Le Soir

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Le Soir
Image illustrative de l'article Le Soir

Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Langue Français
Périodicité Quotidienne
Format Berlinois
Genre Généraliste
Prix au numéro 1,50€ la semaine; 2€ le samedi.
Diffusion 88 633 ex. (oct. 2012)
Fondateur La famille Rossel.
Date de fondation 1887
Ville d’édition Bruxelles

Propriétaire Groupe Rossel
Directeur de la rédaction Didier Hamann
ISSN 1186-4583
Site web www.lesoir.be
Supplément

Le Soir est un quotidien généraliste belge de langue française fondé en 1887 par Emile Rossel. Se présentant comme progressiste et indépendant, ce journal est de tradition libérale et historiquement à gauche de l'échiquier politique belge[1]. C'est le quotidien francophone le plus lu en Belgique après les titres régionaux du groupe Sud Presse et avant le quotidien populaire La Dernière Heure. Il constitue avec l'autre journal de langue française à grand tirage La Libre Belgique l'horizon quotidien de la plupart des Belges francophones en matière de presse écrite. Depuis le , il paraît au format berlinois et sur quatre cahiers.

Ligne éditoriale[modifier | modifier le code]

Réaffirmée à l'occasion de la sortie de la nouvelle formule, le , la ligne éditoriale du Soir le pose en tant que « quotidien progressiste indépendant ». Le Soir se veut « contrepouvoir », « à l'écoute, en phase avec la société », « populaire, par opposition à un quotidien de l'establishment ».[réf. souhaitée]

« Un Soir de combat pour les droits de l'homme et de la femme, le respect de la dignité humaine, la liberté d'expression, la tolérance, la multiculturalité, la différence »[2]

Politiquement, Le Soir refuse d'être assimilé à la gauche ou à la droite : « Nous devons au contraire refuser toutes les étiquettes politiques qui corsètent, embrigadent, mettent des œillères, créent des tabous. Il peut y avoir du conservatisme à gauche et du progrès à droite : c'est notre capacité à le reconnaître le cas échéant, en suivant la seule trame de nos valeurs, qui nous permettra d'être extrêmement libres dans notre travail, d'être justes dans nos exposés des faits et nos analyses, d'êtres crédibles car non inféodés à des organisations [...] ou aux hommes et aux femmes qui les composent ».[réf. souhaitée]

Structure[modifier | modifier le code]

Les rubriques de ce quotidien sont :

Premier cahier :

  • La Une
  • L'actu/opinion (l'édito, le Kroll, l'Acteur), en page 2
  • L'actu
  • La politique
  • La société
  • Le monde

Deuxième cahier :

  • Polémiques
  • Forum, Courrier des lecteurs
  • Régions (Six éditions : Bruxelles, Bruxelles-périphérie, Brabant wallon, Liège, Hainaut et Namur-Luxembourg)

Troisième cahier :

  • L'économie
  • Les marchés
  • Sciences & santé
  • Les Sports

Quatrième cahier :

  • La culture
  • Les médias
  • La détente (mots croisés, BD, horoscope)
  • La télévision
  • La Petite Gazette

Suppléments :

  • Le Mad (le mercredi)
  • L'Immo (le jeudi)
  • Les Livres, TV News(le vendredi)
  • Références et Victoire magazine (le samedi)

Actionnariat[modifier | modifier le code]

Le quotidien Le Soir est édité par la SA Rossel & Cie, majoritairement détenue par les trois enfants de feu Robert Hurbain (1929-2001), héritier de la famille Rossel. Ils possèdent chacun 83 des 300 actions de la société éditrice, par l'intermédiaire de trois sociétés liées par des participations croisées :

Actionnaires minoritaires :

  • l'imprimerie Remy Roto, à Beauraing (15 actions) ;
  • l'éditeur du Sillon belge, la SA Les Éditions rurales (15 actions) ;
  • la banque ING (21 actions).

La société éditrice, Rossel & Cie, est gérée par un conseil d'administration de sept membres, dont les mandats ont été confirmés pour un an, le  :

  • Patrick Hurbain ;
  • Bernard Marchant, administrateur délégué ;
  • Claude Samain (représentant la SA de Participations Rossel-Hurbain) ;
  • Christine Hurbain (représentant la SA Rossel-Hurbain) ;
  • Yves de Chaisemartin (indépendant) ;
  • Paul Callebaut ;
  • Alfred Küchenberg (patron du quotidien germanophone Grenz-Echo').

