole du cinéma engagé. Damiano Damiani transpose dans La Mafia fait la loi de 1967 avec Franco Nero et Claudia Cardinale le roman Le Jour de la chouette (it) de Leonardo Sciascia.

Le sommet du film de dénonciation est sans doute L'Affaire Mattei de 1972, une enquête dans laquelle Francesco Rosi cherche à faire la lumière sur la mort mystérieuse de Enrico Mattei, député et patron du groupe pétrolier d'État, l'ENI, palme d'or à Cannes.

Le film politique italien ne se limite pas à la réalité italienne. La Bataille d'Alger de Gillo Pontecorvo de 1966 est une reconstruction des évènements civils et militaires qui permettront à l'Algérie de s'affranchir du colonialisme français. Ce film, Lion d'or à Venise, est devenu avec le temps un des films italiens les plus connus au monde.

Le film politique fera son retour dans les années 2000 pour dénoncer l'Italie de Silvio Berlusconi avec Viva Zapatero! de Sabina Guzzanti, Le Caïman de Nanni Moretti ou Videocracy - Basta apparire (it) d'Erik Gandini (it).

Le cinéma de genre[modifier | modifier le code]

En Italie a toujours existé un cinéma populaire qui s'est exprimé dans des genres très divers : film policier, western, film d'horreur… Il a été particulièrement présent de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 1980, avec un pic dans les années 1960 et 1970.

Boudé par la critique qui l'évacue comme un cinéma de série B, il est pourtant très original par rapport à ses équivalents hors d'Italie. Très apprécié du public, en Italie comme ailleurs, il a toute sa place dans l'histoire du cinéma italien.

Article détaillé : #Le cinéma de genre italien.

La crise des années 1980[modifier | modifier le code]

Au cours des années 1980, le cinéma italien traverse une grave crise, qui touche aussi d'autres pays de tradition cinématographique comme le Japon ou la France. En sont victimes la comédie à l'italienne, les différents cinémas de genre et le cinéma d'auteur. Le niveau des films destinés à un public populaire baisse jusqu'à la série B. Les causes sont à chercher d'une part dans la diffusion de la télévision dans les foyers italiens, et son aspect de plus en plus commercial, et d'autre part dans l'invasion des films hollywoodiens au budget de plus en plus gros et qui monopolisent les salles italiennes et internationales.

On remarque cependant les derniers films de Federico Fellini : Et vogue le navire..., Ginger et Fred, Intervista et La voce della luna. Ettore Scola réalise La Nuit de Varennes, Le Bal et La Famille. On n'oublie pas non plus les vastes fresques de Bernardo Bertolucci, Le Dernier Empereur, ni de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique, qui sont des grandes coproductions internationales.

Nanni Moretti se fait remarquer en 1978 avec Ecce Bombo, et réalise ensuite Bianca et La messe est finie. Ermanno Olmi obtient en 1978 la palme d'or à Cannes avec L'Arbre aux sabots. Giuseppe Tornatore est une des autres révélations de la décennie, avec Le maître de la camorra (it) de 1986, tiré du roman Le Camorriste (it) de Raffaele Cutolo.

Sur le front de la comédie, on peut citer Non ci resta che piangere (it) de Massimo Troisi et Roberto Benigni, un grand succès au box office, ou Le Petit Diable de Roberto Benigni, ainsi que les celles de Carlo Verdone comme Un sacco bello.

Le renouveau du cinéma italien dans les années 1990[modifier | modifier le code]

La crise économique et créative des années 1980 s'atténue dans la décennie suivante, même si les différents films de genre, désormais sans public et incapables de lutter avec le cinéma américain, ont dans l'ensemble disparu.

Un certain nombre de réalisateurs contribuent à ramener le cinéma italien à un niveau élevé. Cette renaissance est symbolisée par Cinéma Paradiso, le film avec lequel Giuseppe Tornatore remporte l'Oscar du meilleur film étranger en 1990. Cette récompense est décernée, deux ans plus tard, à un autre film italien, Mediterraneo de Gabriele Salvatores, une histoire ironique et amère sur un groupe de soldats italiens perdus sur une île grecque durant la Seconde Guerre mondiale.

