Michèle Morgan

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Michèle Morgan

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Michèle Morgan dans L'Évadée (1946)

Nom de naissance Simone Roussel
Naissance (94 ans)
Neuilly-sur-Seine, Seine, France
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice
Films notables Le Quai des brumes
La Symphonie pastorale
Les Orgueilleux
Fortunat

Michèle Morgan, de son vrai nom Simone Roussel, est une actrice française, née le à Neuilly-sur-Seine, dans le département de la Seine (aujourd'hui Hauts-de-Seine).

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est l'aînée de 4 enfants. Lorsqu'elle a 3 ans, Marcel Schultz, un collègue de travail de son père et astrologue amateur, lui prédit dans son thème astral la célébrité dans le monde. Son père, chef de service dans une maison de parfum d’exportation, est au chômage après la crise de 1929. En 1933, il installe sa famille à Dieppe, rue de la Barre, où il reprend le fonds de commerce d'une épicerie mais fait faillite deux ans plus tard[1]. Elle découvre la scène lors des spectacles du Casino de Dieppe.
1935 : elle décide avec son frère cadet Paul de fuguer de l'école et d'aller chez ses grands-parents à Paris ; par l'intermédiaire d'agences de casting, elle y décroche son premier rôle de figurante dans Mam'zelle Mozart au cours duquel le réalisateur Yvan Noé lui conseille de se perfectionner en prenant des cours d’art dramatique
1936 : elle suit des cours de formation théâtrale chez René Simon
1937 : Jeanne Witta la recommande à Marc Allégret. Après un essai concluant à l'issue duquel le milliardaire suisse Max Stoffel, mécène du film, insiste pour lui confier le premier rôle féminin, elle signe son premier contrat (12 500 F) pour Gribouille. Tournage de février à avril. Premier succès. RKO lui propose un contrat à Hollywood sur la base de 2000 F par semaine. En octobre et décembre, elle tourne Orage avec Charles Boyer, la grande star de l'époque. Elle prend le pseudonyme de Michèle Morgan[2].
1938 : tournage du film Le quai des brumes réalisé par Marcel Carné.
1939 : le 3 septembre c'est la guerre. Jean Gabin est mobilisé à Cherbourg dans la marine nationale. Il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film Remorques.

Le , elle épouse aux États-Unis William Marshall, dont elle aura un fils, Mike Marshall (1944-2005). Toujours en 1942, lors de son séjour aux États-Unis, Michèle Morgan tourne un bout d'essai pour le rôle principal de Soupçons le film que prépare Alfred Hitchcock ; elle n'est pas retenue à cause de son anglais insuffisant. Également pour un problème de production, le rôle féminin de Casablanca, qui révèle la comédienne Ingrid Bergman, lui échappe. Michèle Morgan reconnaît par la suite avoir commis plusieurs erreurs durant sa carrière : elle refuse ainsi le rôle principal de Johnny Belinda, qui vaut à Jane Wyman l'Oscar de la meilleure actrice, et celui de La Nuit de Michelangelo Antonioni. Au théâtre, elle renonce, par peur de la scène, à participer à la création de Thé et Sympathie, qui connaît ensuite le succès avec Ingrid Bergman. En 1948, elle divorce. En 1950, elle convole avec Henri Vidal ; ils tourneront plusieurs films ensemble. Après le décès de celui-ci en 1959, elle sera la compagne du cinéaste Gérard Oury, jusqu'au décès de ce dernier en 2006.

En 1955, dans Les Grandes manoeuvres, le chef d'oeuvre de René Clair, elle forme un couple superbe avec Gérard Philipe et apparaît au sommet de son talent et de sa beauté. Cette année-là et la suivante, elle est au maximum de sa célébrité d'actrice.

En 1957, elle tourne Retour de manivelle, film qui marque un tournant dans sa carrière : incarnant jusqu'ici principalement des héroïnes fragiles, elle y joue une femme fatale de série noire, ce qui lui vaut ce jugement : « On est étonné de voir comment ses yeux peuvent devenir durs, sa bouche méprisante et sa voix cruelle »[3].

