Josey Wales hors-la-loi

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Josey Wales hors-la-loi

Titre original The Outlaw Josey Wales
Réalisation Clint Eastwood
Scénario Philip Kaufman
Sonia Chernus
Acteurs principaux
Sociétés de production Warner Bros.
The Malpaso Company
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre western
Sortie 1976
Durée 135 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Josey Wales hors-la-loi (The Outlaw Josey Wales) est un film américain réalisé par Clint Eastwood, sorti en 1976.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Josey Wales cultive tranquillement son champ dans le Missouri quand les irréguliers nordistes du Kansas du capitaine Terrill surgissent, incendient son ranch et massacrent sa famille. Une bande de partisans sudistes arrivant peu après, il la suit. Mais le Sud est vaincu et le sudiste Fletcher annonce une amnistie aux partisans qui déposeront les armes. En fait, c'est un piège : lors de la reddition, au moment où les partisans prêtent serment à l'Union, on les abat à la mitrailleuse. N'en réchappent que Josey Wales, qui avait refusé de se rendre (il est très méfiant, ce qui lui sauvera la vie plusieurs fois), et un jeune franc-tireur qui est d'ailleurs blessé. Josey Wales ayant dans l'affaire massacré un gros paquet de Nordistes, sa tête est mise à prix et un détachement nordiste commandé par Terrill et guidé par Fletcher (qui avait été trompé comme les autres mais connaît le tempérament vindicatif de Wales) le prend en chasse. Échappant aux battues, les fugitifs parviennent à traverser le Missouri puis à liquider deux imprudents "partisans de la libre entreprise" qui pensaient les capturer. Le jeune partisan meurt peu après et Josey Wales, se retrouvant seul, décide de se réfugier du côté du Texas.

En cours de route, il s'adjoint un vieux chef indien dépossédé par Washington et qui a essayé de le capturer, puis une jeune indienne rejetée par sa tribu et traitée en esclave par un trafiquant (abattant au passage deux trappeurs trop entreprenants), puis un vieux chien, puis une vieille femme (et sa petite fille) dont le fils, qui fut l'un des irréguliers du Kansas, mais a été tué par les francs-tireurs sudistes, possédait un ranch magnifique au Texas. Juste avant cette rencontre, Josey Wales abat quatre Nordistes hésitants (car il est devenu le tireur le plus célèbre de l'Ouest) qui ont eu la malchance de croiser son chemin et juste après il extermine toute une bande de comancheros venant de massacrer le convoi de la vieille dame. Tout ce petit monde arrive donc à destination : hélas, la ville est quasi-déserte (Josey Wales devra quand même encore y abattre un des deux chasseurs de primes qui l'y attendaient, le survivant ira chercher des renforts) car les habitants l'ont quittée suite à l'épuisement de sa mine d'argent ; ne reste qu'un saloon où l'on n'a plus rien à boire, où le joueur professionnel fait des réussites et où l'entraîneuse n'entraîne plus personne. Le merveilleux ranch (en fait, un demi-désert) est abandonné. La vieille dame prend possession des lieux mais ceci déplaît aux Comanches voisins qui, ne voulant pas voir de Blancs s'installer, enlèvent deux employés engagés par la vieille dame. Josey Wales parvient à les sauver et à conclure un accord avec les Comanches, ennemis de Washington et qui ont entendu parler de ses exploits. Bien qu'invité à rester, il préfère repartir. Mais Nordistes et chasseurs de primes, ayant uni leurs forces, l'attendent. Cette fois, cependant, Josey Wales sera aidé par tous ses compagnons et la totalité de la troupe ennemie exterminée. Terrill, le vilain Nordiste qui avait attaqué la ferme de Josey Wales au début, parvient seul à s'enfuir mais Wales le poursuit et manquant de munition il l'éventre avec son propre sabre.

