Musique de film
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La musique de film est la musique utilisée pour un film, voulue par le réalisateur et/ou le producteur. Il peut s'agir de musique pré-existante (compilations, reprises, comme dans Trainspotting, Orange Mécanique, ou Pulp Fiction), ou de musique composée spécialement pour le film : on parle alors de « bande originale » (BO), en anglais « Original SoundTrack » (OST).
Une musique de film peut être constituée de chansons ou de morceaux instrumentaux, qui constituent la partition du film (en anglais « film score »).
Sommaire |
Histoire [modifier]
L'origine de la musique au cinéma [modifier]
La musique de film a fait sa première apparition le 17 novembre 1908, jour de sortie du film L'Assassinat du duc de Guise, d'André Calmettes et Charles Le Bargy. La musique de ce film fut composée par Camille Saint-Saëns, qui devint ainsi le premier compositeur de renom à composer une musique spécialement pour un film.
Du simple pianiste dans la salle obscure aux bandes originales spécialement composées, la musique est très vite devenue une composante essentielle de la dramaturgie cinématographique.
À l'aube du cinéma, le son n'existait pas. Cependant, la projection de film était souvent accompagnée par un piano ou même par un orchestre, pour des raisons multiples : couvrir le bruit du projecteur, rassurer les spectateurs dans le noir, distraire l'oreille, renforcer le découpage mais aussi le lien entre les différentes scènes du film, prolonger la tradition des spectacles « audiovisuels » antérieurs au cinéma muet (spectacles de cirque, de magie, ballet, lanterne magique...). Mais cet accompagnement renforçait aussi le rythme et l'émotion. C'est ainsi qu'en 1909, les films Edison éditent Suggestion for Music, un catalogue dans lequel chaque action ou émotion est associée à une ou plusieurs mélodies extraites du répertoire classique. De même, Playing to Picture (W.T. George, 1912), Sam Fox Moving Picture Music Volumes (J.S. Zamacki, 1913), Motion Pictures Moods for Pianists and Organists : A Rapid-Reference Collection of Selected Pieces (Ernö Rapee, 1924) sont des ouvrages musicaux qui classent minutieusement les pièces classiques et les compositions originales. Mais les musiciens jouant pendant la projection d'un film sont exposés à de nombreux problèmes : fluctuations dans la vitesse de déroulement des films, état des copies qui se détériorent très vite, etc. Ceci oblige les musiciens à achever, changer voire sauter précipitamment un morceau. La synchronisation entre le son et les images est un problème majeur au début du siècle.
L'arrivée du son optique [modifier]
Dès 1903, le Français Eugene Lauste, puis l’Américain Lee De Forest tentent de rassembler musique et images sur un même support. C'est en 1923 que les premières démonstrations des Phonofilms de Lee de Forest émergent : l'industrie du cinéma ne réagit pas. En 1926, le procédé Vitaphone, qui enregistre le son sur un disque et le synchronise avec le projecteur est un triomphe, tout comme le célèbre film sonore américain Le Chanteur de jazz (1927) d'Alan Crosland qui impose par son succès le cinéma parlant. Cinéastes, producteurs et musiciens prennent conscience du rôle de la voix, des bruits et de la musique dans un film.
Les pouvoirs de la musique [modifier]
Sa fonction expressive se situe à plusieurs niveaux associés ou non, dramatique, lyrique, esthétique ou symbolique dans un rapport plus ou moins distancié avec ce qui se passe sur l'écran, que ce soit pour caractériser ou illustrer musicalement la scène, lui conférer un pouvoir émotionnel sur le spectateur, voire lui faire jouer le rôle d'un personnage ou un évènement symbolique par l'usage d'un leitmotiv.
Les premières partitions écrites spécifiquement pour le cinéma jouent généralement le même rôle que les morceaux du répertoire classique qu'elles remplacent : elles ne font que soutenir le discours cinématographique, souvent avec emphase et redondance. Cette réduction de la musique à une fonction de doublage amènera le compositeur Igor Stravinski à la comparer à du « papier peint »[1].
Petit à petit, la musique brise le cocon de simple accompagnement sonore. Elle dépasse son rôle d'illustration pour apporter une dimension supplémentaire chargée de sens. Au-delà de son apport esthétique, elle devient utile et participe au récit.
