Michèle Morgan

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Michèle Morgan

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Michèle Morgan dans L'Évadée (1946)

Nom de naissance Simone, Renée Roussel
Naissance 29 février 1920 (94 ans)
Neuilly-sur-Seine, Seine, France
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice
Films notables Le Quai des brumes
La Symphonie pastorale
Les Orgueilleux
Fortunat

Michèle Morgan, de son vrai nom Simone Roussel, est une actrice française, née le 29 février 1920 à Neuilly-sur-Seine, dans le département de la Seine (aujourd'hui Hauts-de-Seine).

Biographie[modifier | modifier le code]

Michèle Morgan en 1995 à la 20e cérémonie des César.

Née Simone, Renée Roussel, elle est l'aînée de 4 enfants. Lorsqu'elle a 3 ans, Marcel Schultz, un collègue de travail de son père et astrologue amateur, lui prédit dans son thème astral la célébrité dans le monde[réf. nécessaire]. Son père, chef de service dans une maison de parfum d’exportation, est au chômage après la crise de 1929. En 1933, il installe sa famille à Dieppe, rue de la Barre, où il reprend le fonds de commerce d'une épicerie mais fait faillite deux ans plus tard[1].

Elle découvre la scène lors des spectacles au Casino de Dieppe. En 1935, elle décide avec son frère cadet, Paul, de fuguer et d'aller chez ses grands-parents à Paris ; par l'intermédiaire d'agences de casting, elle y décroche son premier rôle de figurante dans Mam'zelle Mozart. Le réalisateur Yvan Noé lui conseille de se perfectionner en prenant des cours d’art dramatique. Elle s'inscrit l'année suivante chez René Simon. Elle adopte le pseudonyme de Michèle Morgan[2].

En 1937, Jeanne Witta la recommande au réalisateur Marc Allégret qui prépare son film Gribouille. Après un essai concluant à l'issue duquel le milliardaire suisse Max Stoffel, mécène du film, insiste pour lui confier le premier rôle féminin, elle signe son premier contrat pour un montant (12 500 F). Le film est un succès. La RKO lui propose un contrat à Hollywood sur la base de 2 000 F par semaine. Fin 1937, elle tourne Orage avec Charles Boyer, grande vedette de l'époque.

En 1938 a lieu le tournage du film Le Quai des brumes réalisé par Marcel Carné. Le 3 septembre 1939, la guerre éclate. Jean Gabin est mobilisé à Cherbourg dans la marine nationale. Il obtient une permission exceptionnelle pour terminer le film Remorques.

Michèle Morgan avec son compagnon Gérard Oury au festival de Cannes 2001.

Le 15 septembre 1942, Michèle Morgan épouse aux États-Unis William Marshall, dont elle aura un fils, Mike Marshall (1944-2005). Toujours en 1942, lors de son séjour aux États-Unis, Michèle Morgan tourne un bout d'essai pour le rôle principal de Soupçons le film que prépare Alfred Hitchcock ; elle n'est pas retenue à cause de son anglais insuffisant. Également pour un problème de production, le rôle féminin de Casablanca, qui révèle la comédienne Ingrid Bergman, lui échappe. Michèle Morgan reconnaît par la suite avoir commis plusieurs erreurs durant sa carrière : elle refuse ainsi le rôle principal de Johnny Belinda, qui vaut à Jane Wyman l'Oscar de la meilleure actrice, et celui de La Nuit de Michelangelo Antonioni. De même, par peur de la scène, elle renonce à participer à la création de Thé et Sympathie, qui connaît ensuite le succès avec Ingrid Bergman.

Elle reçoit en revanche le premier prix d'interprétation féminine de l'histoire du Festival de Cannes en 1946 pour le rôle de Gertrude dans La Symphonie pastorale de Jean Delannoy.

En 1948, elle divorce de William Marshall, puis épouse en 1950 l'acteur Henri Vidal ; ils tourneront plusieurs films ensemble. En 1955, elle forme un couple avec Gérard Philipe dans Les Grandes Manœuvres de René Clair. Elle est alors au summum de sa célébrité. En 1957, elle tourne Retour de manivelle, film qui marque un tournant dans sa carrière : incarnant jusqu'ici principalement des héroïnes fragiles, elle y joue une femme fatale de série noire, ce qui lui vaut ce jugement : « On est étonné de voir comment ses yeux peuvent devenir durs, sa bouche méprisante et sa voix cruelle »[3].

