Gérard Philipe

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Gérard Philipe

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Gérard Philipe 1955

Nom de naissance Gérard Philip
Naissance 4 décembre 1922
Cannes, France
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 25 novembre 1959 (à 36 ans)
Paris, France
Profession Acteur
Films notables L'Idiot
Le Diable au corps
La Chartreuse de Parme
La Beauté du diable
Fanfan la Tulipe
Les Orgueilleux
Monsieur Ripois
Le Rouge et le Noir
Les Grandes Manœuvres
Les Liaisons dangereuses

Gérard Philipe ( né à Cannes le 4 décembre 1922 – mort à Paris le 25 novembre 1959), de son vrai nom Gérard Philip[1], est un acteur de théâtre et de cinéma français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Cadet de son frère Jean, Gérard naît à Cannes (Alpes-Maritimes), dans une famille aisée de Marcel Philip (1893-1973) et de Marie Villette.

Son père, avocat dans un cabinet de contentieux juridique, appartenait en 1936 à la ligue fasciste des Croix-de-Feu, puis s'enthousiasma pour Jacques Doriot et son rêve de national-socialisme à la française, adhéra au Parti populaire français (PPF) et devint secrétaire de la fédération de Cannes. Gérant pendant la guerre du Parc palace hôtel à Grasse, il y abrita l'état-major mussolinien en 1940 puis l'état-major nazi en 1942, mettant en danger sa famille. Ses fils se rendaient au collège sous la protection de gardes du corps[2].

Gérard suit toute sa scolarité au lycée de l'Institut Stanislas de Cannes tenu par les marianistes où il est bon élève. Il y obtient, au début de la guerre, son baccalauréat. Inscrit à la faculté de droit à Nice en 1942, son père le destine à une carrière de juriste, mais, rencontrant de nombreux artistes réfugiés sur la Côte d'Azur, alors en zone libre depuis 1939, il décide de devenir comédien. Sa mère le soutient dans ce choix.

Plus tard pour se démarquer de son père, Gérard ajoute un « e » à son nom pour obtenir treize lettres avec son nom et son prénom, chiffre porte-bonheur.

La guerre, les débuts d’acteur[modifier | modifier le code]

En 1941, en compagnie de son amie Danièle Delorme il passe une audition devant le réalisateur Marc Allégret qui l’envoie prendre les cours d’art dramatique de Jean Wall et Jean Huet à Cannes. Le comédien Claude Dauphin le fait jouer au théâtre à partir de 1942 avec Une grande fille toute simple d’André Roussin au casino de Nice.

En 1942, Marc Allégret l'engage pour une silhouette dans le film La Boîte aux rêves, réalisé par son frère Yves. En novembre de la même année, la zone libre est occupée par l’armée allemande.

En 1943, la famille Philip s’installe rue de Paradis, dans le 10e arrondissement de Paris. Gérard s’inscrit au Conservatoire national supérieur d'art dramatique, suit les cours de Denis d'Inès puis de Georges Le Roy et obtient le second prix de comédie.

Membre des FFI, il participe à la Libération de Paris en 1944, alors que son père est un collaborateur notoire. Il contribue à la libération [3]notamment l'Hôtel de Ville de Paris en août 1944 en compagnie de 30 personnes sous les ordres de Roger Stéphane.

En 1943 Gérard Philipe obtient son premier succès et la célébrité à l’âge de vingt ans, en pleine Seconde Guerre mondiale, dans le rôle de l’ange du Sodome et Gomorrhe de Jean Giraudoux.

Amour et famille[modifier | modifier le code]

En 1942, il rencontre Nicole Navaux, une ethnologue épouse du diplomate François Fourcade. Ils se lient en 1946, se marient le 29 novembre 1951 à la mairie de Neuilly-sur-Seine après le divorce de Nicole.
Il demande à son épouse de reprendre son premier prénom, Anne, qu'il trouve plus poétique.
Ils ont deux enfants : Anne-Marie Philipe, née le 21 décembre 1954, devenue écrivain et comédienne elle aussi, et Olivier Philip, né 9 février 1956. Installés boulevard Inkerman à Neuilly, puis rue de Tournon à Paris en 1956, Anne et Gérard avec leurs enfants passent leurs vacances d’été à Ramatuelle, en Provence, dans une propriété de la famille d'Anne.

