Rembrandt

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Rembrandt Harmenszoon van Rijn, habituellement désigné sous son seul prénom de Rembrandt[A 1] (15 juillet 1606[1] - 4 octobre 1669), est généralement considéré comme l'un des plus grands peintres de l'histoire de l'art baroque européen, et l'un des plus importants peintres de l'École hollandaise du XVIIe siècle. Rembrandt a également réalisé des gravures et des dessins. Il a vécu pendant ce que les historiens appellent le siècle d'or néerlandais (approximativement le XVIIe siècle), durant lequel culture, science, commerce et influence politique de la Hollande ont atteint leur apogée.

Rembrandt a réalisé près de 400 peintures[2], 300 eaux fortes et 300 dessins. La centaine d'autoportraits qu'il a réalisés tout au long de sa carrière permet de suivre son parcours personnel, tant physique qu'émotionnel. Le peintre représente, sans complaisance, ses imperfections et ses rides.

Une des caractéristiques majeures de son œuvre est l'utilisation de la lumière et de l'obscurité (technique du clair-obscur), qui attire le regard par le jeu de contrastes appuyés. Les scènes qu'il peint sont intenses et vivantes. Ce n'est pas un peintre de la beauté ou de la richesse, il montre la compassion et l'humanité, qui ressortent dans l'expression de ses personnages, qui sont parfois indigents ou usés par l'âge. Ses thèmes de prédilection sont le portrait (et les autoportraits) ainsi que les scènes bibliques et historiques. Rembrandt représente aussi des scènes de la vie quotidienne, et des scènes populaires. Sa famille proche – Saskia, sa première femme, son fils Titus et sa deuxième femme Hendrickje Stoffels apparaissent régulièrement dans ses peintures. Il a exécuté peu de paysages peints (cela est moins vrai pour l'œuvre gravée) et de thèmes mythologiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lieu de naissance, Leyde

Rembrandt Harmenszoon[3] van Rijn est né le 15 juillet 1606 rue Weddesteeg[4] à Leyde, aux Provinces-Unies. Il est le huitième enfant (sur dix) d'un père meunier sur le Rhin (Harmen Gerritszoon van Rijn[5]) et d'une mère fille de boulanger (Neeltgen Willemsdochter van Zuytbrouck)[6]. Issu de la bourgeoisie aisée[7], il passe son enfance et le début de sa vie de peintre dans sa ville natale, après avoir suivi l'école latine (en) (institution calviniste donnant un enseignement religieux très poussé et où il prend ses premiers cours de dessin) de dix à quatorze ans puis effectue un bref passage à l'Université de Leyde, où ses parents l'inscrivent[8] à la faculté de philosophie mais où il n'étudie probablement jamais, préférant se lancer dans la peinture plutôt que d'y passer les sept années qui sont de rigueur à cette époque[9].

En 1621, il décide de se consacrer entièrement à la peinture et devient apprenti dans le système d'apprentissage normal chez un artiste local, Jacob van Swanenburgh (en)[10]. En 1624, après six mois d'apprentissage à Amsterdam chez le plus important maître de l'époque, Pieter Lastman, il ouvre un atelier à Leyde qu'il partage avec son ami Jan Lievens de Leyde, lui aussi ancien apprenti de Lastman, qui l'initie probablement à l'eau-forte. En 1625, il signe La Lapidation de saint Étienne, première toile qui nous est parvenue de lui. En 1627, Rembrandt enseigne déjà à des apprentis, dont le premier est Gérard Dou qui entre dans son atelier en 1628, et probablement commence avec la préparation des panneaux et toiles et des peintures, qui étaient tous faits à la main dans les ateliers des peintres[11].

En 1629, Constantin Huygens, secrétaire du prince d’Orange, lui rend visite dans son atelier, ses commandes lui apportent notoriété et le sortent de ses difficultés financières. En 1631, après avoir acquis une certaine reconnaissance, il se voit proposer de multiples commandes de tableaux de corporations (les « Doelen », son premier portrait de groupe, Leçon d'anatomie du docteur Tulp, étant réalisé en 1632) et de portraits issues d'Amsterdam, l'obligeant à s'installer dans cette ville. Un important marchand d'art lui offre le gîte, Hendrick van Uylenburgh dont il épouse la nièce Saskia van Uylenburgh le 22 juin 1634. Ce dernier l'introduit dans le cénacle de la haute société et favorise sa réputation, ce qui lui vaut de nombreuses commandes de portraits - plus de 50 - de patriciens dans les années 1631-1634. Rembrandt a aussi réalisé plusieurs portraits de sa femme entre 1633 (National Gallery of Art, Washington D.C) et 1634 (musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg)[12].