Le cinéma d'auteur des années 1990 est surtout lié à Nanni Moretti, qui obtient le prix de la mise en scène à Cannes en 1994 avec Journal intime. Suivent Aprile et La Chambre du fils avec lequel il obtient la palme d'or en 2000.

Un autre réalisateur représentatif de ce nouveau cinéma d'auteur est Gianni Amelio qui cherche à prolonger le néoréalisme en le renouvelant avec des histoires contemporaines liées aux changements de la société italienne : Les Enfants volés ou Lamerica. Son cinéma a su évoluer soit de manière intimiste (Les Clefs de la maison), soit de manière épique (L'Étoile imaginaire).

On peut aussi citer Mario Martone, Francesca Archibugi, le fils de Dino Risi, Marco, le fils de Ugo Tognazzi, Ricky, Michele Placido, Mimmo Calopresti, les deux filles de Luigi Comencini, Francesca et Cristina, Claudio Fragasso et Roberto Faenza. Marco Tullio Giordana réalise le film-fleuve Nos meilleures années (La meglio gioventù).

La comédie réussit aussi à retrouver tout son éclat. Massimo Troisi et Roberto Benigni sont deux acteurs de leurs propres films. Benigni, après Johnny Stecchino et Le Monstre, fait un triomphe international avec La vie est belle, comédie aigre-douce sur les camps de concentration nazis. On remarque Leonardo Pieraccioni, qui se réclame ouvertement de Mario Monicelli, et Paolo Virzì, auteur des très appréciés Vacances d'août (it), Ovosodo et Caterina va en ville. Autre comédie tout en finesse, celle de Silvio Soldini Pain, tulipes et comédie.

Le cinéma de genre italien[modifier | modifier le code]

De nombreux genres cinématographiques ont été explorés par le cinéma italien. À chaque fois, ils prenaient une coloration particulière, se différenciant de leurs équivalents français, américains ou d'autres pays.

Le cinéma de genre italien n'est pas vraiment circonscrit dans le temps, mais a connu son apogée dans les années 1960 et 1970.

La critique a opposé cinéma de genre et cinéma d'auteur. Pourtant, certaines réalisations de Sergio Leone, pour prendre un exemple, sont des monuments reconnus du septième art. D'autres réalisations lui donnent raison et tombent dans le cinéma d'exploitation.

Le mélodrame[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Melodramma strappalacrime.

Le mélodrame est déjà en vogue en Italie aux temps du cinéma muet.

Dans la seconde moitié des années 1940 et le début des années cinquante, à côté du néorealisme, on produit de nombreux mélodrames à grand succès populaire, appelés strappalacrime (« arrache-larmes »), qui constitue un « néoréalisme de roman-photo ». Des couples séparés par les différences sociales ou d'autres obstacles finissent par réussir à s'unir. Le maître du genre est Raffaello Matarazzo. Ses films, grands succès commerciaux, sont interprétés par Amedeo Nazzari et Yvonne Sanson, le couple emblématique du genre. On peut aussi citer Guido Brignone, Mario Bonnard, Carmine Gallone, et bien d'autres.

À la fin des années 1960, on appelle plutôt les mélodrames des lacrima-movie. Cette fois, le happy end est remplacé par une fin tragique. Des enfants victimes de parents indifférents ou en train de se séparer meurent, victimes d'un accident ou d'une longue maladie[14]. Le chef-d'œuvre du genre est sans doute L'Incompris de Luigi Comencini. On peut aussi citer par exemple Ruggero Deodato ou Raimondo Del Balzo.

Ce tour d'horizon du mélodrame italien ne serait pas complet sans parler de la transposition au cinéma des sceneggiate napolitaines, comme Lacrime napulitane (it) de Ciro Ippolito (1981) ou Tradimento (it) de Alfonso Brescia (1982).

Le péplum[modifier | modifier le code]

Affiche américaine pour Les Travaux d'Hercule de Pietro Francisci (1958)

Le genre du péplum tire son nom de la tunique féminine de l'antiquité grecque. Les premiers péplums remontent aux films historiques des débuts du cinéma italien : Quo vadis ? en 1912, Les Derniers Jours de Pompéi en 1913.

