Henry King

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Henry King

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Henry King en 1915

Naissance 24 janvier 1886
Christiansburg, Virginie
États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Décès 29 juin 1982 (à 96 ans)
Toluca Lake, Californie
États-Unis
Profession Réalisateur
Films notables Le Brigand bien-aimé, Les Neiges du Kilimandjaro, Tendre est la nuit

Henry King est un réalisateur américain né le 24 janvier 1886 à Christiansburg en Virginie et mort le 29 juin 1982 à Toluca Lake en Californie. Il a un frère réalisateur Louis King. Il est l'un des 36 fondateurs de l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (AMPAS) qui décerne chaque année les Oscars.

Biographie[modifier | modifier le code]

Analyse[modifier | modifier le code]

  • La carrière d' Henry King épouse l'histoire et l'évolution de la Fox, dont il fut le cinéaste maison et pour laquelle il tourna 44 films entre 1930 et 1962, année de son dernier opus. « Il créait et suivait en même temps le destin de la firme. Sa longévité au studio et le succès régulier de ses films lui garantissait un rayonnement plus souterrain mais peut-être aussi profond que celui de John Ford. King touche à des qualités essentielles de l'esprit américain, dans la tradition des pionniers, dont il exalte et dissèque le mode de vie. »[1]
  • À la Fox, Zanuck lui confie ses projets les plus importants. « Sa politique très directive définit la double identité du style Fox : une veine aride, en noir et blanc, assez contemporaine et très souvent sans musique, et une veine colorée, exotique ou romantique, mise en musique avec opulence. »[1]L'œuvre d' Henry King traduit idéalement cette dualité. Alors que Le Brigand bien-aimé (1939), version idéalisé du mythe de Jesse James, est déjà en technicolor, Le Chant de Bernadette (1943), chronique du miracle de Lourdes, est en noir et blanc. En 1947, Capitaine de Castille est identiquement colorisé, mais Un homme de fer (1949) et le western La Cible humaine (1950) demeurent en noir et blanc.
  • Sur le plan stylistique, King semble très linéaire. Sa manière de filmer, tributaire du modèle hérité de Griffith, éclaire un ordre naturel et immuable du monde. Contemplative, sa vision est essentiellement concernée par la place de l'homme dans l'univers. Jacques Lourcelles écrit, à ce sujet : « Historien des mentalités lorsqu'il traite de l'Amérique profonde, il s'intéresse aux êtres représentatifs, anonymes ou célèbres, humbles ou exceptionnels, moins pour dégager le particularisme de leur personnalité et de leur caractère que pour observer, dans leur comportement, ce qu'ils ont à révéler de l'homme en général quand il est confronté à des expériences extrêmes, au niveau affectif, mental ou spirituel. »[2]
  • « Ainsi, dans Le Chant de Bernadette, relatant la vie de Bernadette Soubirous, King privilégie l'expérience de son héroïne sur l'expression du dogme. [...] De l'attitude sobre et exigeante du cinéaste catholique, se dégage un noble sentiment de l'effort, du poids moral et de la souffrance. »[1]. On retrouve ces notions morales dans deux autres films d'un genre pourtant très différent : Un homme de fer et La Cible humaine.
  • Henry King pourrait être, à cet égard, rapproché de John Ford, autre représentant direct de l'esprit américain, « cette manière de penser l'univers au quotidien, un attachement au terroir, une panoplie d'images paisibles, une confiance en l'ordre des choses [...] Probablement, ce langage est-il puissant, élémentaire et méditatif, un bel équivalent du langage biblique, dont les images et les situations apparaissent sous un jour pur, lavées des utilisations répétées. »[1] [...] La présence du lieu de tournage (en extérieurs de préférence) est essentielle pour lui. « Son style s'affirme volontiers rude, âpre et sauvage sous un aspect placide. »[1] King, maître de l'americana comme Ford, en diffère parce qu'il demeure étranger à « la démesure et au sentimentalisme fordiens. [...] Ses réalisations évitent l'aura du mythe au profit du réalisme et même de la cruauté. [...] Disette, sécheresse, épidémie, catastrophes naturelles : les événements apparaissent autant comme des fléaux bibliques que comme des accidents qui abattent ou stimulent la volonté des hommes. »[1]
  • En consonance avec cet univers et ces exigences, Gregory Peck incarna pour Henry King l'acteur idéal. Ainsi s'exprimait-il, à propos du jeu et des méthodes de l'acteur : « Mon souhait a toujours été le suivant : qu'on me donne un acteur totalement détaché de son rôle, ayant envers son rôle une attitude froide et objective. Vous pouvez être sûr que c'est cet acteur-là qui fournira le meilleur travail. La soi-disant nécessité pour l'acteur de s'enfermer à l'intérieur de son rôle est une idée d'amateur. »[3]
  • Les dix dernières années d'Henry King sont marquées par des réalisations fastueuses inspirées de la littérature contemporaine (Ernest Hemingway et Francis Scott Fitzgerald). Toutes, à une exception près, sont filmées en couleurs par le fidèle Leon Shamroy. L'image atteint à un raffinement visuel incomparable. De surcroît, « le style de King évolue sensiblement pour s'adapter à l'écran large. » Plus encore qu'autrefois, « le cinéaste continue d'exprimer ainsi une confiance en l'ordre des choses et la permanence du monde. »[1] Dans sa tentative d'adapter Hemingway, King « confronte le mal être moderne des personnages de la Lost Generation avec la possibilité du choix spirituel. Au prix, certes, d'une certaine trahison du matériau originel, il détourne l'errance des artistes et dandys désœuvrés des Neiges du Kilimandjaro et du Soleil se lève aussi ». Dans le premier film cité, « si la gangrène de Harry Street (Gregory Peck) au sommet de la montagne symbolise le poids de sa vie passée, son rétablissement apparaît comme une purification. » Dans Le Soleil se lève aussi (1957), King, Zanuck et le scénariste Peter Viertel concluent sur « une note d'espoir en l'ordre divin, évidemment étrangère aux personnages d'Hemingway. »
  • Son grand mélodrame de la période demeure La Colline de l'adieu (1955), inspiré par l'œuvre autobiographique d'Han Suyin, romancière anglaise d'origine chinoise, et dans lequel font merveille les potentialités offertes par l'utilisation de l'écran large. De cette période, il faut extraire également Cette terre qui est mienne (1959), mélodrame tourné exceptionnellement pour Universal, à la façon de Douglas Sirk - photographié par Russell Metty et joué par Rock Hudson -, mettant en scène une saga familiale de riches viticulteurs californiens, et Bravados (1958), western « dominé par l'obsession sanguinaire de la vengeance, admirablement traduite par Gregory Peck »[4].