Portrait de Saskia, femme de Rembrandt

En 1639, Rembrandt et Saskia, qui vivent désormais dans une plus grande aisance financière, vont habiter une maison cossue (qui deviendra le Musée de Rembrandt) de Jodenbreestraat, dans le quartier juif, maison plus spacieuse qui permet au peintre de recevoir et d'exposer mais il doit prendre une hypothèque et s'endetter lourdement pour l'acquérir, cause principale de ses difficultés financières ultérieures[13]. Trois de leurs enfants meurent peu après la naissance. Le quatrième, Titus, né en 1641 atteindra l'âge adulte. Saskia meurt d'une phtisie en 1642 à l'âge de 30 ans. Le sommet artistique de cette période est La Ronde de nuit (« De Nachtwacht », Rijksmuseum, Amsterdam), fini en 1641, mesurant 440 × 500 cm (plus tard diminué), en faisant le portrait de 18 membres d'une milice civile, d'une façon dynamique révolutionnaire pour son temps.

La maison de Rembrandt, devenue Musée de la maison de Rembrandt.

Entre 1643 et 1649, Rembrandt partage ensuite sa vie avec sa servante Geertje Dircx (en), jeune veuve sans enfant, qui prend en charge le bébé Titus. Cette liaison entre un veuf et la nourrice de son fils provoque un scandale au point que Rembrandt décide de la congédier. Geertje entame et gagne un procès contre Rembrandt sur le sujet de promesse de mariage, mais Rembrandt la fait enfermer dans un asile d'aliénés en 1650, la faisant passer pour folle[14]. Il doit alors affronter un certain nombre de difficultés. Sa production de peintures continue, mais sa production d'eaux-fortes monte et connait un grand succès commercial et international.

En 1645, Hendrickje Stoffels, plus jeune que Geertje, devient une nouvelle servante de la maison, et remplace Geertje comme concubine. En 1654, ils ont une fille, Cornelia, ce qui leur vaut un blâme de l'Église qui leur reproche de « vivre dans le péché ».

Rembrandt vivant au-dessus de ses moyens, achetant des pièces d'art du monde entier (collection qui lui sert de modèle dans ses peintures), des costumes dont il se sert souvent dans ses peintures, n'arrive plus à honorer ses dettes en 1656. Il est alors contraint de vendre sa maison aux enchères et de se contenter d'un logis plus modeste loué au 184 du canal Rozengracht (nl) (littéralement « Quai des roses »). Hendrickje et Titus y installent une boutique d'art pour faire vivre la famille, car là, malgré la renommée de Rembrandt qui continue à croître, les commandes diminuent en nombre, mais pas en importance : par exemple le prince Antonio Ruffo de Sicilie commande trois grandes peintures à partir de 1653-57, mais une grande toile en 1660 (La Conjuration de Claudius Civilis, la plus grande de son œuvre) pour la nouvelle mairie d'Amsterdam, est refusée et retournée (maintenant dans le musée national de Stockholm). Il survit pourtant aux disparitions de Hendrickje (décédée en 1663 de la peste) et Titus, mort en 1668. Sa fille Cornelia, sa belle-fille Marguerite et sa petite-fille Titia sont à ses côtés quand il meurt le 4 octobre 1669 à Amsterdam. Désargenté, il est inhumé dans une tombe louée dans l'église Westerkerk, où une plaque commémorative est déposée en 1906 sur une colonne septentrionale de la nef mais plus aucune trace de cette tombe ne subsiste aujourd'hui, la famille Rembrandt n'ayant plus assez d'argent pour y faire construire un tombeau personnel[15].

Élèves[modifier | modifier le code]

Rembrandt a eu plusieurs élèves qui ont connu le succès :

Beaucoup d'œuvres habituellement attribuées à Rembrandt ont une paternité aujourd'hui contestée par les experts, notamment celles du Rembrandt Research Project, une coopération de six professeurs universitaires néerlandais.

