Meryl Streep

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Mary Louise Streep est une actrice américaine, née le à Summit (New Jersey - États-Unis). Considérée par beaucoup comme la meilleure actrice de l'ère moderne[1] et plus globalement comme l'une des meilleures actrices de tous les temps pour sa capacité à s'effacer derrière ses personnages, l'extrême justesse de son jeu, la richesse de son registre et la densité émotionnelle de ses compositions, elle a été maintes fois reconnue par ses pairs[2]. Elle est aujourd'hui l'une des comédiennes les plus honorées sur le plan mondial, comptabilisant 3 Oscars, 8 Golden Globes, 2 BAFTA et plus d'une vingtaine de nominations à différentes cérémonies de récompenses américaines et internationales. Elle est l'interprète la plus nommée de l'histoire des Oscars, hommes et femmes confondus, avec 18 sélections dont 15 pour le titre de "Meilleure actrice". Il en est de même pour les Golden Globes où elle cumule 28 nominations.

Au cinéma, à la télévision et au théâtre, elle a interprété de nombreux rôles marquants, notamment dans Kramer contre Kramer en 1979, où elle est l'ex-épouse de Dustin Hoffman, prestation pour laquelle elle obtient son premier Oscar : celui du meilleur second rôle féminin en 1980. Ses autres compositions mémorables incluent le double rôle de femme amoureuse dans La Maîtresse du lieutenant français où elle donne la réplique à Jeremy Irons, Out of Africa dans lequel elle incarne l'écrivain danoise Karen Blixen au côté de Robert Redford ou encore Le Choix de Sophie (d'après le roman éponyme de William Styron) où elle interprète une femme instable, meurtrie, et brisée par l'expérience des camps de la mort durant la Seconde Guerre mondiale, performance qui lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice en 1983.

Dans Le Mystère Silkwood, elle apparaît sous les traits d'une employée d'usine de traitement nucléaire enquêtant sur les agissements de sa direction. Pour son rôle de mère accusée d'infanticide dans Un cri dans la nuit, elle est primée à Cannes en 1989. Elle incarne également une femme au foyer désemparée par la passion qu'elle porte à un photographe solitaire dans Sur la route de Madison de et avec Clint Eastwood, ainsi que dans The Hours aux côtés de Nicole Kidman et Julianne Moore. Plus récemment, elle s'est essayée à la comédie avec Adaptation, Pas si simple, Le Diable s'habille en Prada ainsi qu'à la comédie musicale avec Mamma Mia !. En 2012, elle gagne un troisième Oscar : son second dans la catégorie "Meilleure actrice", pour son interprétation de Margaret Thatcher dans La Dame de fer.


Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et débuts[modifier | modifier le code]

Meryl Streep, photographiée par Jack Mitchell en 1976.

Mary Louise Streep naît dans le New Jersey au sein d'une famille modeste et cultivée. Son père, Harry William Streep Jr., est pharmacien et sa mère, Mary Wolf (née Wilkinson), artiste[3],[4],[5]. Elle a également deux frères, Dana et Harry[6] et ses ancêtres sont allemands, suisses et anglais[7],[8]. Du côté paternel, ses origines allemandes remontent à dix générations dans la localité de Loffenau en Pays de Bade, d'où son second grand-père, Gottfried Streeb, a émigré aux États-Unis, et où l'un de ses ancêtres a été maire. Une autre branche de la famille Streep a vécu à Giswil, petite ville de Suisse. Son ascendance maternelle d'origine anglaise, est localisée en Pennsylvanie et au Rhode Island. Streep est une lointaine parente de William Penn, fondateur de la province de Pennsylvanie, et les archives indiquent que sa famille a été parmi les premiers acheteurs de terres dans cette région[7],[9].

Élevée dans la religion presbytérienne[10],[11],[12], elle a grandi à Bernardsville, dans le New Jersey, où elle a été scolarisée à la Bernard High School[13].

