Violence

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La violence désigne tout comportement faisant emploi de la force afin de contraindre. La violence peut être naturelle (la violence du vent), ou humaine, physique ou verbale. La violence humaine qui est l’usage de la force, peut être légitimée en cas de légitime défense par la loi, de résistance à l'oppression par les droits de l’Homme. Elle est sinon, réservée à l’État qui s’en sert pour exécuter les décisions de justice, assurer l'ordre public ou en cas de guerre.

Sommaire

[modifier] Typologie

La violence peut être instituante et instituée. Les relations sociales évoluent dans le cadre de rapports de force généralement inégalitaires qui se traduisent par des impositions et l'établissement temporaire d'un statu quo fondé sur cette violence initiale. Karl Marx a décrit la violence qu'a représentée l'accumulation primitive. Michel Foucault a montré la violence instituée sous la forme de la répression étatique. Pour Michel Maffesoli, la violence serait consubstantielle à la dynamique de toute société qui, dès lors, se doit de la gérer. C'est pourquoi la violence est tantôt assumée institutionnellement dans le droit de mort que s'arrogent les États (guerres, exécutions capitales), tantôt ritualisée et canalisée dans la vie sociale à travers les arbitrages sociaux (syndicaux, politiques), les extases sportives ou les débordements juvénils en tous genres ;

Michel Maffesoli, à la suite de Georges Sorel, a montré la violence réactionnelle qui, d'en bas, s'oppose à la violence instituante et instituée ; Karl Marx a légitimé la violence révolutionnaire.

La violence symbolique recouvre une situation de domination légitime ou non d'une personne sur une autre, d'un groupe de personnes sur un autre, mal vécue par l'une des deux parties. Exemples : autoritarisme d'une hiérarchie d'entreprise ou d'armée, organisation politique d'un pays, vie de famille mal vécue par un membre de la famille.

La violence froide est un terme utilisé en opposition à la violence agressive. Elle consiste à contraindre directement ou par exécutants interposés, autrui à entrer et demeurer dans une situation de souffrance (par exemple : séquestration, déportation, extermination).

Elle peut être retournée contre soi-même par une personne qui décide de ne pas tenir compte de tous ses besoin dans ses actions et d'accepter des tâches qui l’écrasent.

La violence éducative est perpétrée à des fins éducatives, à ne pas confondre avec la maltraitance laissant des marques sur le corps et qui n'ont pas de but éducatif.

La violence primitive est celle qui découle d'une simple opportunité de prédation hors de toute catégorie décrite ci-dessus, qu'il s'agisse de prédation matérielle (appropriation de biens) ou narcissique (appropriation du corps d'autrui, voir ci-dessous).

La violence sexuelle est le fait d’une personne consciente d'avoir un ascendant (hiérarchique, parental, physique, psychologique) qui impose à une autre des actes sexuels non désirés ;

La domination par une personne : après avoir établi (parfois par la force) un ascendant, impose à une autre des souffrances psychiques et/ou physiques, pouvant aller jusqu'à l'assassinat ;

La violence conjugale et/ou familiale dont la maltraitance laissant des marques sur le corps, sans but éducatif : le comportement d'un conjoint ou d'un autre membre de la famille, est identifiable à l'une des violences décrites ci-dessus sur l'autre conjoint ou sur divers membres de la famille.

[modifier] Légitimation et points de vue éthiques

L'usage de la force peut être légitimé. Historiquement il l'a souvent été. La légitime défense est invoquée, quand une victime de violences se défend par la force, lorsqu'un groupe humain (ethnique, social ou religieux) est appelé à défendre ses droits ou ses convictions au nom d'une idéologie ou d'une foi, ou encore quand une armée en guerre provoque des morts violentes sous la responsabilité d'un État, dans le cadre des traités internationaux de guerre.

