Élection présidentielle américaine de 1992

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Élection présidentielle américaine de 1992
44 Bill Clinton 3x4.jpg
Bill Clinton – Parti démocrate
Colistier : Al Gore
Voix 44 908 254
Grands électeurs 370
  
42,93 %
George H. W. Bush, President of the United States, 1989 official portrait.jpg
George H. W. Bush – Parti républicain
Colistier : Dan Quayle
Voix 39 102 343
Grands électeurs 168
  
37,38 %
Le collège électoral en 1992
Carte
Président
Sortant
Élu
Politique aux États-Unis
Image illustrative de l'article Élection présidentielle américaine de 1992

L'élection présidentielle américaine de 1992 a lieu dans une période de fort ralentissement économique marqué par l'essoufflement de 12 années de reaganisme. Elle aboutit à la victoire du démocrate Bill Clinton, gouverneur de l'Arkansas contre le président sortant, le républicain George Bush, lui-même handicapé par la présence d'un candidat conservateur, l'homme d'affaire du Texas, Ross Perot. Si Bill Clinton obtint une large majorité des grands électeurs (370 contre 168), il n'eut qu'une majorité relative des suffrages populaires soit 43 % des voix contre 37,4 % à George Bush et 19 % à Ross Perot. Ce dernier a terminé deuxième dans deux États, le Maine avec 30,44 %, et l'Utah avec 27,34 %. Un sondage au cours de la campagne l'avait même donné gagnant avec 39 %.

Contexte[modifier | modifier le code]

George Bush et Gorbachev en 1990

George Bush a été le témoin au début de son mandat de la chute du mur de Berlin, de l'effondrement des régimes de l'Est puis de l'URSS et de la réunification allemande, marquant la victoire du monde capitaliste et l'émergence d'un nouvel ordre mondial.

Libérés de la menace soviétique, les États-Unis assument leur rôle de gendarme du monde en dépêchant un corps expéditionnaire à Panama pour y arrêter le général Noriega, coupable de trafic de drogues, puis en 1991 de diriger la plus grande coalition internationale depuis la guerre de Corée, pour libérer le Koweït qui avait été envahi par l'Irak de Saddam Hussein (Première guerre du Golfe). Fort de ses succès extérieurs, d'un taux d'approbation supérieur à 80 % au milieu de l'année 1991, George Bush s'attend à une réélection facile. Néanmoins, sur le plan intérieur, l'économie est en récession, le niveau scolaire baisse, l'insécurité progresse, le nombre d'immigrés clandestins est en forte hausse, les minorités ethniques s'appauvrissent, les prestations sociales diminuent, les infrastructures se détériorent et George Bush, lors d'un accord avec le Congrès à majorité démocrate, manque à sa promesse électorale de ne pas augmenter les impôts. La campagne des primaires est ensuite notamment marquée par la hausse du chômage (7 % de la population) et par les émeutes de Los Angeles[1].

Nominations[modifier | modifier le code]

Parti démocrate[modifier | modifier le code]

Au vu de l'énorme popularité du président Bush au cours de l'année 1991, beaucoup de candidats potentiels ou attendus avaient préféré laisser passer leur tour. Mario Cuomo, gouverneur de l'État de New York ou Al Gore, sénateur du Tennessee, qui avait déjà été candidat en 1988, avaient ainsi renoncé à se présenter[2]. De même, plusieurs notables de premier plan du parti démocrate, comme le représentant Lee Hamilton (Indiana), les sénateurs Patrick Moynihan (New York), Sam Nunn (Géorgie), Bill Bradley (New Jersey), Lloyd Bentsen (Texas), Jay Rockefeller (Virginie-Occidentale), Chuck Robb (Virginie) ou encore l'ancien gouverneur Buddy Roemer (Louisiane), avaient décliné toute ambition pour l'élection présidentielle de 1992.

D'autres candidats, moins en vue au sein du parti et que personne ne donnait gagnant face à un président aussi populaire, se mirent sur les rangs clairsemés pour tenter d'obtenir la nomination démocrate. Trois d'entre eux se distinguaient nettement : Bill Clinton, Paul Tsongas et Jerry Brown.