En 1971, celle qui se destine originellement à une carrière de cantatrice obtient son baccalauréat en art dramatique (Bachelor of Arts ou B.A.) au Vassar College où elle reçoit brièvement l'enseignement de Jean Arthur. Elle s'inscrit aussi comme étudiante d'échange à Dartmouth College pendant un semestre avant que l'établissement scolaire ne devienne mixte. Elle obtient par la suite un Master d'arts (Mastership in Art, MFA) à la Yale School of Drama. Pendant son séjour à Yale, elle tient plusieurs rôles sur scène[14] notamment Helena dans Le Songe d'une nuit d'été de William Shakespeare et The Idiots Karamazov, comédie écrite par Christopher Durang et Albert Innaurato[15],[16].

Le doyen de Yale Repertory Theatre in New Haven, Robert Brunstein, a dit qu'il « était évident qu'elle était destinée à la grandeur[17] ».

Elle réussit à intégrer le Phoenix Repertory du théâtre de New York, et fait ses débuts au théâtre dans de grandes salles avec Trelawney of the Wells en 1975.

Une consécration rapide et une actrice respectée[modifier | modifier le code]

Des débuts remarqués et une célébrité rapide croissante[modifier | modifier le code]

Meryl Streep pendant la 61e cérémonie des Oscars le .

De 1975 à 1977, le théâtre est l'activité première de Meryl Streep. Elle s'illustre, sur les planches, dans Henry V et Mesure pour mesure, de Shakespeare et La Cerisaie d'Anton Tchekhov. Durant les représentations de Mesure pour mesure, elle rencontre son futur compagnon, l'acteur John Cazale (Fredo Corleone dans Le Parrain).

En 1976, elle commence à s'orienter vers le cinéma, en passant des auditions, notamment pour King Kong, mais c'est en 1977 qu'elle obtient son premier rôle sur grand écran dans Julia, où elle a pour partenaires Jane Fonda et Vanessa Redgrave. À cette époque, elle vit à New York avec Cazale à qui l'on diagnostique un cancer des os à un stade avancé.

En 1977, elle tourne dans Voyage au bout de l'enfer, la fresque réaliste, épique et tragique de Michael Cimino consacrée à la guerre du Viêt Nam. Elle y joue une employée de magasin dont l'un des personnages principaux (Robert De Niro) tombe amoureux. Elle accepte d'y avoir un rôle secondaire afin de rester auprès de Cazale, également acteur du film, et de prendre soin de lui durant le tournage.

Par la suite, elle incarne une aryenne mariée à un Juif dans le feuilleton télévisé Holocauste. Plus tard, elle explique avoir accepté le rôle car elle avait besoin d'argent[18]. Pour le tournage, Streep se rend en Allemagne et en Autriche, tandis que Cazale reste à New York, sa maladie progressant. À son retour, elle s'occupe de lui jusqu'à son décès qui survient en mars 1978.

Après la disparition de son compagnon, elle parle de sa souffrance et de son espoir que le travail constitue un échappatoire. Elle enchaîne avec le film La Vie privée d'un sénateur, avec Alan Alda et joue sur les planches dans la pièce de théâtre La Mégère apprivoisée de Shakespeare.

Holocauste et Voyage au bout de l'enfer connaissent un immense succès critique et public. Ils lui apportent la consécration internationale et la font connaître du grand public. Par ailleurs, le feuilleton lui vaut d'être récompensée par l'Emmy Award de la meilleure comédienne et le film de Cimino d'être nommée à l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle pour la première fois.

C'est néanmoins avec son interprétation d'épouse perdue en pleine procédure de divorce, se déchirant avec son mari (Dustin Hoffmann) pour la garde de son fils dans Kramer contre Kramer de Robert Benton, qu'elle obtient la précieuse statuette l'année suivante. En parallèle, elle apparaît dans un rôle secondaire mais remarqué de mère divorcée ayant refait sa vie avec une femme dans Manhattan de et avec Woody Allen.

Les rôles marquants et les récompenses[modifier | modifier le code]

Empreintes de l'actrice au Grauman's Chinese Theatre datant de septembre 1994.