La partition de John Williams en est un exemple révélateur ; elle transforme l'attente du spectateur en véritable angoisse dans le film Les Dents de la mer de Steven Spielberg. Le thème musical devient un leitmotiv induisant l'appréhension à lui seul, à plusieurs reprises dans le film.
En 1969, le rock fait son apparition dans la musique de film. La bande originale enchaîne les tubes. La commercialisation des musiques de film devient populaire. Les ventes de bandes originales explosent en proposant une compilation de morceaux connus.
La musique devient indissociable de l'image et les réalisateurs y accordent une place croissante. Les thèmes musicaux de certains films deviennent de véritables succès populaires. Des collaborations durables s'installent entre metteur en scène et compositeur qui partagent le même univers, la même sensibilité : Alfred Hitchcock et Bernard Herrmann, Sergio Leone et Ennio Morricone, Steven Spielberg et John Williams, David Cronenberg et Howard Shore, David Lynch et Angelo Badalamenti, Tim Burton et Danny Elfman, Robert Zemeckis et Alan Silvestri, James Cameron et James Horner ou en France Georges Delerue et François Truffaut, Luc Besson et Éric Serra, Claude Sautet et Philippe Sarde.
Dans les années 1990, la musique de film interagit avec le récit et l'on peut ainsi voir les personnages de Magnolia (Paul Thomas Anderson, 1999) se mettre à chanter alors que le film n'est pas une comédie musicale.
En 1995, cherchant à renouer avec plus de simplicité et de sincérité, le vœu de chasteté du Dogme95 interdit d'utiliser toute musique qui ne ferait pas partie de l'histoire, c'est-à-dire hors-diégèse (elle ne doit pas être rajoutée au montage, elle doit faire partie de la scène : les personnages peuvent l'entendre, on dit alors qu'elle est diégétique).
Bollywood et ses productions représente un cas particulier proche de la comédie musicale, car outre la bande-son habituelle, il y a systématiquement des scènes de groupes chantées et dansées qui interrompent la trame de l'histoire, apportant fraicheur et entrain, ou mélancolie et tristesse... Ces passages sont encore plus particuliers car ils sont chantés en playback par des professionnels alors que les comédiens font semblant de chanter à l'écran.
Rapport de la musique au film [modifier]
Pour Igor Stravinski, la musique était du « papier peint » pour le film[1],[2] ; il signifiait par là que la musique devait supporter l'image et l'histoire, mais ne pas prendre le pas. Dans les films musicaux, au contraire, la musique est souvent un facteur prépondérant puisque c'est elle qui guide le rythme du film : la diction (chant) des acteurs, leurs mouvements, les mouvements de caméra…
Les réalisateurs et les producteurs sont conscients de son importance, notamment de l'émotion qu'elle peut susciter chez le spectateur, des pleurs associés aux violons à l'excitation d'une musique saccadée avec un son saturé, en passant par l'inquiétude, l'angoisse ou l'inconfort d'une musique dissonante.
Dans certains cas, le réalisateur est guidé par une musique, une chanson, un morceau qu'il a en tête, et qui pourra faire partie ou pas de la musique du film. Le réalisateur français Claude Lelouch est coutumier de cette méthode ; il travaille, avant tournage, avec un compositeur, tourne et monte avec, pour témoin, la musique pré-enregistrée, puis, peut demander au compositeur d'adapter sa musique à la durée du montage final. D'autres réalisateurs tournent et montent leur film avec une musique qu'ils aiment et écoutent avec un baladeur cette musique dite « temporaire » afin de donner du rythme aux images.
Fabrication de la musique de film [modifier]
On distingue en général plusieurs types :
- BO classique : musique originale écrite pour le film par un compositeur de musique « classique » instrumentale, orchestrale et/ou chorale (par exemple dans les films Star Wars, Le Seigneur des Anneaux, Conan Le Barbare, Alien, Sueurs Froides, Danse Avec Les Loups, Le Bon La Brute et Le Truand, Gladiator, Predator, Blade Runner, Willow, Batman, Stargate...) ;
- BO par un artiste populaire : musique originale écrite pour le film par un artiste populaire (par exemple dans les films Into The Wild, Virgin Suicides, Amelie Poulain, Arizona Dream, L'Assassinat de Jesse James More, SuperFly, There Will Be Blood) ;
- Compilation : reprises de morceaux déjà existants, classiques ou populaires (par exemple dans les films Orange Mécanique, 2001 L'Odyssée de l'Espace, Fantasia, Quatre Garçons Dans le Vent, Romeo + Juliett, Trainspotting, Pulp Fiction, The Wall, High Fidelity, Almost Famous, Sexe Intentions, Purple Rain, Tueurs Nés, Kill Bill...) ;
- Enregistrement « live » : musique jouée et enregistrée pendant le tournage[3], parfois sujet même du tournage.