Historique[modifier | modifier le code]

  •  : Première édition de ce quotidien gratuit du soir fondé par Émile Rossel, Nicolas Corbelin et Edgar Roels. Cette gratuité était relative, étant limitée aux habitants des rez-de-chaussées de Bruxelles[3]. Tout qui habitait à un étage devait payer 0,60 francs par mois. La gratuité pour les habitants des rez-de-chaussées ne dura que jusqu'en 1898. À partir de ce moment, il leur en coûta 0,30 francs par mois. Le financement du journal était assuré par la publicité, une idée neuve pour l'époque. L'agence Rossel fut créée pour gérer les annonces. Le Soir se voulait un journal neutre, affirmant ne pas vouloir «prendre position dans les luttes qui irritent et divisent».
  • Peu après la création du journal, un conflit à propos d'une annonce opposa Émile Rossel d'une part à Corbelin et Roels de l'autre. Pendant deux mois, ces derniers publièrent un Soir concurrent, jusqu'à ce que la justice tranche en faveur de Rossel. Lucien Solvay fut brièvement le premier rédacteur en chef. Un exilé français, Auguste Cauvin, dont le nom de plume était D'Arsac, lui succéda et occupa cette fonction jusqu'à sa mort en 1937. Le tirage du journal passa de 60 000 en 1887 à 180 000 en 1914[4]. En 1901, Le Soir quitta la rue Isabelle et s'installa à la place de Louvain.
  • Bien qu'il se proclamât «neutre», Le Soir fut mêlé au début des années 1890 à une polémique qui secoua la Belgique sous le règne de Léopold II : le «référendum royal». Le souverain, qui était fort attaché à l'idée d'une consultation populaire sur initiative royale, souhaitait la voir figurer dans une révision de la constitution. Ce projet était fort impopulaire et Léopold II tenta de le faire progresser grâce à la presse, notamment dans les colonnes du Soir, comme en témoigne une lettre écrite au comte de Borchgrave en 1892 : «Le grand maréchal a déjà payé Le Soir pour des articles sur le référendum (indemnité d'insertion étant la formule adoptée).»[5]. Léopold II aurait même écrit quelques articles «de sa royale main»[6].
  • Interlude de la Première Guerre mondiale : L'entrée des troupes allemandes à Bruxelles le marqua la fin de la publication du Soir. Émile Rossel mourut en 1915, et au moment de la libération, c'est son fils, Victor Rossel, qui reprit la direction du journal. Les occupants allemands avaient démantelé les installations, mais la publication reprit dès le avec des moyens de fortune sur du papier vert.
  •  : D'Arsac créa dans Le soir la «Tribune libre», qui fut longtemps une des images de marque du quotidien bruxellois. Elle permettait à des représentants des partis politiques de s'exprimer dans ses colonnes. Yvon Toussaint la remplaça dans les années 1980 par des «Cartes blanches», ouvertes à toute la société civile[7].
  • À la mort de Victor Rossel en , Lucien Fuss lui succède à la direction du Soir.
  • Le milieu des années 1930 fut marqué par la montée du mouvement rexiste de Léon Degrelle. Ce dernier, qui ne doutait de rien, sollicita une «tribune libre» dans Le soir. D'Arsac l'éconduit poliment, arguant que les «tribunes libres» étaient réservées aux porte-parole des grands partis. Selon d'Arsac, cet incident aurait été à la source de l'animosité de Degrelle à son égard. En 1937, Degrelle provoqua une élection partielle à Bruxelles. Le Soir rompit avec sa politique traditionnelle de neutralité en période électorale et prit clairement position pour son adversaire Paul Van Zeeland. L'affaire tourna en partie de bras de fer entre le journal et Degrelle, qui lui intenta un procès pour avoir affirmé que Rex était subsidié par l'Allemagne nazie. Le dirigeant rexiste obtint gain de cause. Le Soir publiait chaque jour un article de tête pour expliquer les raisons de ne pas voter pour Degrelle. Le Pays réel, organe de presse de Rex, répliqua en s'en prenant au «métèque d'Arsac», s'attirant à son tour une plainte, qui fut retirée après la défaite électorale de Léon Degrelle.
  • Après le décès de d'Arsac en 1937, Charles Breisdorff devient le nouveau rédacteur en chef du Soir.
Le Soir volé du 15 avril 1943
  • En 1946, à la mort de Lucien Fuss, Marie-Thérèse Rossel reprend la direction du journal.
  •  : Marie-Thérèse Rossel se retire de la direction du Soir. Jean Corvilain lui succède.
  •  : la rédaction se constitue en association de fait, l'Assemblée générale des journalistes professionnels du Soir (AGJPS).
  • En Yvon Toussaint accéda au poste de rédacteur en chef, suite au décès de Charles Rebuffat.
  • En , le renouvellement des mandats d'administrateurs au sein de la s.a. Rossel & Cie provoqua une crise majeure au sein du journal. Rossel & cie était une entreprise familiale, dont les actionnaires étaient des descendants d'Emile Rossel... On y distinguait deux groupes : les «majoritaires», descendants de Victor Rossel, dont la figure de proue était sa fille Marie-Thérèse, et les «minoritaires», descendants d'Emerence, une sœur de Victor, représentés par Jacques et André Declercq. Les deux groupes avaient des visions diamétralement différentes de la manière de gérer le journal. En 1983, les choses s'envenimèrent lorsque les «minoritaires» proposèrent Robert Hersant comme candidat au poste d'administrateur. Ce grand patron de droite de la presse française, connu pour son interventionnisme dans les journaux de son groupe, suscitait les plus vives inquiétudes au sein de la rédaction du Soir, qui craignait pour son indépendance[8]. Les «majoritaires» se résignèrent finalement à l'entrée de Hersant dans le conseil d'administration, tout en essayant de rassurer les journalistes. Jean Corvilain écrivit dans Le Soir du 2 juin 1983 : «Rappelons d'abord que M. Hersant ne devient pas actionnaire de la Société Rossel. (...) Le groupe majoritaire est bien décidé à ne conférer à M. Hersant aucune délégation ni fonction dans l'entreprise, à quelque titre que ce soit. Il est déterminé, au contraire, à faire en sorte que M. Hersant n'exerce aucune influence dans la gestion de la société et n'ait aucune prise sur la ligne du journal.»[9]. L'affaire ne faisait pourtant que commencer.
  • : la rédaction se dote d'une société des rédacteurs, l'association sans but lucratif « Société des Journalistes professionnels du Soir » (SJPS), qui a pour objet « la sauvegarde et la promotion des intérêts professionnels, moraux, intellectuels et matériels de ses membres en tant que journalistes ». Colette Braeckman en sera la première présidente; René Haquin le premier vice-président.
  • En , Robert Hersant devint malgré tout actionnaire de Rossel & Cie, en rachetant les parts du groupe «minoritaire», qui représentaient 42 % du capital. Les actionnaires «majoritaires» portèrent l'affaire devant la justice qui donna raison à Hersant le . Les «majoritaires», estimant que ce long litige était susceptible de porter préjudice au journal, conclurent avec Hersant une convention transactionnelle. Cet accord prévoyait que Hersant s'abstiendrait d'intervenir «sur la matière rédactionnelle proprement dite ni sur ce qui, directement ou indirectement, contribue à faire l'image de chacun des journaux du groupe Rossel.»[10]. Yvon Toussaint, qui avait toujours été opposé à la présence de Hersant, présenta alors sa démission du poste de rédacteur en chef.
  • En ,Bernard Marchant annonce la nomination de Daniel Van Wylick à la direction générale et Béatrice Delvaux à la rédaction en chef du Soir.
  • Fin , Le Soir confie dans une édition du week-end l'ensemble des illustrations à Philippe Geluck pour fêter les 20 ans de son personnage vedette "Le Chat". La Une, consacrée au début de la Guerre d'Irak est illustrée du Chat présentant un gateau avec 20 bougies, annonçant les 20 ans d'anniversaire. En écho en arrière plan, des soldats morts étendus répondent "Nous aussi !". Le dessin renseigne que l'idée vient de Pierre Kroll.
  •  : Le Soir, publié jusqu'alors au format belge, passe au format berlinois. Il est imprimé, désormais, chez Rossel Printing Company (RPC), à Nivelles, où le groupe a investi 60 millions d'euros.
  •  : Bernard Marchant annonce la nomination de Didier Hamann au poste de directeur-rédacteur en chef du Soir, à la suite de la démission de Béatrice Delvaux (devenue éditorialiste en chef).

