Western

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Le western est un genre cinématographique dont l'action se situe presque toujours en Amérique du Nord lors de la conquête de l'Ouest. Il se situe dans le registre du film historique, bien qu'il appartienne au domaine de la fiction.

Sommaire

[modifier] Origines et mythes

Le western trouve ses origines au plus profond de l'Histoire des États-Unis. Il glorifie un épisode hautement symbolique de la naissance du pays. La rude conquête de l'Ouest, la sanglante guerre de Sécession et les guerres indiennes qui se sont déroulées au XIXe siècle représentent la construction dans la douleur d'une nation. L'épopée des pionniers et l'espoir d'un monde meilleur, aujourd'hui accompli, sont des valeurs fortement ancrées dans le peuple américain.

Le western s'est inspiré de faits historiques issus de cette période, tels que le siège de Fort-Alamo ou la fusillade d'OK Corral. Il les a utilisés comme toile de fond évocatrice pour raconter un monde parfois loin de la réalité passée. En effet, le genre a largement mythifié des éléments centraux comme le cow-boy. Ce mythe s'est construit en faisant entrer dans la légende des figures emblématiques telles que Billy the Kid, Doc Holliday, Jesse James ou Calamity Jane. À la fin de L'Homme qui tua Liberty Valance, une phrase résume l'essence du western : « Quand la légende devient réalité, imprimez la légende ! »

[modifier] Histoire

[modifier] Cinéma muet

Le western est né dès les premières années du cinéma, à l'aube du XXe siècle. Le genre a ceci de particulier qu'il est apparu tandis que la période historique qu'il relate n'était pas encore révolue. Certains ayant vécu cette période, comme Buffalo Bill, sont encore vivants au moment où des réalisateurs comme John Ford font leurs débuts, transmettant ainsi leur histoire et leur expérience à ceux qui mettront en images un Ouest qui combine légende et réalité.

On attribue souvent le titre de premier western au Vol du grand rapide tourné en 1903, bien que certains identifient quelques titres lui étant antérieurs[1]. Il est intéressant de se rendre compte que les premiers films sont à la limite de la docufiction. Par exemple, le dernier cité met en scène une attaque de train, un fait réel alors courant.

Les tout premiers westerns muets sont relativement éloignés du genre cinématographique que l'on connait aujourd'hui. Il s'agit plutôt de films dramatiques ou romantiques, l'Ouest sauvage n'étant qu'un décor à ces scénarios. Les personnages principaux sont les indiens et non pas les cow-boys. Le thème abordé est plus souvent la famille et l'amour que la violence et les combats[2].

Ce sont les années 1910 et 1920 qui donneront au genre ses lettres de noblesse. L'avènement du cinéma muet entrainera celui du western qui verra naitre des milliers de productions durant ces deux décennies, en majorité des films de série B. Il acquiert alors ses caractéristiques profondes, à commencer par les personnages du cow-boy justicier et du hors-la-loi. Les stars qui s'imposèrent dans ces rôles sont entre autres Broncho Billy Anderson, Tom Mix, William S. Hart et Harry Carey[3].

[modifier] Période classique

Le paysage typique du western : Monument Valley

La Grande Dépression de 1929 a paradoxalement propulsé les grands studios dans l'âge d'or d'Hollywood[4]. La période classique du western est souvent identifiée comme s'étalant des années 1930 aux années 1950. C'est La Chevauchée fantastique (1939) de John Ford qui fera définitivement sortir le genre de la série B. Le film inaugure l'ère de prospérité du western, qui atteindra son apogée durant les fifties.

Durant ces années, le western est un genre dominant du cinéma américain. Plusieurs acteurs ont connu la gloire ou tout simplement lancé leur carrière grâce à lui : Gary Cooper ou John Wayne. Certains, comme Karl Malden ou Lee Marvin y incarnèrent avec succès de sordides crapules. D'autres s'illustrèrent dans des seconds rôles dont l'importance n'est pas moindre, tels que Walter Brennan ou Andy Devine. Pour les grands acteurs comme pour les réalisateurs, le western constituait alors un passage obligé.