- Des musiques de catalogue avec des déclinaisons dramaturgiques, composées et éditées spécialement pour être utilisées ultérieurement dans des films à venir. Ce type de production s'appelle « musique d'illustration » (« background music ») ou de façon péjorative « musique au mètre ».
Au moment de la sortie en salles, souvent avant pour les très grosses productions, plus rarement après pour d'autres, la musique d'un film peut être offerte au public et devenir un produit dérivé, édité sous le nom de « bande originale » ou « musique originale » (couramment abrégé en « BO » ou « OST »).
L'héritage de la musique classique [modifier]
Il est assez courant de vouloir lier la musique de film à la musique classique, bien que les genres adoptés par les compositeurs de musiques de films soient très divers. Une versatilité qui s'étend de la musique symphonique (par exemple John Williams et Bernard Herrmann) à la musique minimaliste (Philip Glass, Michael Nyman).
Les compositeurs de l'Âge d'Or d'Hollywood (1930-1959), pour la plupart européens, mettent fin au cinéma parlant silencieux : la musique dialogue enfin avec l'image. Ils sont les véritables héritiers de la musique romantique de R. Wagner, J. Brahms et R. Strauss, et il est courant de trouver des structures musicales narratives proches à celles employées dans les poèmes symphoniques (Max Steiner, Miklos Rozsa, Bernard Herrmann).
Les décennies qui suivent (1960-1989) voient arriver l'intégration d'éléments de musique populaire, et l'utilisation diégétique de la musique. Les compositions deviennent davantage partie intégrante de l'action (Elmer Bernstein, John Barry, Ennio Morricone, Jerry Goldsmith, John Williams).
À l'ère du numérique (depuis 1990), les moyens techniques digitaux, la prédominance des effets sonores, et les accords entre les majors et l’industrie du disque donnent parfois l'impression d'inhiber la richesse d’orchestration. Au départ fort inspirées (Hans Zimmer, Alan Silvestri, Danny Elfman, James Horner...), les partitions se ressemblent aujourd'hui de plus en plus, en particulier du fait de sociétés de production telles que Media Venture / Remote Control. Mais l'originalité et l'ambition restent encore présentes (notamment grâce à James Newton Howard, Howard Shore et Thomas Newman... ainsi qu'à la nouvelle génération constituée, entre autres, de Harry Gregson-Williams, David Arnold, Michael Giacchino, John Powell, Alexandre Desplat,...). De nombreuses innovations de la musique de film proviennent également de Hans Zimmer (utilisation des chœurs dans des musiques d'action depuis USS Alabama, mixité des musiques électronique et symphonique...). Ces innovations sont couramment reprises par des compositeurs de musique de film.
Lorsque l'on se livre[Qui ?] à une comparaison, il apparaît que la construction est très différente. Ainsi, le « classique » dispose d'une relative liberté de construction — même s'il y a des normes telles que le nombre de mouvements dans une symphonie — alors que le musicien de film doit parfois « coller » à la scène à l'image près. Les auteurs de musique de film sont parfois tenus à une certaine récurrence voire une certaine redondance. Ainsi, la même phrase musicale (thème) peut être déclinée de différentes manières tout au long du film, souvent avec des instruments différents. On se souviendra par exemple du thème du film Les tontons flingueurs de Michel Magne, décliné version « grand siècle », mais également « yéyé années 1960 » et avec un banjo, lors du très fameux « bourre-pif » asséné à Bernard Blier par Lino Ventura.
