John McCain

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John McCain
Image illustrative de l'article John McCain
Fonctions
Sénateur des États-Unis
pour l'Arizona
En fonction depuis le 3 janvier 1987
Prédécesseur Barry Goldwater
Représentant du premier district de l'Arizona
3 janvier 19833 janvier 1987
Prédécesseur John Jacob Rhodes, Jr.
Successeur John Jacob Rhodes III
Biographie
Nom de naissance John Sidney McCain III
Date de naissance 29 août 1936 (78 ans)
Lieu de naissance Coco Solo (Zone du canal de Panama)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti républicain
Conjoint Carol Shepp (1965–1980)
Cindy Lou Hensley (depuis 1980)
Religion Baptisme

John Sidney McCain III, né le 29 août 1936 sur la base militaire américaine de Coco Solo, dans la zone du canal de Panama, est un vétéran de la guerre du Viêt Nam et un homme politique américain, membre du Parti républicain, sénateur de l'Arizona au Sénat des États-Unis depuis 1987 (réélu en 1992, 1998, 2004 et 2010).

Après avoir tenté, sans succès, en 2000 de recevoir l'investiture républicaine pour être le candidat du parti à l'élection présidentielle, il est huit ans plus tard le candidat républicain à l'élection présidentielle de novembre 2008, qu'il perd avec 45,7 % des voix et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui obtient 52,9 % et 365 grands électeurs.

En mai 2008, le Time le classe cinquième sur sa liste des cent personnes les plus influentes au monde[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Ascendance[modifier | modifier le code]

Ses parents sont John S. « Jack » McCain, Jr. (1911-1981) et Roberta (Wright) McCain (née en 1912). Jack McCain est commandant de sous-marins durant la Seconde Guerre mondiale puis amiral en chef de l'US Navy dans la zone Pacifique pendant la guerre du Viêt Nam. Il est décoré de la Silver Star et de la Bronze Star.

Le vice-Amiral John S. McCain avec son fils, le commandant John S. McCain, Jr., à bord d'un navire de guerre américain dans la baie de Tokyo le 2 septembre 1945 lors des actes de capitulation du Japon.

Son grand-père paternel est aussi un amiral de l'US Navy. John Sidney « Slew » McCain, Sr. (en), pionnier de l'aéronavale et amiral dans la flotte du Pacifique, dirigea plusieurs assauts lors de la bataille du golfe de Leyte lors de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale[2]. Il est encore présent sur le pont du cuirassé USS Missouri (BB-63) le 2 septembre 1945 lors de la reddition japonaise dans la baie de Tokyo avant de mourir 4 jours plus tard.

Enfance[modifier | modifier le code]

Durant les dix premières années de sa vie, John McCain déménage au gré des affectations de son père. Il passe ainsi une enfance entre New London (Connecticut) et Pearl Harbor (Hawaï). Il a 5 ans lors de l'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941.

Après la Seconde Guerre mondiale, les McCain s'installent dans le nord de la Virginie. John McCain fréquente alors l'école Saint-Stéphane de la ville d'Alexandria de 1946 à 1949, puis fréquente la high school épiscopalienne (en) d'Alexandria.

De 1954 à 1958, il est élève à l'Académie navale d'Annapolis d'où il manque de se faire renvoyer pour ses actes d’indiscipline et des amours agitées notamment avec un mannequin brésilien[3], ou pour avoir amené une strip-teaseuse à un cocktail en grande tenue de l’amirauté. Véritable tête brûlée, il s'écrase ainsi à deux reprises à l'entraînement avec un appareil.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

L'escadron de John McCain (à droite de la photo)
Lutte contre les incendies sur le pont d'envol de l'USS Forrestal le 29 juillet 1967.

Pilote militaire, John McCain est d'abord cantonné à la tâche d'instructeur de vol et effectue des missions en mer Méditerranée et en océan Atlantique.

Le 29 juillet 1967, McCain échappe à un tir de roquette accidentel, à bord de l'USS Forrestal, qui heurte son avion A-4 Skyhawk en stationnement et propage un incendie à bord du navire qui tue 134 marins.

Un peu plus tard, le 26 octobre 1967, au cours de sa vingt-troisième mission de bombardement au-dessus du Nord-Viêt Nam où son objectif est la centrale électrique d'Hanoi, son avion est abattu par un missile sol-air SAM-2. Lorsqu'il s'éjecte, la violence du choc lui brise les deux bras et une jambe. Tombé en parachute au milieu du lac du Bambou blanc, situé au cœur de la capitale nord-vietnamienne, il manque de se noyer lorsque des habitants le tirent de l’eau, lui arrachent son équipement et le rossent[4].

Récupéré par les soldats nord-vietnamiens, un garde transperce son épaule avec la baïonnette de son fusil tandis qu'un autre lui perce la cheville. Il en gardera des séquelles physiques toute la vie[5] comme une cicatrice sur la tempe, un bras gauche qui ne se lève plus, une jambe qui traîne un peu et une démarche assez raide[6].

Grièvement blessé, il est emmené dans une prison où il est jeté dans une cellule à même le sol. Durant quatre jours, il est interrogé et battu. Au cinquième jour, quand les Nord-vietnamiens découvrent qu'il est le fils d'un amiral américain, il est transféré dans un hôpital où il reçoit des transfusions de sang et de plasma. Au bout du dixième jour d'hospitalisation, un membre du bureau politique du Parti communiste vietnamien lui annonce qu'il va parler à la télévision française. Suite aux menaces qu'il encourrait pour la suite de son hospitalisation s'il persistait à refuser, John McCain obtempère et reçoit la visite du journaliste français de l'ORTF François Chalais. Ce dernier diffusera dans l'émission Panorama[7] les images de McCain déclinant son identité et en donnera une copie à l’épouse du pilote[6],[8].

John McCain en 1974

En mars 1968, il parvient pour la première fois à se tenir debout et à marcher mais il est alors placé pendant deux ans en isolement total. Suivront ensuite trois années de mauvais traitements, de solitude et d’angoisse. Prisonnier de guerre, il est ligoté et humilié régulièrement par ses geôliers qui lui cassent à nouveau le bras ainsi que quelques côtes[6]. Roué de coups pendant des jours ou suspendu par ses bras fracturés, il en vient à signer des confessions de piraterie aérienne, avant de tenter de se pendre dans sa cellule[9].

