Patrice Chéreau

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Théâtre

Par catégories
Série théâtre

Personnalités

Acteur - Actrice
Metteur en scène
Décorateur
Dramaturge

Voir aussi

Pièce - Salle
Histoire - Genres
Festivals - Récompenses
Techniques

Le portail du théâtre

Patrice Chéreau est un metteur en scène de théâtre et d'opéras, réalisateur de cinéma et acteur français dont les travaux combinent recherches plastiques, réflexions politiques et exploration des obsessions humaines.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] Jeunesse

Il est né à Lézigné, en Maine-et-Loire, le 2 novembre 1944. Il est le fils cadet d'un couple de peintres.

Installés à Paris, ses parents l'initient au monde des arts en l'emmenant régulièrement visiter des expositions.
Il entre au Lycée Louis-le-Grand et rejoint la troupe de théâtre de son établissement. Être acteur ne lui suffit pas : il met en scène et se lance dans la conception des décors et des costumes.

[modifier] Les débuts au théâtre

En 1966, à 22 ans, dans la France d'avant-Mai 68, il prend la direction du Théâtre de Sartrouville.
Comme la plupart de ses compagnons, il s'engage dans un théâtre politique où il affiche des positions affirmées. En 1965, il met en scène L'Héritier de village de Marivaux puis l'année suivante une pièce de Labiche: L'Affaire de la rue de Lourcine. Il assure également la mise en scène des Soldats de Jakob Michael Reinhold Lenz en 1967.

La faillite, en 1969, du Théâtre de Sartrouville, pousse Patrice Chéreau vers l'Italie, où il intègre le Piccolo Teatro de Milan. Il travaille en même temps en France, où il se met en scène, à Marseille, dans Richard II de William Shakespeare.
Puis de 1971 à 1977, il dirige avec Roger Planchon et Robert Gilbert le Théâtre National Populaire de Lyon-Villeurbanne.

En 1976, Patrice Chéreau vit une expérience exceptionnelle : la mise en scène de la Tétralogie de Richard Wagner, à la demande de Pierre Boulez, pour le centenaire de l'Opéra de Bayreuth, sanctuaire du compositeur allemand.

Son travail sur L'Anneau du Nibelung de Wagner pour le « Ring du centenaire » (1976 à 1980) au Festival de Bayreuth le rend célèbre sur le plan international. En 1979, Boulez fait à nouveau appel à lui pour la mise en scène du Lulu d'Alban Berg.

[modifier] Ses premiers films

Pour Chéreau, le cinéma garde en commun avec le théâtre l'unité de lieu et de temps: les scènes deviennent à l'écran des séquences. Mais pour lui le cinéma permet de mieux mettre en valeur les émotions picturales de son enfance et de mieux illustrer les tourments de l'âme.
La première réalisation de Patrice Chéreau, La Chair de l'orchidée, adapte avec liberté, en 1974, le roman homonyme de James Hadley Chase.

Son deuxième film, en 1978, Judith Therpauve avec Simone Signoret dans le rôle-titre, bien que très dense, semble pourtant être son œuvre la moins aboutie.

[modifier] Les Amandiers

De 1982 à 1990, Chéreau dirige la maison de la culture de Nanterre, devenue Théâtre Nanterre-Amandiers, Centre Dramatique National à son arrivée. En 1983, après Combat de nègres et de chiens, de son ami Bernard-Marie Koltès dont il fait connaître l'œuvre, il monte Les Paravents de Genet en farce sulfureuse, utilisant la salle comme extension de la scène. Il alterne avec bonheur le classique, Marivaux, Mozart et le contemporain. Il trouve également le temps de se consacrer à sa carrière d'acteur, interprétant Camille Desmoulins dans le Danton d'Andrzej Wajda et Napoléon dans Adieu Bonaparte de Youssef Chahine.

Pendant cette période, il réalise son film le plus personnel, L'Homme blessé en 1983 qui dérange pour sa peinture désenchantée d'une époque puis par l'évocation d'une crise d'identité sexuelle. Pour ce film, il obtiendra, avec Hervé Guibert, le César du meilleur scénario original en 1984. En 1987, il présente au Festival de Cannes Hôtel de France, transposition du Platonov de Tchekhov dans une période contemporaine. Le film est interprété par la jeune génération des comédiens formés aux Amandiers dont Valeria Bruni Tedeschi, Laurent Grévill, Bruno Todeschini, Marianne Denicourt, Agnès Jaoui et Vincent Perez. L'année suivante, il montre au Festival d'Avignon sa mise en scène du Hamlet de Shakesperare qui fait date pour la prestation de Gérard Desarthe dans le rôle-titre puis pour l'inclusion de morceaux de musique contemporaine dans le déroulement de la tragédie. Le travail de Chéreau sera récompensé par un Molière en 1989.