Sous l'impulsion des westerns à gros budgets, ceux de série B connurent un succès massif. Durant les années 1940, des cow-boys comme Gene Autry ou Roy Rogers bénéficient d'une renommée immense. Dans les années 1950, le tandem Budd Boetticher – Randolph Scott réalise des films sans-le-sou dont la qualité est unanimement reconnue. Aujourd'hui pourtant, ces films sont beaucoup moins populaires qu'à l'époque, comparativement aux grosses productions de John Sturges ou Howard Hawks ayant survécu aux décennies.

L'élément caractéristique du western classique est le manichéisme exacerbé avec lequel est dépeint l'Ouest. Les personnages sont stéréotypés, du héros sans travers au bandit sans foi ni loi. Les indiens sont considérés comme des ennemis de la civilisation et font systématiquement partie du camp des mauvais (La Prisonnière du désert, 1956). L'armée américaine est quant à elle valeureuse et bienfaisante (La Charge héroïque, 1949). Les femmes sont toujours des êtres distingués et protégés (La Poursuite infernale, 1946). Ce manichéisme apparent est souvent l'articulation de l'action : le bon shérif contre les bandits (Règlements de comptes à OK Corral, 1957), les cultivateurs contre les éleveurs (L'Homme des vallées perdues, 1953), les gens de la ville contre ceux du cru, l'homme de loi contre le shérif véreux, etc. Il permet de toucher à l'universalité des situations, ce qui a contribué à populariser le genre au-delà de son territoire d'origine.

[modifier] Western spaghetti

Article détaillé : Western spaghetti.

Dans les années 1960, le genre perd de la vitesse aux États-Unis. Les grandes productions, en dépit de budgets de plus en plus importants, ne parviennent pas à enrayer le déclin. Le renouveau du western vient alors paradoxalement d'Europe, et en particulier des réalisateurs italiens qui lui insufflent une seconde jeunesse, avec ce qui sera nommé le western spaghetti.

Faisant la synthèse d'influences multiples, Sergio Leone établit les codes et usages de cette sous-catégorie en réalisant quelques uns des meilleurs films du genre (la Trilogie du dollar et Il était une fois dans l'Ouest). Le schéma manichéen récurrent est délaissé pour mettre en scène des personnages bien plus complexes : les héros deviennent des chasseurs de primes sans éthique et n'hésitent pas à enfreindre la loi. La violence fait son apparition via des scènes récurrentes de torture (Django, 1966), de viol (La mort était au rendez-vous, 1967) ou de massacre (Le Grand Silence, 1968).

Le spaghetti est aussi caractérisé par des prises de vues particulières, telles que les gros plans, accompagnant l'aspect hautement caricatural des scènes. La musique est également très typique. Elle a une grande importance, elle fait partie intégrante du film et retentit aux moments clés. L'italien Ennio Morricone en a composé les plus grandes réussites.

Le western spaghetti fut dévoyé dans de multiples productions vite oubliées et s'estompa assez rapidement pour disparaitre dès les années 1970. Malgré cette courte durée de vie, il a une influence monumentale sur la culture actuelle. Le genre italien divise les spectateurs de manière parfois marquée entre ses partisans et les zélateurs du western américain, pour qui il n'est qu'une médiocre parodie.

[modifier] Western crépusculaire

La Gatling, arme par excellence du western crépusculaire, symbole de massacre.

Aux États-Unis, depuis les années 1970, des réalisateurs comme Clint Eastwood ou Sam Peckinpah ont réalisé des westerns dits « crépusculaires ». Tout comme dans le western italien, l'héroïsme manichéen des cow-boys classiques a cédé la place à des personnages ambivalents, qui s'affranchissent sans difficulté de la frontière ténue entre le bien et le mal (L'Homme des Hautes Plaines, 1973). Tous les protagonistes sont aussi mauvais les uns que les autres. Le cow-boy des années 1940 est devenu un antihéros qui erre au gré des évènements dans un monde où il ne trouve plus sa place, où la brutalité est sa seule issue. Les personnages féminins sont essentiellement des prostituées, elles fument et boivent, comme dans Pendez-les haut et court (1972). Les valeurs morales de la période classique sont littéralement bafouées.