Meryl Streep se démarque par un jeu distancié, précis et rigoureux, en opposition aux excès qui dominent aux États-Unis. Elle affectionne les rôles naturalistes et campe souvent des femmes fragiles mais battantes, malmenées par les hommes et l'existence et décidant de prendre leur vie en main ou de lutter contre les carcans sociaux. Pour chacun de ses rôles, elle cherche à éviter l'interprétation tonitruante et la dramatisation très marquée, à la manière de l'Actors Studio. Elle veut au contraire composer avec délicatesse, justesse et sobriété et souhaite s'effacer pour servir chaque personnage dans sa singularité. Sans afficher aucune technique ni aucun tic de jeu, elle soigne la diversité d'expressions, privilégie la retenue et s'appuie sur la simplicité du geste et des mimiques. Elle crée ainsi une prestation très naturelle et percutante, loin de tout cabotinage ou de l'emphase dramatique en vogue dans le cinéma américain.

Dans La Maîtresse du lieutenant français, réalisé par Karel Reisz et écrit par le Prix Nobel de littérature Harold Pinter, elle joue à la fois Sarah et Anna, deux femmes amoureuses à une époque différente. Avec Le Choix de Sophie d'Alan J. Pakula, d'après William Styron, elle campe une Juive Polonaise meurtrie par l'expérience des camps de concentration et dont un choix tragique a fait à jamais basculer l'existence. Ces deux œuvres en font la comédienne américaine la plus appréciée du moment. Le Choix de Sophie lui vaut l'Oscar de la meilleure actrice en 1983.

Éclectique et appliquée, elle renouvelle son registre en jouant des femmes simples, issues de la middle class américaine tantôt prisonnières de la banalité quotidienne, tantôt emmenées dans une intrigue particulière comme dans le Le Mystère Silkwood de Mike Nichols, d'après des faits réels. Elle y interprète Karen Silkwood, disparue dans des circonstances douteuses suite à l'enquête qu'elle mène sur les actes délictueux de la direction de l'usine de plutonium dans laquelle elle travaille. Dans Un cri dans la nuit de Fred Schepisi, inspiré de l'affaire Azaria Chamberlain, elle donne la réplique à Sam Neill et tient le rôle d'une mère accusée à tort du meurtre de son enfant. Sa prestation lui vaut de nouvelles récompenses dont le Prix d'interprétation féminine au 42e Festival de Cannes et le New York Film Critics Circle Award de la meilleure actrice.

Très populaire et en même temps admirée par l'intelligentsia, elle est, dans les années 1980, l'égérie du cinéma mondial dans tous ses courants : film commercial comme cinéma d'auteur. Elle participe alors aussi bien à des réalisations à gros budget qu'à des productions indépendantes et tant à des films de divertissement qu'à des œuvres artistiquement ambitieuses. Les plus grandes stars d'Hollywood telles que Jack Nicholson, Robert De Niro et Robert Redford se bousculent pour lui donner la réplique. De même, les plus grands studios et les cinéastes américains les plus prestigieux (Mike Nichols, Sydney Pollack etc.) se battent pour la faire tourner.

Ses deux rôles les plus connus sont ceux d'Out of Africa de Sydney Pollack (1985) où elle prête ses traits à l'auteur Karen Blixen pour relater son expérience africaine, son mariage raté avec Bror Blixen et sa relation avec Denys George Finch Hatton puis Sur la route de Madison (1995) de et avec Clint Eastwood dans lequel elle donne toute la mesure de son talent en incarnant Francesca Johnson, une femme au foyer sans histoire mais dont la vie bascule lorsqu'elle rencontre un photographe de passage dans le comté de Madison. Ces deux films sont cités comme caractéristiques de la grande retenue, le naturel déconcertant et l'intensité émotionnelle de son jeu. D'un amour malheureux pour le premier film, elle passe à un amour impossible dans le second.

Des changements de registre[modifier | modifier le code]

Meryl Streep à Saint-Pétersbourg en 2004.