En juin 1968, il refuse, par solidarité avec ses camarades, une offre de libération anticipée lorsque ses geôliers, réalisant que son père venait d'être nommé commandant en chef du United States Pacific Command, ont espéré en faire une opération de propagande[10]. En décembre 1969, John McCain est transféré à la prison de Hỏa Lò (en), le « Hanoï Hilton », construite par les Français en 1945. Cette fois, il n'est plus en isolement total et peut communiquer avec d’autres Américains, notamment un compagnon de cellule qu’on lui adjoint. À plusieurs reprises, il refuse de rencontrer des délégations étrangères de pacifistes venues à Hanoï, ce qui lui vaut de nouveaux coups et blessures[6].

En janvier 1972, son père, amiral en chef de la zone Pacifique fait bombarder Hanoï par les B-52 en dépit des risques pour son fils, toujours prisonnier au Nord Viêt Nam[3].

Libéré en mars 1973, après avoir survécu à ses blessures, aux humiliations, aux coups, aux tortures et à deux années de confinement solitaire, John McCain est décoré à son retour par le président Richard Nixon.

En 1977, il devient officier de liaison de la Navy au sénat des États-Unis.

En 1981, le capitaine McCain quitte la Navy le jour où, coïncidence, son propre père est enterré au cimetière national d'Arlington. Il est alors titulaire d'une multitude de décorations honorifiques et prestigieuses comme la Silver Star, la Bronze Star, la légion du mérite ou encore la Purple Heart.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le sénateur John McCain

En 1982, quand le député républicain de l'Arizona, John Jacob Rhodes, renonce à solliciter un nouveau mandat à la chambre des représentants des États-Unis, John McCain fait acte de candidature pour lui succéder. Lors de la campagne, à son adversaire démocrate qui le traite de « parachuté », parce que McCain n'a aucune attache dans le district, le vétéran du Viêt Nam lui rétorque « Écoute, vieux, j'aurais aimé avoir le luxe, comme toi, de grandir et de vivre toute ma vie dans un endroit merveilleux comme l'Arizona. Mais en fait, quand j'y pense, l'endroit où j'ai vécu le plus longtemps c'est à Hanoï[4] ». John McCain est élu.

Durant ses deux mandats, il se fait remarquer par des positions politiques iconoclastes vis-à-vis de son parti et du président Ronald Reagan, notamment quand il s'oppose au maintien des troupes américaines dans la force multinationale stationnée au Liban[11] et approuve les sanctions économiques contre l'Afrique du Sud pour protester contre la politique de l'apartheid qui était en vigueur[4].

Le président Ronald Reagan et son épouse Nancy recevant John McCain à la Maison-Blanche en 1987

En 1986, il est élu au Sénat au siège laissé vacant par son prédécesseur, le républicain conservateur Barry Goldwater. Deux ans plus tard, il vote en faveur du Family Support Act comme la plupart des sénateurs, qui demande que les mères adolescentes, récipiendaires d'aides sociales, poursuivent leur scolarité (high school)[12]. En 1989, il est impliqué dans le scandale politico-financier connu sous le nom de Keating Five (en). Il est alors reproché à John McCain d'avoir accepté, avec 4 autres sénateurs américains, une importante contribution financière à sa campagne électorale de la part du président d'une association de caisse d’épargnes californienne, afin, semble-t-il, de ne pas ébruiter les malversations financières de ce dernier. La commission d’enquête du Sénat chargée de l’enquête conclut à une erreur de jugement du sénateur de l’Arizona dont l'intégrité avait alors été mise en doute.

En 1993, c'est avec un autre vétéran du Viêt Nam, le sénateur démocrate John Kerry, qu'il milite et obtient la réouverture des relations diplomatiques avec le Viêt Nam.

En 1997, Time Magazine le cite parmi les 25 personnes les plus influentes des États-Unis.

En 1999, il raconte dans son autobiographie intitulé Faith of my Fathers sa détention au Viêt Nam.

L'année suivante, en 2000, John McCain se présente aux élections primaires du Parti républicain en vue de l'élection présidentielle. Son principal concurrent est alors le gouverneur conservateur du Texas, George W. Bush.

Contre toute attente, McCain gagne les primaires du New Hampshire, du Michigan, de l'Arizona, de Rhode Island, du Connecticut et du Vermont et met en difficulté le gouverneur Bush, soutenu par la direction du Parti républicain. Durant ses meetings, utilisant son image nationale d'honnêteté et de probité, il n'hésite pas à se comparer à Luke Skywalker en lutte contre les forces obscures de l'empire, représentés par le gouverneur Bush et les évangélistes Pat Robertson et Jerry Falwell, ces derniers étant qualifiés d’« agents de l’intolérance et de la corruption religieuse et politique ». Cependant, à la veille de l'importante primaire de Caroline du Sud, McCain est victime d'une campagne de calomnie orchestrée par des proches du gouverneur Bush. Il est ainsi accusé d'avoir fait un enfant à une femme noire, d'avoir trahi au Viêt Nam, d'avoir transmis la syphilis à sa seconde épouse ou d’avoir perdu la raison en captivité[4]. Il est finalement battu par le gouverneur Bush lequel est investi candidat du parti républicain pour l'élection présidentielle de 2000. Il s'éloigne alors du devant de la scène pour soigner un début de cancer de la peau et se fait opérer d'un mélanome qui lui laissera une profonde cicatrice sur la joue gauche.

Au Sénat, McCain sera un des plus fermes partisans de la réforme du financement des campagnes électorales, qu'il fait aboutir en 2002 avec le sénateur démocrate Russ Feingold. La loi McGain-Geingold, ou Bipartisan Campaign Reform Act, sera cependant partiellement annulé par la Cour suprême par la suite.

Qualifié alors de républicain progressiste, il est souvent assimilé à l'image de l'ancien président Théodore Roosevelt pour « considérer la politique comme une compétition entre l'intérêt national et l'égoïsme des intérêts privés » et défendre « l'idée que le gouvernement devait contrebalancer les abus de la richesse organisée[13] ». Il rencontre à l'époque des responsables démocrates qui espèrent le convaincre de les rallier[13] mais c'est le sénateur James Jeffords du Vermont qui finalement quitte le Parti républicain et permet au Sénat de basculer du côté démocrate.

Le sénateur McCain a empêché un contrat espéré par Boeing en 2003 pour le crédit-bail de 100 avions ravitailleurs KC-767 et représentant une somme de 23 milliards de dollars. Boeing étant choisi sans concurrence comme seul contractant grâce à un réseau serré d’influence et de corruption déclenchant ainsi un scandale qui envoya en prison un des dirigeants de Boeing et la numéro deux du service des acquisitions de l’US Air Force Darleen Druyun, et coûta son poste au CEO de Boeing, Phil Condit[14].