Le crépusculaire met en scène une violence encore plus exaltée que le spaghetti. Le meilleur exemple est La Horde sauvage (1969) de Sam Peckinpah, où le sang est omniprésent, les blessures mises en valeur, et où la fusillade finale est un gigantesque massacre. De même, on assiste à des scènes cruelles comme le viol dans Josey Wales hors-la-loi (1976).

Les dernières grandes réussites du genre, telles qu'Impitoyable (1992) de Clint Eastwood, dressent paradoxalement un constat d'échec et d'impasse du western. Comme une dérive du genre vers la sortie, plusieurs crépusculaires comme La Colère de Dieu (1972) se situent lors de la révolution mexicaine, épisode marquant en quelque sorte la fin de la conquête de l'Ouest. Ils prennent alors parfois plus l'allure d'un film de guerre que d'un western.

[modifier] Aujourd'hui

Dans les années 1980, la réalisation de westerns a largement plongé et il constitue depuis un genre mineur du cinéma. Les années 1990 ont toutefois vu naitre quelques belles réussites comme Danse avec les loups (1990) de Kevin Costner. Au XXIe siècle, quelques grosses productions voient encore le jour : Open Range (2003), Les Disparues (2003), Seraphim Falls (2007), L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford (2007), 3h10 pour Yuma (2007) ou Appaloosa (2008). Ces films s'apparentent le plus souvent à des westerns classiques ou crépusculaires.

[modifier] Variantes

Le western est très perméable aux autres genres du cinéma. Ainsi, on trouve des westerns en forme de comédies musicales (La Kermesse de l'Ouest, 1969), des westerns comiques (Le shérif est en prison, 1974), des films d'horreur, ou proches du film noir : La Fille du désert (1949) est le remake de La Grande évasion (1941), un des classiques du cinéma noir.

[modifier] Western international

Bien qu'essentiellement lié au cinéma américain, le spaghetti démontre l'internationalité du western. Il n'est pas le seul. Avant lui, dès 1963, le western « choucroute » fait ses preuves, via la série allemande des Winnetou[5].

Les westerns italiens ayant très souvent été tournés en Espagne, ceux-ci étaient parfois des coproductions italo-espagnoles. Subséquemment est né le western « paella », avec Cut Throats Nine (1972)[6]. L'effet de proximité a aussi touché le Mexique, puisque l'action se déroule souvent sur son territoire. Citons par exemple El Topo (1970).

Les spaghettis étaient aussi, pour certains, crédités comme étant des coproductions françaises : c'est le cas de Mon nom est personne (1973) ou du Grand Silence (1968). Le western français a tout d'abord largement vécu durant les premières années du cinéma muet[7]. Beaucoup plus rare par la suite, on pu voir Fernandel à cheval dans Dynamite Jack (1961)[8].

Récemment, les réalisateurs asiatiques ont sorti des parodies-hommages du western spaghetti, comme Sukiyaki Western Django (2007) ou Le Bon, la Brute et le Cinglé (2008).

Pour le reste, les autres nationalités du western se sont manifestées sporadiquement avec le western « kebab » turc[9], le western « curry » indien (Sholay, 1975), le western « mamaligă » roumain[10], le western soviétique (White Sun of the Desert, 1970, A Man from the Boulevard des Capucines, 1987) et le western australien (Ned Kelly, 2003).

[modifier] Western contemporain

On distingue du classique le western contemporain ou moderne. Cette appellation se rapporte à la date de l'action, et non pas à la date de production. Il s'agit ainsi d'une forme de western transposée à une époque plus récente : un western dans la civilisation moderne. Les caractéristiques de base du genre s'y retrouvent, mais le cadre historique est tout différent. Parmi ceux-ci : Un homme est passé (1955) de John Sturges, Seuls sont les indomptés (1962) de David Miller, Apportez-moi la tête d'Alfredo Garcia (1974) de Sam Peckinpah ou No Country for Old Men (2007) par Joel et Ethan Coen.

[modifier] Western acide

Le terme anglais acid western a été utilisé par le critique américain de cinéma Jonathan Rosenbaum[11] pour désigner un type très particulier qui allie les ambitions métaphoriques du western traditionnel avec la démesure du spaghetti et la vision de la contreculture moderne. Ce mélange se prête parfaitement à l'expression de questions existentielles ou mystiques. Le scénario récurrent est un long voyage des personnages. Souvent, il s'agit d'une errance ésotérique. Ce voyage a lieu dans un monde allégorique, où il est gouverné par des évènements parfois surréalistes. Le cadre du Far West s'y prête particulièrement bien par la liberté qu'il représente et l'indépendance qu'il offre à ses occupants.