Certains des compositeurs de musique de films ont été simultanément des compositeurs de symphonies, de concertos et/ou de ballets — Igor Stravinski, Jerome Moross, Arthur Honegger, Aaron Copland etc.. Comme tels, ils ont été classés comme musiciens classiques. Pour les autres, il est indéniable que la plupart d'entre eux, souvent de par leur formation classique — ainsi par exemple Georges Delerue fut l'élève de Darius Milhaud[4] —, ou Philippe Sarde, l'élève de Noël Gallon[5]
Exemples :
- Gérard Calvi s'est inspiré de Musique pour Cordes, Percussions and Celesta de Béla Bartók dans Allez France !.
- Bill Conti reprend des phrases de Piotr Ilitch Tchaïkovski, les Ballades et variations norvégiennes d'Edvard Grieg, des passages de La Moldau de Bedřich Smetana, le 2e Concerto pour violon de Johannes Brahms, Nuit sur mont chauve de Modeste Moussorgski et assez logiquement, des passages des Planètes de Gustav Holst dans The Right Stuff (L'Étoffe des héros). On retrouve également Marcel Tournier dans ce dernier film, lorsque les sept astronautes et leurs épouses regardent le spectacle de danse (chorégraphie sur un arrangement orchestral du Clair de Lune de Claude Debussy).
- Hugo Friedhofer reprend quelques thèmes du Concerto pour Harpe de Einojuhani Rautavaara dans An Affair to Remember — titre français : Elle et lui.
- Russell Garcia reprend la Rapsodie espagnole de Maurice Ravel ainsi que le 3e mouvement de Music for Strings, Percussion and Celesta de Béla Bartók dans Time machine.
- Bernard Gérard et Jacques Ertaud reprennent les concerti pour piano de Rachmaninov dans la musique de la série télévisée Maria Vandamme.
- Jerry Goldsmith reprend la Sonate pour piano d'Alberto Ginastera ainsi que le 3e mouvement de la Musique pour Corde, Percussions and Celesta de Béla Bartók dans Coma. Il reprend L'enfant et le sortilège de Maurice Ravel pour Legend, certains thèmes d'Isaac Albeniz pour Basic Instinct, Le poème symphonique le Prince Ivanov de Serguei Rachmaninov pour Night Crossing — titre français : La nuit de l'évasion. Les flûtes du film Tora ! Tora ! Tora ! rappellent le troisième mouvement du Cantus Arcticus de Einojuhani Rautavaara ainsi que le 4ème mouvement de la Symphonie N°4 de Alan Hovhaness. Dans Total Recall, il s'est inspiré de la Symphonie N°2 en Si mineur de Joly Braga Santos. Dans Outland, on peut reconnaître des passages inspirés de la Suite Le Mandarin Miraculeux de Béla Bartók.
- Ron Goodwin est sans doute le plus proche d'Edward Elgar des musiciens de films et en même temps, c'est probablement l'un des plus martiaux musiciens de films. On retrouve par ailleurs, Pomp and circumstance dans les Miss Marple ou la Bataille d'Angleterre. Dans Quand les aigles attaquent s'est inspiré de Musique pour Cordes, Percussions and Celesta de Béla Bartók. Il mélange à merveille les instruments baroques et la guitare électrique dans Miss Marple.
- Bernard Herrmann s'est inspiré de Richard Wagner, d'Igor Stravinski[6], de Serguei Rachmaninov (Les danses symphoniques) et de Gustav Mahler — Symphonie N°4 — dans L'homme qui en savait trop. Dans La mort aux trousses, il reprend la 3e danse symphonique de Serguei Rachmaninov ; dans Farenheit 451 il s'inspire de La Pavane pour une pour une Infante défunte de Maurice Ravel, enfin, dans Voyage au centre de la terre, il reprend le Poème symphonique d'Anton Dvorak et son utilisation de la harpe est très proche de celle de Marcel Tournier.
- James Horner pour Star trek 3 s'est inspiré de la Symphonie alpestre de Richard Strauss.
- Maurice Jarre reprend Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns pour Lawrence d'Arabie.
- Michael Kamen s'est inspiré de la Symphonie N°5 de Pierre Wissmer pour la série des Die Hard.
- Michel Legrand et Henry Mancini (resp.) présentent des thèmes communs dans L'affaire Thomas Crown et Columbo (resp.).
- Michel Magne s'est inspiré de Pierre et le loup de Prokofiev dans Fantômas.