Les candidats aux primaires[modifier | modifier le code]

Les primaires[modifier | modifier le code]

Résultat des élections primaires démocrates
en bleu, les États remportés par Bill Clinton
en orange, les États remportés par Bob Kerrey
en vert, les États remportés par Paul Tsongas
en jaune, les États remportés par Jerry Brown
en pourpre, les États remportés par Tom Harkin

Bill Clinton était un Sudiste, gouverneur de l'un des États les plus conservateurs du pays. Il se positionnait lui-même à droite du parti, se revendiquant comme un nouveau démocrate c'est-à-dire un centriste. Nationalement, Bill Clinton était quasiment autant inconnu que ne l'était Jimmy Carter en 1976, juste avant qu'il ne se lance dans les primaires. La seule fois où il s'était fait remarquer, c'était en prononçant un discours passablement ennuyeux et long durant la convention démocrate de 1988 qui avait abouti à la nomination de Michael Dukakis.

Après la victoire de Tom Harkin, sénateur de l'Iowa, lors du caucus de l'Iowa, la presse fit état d'une aventure extra-conjugale, pendant 12 ans, de Bill Clinton avec une femme nommée Gennifer Flowers. En 1988, la candidature de Gary Hart avait été compromise à la suite d'une affaire similaire ce que ne manquèrent pas de faire remarquer les médias. Bill Clinton tenta de limiter les dégâts politiques en se présentant devant les caméras avec son épouse Hillary Clinton et à faire ainsi face à la presse. Paul Tsongas, le régional de l'étape, remporta l'élection primaire du New Hampshire mais contre toute attente, Bill Clinton termina second alors que les médias pensaient sa carrière terminée. En fait, sa prestation lors de son intervention télévisée avec son épouse lui avait permis de surmonter son premier scandale sexuel ce qui lui vaut alors le surnom de « Comeback Kid ».

Clinton remporte ensuite les primaires du Super Tuesday et devient le candidat favori à la nomination, suivi de près par Jerry Brown, ancien gouverneur de Californie, qui s'imposait de façon inattendue au Connecticut et Colorado. Jerry Brown était un progressiste qui avait le soutien de la gauche américaine du cinéaste Michael Moore au journaliste Christopher Hitchens en passant par l'écrivain Gore Vidal.

Le 17 mars, les succès de Brown en Illinois et au Michigan obligent son concurrent le plus proche politiquement, Tsongas, à abandonner la course. Alors qu'il était en tête dans les sondages pour les primaires de l'État de New York et du Wisconsin, Brown commettait une gaffe en annonçant à ses partisans qu'il envisageait de nommer le révérend Jesse Jackson comme candidat à la vice-présidence. Jackson avait été mis cause lors de l'élection présidentielle de 1984 pour des remarques désobligeantes envers les habitants de New York mais aussi pour des propos antisémites. À la suite de cette annonce, les intentions de vote pour Brown s'effondrèrent et le 7 avril, Clinton l'emportait de justesse au Wisconsin (37 % contre 34 %) mais plus largement à New York (41 % contre 26 %).

Brown cessa de faire campagne dans les autres États mais ne retira pas sa candidature, se réservant pour la Californie. S'il l'emportait dans cet État, il privait Clinton de la possibilité d'obtenir la nomination démocrate. Après un mois de campagne et plusieurs débats, Clinton finalement remporta la Californie avec 48 % des voix contre 41 % à Brown.

Au bout du compte, lors des élections primaires, Bill Clinton reçut 52,01 % des voix contre 20,20 % à Jerry Brown et 18,14 % à Paul Tsongas. Il remporta 39 États contre 3 à Brown et 6 à Tsongas.