Le premier film qui rentre dans cette catégorie est La mort tragique de Leland Drum (1967). Monte Hellman y montre une poursuite dans le désert où de nombreuses clés de l'histoire sont absentes, laissant libre cours à l'imagination du spectateur. Trois ans plus tard, dans El Topo, Alejandro Jodorowsky met en scène une quête métaphysique surréaliste et très esthétisée. En 1995, Dead Man de Jim Jarmusch présente une dérive hypnotique désespérée et sans but à travers l'Ouest sauvage.

[modifier] Lieux de tournage

Article détaillé : Lieux de tournage des westerns.

La mise en avant de grandes étendues naturelles est une caractéristique essentielle du western. Elle est consécutive à l'unité de lieu inaltérable qu'est l'Ouest sauvage. Le western est donc clairement un genre d'extérieur. Malgré l'existence d'exceptions comme Rio Bravo (1959), les studios d'Hollywood sont généralement insuffisants pour représenter la vastitude du Far-West. Pour obtenir un minimum de réalisme, il est nécessaire pour les cinéastes de trouver des horizons naturels.

[modifier] Lieux publics

Le lieu le plus symbolique du western est Monument Valley. Sa notoriété est due à la réputation de John Ford, qui y tourna une dizaine d'opus majeurs comme La Prisonnière du désert (1956). De même, de par la popularité de Sergio Leone, la présence de Monument Valley dans Il était une fois dans l'Ouest (1968) semble consacrer le lieu au rang d'emblème ultime du western, faisant le pont improbable entre classique et spaghetti.

En termes quantitatifs, le lieu le plus important du western est sans conteste Alabama Hills, où des centaines de productions[12] se sont succédé. À l'inverse de Monument Valley, Alabama Hills a surtout été le décor de séries B du style Sept hommes à abattre (1956). Tous les grands noms s'y sont illustrés ; certains tellement de fois qu'ils sont aujourd'hui indissociables de l'endroit : Gene Autry, Roy Rogers, Hopalong Cassidy ou Tom Mix.

Ces deux sites majeurs ont en commun un aspect de sécheresse. Ils sont rejoints sur ce plan par les plaines désertiques d'Arizona ou du Nouveau-Mexique, dont le paroxysme est la Vallée de la mort. Ces décors arides symbolisent l'âpreté de la conquête de l'Ouest. L'infertilité des terres est l'un des éléments fondateurs du mythe : la difficile osmose entre l'homme et la nature.

À l'inverse, certains westerns mettent en scène des espaces de végétation luxuriante. Ils sont tournés dans des États plus au Nord, dans le Colorado (Le Survivant des monts lointains, 1957), l'Idaho (Le Grand Passage, 1940), l'Oregon (Seraphim Falls, 2006), le Dakota du Sud (La Dernière Chasse, 1956) et jusqu'au Canada (Open Range, 2003). Entre autres, Anthony Mann est réputé pour sa faculté à exploiter les paysages naturels. Il s'est illustré aussi bien dans la poussière du Nouveau-Mexique (L'Homme de la plaine, 1955) et de l'Arizona (Winchester '73, 1950) que dans les forêts du Colorado (L'Appât, 1953) et les montagnes canadiennes (Je suis un aventurier, 1954).

En ce qui concerne le western spaghetti, il fut principalement filmé en Espagne dans la Province d'Almería. Le désert de Tabernas compte parmi les lieux les plus secs d'Europe, ce qui en fait le substitut idéal des déserts arizoniens. Il fut le théâtre des cinq westerns leoniens et aussi, par exemple, du Dernier face à face (1967) et de Sabata (1969). Le western spaghetti de montagne existe aussi : Le Grand Silence fut tourné dans la neige des Pyrénées et des Dolomites.