Quo vadis ? inaugure les kolossal, des films au budget imposant, aux nombreux acteurs et qui sont lancés commercialement. Il est suivi par le monumental Cabiria en 1914.

Article détaillé : Maciste.

Dans les années 1950 et 1960, le genre revient, au travers de personnages mythologiques comme Hercule et ses travaux, Ulysse, Jason et les argonautes, Samson et Goliath ou Maciste. Ce dernier, modèle de l'homme fort, est déjà présent dans Cabiria et sera au centre de nombreux films sans rapport les uns avec les autres, au point qu'on a même osé un Maciste contre Zorro !

Le western[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Western spaghetti.

Le western italien a été surnommé de façon quelque peu sarcastique « Western spaghetti ».

Quand il commence, au début des années 1960, le western, genre d'origine américaine, est déjà sur son déclin. Ce sont les Italiens qui vont lui donner une seconde jeunesse, en faisant évoluer radicalement ses codes. Le gentil héros, bien peigné après une journée à cheval, qui lutte contre les méchants Indiens ou des bandits mexicains, est remplacé par des anti-héros hirsutes, sales, violents et amoraux. L'esthétique prend une grande place, avec en particulier des angles de caméra très ouverts et des cadrages originaux. Le western spaghetti a aussi fourni quelques-unes des plus belles bandes originales du septième art composées par Ennio Morricone.

Sergio Leone a défini le genre. Parmi ses films les plus célèbres, il y a Pour une poignée de dollars en 1964, Et pour quelques dollars de plus en 1965, Le Bon, la Brute et le Truand en 1966, Il était une fois dans l'Ouest en 1968, Il était une fois la révolution en 1971.

Parmi les autres réalisateurs, il y a Duccio Tessari qui réalise Un pistolet pour Ringo en 1964, Sergio Corbucci avec Django en 1966, Sergio Sollima avec Le Dernier Face à face en 1967, Damiano Damiani avec El Chuncho en 1966 et Lucio Fulci avec Le Temps du massacre en 1966.

C'est dans des westerns mâtinés de comique que débute le duo Terence Hill et Bud Spencer, autres noms des Italiens Carlo Pedersoli et Mario Girotti. On retiendra par exemple On l'appelle Trinita de 1972 et Mon nom est Personne de 1973. Ils tourneront ensemble 18 films qui ne se cantonnent pas au domaine du western.

Enzo G. Castellari réalise le dernier grand western spaghetti, Keoma, en 1976. Les productions ultérieures, à faible budget, ne renoueront plus avec le succès.

Le film policier[modifier | modifier le code]

Le film policier remonte aux origines du cinéma italien, puisque Corte d'Assise (it) (cours d'assise) de Guido Brignone a été le second film sonore italien distribué dans les salles de cinéma.

Article détaillé : Giallo.

Le terme giallo (« jaune ») est le nom utilisé en Italie pour désigner le roman policier. Il tire son origine d'une collection de romans policiers publiés par les éditions Mondadori de 1929 jusqu'aux années 1960, à la couverture jaune. Les films qui émergent de ces livres dans les années 1960 adaptent à l'origine ces romans policiers à l'écran avant de former, grâce aux techniques cinématographiques modernes, un genre cinématographie à part entière, à la frontière entre le policier, l'horreur et le fantastique.

En 1963, Mario Bava offre La Fille qui en savait trop. L'histoire, macabre et légèrement ironique, présente un personnage tordu et effrayant qui sème l'horreur et la mort dans les rues de Rome. Le film est considéré comme le premier du genre giallo, ouvrant la voie à d'autres films semblables d'autres réalisateurs, avec les caractéristiques suivantes : l'invraisemblance de la situation de départ, l'importance de la mise en scène, l'atmosphère menaçante, l'accent sur les rumeurs, le fantastique, l'utilisation des lumières, et le dernier ou l'avant-dernier mort que l'on croyait être l'assassin. En 1964, Mario Bava récidive avec Six femmes pour l'assassin, modèle du genre, avec des éléments comme l'assassin en imperméable noir, gants et chapeau, les scènes de crime variées, élaborées et cruelles, les musiques entêtantes, et également un peu de nudité. Le genre évoluera ensuite vers le giallo érotique d'une part, et vers des crimes de plus en plus chorégraphiques et l'incursion dans la psyché de l'assassin d'autre part, dans un genre bientôt nommé thrilling. Le giallo décline finalement dans les années 1980.