La convention démocrate[modifier | modifier le code]

Al Gore, sénateur du Tennessee et candidat à la vice-présidence

La convention nationale démocrate se tint au Madison Square Garden de New York du 13 au 16 juillet 1992, quelques jours après que Bill Clinton ait annoncé le nom de son colistier, Al Gore. Ce choix fut une surprise car rompant avec la tradition, Clinton avait choisi un candidat qui lui ressemblait. Gore et Clinton étaient tous deux de la même génération, tous deux des Sudistes, politiquement centristes, élus dans des États parmi les plus conservateurs du pays.

La convention fut remarquée par sa bonne organisation et l'absence de contestations ou de dissidences internes. Le gouverneur de Pennsylvanie, le démocrate conservateur Bob Casey, ne put intervenir alors qu'il entendait exprimer un plaidoyer en faveur du droit à la vie et contre l'avortement. Les démocrates apparurent unis face au camp républicain et au président Bush, objet de toutes les attaques des intervenants.

En fin de compte, Bill Clinton reçut 3372 voix de délégués contre 596 à Jerry Brown, 289 à Paul Tsongas 289, 10 à Bob Casey (non candidat), 5 à Patricia Schroeder (non candidate), 3 à Larry Agran (non candidat) et 1 à Al Gore (non candidat).

Dans son discours d'acceptation, Bill Clinton promettait une « nouvelle alliance » à l'Amérique afin de mettre un terme à l'accroissement des écarts de revenus entre les plus riches et les plus pauvres. À la suite de cette convention, marqué également par le succès de la chanson de Fleetwood Mac, intitulé Don't Stop, repris comme thème musical pour la campagne Clinton, les sondages indiquèrent un bond sans précédent dans les intentions de vote en faveur du candidat démocrate, le faisant passer de 25 % au printemps à 55 % à la fin du mois de juillet.

Parti républicain[modifier | modifier le code]

Les candidats aux primaires[modifier | modifier le code]

Les élections primaires[modifier | modifier le code]

Les élections primaires républicaines, auxquelles concourait pour la dernière fois Harold Stassen, 85 ans, multirécidiviste candidat depuis 1948, furent marquées par la contestation dans les urnes de la candidature du président sortant par le conservateur Pat Buchanan. Ce dernier se faisait le représentant d'un reaganisme intégral et d'une base qui n'avait pas accepté le reniement de George Bush en matière fiscale. Celui-ci avait promis en effet durant la campagne électorale de 1988 ne pas augmenter les impôts. Il avait affirmé cette promesse durant son speech à la convention nationale en précisant « Lisez-sur mes lèvres : pas plus d'impôts » (« Read my lips, no more taxes »). Or, lors d'un accord global passé avec la majorité démocrate du Congrès, il avait accepté d'augmenter les impôts. Cette promesse non tenue fut au centre de la campagne de Buchanan. Au soir de l'élection de la primaire du New Hampshire, le président Bush l'emporta avec 58 % des voix. Ce résultat était cependant médiocre pour un président sortant, le score de Buchanan (40 %) démontrant l'existence d'une certaine défiance au sein de la base républicaine[3].

Bien qu'il fut impensable que Buchanan ne parvienne à s'imposer face à Bush, il maintint sa candidature et obtint chaque fois de meilleurs scores que prévus lors de chaque élection primaire, affaiblissant corrélativement le soutien à la candidature de George Bush. Ce dernier pâtissait dans l'organisation de sa campagne de l'absence de Lee Atwater, l'artisan de sa victoire en 1988. Atwater était décédé d'un cancer foudroyant en 1991 alors qu'il avait à peine 40 ans.

L'élection fut aussi marquée par la présence de David Duke. Cet ancien chef du Ku Klux Klan avait été candidat aux élections primaires démocrates en 1988 avant d'être le candidat du parti populiste. Puis il avait changé d'affiliation politique, avait rejoint les républicains et s'était fait élire à la chambre des représentants de Louisiane. Son score resta très marginal durant les élections primaires républicaines où il ne remporta que 0,94 % des voix.

En fin de compte, lors des élections primaires, Bush remporta 72,84 % des voix et la totalité des États contre 22,96 % des voix à Pat Buchanan.

