Feuilleton télévisé
Le feuilleton télévisé ou téléroman (au Québec et au Nouveau-Brunswick) est une série télévisée où chaque épisode est la suite du précédent. Ces épisodes sont regroupés en saisons.
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Terminologie [modifier]
Le terme « feuilleton » date du XIXe siècle et il est à l'origine utilisé dans le journalisme. En 1836, sort ensuite le premier roman-feuilleton.
Aujourd'hui, ce terme est également utilisé pour une production radiophonique (feuilleton radiophonique) ou télévisuelle avec une intrigue en constante évolution répartie sur plusieurs épisodes.
Histoire [modifier]
En Europe, de nombreux pays comme la France, le Portugal, l'Espagne ou l’Italie ont produit beaucoup de feuilletons contrairement aux États-Unis qui privilégiaient la production de séries avec des épisodes indépendants. En 1950, le premier feuilleton français diffusé est Agence Nostradamus,[1].
L'adaptation d'un roman en format feuilleton serait apparu pour la première fois au Québec en 1953 à la télévision francophone de Radio-Canada (au Québec). Il s'agissait de l'adaptation d'un roman de Roger Lemelin, La Famille Plouffe, qui connut un immense succès en français et en version anglaise, de 1953 à 1959.
Types [modifier]
Soap opera [modifier]
Un soap opera est un feuilleton quotidien originaire des États-Unis et mettant en scène plusieurs familles (par le biais de multiples intrigues parallèles comme des affaires de famille, des romances, des conflits moraux, etc.). Les soap operas sont diffusés une heure par jour et cinq jours par semaine. À l'origine, ils étaient destinés aux femmes aux foyers et leur nom, soap, qui signifie savon, était dû au sponsoring de ces feuilletons par des marques de lessive. Les soaps ont recours en permanence au principe de la fin ouverte, ou cliffhanger. Le plus long soap opera est Haine et Passion, diffusé de 1952 à 2009[2]. En France, le soap opera Plus belle la vie, parfois considéré comme le premier soap opera français, atteint un record dans la fiction française en dépassant les 2000 épisodes[3].
Parmi les soap operas américains, il faut distinguer les daytime soap operas (Les Feux de l'amour, Santa Barbara, Amour, Gloire et Beauté), qui sont tournés au rythme de plus de 200 épisodes par an et diffusés quotidiennement, et les prime time soap operas (Dallas, Dynastie, Melrose Place), tournés et diffusés à un rythme plus lent, généralement 25 à 30 épisodes par an (voir Saga).
Saga [modifier]
Une saga (prime time soap opera) est un feuilleton hebdomadaire diffusé en soirée, qui raconte l'histoire d'une famille sur une période définie. Ce qui distingue la saga d'un soap opera est la qualité de la réalisation et du scénario, plus importante pour une saga. En effet, les moyens financiers sont plus importants et la diffusion est hebdomadaire, nécessitant un rythme plus important que pour un soap. La saga la plus longue est Dallas avec 357 épisodes, suivie de Dynastie avec 220 épisodes.
Dans la fiction française, le terme « saga de l'été » est employé pour désigner une mini-série à dominante familiale et diffusée durant l'été (Zodiaque, Dolmen)[4]. La trame repose sur un secret de famille, une lutte d'intérêts ou une énigme policière. Le précurseur de cette forme de feuilleton est Jean Sagols, qui réalisa en 1988 Le Vent des moissons. TF1 diffuse sa dernière saga en 2007, M6 et France 2 en 2008[5].
Telenovela [modifier]
Une telenovela (ou novela) est un feuilleton quotidien d'Amérique latine qui se distingue du soap opera car il possède dès son lancement une fin. La telenovela se veut « populaire ». Sur le continent latino-américain, chaque telenovela possède au moins un personnage venant d'une classe sociale inférieure. La telenovela colombienne Yo soy Betty, la fea a donné lieu à dix-huit adaptations différentes dans le monde.
Conséquences de la sérialisation [modifier]
Les story arcs peuvent avoir un effet négatif sur les audiences en rendant l'accès plus difficile aux nouveaux téléspectateurs ainsi qu'aux fans qui ont raté un épisode[6]. Les réseaux de télévision américains considèrent les feuilletons comme plus risqués que les séries dramatiques qui mettent l'accent sur une histoire indépendante chaque semaine[7]. Tom O'Neil du Los Angeles Times ajoute que « ces séries sont difficiles à rejoindre à mi-parcours. »[8].
Un autre problème est que de nombreux fans préfèrent enregistrer ces séries et regarder toute la saison en une seule session[8]. Ces téléspectateurs ne sont pas inclus dans les audiences car ils sont beaucoup moins susceptibles de regarder les publicités que les téléspectateurs qui suivent en direct. L'abandon de la visualisation en direct au profit de DVR, iTunes ou Hulu a nui aux publicités de nombreuses séries parce qu'il y a moins ou pas de pub et elles peuvent être rapidement avancées ou obsolètes[9].
