Charlton Heston

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Charlton Heston

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Charlton Heston en 1963.

Nom de naissance John Charles Carter
Surnom Chuck
Naissance 4 octobre 1923
Evanston, Illinois, États-Unis
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès 5 avril 2008 (à 84 ans)
Beverly Hills, États-Unis
Profession Acteur
Réalisateur
Scénariste
Films notables Sous le plus grand chapiteau du monde
Les Dix Commandements
La Soif du mal
Ben-Hur
Le Cid
Les 55 Jours de Pékin
Major Dundee
La Planète des singes
Soleil vert
Antoine et Cléopâtre

John Charles Carter, dit Charlton Heston, est un acteur, réalisateur et scénariste américain né le 4 octobre 1923 à Evanston, dans l'Illinois, et mort le 5 avril 2008 à Beverly Hills.

Devenu une légende du cinéma à la suite de sa prestation dans Ben Hur, pour laquelle il obtint l'Oscar du meilleur acteur, il est l'un des symboles du cinéma américain des années 1960. Il a associé son nom aux plus grandes superproductions de Hollywood telles que Les Dix Commandements, Le Cid ou Les 55 jours de Pékin, avant de s'illustrer dans des films d'anticipations dont les plus connus sont La Planète des singes, Le Survivant et Soleil Vert. Il a également été l'un des pionniers du film catastrophe avec 747 en péril et Tremblement de terre. De par son impressionnante carrure et son visage dur, Charlton Heston fut l'interprète idéal tout au long de sa vie de personnages virils et, la plupart du temps, honnêtes et bons.

Il s'engage politiquement contre le racisme, et devient l'une des figures hollywoodienne du Mouvement des droits civiques dans les années 1960 ; il s'engage par la suite comme républicain et milite au sein de la NRA pour la défense des armes à feu à la fin de sa vie.

Atteint de la maladie d'Alzheimer dès 2002, il décida de mettre fin à toute activité cinématographique et politique. Le président américain George W. Bush lui décerna la Médaille présidentielle de la liberté, une haute distinction civile américaine, quelques années avant sa mort, le 5 avril 2008.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charlton Heston est né le 4 octobre 1923 à Evanston, juste au nord de Chicago dans l'Illinois. Sa famille est d'ascendance anglaise et écossaise, il était d'ailleurs un membre du clan Fraser (en). Il monte sur les planches pour la première fois à l'âge de 5 ans et incarne le Père Noël dans une pièce organisée dans son école[1]. Sa passion le conduit alors à étudier la comédie à l'université Northwestern. Il décroche son premier rôle au grand écran en 1941, dans un Peer Gynt, réalisé par un camarade de son université.

Aéroport militaire de Kodiac.

En 1944, il entre dans la United States Army Air Forces et sert 2 ans à bord d'un B-25 dans Guerre du Pacifique[2]. Il était sergent et a été basé sur Île Kodiak[3].

La même année il se marie avec Lydia Clarke, rencontrée à l'université. Elle lui donnera un fils, Fraser, né le 12 février 1955 et ils adopteront une petite fille Holly Ann, née le 8 février 1961[1].

Il revient à Broadway après la guerre et multiplie les petits rôles et boulots. Des traits spécifiques et sa taille d'1 mètre 93[4] lui permettent d'être modèle.

Carrière d'acteur[modifier | modifier le code]

Charlton Heston dans Julius Caesar

En 1947, Charlton Heston joue à Broadway dans une pièce de William Shakespeare, Antoine et Cléopâtre. Cecil B. DeMille le remarque et lui confie un premier rôle en tant que directeur de cirque dans Sous le plus grand chapiteau du monde (The Greatest Show on Earth) en 1952[1].

Il va rapidement devenir l'acteur spécialiste des rôles historiques dans les grandes superproductions d'Hollywood des années 1950 et 1960. Cette orientation est rendue possible par la carrure athlétique de l'acteur et un visage rude. C'est ainsi qu'au cours de sa carrière Charlton Heston a été successivement Moïse, le Cid, Saint Jean Baptiste, Marc-Antoine (à deux reprises), le général Gordon, le président Jackson, Henri VIII et Richelieu.