Périodes[modifier | modifier le code]

David présentant à Saül la tête de Goliath (1627), huile sur toile, 27,2 × 39,6 cm, (Bâle, Kunstmuseum). Cette œuvre est typique, par son format comme par la richesse des détails, de la "période de Leyde" du jeune Rembrandt.
Autoportrait : Rembrandt aux yeux hagards (1630), eau forte, 41 × 41 mm.
  • Pendant la période de Leyde (1625-1631), l'influence de Lastman est la plus marquante. Les peintures sont de taille modeste mais très détaillées (costumes, bijoux). Les thèmes traités sont essentiellement religieux et allégoriques.
  • À son arrivée à Amsterdam (1634-1636), Rembrandt utilise de larges toiles, des tons puissants et peint des scènes plus spectaculaires, ainsi que de nombreux portraits.
  • Vers la fin des années 1630, il réalise beaucoup de paysages, aussi bien que des gravures inspirées par les thèmes de la nature, qui est vue souvent de façon agressive (arbres arrachés par les tempêtes, nuées menaçantes…)
  • À partir de 1640, son travail gagne en sobriété et reflète les tragédies familiales qu'il traverse. L'exubérance est remplacée par une intériorisation des sentiments qui le tourmentent. Les scènes bibliques sont plutôt inspirées du Nouveau Testament que de l'Ancien Testament, ce qui était le cas dans ses œuvres précédentes. La taille des toiles diminue également, à l'exception notable de la Ronde de nuit. Les forces sombres de la nature laissent place à de paisibles scènes hollandaises rurales.
  • Dans les années 1650, le style de Rembrandt change à nouveau. Il se remet à peindre de grandes toiles et utilise des couleurs plus riches, les coups de pinceaux regagnent en force. On imagine qu'il prend de la distance par rapport à son œuvre précédente et qu'il s'éloigne aussi de la mode du moment, qui favorise le détail et la finesse de réalisation. Il continue à s'inspirer de thèmes bibliques, mais dans un style plus intimiste, préférant les personnages solitaires aux scènes de groupe.
  • À la fin de sa vie, il réalise de nombreux autoportraits, sur lesquels on voit son visage empreint de souffrance et marqué par les épreuves qu'il a traversées.

Œuvres marquantes[modifier | modifier le code]

Rembrandt et le dessin[modifier | modifier le code]

Autoportrait

Près de 300 feuilles sont attribuées actuellement au peintre (contre plus de 1300 dans les années 1950).

Il s'agit essentiellement d'exercices de style, la plupart n'ayant pas de rapport direct avec un tableau existant.

Les plus riches collections sont conservées à Londres, Amsterdam, Berlin et au Musée du Louvre.

Le peintre a utilisé de nombreuses techniques dont la sanguine, l'encre, la pierre noire. Les thèmes en sont divers mais différents de ceux de ses tableaux : peu de portraits et beaucoup de paysages.

Rembrandt et l'eau-forte[modifier | modifier le code]

Les trois croix (1653)

Le peintre reste l'un des grands aquafortiste du XVIIe siècle et a laissé près de 290 planches qui pour la plupart ne correspondent pas aux originaux car Rembrandt aimait les retravailler. Il a probablement appris la technique auprès de Jan Lievens qui probablement partageait son atelier à Leyde.

Ses premières eaux-fortes datent de 1626 :Repos en Égypte (B 59) et La circoncision (s 398). Rembrandt n'a pas coutume de signer et dater les eaux-fortes. Une seule échappe à cette règle : Jeune homme au buste : autoportrait (B 338). Il s'est spécialisé dans la technique de l'eau-forte, utilisant une plaque de cuivre recouverte d'un vernis, ce qui permet de travailler sur cette dernière avec le même geste que le dessinateur. De l'acide attaquait ensuite les zones découvertes par le vernis (la morsure), formant un relief en creux qui pouvait retenir l'encre. Rembrandt utilisait plusieurs techniques complémentaires : la double morsure où il reprenait la plaque en la recouvrant une deuxième fois d'un vernis transparent, l'emploi complémentaire d'un burin pour accentuer certains traits, ou d'un «mordant » directement sur la plaque afin d'obtenir des effets de brume. Il a laissé également des irrégularités d'encrage permettant la constitution de voiles plus ou moins opaques.