Sa carrière marque un léger coup d'arrêt au milieu des années 1990 même si ses rôles dramatiques, qui la prédestinent à obtenir de nouvelles nominations aux Oscars, lui permettent de maintenir le contact avec le grand public (Simples Secrets, Sur la route de Madison, Contre-jour, La Musique de mon cœur, The Hours). C'est par ailleurs à cette époque qu'elle décide de changer de registre : Susan Seidelman avait déjà entrepris son baptême comique avec She-Devil, la diable, en 1989, puis Robert Zemeckis l'avait entraînée dans le loufoque La Mort vous va si bien en 1992. Curtis Hanson la plonge alors dans le thriller d'action avec La Rivière sauvage, en 1994. À l'aise dans la comédie, on la remarque dans Adaptation de Spike Jonze (2002) où elle interprète une brillante journaliste new yorkaise. Dans Petites Confidences (à ma psy) de Ben Younger (2005), elle joue une psychiatre et mère juive voyant son fils de 20 ans sortir avec une de ses patientes de 40 ans.

Son retour au premier plan, en 2006, est marqué de manière triomphale par deux films : The Last Show, l'ultime réalisation de Robert Altman dans laquelle elle incarne une chanteuse de musique country et Le Diable s'habille en Prada de David Frankel, adapté du best-seller de Lauren Weisberger. Au côté d'Anne Hathaway, elle y interprète la cruelle et tyrannique Miranda Priestly, rédactrice en chef du magazine de mode Runway, inspirée de la figure d'Anna Wintour à la tête du magazine Vogue.

En 2007, l'actrice la plus nommée de l'histoire des Oscars (aucun homme n'a battu ou égalé son record) fête sa 14e nomination distinguant sa prestation dans Le Diable s'habille en Prada. Cette nomination valorise ainsi un rôle comique, ce qui constitue une rareté dans les cérémonies de récompenses internationales. Elle apparaît, la même année, dans Lions et agneaux où elle retrouve son comparse Robert Redford, interprète et réalisateur du film. Elle enchaîne en 2008 avec le thriller Détention secrète dans lequel elle donne la réplique à Jake Gyllenhaal et Reese Witherspoon. Elle y tient le rôle de la machiavélique Corrine Whitman.

La même année, Streep confirme à nouveau ses talents de chanteuse en se plaçant en haut de l'affiche de la comédie musicale Mamma Mia ! qui reprend avec joie, humour et romantisme les grands tubes du groupe ABBA. Elle y côtoie notamment Pierce Brosnan, Colin Firth, Julie Walters et la jeune Amanda Seyfried. Le film est un succès commercial planétaire en dépit de critiques massivement négatives.

En 2008, elle tient le rôle d'une directrice d'école catholique aux méthodes sévères dans le drame Doute avec Amy Adams et Philip Seymour Hoffman. Son interprétation lui vaut sa 15e nomination aux Oscars et sa 12e citation dans la catégorie « Meilleure actrice », battant ainsi son propre record[19], et elle obtient en 2009 le SAG Award de la meilleure actrice pour Doute[20],[21],[22].

Toujours en 2009, elle est à l'affiche de deux films : Julie et Julia, où elle incarne la cuisinière Julia Child et donne une nouvelle fois la réplique à Amy Adams puis Pas si simple dans lequel elle interprète une femme qui retombe amoureuse de son ex-mari. Pour son interprétation dans Julie et Julia, Meryl Streep obtient le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film musical ou une comédie. Elle reçoit ensuite une 16e nomination aux Oscars : sa 13e pour l'Oscar de la meilleure actrice. Elle devient en conséquence la comédienne la plus nommée dans cette catégorie, devant Katharine Hepburn, nommée 12 fois.

En 2012, alors qu'elle bat son propre record en étant nommée pour la 17e fois, elle remporte le troisième Oscar de sa carrière pour La Dame de fer où elle interprète, métamorphosée, le rôle de l'ancien Premier Ministre britannique Margaret Thatcher. Elle égale alors le record d'Ingrid Bergman et de Jack Nicholson pour le nombre et le type de trophées obtenus (deux pour le meilleur rôle principal et un pour le meilleur second rôle).

En 2014, Meryl Streep augmente une nouvelle fois son record de nominations aux Oscars avec une 18e citation et une 15e sélection à l'Oscar de la meilleure actrice grâce à son interprétation de mère tyrannique et dépendante dans Un été à Osage County (August: Osage County) au côté de Julia Roberts.

