Universal Pictures

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne la société de production et distribution de film. Pour les parcs à thèmes, voir Universal Parks & Resorts. Pour les homonymies, voir Universal.

Universal Pictures est une société de production cinématographique américaine appartenant à Comcast via sa filiale NBCUniversal et Universal Studios. Créée en 1912 par Carl Laemmle, c'est le plus ancien studio de cinéma américain encore en activité[1] et le quatrième plus ancien au monde, après Gaumont, Pathé et Nordisk Films[2]. C'est un des six plus gros studios de cinéma.

Son siège social se situe à Universal City, au nord d'Hollywood, en Californie. Trois des films d'Universal Studios - Les Dents de la mer (1975), E.T. (1982), et Jurassic Park (1993) - furent des records au box-office, chacun d'entre eux devenant le plus gros film jamais produit au moment de sa sortie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation du studio[modifier | modifier le code]

Le studio de production-distribution Universal Pictures est fondé par Carl Laemmle le 30 avril 1912 à New York aux États-Unis, par la fusion de plusieurs sociétés : - l'Independent Moving Picture Company, - la New York Motion Picture Company (de Charles Baumann, Adam Kessel et Fred Balshofer)[3], - la Rex Motion Picture Manufacturing Company (de William Swanson), - la Powers Motion Picture (de Pat Powers), - la Champion (de Mark Dintenfass), et quelques autres[4],[5]. Puis le 20 mai 1912, David Horsley avec Nestor Studios et Mark Dintenfass avec Champion rejoignent la société[4],[5]. Ces entreprises se regroupent afin de s'opposer au monopole de la Motion Picture Patents Company qui demande une redevance à quiconque exerce une activité cinématographique[4]. La même année, la justice américaine reconnaît le caractère anticoncurrentiel et illégal de la Motion Picture Patents Company[4].

Charles Baumann de la New York Motion Picture Company est nommé temporaire président du studio, et Carl Laemmle de la Independent Moving Pictures Company trésorier[6],[5],[3]. Cependant dès juin 1912, la New York Motion Picture décide de se retirer d'Universal et veut récupérer son capital de 500 000 dollars d'actions et d'obligations[3]. Les autres membres de la participation sont furieux[3]. Baumann, Kessel et Balshofer tentent de renégocier l'accord initial selon lequel les studios renoncés à leur capital au profit de la nouvelle société mère Universal[3]. Power souhaite que la compagnie reste dans l'union et tente d'en prendre le contrôle[3].

Laemmle devient président en juillet 1914 et Robert Cochrane, vice-président[6],[5]. Basé depuis le début sur la côte Est des États-Unis, Laemmle décide d'acquérir Providencia Ranch dans la vallée de San Fernando sur la côte Ouest[5]. Moins de deux ans après l'acquisition du Ranch, Laemmle décide de centraliser les activités de l'entreprise sur la côte Ouest et mandate Isadore Bernstein pour l'acquisition de plus de terrain[5]. En mars 1914, Berstein choisit un terrain de 230 acres (93,08 ha) pour 165 000 dollars[5]. Ce lieu devient Universal City[5].

Universal City[modifier | modifier le code]

Dès 1915, Carl Laemmle permet à des visiteurs d'entrer dans les studios.

Difficultés financières et retrait de Carl Laemmle Jr.[modifier | modifier le code]

Son fils Carl Laemmle Jr. prend la direction du studio en 1929. C'est sous sa direction que le studio de cinéma hollywoodien produit des classiques du cinéma d'horreur tels que Frankenstein (1931), Dracula (1931) et Le Loup-garou (1941).

Malgré les succès publics des films impulsés par Laemmle Jr., les difficultés financières rattrapent le studio au milieu des années 1930[7]. Laemmle Jr. fait appel à un apport financier auprès de Charles R. Rodgers, compagnon de poker de Laemmle Jr.[7]. En 1936, Universal passe sous contrôle de son créancier, une société spécialisé dans les prêts aux entreprises, la Standard Capital Company de J. Cheever Cowdin[7]. Alors que la famille Laemmle ne possède plus Universal, le studio est dirigé par Robert Cochrane et les productions sont menées par Rogers[7].

Universal-International[modifier | modifier le code]

En 1946, Universal fusionne avec International Pictures, la société produit des films sous le nom d'Universal-International. Elle fut rachetée ensuite par Decca Records en 1952, puis par MCA en 1962. La firme commença à prospérer sous la direction de Lew Wasserman (en) et se lança dans la production de programmes pour la télévision. Revue Studios, filiale de MCA, était alors une des principales sociétés de télévisions américaines et produisait des séries à succès comme Leave It to Beaver, Alfred Hitchcock présente et La Grande Caravane. Revue Studios fut rebaptisé Universal Television et se spécialisa dans la production des séries policières ou d'action telles que Dragnet, Columbo, Baretta, K 2000, Code Quantum et New York, police judiciaire.