Préoccupés par les audiences de story arcs complexes, les réseaux demandent parfois aux showrunners (producteurs exécutifs) de réduire la sérialisation. Les dirigeants des réseaux pensent que les épisodes autonomes permettent aux nouveaux téléspectateurs de rejoindre plus facilement une série en cours de route, même si cela peut entraîner un conflit avec les téléspectateurs réguliers qui ont tendance à préférer davantage les story arcs[10]. Alias a commencé comme une série plus feuilletonnante, mais est devenue plus tard plus autonome sous la pression du réseau[11]. Au cours de la troisième saison de Battlestar Galactica, le showrunner Ronald D. Moore a également été poussé à faire des épisodes plus autonomes. Cela a entraîné des critiques négatives à la fois de la part des fans et des critiques, et Moore a révélé dans le podcast final de la troisième saison que le réseau a finalement admis que les épisodes stand-alone ne sont tout simplement pas adaptés pour l'histoire qu'il essayait de raconter[12]. Moore a également déclaré qu'une raison majeure pour laquelle le réseau a été réticent à donner son feu vert pour Caprica était parce que les story arcs lourds ont des difficultés à attirer de nouveaux spectateurs, par rapport à une série composée d'épisodes stand-alone[13]. Selon Todd A. Kessler, la deuxième saison de Damages sera moins feuilletonnante afin de rendre la série plus accessible aux nouveaux téléspectateurs[14]. Tim Kring, le créateur de Heroes, a également suggéré que sa série peut s'éloigner de la narration feuilletonnante : « Je pense que la série doit se tourner vers des épisodes stand-alone pour survivre. »[15]
Les réseaux ont également déconseillé des story arcs complexes car ils ont moins de succès lors des rediffusions et parce que les épisodes stand-alone peuvent être rediffusés sans souci d'ordre[16].
Entertainment Weekly[17] et le Chicago Tribune[18] ont exprimé leur inquiétude au fait que des audiences en baisse peuvent conduire à une réduction importante de la narration feuilletonnante. Pour mettre en évidence la situation, lors de la saison 2006-2007, pas moins de cinq séries feuilletonnantes ont été introduites (Jericho, Kidnapped, Vanished, The Nine et Drive), qui ont connu une annulation assez rapide en raison de faibles audiences[19].
Cependant, depuis 2000, chaque lauréat du Primetime Emmy Award de la meilleure série dramatique a été décerné à un feuilleton dramatique : À la Maison-Blanche (2000, 2001, 2002, 2003), Les Soprano (2004, 2007), Lost : Les Disparus (2005), 24 heures chrono (2006) et Mad Men (2008, 2009, 2010, 2011).
Notes et références [modifier]
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Serial (radio and television) » (voir la liste des auteurs)
- Séries et feuilletons T.V page 30
- (en) Longest Running TV Drama, Livre Guinness des records. Consulté le 11 juin 2011
- Le succès de Plus belle la vie, France-Soir. Mis en ligne le 19 juin 2008, consulté le 11 juin 2011
- Dolmen : la saga de l'été poids lourd de TF1, AlloCiné. Mis en ligne le 25 mai 2005, consulté le 11 juin 2011
- Rendez-nous nos sagas et nos jeux d'été !, sur Ozap.com. Mis en ligne le 10 juillet 2011, consulté le 11 juillet 2011
- (en) Gilbert, Gerard, « American law... British order », The Guardian, London, 2009-02-20 [texte intégral (page consultée le 2009-02-20)]
- (en) James Hibberd, « Q&A: Ron Moore on 'Battlestar' series finale », THRfeed, 2009-03-13 [texte intégral (page consultée le 2009-03-13)]
- (en) Tom O'Neil, « TRANSCRIPT: The Envelope chat with Glenn Close », Los Angeles Times, 2008-09-21 [texte intégral (page consultée le 2009-02-12)]
- (en) Flint, Joe, « A dramatic decline for network dramas », Los Angeles Times, May 12, 2011 [texte intégral (page consultée le 12 mai 2011)]
- (en) Prudom, Laura, « Comic-Con: 'V,' 'Fringe' and 'Vampire Diaries' Round-Up », TV Squad, July 24, 2010 [texte intégral (page consultée le 26 juillet 2010)]
- (en) Leigh Holmwood, « JJ Abrams live webchat here », The Guardian, London, 2008-10-10 [texte intégral (page consultée le 2009-02-02)]
- http://www.scifi.com/battlestar/downloads/podcast.php?seas=3
- Battlestar Galactica Season 3 Companion
- (en) Michael Schneider, « William Hurt joins FX's 'Damages' », Variety (magazine), 2008-06-16 [texte intégral (page consultée le 2009-02-27)]
- (en) Eric Goldman, « Could Heroes Move Away From Serialization? », IGN, 2008-11-17 [texte intégral (page consultée le 2009-03-02)]
- (en) « Joss Whedon talks 'Dollhouse' renewal », Hollywood Reporter THR feed, 2009-05-18 [texte intégral (page consultée le 2009-05-23)]
- (en) Jeff Jensen, « This Was the Year That TV's Second Golden Age Ended », Entertainment Weekly, 2008-12-19 [texte intégral (page consultée le 2009-02-27)]
- (en) Maureen Ryan, « Has TV lost its nerve when it comes to complex dramas? », Chicago Tribune, 2009-02-27 [texte intégral (page consultée le 2009-02-27)]
- (en) « Soggy Serials », Star News Online, 2007-05-24 [texte intégral (page consultée le 2009-12-16)]
Bibliographie [modifier]
- Jacques Baudou et Jean-Jacques Schleret, Les Feuilletons historiques de la télévision française, Éditions Huitième Art, 1992
- Christophe Petit et Martin Winckler, Les Séries télé, Guide Totem, 1999