La perfectionniste[modifier | modifier le code]

Meryl Streep recevant un diplôme honorifique à l'université Harvard (27 mai 2010).

Meryl Streep est capable de prendre n'importe quel accent. Ainsi pour Le Choix de Sophie, d'Alan J. Pakula en 1982, non seulement elle a appris l'accent polonais, mais elle a aussi appris à parler allemand. Toujours pour Le Choix de Sophie, elle effectuera le doublage du film pour la France. Et pour rester cohérente par rapport au personnage, elle le fera dans un français fortement teinté d'accent polonais.

En 1978, elle a accepté de jouer un petit rôle (celui de Linda) dans Voyage au bout de l'enfer, de Michael Cimino, pour être aux côtés de son compagnon, le comédien John Cazale, alors atteint d'un cancer des os. Dans le scénario, son rôle est secondaire, et c'est elle qui se charge de rédiger ses répliques pour donner plus d'importance à son personnage. De même pour son rôle dans Kramer contre Kramer l'année suivante, qui lui vaudra l'Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle en 1980.

Meryl Streep a dû apprendre à jouer du violon, en pratiquant six heures par jour pendant six semaines pour La Musique de mon cœur (1999).

En 1993, pour le tournage de La Rivière sauvage, la comédienne s'essaye au rafting et exécute la majeure partie de ses cascades.

Mais Meryl Streep a un autre talent : celui de chanteuse. Celle qui se destinait à être cantatrice avant de devenir comédienne a chanté dans cinq films : Le Mystère Silkwood, de Mike Nichols en 1984, Ironweed, la force du destin, d'Hector Babenco en 1987, Bons baisers d'Hollywood, de Mike Nichols en 1990, The Last Show, le dernier film de Robert Altman en 2006, et la comédie musicale Mamma Mia! en 2008.

Divers[modifier | modifier le code]

En 1976, elle passe une audition pour incarner le rôle principal du film King Kong, produit par Dino De Laurentiis, mais lors de l'audition, il lance à son fils en italien qu'elle est hideuse. Mais il a finalement très vite ravalé ses mots en s'apercevant que l'actrice comprenait l'italien[23].

En 1992, lors d'une interview pour une émission de Canal+ pour la promotion de La mort vous va si bien, la journaliste lui demande : « est-il vrai que vous auriez dû jouer dans Thelma et Louise ? », ce à quoi elle répond : « on nous en a parlé, à toutes les deux, Goldie Hawn et moi ». Alors que la journaliste lui demande pourquoi elle a refusé, la comédienne répond qu'elle ne l'a pas refusé. Mais à l'époque, elle était enceinte et n'a pas pu faire le film, car la production n'a pas voulu attendre. Avec de l'humour et à la suite de sa réponse, Meryl Streep lance à l'intervieweuse : « à mon avis parce que nous étions trop chères »[24].

Elle a également failli jouer entre autres dans Le facteur sonne toujours deux fois (le rôle fut donné à Jessica Lange), dans Minority Report (rôle finalement échu à Lois Smith), Les fous du roi (elle renonce pour cause de conflits, le rôle fut attribué à Patricia Clarkson) et The Last Station, de Michael Hoffman (remplacée par Helen Mirren).

Dans les années 1980, elle a aussi failli incarner le rôle d'Eva Perón dans Evita, sous la direction d'Oliver Stone, mais le film ne se fera pas. Il sera finalement réalisé sous la direction d'Alan Parker avec comme interprète Madonna en 1996.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle a vécu de 1976 à 1978, une histoire d'amour célèbre avec John Cazale, un acteur sicilo-américain connu grâce au rôle de Fredo, frère de Michael Corleone (incarné par Al Pacino) dans Le Parrain, et qu'elle a rencontré au théâtre. Elle accepta de jouer avec son compagnon, atteint d'un cancer des os, dans le film qui la fera connaître : Voyage au bout de l'enfer (1978). Malheureusement, Cazale décède peu de temps avant la sortie du film.