Lors de la convention nationale républicaine en 2004, il apporte son plus ferme soutien au président George W. Bush, qu'il a pourtant beaucoup critiqué dans le passé, et prononce un discours de combat contre les démocrates bien que son ami John Kerry, candidat démocrate, ait tenté d'en faire son colistier. Il prononce d'ailleurs à cette occasion un virulent discours contre les « mensonges et manipulations malhonnêtes des pseudo-réalisateurs gauchistes », visant par là Michael Moore mais sans jamais le nommer.

La campagne présidentielle de 2008[modifier | modifier le code]

Primaires républicaines[modifier | modifier le code]
John McCain

Lorsque s'ouvre la campagne pour les primaires américaines, McCain, bien qu'âgé, est l'un des prétendants républicains les plus populaires pour l'élection présidentielle de 2008. En 2005, selon les quelques sondages, lui et Rudolph Giuliani sont les seuls républicains à être donnés vainqueurs d'une confrontation électorale avec n'importe lequel des candidats démocrates.

En novembre 2006, se faisant l'avocat du « conservatisme du bon sens » et de l'incarnation de l'avenir du Parti républicain, dans la veine de Ronald Reagan, John McCain annonce la formation de son comité exploratoire chargé de travailler sur son éventuelle candidature aux primaires de son parti. Il déclare officiellement sa candidature le 28 février 2007. Il est alors le troisième républicain à faire part officiellement de ses prétentions présidentielles après l'ancien maire de New York, Rudolph Giuliani et Duncan Hunter, un élu de Californie.

Respecté par ses adversaires et relativement charismatique au-delà de son propre camp politique, il reçoit le soutien de l'ancien candidat démocrate à la vice-présidence en 2000, le sénateur indépendant du Connecticut Joseph Lieberman. Les débuts de sa campagne sont difficiles et pratiquement sans argent, il doit se séparer de plusieurs collaborateurs.

John McCain en campagne électorale

Néanmoins, après avoir été distancé lors du Caucus de l'Iowa par ses concurrents républicains, il arrive en tête des candidats républicains lors des primaires du New Hampshire le 8 janvier 2008, avec 36,8 % des suffrages devant Mitt Romney (32 %), Mike Huckabee (11 %), Rudolph Giuliani (9 %) et Ron Paul (8 %), ce qui relance alors sa campagne présidentielle. Lors des primaires suivantes qui se tiennent dans le Michigan, un État gravement touché par la crise automobile, principale industrie locale, il tient un « discours de vérité » déclarant aux électeurs que « la gloire passée ne reviendra plus, il faut s'adapter » alors que son concurrent le plus sérieux, Mitt Romney promet un « redémarrage de l'automobile » par l'octroi de milliards de dollars de fonds fédéraux. Au soir de la primaire le 15 janvier 2008, McCain est second avec 30 % des suffrages, derrière Romney (39 %)[15].

S'il ne parvient pas à rallier une majorité de militants républicains lors des premières primaires, il doit ses bons scores à la mobilisation en sa faveur des électeurs indépendants qui ont la possibilité de participer à ces élections. C'est ainsi qu'il s'impose également face à Mike Huckabee en Caroline du Sud. Avant la décisive primaire suivante qui se tient en Floride, il reçoit le soutien du populaire gouverneur de l'État, Charlie Crist, du sénateur de Floride Mel Martinez, très influent auprès de la communauté américano-cubaine mais aussi du général Norman Schwarzkopf ancien commandant de l'United States Central Command qui avait dirigé les forces de la coalition lors de la guerre du Golfe en 1991. Dans un tout autre genre, Sylvester Stallone est le premier acteur d'Hollywood à appuyer sa candidature[16] suivi peu de temps après par Arnold Schwarzenegger, également gouverneur de Californie[17], puis Clint Eastwood ou Bruce Willis.

En remportant la primaire républicaine de Floride le 29 janvier avec 36 % des voix contre 31 % à Mitt Romney, John McCain passe pour la première fois en tête des candidats républicains en nombre de délégués. L'élection de Floride est marquée par le mauvais score de Rudolph Giuliani, arrivé en troisième place, qui solde ses ambitions présidentielles et son ralliement dès le lendemain à John McCain[18].

La campagne du sénateur de l'Arizona est aussi alors financièrement relancée. Alors qu'il était quasiment sans ressources au mois de décembre, McCain recueille en janvier plus de 7 millions de dollars (4,5 millions d'euros)[19] et en deux mois, reçoit le soutien de 17 000 journaux américains à commencer par le Des Moines Register (en)[20] mais est aussi désigné comme le meilleur choix au sein de son parti par le New York Times[21].

Lors du Super Mardi qui a lieu le 5 février, McCain remporte neuf États (New York, Californie, Missouri, New Jersey, Illinois, Connecticut, Delaware, Oklahoma et Arizona) ce qui lui permet d'obtenir 615 délégués (plus de la moitié de ceux nécessaires pour remporter l'investiture républicaine), contre 268 pour Mitt Romney et 169 pour Mike Huckabee. Suite à ces résultats, le 7 février, Mitt Romney annonce lors d'une conférence à Washington, D.C. qu'il se retire de la course à l'investiture républicaine[22]. Le retrait de Romney permet à Mike Huckabee de devenir le principal rival de McCain sans espoir cependant de pouvoir menacer sa désignation à l'investiture républicaine. Ainsi, le 9 février, lors des caucus du Kansas et de la primaire de Louisiane, McCain est devancé par Huckabee et ne s'impose, de justesse, qu'avec 26 % des voix contre 24 % à Mike Huckabee et 21 % à Ron Paul lors des caucus de Washington. Le 14 février 2008, lors d'une conférence de presse avec le sénateur de l'Arizona à Boston, Mitt Romney annonce son ralliement à la candidature de John McCain lui apportant théoriquement ses 291 délégués assignés lors des élections primaires[23]. Les ralliements se multiplient ensuite à commencer par Jeb Bush, ancien gouverneur de Floride et son père, l'ancien président George H. W. Bush.

Mais le maintien de Huckabee dans la course souligne les difficultés de John McCain à faire l'unanimité dans le camp républicain où, aux yeux de la partie la plus conservatrice de cet électorat et dans les milieux religieux, il continue à apparaître comme un candidat par défaut. C'est aussi à ce stade de la campagne électorale qu'il reçoit néanmoins un appui tacite du président George W. Bush[24].