L'usage de la force peut ne pas être légitimé: on parle alors de "violence gratuite", qui est un acte motivé par des causes psychiques internes au belligérant. Ces causes psychiques internes sont juridiquement recevables pour une éventuelle grâce; auquel cas un traitement psychiatrique du violent devient nécessaire. Non légitimée encore quand l'acteur de la violence agit sciemment avec préméditation afin de commettre un délit : vol, kidnapping; auquel cas un traitement juridique et social du violent devient nécessaire.

Les motivations de la violence sont l'objet de vifs débats dans les champs scientifique, juridique, philosophique et politique. Dans l'approche de beaucoup de praticiens de la psychologie, de l'aide sociale ou du droit (côté défense), la plupart des personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence relèvent de la sociopathie ou d'une problématique sociale et/ou économique. D'autres approches, notamment en éthologie appliquée à l'espèce humaine, et certains chercheurs (dont Konrad Lorenz, ainsi que beaucoup de behavioristes) estiment que les personnes adoptant des comportements de prédation et/ou de violence ne le font pas forcément par manque de ressources, d'éducation, d'émotion ou d'empathie (les séducteurs et les manipulateurs n'en manquent souvent pas, soulignent-ils) mais par choix narcissique, en vertu du principe du plus grand plaisir et/ou de la plus grande facilité/rentabilité. Les points de vue les plus extrêmes (qui ressurgissent régulièrement malgré la réprobation de la communauté scientifique) vont jusqu'à affirmer que ces comportements seraient génétiquement inscrits et héréditaires. D'autres spécialistes de l'éthologie humaine, tels Boris Cyrulnik et les cognitivistes, nuancent ces points de vue et récusent tout héritage génétique de la violence.

Une partie des prescriptions religieuses visent à maintenir la paix interne, la cohésion dans la communauté, en prévenant ou en ritualisant sa violence. Les prêtres entrent en scène lorsque la violence ou le désordre menacent, soit sur le plan interne (discorde civile) soit sur le plan externe (agression ou menace extérieure). Pour apaiser le « courroux de la divinité », la réponse sera la mise en oeuvre d'une violence rituelle: le sacrifice, humain ou animal, ou le recours à la guerre extérieure. Dans les deux cas, le recours à la violence est perçu comme défensif, comme un moyen de se protéger d'une autre violence pouvant détruire la communauté. René Girard a montré que l'évolution culturelle conduisant vers les religions monothéistes à vocation universelle, s'est accompagnée d'une évolution des rites sacrificiels du concret vers l'abstrait, qui deviennent de plus en plus symboliques, sans disparaître. Le christianisme, dans certains de ses textes originels, n'abolit pas le sacrifice, mais il préconise le « sacrifice de soi » comme alternative au sacrifice de l'autre.

[modifier] Références


[modifier] Voir aussi

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Voir « violence » sur le Wiktionnaire.

[modifier] Bibliographie

  • Karl Marx, Le Capital, Livre I, Garnier-Flammarion, 1969, 8e section : "L'accumulation primitive".
  • Georges Sorel, Réflexions sur la violence, Seuil, 1990 (1re éd. : 1908).
  • Michel Foucault, Surveiller et punir, Gallimard, 1975.
  • Michel Maffesoli, Essais sur la violence, CNRS Ed., 2008, rééd.
  • Philippe Gutton, Violence et adolescence, In Press, 2002, ISBN 2-912404-87-8
  • René Girard, La violence et le sacré, Hachette Littérature, 1998, ISBN 2-01-278897-1
  • Armand Touati, Violences, Cultures en Mouvement, 2004, ISBN 2-9515924-3-4
  • Caroline More, Les violences sexuelles sur mineurs. La justice peut-elle contribuer à la reconstruction des victimes, L'Harmattan, 2006, ISBN 2-296-00966-2
  • Pierre Kammerer, Adolescents dans la violence, médiations éducatives et soins psychiques, Gallimard, 2000, ISBN 2-07-075897-4

[modifier] Liens externes

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