Résultats du vote populaire:[4]

La convention républicaine de Houston[modifier | modifier le code]

La famille Bush lors de la convention républicaine à Houston.
Le président George H. W. Bush et son épouse Barbara.
En arrière-plan, leur fils George W. et leur belle-fille Laura

La convention nationale républicaine se tint du 17 au 20 août 1992 à l'Astrodome de Houston au Texas. Par 2166 voix de délégués, elle reconduisit George Bush comme candidat républicain à la présidence ainsi que Dan Quayle pour être celui à la vice-présidence[5].

Ce fut à cette occasion que le président Ronald Reagan prononça son dernier grand discours public.

La convention confirma l'ancrage à droite du parti républicain par l'affirmation et la galvanisation des valeurs sociales conservatrices. Elle fut symbolisée par le discours de Pat Buchanan sur la guerre des cultures. En même temps, le président du parti, Rich Bond, définissait le parti républicain comme celui de l'Amérique niant ce qualificatif pour les partisans du parti démocrate. Le discours de Buchanan, particulièrement médiatique, combattif et intransigeant, eut pour effet notamment de faire basculer de nombreux républicains libéraux, centristes ou modérés vers les nouveaux démocrates de Bill Clinton. Parallèlement, elle ramenait vers Bush de nombreux électeurs conservateurs, un temps séduit par la campagne de l'homme d'affaires Ross Perot, à ce moment-là hors course dans les sondages.

La convention donna de l'énergie à la base républicaine et redonna l'avantage dans les sondages au ticket Bush-Quayle.

Autres Partis[modifier | modifier le code]

Ross Perot[modifier | modifier le code]

Ross Perot

Inquiet comme une partie du public américain du déficit de la balance budgétaire fédérale et méfiant envers les politiciens professionnels, l'homme d'affaires multimillionnaire Ross Perot décida de se présenter, sur une ligne conservatrice et populiste, comme candidat indépendant à l'élection présidentielle.

Faisant feu de tous bois, Perot dénonça l'ALENA ou encore la dette publique et mit en place une organisation financée par ses soins dans l'ensemble des 50 États. En juin 1992, les sondages lui accordaient 39 % d'intentions de vote contre 31 % à Bush et 25 % à Clinton. Mais Perot entama sérieusement sa crédibilité en se retirant soudainement en juillet de la course présidentielle puis, après plusieurs semaines d'absences, en représentant à nouveau sa candidature.

Les nominations des petits partis[modifier | modifier le code]

Le Libertarian Party présente Andre Marrou, ancien membre de la chambre des représentants de l'Alaska qui avait été candidat du parti à la vice-présidence en 1988. Nancy Lord est sa colistière.

Le parti populiste présente cette fois la candidature de Bo Gritz, un vétéran du Vietnam.

Pour la seconde fois, la psychothérapeute Lenora Fulani est la candidate du New Alliance Party, un mouvement féministe et socialiste. Le tandem, formé avec Maria Elizabeth Munoz pour colistière, recevra 73 622 voix soit 0,07 % des voix.

L'U.S. Taxpayers Party présente pour la première fois un candidat qui n'est autre que l'activiste conservateur Howard Phillips. Avec son colistier Albion Knight, Jr., il recevra 43 369 voix soit 0,04 % des voix.

Le tout nouveau parti de la loi naturelle présente le scientifique John Hagelin avec pour colistier Mike Tompkins. Le duo, présent dans 32 états, recevra 39 000 voix soit 0,04 % des suffrages.

La campagne[modifier | modifier le code]

Après les conventions, Clinton et Gore parcoururent les États-Unis à bord d'un bus de campagne. De son côté, les stratèges républicains mettaient en cause le caractère de Bill Clinton, les accusations d'infidélités le concernant, le fait qu'il avait fumé de la marijuana (sans inhaler comme le précisa lui-même le candidat démocrate), son manque d'expérience en politique étrangère ou encore le fait qu'il n'avait pas fait son service militaire au Vietnam. Toutefois, si les succès de la politique étrangère de George Bush n'étaient pas remis en doute par le camp démocrate, c'est qu'ils préféraient plutôt insister sur le mauvais état de l'économie (« It's the economy stupid »). Dans le même temps, la campagne de publicité négative des démocrates ne manquait pas de rappeler la promesse non tenue de campagne de George Bush de ne pas augmenter les impôts.