- Ennio Morricone s'est inspiré du Concerto N°1 pour piano de Béla Bartók et des Jeux dans le cirque Maximus de Ottorino Respighi pour le film Peur sur la ville.
- Alex North s'est inspiré de la Symphonie N°3 (3e mouvement) de Camille Saint-Saëns, pour la musique de The Agony and the Ecstasy.
- Leonard Rosenman dans Le Voyage fantastique reprend Shadows of Time d'Henri Dutilleux ainsi que Répons de Pierre Boulez.
- Miklós Rózsa pour la musique de Ben-Hur reprend Les nocturnes de Claude Debussy (notamment pour le morceau intitulé La maison de Hur), Pierre et le loup de Sergueï Prokofiev et Fantaisies de Ralph Vaughan Williams. Pour Le Cid et Ivanoe, il s'est inspiré de la Symphonie N°3 de Joly Braga Santos. Pour le Cid, on reconnaît des inspirations provenant du 4e mouvement de la Musique pour Cordes, Percussions and Celesta de Béla Bartók. Les nocturnes de Claude Debussy avaient déjà quelques années plus tôt inspiré Leigh Harline pour la musique de Blanche Neige (le fameux morceau intitulé Magic Mirror où la reine se contemple dans le miroir).
- Alan Silvestri dans Retour vers le futur 3 reprend des passages du ballet Appalachian Spring d'Aaron Copland.
- Dimitri Tiomkin dans Le crime était presque parfait reprend la Symphonie N°1 d'Henri Dutilleux.
- Franz Waxman s'est inspiré de la Symphonie pathétique de Piotr Ilitch Tchaïkovski et la Symphonie N°4 de Gustav Mahler.
- John Williams pour Rencontre du troisième type s'est inspiré des Nocturnes de Claude Debussy, et pour Star Wars du Sacre du Printemps d'Igor Stravinski ainsi que Les Planètes de Gustav Holst.
Certains réalisateurs préfèrent même ne pas s'embarrasser de compositeurs et reprendre directement des pièces classiques : c'est le cas de Stanley Kubrick avec les films Barry Lyndon (où des airs traditionnels irlandais côtoient des pièces de Bach, Haendel, Mozart, Paisiello, Schubert et Vivaldi) et 2001, l'Odyssée de l'espace (avec notamment la célèbre ouverture d'Ainsi parlait Zarathoustra, de Richard Strauss). Il fait cependant appel à Wendy Carlos pour arranger les pièces de Gioachino Rossini, Henry Purcell et surtout Ludwig van Beethoven pour Orange Mécanique.
Il y a parfois également des filiations entre musiciens de films de générations différentes. Par exemple, Danny Elfman est à l'évidence très proche de Jerry Goldsmith et un passage de la musique de Dominic Frontiere dans Brannigan est également très proche d'un des passage de la musique de Jerry Goldsmith dans La Planète des singes, tandis que Bill Conti est proche de la musique de Miklos Rosza — on retrouve la thématique de Ben-Hur dans la série des Rocky.
Couples compositeur / réalisateur [modifier]
Les liens entre le compositeur de la musique et le réalisateur d'un film sont parfois si forts que leurs collaborations sont régulières et que des « couples cinématographiques » mythiques se sont formés comme :
- Francis Lai et Claude Lelouch (34 fois)
- John Williams et Steven Spielberg (26 fois)
- Nino Rota et Federico Fellini (15 fois)
- Carter Burwell et Joel et Ethan Coen (15 fois)
- Danny Elfman et Tim Burton (14 fois)
- Alan Silvestri et Robert Zemeckis (14 fois)
- Howard Shore et David Cronenberg (14 fois)
- Eric Serra et Luc Besson (13 fois)
- Georges Delerue et François Truffaut (10 fois)
- Angelo Badalamenti et David Lynch (10 fois)
- Philippe Sarde et Claude Sautet (10 fois)
- Joe Hisaishi et Hayao Miyazaki (9 fois)
- Jerry Goldsmith et Joe Dante (9 fois)
- Patrick Doyle et Kenneth Branagh (9 fois)
- Ennio Morricone et Sergio Leone (8 fois)
- Bernard Herrmann et Alfred Hitchcock (8 fois)
- Alberto Iglesias et Pedro Almodóvar (8 fois)
- James Newton Howard et M. Night Shyamalan (8 fois)
- John Ottman et Bryan Singer (7 fois)
- Harry Gregson-Williams et Tony Scott (7 fois)
- Clint Mansell et Darren Aronofsky (5 fois)
- Thomas Newman et Sam Mendès (5 fois)
- John Powell et Paul Greengrass (5 fois)
- Alexandre Desplat et Jacques Audiard (5 fois)
- Steve Jablonsky et Michael Bay (5 fois)
Original SoundTrack [modifier]
Le terme anglais Original Sound Track (OST) est l'équivalent d'une bande originale de film en français. Le terme anglais est souvent utilisé par les amateurs de japanimation et de jeux vidéo pour désigner la bande son d'un dessin animé japonais ou d'un jeu. Le terme Original Sound Track (オリジナル サウンドトラック, orijinaru saundotorakku?) est d'ailleurs entré tel quel dans le lexique japonais, comme de nombreux mots étrangers.