Après Benjamin ou les Mémoires d'un puceau en 1967, elle suspend sa carrière, enregistre des poèmes et se consacre essentiellement à la peinture (dont la passion correspond à sa rencontre avec Moïse Kisling en 1943 à Los Angeles, le peintre franco-polonais réalisant son portrait) ou à la haute couture. Elle réapparaît épisodiquement pour la télévision, le cinéma ou le théâtre. Elle a publié ses mémoires, Avec ces yeux-là, en 1977.

Michèle Morgan avec son compagnon Gérard Oury au festival de Cannes 2001.

Son regard, d'un bleu limpide très photogénique, un peu énigmatique et lointain, qui fut parfois comparé à celui de Garbo, est gravé à tout jamais dans la mythologie du cinéma. Ce regard fut souligné par Jacques Prévert dit par Jean Gabin dans Le Quai des brumes de Marcel Carné où le personnage incarné par Jean Gabin (avec qui elle noue une idylle) lui murmure : « T'as d'beaux yeux, tu sais. », à quoi elle répond : « Embrassez-moi » puis « Embrasse-moi encore...».

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • 1946 Grand prix d'interprétation au festival de Cannes pour La symphonie pastorale.
  • 1948, Victoire de la meilleure actrice (Cinémonde).
  • 1950, Victoire du cinéma français (Samothrace de Cinémonde).
  • 1950/1952/1953/1954/1955 Premier prix de popularité (Ciné-revue).
  • 1954, Triomphe du cinéma français, Prix de la meilleure interprétation féminine pour "Les orgueilleux" (Ciné-revue).
  • 1955-1956, Victoire du cinéma français (Cinémonde), Triomphe du cinéma, vedette N°1 du cinéma français.
  • 1961, en Espagne, Prix de la meilleure actrice étrangère pour "Menschen im hôtel" (Grand hôtel).
  • 1992, César d'honneur

Filmographie complète[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de Simone Morgan :

Sous le pseudonyme de Michèle Morgan :

Télévision[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Michèle Morgan en 1995 à la 20e cérémonie des César.
  • En 1944, elle fait construire dans les collines d'Hollywood, au 10 050 Cielo Drive, une jolie maison et une piscine dans une belle propriété. Vingt-cinq ans plus tard, la propriété appartient à Roman Polanski et sa jeune femme, l'actrice Sharon Tate, enceinte de leur premier bébé. Le , la maison est envahie par « la famille Manson », qui tue brutalement Sharon Tate et les autres invités présents.
  • Connue depuis ses débuts pour son élégance et sa classe (sur lesquelles elle capitalisera toute sa vie), Michèle Morgan se dit consternée vers la fin des années 1970 par les cravates qui sont disponibles à l'époque sur le marché. Elle réagit en créant sa propre ligne, les Cravates Michèle Morgan. Fabriquées avec des soies choisies, comportant une grande recherche dans les motifs et la luminosité des couleurs, ces cravates tranchent assurément sur le reste de ce qui existe à l'époque. Mais il s'agit là d'un métier à part entière, et les cravates Michèle Morgan n'auront qu'une existence éphémère. Ce qui n'empêche pas quelques collectionneurs emballés de les chercher aujourd'hui dans tous les vide-greniers organisés dans la capitale.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Le prix d'interprétation féminine (le premier de l'histoire française) lui sera décerné au Festival de Cannes en 1946 pour le rôle de Gertrude dans La Symphonie pastorale de Jean Delannoy. Elle est la présidente du jury en 1971.

  • Elle reçoit le triomphe Belge en 1955.
  • 1960 : Elle est faite Chevalier des Arts et des Lettres;
  • 1967 : Médaille de vermeil de la ville de Paris;
  • 1969 : Chevalier de la Légion d'honneur;
  • 1975 : Officier de l'ordre national du mérite, membre du conseil d'administration de FR3 (jusqu'en 1981);
  • 1994 : Commandeur de la Légion d'honneur;
  • 2009 : Grand officier de la Légion d'honneur.
  • 2013 : Grand-croix de la Légion d'honneur (décret du 31/12/2013).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Michèle Morgan », sur VSD
  2. Son prénom est inspiré par un garçon du cours Simon dont elle est amoureuse et qui lui confie : « Je rêve d’avoir une Michèle dans ma vie ». Son nom lui est inspiré par la banque américaine Morgan devant laquelle elle rêve d'une carrière à Hollywood.
  3. Robert Chazal, Paris-Presse, 19 septembre 1957

Liens externes[modifier | modifier le code]

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