L'année 1630 est extrêmement prolifique : Rembrandt faisant la moue (B 10), Rembrandt à la bouche ouverte (B 13), Rembrandt au bonnet fourré et habit blanc (B 24), Présentation au temple, avec l'ange (B51), Jésus-christ au milieu des docteurs de la loi (B66), Gueux et gueuse (B 164), Gueux assis sur une motte de terre ; ressemblant à Rembrandt (B 174), Tête d'homme chauve (B 292), Tête d'homme chauve, tourné à droite (B 294), Tête d'homme de face (B 304), Vieillard à grande barbe (B 309), Tête de face riante : autoportrait (B 316), Tête d'homme au bonnet coupé ; Rembrandt aux yeux hagards (B 320), Homme à moustaches relevées et assis (B 325). Ce sont de petits formats[16].

Entre 1650 et 1655, Rembrandt a fait quelques rares planches directement en taille-douce.

Quelques tableaux[modifier | modifier le code]

La peinture de Rembrandt procède par la superposition de couches de glacis (tons de terres, procédé du clair-obscur), cette matière ou « manière brute » s'opposant à la « manière lisse » de la génération suivante de peintres hollandais[17].

La Ronde de nuit[modifier | modifier le code]

Rembrandt a peint La Compagnie de Frans Banning Cocq et Willem van Ruytenburch, entre 1640 et 1642. Au XVIIIe siècle, elle était alors si sombre et abimée qu'on aurait cru à une scène nocturne, elle fut donc surnommée la Ronde de nuit. Le nettoyage, en 1947, permit de restituer sa lumière et surtout ses couleurs à l’œuvre, qui représente un groupe d'arquebusiers, quittant l'ombre d'une cour et s'avançant dans la lumière du jour.

Le tableau a été commandé pour orner le nouveau hall du Kloveniersdoelen, la compagnie des arquebusiers, une des milices de gardes civils chargées de défendre la ville en cas de conflit. Rembrandt, s'éloignant des conventions du genre, choisit de montrer la troupe alors qu'elle se met en mouvement. On ne sait d'ailleurs pas à quelle occasion. S'agit-il d'une simple patrouille ou d'un événement particulier ? Une parade, à l'occasion de la visite de Marie de Médicis à Amsterdam, en 1638, ou celle d'Henriette Marie d'Angleterre, en 1642, ont été suggérées. Quoi qu'il en soit, cette approche artistique contraria les commanditaires et certains membres de la milice furent agacés de se voir relégués à l'arrière-plan, presque invisibles. À 1600 florins, le paiement était un record dans l'œuvre de Rembrandt, dans une société où un ouvrier gagnait de 200 à 250 florins par an.

En 1725, pour qu'elle pût trouver sa place sur un mur d'une salle de l'Hôtel de ville, des morceaux de la toile, alors d'environ 500 × 387 cm, furent découpées. Ses dimensions actuelles (438 × 359 cm) sont encore impressionnantes : elle occupe tout un côté d'une des plus grandes salles du Rijksmuseum, dont elle est considérée comme l'œuvre majeure.

Le Syndic des drapiers[modifier | modifier le code]

Cette toile représente six personnages en costume noir, portant chapeaux et fraises, qui vérifient les comptes de la corporation des drapiers. Elle illustre bien le talent de Rembrandt pour la disposition de ses personnages. Son exécution est sobre et efficace. Un article publié en 2004, par Margaret S. Livingstone, professeur de neurobiologie à l'Université de Harvard Medical School, suggère que Rembrandt, dont les yeux n'étaient pas alignés correctement, souffrait de cécité stéréo (en). Cette conclusion a été faite après l'étude de trente-six autoportraits du peintre. Parce qu'il ne pouvait pas former une vision binoculaire normale, son cerveau se reportait automatiquement sur un seul œil pour de nombreuses tâches visuelles. Cette incapacité pourrait l'avoir aidé à aplatir les images qu'il voyait pour les restituer ensuite sur la toile en deux dimensions.