Le retour de Ross Perot dans la campagne au mois de septembre fut d'abord bien accueilli par l'équipe de campagne de Bush, en difficulté dans les intentions de vote face à Clinton. Les républicains pensent alors que Perot va diviser le camp de leurs opposants et n'hésitent pas à accepter que Perot participe aux débats présidentiels, ce qui ne s'était jamais produit par le passé. Lors de ces débats, Clinton accroit sa crédibilité alors que Bush se retrouve sous les feux croisés des 2 autres candidats et fait également démonstration d'impatience ou d'ennui en regardant sa montre durant l'une des interventions de Bill Clinton.

La campagne de Bush ne parvint pas à se relancer. L'absence de Lee Atwater n'était pas compensée par l'état de l'économie. De plus, la fin de la guerre froide ne favorisait pas la cristallisation du vote conservateur sur le candidat républicain, d'autant plus que la personnalité de Bush, ses convictions modérées, que ce soit en matière fiscale ou sociale, n'en faisait pas un candidat idéal pour les plus conservateurs. Alors que le parti républicain se divisait sur les questions intérieures, le camp démocrate s'unissait derrière Bill Clinton qui parvenait à souder tous les courants du parti derrière sa candidature, en dépit des antagonismes idéologiques entre la gauche, le centre et la droite du parti. Ainsi, pour s'assurer du soutien des modérés et des démocrates conservateurs, Clinton mettait en avant sa politique centriste de gouverneur de l'Arkansas et condamnait les propos polémiques de Sister Souljah, une musicienne de rap qui avait déclaré, après les émeutes raciales de Los Angeles, que « si chaque jour des noirs tuent des noirs, pourquoi pas une semaine pour tuer des blancs ? »[6]. Pour obtenir le soutien des progressistes du parti, il évoqua les politiques démocrates des années 1960, apportant son soutien aux causes sociales comme le droit des femmes à l'avortement, sujet qui ne fut d'ailleurs pas du tout abordé par les candidats durant les débats.

Résultats[modifier | modifier le code]

Le 3 novembre 1992, Bill Clinton remporta l'élection présidentielle faisant de lui le 42e président des États-Unis. S'il obtient une large majorité dans le collège électoral des grands-électeurs, il ne reçoit que 43 % des voix (soit à peine plus que Michael Dukakis en 1988) contre 37 % au président sortant. C'était la première fois depuis 1968 qu'un candidat remportait la Maison-Blanche avec moins de 50 % des suffrages. Qui plus est, un seul État, l'Arkansas accorda la majorité absolue de ses suffrages à un candidat.

C'est le succès de la candidature de l'indépendant Ross Perot, lequel obtient le score historique de plus de 19 millions de voix portés sur son nom, qui est responsable de cette situation. Avec 19 % de l'ensemble des suffrages exprimés mais aucun grand électeur, Ross Perot obtient le meilleur résultat d'un candidat de tiers parti depuis Theodore Roosevelt en 1912, quand celui-ci se présenta comme candidat du mouvement progressiste. En termes de voix, aucun candidat tiers n'avait non plus atteint un tel résultat.