Henry King : le jugement de deux spécialistes[modifier | modifier le code]

  • Coécrivains d'un ouvrage de référence sur le cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier estiment qu'Henry King fut longtemps tenu, par la critique française, pour un technicien anonyme sur la foi de ses derniers films, qu'ils jugent plutôt médiocres. Or, « King doit en fait prendre place parmi les grands », affirment les deux auteurs[5].
  • « Académique dans ses mauvais jours, classique dans ses bons, il représente à merveille une génération d'artistes américains, fort rares maintenant, plus intéressés par l'exaltation que par la critique, par les sentiments nobles que par l'exposé des turpitudes humaines, plus attirés par les histoires romanesques que par l'action. [...] Il est plus à l'aise dans les chroniques moins décadentes, plus enracinées dans l'Histoire ou l'esprit américain, celui des bâtisseurs et non des sceptiques. [...] Il a d'ailleurs toujours préféré l'évocation à la violence, le mélodrame au drame », constatent-ils[5].
  • Henry King nous émeut autant « avec une biographie sentimentale (Wilson en reste l'archétype aux couleurs étonnantes) qu'avec un mélodrame (les deux premiers tiers de Wait 'til the Sun Shines, Nellie, splendide, et qui traite, au présent, en filigrane, du changement de mentalité qui bouleverse l'Amérique), avec les ennuis de Robert Fulton (Little Old New York) comme avec la vie d'Irving Berlin (Alexander's Ragtime Band). [...] Au début des années 1950, King dirige ses deux meilleurs films : Twelve O'Clock High, qui contient l'un des plus beaux flash-back du cinéma, et The Gunfighter. Gregory Peck y est exceptionnel, comme souvent avec King », écrivent-ils encore[5].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g A. Berthomieu : Hollywood classique, le temps des géants, Éditions Rouge Profond, 2009.
  2. J. Lourcelles in : Dictionnaire du cinéma, éditions Robert Laffont, 1992.
  3. Entretien de Henry King avec Pierre Guinle pour Écran 78 n°s 70/71.
  4. Jean-Loup Bourget in : Dictionnaire du cinéma mondial, Éditions Larousse
  5. a, b et c in : 50 ans de cinéma américain, Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, Éditions Fernand Nathan, Paris, 1995.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Acteur[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Oscar[modifier | modifier le code]

Golden Globe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]