Plus tard, des rangers du Texas et Fletcher, arrivés également au village, s'entendent raconter que Josey Wales a été tué dans une rixe au Mexique. L'affaire est donc close pour les autorités. Quant à Fletcher, qui n'est pas dupe, il fait semblant de ne pas reconnaître Josey Wales et repart. La guerre est finie.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau des États-Unis États-Unis : 30 juin 1976
Drapeau de la France France : 1er octobre 1976

Distribution[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Développement[modifier | modifier le code]

Le film est l'adaptation cinématographique du roman Gone to Texas[1] de Forrest Carter (nom de plume d'Asa Earl Carter, ségrégationniste et membre du Ku Klux Klan).

Sonia Chernus se charge du scénario. Clint Eastwood investit son argent personnel pour acquérir les droits de l’œuvre de Carter[3]. Sonia Chernus est ensuite aidée dans sa tache par Michael Cimino et Philip Kaufman.

Casting[modifier | modifier le code]

Philip Kaufman a choisi Dan George, chef des Tsleil-Waututh, qui avait déjà joué dans Little Big Man (Arthur Penn, 1970). Cependant, le choix de Sondra Locke est fait par Clint Eastwood, contre l'avis de Philip Kaufman, qui était toujours au poste de réalisateur à ce moment-là[4].

Tournage[modifier | modifier le code]

Pahreah site, près de la rivière Paria dans l'Utah, où le film a été tourné.

Le tournage débute à la mi-octobre 1975[4]. Le début du tournage est marqué par le renvoi et le remplacement de Philip Kaufman, qui était jusqu'à présent le réalisateur, par Clint Eastwood, le 24 octobre 1975[5].

« C'est moi qui l'avait engagé pour réécrire le script et le réaliser. Son travail de scénariste était excellent, mais au tournage il s'avéra que nos points de vue différaient totalement. J'avais investi mon argent personnel pour acheter les droits du livre, passé beaucoup de temps à développer ce projet, conçu une vision précise de ce que devait être le film. L'approche de Phil était sans doute fondée, peut-être meilleure, mais ce n'était pas la mienne, et je m'en serais voulu si le résultat n'avait pas correspondu à ce que j'espérais »

— Clint Eastwood, Positif[6]

Le renvoi de Kaufman provoque l'indignation notamment à la Directors Guild of America[7].

Le tournage a lieu principalement en Utah (Glen Canyon, Kanab, Paria), mais également en Arizona (lac Powell, Mescal, Old Tucson Studios), à Oroville (Californie) et dans le Wyoming[8].

Box-office[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Commentaires[modifier | modifier le code]

Ce western est extrêmement chargé en événements : honnête fermier, actions de guerre, partisans, soldats réguliers, politiciens pourris, trappeurs, attaques de bandits, duels, bagarres, chasseurs de primes, indiens déchus ou insoumis, colporteurs, trafiquants, civils froussards, opportunistes ou inconscients, joueur et entraîneuse de saloon, bac de rivière, convoi de colons, mexicains, forêts du nord, prairies de l'est, déserts du sud, ville fantôme, mine d'argent, tous les ingrédients classiques du western interviennent ou sont représentés (sauf l'élément religieux et l'attaque de diligence), y compris, bien sûr, le héros taciturne (mais doté d'un certain humour) aux colts exterminateurs. Indépendamment d'une histoire attachante (certains y voient un voyage initiatique), Josey Wales hors-la-loi est une synthèse du western, un tableau très complet du genre ; l'autonomie de chaque épisode lui donne une allure de film à sketches. Ce film peut être vu comme une tragédie grecque transposée dans l'univers du western : un homme honnête et tranquille voit sa famille assassinée et décide de la venger, mais il est poursuivi par un destin funeste et la violence suit chacun de ses pas, Josey Wales est un homme marqué par le malheur.