L’après-guerre : gloire et engagement[modifier | modifier le code]

Gérard Philipe en 1954 dans le costume de Don Rodrigue.

La notoriété de Gérard Philipe au théâtre et en tournée grandit encore grâce à la création de Caligula d’Albert Camus en 1945.
Et le film Le Diable au corps de Claude Autant-Lara en 1947, où il est le partenaire de Micheline Presle, lui apporte la gloire au cinéma.

Anne et Gérard Philipe deviennent tous deux compagnons de route du Parti communiste français. Acteur engagé, il est l'un des premiers à signer l'appel de Stockholm, en 1950, contre l’armement nucléaire en pleine guerre froide. Président du Syndicat français des artistes-interprètes (SFA) à partir de 1958, il se révèle un grand responsable syndical pour les métiers artistiques du cinéma et du théâtre. Toutefois, durant ces mêmes périodes, ces engagements ne l’empêchent pas de visiter très régulièrement Paul Marion, l’ancien ministre de l’Information de Vichy, à la prison centrale de Clairvaux où ce dernier purge sa peine.

Le « jeune premier »[modifier | modifier le code]

En 1951 Jean Vilar qui vient de prendre la direction du Théâtre national populaire l'invite à intégrer sa troupe, et à jouer Le Prince de Hombourg de Kleist et Le Cid de Pierre Corneille ce qu'il accepte avec enthousiasme. Gérard assure ainsi un immense succès populaire au répertoire classique, à Paris, en tournée, au Festival d'Avignon . Il met lui-même en scène plusieurs pièces de Musset, et d'auteurs contemporains comme Henri Pichette et Jean Vauthier. De cette troupe composée de comédiens prestigieux, Philippe Noiret, Jeanne Moreau, Daniel Sorano entre autres, il dit : "... pour moi le TNP c'est chez moi, c'est ma maison"[4].

Pour autant il ne délaisse pas le cinéma, en 1952 il joue le Fanfan du Fanfan la Tulipe de Christian-Jaque avec Gina Lollobrigida, qui lui vaut de devenir une « idole des jeunes » à travers le monde. Sa jeunesse, sa beauté et son charisme dans les films d'Yves Allégret, Christian-Jaque, Marcel Carné, Claude Autant-Lara, René Clair, René Clément, Luis Buñuel, Roger Vadim lui valent une renommée internationale.

La fin brutale[modifier | modifier le code]

Tombe de Gérard et Anne Philipe à Ramatuelle.

En 1959, le 25 novembre en pleine gloire et à l’apogée de sa popularité, alors qu'il vient de finir le tournage du film La fièvre monte à El Pao de Luis Buñuel au Mexique, il est emporté par un cancer du foie foudroyant[5] à Paris, quelques jours avant son 37e anniversaire, plongeant dans la tristesse ses nombreux admirateurs. Conformément à ses dernières volontés, il est enterré, vêtu du costume de Don Rodrigue (Le Cid), dans le petit cimetière de Ramatuelle.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le nom de Gérard Philipe a été donné à de très nombreuses rues (à Paris, Torcy, etc.), plusieurs théâtres dont le théâtre populaire d'Aubervilliers, le Centre dramatique national de Saint-Denis, les théâtres municipaux d’Orléans, de Montpellier, de Meaux, de Calais, de Champigny-sur-Marne, de Saint-Cyr-l’École, de Liège, de Saint-Jean-de-Maurienne, de Saint-Nazaire, etc.), des maisons de la culture, ainsi qu'à de nombreux établissements d'enseignement.

Un timbre postal d’une valeur de 50 centimes, le représentant dans le rôle du Cid, est émis le 12 juin 1961 avec une oblitération premier jour le 10 à Cannes[6].

Dans les années qui suivent le décès de son mari, Anne Philipe publie deux biographies intitulées Souvenirs (1960) et Le Temps d’un soupir (1964).

Œuvre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

Gérard Philipe est l'un des acteurs français qui a le plus enregistré de disques en aussi peu de temps, en l'occurrence entre 1952 et 1959, année de sa mort.