[modifier] La maturité

Jiang Wen et Patrice Chéreau en 2008 à Deauville

À la fin de la saison 1989-1990, Chéreau quitte le théâtre des Amandiers. Il se consacre à l'opéra (Wozzeck, de Berg, 1993 ; Don Giovanni, de Mozart, 1994) et à la préparation d'une grande fresque cinématographique sur le massacre de la Saint-Barthélémy, La Reine Margot. Ce film à grand spectacle, shakespearien, baroque et porté par l'interprétation d'Isabelle Adjani est tiré d'un roman d'Alexandre Dumas. Le scénario a été écrit pendant quatre ans en collaboration avec Danièle Thompson.

En parallèle, il met en scène à l'Odéon, Le Temps et la chambre de Botho Strauss (1991) puis une nouvelle version de Dans la solitude des champs de coton, de Bernard-Marie Koltès, en 1995.

Nouvelle réalisation au cinéma : Chéreau nous invite à le suivre à Limoges dans une étrange famille pour Ceux qui m'aiment prendront le train.

En 2000, il réalise, pour la première fois à l'étranger et en anglais, Intimité qui rencontre le succès auprès du public. Absent de la sélection cannoise, il remporte malgré tout l'Ours d'or à Berlin et vaut à Kerry Fox qui tient le rôle principal, le Prix d'interprétation féminine. Ce drame sur l'échec d'une relation amoureuse obtient également le Prix Louis-Delluc du meilleur film français en 2002. A la fin de cette même année, il met en scène l'un de ses plus grands triomphes au Théâtre de l'Odéon: Phèdre de Racine, faisant exploser la diction de l'alexandrin classique. Le rôle-titre est confié à Dominique Blanc et celui de Thésée à Pascal Gregory. En 2003, avec la sortie de Son frère, adapté d'un roman de Philippe Besson, il dépeint avec pudeur et retenue le drame d'une famille divisée, devant face à la mort imminente d'un de ses membres. En 2005, il revient au film à costumes avec Gabrielle, d'après une nouvelle de Joseph Conrad, qui plonge Pascal Gregory et Isabelle Huppert dans le néant sentimental d'un couple de bourgeois au début du XXe siècle.

En 2006, le Ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres le nomme président de la Fémis, qu'il quitte quelques mois plus tard, "la mort dans l'âme", au motif d'un emploi du temps surchargé[1]. Le cinéaste Claude Miller lui succédera à ce poste.

En décembre 2007, il met en scène Tristan et Isolde de Richard Wagner à la Scala de Milan sous la direction de Daniel Baremboim.

Depuis mars 2008, il fait partie de la Commission présidée par Hugues Gall et chargée par Christine Albanel, ministre de la Culture, de pourvoir le poste de directeur de la Villa Médicis à Rome.

[modifier] Engagement politique

En mars 2007, il signe avec 150 intellectuels un texte qui appelle à voter pour Ségolène Royal, « contre une droite d’arrogance », pour « une gauche d’espérance[2] ». Après avoir soutenu François Mitterrand en 1981, il reste fidèle au camp socialiste.

[modifier] Filmographie

[modifier] Réalisateur

[modifier] Acteur

acteurs et actrices

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

[modifier] Mises en scène de théâtre

1966-1969 Directeur du théatre de Sartrouville

1970-1972 Travail au Picollo Teatro DE Milan

1972-1981 Co-directeur du TNP Villeurbanne

1982-1990 Co-directeur du Théatre des Amendiers Nanterre

[modifier] Mises en scène d'opéra

[modifier] Récompenses

Cinéma
Théâtre

[modifier] Références

  1. http://tf1.lci.fr/infos/culture/0,,3410519,00-patrice-chereau-renonce-presidence-femis-.html
  2. « Avant qu'il ne soit trop tard », Le Nouvel Observateur, 1er mars 2007.

[modifier] Bibliographie

  • Colette Godard, commenté par Patrice Chéreau, Patrice Chéreau, Le trajet, Le Rocher, coll. « Document », Monaco-Paris, 2007, 282 p. (ISBN 978-2268061450) 
  • Patrice Chéreau, avec Georges Banu et Clément Hervieu-Léger, J'y arriverai un jour, Actes Sud, coll. « Le temps du théâtre », Arles, 2009, 189 p. (ISBN 978-2742784035) 

[modifier] Voir aussi


Créer un livre