Marina Berti et Charlton Heston dans Ben-Hur

Révélé dans Sous le plus grand chapiteau du monde en 1952, il obtient la consécration avec Les Dix Commandements de Cecil B. DeMille en 1956, puis surtout avec Ben-Hur de William Wyler en 1959, pour lequel il obtient un Oscar. Le Cid (1961), puis Les 55 jours de Pékin (1963), aux côtés d'Ava Gardner, et enfin Antoine et Cléopâtre en 1972 qu'il met lui-même en scène, confirment son intérêt pour les films à grand spectacle.

Dans le film La Soif du mal (Touch of Evil), mis en scène par Orson Welles en 1958, Charlton Heston apparaît à la frontière américano-mexicaine dans le rôle inattendu d'un commissaire mexicain honnête, Ramon Miguel « Mike » Vargas, à la moustache et aux cheveux aussi noirs que sont clairs ceux de l'acteur, lorsqu'ils sont naturels, face à son homologue américain, Hank Quinlan (interprété par Orson Welles lui-même), personnage énorme, bouffi, véreux, manipulateur et « fabricant de fausses preuves », dans le monde moderne et nocturne du trafic de drogue, aux noirs et blancs excessivement contrastés, où la verticale des plans le dispute à l'oblique des autres plans, les plongées aux contre-plongées, la probité au mensonge et au meurtre. Ce film du génial et « scandaleux » Orson Welles représente dans sa carrière une exception noire, baroque, unique — comme sont uniques sa moustache et ses cheveux noirs —, où l'acteur, loin des fastes bibliques, historiques et épiques, peut montrer une dimension humaine et moderne.

À cette époque, Charlton Heston participe activement à la vie civique : marche pour les droits du peuple noir, membre et puis président de l'Actor Guild, participation à des films engagés (ainsi en 1970, King: A Filmed Record... Montgomery to Memphis (en) de Sidney Lumet).

Le genre « grand spectacle » s'essoufflant, Charlton Heston réussit une reconversion dans les films d'anticipation, au début des années 1970, avec Le Survivant (1971) (deuxième adaptation du roman Je suis une légende), dans lequel, seul rescapé d'une terre dévastée par le vampirisme, il doit chaque nuit renouveler un éternel combat pour la survie. Il joue aussi dans Soleil vert (1973), mettant en scène un monde dystopique et surpeuplé. Mais dans cette seconde carrière, son film le plus célèbre reste La Planète des singes, tourné en 1968 par Franklin J. Schaffner.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Charlton Heston lors de la marche pour les droits civiques à Washington (1963), en compagnie de Sidney Poitier et Harry Belafonte.

Charlton Heston connaît un engagement politique important tout au long de sa carrière.

Il s’engage ainsi dans les années 1960 en faveur du Mouvement des droits civiques aux États-Unis et participe à la marche des droits civiques en 1963 avec Martin Luther King.

Membre du syndicat d’acteur la Screen Actors Guild[5], il est élu au comité directeur en 1960[6], puis en devient le troisième vice-président en 1961 et président pendant six mandats successifs de 1965 à 1971[7]. À cette époque, il dut faire face au problème des films tournés à l'étranger pour être diffusés aux États-Unis[8] et contribua à le résoudre. Il soutient le Senate Bill 393, proposition de loi du gouverneur de Californie Ronald Reagan en 1968, permettant de supprimer une taxe sur l’industrie cinématographique[6]. À la fin de 1969, Heston défend devant le Congrès l'instauration d'une taxe pour la création d’une redevance télévisée, afin de renforcer la production nationale, mais aussi la qualité des programmes télévisés[6].

Il soutiendra trois candidats démocrates à la présidentielle (notamment Adlai Stevenson contre Dwight Eisenhower et John Kennedy contre Richard Nixon) avant de devenir républicain en 1972, avec le soutien de son ami l'ancien acteur Ronald Reagan[1]. À la suite de l’élection de Ronald Reagan, Charlton Heston accepte de devenir « conseiller culturel » auprès du président en 1981[9].