En 1970, Universal Pictures et Paramount Pictures s'allient pour créer Cinema International Corporation (CIC) afin de distribuer à l'international les films des deux studios. CIC est devenue United International Pictures en 1981, lorsque Metro-Goldwyn-Mayer rejoint l'alliance.

Le 15 juillet 1964, le studio Universal est en partie transformé en parc d'attractions, les Universal Studios Hollywood. En 1988, le projet d'un second parc en Floride fut annoncé, les Universal Studios Florida. Dans les années 1990, époque des grandes fusions dans les domaines des médias, Wasserman tenta de lier une alliance avec Matsushita Electric pour 6,6 milliards de dollars (la société mère, entre autres, de Panasonic). L'apport d'argent permit à la firme de garder son indépendance mais les managers japonais et américains des deux sociétés ne parvinrent jamais à réellement s'entendre. Matsushita se désengagea finalement de MCA en 1995 au profit du groupe Seagram.

Seagram se lança alors dans une courses aux acquisitions pour construire un conglomérat de médias autour de Universal. En 1996, les activités cinématographiques et musicales d'Universal Pictures sont séparées en deux entités : Universal Studios pour les films et la télévision, et Universal Music Group (UMG) pour la musique[8],[9]. Le marché ne partageant pas l'optimisme des dirigeants de Seagram, le cours de la société ne décolla jamais. Universal Television fut revendu à USA Network et rebaptisé Studios USA.

Fusion et séparation du groupe Vivendi (2000-2004)[modifier | modifier le code]

En juin 2000, Seagram fusionna avec le groupe français Vivendi. À cette occasion, Universal fut regroupé avec Vivendi Communication, comprenant Cegetel, Havas, et le groupe Canal+ pour former Vivendi Universal. Universal Studios fut intégré au sein de Vivendi Universal Entertainment, qui regroupait les activités cinéma, télévision et parcs d'attractions de Vivendi Universal (et plus précisément dans la filiale Universal Pictures Group). Universal Studios fut alors associé à Studio Canal, la société de production cinématographique dépendante de Canal+. Les deux entreprises ont coproduit quelques films, notamment Love Actually[10]. En 2002, Universal absorba USA Network et rétablit le nom de Universal Television.

Cependant, le groupe Vivendi est rapidement en proie à de graves problèmes financiers, et les studios Universal ainsi que l'ensemble de Universal Pictures Group hérité de Seagram est revendu en mai 2004 à General Electric et intégré au nouveau conglomérat de médias NBC Universal. De l'ensemble des activités Universal dont il a hérité, Vivendi est resté propriétaire uniquement de Universal Music Group[11].

Vers l'été 2012, Universal se met en logo HD pour fêter ses 100 ans.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Poor's Manual of Industrials, Volume 7,‎ 1916 (lire en ligne)
  2. (en) Richard Abel, The ciné goes to town French cinema, 1896-1914, Berkeley, University of California Press,‎ 1998 (ISBN 0520079361), p. 10
  3. a, b, c, d, e et f Dick 1997, p. 35
  4. a, b, c et d Rauger 2012, p. 10-18
  5. a, b, c, d, e, f, g et h (en) « About Us : Universal Studios », sur filmmakersdestination.com (consulté le 9 août 2013)
  6. a et b Rauger 2012, p. 23-25
  7. a, b, c et d Rauger 2012, p. 13
  8. (fr) Aymeric Pichevin, Le disque à l'heure d'Internet : l'industrie de la musique et les nouvelles technologies de diffusion, L'Harmattan, Paris, 1997, p.61 (OCLC 38836508)
  9. (en) « Histoire du groupe Universal Music », UMG
  10. (en)Boxofficemojo.com
  11. Vivendi Universal 2 ans après la déblacle, sur Acrimed

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-François Rauger, Universal, 100 ans de cinéma, Paris, La Martinière,‎ octobre 2012, 1e éd., 280 p. (ISBN 978-2-7324-5392-7)
  • (en) Bernard F. Dick, City of Dreams : The Making and Remaking of Universal Pictures, University Press of Kentucky,‎ 1997, 249 p. (ISBN 978-0-8131-7004-6, résumé)

Lien externe[modifier | modifier le code]