John McCain et George W. Bush le 5 mars 2008 à la Maison-Blanche

Alors que John McCain tente de se concilier la droite du parti républicain, des allégations, divulguées par le New York Times, insinuent qu'il aurait eu, en 1999 et 2000, des relations non professionnelles avec une jeune lobbyiste, Vicki Iseman, chargée de défendre les intérêts de sociétés de communication en relation avec une commission sénatoriale alors présidée par le sénateur de l'Arizona. Selon l'article du New York Times, les clients de la lobbyiste auraient participé à hauteur de plusieurs dizaines de milliers de dollars au financement des campagnes électorales de John McCain. Ces accusations, reposant sur des sources anonymes, peuvent alors remettre en cause l'image d'intégrité et de rectitude morale de John McCain. Les partisans de celui-ci dénoncent alors une « campagne calomnieuse » et accusent le NYT de s'abaisser à de la « politique de caniveau ». John McCain, lui-même, dément les insinuations et affirme qu'il n'a jamais « rendu de services indus à des clients de Mme Iseman lorsqu'il était président de la commission du Commerce du Sénat[25],[26] ».

Le 4 mars 2008, il remporte suffisamment de délégués pour s'assurer de l’investiture du Parti républicain après ses victoires lors des primaires du Texas, de l’Ohio, du Vermont et de Rhode Island, ce qui conduit Mike Huckabee à abandonner la course présidentielle. John McCain est adoubé dès le lendemain de cette victoire aux primaires par le président George W. Bush[27].

Campagne présidentielle[modifier | modifier le code]

Le début de sa campagne nationale est cependant difficile tant les médias sont accaparés par le duel dans les primaires démocrates entre Hillary Clinton et Barack Obama. Quand celui-ci est assuré de pouvoir remporter l'investiture démocrate, il bénéficie encore d'une couverture médiatique nationale bien supérieure à son concurrent républicain, qui déplore une inégalité de traitement médiatique dont il serait la victime. Ainsi, en juillet, le New York Times révèle que les grandes chaînes de télévision américaine ont consacré, depuis le mois précédent, plus de 114 minutes à la campagne de Barack Obama contre 48 minutes à celle de John McCain, tandis que les magazines Time et Newsweek avaient consacré 12 couvertures au démocrate en trois ans contre 5 au républicain[28].

John McCain se trouve en Colombie lorsque le président colombien Álvaro Uribe déclenche l'opération Jaque qui libère 15 otages dont 3 Américains[29].

En juillet 2008, John McCain change son équipe de campagne dorénavant dirigée par Steve Schmidt, un ancien protégé de Karl Rove, qui avait dirigé avec succès la campagne du gouverneur Arnold Schwarzenegger en Californie deux ans plus tôt. Schmidt orchestre des changemements radicaux, supprimant les conversations informelles du candidat avec les journalistes et organise la réplique à chaque propos du candidat démocrate[30]. Ainsi, alors que Barack Obama effectue en juillet un voyage en Europe, où sa popularité est au zénith, son côté « rock star et ses déclarations pleines de bonnes intentions » contrastent à ce moment avec les prises de position de McCain qui reçoit successivement, le 25 juillet, le dalaï-lama, critique la situation des droits de l'homme en Chine, demande la libération des prisonniers politiques et exhorte le gouvernement chinois à dialoguer avec le Tibet pour une « véritable autonomie[31] ». Cette stratégie s'appuie notamment sur une nouvelle campagne républicaine très offensive orchestrée par Steve Schmidt où le candidat démocrate est notamment comparé à Britney Spears et à Paris Hilton[32] avec pour objectif de faire prendre à l'élection présidentielle la tournure d'un référendum sur la personnalité de Barack Obama[33] en le présentant comme un jeune ambitieux dépourvu d'expérience face à un ancien prisonnier de guerre qui a toujours « placé l'intérêt du pays en premier[30] ».

Développant parallèlement son programme électoral, autour notamment de l'indépendance énergétique, John McCain en appelle au développement des forages pétroliers off shore qu'il souhaite autoriser et le rappel, à cette fin, du Congrès pour une session extraordinaire, obligeant son concurrent démocrate à se repositionner sur la question[34].

À la fin du mois d'août 2008, John McCain profite encore d'une actualité internationale tendue qui est marquée par la réponse militaire de la Russie à la tentative par les troupes géorgiennes de reprendre le contrôle de leur province séparatiste d'Ossétie du Sud. Le discours alors ferme de John McCain face à la Russie lui permet de marquer des points contre son adversaire démocrate[35], lequel moins réactif, est d'ailleurs en vacances à Hawaï. John McCain comble ainsi une partie de son retard dans les sondages nationaux[36] et talonne voire dépasse Barack Obama au niveau des grands électeurs potentiels[37],[38]. En tête dans l'électorat masculin (46 % contre 41 %), dans la population blanche (essentiellement la catégorie des WASPs) (48 % contre 40 %) et chez les évangélistes (65 % contre 25 %), il reste distancé par Barak Obama au niveau de l'électorat féminin (53 % contre 39 %), de celui des Afro-Américains (94 % contre 4 %) et dans les classes d'âges comprises entre 18 et 54 ans[39]. Aux yeux de 80 % de ses compatriotes, John McCain paraît, selon les sondages, avoir les qualités nécessaires pour être président des États-Unis (contre 48 % pour Barack Obama). Il est de même jugé par 84 % d'entre eux être très patriote contre seulement 55 % pour son adversaire démocrate[36]. Enfin, à ce stade et contre toute attente, il semble mieux fixer les conservateurs derrière sa candidature, que ne parvient Barack Obama à le faire avec sa propre base électorale[40].

Attaqué et raillé par son adversaire démocrate sur son important patrimoine immobilier qu'il ne parvient pas à détailler lors d'une interview, son équipe de campagne réagit en s'en prenant à la valeur estimée du propre patrimoine immobilier de Barack Obama[41] et à ses relations avec le promoteur Tony Rezko, incarcéré pour corruption, qui avait été un collecteur de fonds d'Obama[42].

À la veille de la convention démocrate qui a lieu le 25 août 2008 à Denver dans le Colorado, alors que les deux candidats sont quasiment à égalité dans les sondages, John McCain est pris à parti par la chanteuse Madonna, qui n'hésite pas assimiler le candidat républicain, lors d'un concert à Cardiff au Pays de Galles, à Adolf Hitler, Robert Mugabe, Rouhollah Khomeini et Kim Jong-il[43].

Nomination lors de la convention nationale républicaine[modifier | modifier le code]
Discours d'acceptation de John McCain à la convention nationale républicaine, le 4 septembre 2008.

La convention nationale républicaine, chargée d'officialiser sa candidature, se tient à Saint-Paul (Minnesota) du 1er au 4 septembre 2008. Le 29 août, à la surprise générale, son équipe de campagne annonce que Sarah Palin, gouverneur de l'Alaska, sera sa colistière pour le poste de vice-président des États-Unis[44]. Les observateurs politiques notent alors qu'en choisissant une femme blanche originaire d'une famille modeste, mariée à un syndicaliste, conservatrice en matière de valeurs[45], mais favorable à plus de justice sociale, John McCain s'affranchit de la tendance pro-business du parti républicain qui voulait lui imposer Mitt Romney. Par ailleurs, en faisant un appel manifeste du pied aux électrices d'Hillary Clinton, il se prive aussi de l'argument de l'inexpérience qu'il renvoyait sans cesse à Barack Obama[46].