La destruction de la ferme qui ouvre le film a pour substrat historique le ravage méthodique de la Virginie par les irréguliers nordistes du général Grant (qui s'en vantait dans sa correspondance[réf. nécessaire]) tandis que les partisans sudistes auxquels se joint Josey Wales représentent la guérilla de William Quantrill, qui s'en prit au Kansas quatre ans durant. Dans le film, leur chef s'appelle Bill Anderson, alias Bill le Boucher, référence donc au Bill Anderson qui s'illustra aux côtés de Quantrill.

La mitrailleuse utilisée au début est une multitube Gatling à manivelle. On la voit dans quelques westerns pour changer le spectateur des 6-coups et des Winchester. Son débit était assez faible comparé aux armes modernes mais son très gros calibre (de 11 à 25 mm selon les modèles) tuait pratiquement tous ceux qu'elle touchait.

La troupe qui attaque le héros dans une des dernières scènes, attaque à cheval et à découvert des tireurs postés et embusqués. C'est une astuce de scénariste qu'on retrouve dans plusieurs westerns anciens pour annuler la supériorité numérique habituelle des méchants[réf. nécessaire].

Un des thèmes du film est le respect du héros pour les femmes (y compris la farouche grand-mère), sa sollicitude envers celles qui ont été victimes d'un viol ou risquent de l'être : même si ce n'est pas explicite il est fort probable qu'au moment de l'attaque de la ferme de Josey Wales, les "Pattes Rouges" aient violé la femme de Wales ; la jeune indienne Little Moonlight porte sur le nez des entailles au couteau ce qui indique qu'elle a été violée par un ou plusieurs membres d'une tribu adverse, elle subit les assauts libidineux des deux trappeurs dans le "trading post" et Josey Wales la sauve in extremis ; Laura est victime d'une tentative de viol de la part des comancheros, c'est le chef de la bande qui met fin a l'agression (il veut la vendre au chef comanche et espère en tirer un bon prix si elle est vierge). Dans Impitoyable aussi, Clint Eastwood est du côté des femmes humiliées, violentées, battues comme dans "le retour de l'inspecteur Harry" ou Gran Torino.

Ce film est différent par le ton de nombreux westerns traditionnels mais en reprend les personnages en les détournant : Indiens, chasseur de prime, ingénue, prostituée, pionniers, bandits, soldats....; le héros ne poursuit pas de nobles idéaux mais la vengeance, les Yankees ne sont pas montrés sous leur jour le plus reluisant, le sénateur venu assister à la reddition des derniers irréguliers confédérés les fait assassiner après les avoir désarmés, le carpetbagger est un vendeur de faux remèdes, le patron du trading post exploite sans vergogne la jeune Indienne chassée de sa tribu, les trappeurs n'écoutent que leurs pulsions, les Comancheros trafiquent des armes et de la gnôle... Les seuls personnages honnêtes sont ceux qui aident ou suivent Josey Wales. Qui va se reconstruire une famille haute en couleurs, une ferme et un avenir au hasard des rencontres, le film - où l'humour ne manque pas - trouve alors un ton optimiste proche d'un Ford ou d'un Capra.

Suite[modifier | modifier le code]

En 1986, l'acteur-réalisateur Michael Parks tourne une suite, The Return of Josey Wales, adaptée du roman Vengeance Trail of Josey Wales d'Asa Earl Carter. Michael Parks y incarne lui-même Josey Wales[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Le roman sera réédité après le film sous le titre The Rebel Outlaw: Josey Wales.
  2. (en) Dates de sortie sur l’Internet Movie Database
  3. McGilligan, op. cit., p.257.
  4. a et b McGilligan, op. cit., p.261.
  5. McGilligan, op. cit., p.262.
  6. Entretien avec Clint Eastwood par Michael Henry, Positif, janvier 1985.
  7. McGilligan, op. cit., p.264.
  8. (en) Lieux de tournage sur l’Internet Movie Database
  9. (en) Box-office US - Box Office Mojo.com
  10. Box-office France - JP's box-office
  11. (en) Distinctions sur l’Internet Movie Database
  12. (en) The Return of Josey Wales sur l’Internet Movie Database

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]