Article détaillé : Néo-polar italien.

Autre axe de développement du film policier en Italie, le poliziottesco ou poliziesco all'italiana est en vogue entre les années 1970 et le début des années 1980. Ce « néo-polar italien » présente des enquêtes policières qui prennent souvent comme point de départ des faits divers de l'époque, en les développant avec emphase, en ajoutant souvent une critique sociale, parfois démagogique, ou dans d'autres cas avec humour. L’action et de la violence sont exacerbées et explicites, le policier est souvent un anti-héros, avec un goût pour la violence plutôt que l'intention de faire respecter la loi.

Le genre commence probablement par un petit film de Carlo Lizzani en 1968, Bandits à Milan, avec Tomás Milián dans le rôle d’un commissaire violent et intransigeant. Il perce vraiment avec La polizia ringrazia (it) de Steno et est codifié définitivement avec Le témoin à abattre, de Enzo G. Castellari. Le genre atteint sa plénitude avec le personnage du commissaire Betti, interprété par Maurizio Merli.

La critique italienne de l’époque n’a jamais aimé le néo-polar. Accusé de fascisme, d'insensibilité à la politique, d'apologie de la justice rendue soi-même, ces films étaient éreintés en quelques lignes et accusés de proposer toujours la même histoire.

Le film d'espionnage[modifier | modifier le code]

La science-fiction[modifier | modifier le code]

Même si ce n'est pas très connu, le cinéma italien a produit de la science-fiction, de manière plus artisanale et avec moins de moyens qu'Hollywood. La particularité de ce genre en Italie est que l'imaginaire scientifique est peu présent.

Le premier film de science-fiction italien est Totò nella luna (it), une comédie en noir et blanc qui reprend les éléments de la science-fiction de façon comique.

La science-fiction « Made in Italy » s'est développée à partir de la fin des années 1950 avec Paolo Heusch et Le danger vient de l'espace, précurseur du film-catastrophe, ainsi qu'avec Riccardo Freda.

Les années soixante furent les plus prolifiques. Antonio Margheriti représente ce renouveau, ses films sont réalisés avec peu de moyens mais néanmoins sont de larges succès et arrivent à s'exporter à l'étranger. Cela permet à de nombreux cinéastes de genres différents de tourner une myriade de films : Ubaldo Ragona (it) avec Je suis une légende d'après Richard Matheson, Carlo Ausino (it), Pietro Francisci ou encore le maître de l'horreur Mario Bava. Il y a eu également des auteurs plus engagés, de cinéma d'auteur, qui s'autorisèrent des écarts par la science-fiction, tels Elio Petri avec La Dixième Victime, avec Marcello Mastroianni d'après Robert Sheckley, ou Marco Ferreri avec La Semence de l'homme. Dans les années 1960 et 1970, le filon de la science-fiction s'est mélangé avec le genre de la satire et de la critique sociale.

Dans les années 2000, on peut citer la satire Fascisti su Marte (it), qui raconte une expédition de l'Italie de Mussolini sur la planète rouge.

Le cinéma d'animation[modifier | modifier le code]

Le film musical[modifier | modifier le code]

Affiche de I ragazzi del juke-box

Il est étonnant que les Italiens, qui sont sans doute les inventeurs, au XVIIIe siècle, du terme commedia musicale, soient tellement absents de la comédie musicale filmée. Le seul titre que l'on peut inscrire dans ce genre, que les Italiens désignent d'ailleurs par le terme anglais musical, est Le Carrousel fantastique d'Ettore Giannini, en 1954, avec Sophia Loren. En revanche, au théâtre, le genre de la comédie musicale est à la fois ancien et bien vivant en Italie.