[modifier] Ranchs de cinéma

Le ranch de la Paramount

Pour se rendre sur les lieux sauvages du Nevada ou d'Arizona, les équipes de tournage basées à Hollywood devaient voyager plusieurs centaines de kilomètres. Ces déplacements étaient couteux pour les producteurs et peu pratiques pour les travailleurs. Conséquemment, au début du XXe siècle, les majors préféraient louer ou acheter des terrains aux alentours de Los Angeles, dans les monts Santa Monica, à Canyon Country ou dans la vallée de San Fernando.

Ainsi, des ranchs se sont réorientés vers la réalisation cinématographique. Certains étaient des propriétés familiales, comme le ranch Iverson. Mais plusieurs grands studios possédaient leur propre ranch : la Paramount[13], RKO[14], etc. Durant la seconde moitié du XXe siècle, ils disparurent petit à petit en raison de l'étalement urbain.

[modifier] Thèmes

[modifier] Far West

Le système du western repose essentiellement sur la notion américaine de frontier que le mot français frontière traduit imparfaitement. La ligne-frontière correspond à boundary alors que la frontier est la limite de l'écoumène, marquée par l'esprit pionnier et une loi très relative. Le Far West (Ouest lointain) est considéré comme une terre aride, hostile, où la loi n'a pas encore réussi à s'imposer. Les immenses plaines occidentales ne sont pas sous la maitrise des États-Unis.

Le concept de lieu où la loi est absente est essentiel au western. C'est directement de cette idée que découlent les constituants de l'Ouest. Le shérif ou le marshal est l'autorité policière élue par la population d'une ville. Il engage pour l'assister des députés, seconds rôles récurrents dans les films. Dans le western spaghetti apparait le chasseur de primes qui, contre rançon, ramène au shérif les fugitifs, morts ou vifs. Cette autorité est auto et donc mal organisée, d'où la naissance de la loi du meilleur tireur. Le manque de hiérarchie conduit à la corruption qui n'est remise en question que par la présence des marshals fédéraux, seuls représentants du gouvernement, souvent présentés comme rares et attendus pendant des jours.

Dans certains cas, l'absence de loi sert uniquement de décor, mais souvent elle est carrément centrale au film. L'Homme qui tua Liberty Valance (1962) raconte l'histoire d'un avocat venu de l'Est et découvrant un monde où ses convictions sont rejetées. Il représente l'Américain qui veut faire reculer la frontier avec l'ambition de civiliser l'Ouest. Plusieurs westerns s'attachent particulièrement à la genèse du Far West, à commencer par La Conquête de l'Ouest (1962) ou encore Le Cheval de fer (1924).

Il est intéressant de remarquer que ce concept de justice inexistante peut très bien se transposer à un autre pays. Par exemple, il existe aussi sur le territoire australien, où la situation était au XIXe siècle similaire à celles du Far West. Ainsi, ce pays convient tout aussi bien à l'action d'un western, comme le montrent Mr Quigley l'Australien (1990), Ned Kelly (2003) ou Australia (2008).

[modifier] Indiens

La lutte entre les Indiens et la cavalerie américaine

Au tout début du western muet (1900-1910), les indiens sont les personnages centraux des scénarios. Les histoires se déroulent parfois au sein d'une tribu. Les relations avec les colons sont montrées sous un ton pacifique. En témoignent les sorties de 1911 Grey Cloud's Devotion, Silver Wing's Dream, Little Dove's Romance et A Squaw's Love[2].

Durant l'ère du western classique, ils deviennent des sauvages que le cow-boy doit massacrer pour assurer le bien-être de la société. D'aucuns considèrent que cette vision simpliste a servi à justifier le génocide du peuple indien. Il s'agit, pour partie, d'une idée reçue car, dès 1925 avec La Race qui meurt (The Vanishing American), de George B. Seitz, les Indiens sont montrés comme des victimes de la Conquête de l'Ouest. Suivront, dans les années 1950, plusieurs westerns qui s'attachent à réhabiliter les Indiens ou montrer les difficultés d'« amours mixtes » : Au-delà du Missouri de William Wellman, La Flèche brisée de Delmer Daves et La Porte du diable d'Anthony Mann, tous sortis en 1950, sont les précurseurs de films qui s'avèrent progressivement de plus en plus engagés en faveur des Indiens, comme La Dernière chasse de Richard Brooks (1955), Les Cheyennes de John Ford en 1964, Soldat bleu de James Nelson en 1970, Little Big Man d'Arthur Penn, jusqu'à Danse avec les loups de Kevin Costner en 1990. Ces films portent aussi la marque d'un panthéisme parfois naïf, mais souvent lyrique et inspiré (Jeremiah Johnson de Sydney Pollack, 1972), qui est aussi un des éléments fondateurs du mythe, celui de la difficile osmose entre l'homme et la nature (La Captive aux yeux clairs, d'Howard Hawks, 1952).