Expertises[modifier | modifier le code]

La distinction entre l'œuvre originale du peintre et celle faite par son atelier est difficile et les attributions ont été variables dans le temps, Rembrandt n'hésitait pas en effet à signer de son nom des tableaux qui étaient l'œuvre de collaborateurs parfois éloignés, le peintre entretenant sciemment cette confusion même pour des autoportraits. De plus, certaines de ses œuvres qui lui furent attribuées étaient réalisées par des ses élèves ou des imitateurs qui prenaient parfois la liberté de signer du nom de Rembrandt[18].

En 1836 est publié le premier recensement de son œuvre peinte, fait par John Smith, qui compte près de 600 tableaux. Près de 400 peintures supplémentaires lui sont attribuées par la suite. Un inventaire de 1915 ramène ce nombre à 740 et Abraham Bredius (en) à 600 dans un catalogue publié en 1935[19].

En 1968, le Rembrandt Research Project (RRP) a été initié sous l'égide de l'Organisation néerlandaise pour l'avancement de la recherche scientifique (Nederlandse Organisatie voor Wetenschappelijk Onderzoek). Des historiens d'art et des experts de plusieurs disciplines se sont associés pour valider l'authenticité des travaux attribués à Rembrandt et établir une liste complète de ses peintures au sein d'un catalogue raisonné. Certaines œuvres ont été retirées de la liste après expertise, dont Le Cavalier polonais, conservé par la Frick Collection de New York. La plupart des experts, parmi lesquels le Dr Josua Bruyn du RRP, attribuent maintenant ce tableau à l'un des plus talentueux élèves de Rembrandt, Willem Drost. En 2003, le comité poursuit ses travaux d'investigation. Les enjeux de ces désattributions sont de taille : un Rembrandt peut actuellement se vendre plus de 28 millions de dollars américains ; la Wallace Collection qui avait 11 tableaux de Rembrandt ne se retrouve plus qu'avec un authentifié. L'expertise de L'homme au casque d'or, exposé à la Gemäldegalerie de Berlin, a également abouti à la conclusion que son "attribution à Rembrandt est à présent pratiquement exclue"[20].

Suite aux désattributions effectuées par les experts (notamment Ernst van de Wetering, directeur du Rembrandt Research Project), il n'en reste actuellement que 300 estimés authentiques[21].

Signatures[modifier | modifier le code]

Signatures de Rembrandt

« Rembrandt » est une modification de l'orthographe du prénom de l'artiste qu'il a présentée en 1633. En gros, ses premières signatures (vers 1625) se composaient d'un premier "R", ou le monogramme "RH" (pour Rembrant Harmenszoon, c'est-à-dire "fils de Harmen"), et à partir de 1629, "RHL" ("L" était, vraisemblablement, pour Leiden). En 1632, il a utilisé ce monogramme au début de l'année, puis a ajouté à son patronyme, "RHL-van Rijn", mais a remplacé cette forme dans la même année et a commencé à utiliser son prénom seul avec son orthographe d'origine, "Rembrant". En 1633, il a ajouté un "d", et a toujours maintenu cette forme à partir de là, ce qui prouve que cette petite modification avait un sens pour lui. Ce changement est purement visuel, il ne change pas la façon dont son nom est prononcé. Curieusement, malgré le grand nombre de peintures et de gravures signées avec ce changement de prénom, la plupart de ses documents qui sont mentionnés au cours de sa vie ont conservé l'orthographe originelle "Rembrant". (Note: la chronologie approximative de la signature des formes ci-dessus s'applique aux peintures et, dans une moindre mesure, à la gravure, de 1632, vraisemblablement, il n'y a qu'une seule gravure signée "RHL-v. Rijn", le grand format La résurrection de Lazare (B 73) ). Sa pratique de signer son travail de son prénom, suivie plus tard par Vincent van Gogh, a probablement été inspirée par Raphaël, Léonard de Vinci et Michel-Ange, qui, hier comme aujourd'hui, ont été appelés par leur prénom seul.