Candidat
Parti politique
électeurs Vote Populaire Voix
Bill Clinton/Al Gore
Parti démocrate
370 42,93% 44 908 254
George Bush/Dan Quayle
Parti républicain
168 37,38 % 39 102 343
Ross Perot/James Stockdale
Indépendant
0 18,9 % 19 743 821
Andre V. Marrou/Nancy Lord
Parti libertarien
0 0,3 %
James Bo Gritz/Cy Minett
Parti populiste
0 0,1 %
Autres Partis 0 0,3 %

Si Perot a cristallisé sur son nom un certain nombre de votes conservateurs qui ont fait défaut à George Bush, il a attiré aussi bon nombre d'indépendants mais aussi quelques démocrates. S'il n'avait pas été dans la course, les sondages indiquent que son électorat se serait réparti plus ou moins à part égale entre les candidats républicains et démocrates. Mais dans certains États, gagnés par Clinton, où le score fut néanmoins serré, sa présence a globalement handicapé le candidat républicain. Dans deux États, Ross Perot est parvenu en deuxième position. Dans le Maine, un bastion républicain de longue date où le président Bush possède une résidence familiale à Kennebunkport, Ross Perot obtint 30,44 % des voix, juste devant Bush (30,39 %) et derrière Clinton (38,77 %). En Utah, bastion conservateur des républicains, Perot obtint 27,34 % des voix, devant Clinton (24,65 %) et derrière Bush (43,36 %).

Le score de Perot permit notamment à Bill Clinton d'emporter le Montana et la Géorgie. Ce fut d'ailleurs la dernière année (à ce jour en 2008) qu'un candidat démocrate remporta ces deux États. Ce fut aussi la première fois qu'un candidat démocrate accéda à la Maison-Blanche sans remporter le Texas.

La victoire de Bill Clinton met fin à un règne de 12 ans des républicains sur la Maison-Blanche, lesquels ont gouverné le pays durant 20 des 24 dernières années. Pour la première fois depuis le gouvernement de Jimmy Carter (1977-1981), les démocrates contrôlent la Maison-Blanche et les deux chambres du Congrès. Selon notamment Sidney Blumenthal, si Lee Atwater avait vécu assez longtemps pour pouvoir participer à la campagne électorale pour le compte du président Bush, Bill Clinton n'aurait sans doute jamais été en position d'être élu président des États-Unis[7].

L'année 1992 marque aussi l'émergence d'une nouvelle carte électorale du pays, marquant pour la première fois une division politique géographique entre différentes régions du pays. Cette division, qui s'accentuera durant les élections suivantes, marque ainsi un basculement de la Nouvelle-Angleterre et de la Californie vers les démocrates, leur domination progressive dans les États des grands lacs (Michigan, Illinois), dans une partie du Midwest (Minnesota, Iowa, Wisconsin) et la confirmation de leur domination dans les comtés des États du pacifique nord-ouest (Oregon, Washington). De leur côté, les républicains confirment leur domination sur le Texas, la majorité des États de l'Ouest et du Sud.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Valode, Les présidents des États-Unis, L'Archipel, 2008, p 188-191
  2. Al Gore avait invoqué un grave accident de voiture arrivé à son fils nécessitant une longue thérapie
  3. Campaign 1992: New Hampshire, 19 février 1992
  4. Our Campaigns - US President - R Primaries Race - Feb 01, 1992
  5. 18 voix se reportèrent sur Buchanan et 1 voix sur Alan Keyes
  6. « If Black people kill Black people every day, why not have a week and kill white people? »
  7. Sidney Blumenthal, The Talk of the Town, Atwater's Legacy, The New Yorker, 19 octobre 1992

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abramowitz, Alan I. "It's Abortion, Stupid: Policy Voting in the 1992 Presidential Election" Journal of Politics 1995 57(1): 176-186. ISSN 0022-3816 in Jstor
  • Alexander, Herbert E.; Anthony Corrado (1995). Financing the 1992 Election.
  • Thomas M. Defrank et al. Quest for the Presidency, 1992 Texas A&M University Press. 1994.
  • De la Garza, Rodolfo O.; Louis Desipio (1996). Ethnic Ironies: Latino Politics in the 1992 Elections.
  • Goldman, Peter L.; et al. (1994). Quest for the Presidency, 1992.
  • Jones, Bryan D. (1995). The New American Politics: Reflections on Political Change and the Clinton Administration.
  • Steed, Robert P. (1994). The 1992 Presidential Election in the South: Current Patterns of Southern Party and Electoral Politics.