Le musicarello est un filon apparu dans les années 1950 et qui a connu son apogée dans les années 1960. Prétexte à montrer un chanteur et son dernier disque, faisant l'apologie de la jeunesse et de la mode, ces « films à chansons » se déroulent souvent à la plage et dans une ambiance insouciante. Le premier musicarello est I ragazzi del juke-box (it) de Lucio Fulci en 1959, avec entre autres Adriano Celentano. Parmi les nombreux titres, on peut retenir In ginocchio da te (it) avec Gianni Morandi et Rita la zanzara (it) avec Rita Pavone.

Le film d'horreur[modifier | modifier le code]

Barbara Steele dans une séquence du film Le Masque du démon

Les deux noms fondamentaux de ce genre sont Mario Bava et Dario Argento.

Le premier, directeur de la photographie reconverti dans la mise en scène, a créé une vraie exigence de qualité pour l'horreur en Italie. Il a également été un remarquable narrateur, cultivé et raffiné. Les films que l'on peut retenir de sa filmographie sont: Le Masque du démon (1960), Le Corps et le Fouet (1962), Les Trois Visages de la peur (1965) ou encore La Baie sanglante (1971), précurseur du genre moderne slasher.

Dario Argento est alors le continuateur idéal de certaines atmosphères appartenant à Bava. Il a transformé le cinéma d'horreur italien en une forme de cinéma plus populaire, oscillant entre le thriller pur et l'horreur de nature plus fantastique, avec des films qui sont encore des modèles autant pour le point de vue formel et esthétique que pour le point de vue narratif. Tout en ayant puisé l'inspiration dans quelques films de Bava (La Fille qui en savait trop et Six femmes pour l'assassin), Argento dans ses meilleures œuvres a réussi à se démarquer et à s'émanciper de son maître grâce à une utilisation pressante du montage en association avec des bandes-sonores qui sont restées dans les annales : sa collaboration avec le groupe musical des Goblin a été fondamentale, pendant sa période de gloire. Les films que l'ont peut retenir de sa filmographie sont: : L'Oiseau au plumage de cristal (1970), Le Chat à neuf queues (1971), Quatre mouches de velours gris (1971) ou encore Suspiria (1977).

Aux alentours des années 1960, et en particulier dans la décennie suivante, sont apparus des réalisateurs qui ont réinventé plusieurs formes du cinéma d'horreur, laissant des contributions mémorables. Parmi eux, Antonio Margheriti (Danse macabre, Contronatura), Riccardo Freda (Les Vampires, considéré comme le premier film d'horreur italien), L'Effroyable secret du docteur Hichcock), Lucio Fulci (La Longue Nuit de l'exorcisme, L'Au-delà), Pupi Avati (La Maison aux fenêtres qui rient, Zeder), Ubaldo Ragona (Je suis une légende), Francesco Barilli (Il profumo della signora in nero), Sergio Martino (L'Étrange vice de madame Wardh, Torso), Ruggero Deodato, Michele Soavi, Lamberto Bava (fils de Mario Bava)…

Le film de guerre[modifier | modifier le code]

  • Macaroni war

Le film choc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mondo (cinéma).

Érotisme et pornographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Comédie érotique à l'italienne.
  • Comédie érotique à l'italienne
  • Commedia erotica familiare
  • Érotisme dans le cinéma italien
  • Pornographie, Cicciolina

Le cinéma italien de nos jours[modifier | modifier le code]

Parmi les réalisateurs découverts dans les années 2000 et 2010, on compte Gabriele Muccino, Paolo Sorrentino, Emanuele Crialese et Matteo Garrone.

