Ettore Scola

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Scola.

Ettore Scola est un réalisateur et scénariste italien né le 10 mai 1931 à Trevico, province d'Avellino en Campanie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ettore Scola étudie le droit avant de travailler dans la presse, participant à la revue humoristique Marco Aurelio[1]. Il débute dans l'industrie du cinéma en 1953 comme script doctor[2] puis scénariste, co-écrivant entre autres Le Fanfaron et Les Monstres de Dino Risi[1]. Il réalise son premier long métrage Parlons femmes (Se permettete parliamo di donne), en 1964. Il commence à être reconnu avec le tragi-comique Drame de la jalousie (Dramma della gelosia - tutti i particolari in cronaca) pour lequel Marcello Mastroianni est récompensé au Festival de Cannes 1970[3]. En 1974, Scola connaît un succès international avec Nous nous sommes tant aimés (C'eravamo tanto amati), une vaste fresque de la société italienne après la Seconde Guerre mondiale, dédiée au cinéaste Vittorio De Sica, son ami. Il apparaît dans Italiques en 1974 pendant une reconstitution de la scène de la Dolce Vita devant la fontaine de Trévi dans le documentaire, Cinéma italien et littérature : le voyage de Fellini[4]. Scola connaît un nouveau succès avec Affreux, sales et méchants (Brutti, sporchi e cattivi), une satire grinçante de la société romaine quart-mondiste qui l'impose comme nouveau maître de la comédie à l'italienne. Il reçoit le Prix de la mise en scène au 29e Festival de Cannes pour ce film. Dans un registre plus intimiste, sort Une journée particulière (Una giornata particolare) l'année suivante, son œuvre la plus connue, interprétée par Sophia Loren et Marcello Mastroianni[3]. Ce long métrage narre la rencontre furtive mais déterminante de deux voisins exclus du modèle fasciste, une femme au foyer et un intellectuel homosexuel, au moment où tout Rome assiste à la rencontre du Duce avec Adolf Hitler en 1938. En 1980, il revient à la chronique satirique avec La Terrasse (Prix du scénario à Cannes), tableau tragi-comique de l'intelligentsia de gauche italienne et de ses désillusions. Il se tourne ensuite vers la France et réalise La Nuit de Varennes sur la Révolution française et Le Bal qui traverse cinquante ans d'histoire hexagonale du point de vue de danseurs de salon. Ce dernier film reçoit trois Césars en 1984 dont ceux du meilleur film et du meilleur réalisateur. Par la suite, Scola dirige plusieurs comédiens français comme Vincent Pérez et Emmanuelle Béart (Le Voyage du capitaine Fracasse) ou encore Fanny Ardant (La Famille, Le Dîner)[1].

Ettore Scola a réalisé près de 40 films en 40 années[5]. Son style est reconnu pour son audace et sa singularité[5]. Il mêle acuité de l'analyse psychologique, caricature féroce des sociétés modernes, ironie, farce, désenchantement, mélancolie et recherches narratives et formelles inédites[5]. Son œuvre ouvre une interrogation sur la place de l'individu et du peuple dans l'histoire en explorant la mémoire intime et sociale, confrontée à l'épreuve du temps[5].

En 2013, il présente à la Mostra de Venise Che strano chiamarsi Federico : Scola racconta Fellini (Comme il est étrange de s'appeler Federico : Scola raconte Fellini), un film entre fiction et documentaire sur sa relation avec Federico Fellini[6].

Date événement(s)[modifier | modifier le code]

  • 1947-1952 : Travaille dans divers journaux humoristiques, tel Marc' Aurelio (hebdomadaire satirique).
  • 1948-1952 : Rédige une vingtaine de scénarios, surtout des comédies, notamment pour l'acteur Totò.
  • 1950 : Débute sa carrière dans la radio.
    • Écrit pour la radio Ho-là, Rosso e nero, il teatrino de Alberto Sordi.

Il annonce le 29 août 2011 la fin de sa carrière de réalisateur au quotidien Il Tempo, souhaitant ne pas faire le film de trop. Il déclare sentir ne plus faire partie du monde du cinéma d'aujourd'hui. « Les logiques de production et de distribution ne me ressemblent plus. [...] Aujourd'hui, seul le marché décide. »[7]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Scénariste[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

scénariste et réalisateur[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c [Vhttp://www.allocine.fr/personne/fichepersonne-185/biographie/ Ettore Scola] sur le site d'Allociné.fr
  2. Interview d'Ettore Scola par Thierry Ardisson (2004) sur ina.fr, consulté le 25 mai 2014.
  3. a et b Ettore Scola sur le site de l'encyclopédie Larousse, consulté le 25 juin 2014.
  4. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 16 août 1974.
  5. a, b, c et d Ettore Scola sur le site de l'encyclopædia Universalis, consulté le 25 juin 2014.
  6. Franck Nouchi, « Ettore Scola : "Fellini mentait, oui, mais avec philosophie" », Le Monde,‎ 7 septembre 2013 (lire en ligne)
  7. Ettore Scola fait ses adieux au 7e art

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Beaud, L'Histoire de l'Italie à travers l'œuvre d'Ettore Scola, LettMotif, 2013, 180 p.

Lien(s) externe(s)[modifier | modifier le code]

(en) Ettore Scola sur l’Internet Movie Database