Meryl Streep est mariée depuis le au sculpteur Don Gummer. Elle est mère de quatre enfants : Henry (musicien), né en 1979, Mary Willa (devenue actrice sous le nom de Mamie Gummer), née en 1983, Grace (actrice), née en 1986 et Louisa, née en 1991. Loin du strass et des paillettes de Hollywood, Meryl Streep a su préserver sa vie familiale, conciliant ainsi son rôle de mère et sa carrière d'actrice.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Note : À noter que trois pièces, Secret Service, La Mégère Apprivoisée et Alice in Concert, ont été filmées lors d'une représentation pour être diffusés à la télévision. La seconde a été diffusée sous le titre Kiss Me, Petruchio (1981) et la troisième, sous le titre Alice at the Palace (1982).

Filmographie[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Longs-métrages[modifier | modifier le code]

Sous réserves
  • 2014 : Into The Woods : The Witch
  • 2014 : The Giver : Chief Elder

Courts-métrages[modifier | modifier le code]

Documentaires[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Téléfilms[modifier | modifier le code]

Séries télévisées[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

L'étoile de Meryl Streep sur le Walk of Fame.

Le , elle inaugure son étoile sur le trottoir du Walk of Fame, et le , elle est faite Commandeur de l'Ordre des Arts et des Lettres et récompensée le même jour du César d'honneur lors de la 28e Cérémonie des Césars. Le , lors du 62e festival du film de Berlin elle reçoit un Ours d'or d'honneur, pour l'ensemble de sa carrière.

Le , elle reçoit pour la deuxième fois l'Oscar de la meilleure actrice, (le premier pour Le Choix de Sophie), pour son rôle dans La Dame de fer.

En 2014, elle reçoit l'Icon Award du Festival international du film de Palm Springs.

Principales nominations aux Oscars, Golden Globes et aux BAFTAs :

Box-office[modifier | modifier le code]

Les films dans lesquels Meryl Streep tient un rôle majeur ont atteint les 1,6 milliard de dollars de recettes aux États-Unis et 2,7 milliards de dollars de recettes dans le monde[27]. En France, ses films ont atteint un total de 31,1 millions d'entrées, dont 27,5 dans un rôle majeur (premiers ou seconds rôles confondus)[28].

