William Wyler

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William Wyler

Nom de naissance William Wyler
Naissance
Mulhouse, Alsace
Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Décès (à 79 ans)
Los Angeles, Californie
Profession Réalisateur et producteur
Films notables L'Insoumise
Les Plus Belles Années de notre vie
L'Héritière
Vacances romaines
Ben-Hur
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William Wyler, né Wilhelm Weiller le 1er juillet 1902 à Mulhouse (Empire allemand), et mort le à Los Angeles (Californie), est un réalisateur et producteur américain d'origine suisse. Il est célèbre pour avoir réalisé Ben-Hur, péplum récompensé par onze Oscars.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 1er juillet 1902 au sein d'une famille suisse[1] de confession juive, à Mulhouse, en Alsace (faisant alors partie de l'Empire allemand), il est éduqué à Lausanne avant d'étudier le violon au Conservatoire de Paris. À partir de 1922, il part travailler aux États-Unis pour les studios Universal dont le fondateur est un cousin de sa mère : Carl Laemmle. Il est d'abord affecté aux services de la publicité, puis devient assistant de production. En 1925, il se lance finalement dans la réalisation et devient le plus jeune réalisateur employé par la firme. En 1928, Wyler est naturalisé américain. Dès les années 1930, il s'impose comme un cinéaste incontournable à Hollywood et collabore notamment avec la Warner Bros pour laquelle il assure la mise en scène d'un de ses plus grands chefs d'œuvre: L'Insoumise avec Bette Davis. Plus tard, il signe un juteux contrat avec la Metro Goldwyn Mayer qui lui permet de réaliser de nombreux films à succès tels que La Vipère et plus tard Ben-Hur.

Entre 1942 et 1945, Wyler s'engage dans les forces aériennes de l'armée des États-Unis avec le grade de major. Il réalise deux documentaires sur la guerre en cours : The Memphis Belle: A Story of a Flying Fortress (tourné en Angleterre et dans le ciel allemand en mai 1943 et sorti en salles en 1944) et Thunderbolt! (tourné en Italie pendant les premiers mois de 1944 et sorti en salles en 1947). Pendant la guerre, Wyler trouve par ailleurs le temps de signer des œuvres de fiction évoquant le destin tragique d'individus happés par le conflit (Madame Miniver, Les Plus Belles Années de notre vie).

De retour à Hollywood, il y mène une vie confortable, devenant une institution du cinéma commercial et des grandes majors pour lesquelles il assure la réalisation de triomphes commerciaux en tous genres. Ces réussites lui permettent de fonder, avec George Stevens et Frank Capra, une société de production indépendante : la Liberty Film. Mais les échecs successifs de La Vie est belle, L'Enjeu et Si l'on mariait papa de Capra l'amènent au dépôt de bilan en 1948.

Wyler meurt d'une crise cardiaque en 1981. Il avait été brièvement marié à l'actrice Margaret Sullavan entre 1934 et 1936. Il avait ensuite épousé Margaret Tallichet en 1938 avec laquelle il vécut jusqu'à sa mort. Ils ont eu cinq enfants.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Wyler fut une véritable mine d'or pour l'industrie hollywoodienne qui le mit aux commandes de grosses productions nécessitant généralement des prouesses techniques périlleuses comme le péplum Ben-Hur, remake du film muet des années 1920. Des caméras Panavision très imposantes, avec des négatifs de 65 millimètres (tirés en 70 mm, avec une image de taille identique mais une pellicule de 5 mm plus large pour y faire place à quatre pistes sonores) furent utilisées pour les scènes de courses, au plus près des chevaux. Des caméras automatiques furent également placées au bas des chars. Toutes garantissaient une meilleure définition de la profondeur de champ. Les prises de vue devenaient du coup plus impressionnantes, avec le travail de montage, et donnaient une sensation de réel : comme si le spectateur vivait le moment de l'action en même temps que les personnages.

Le réalisateur signa entre autres plusieurs drames historiques, films musicaux ou comédies où il laissait libre cours à son perfectionnisme légendaire[2] et garantissait aux acteurs ou actrices principaux ou secondaires une victoire aux Oscars, comme pour Bette Davis et Fay Bainter (L'Insoumise, 1938), Greer Garson et Teresa Wright (Madame Miniver, 1942), Fredric March et Harold Russell (Les Plus Belles Années de notre vie, 1946), Olivia de Havilland (L'Héritière d'après Henry James, 1949), Audrey Hepburn (Vacances romaines, 1953), Charlton Heston et Hugh Griffith (Ben-Hur, 1959) ou encore Barbra Streisand (Funny Girl, 1968).

Même si son héritage est contesté, Wyler s'est avant tout imposé, selon les termes de Claude Beylie, « comme un solide directeur d'acteurs, sachant tailler dans un matériau de base, littéraire ou théâtral, de qualité. » [3]. Certains critiques, comme André Bazin, décèlent de plus un vrai « style Wyler », reconnaissable dès le premier plan[4]. Ce style passe souvent par l'utilisation de plans séquences qui diluent la progression dramatique du récit et fonctionnent comme un révélateur sur l'état psychologique des personnages[4]. Ce procédé rend de surcroît poétiques les décors qui nourrissent les fictions successives : La Nouvelle-Orléans du XIXe siècle, l'Angleterre ravagée par les bombardements allemands, l'Amérique à la fin de la Seconde Guerre mondiale, les intérieurs cossus du Londres victorien... Aussi ce principe se transforme-t-il, dans ses œuvres tardives, en une description sociologique acerbe, teintée d'une morale particulièrement pensée comme dans L'Obsédé. Ce film narre au départ l'histoire d'une séquestration, mais il se transforme peu à peu en une réflexion sur l'anomie et les névroses de la société contemporaine[5].

Wyler, détenteur du record de nominations à l'Oscar du meilleur réalisateur (douze au total), obtint la distinction à trois reprises : en 1943 pour Madame Miniver, en 1947 pour Les Plus Belles Années de notre vie puis en 1960 pour Ben-Hur. Ces trois œuvres ont par ailleurs toutes été récompensées par l'Oscar du meilleur film. Le cinéaste reçut également la Palme d'Or du Festival de Cannes pour son drame choral sur la Guerre de Sécession : La Loi du Seigneur en 1957.

Filmographie sélective[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Article Encarta sur William Wyler
  2. Évoqué dans les suppléments du DVD collector de Vacances romaines, collection Paramount Pictures 2002 in Bonus : « Souvenirs de Vacances romaines »
  3. Claude Beylie dans la fiche consacrée à L'Insoumise in Les Films clés du cinéma, éditions Larousse, 1996, Paris
  4. a et b Dictionnaire des réalisateurs de cinéma, sous la direction de Jean Tulard, éditions Robert Laffont, 1995, Paris, page 929
  5. Critique de L'Obsédé dans Le Guide du cinéma chez soi, éditions Télérama, 2004, Paris, page 835

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]