Le contenu en est très éclectique, du très célèbre Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry (enr. en 1954) à Pierre et le Loup de Serge Prokofiev, en passant par de grands poètes tels Victor Hugo, François Villon, Jean de La Fontaine, Guillaume Apollinaire, ou encore Louis Aragon et Paul Éluard, en collaboration avec Jean-Louis Barrault.

Il fit de nombreuses adaptations discographiques ou radiophoniques de pièces de théâtre que souvent il avait jouées avec succès sur la scène du TNP que son ami Jean Vilar, acquis comme lui aux idées communistes, dirigeait depuis 1951.

Il s'agit essentiellement de tragédies classiques du XVIIe siècle, ou de drames modernes du XIXe siècle : Le Cid de Pierre Corneille, Le Prince de Hombourg d'Heinrich von Kleist, La Tragédie du roi Richard II de William Shakespeare, Ruy Blas de Victor Hugo, le répertoire d'Alfred de Musset (Lorenzaccio, On ne badine pas avec l'amour ou Les Caprices de Marianne).

Il enregistra, en relation avec ses idéaux politiques, des disques de lectures de textes de Karl Marx : un 30 cm titré Les Pensées de Karl Marx, forgeron d'un instrument moderne de la connaissance - Le Philosophe matérialiste de l'histoire - L'Analyse implacable de la réalité capitaliste - Le Briseur de chaînes ; trois disques 18 cm intitulés Le Monde de 1715 à 1870 (La Lutte des classes selon Marx dit par Gérard Philipe) et la lecture d'extraits du Manifeste du Parti communiste.

Publicité[modifier | modifier le code]

Gérard Philipe n'a accepté de faire de la publicité que pour les livres Gallimard, en 1950, en posant devant l'objectif de Lucien Lorelle, pour le publicitaire Henri Sjöberg.
Cette affiche au slogan « Dévorez les livres comme Gérard Philipe » sera affichée sur tous les murs, pendant des années[7]. Un des clichés est repris sur la couverture de Mon libraire de Patrick Cloux, paru en 2007.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Prix d'interprétation au Festival international de Bruxelles en 1947 pour Le Diable au corps.
  • Victoire du meilleur acteur du cinéma français en 1948
  • Victoire du meilleur acteur du cinéma français en 1952 avec Daniel Gélin
  • Victoire du meilleur acteur du cinéma français en 1953
  • Victoire du meilleur acteur du cinéma français en 1954
  • Victoire du meilleur acteur du cinéma français en 1955 avec Jean Gabin

Il est dès lors hors concours et fait partie du jury d'honneur.

Hommages par la presse[modifier | modifier le code]

  • Point de vue - Images du monde n° 599 : Adieu Gérard Philipe 4/12/1959
  • Paris Match n° 556 : La mort du Cid 5/12/59
  • Regards n° 450 : Gérard Philipe, son dernier film et ses dernières photos 01/01/1960
  • Paris Match n° 561 : En hommage à Gérard Philipe 5/01/1960
  • Cinémonde n° 1330, numéro spécial : Hommage à Gérard Philipe 02/02/1960
  • Cinémonde n° 1371 : Gérard Philipe nous quittait voici un an 15/11/1960
  • Jours de France n° 781 : Gérard Philipe - Il y a dix ans déjà... 27/11/1969
  • Historia n° 313 : Gérard Philipe aurait 50 ans 1972
  • Jours de France n° 1299 : Vingt ans déjà, inoubliable Gérard Philipe 24/11/1979
  • Regard Magazine n° 7 : Gérard Philipe 1994

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Chansons dédiées à Gérard Philipe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Philipe ou la jeunesse du monde, Maurice Perisset, Éditions Alain Lefeuvre, 1979, page 22.
  2. http://www.jesuismort.com/biographie_celebrite_chercher/biographie-gerard_philipe-1427.php
  3. Émission de télévision "Ah vous écrivez!" du 24/08/1979 consacrée à Roger Stéphane et présentée par Bernard Pivot.
  4. http://ios.mobapp.ina.fr/art-et-culture/arts-du-spectacle/video/I00015184/gerard-philipe-sur-sa-rentree-au-tnp.fr.html
  5. La presse parla à l'époque d'une crise cardiaque.
  6. Le timbre postal
  7. affiche
  8. Les points sur les i

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]