Après le décès d'Henri Vidal en 1959, elle devient la compagne du cinéaste Gérard Oury, rencontré sur le tournage du film Le Miroir à deux faces d'André Cayatte l'année précédente. Le couple restera ensemble jusqu'au décès de Oury en 2006.

Après Benjamin ou les Mémoires d'un puceau en 1967, Michèle Morgan suspend sa carrière, enregistre des poèmes et se consacre essentiellement à la peinture, dont la passion correspond à sa rencontre avec le peintre franco-polonais Moïse Kisling qui avait réalisé son portrait en 1943 à Los Angeles, et à la haute couture. Elle réapparaît épisodiquement pour la télévision, le cinéma ou le théâtre. Elle préside le jury du Festival de Cannes 1971.

Son regard, d'un bleu limpide, un peu énigmatique et lointain et qui fut parfois comparé à celui de Garbo, inspira à Jacques Prévert l'une des répliques les plus célèbres du cinéma dans Le Quai des brumes de Marcel Carné où le personnage incarné par Jean Gabin lui murmure : « T'as d'beaux yeux, tu sais. ». Le titre de ses mémoires publiées en 1977 y fait également référence : Avec ces yeux-là.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Sous le pseudonyme de Simone Morgan 
Sous le pseudonyme de Michèle Morgan 

Télévision[modifier | modifier le code]

  • 1953 : Studio One, épisodes Camille et Silent the Song

Distinctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

  • Festival de Cannes 1946 : Grand prix d'interprétation féminine pour La Symphonie pastorale
  • Premier prix de popularité du magazine Ciné-revue en 1950, 1952, 1953, 1954 et 1955
  • Victoires du cinéma français (Cinémonde) 1950 : Meilleure actrice
  • Triomphes du cinéma 1954 (Ciné-revue) : Meilleure actrice pour Les Orgueilleux
  • Victoires du cinéma français 1954 : Meilleure actrice
  • Victoires du cinéma français 1955 : Meilleure actrice
  • Victoires du cinéma français 1956 : Meilleure actrice
  • 1961 : Prix[Lequel ?] de la meilleure actrice étrangère pour Grand Hôtel (Espagne)
  • César du cinéma 1992 : César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière

Divers[modifier | modifier le code]

  • En 1944, elle fait construire dans les collines d'Hollywood, au 10 050 Cielo Drive, une jolie maison et une piscine dans une belle propriété. Vingt-cinq ans plus tard, la propriété appartient à Roman Polanski et sa jeune femme, l'actrice Sharon Tate, enceinte de leur premier bébé. Le 9 août 1969, la maison est envahie par « la famille Manson », qui tue brutalement Sharon Tate et les autres invités présents.
  • Connue depuis ses débuts pour son élégance et sa classe (sur lesquelles elle capitalisera toute sa vie), Michèle Morgan se dit consternée vers la fin des années 1970 par les cravates qui sont disponibles à l'époque sur le marché. Elle réagit en créant sa propre ligne, les Cravates Michèle Morgan. Fabriquées avec des soies choisies, comportant une grande recherche dans les motifs et la luminosité des couleurs, ces cravates tranchent assurément sur le reste de ce qui existe à l'époque. Mais il s'agit là d'un métier à part entière, et les cravates Michèle Morgan n'auront qu'une existence éphémère. Ce qui n'empêche pas quelques collectionneurs emballés de les chercher aujourd'hui dans tous les vide-greniers organisés dans la capitale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Michèle Morgan », sur VSD
  2. Son prénom est inspiré par un garçon du cours Simon dont elle est amoureuse et qui lui confie : « Je rêve d’avoir une Michèle dans ma vie » ; son nom lui est inspiré par la banque américaine Morgan devant laquelle elle rêve d'une carrière à Hollywood.[réf. nécessaire]
  3. Robert Chazal, Paris-Presse, 19 septembre 1957

Liens externes[modifier | modifier le code]

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