Collections[modifier | modifier le code]

Expositions récentes[modifier | modifier le code]

  • Rembrandt - Caravaggio, Musée Van Gogh d'Amsterdam, du 28 février 2006 au 18 juin 2006
  • Rembrandt : La lumière de l’ombre, Bibliothèque nationale de France, du 11 octobre 2006 au 7 janvier 2007
  • Portraits hollandais au siècle de Rembrandt et Frans Hals, Musée Mauritshuis Korte Vijverberg 8 - La Haye, du 13 octobre 2007 au 13 janvier 2007.
  • Rembrandt et la figure du christ, Musée du Louvre, du 21 avril 2011 au 18 juillet 2011.

Oeuvre volée en 1999, puis retrouvée en 2014[modifier | modifier le code]

Le tableau L’enfant à la bulle de savon, volé au Musée de Draguignan le 13 juillet 1999, dont la valeur était estimée à plus de 20 millions de francs en 1999 (4 millions d'euros), a été retrouvé le 19 mars 2014 (l'auteur du vol s'étant rendu volontairement à la gendarmerie de Marmande)[22],[23]. Cependant, depuis que la toile (non signée) a été retrouvée, plusieurs experts ont fait part de leurs doutes quant à son authenticité, y voyant la main d’un élève ou d’un imitateur. La Conservatrice du Musée, rappelle que la toile est considérée comme un Rembrandt depuis son acquisition (propriété du Comte de Tourves, la toile a fait l’objet d’une saisie révolutionnaire en 1794, pour intégrer le Musée de Draguignan). Le tableau a retrouvé les collections du musée le 24 juin 2014[24] .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Svetlana Alpers, L'atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l'argent, (Rembrandt’s Entreprise. The Studio and the Market, trad. de l’anglais par Jean-François Sené), Gallimard, « NRF Essais », 1991, sl. (1re éd. 1988, Chicago).
  • Jan Blanc, Dans l'atelier de Rembrandt. Le maître et ses élèves, Paris, Éditions de la Martinière, 2008.
  • (de) Hans Joachim Bodenbach, Rembrandt - Selbstporträts von fremder Hand, Dresden, Verlag der Kunst,‎ 2003, 45 p. + 18 pl.
  • Marcel Brion, Rembrandt, Albin Michel, 1969.
  • Pierre Descargues, Rembrandt van Rijn, Paris, Lattès, 1990, l'Archipel, 1999.
  • Christel Brückner, Rembrandts Braunschweiger Familienbild, Seine thematische Figuren und Farbkomposition und die Kunst Italiens, Hildesheim, 1997.
  • Christoph Driessen, Rembrandt und die Frauen, Regensburg, 2011.
  • Max Milner, Rembrandt à Emmaüs, Paris, J. Corti, 2006.
  • Michiel Roscam Abbing, Rembrandt: sa vie, son œuvre, avec 30 facs-similés, Gründ, 2006.
  • Simon Schama, Les yeux de Rembrandt, Paris, Seuil, 2003.
  • Bruno Streiff, Le Peintre et le philosophe ou Rembrandt et Spinoza à Amsterdam, Éditions Complicités, 2004.
  • Christian Tümpel, Rembrandt, Anvers/Paris, 1986.
  • Roberto Manescalchi, Rembrandt: la madre ritrovata, M.C.M.(La storia delle cose), dicembre, 2004.
  • Christian Tümpel, Rembrandt. Études iconographiques. Signification et interprétation du contenu des images, Saint Pierre de Salerne, 2004.
  • Christian Tümpel, Rembrandt. Pictures and Metaphors, Londres 2006.
  • Emile Verhaeren, Rembrandt, biographie critique, Paris, H. Laurens, 1904.
  • Rembrandt et son école, catalogue de l'exposition au musée des Beaux-Arts de Dijon, Réunion des Musées Nationaux, Paris 2003
  • Rembrandt et la figure du Christ, catalogue de l'exposition (Paris, musée du Louvre, 18 avril-18 juillet 2011; Philadelphie, Philadelphia Museum of Art, 30 juillet-30 octobre 2011; Détroit, Detroit Institute of Arts, 20 novembre 2011 - 12 février 2012), Blaise Ducos, George S. Keyes et Lloyd DeWitt éd., Officina Libraria-éditions du musée du Louvre, Milan-Paris 2011.
  • Georges Boka. Rembrandt´s Nightwatch; The Mystery Revealed./ La Ronde de nuit; l'énigme revelee. 1994