En 1987, connu pour son engagement pro-life[10], il soutient le film de Bernard Nathanson, Eclipse of Reason (en), contre l’avortement en faisant l’introduction du film.

Il fut également membre honorifique à vie de la National Rifle Association américaine (Association nationale des armes à feu, NRA) dont il a été le président de 1998 à 2003[11]. Cette association, pour laquelle Charlton Heston s’est beaucoup impliqué en participant notamment à de nombreux clips télévisuels, défend avec acharnement le deuxième amendement à la constitution américaine autorisant la possession d’armes à feu pour les particuliers. La présidence de Charlton Heston sera marquée par un combat contre la présidence de Bill Clinton qui voulait restreindre la possession des armes à feu[11], mais aussi par une interview de Michael Moore dans le documentaire Bowling for Columbine, dans lequel l’acteur apparaît pour la dernière fois à l'écran.

En juillet 2003, il reçoit du président George W. Bush la médaille présidentielle de la liberté, l’une des plus hautes distinctions civiles américaines[12].

Maladie et mort[modifier | modifier le code]

En 1998 lui est diagnostiqué un cancer de la prostate, mais Charlton Heston connaîtra une rémission après quelques séances de radiothérapie. En août 2002, il révèle au grand public qu’il est atteint de la maladie d'Alzheimer[13]. En 2005, des rumeurs font état de l’aggravation de la maladie, mais celles-ci ne seront jamais confirmées par la famille. En 2006, la progression de la maladie fait craindre à sa famille que ses jours soient comptés. Il meurt le 5 avril 2008, dans sa maison de Beverly Hills, en compagnie de sa femme Lydia, à l’âge de 84 ans.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Voir sa filmographie détaillée ici.

Comme acteur[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960[modifier | modifier le code]

Années 1970[modifier | modifier le code]

Années 1980[modifier | modifier le code]

Années 1990[modifier | modifier le code]

Années 2000[modifier | modifier le code]

Comme réalisateur[modifier | modifier le code]

Charlton Heston au Festival du cinéma américain de Deauville en 1982.

Comme scénariste[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Répliques[modifier | modifier le code]

  • Dans le fameux plan séquence du début du film La Soif du mal d'Orson Welles, il lance à Janet Leigh qui joue le rôle de sa jeune épouse : « Do you realize I haven't kissed you in over an hour? », en français : « Tu te rends compte que ça fait plus d'une heure que je ne t'ai pas embrassée ? ».
  • Les derniers mots de Judah Ben Hur dans le film éponyme de William Wyler restent très présents dans la culture de tradition chrétienne: « Juste au moment de sa mort je l'ai entendu dire Mon Père pardonnez leur car ils ne savent ce qu'ils font, et au son de sa voix tout esprit de haine m'a abandonné ».

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Doublage français[modifier | modifier le code]

et aussi :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Décès de l'acteur Charlton Heston à 84 ans, Reuters.
  2. http://militarysalute.proboards.com/index.cgi?board=stories&action=display&thread=48
  3. http://www.strategypage.com/respect/articles/military_2007528.asp
  4. Charlton Heston s'est éteint à l'âge de 83 ans, article posthume de Pure people.
  5. Biographie de Charlton Heston, article posthume du Nouvel Observateur faisant état de son engagement syndical.
  6. a, b et c (en) Site du syndicat Screen Actors Guild, retraçant ses activités de syndicaliste.
  7. (en) Site du syndicat Screen Actors Guild sur la présidence de Charlton.
  8. (en) runaway production (en)
  9. Charlton Heston sur Allociné.
  10. Mort de Charlton Heston, dépêche AFP.
  11. a et b NRA : Charlton Heston laisse son siège, article de 2003 du site d’actualité cinématographique Allociné faisant part de sa démission.
  12. Havel reçoit la plus grande distinction des États-Unis, article de 2003 mentionnant Havel et Heston comme dignitaires de la médaille de la liberté.
  13. (en) Charlton Heston has Alzheimer’s symptoms, article de CNN du 9 août 2002 lors de l’annonce de la maladie.
  14. Duval & Pécau - Wilson, Qui a tué le Président ?, série Jour J (tome 5), 2011, page 53.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]