Peut-être par opposition à la vision américaine, les quelques westerns de l'Est, allemands ou russes entre autres, ont montré les indiens sous un meilleur jour, dans la série des Winnetou par exemple.

[modifier] Chemin de fer

[modifier] Influences

Ces idées de loi absente, constitutives du western, ont souvent été réutilisées par ailleurs au cinéma, souvent dans le film policier (Assaut de John Carpenter est le remake de Rio Bravo d'Howard Hawks), ou de science-fiction (Outland reprend la trame du Train sifflera trois fois), soit carrément à l'échelle d'une série telle que Star Trek.

Le western est empreint du contexte national américain. De 1934 à 1966, le code Hays proscrit l'atteinte aux valeurs morales. De ce fait, malgré le fond violent inhérent au genre, un strict minimum transparait à l'écran. L'influence a aussi été politique, durant la Seconde Guerre mondiale par exemple, où le caractère généreux protecteur de l'armée est d'autant plus mis en exergue. Quelques années plus tard, le maccarthisme entrave à son tour la liberté d'expression, et contrarie la subjectivité nécessaire à la production cinématographique.

Beaucoup de westerns après les années 50 furent influencés par les films de samouraïs d'Akira Kurosawa. Les Sept Mercenaires (1960) est un remake des Sept Samouraïs (1954) et Et pour quelques dollars de plus (1965) un remake du Garde du corps (1961). Réciproquement, Kurosawa était lui même influencé par le genre western, en particulier par John Ford[15].

Malgré la Guerre Froide, le western a eu une forte influence sur le cinéma de l'Est, tel qu'en attestent les films soviétiques White Sun of the Desert (1970) et A Man from the Boulevard des Capucines (1987). Les genre russe prend deux formes : soit un western typique mais tourné dans l'Est, soit un film d'action impliquant la Révolution russe ou la Guerre civile russe dans lequel les Turcs jouent le rôle des Mexicains du western traditionnel.

Le western s'est souvent marié avec les autres genres du cinéma (voir Genres). Parfois, il les a simplement influencés. Ainsi, c'est le cas du film de science-fiction post apocalyptique faisant intervenir une reconstruction de la société calquée sur la colonisation de l'Ouest. Par exemple The Postman (1997), la série Mad Max (1979, 1981, 1985) ou la série de jeux vidéos Fallout. Beaucoup d'éléments des films de voyage spatial sont empruntés au western. C'est surtout le cas pour les films de colonisation de l'espace. Outland ...loin de la terre (1981) transfère le scénario du Train sifflera trois fois (1952) à l'espace interstellaire. De même, Gene Roddenberry, créateur de Star Trek, a décrit sa vision de la série comme « a wagon train to the stars » (un convoi vers les étoiles).

Plus récemment, la série de space opera Firefly (2002) utilise un point de vue explicitement western pour représenter la frontière des mondes. Les anime comme Cowboy Bebop (1998), Trigun (1998) et Outlaw Star (1998) sont des mélanges similaires de science-fiction et de western. En fait, le western de science-fiction peut être vu comme une sous-genre de western ou de science-fiction. Les éléments du western se retrouvent aussi dans des films appartenant à d'autres genres. Par exemple, De l'or pour les braves (1970) est un film de guerre dans lequel l'action et les personnages sont semblables à ceux du western. Le film britannique Zoulou (1964) qui se déroule durant la Guerre anglo-zouloue a parfois été comparé à un western, bien qu'il se passe en Afrique du Sud.

Le personnage joué par Humphrey Bogart dans les film noirs comme Casablanca (1942), Le Port de l'angoisse (1944) ou Le Trésor de la Sierra Madre (1948) - un individu mu uniquement par son sens de l'honneur - a beaucoup en commun avec le héros de western classique. À son tour, le western a aussi utilisé des éléments du film noir, citons le film Sugar Creek (2007).