Personnalités liées au journal[modifier | modifier le code]

Quelques chiffres[modifier | modifier le code]

  • Diffusion payante : 75 866 exemplaires (abonnements et ventes au numéro), au 3ème trimestre 2012 (source: Cim)
  • Lectorat : 566 700 lecteurs quotidiens en 2008-2009, selon TNS Media, ce qui en fait le quotidien francophone le plus lu, en Belgique, derrière Sud Presse.
  • Effectifs : 108 journalistes salariés (au ), dont 9 affectés au « Soir.be »
  • Aide à la presse par la communauté française en 2009 1 306 418,38 euros sur les 2 910 744,85 euros pour le groupe Rossel (source: site de la ministre Fadila Laanan)
  • Dividendes versées aux actionnaires en 2009: 3 000 000,00 euro (Source: Banque nationale)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jaumain Serge, professeur à l'Université Libre de Bruxelles, "La société et les institutions de la Belgique de 1830 à nos jours", Presses universitaires de Bruxelles.
  2. campagne de pub du Soir
  3. Jacques Hereng, Le Soir dans l'Histoire, Éditions Luc Pire, 2003, p. 9
  4. René Campé, Marthe Dumon et Jean-jacques JespersRadioscopie de la presse belge, Marabout, 1975, p. 155
  5. Cité dans : Jean Stengers, L'action du Roi en Belgique depuis 1831, Éditions Duculot, 1992, p. 121, note 2
  6. René Campé, Marthe Dumon et Jean-jacques Jespers, Radioscopie de la presse belge, Marabout, 1975, p. 155
  7. Jacques Hereng, Le Soir dans l'Histoire, Éditions Luc Pire, 2003, p. 163
  8. "Le Soir accueille Hersant à bras fermés", Jean-Pierre Thiollet, Le Quotidien de Paris, n°1098, 7 juin 1983
  9. Dossier Rossel-Hersant, dans Le Soir, 28 octobre 1989
  10. Accord Rossel-Hersant, dans Le Soir, 27 octobre 1989

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]