Le début de la convention nationale républicaine débute alors que l'ouragan Gustav progresse dans le Golfe du Mexique vers les côtes de la Louisiane et du Mississippi. Il finit par perturber l'organisation de la convention avec l'annulation des discours des intervenants et des travaux prévus le premier jour. John McCain modifie ses déplacements et se rend dans le Mississippi[47] afin de superviser les préparatifs d'évacuation et de protection des populations en compagnie de Haley Barbour, le gouverneur de l'État. À sa demande, la convention entreprend de se transformer en levées de fonds humanitaire, notamment en faveur de la Croix-Rouge. Les sponsors et les délégués sont mis à contribution alors que le parti annule ses publicités politiques télévisées[46].

Todd Palin, Sarah Palin, Cindy et John McCain le 10 septembre 2008 à Fairfax, en Virginie

Lors du troisième jour de la convention, le vote des délégués républicains aboutit sans surprise à la nomination de John McCain comme candidat officiel du parti à l'élection présidentielle du 4 novembre. Ce sont les délégués de l'Arizona, État d'où est élu John McCain, qui ont le privilège d'apporter à leur sénateur les voix nécessaires lui permettant d'obtenir la majorité absolue des 1 170 voix nécessaires pour être désigné. Au total, John McCain obtient 2 372 voix contre 15 à Ron Paul et 2 à Mitt Romney[48].

Le 4 septembre, John McCain prononce son discours d'acceptation dans lequel il prend ses distances avec l'administration sortante et vante une ambition réformatrice[49], promettant « apporter le changement dans un Washington dépensier et usé et de mettre un terme à la rancœur partisane[50] ». Le 7 septembre, dans une interview accordée à CBS, il promet de faire entrer des démocrates dans son cabinet, en cas de victoire[51].

Selon les chiffres de Nielsen Media Research, le discours de John McCain est suivi par 38,9 millions de téléspectateurs, soit davantage que pour le discours de son adversaire, Barack Obama (38,4 millions de personnes) la semaine précédente lors de la convention démocrate. Il s'agit alors de la meilleure audience jamais enregistrée à l'occasion d'une soirée de convention[52].

Fin de la campagne présidentielle[modifier | modifier le code]

L'embellie que John McCain connait dans les sondages au début du mois de septembre est stoppé net par la crise financière qui survient après la faillite de la banque Lehman Brothers. Son comportement erratique ajouté à une certaine improvisation, les critiques mettant en cause la compétence de Sarah Palin pour le poste de vice-président, la défection de plusieurs personnalités républicaines comme Colin Powell et la limitation de son budget de campagne déstabilisent sa campagne face à celle de Barack Obama, qui apparait plus « maître de soi » et rassurant au cours des 3 débats présidentiels[53].

Le 10 octobre, à la suite d'une campagne plus agressive contre Barack Obama, John McCain est sifflé lors d'un meeting tenu à Lakeville, dans le Minnesota, en prenant la défense de son adversaire démocrate, cible d'attaques de plus en plus virulentes dans le camp républicain. « Barack Obama est une personne décente, une personne dont vous ne devez pas avoir peur si elle devient président des États-Unis » déclare alors John McCain devant les militants républicains[54]. Cette prise de position inattendue lui vaudra d'ailleurs les remerciements du candidat démocrate[55].

À la veille du scrutin, le 4 novembre 2008, John McCain est toujours devancé par son adversaire dans les sondages[56]. Il n'aura disposé que de 150 millions de dollars (84 millions de fonds publics et 60 millions que le Parti républicain utilise pour le soutenir) contre 605 millions pour Barack Obama[57]. Selon deux études menées par le Centre pour les Médias et les Affaires publiques et le Project for Excellence in Journalism, les trois grandes chaînes nationales de la télévision américaine (ABC, CBS, NBC) auront favorisé la campagne de son adversaire, en le présentant comme un meilleur choix, lors des deux derniers mois de la campagne électorale[58].

C'est depuis l'hôtel Biltmore de Phoenix, où il attendait les résultats de l'élection présidentielle avec ses partisans, que John McCain apprend et reconnaît son échec face à Barack Obama. Il recueille 45,66 % des voix, soit 59 934 814 votes et 173 grands électeurs, face à Barack Obama, qui l'emporte avec 52,92 % et 365 grands électeurs[59]. Dans le discours de défaite qu'il prononce, John McCain insiste sur le caractère historique de cette élection et la « signification particulière qu'elle avait pour les Noirs américains », rappelant qu'un siècle plus tôt, le président Théodore Roosevelt avait choqué de nombreux Américains en invitant un Noir à la Maison-Blanche. Assumant seul la responsabilité de son échec, John McCain rend également un hommage appuyé à sa colistière Sarah Palin[60].

Quelques jours plus tard, c'est par l'autodérision, sur le plateau du Tonight Show de Jay Leno sur NBC, qu'il revient sur sa défaite, et défend plus sérieusement sa colistière à qui il prédit un bel avenir[61].

Campagne pour sa réélection au Sénat en 2010[modifier | modifier le code]

Candidat à un cinquième mandat de sénateur en 2010, John McCain se retrouve menacé lors de la primaire républicaine par un candidat conservateur, John David Hayworth Jr, un ancien représentant au Congrès et animateur de radio qui remet en cause le patriotisme et la loyauté de son rival au parti républicain ainsi que ses positions sur l'immigration et l'environnement. En difficulté dans les sondages face à Hayworth, John McCain reçoit l'appui public de Sarah Palin, devenue depuis la campagne présidentielle une égérie de la droite conservatrice en général et du mouvement Tea Party en particulier[62]. Le 24 août 2010, il remporte finalement la primaire avec 56,2 % des voix, contre 32,1 % à son adversaire conservateur[63]. En novembre 2010, il est facilement réélu pour un cinquième mandat face au candidat démocrate Rodney Glassman.

Doctrine politique[modifier | modifier le code]

John McCain à l'occasion de son 69e anniversaire et George W. Bush

Politiquement, McCain est relativement inclassable[64] et ses positions ont évolué au cours du temps[64]. Si son discours s'inscrit, en matière militaire, dans la tradition conservatrice américaine, John McCain se positionne à la gauche du Parti républicain, face à George W. Bush ou Sarah Palin. John McCain conserve surtout une image de républicain modéré, sensible « à des solutions de compromis avec les Démocrates »[64].