Fictions[modifier | modifier le code]

Autoportrait avec fourrure, chaîne en or et boucles d'oreille (ca 1656-57)
  • La couleur bleue de Jörg Kastner, un thriller historique mettant en scène Rembrandt[25].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Plusieurs fictions, au cinéma ou à la télévision, ont retracé la vie de Rembrandt :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le prénom de Rembrandt est la forme néerlandaise, de l'ancien prénom d'origine germanique Raginbrand [1]
  1. Malgré l'existence d'une controverse autour de cette date, la majorité des sources tendrait aujourd'hui à la confirmer plutôt que celle, autrefois avancée, de 1606.
  2. L'œuvre de Rembrandt suscite de sérieux problèmes d'attribution. Svetlana Alpers dans son ouvrage de 1988 L’Atelier de Rembrandt. La liberté, la peinture et l’argent avance le nombre de 420 œuvres peintes, mais au moment de la parution de son livre, le Rembrandt Research Project n'a pas encore livré ses conclusions définitives et Alpers prévoit que ce nombre sera probablement amené à être dévalué encore
  3. Littéralement « fils d'Harmen ».
  4. De la maison natale du peintre, devenue une imprimerie, il ne reste aujourd'hui qu'une plaque commémorative et, proche, le Rembrandtbrug (nl), le « pont Rembrandt » ainsi qu'une reconstitution du moulin familial d'Harmen Gerritszoon van Rijn. En ce XXIe siècle, le patronyme des Rembrandt est toujours associé à la guilde des meuniers.
  5. Le patronyme van Rijn rappelle que le moulin familial donne sur le Rhin qui entoure alors la ville fortifiée, ce moulin broyant plutôt le malt.
  6. (en) Duncan Bull et col, Rembrandt-Caravaggio, Rijksmuseum, Waanders,‎ 2006, p. 28
  7. Les romantiques du XIXe siècle ont fait de lui un peintre maudit issu d'un milieu populaire l'enterrement de ses parents à Pieterskerk montre au contraire qu'ils sont des membres respectés de la communauté.
  8. Cette inscription lui permet cependant de bénéficier des avantages accordés aux étudiants : dispense du service militaire, exemption de la taxe sur le vin et la bière.
  9. Bernadette Neipp, Rembrandt et la mort de Jésus : la tendresse d'un regard, Éditions Saint-Augustin,‎ 2001, p. 21
  10. Peintre de Leiden, spécialisé dans les scènes infernales et qui intie ses élèves aux peintures italiennes historiques et bibliques, ayant réalisé son voyage en Italie.
  11. Bernadette Neipp, op. cité, p. 22
  12. Biographie de Rembrandt, Exposition à la BNF.
  13. Duncan Bull, op. cité, p. 28
  14. (nl) Driessen, Christoph : Rembrandts vrouwen, Amsterdam, Bert Bakker, 2012, p. 130-157
  15. Amsterdam, Casa Editrice Bonechi,‎ 2002, p. 19
  16. Rembrandt : L'œuvre gravé complet, Office du Livre-Fribourg, 1978L
  17. Rene Passeron, L'Œuvre picturale et les fonctions de l'apparence, Vrin,‎ 1980, p. 58
  18. Anne Chalard-Fillaudeau, Rembrandt, l'artiste au fil des textes : Rembrandt dans la littérature et la philosophie européennes depuis 1669, Éditions L'Harmattan,‎ 2004, p. 202
  19. (nl) BREDIUS, Abraham (1855-1946)
  20. Musées de Berlin - Beaux Arts - Gemäldegalerie am Kulturforum - Collections hollandaises - Berlin en ligne
  21. Juliette Garcias et Stan Neumann, documentaire « La Vie cachée des œuvres : Rembrandt », 2009
  22. Il y a un Rembrandt dans mon placard, sur le site lemonde.fr, consulté le 9 mai 2014
  23. Rembrandt volé en 1999 à Draguignan : la date de retour au Musée n'est pas fixée, sur le site varmatin.com, consulté le 9 mai 2014
  24. Le tableau de Rembrandt de retour au musée de Draguignan, sur le site varmatin.com, consulté le 31 juillet 2014
  25. fiche du livre "la couleur bleue"