Ce renouveau semble même redonner des ailes aux anciens : Marco Bellocchio et Ermanno Olmi signent avec Le Sourire de ma mère et Le Métier des armes deux chefs-d'œuvre parmi leurs plus grands films.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Angelini, F. Pucci Materiali per una storia del cinema delle origini, 1981. « […] allo stato attuale delle ricerche, la prima proiezione nelle Marche viene ospitata al Caffè Centrale di Ancona: ottobre 1896 »
  2. (it) Fernaldo Di Giammatteo, Un raggio di sole si accende lo schermo, dans I Cineoperatori. La storia della cinematografia italiana dal 1895 al 1940 raccontata dagli autori della fotografia (volume 1°), 1999
  3. (it) Wladimiro Settimelli, Dall'agiografia al messaggio fotografico per la storia, éditions Palatino, Rome, 1967
  4. (en) Umberto e Margherita di Savoia a passeggio per il parco sur IMDb
  5. Vidéo du Pape Léon XIII
  6. (it) Gian Piero Brunetta, Guida alla storia del cinema italiano. 1905-2003, éditions Einaudi, Turin, 2003, p. 425
  7. (en) S.A.R. il Principe di Napoli e la Principessa Elena visitano il battistero di S. Giovanni a Firenze sur IMDb
  8. (it) Elisabetta Bruscolini, Roma nel cinema tra realtà e finzione, Rome, Fondazione Scuola Nazionale di Cinema, p. 18
  9. (it) Riprese degli operatori Lumière a Torino, Enciclopedia del cinema in Piemonte
  10. (it) Chiude il Cinema Lumiere a Pisa dopo 100 anni di attività
  11. (it) Renato Bovani e Rosalia Del Porro, Il Lumière di Pisa, Pisa, Felici Editore, 2005
  12. (it) Maria Grazia Mazzocchi, Il cinema, grancassa del regime fascista
  13. (it) Francesca Barile, Il neorealismo rosa: Pane, amore e fantasia, 13 mai 2012
  14. (it) Preparate i fazzoletti, guida al lacrima movie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources de traduction[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Peter Bondanella, Italian Cinema: From Neorealism to the Present, 3e éd., New York et Londres, Continuum, 2002 (ISBN 9780826412478)
  • (en) Barry Forshaw, Italian Cinema: Arthouse to Exploitation, Harpenden, The Pocket Essential, 2006, 160 p. (ISBN 9781904048558)
  • (en) Marcia Landy, Italian Film, Cambridge ; New York, Cambridge University Press, 2000 (ISBN 9780521649773).
  • (fr) Marie Frappat, Cinémathèques à l'italienne : conservation et diffusion du patrimoine cinématographique en Italie, Paris, 2006, 244 p.
  • (fr) Laurence Schifano, Le Cinéma italien : de 1945 à nos jours, crise et création, Paris, Nathan Université, 2006, 128 p. (ISBN 9782091907406)
  • (it) Gian Piero Brunetta, Cent'anni di cinema italiano, 1. Dalle origini alla seconda guerra mondiale, 2. Dal 1945 ai giorni nostri, Rome-Bari, Laterza, 1995 (ISBN 9788842046899) (ISBN 9788842046905).
  • (it) Fernando Di Giammatteo, Dizionario del cinema italiano : dagli inizi del secolo a oggi i film che hanno segnato la storia del nostro cinema, Rome, Editori Riuniti, 1995 (ISBN 9788835940081).
  • (it) Franca Faldini et Geoffredo Fofi, (sous la direction de), L'avventurosa storia del cinema italiano 1933-1959, Milan, Feltrinelli, Milano, 1979.
  • (it) Franca Faldini et Geoffredo Fofi, Il cinema italiano d’oggi 1970- 1934 : raccontato dai suoi protagonisti, Milan, Mondadori, 1984 (OCLC 159788366).
  • (it) Enrico Lancia, Roberto Poppi, Dizionario del cinema italiano. I film. Vol.6. Dal 1990 al 2000, Rome, Gremese, 2001-2002 (ISBN 9788884402950).
  • (it) Carlo Lizzani, Roberto Chiti, Il cinema italiano. Dalle origini agli anni Ottanta, Rome, Editori Riuniti, 1992 (OCLC 158140387).
  • (it) Steve Della Casa, Marco Giusti, Il grande libro di Ercole. Il cinema mitologico in Italia, Edizioni Sabinae - Centro Sperimentale di Cinematografia, 2013

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]