Sur les questions de société, il est pro-vie, c’est-à-dire hostile au droit à l'avortement (IVG) qu'il qualifie de tragédie humaine et qu'il souhaite voir interdire sauf en cas de viol, d'inceste et d'atteinte grave à la santé de la mère[65]. Et, alors qu'il se déclare opposé au mariage homosexuel, il a refusé d'amender la Constitution américaine pour les interdire et s'est déclaré favorable au financement public de la recherche sur les cellules souches d'embryons, deux approches qui lui ont attiré les reproches des conservateurs sociaux au sein du parti républicain[66].

Il est un ferme partisan des lois anti-tabac. Il avait proposé de financer des campagnes anti-tabac par des taxes supplémentaires sur les profits de l'industrie du tabac[11]. Favorable à la peine de mort, il s'oppose au contrôle des armes à feu.

Partisan d'une réforme libérale de l'immigration à l'instar sur ce sujet de George W. Bush[67] et de la majorité des sénateurs démocrates, il a déposé sans succès en 2006 une proposition de loi prévoyant de renforcer les contrôles aux frontières et de régulariser les clandestins.

Il est également très sensible aux questions sur le réchauffement climatique[68] et souhaite développer des énergies alternatives, en favorisant le nucléaire (il propose notamment de construire 45 nouveaux réacteurs nucléaires d'ici 2030) et le biocarburant. Il a ainsi cosigné avec le sénateur démocrate John Kerry une proposition de loi rehaussant les normes d'efficacité énergétique des véhicules à essence, et a présenté avec le sénateur indépendant Joe Lieberman un texte imposant un système d'échange de droits d'émission de carbone[13].

Républicain indépendant et franc-tireur, John McCain s'est attiré tant l’affection du grand public, des indépendants et des modérés mais aussi l'hostilité des durs de sa propre famille politique[9]. Il s'est mis à dos une partie de son camp en déposant au Sénat un amendement contre la torture, en défendant, avec le sénateur démocrate Carl Levin, une proposition de loi mettant fin aux niches fiscales et exigeant des entreprises qui versent des stock-options à en révéler le coût à leurs actionnaires ou en faisant adopter une limitation des dépenses électorales. En votant contre les réductions d'impôts du président George W. Bush pour ne pas creuser le déficit budgétaire, il s'est attiré l'animosité des conservateurs fiscaux bien qu'il ait accepté ensuite de les pérenniser[66].

Au niveau de l'économie, il se déclare un partisan inébranlable des accords de libre-échange, et le 26 mars 2008, déclare vouloir négocier un traité de libre-échange entre l'ALENA et l'Union européenne[69]. Propice à la fin des avantages fiscaux pour les plus riches[11], il a été longtemps favorable à une réforme libérale du financement des partis politiques, dont il donnera son nom en 2001 en outre (« McCain-Feingold Act ») qui ambitionnait une plus grande transparence de la vie des parties politiques[11].

Dans le domaine de la santé, en opposition à l'industrie pharmaceutique, John McCain a été le coauteur, avec les sénateurs démocrates John Edwards et Ted Kennedy, d'une proposition de loi sur les droits des patients et s'est allié à Charles Schumer pour soutenir une loi favorisant la vente de médicament générique[13].

Spécialiste des questions internationales et de défense, il fut un partisan de l’intervention américaine au Kosovo sous le mandat de Bill Clinton à qui McCain reprocha cependant de ne pas envoyer davantage de troupes. Lors de sa campagne électorale de 2000, il a proposé un projet de politique internationale intitulé « Refoulement des États voyous » (Rogue State Rollback). Celui-ci prévoyait de fournir un soutien politique et matériel aux forces locales présentes à l’intérieur et à l’extérieur des États voyous, visant notamment l’Irak, la Corée du Nord et la Serbie, afin de « renverser les régimes qui menacent les intérêts et valeurs américaines ». Soutenu par les néoconservateurs, il précisait alors que, en cas d'agression des alliés américains, les États-Unis avaient le devoir de répliquer par la force[20].

Partisan de la guerre en Irak en 2003 et du renversement de Saddam Hussein, il a cependant toujours contesté la stratégie mise au point par le secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, exigé la démission de ce dernier dès le début des difficultés de l'occupation de l'Irak pour l'impréparation matérielle des troupes. Il a très tôt prôné un renforcement des troupes militaires qu'il n'obtient qu'à partir de janvier 2007. Lors de sa campagne électorale pour la présidence des États-Unis en 2008, il est le seul candidat à brandir l'Irak comme un argument électoral, se refusant de s'engager sur un calendrier de retrait, « même si c'est dans cent ans ! »[10], remarquant en même temps que personne ne demandait combien de temps encore les troupes américaines resteraient en Corée du Sud[20]. Ayant par ailleurs regretté l'absence de soldats américains pour empêcher le génocide au Rwanda, il soutient le principe d'une intervention militaire au Darfour[20].

En 2003, il a ce commentaire acerbe au sujet des Français : "Ils me font penser à une vieille actrice des années 40 qui essaie toujours de se faire inviter grâce à son physique, mais qui n'est plus assez belle pour ça.”[70]

Il préconise une Ligue des Démocraties rassemblant les États de l'OTAN et les autres régimes démocratiques à travers le monde, « Celle-ci pourrait agir quand l’ONU ne le fait pas : allègement de la souffrance humaine au Darfour, combat contre le sida au sud du Sahara, meilleures stratégies pour endiguer les crises liées à l’environnement, accès plus facile aux marchés pour les pays qui acceptent les libertés économiques et politiques[71]. »

Dans le cadre de la crise concernant les armes de destruction massive en Iran, il préconise, le 20 avril 2008 sur la chaîne de télévision ABC, des sanctions efficaces et sévères avec les nations démocratiques aptes à faire pression sur le gouvernement iranien[72].

Certains au sein de son propre camp politique le qualifient de « républicain seulement de nom » (Republican In Name Only - RINO) pour avoir parfois fait défaut à son parti lors de votes cruciaux. Ainsi, lors de la campagne des primaires présidentielles en 2008, Rush Limbaugh, un animateur de radio ultraconservateur, est l'un de ses plus virulents détracteurs alors que l'égérie de la droite républicaine, Ann Coulter, promet le cas échéant de voter Hillary Clinton qu'elle estime plus conservatrice que McCain[5].

Il figure à la liste des personnalités interdites de séjour en Russie dans le cadre de la crise ukrainienne, depuis le 20 mars 2014.