Apparitions du musicien, dans le film [modifier]
Certains compositeurs de musique de film ont fait une brève apparition dans des films dont ils ont composé la musique, à la manière d'un caméo :
- Leopold Stokowski, qui a réorchestré les huit œuvres de musique classique du Fantasia de Walt Disney (1940), apparaît en ombre chinoise avant chaque séquence du film avec ses musiciens de l'Orchestre de Philadelphie.
- Alfred Newman apparaît au début du film Comment épouser un millionnaire en tant que chef d'orchestre.
- Bernard Herrmann apparaît à la tête de l'Orchestre de l'Albert Hall de Londres, dans le film L'Homme qui en savait trop.
- Duke Ellington apparaît sous les traits de Pie Eye dans Autopsie d'un meurtre.
- Michel Magne apparaît en chef d'orchestre de la revue dans Mélodie en sous-sol et en pianiste dans le studio de Radio Plus dans Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
- Charles Dumont dans son propre rôle dans Les Aventures de Michel Vaillant.
- Serge Gainsbourg apparaît dans Le Pacha dans un studio d'enregistrement où il joue la fameuse chanson Requiem pour un con.
- Francis Lai, compositeur des films de Claude Lelouch, apparaît sous les traits d'un accordéoniste aveugle dans le film Les Uns et les Autres (1981). Ce même personnage était un personnage de second rôle dans Smic, Smac, Smoc (1971).
- Philippe Sarde apparaît dans le film Le Juge et l'Assassin de Bertrand Tavernier comme pianiste.
- Jerry Goldsmith apparaît dans les deux Gremlins : dans le premier, à une convention d'inventeurs et dans le second, en tant que passant dans le hall de l'immeuble où se déroule le film.
- Eric Serra, compositeur de Luc Besson, apparaît comme Enrico, le bassiste dans une scène de fête de Subway.
- Angelo Badalamenti joue le rôle d'un producteur de cinéma mafieux dans Mulholland Drive de David Lynch.
- Quincy Jones, qui a composé le thème Soul Bossa Nova, apparaît dans son propre rôle au début de Austin Powers dans Goldmember.
- Étienne Perruchon apparaît dans le film Les Bronzés 3 : Amis pour la vie dans le rôle d'un pianiste de restaurant.
- Jean-Michel Bernard apparaît dans le film de Michel Gondry, La Science des rêves en tant que policier mélomane.
- Les Daft Punk apparaissent dans le film Tron : L'Héritage, jouant deux DJ (portant un casque, comme d'habitude) lors d'une soirée.
Musiques de film célèbres [modifier]
- The murder dans Psychose (Bernard Herrmann).
- Le James Bond Theme dans James Bond 007 contre Dr. No (Monty Norman réorchestré par John Barry).
- Le Main title dans Lawrence d'Arabie (Maurice Jarre).
- The pink Panther theme dans La Panthère rose (Henry Mancini).
- Le thème de Camille dans Le Mépris (Georges Delerue)
- The Ecstasy of Gold dans Le Bon, la Brute et le Truand (Ennio Morricone).
- Ainsi parlait Zarathoustra dans 2001, l'Odyssée de l'espace (Richard Strauss).