Dans beaucoup des livres de Robert A. Heinlein, le peuplement d'autres planètes est dépeint d'une manière directement calquée sur la colonisation américaine de l'Ouest. Par exemple, dans Tunnel in the Sky (1955), les colons vont sur la planète "New Cannan" via un téléporteur interstellaire à travers la galaxie dans des calèches. Leur capitaine arbore une moustache et une barbiche et chevauche un Palomino. Heinlein explique cela par le fait que les colons auront besoin de survivre par leurs propres moyens pendant des années, d'où les chevaux sont plus pratiques que des machines.

La Tour sombre de Stephen King est une série de romans qui mélange des thèmes western, high fantasy, science-fiction et d'horreur. Le protagoniste Roland de Gilead est un as de la gâchette dont l'image et la personnalité sont largement inspirés par l'Homme sans Nom des films de Sergio Leone. De plus, le super-héros de fantasy a été décrit comme dérivant du héros cow-boy, rendu tout-puissant et dans un environnement essentiellement urbain. Le western a été parodié à de nombreuses reprises, des exemples célèbres étant Support Your Local Sheriff! (1969), Cat Ballou (1965), Le shérif est en prison (1974) et Rustlers' Rhapsody (1985).

Les films de la saga La Guerre des étoiles utilisent beaucoup d'éléments des westerns, et George Lucas dit qu'il voulait revitaliser la mythologie cinématographique, que le western détenait jadis. Les Jedi, dont le nom est issu de Jidaigeki, sont calqués sur les samouraïs, montrant l'influence de Kurosawa. Le personnage Han Solo est vêtu comme un as de la gâchette et la Cantina de Mos Eisley est fort semblable à un saloon de l'Ouest.

[modifier] Arts

[modifier] Jeux vidéo

Le western est devenu un peu plus présent dans les jeux vidéos que dans le cinéma, avec des jeux comme GUN, Red Dead Revolver ou The Oregon Trail. Certaines grosses productions sont en préparation comme Call of Juarez ou Red Dead Redemption.

[modifier] Bandes dessinées

Il existe aussi de nombreuses bandes dessinées dont l'action se situe à la même époque et qui peuvent donc se rapporter au genre western. Nombre d'entre elles font référence ou s'inspirent directement de films qui leur sont antérieurs :

[modifier] Littérature

Avant d'être un genre cinématographique, le western était un genre littéraire. Du Le Dernier des Mohicans (1826) de Fenimore Cooper aux romans de Gustave Aimard ou de Karl May, il existait déjà pleinement au XIXe siècle.

[modifier] Opéra

Giacomo Puccini a composé un opéra-western : La Fanciulla del West.

[modifier] Voir aussi

[modifier] Bibliographie

[modifier] Articles connexes

[modifier] Notes et références

  1. Le site IMDb recense trois westerns tournés avant 1903 : Cripple Creek Bar-Room Scene (1899), A Bluff from a Tenderfoot (1899) et Stage Coach Hold-Up in the Days of '49 (1901)
  2. ab (en) Alternative Cultures in the Silent Western. Consulté le 6 avril 2009
  3. (en) Silent western heroes. Consulté le 20 juin 2009
  4. La crise de 1929. Consulté le 22 mai 2009
  5. Soirée Thema: Il était une fois dans l'Est - Le western allemand. Consulté le 14 avril 2009
  6. Western paella. Consulté le 14 avril 2009
  7. Un Indien au Phare Ouest. Consulté le 25 avril 2009
  8. Le Western français. Consulté le 14 avril 2009
  9. Le western "Kebab". Consulté le 14 avril 2009
  10. Terre inconnue : le "Western Mamaliga". Consulté le 14 avril 2009
  11. Acid western. Consulté le 13 avril 2009
  12. Movies filmed in Alabama Hills, voir la photo de la gravure.
  13. PARAMOUNT RANCH. Consulté le 26 juin 2009
  14. RKO ENCINO RANCH. Consulté le 26 juin 2009
  15. (en)Patrick Crogan, « Translating Kurosawa », 2000. Consulté le 20 avril 2009
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