Film Budget[27] Drapeau des États-Unis États-Unis[27] Drapeau de la France France[28] Monde[27] Monde
Voyage au bout de l'enfer 15 000 000 $ 48 979 328 $ 1 932 746 entrées N/A
Manhattan N/A 39 946 780 $ 2 350 995 entrées N/A
La Vie privée d'un sénateur N/A 19 595 168 $ 27 808 entrées [29] N/A
Kramer contre Kramer N/A 106 260 000 $ 4 039 372 entrées N/A
La Maîtresse du lieutenant français N/A 26 890 068 $ 827 039 entrées N/A
La Mort aux enchères N/A 5 979 947 $ 167 783 entrées[30] N/A
Le Choix de Sophie N/A 30 036 000 $ 1 142 344 entrées N/A
Le Mystère Silkwood N/A 35 615 609 $ 287 828 entrées N/A
Falling in Love N/A 11 129 057 $ 179 211 entrées N/A
Plenty N/A 6 148 000 $ 135 712 entrées N/A
Out of Africa N/A 87 071 205 $ 4 845 876 entrées 128 499 205 $
La Brûlure N/A 25 314 189 $ 458 767 entrées N/A
Ironweed N/A 7 393 346 $ 59 764 entrées N/A
Un cri dans la nuit N/A 6 908 797 $ 91 910 entrées N/A
She-Devil, la diable N/A 15 351 421 $ 47 213 entrées N/A
Bons baisers d'Hollywood N/A 39 071 603 $ 79 065 entrées N/A
Rendez-vous au paradis N/A 16 371 128 $ N/A N/A
La mort vous va si bien 55 000 000 $ 58 422 650 $ 1 108 386 entrées 149 022 650 $
La Maison aux esprits 40 000 000 $ 6 265 311 $ 259 892 entrées N/A
La Rivière sauvage 45 000 000 $[31] 46 816 343 $ 561 852 entrées 94 216 343 $
Sur la route de Madison 24 000 000 $ 71 516 617 $ 1 457 496 entrées 182 016 617 $
Le Poids du déshonneur N/A 8 797 839 $ 28 925 entrées N/A
Simples secrets 23 000 000 $[31] 12 803 305 $ 499 021 entrées N/A
Contre-jour 30 000 000 $[31] 23 245 840 $ 26 728 entrées 26 616 840 $
Les Moissons d'Irlande N/A 2 287 818 $ N/A N/A
La Musique de mon cœur 27 000 000 $ 14 859 394 $ 24 278 entrées N/A
Adaptation 19 000 000 $ 22 498 520 $ 93 818 entrées 32 801 173 $
The Hours 25 000 000 $ 41 675 994 $ 995 863 entrées 108 846 072 $
Un crime dans la tête 80 000 000 $ 65 955 630 $ 349 462 entrées 96 105 964 $
Les Désastreuses aventures
des orphelins Baudelaire
140 000 000 $ 118 634 549 $ 653 185 entrées 209 073 645 $
Petites confidences (à ma psy) 20 000 000 $ 22 827 153 $ 802 920 entrées 67 937 494 $
The Last Show N/A 20 342 852 $ 176 264 entrées 25 978 442 $
Le diable s'habille en Prada 35 000 000 $ 124 740 460 $ 2 177 476 entrées 326 551 094 $
Lucas fourmi malgré lui 50 000 000 $ 28 142 535 $ 423 302 entrées 55 181 129 $
Le temps d'un été N/A 12 492 481 $ N/A 20 016 753 $
Détention secrète 27 500 000 $[31] 9 736 045 $ 120 523 entrées 27 038 732 $
Lions et agneaux 35 000 000 $ 15 002 854 $ 318 970 entrées 63 215 872 $
Dark Matter N/A 30 591 $ N/A 66 375 $
Mamma Mia! 52 000 000 $ 144 130 063 $ 1 554 066 entrées 609 841 637 $
Doute 20 000 000 $ 33 446 470 $ 126 118 entrées 50 907 234 $
Julie et Julia 40 000 000 $ 94 125 426 $ 203 014 entrées 129 540 499 $
Fantastic Mr. Fox 40 000 000 $ 21 002 919 $ 357 881 entrées 46 471 023 $
Pas si simple 85 000 000 $ 112 735 375 $ 689 595 entrées 219 103 655 $
La Dame de fer 13 000 000 $[32] 30 004 924 $ 589 345 entrées 114 943 631 $

Voix françaises[modifier | modifier le code]

En France, Frédérique Tirmont est la voix française régulière de Meryl Streep depuis 1992. Elle a été également doublée à plusieurs reprises par Évelyne Séléna.

Au Québec, Marie-Andrée Corneille est la voix française régulière de l'actrice.

En France[modifier | modifier le code]

et aussi :

Au Québec[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Constantine Santas, Responding to Film, Rowman & Littlefield,‎ 2002 (ISBN 0830415807)
  2. Meryl Streep sur l'encyclopédie Larousse.
  3. (en) Robert Battle, « Meryl Streep », Ancestry.com (consulté en 2009-01-16)
  4. (en) « Meryl Streep Biography (1949–) », Film Reference.com (consulté en 2009-01-16)
  5. ASSOCIATED PRESS, « Artist Mary W. Streep, mother of actress Meryl, dies at 86 », The Star-Ledger,‎ 3 oct. 2001 (lire en ligne)
  6. (en) « Meryl Streep Biography », Yahoo! Movies
  7. a et b « Meryl Streep », Faces of America,‎ 2010 (consulté le 5 fév. 2010)
  8. Joi-Marie McKenzie, « Henry Louis Gates Says He Broke Meryl Streep's Heart », Niteside,‎ 4 fév. 2010 (consulté le 4 fév. 2010)
  9. "Faces of America: Meryl Streep", PBS, Faces of America series, with Professor Henry Louis Gates, Jr., 2010
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