L'amendement McCain contre la torture[modifier | modifier le code]

le sénateur McCain

En octobre 2005, en dépit de l'hostilité de la Maison-Blanche et sans le soutien de la Chambre des représentants, il fait adopter au Sénat par 90 voix contre 9 un amendement sur la « prohibition de traitements cruels, inhumains, ou dégradants » envers des prisonniers, une semaine après la condamnation de la soldate Lynndie England, pour les sévices infligés dans la prison irakienne d'Abu Ghraib.

Cette démarche reçut le soutien de l'ancien secrétaire d'État Colin Powell et de l'organisation de défense des libertés individuelles (Union américaine pour les libertés civiles) alors que le président Bush menaçait de mettre son veto au budget de la défense.

Cet amendement prescrit qu'« aucun individu sous la garde ou le contrôle physique du gouvernement des États-Unis, quels que soient sa nationalité et son lieu de détention, ne doit être soumis à des traitements ou punitions cruels, inhumains ou dégradants ». Une norme uniforme est fixée à propos des pratiques autorisées lors des interrogatoires de prisonniers (« les hommes et les femmes menant les interrogatoires auront le confort de savoir qu'ils ont des instructions précises sur ce qu'ils peuvent faire et ne pas faire »). Ainsi, la pratique de la « simulation de la noyade » (waterboarding en anglais) et autres tactiques brutales sont désormais interdites dans l'armée américaine[73].

Le gouvernement Bush compta sans succès sur la navette parlementaire avec la Chambre des représentants pour torpiller l'amendement alors que pour John McCain, cet amendement vise avant tout à protéger les militaires américains, plutôt que les prisonniers. Il estime en outre que « les valeurs américaines devraient l'emporter contre toutes les autres dans toute guerre des idées » et qu'on ne peut laisser ces « sévices contre les prisonniers ternir l'image des États-Unis ».

En février 2008, John McCain s'est cependant opposé, avec 44 autres sénateurs, à un texte du Sénat étendant les nouvelles règles du manuel d'interrogatoire de l'armée américaine aux agents de la CIA, notamment l'interdiction du waterboarding (« simulation de la noyade[74] ») alors qu'Hillary Clinton et Barack Obama s'abstenaient de participer au vote[75]. Le texte concernant l'interdiction du waterboarding fit néanmoins l'objet d'un veto du président George W. Bush[76].

Vie privée[modifier | modifier le code]

John McCain, sa mère Roberta McCain, son fils Jack, sa fille Meghan et son épouse Cindy en 1992 lors du baptême de l'USS John S. McCain

Divorcé en 1979 de sa première femme, Carol Shepp qu'il avait épousée en 1965, John McCain est marié depuis 1980 à Cindy Lou Hensley. Il est le père de sept enfants dont Bridget, adoptée dans un orphelinat de mère Teresa au Bangladesh en 1991, et grand-père. L'une de ses filles est une mère adolescente, ce qui a conduit certains commentateurs à rappeler son vote en faveur du Family Support Act de 1988[77].

