Luc Moullet
Luc Moullet
Luc Moullet à la cinémathèque française le 29 février 2008
| Nom de naissance | Luc Max Louis Moullet |
|---|---|
| Naissance | 14 octobre 1937 Paris (France) |
| Nationalité | |
| Profession | Réalisateur |
| Films notables | Les Contrebandières, Une aventure de Billy le Kid |
Luc Moullet est un cinéaste et producteur de cinéma français, né le 14 octobre 1937 à Paris 13e (France)[1]. Il est le frère du musicien Patrice Moullet. Il a tourné près de quarante films, dont de nombreux courts métrages.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Il débute comme critique aux Cahiers du cinéma et à l'hebdomadaire Arts en 1956.
Lors du cocktail de lancement d'À bout de souffle, Jean-Luc Godard propose à Luc Moullet de réaliser un court métrage. Il réalise alors Un steak trop cuit. Le film est tourné chez lui avec son frère dans le rôle principal[2],[3].
Son premier long métrage, Brigitte et Brigitte, dans lequel il fait jouer de nombreux réalisateurs dont Claude Chabrol, Samuel Fuller, Éric Rohmer ou André Téchiné, sort en 1966, et déconcerte la critique de cinéma de l'époque[2]. Notamment en raison d'un ton pince-sans-rire et d'une construction narrative qui semble confiner à l'absurde, mais qui multiplie, derrière les apparents quiproquos, de multiples effets de sens. Cette profondeur, sous couvert de légèreté et d'humour, sera sa marque de fabrique.
Il produit ensuite La Rosière de Pessac et le Cochon de Jean Eustache, ainsi que Nathalie Granger de Marguerite Duras[2].
En 1971, il connaît un petit succès avec Une aventure de Billy the kid[2].
Dans Anatomie d'un rapport (1975), il pose un regard ironique sur la crise du couple au moment du Mouvement de libération des femmes (MLF). Il montre notamment comment les hommes vivent ces changements[3].
Il réalise ensuite le documentaire Genèse d'un repas (1977) dans lequel il suit le processus de fabrication d'un certain nombre de produits. Il se rend en Équateur et au Sénégal pour étudier l'économie de produits de consommations quotidiens comme la banane ou le thon[3].
Le litre de lait est un court métrage autobiographique dans lequel le personnage principal craint de devoir aller chercher du lait chez la femme de l'amant de sa mère[3].
En 2000, le cinéaste Gérard Courant lui consacre un film intitulé L'Homme des roubines[4].
Du 22 au 29 août 2009, il est l'invité d'honneur des Rencontres Cinéma de Gindou[5]. La même année, le Centre Pompidou lui consacre une rétrospective[6].
Réception critique de son œuvre [modifier]
Jean-Luc Godard considère Luc Moullet comme un « Courteline revu par Brecht » et Jean-Marie Straub estime pour sa part qu'il est « le seul héritier à la fois de Buñuel et de Tati »[3].
Pour Louis Skorecki, Luc Moullet est « un des deux ou trois plus importants cinéastes français de ces quarante dernières années »[2].
Analyse de son œuvre [modifier]
L'ensemble constitue une œuvre particulière : pince sans rire et burlesque[réf. nécessaire].
Filmographie [modifier]
Longs métrages [modifier]
- 1966 : Brigitte et Brigitte
- 1967 : Les Contrebandières
- 1971 : Une aventure de Billy le Kid
- 1975 : Anatomie d'un rapport
- 1978 : Genèse d'un repas
- 1987 : La Comédie du travail
- 1993 : Parpaillon
- 2002 : Les Naufragés de la D17
- 2007 : Le Prestige de la mort
- 2009 : La Terre de la folie
Courts métrages [modifier]
- 1960 : Un steak trop cuit
- 1961 : Terres noires
- 1962 : Capito ?
- 1981 : Ma première brasse
- 1982 : Introduction
- 1983 : Les Minutes d'un faiseur de film
- 1983 : Les Havres
- 1984 : Barres
- 1986 : L'Empire de Médor
- 1987 : La Valse des médias
- 1988 : Essai d'ouverture
- 1989 : Les Sièges de l'Alcazar
- 1990 : La Sept selon Jean et Luc
- 1990 : AERROPORRRT D'ORRRRLY
- 1991 : Cabale des oursins
- 1994 : Foix
- 1994 : Toujours plus
- 1995 : Imphy, capitale de la France
- 1996 : Le Ventre de l'Amérique
- 1996 : L'Odyssée du 16/9ème
- 1996 : Le Fantôme de Longstaff
- 1997 : Nous sommes tous des cafards
- 1998 : ...Au champ d'honneur
- 2000 : Le Système Zsygmondy
- 2001 : Sans titre
- 2006 : Le Litre de lait
- 2006 : Quelques gouttes en plus
- 2007 : Jean-Luc selon Luc
- 2010 : Toujours moins
Le DVD Luc Moullet en shorts, regroupe dix de ces courts métrages :
- Un steak trop cuit
- L'Empire de Médor
- Essai d'ouverture
- La cabale des oursins
- Toujours plus
- Foix
- Le ventre de l'Amérique
- Le fantôme de Longstaff
- Le système Zsygmondy
- Le litre de lait
Distinctions [modifier]
- 1964 : Prix du Groupe des Trente pour Terres noires[7]
- 1988 : Prix Jean-Vigo pour La Comédie du travail
Publications [modifier]
- Politique des acteurs, Les Cahiers du cinéma, 1993
- Luc Moullet. Notre Alpin quotidien, entretien avec Emmanuel Burdeau et Jean Narboni, Capricci, 2009
- Piges Choisies (de Griffith à Ellroy), Capricci, 2009
- Cecil B. DeMille, l’empereur du mauve, Capricci, 2012
Rétrospective [modifier]
- 2009 : Rétrospective Luc Moullet au Centre Georges Pompidou à Paris[8]
Bibliographie [modifier]
- Jean-Paul Combe, Hervé Guitton, Luc Moullet, le contrebandier, Cinémathèque française (Paris), Ciné 104 (Pantin), Cinémathèque suisse (Lausanne), 1993 - Entretien, filmographie, bibliographie - 13 x 13 cm, 84 pages
Notes et références [modifier]
- c.f. Les Gens du cinéma, extrait de naissance 13/1767/1937
- Louis Skorecki, « ARTE, SAMEDI, 0H30. «Parpaillon», film de Luc Moullet. Découvrez Moullet », Libération, 12 juillet 1997 [texte intégral (page consultée le 9 mars 2012)]
- Mathilde Blottière, « Luc Moullet : « J’aime la manière dont mon frère, assez primitif de nature, découpe son steak » », Télérama, 12 janvier 2010 [texte intégral]
- http://www.gerardcourant.com/index.php?f=97
- Site du festival [1]
- Éric Libiot, « Luc Moullet au Centre Pompidou », L'Express, 17 avril 2009
- Cinéma 64, n° 87, juin 1964, p. 3
- (en) Sally Shafto, « Luc Moullet, a Bootleg Filmmaker at the Centre Georges Pompidou », Senses of cinema, 9 juillet 2009 [texte intégral]