- L' uomo dell armonica dans Il était une fois dans l'Ouest (Ennio Morricone).
- William Tell overture dans Orange Mécanique (Gioachino Rossini).
- Love theme from the godfather dans Le Parrain (Nino Rota).
- Theme From Jaws dans Les Dents de la mer (John Williams).
- Main title dans Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir (John Williams).
- La Chevauchée des Walkyries dans Apocalypse Now (Richard Wagner).
- The Imperial march dans Star Wars, épisode V : L'Empire contre-attaque (John Williams).
- Titles dans Les Chariots de feu (Vangelis).
- Back to the future theme dans Retour vers le futur (Alan Silvestri).
- The Batman theme dans Batman (Danny Elfman).
- Conquest of paradise dans 1492 : Christophe Colomb (Vangelis).
- My Heart Will Go On dans Titanic (James Horner, chantée par Céline Dion).
- Lux æterna dans Requiem for a Dream (Clint Mansell).
- La valse d'Amélie dans Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Yann Tiersen).
- Hedwig's Theme dans Harry Potter à l'école des sorciers (John Williams).
- In dreams dans Le Seigneur des anneaux : La Communauté de l'anneau (Howard Shore).
- He's a Pirate dans Pirates des Caraïbes : La malédiction du Black Pearl (Hans Zimmer).
- Paris en colère dans Paris brûle-t-il? (Maurice Vidalin et Maurice Jarre, chantée par Mireille Mathieu).
Récompenses [modifier]
Les compositeurs de musique de film peuvent être récompensés par des prix tels que l'Oscar de la meilleure musique de film, le Golden Globe de la meilleure musique de film le César de la meilleure musique originale ou les World Soundtrack Awards.
Notes et références [modifier]
- (en) Part I: Igor Stravinsky on Film Music - Article paru dans The Musical Digest de septembre 1946, reproduit sur le site de la Film Music Society
- Dans l'article cité ci-dessus, Stravinski dit aussi de la musique de film : « La seule fonction de la musique de films est de nourrir son compositeur ». Habitué à écrire des partitions pour ballets, il ne digère pas l'échec de sa première musique écrite pour un film.
- Dans le film The Rose les concerts filmés sont enregistrés live avec un multipiste, dans Autour de minuit de Bertrand Tavernier, la musique est interprétée, enregistrée et filmée simultanément avec la comédie
- Encyclopédie de la musique, Paris, Livre de poche, 1983, p. 208
- Philippe Sarde fait des études d'harmonie, de contrepoint, de fugue et de composition avec Noël Gallon
- François Truffaut, Le Cinéma selon Alfred Hitchcock, 1967, p. 279
Annexes [modifier]
Bibliographie [modifier]
- Pierre Berthomieu, La musique de film, Klincksieck, 2004 (ISBN 2-252-03452-1)
- Cristina Cano, La musique au cinéma : musique, image, récit, Gremese, 2010 (ISBN 978-88-7301-674-8)
- Collectif, Les musiques des films, in Vibrations, Privat, no 4, 1987 (ISBN 2-7089-6193-4)
- Jerrold Levinson, La musique de film : fiction et narration, Publications de l'Université de Pau, 1999 (ISBN 2-908930-61-7)
- Marie-Noëlle Masson et Gilles Mouëllic (directeurs de publication), Musiques et images au cinéma, Presses universitaires de Rennes, 2003 (ISBN 978-2-8684-7891-7)
- François Porcile et Alain Garel (directeurs de publication), La musique à l'écran, in CinémAction, C. Corlet, no 62, 1992 (ISBN 2-85480-376-0)
- Vivien Villani, Guide pratique de la musique de film : pour une utilisation inventive et raisonnée de la musique au cinéma, 2008 (ISBN 978-2-912573-18-6)
Articles connexes [modifier]
- Film musical
- Bande son
- Produit dérivé (marketing)
- Bandes originales les plus vendues en France
- Ciné-concert
- Catégorie:Compositeur de musique de film
- Catégorie:Compositeur français de musique de film
Liens externes [modifier]
- La musique au temps du cinéma muet
- Valeur esthétique et fonction dramatique de la musique de film - Mario Litwin, Positif, no 389-380
- La musique à la rescousse du suspense - Mario Litwin, CinémAction, no 71
- Site sur la musique de film