Son fils aîné, John Sydney McCain IV, est élève officier à l'Académie navale d'Annapolis et son cadet, James, est engagé dans les Marines et a participé à une rotation de sept mois en Irak entre 2007 et début février 2008[78]. Enfin, sa fille Meghan tient un blog consacré à la campagne électorale présidentielle de son père en 2008[79].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « John McCain », Time, mai 2008
  2. (en) Biographie John Sidney McCain sur le site du cimetière d'Arlington
  3. a et b « Patriotes de père en fils », Le Figaro, 31 janvier 2008.
  4. a, b, c et d « John McCain: Un Rambo à la Maison-Blanche », Le Journal du dimanche, 3 février 2008.
  5. a et b « Mac is back », Le Monde, 6 février 2008.
  6. a, b, c et d Jean-Marie Gonin, « Good morning McCain », Le Figaro Magazine, 8 février 2008.
  7. « John McCain prisonnier au Vietnam » [vidéo], sur ina.fr, Panorama, ORTF,‎ 12 janvier 1968 (consulté le 21 novembre 2013).
  8. En octobre 2008, dans un reportage de Daniel Roussel, ancien correspondant au Viêt Nam du quotidien communiste L'Humanité, des Vietcongs, en l'occurrence le directeur de la prison et une infirmière ne reconnaissent pas ou ne se souviennent pas cependant des conditions de détention vécues et relatées par John McCain.
  9. a et b Philippe Coste, « John McCain, le survivant », L'Express, n°2954, 14 février 2008.
  10. a et b « Le revenant du New Hampshire », Le Figaro, 9 janvier 2008.
  11. a, b, c et d Sylvie Laurent, « John McCain, l’itinéraire sinueux d’un patriote », La Vie des idées, 19 mars 2008. ISSN : 2105-3030.
  12. Sharon Theimer, « McCain fought money on teen pregnancy programs », Associated Press, 2 septembre 2008. Lire en ligne.
  13. a, b, c et d « Une girouette nommée John McCain », Le Temps, 5 mars 2008.
  14. (fr) « Les emails saisis chez Boeing sur la corruption de l'US Air Force », geopolitique.com, 3 mai 2007.
  15. « Le Michigan remet Mitt Romney dans la course à la candidature républicaine », Le Monde, 16 janvier 2008.
  16. (en) « Stallone endorses McCain », First Read MSNBC, 24 janvier 2008.
  17. « Schwarzenegger backs McCain for president », CNN, 31 janvier 2008.
  18. « Défait en Floride, Giuliani devrait se rallier à McCain », Libération, 30 janvier 2008.
  19. « Les électeurs républicains de Floride choisissent John McCain », Le Monde, 30 janvier 2008.
  20. a, b, c et d « Le paradoxe McCain » (article du Los Angeles Times), Courrier international, n°901, février 2008.
  21. « New York Times endorses Clinton, backs McCain over Giuliani », CNN, 25 janvier 2008.
  22. « Mitt Romney annonce qu'il se retire de la course à l'investiture républicaine », Le Monde, 7 février 2008.
  23. « Mitt Romney va soutenir McCain », Le Figaro, 15 février 2008.
  24. « Huckabee embarrasse John McCain », Le Figaro, 11 février 2008.
  25. « Primaires républicaines : la campagne secouée par des accusations contre McCain », dépêche AFP, 21 février 2008.
  26. (en) « For McCain, self-confidence on Ethics poses its own risk », The New York Times, 21 février 2008.
  27. (en) « Bush endorses former rival McCain », France 24, 5 mars 2008.
  28. Philippe Gélie, « Barack Obama se lance sur la scène internationale », Le Figaro, 19 juillet 2008.
  29. (fr) « Otages • John McCain savait que l'armée colombienne allait agir », Courrier international, 3 juillet 2008.
  30. a et b Philippe Gélie, « John McCain a le vent en poupe avant la présidentielle », Le Figaro, 21 août 2008.
  31. « John McCain rencontre le Dalaï Lama et critique la Chine », Le Vif/L'Express, 26 juillet 2008.
  32. Cette stratégie lui vaudra une réponse cinglante de Paris Hilton le citant comme le « mec ridé à cheveux blancs » dans une vidéo (« Paris Hilton réplique à John McCain », Le Figaro, 6 août 2008) ainsi que les critiques des parents de Paris Hilton, donateurs financiers à la campagne de McCain.
  33. « Barack Obama à la peine », éditorial de Pierre Rousselin, Le Figaro, 22 août 2008.
  34. Corine Lesnes, « Obama et McCain s'affrontent sur les questions énergétiques », Le Monde, 5 août 2008
  35. Selon le sondage réalisé par l'université Quinnipiac du 12 au 17 août 2008 avec une marge d'erreur de plus ou moins 2,5 %, auprès de 1 547 personnes, 55 % des Américains estiment que le sénateur de l'Arizona est plus qualifié pour traiter avec la Russie que le candidat démocrate (27 %).
  36. a et b « L'écart se resserre entre Barack Obama et John McCain », Libération, 20 août 2008
  37. Selon RealClearPolitics, John McCain obtiendrait 263 grands électeurs contre 275 à Barack Obama au 19 août 2008.
  38. « John MacCain prend six points d’avance sur Obama en moins d’un mois », LInternationalMagazine.com, 20 août 2008
  39. sondage réalisé par l'université Quinnipiac.
  40. « McCain devance Obama de cinq points dans un sondage », Nouvelobs.com, 20 août 2008, reprenant une étude Reuters/Zogby réalisée entre le 14 et le 16 août 2008. Selon cette étude, McCain reçoit le soutien de 81 % des affiliés républicains alors que Barack Obama ne reçoit le soutien que de 74 % des affiliés démocrates.
  41. « Barack Obama attaque John McCain sur son patrimoine immobilier », Reuters, 21 août 2008.
  42. (en) « Q&A : Barack Obama and Tony Rezko », Times online du 5 mars 2008.
  43. « Le camp de McCain scandalisé par un concert de Madonna le liant à Hitler », dépêche AFP, 25 août 2008.
  44. « John McCain présente aux militants sa colistière Sarah Palin », dépêche de Reuters, Le Point, 29 août 2008.
  45. « Vice-présidence US :… qui est Sarah Palin ? », LInternationalMagazine.com, 30 août 2008.
  46. a et b Corine Lesnes, « John McCain : investiture par temps d'ouragan », Le Monde, 1er septembre 2008.
  47. Philippe Gélie, « La convention républicaine compromise par le ciel », Le Figaro, 1er septembre 2008.
  48. (en) « It's unanimous: McCain is GOP nominee », Upi.com, 4 septembre 2008.
  49. John Whiteside, « Sarah Palin, star incontestée de la convention républicaine », Reuters, 5 septembre 2008.
  50. Alain-Jean Robert, « John McCain et Barack Obama ont deux mois pour convaincre », AFP, 5 septembre 2008.
  51. « McCain fera entrer des démocrates dans son cabinet, s’il est élu », LInternationalMagazine.com, 12 septembre 2008.
  52. (en) « McCain Tops Obama’s Record-Breaking Ratings », Nielsen Wire, 6 septembre 2008.
  53. « Obama n’a cessé de creuser son avantage sur McCain depuis la crise », Les Échos, 27 octobre 2008.
  54. « McCain contraint de défendre Obama devant ses partisans », LInternationalMagazine.com, 11 octobre 2008.
  55. « Obama remercie McCain pour son soutien », LInternationalMagazine.com, 12 octobre 2008.
  56. « John McCain remonte progressivement dans les sondages », LInternationalMagazine.com, 29 octobre 2008.
  57. « J - 11 : Obama s'offre une présidentielle à 5 milliards de dollars », Le Point, 24 octobre 2008.
  58. « La télévision américaine a favorisé la campagne d'Obama, selon une nouvelle étude », La Presse canadienne, 2 novembre 2008.
  59. (en) « 2008 official presidential general election results », Federal Election Commission,‎ 22 janvier 2009 (consulté le 27 avril 2009)
  60. « John McCain reconnaît sa défaite et félicite Barack Obama », AFP, 4 novembre 2008.
  61. « McCain dort et pleure “comme un bébé” depuis sa défaite à la présidentielle », AFP, 12 novembre 2008.
  62. Armelle Vincent, « John McCain doublé sur sa droite en Arizona », Le Figaro, 29 mars 2010
  63. (en) « The 2010 Results Map – Senate – 2010 – AZ », The Politico, 25 août 2010.
  64. a, b et c Romain Huret, « L’étrange défaite de John McCain », La Vie des idées, 19 janvier 2009. ISSN : 2105-3030.
  65. « Human Dignity and the Sanctity of Life », site de campagne de John McCain.
  66. a et b « Le Super Tuesday couronne le républicain McCain », Le Figaro, 7 février 2008.
  67. Véronique Bourbeau, coordonnatrice à l'Observatoire sur les États-Unis de la chaire Raoul-Dandurand de l'UQAM, « La réforme de l'immigration - L'échec de Bush ou des États-Unis », Le Devoir, 7 juillet 2008.
  68. « John McCain le héros inflexible », Cyberpresse.ca, 8 janvier 2008.
  69. « McCain pour un accord de libre-échange entre l'UE et l'Alena », Libération, 27 mars 2006.
  70. http://www.nytimes.com/2008/10/01/world/europe/01france.html?pagewanted=print
  71. (en) John Mc Cain, « An Enduring Peace Built on Freedom », Foreign Affairs, novembre/décembre 2007.
  72. (fr) « Nucléaire iranien : McCain songe à contourner l'ONU, paralysée par le veto russe », Ria Novosti, 21 avril 2008.
  73. « Le Sénat approuve l'interdiction sur la simulation de noyade », Xinhua, 14 février 2008.
  74. Pour Dan Eggen, la loi aurait sapé le programme confidentiel de détention et d'interrogatoire de la CIA (« Senate Passes Ban On Waterboarding, Other Techniques », Washington Post, 14 février 2008).
  75. « Élections américaines. McCain prêt à tout pour séduire », Courrier international, 18 février 2008.
  76. « Bush met son veto à un texte contre la torture », Le Figaro, 8 mars 2008.
  77. Sharon Theimer, « McCain fought money on teen pregnancy programs », Associated Press, 2 septembre 2008.
  78. (en) « McCain's Marine son returns from Iraq », CNN, 14 février 2008.
  79. (en) McCainBlogette.com. Musics and Pop Culture on the Political Trail

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]