Road movie
Le terme road movie désigne un genre cinématographique qui signifie littéralement un « film sur la route ». Un périple routier est le fil conducteur du scénario, tout au long du film.
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Histoire [modifier]
Le terme de road movie apparaît dans les années 1960 aux États-Unis avec la sortie d'Easy Rider de Dennis Hopper en 1969[1],[2].
Néanmoins Bernard Bénoliel et Jean-Baptiste Thoret considèrent que le road-movie s'inscrit dans une histoire beaucoup plus ancienne et assimilent Le Magicien d'Oz (1939) et Les Raisins de la colère (1940) à des road movies[2],[3].
Pierrot le fou (1965) de Jean-Luc Godard est aussi considéré comme un précurseur du genre[4].
Caractéristiques [modifier]
En général, le road-movie montre deux compères qui quittent la ville et prennent la route en voiture, pour s'enfuir vers une destination mythique ou inconnue[1].
Analyse [modifier]
Walter Moser[5] rappelle que le cinéma est apparu – comme l'automobile – à la fin du XIXe siècle. Pour lui, l'automobile est l'outil qui permet la mobilité individuelle, tandis que le cinéma est le média qui permet de représenter la mobilité du monde moderne[1].
L'usage de l'automobile, symbole de liberté individuelle, a été très vite contrôlé et réglementé par l’État. Pour Walter Moser, le road movie a pour fonction de réaffirmer le rôle de l'automobile comme pur moyen de mobilité individuelle et comme symbole de liberté[1].
L'accès à un paysage sauvage, loin de la ville, est un des éléments importants du road movie, mais l'accès à la nature se fait à travers un produit industriel (la voiture) et une infrastructure lourde (la route)[1]. De même, le personnage qui fuit la modernité (la ville), le fait à l'aide d'une voiture, symbole de la modernité[1].
Principaux road-movies [modifier]
- 1934 : New York-Miami (It happened one night) de Frank Capra, États-Unis[2]
- 1940 : Les Raisins de la colère (Grapes of Wrath) de John Ford, États-Unis[2]
- 1942 : Les Voyages de Sullivan (Sullivan's travels) de Preston Sturges, États-Unis[2]
- 1957 : Les Fraises sauvages (Smultronstället) de Ingmar Bergman, Suède
- 1962 : Le Fanfaron (Il Sorpasso) de Dino Risi, Italie
- 1965 : Pierrot le fou de Jean-Luc Godard, film franco-italien[4]
- 1965 : Le Corniaud de Gérard Oury, film français
- 1967 : Bonnie et Clyde (titre original : Bonnie and Clyde) de Arthur Penn, États-Unis[1]
- 1969 : Easy Rider de Dennis Hopper, États-Unis[2].
- 1970 : Zabriskie Point[6], de Michelangelo Antonioni, États-Unis
- 1971 : Duel de Steven Spielberg, États-Unis[2]
- 1971 : Point limite zéro (Vanishing Point) de Richard Sarafian, États-Unis[2]
- 1971 : Macadam à deux voies (Two-Lane Blacktop) de Monte Hellman, États-Unis[2]
- 1971 : Trafic de Jacques Tati, film franco-italien
- 1973 : L'Épouvantail (Scarecrow) de Jerry Schatzberg, États-Unis[2]
- 1973 : Electra Glide in Blue de James William Guercio, États-Unis[2]
- 1974 : Alice dans les villes (Alice in den Städten) de Wim Wenders, Allemagne
- 1974 : Les Valseuses de Bertrand Blier, France
- 1984 : Paris, Texas de Wim Wenders, Allemagne-France-Royaume-Uni-États-Unis
- 1989 : Route One/USA de Robert Kramer, États-Unis[2]
- 1991 : Thelma & Louise de Ridley Scott, États-Unis
- 1991 : Jusqu'au bout du monde (Bis ans Ende der Welt) de Wim Wenders "the Ultimate Road Movie" , film franco-germano-australien
- 1993 : Un monde parfait (A Perfect World) de Clint Eastwood, États-Unis[2]
- 1994 : Priscilla, folle du désert de Stephan Elliott, Australie
- 1995 : Dead Man de Jim Jarmusch, États-Unis[2]
- 1999 : Une histoire vraie de David Lynch, États-Unis[2]
- 2002 : Monsieur Schmidt (About Schmidt) de Alexander Payne, États-Unis
- 2004 : Carnets de voyage de Walter Salles, Argentine
- 2004 : Le grand voyage de Ismael Ferrhouki, France et Maroc
- 2005 : Transamerica de Duncan Tucker, États-Unis
- 2005 : Eden à l'ouest de Costa-Gavras, France, Italie, Grèce
- 2005 : Papa de Maurice Barthélemy, France
- 2006 : Little Miss Sunshine de Jonathan Dayton et Valerie Faris, États-Unis
- 2007 : Into the Wild de Sean Penn, États-Unis
- 2010 : Date Limite de Todd Phillips, États-Unis
- 2011 : Paul de Greg Mottola, États-Unis
- 2012 : 10 jours en or de Nicolas Brossette, France
- 2012 : Radiostars de Romain Levy, France
- 2012 : Sur la route de Walter Salles, Argentine
Notes et références [modifier]
- Walter Moser, « Présentation. Le road movie : un genre issu d’une constellation moderne de locomotion et de médiamotion », Cinémas : revue d'études cinématographiques / Cinémas: Journal of Film Studies, vol. 18, no 2-3, 2008, p. 7-30 [texte intégral (page consultée le 19/10/2011)]
- (en) Bruno Icher, « Du goudron et deux plumes », Libération, 30 novembre 2011 [texte intégral (page consultée le 21 décembre 2011)]
- Bénoliel et Thoret 2011
- Olivier Père, « Pierrot le fou », Les Inrockuptibles, 30 juin 2001 [texte intégral (page consultée le 23 février 2012)]
- Professeur associé au département de langues et littératures modernes de l’Université d'Ottawa.
- Serge Kaganski, « Le road movie, un genre toujours en mouvement », Les Inrockuptibles, 10 novembre 2011 [texte intégral (page consultée le 21 décembre 2011)]
Bibliographie [modifier]
- Bernard Bénoliel et Jean-Baptiste Thoret, Road Movie, Usa, Hoëbeke, 2011, 239 p. (ISBN 2842304128)
- Walter Moser (sous la direction de), Le road movie interculturel, Cinémas : revue d'études cinématographiques / Cinémas: Journal of Film Studies, Volume 18, numéro 2-3, printemps 2008, p. 7-250, lire en ligne
- Jean-Baptiste Thoret, Le cinéma américain des années 1970, Cahiers du Cinéma (collection Essais), 2006, 395 p. (ISBN 2-86642-404-2)
- Programme du 28e Festival international du film de La Rochelle (2000), avec une section « Nuit blanche sur la route »