Christine Gouze-Rénal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Gouze.

Christine Gouze-Rénal

Nom de naissance Madeleine Gouze
Naissance 30 décembre 1914
Mouchard
Décès 25 octobre 2002 (à 87 ans)
Paris
Nationalité Française
Pays de résidence Drapeau : France
Profession Productrice
Conjoint
Famille

Christine Gouze-Rénal, née à Mouchard le 30 décembre 1914 et morte à Paris le 25 octobre 2002, est une productrice française.

Elle est la première femme française à s'aventurer dans la production de films pour le cinéma, dès les années 1950, et pour la télévision à partir des années 1970.

De son vrai nom Madeleine Gouze, elle est la fille aînée d'un couple d'enseignants, membres de la Résistance pendant l'Occupation allemande. Après avoir obtenu une licence d'histoire de l'art, elle entre au conservatoire de musique de Paris. Lorsqu'éclate la Seconde Guerre mondiale, elle travaille au ministère du Travail et devient ensuite la secrétaire particulière de Louis-Émile Galey, directeur de l'Office du cinéma. Elle mène, parallèlement, une activité clandestine dans la Résistance. À la fin de la guerre, elle devient chef du secrétariat particulier d'Henri Frenay et François Mitterrand (son beau-frère depuis qu'en 1944 il a épousé sa sœur cadette Danielle Gouze, connue plus tard comme la Première dame de France Danielle Mitterrand) avant de devenir chargée de mission en Amérique latine. Elle a été aussi codirectrice de l'Institut des hautes études cinématographiques, fondé en 1943 par Marcel L'Herbier.

À son retour au début des années 1950, elle abandonne sa carrière administrative et se consacre au cinéma. En 1956, elle fonde sa société de production, Progefi. Elle produit des films de Brigitte Bardot (La mariée est trop belle, Vie privée, La Femme et le Pantin...). Elle travaille avec de nombreux réalisateurs, tels que Jean Valère (La Sentence), Henri Verneuil (L'Affaire d'une nuit), Jean Delannoy (Les Amitiés particulières), Claude Chabrol (Le Tigre aime la chair fraîche, Le Tigre se parfume à la dynamite), Édouard Molinaro (Les Aveux les plus doux, L'ironie du sort), Roger Hanin (Le Protecteur, La Rumba, Train d'enfer), Jacques Demy (Une chambre en ville). Elle produit, tout au long de sa carrière, une cinquantaine de films au cinéma.

À partir des années 1970, elle commence à coproduire pour la télévision. Comme elle l'a fait pour ses films, elle joue la carte de la qualité et amène sur le petit écran des réalisateurs comme Claude Chabrol ou Édouard Molinaro. Elle adapte les œuvres de Colette avec la série des Claudine (Claudine en ménage et Claudine s'en va), Émile Zola, Stendhal, Maupassant, Balzac, Zweig, Sagan... Son travail de production à la télévision part du constat qu'au début des années 1970, « 70 % des spectateurs restent devant le petit écran pour voir des films » et qu'« à moins de 500 000 entrées en salles, on ne peut pas couvrir les frais ». Elle produit aussi en 1979 une série remarquée de treize épisodes signés, entre autres, Claude Chabrol et Claude Lallemand, consacrée à des portraits de grands musiciens (Monsieur Rachmaninov, Monsieur Saint-Saëns, Monsieur Liszt...).

La qualité de son travail lui vaut de recevoir, en 1985, un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière placée sous le signe de la défense et de la promotion des films au cinéma et à la télévision. En tant que première femme productrice française, elle était surnommée « Madame le producteur », au masculin, pour mieux revendiquer sa place.

Elle fut une des rares productrices à avoir « marié » le cinéma et la télévision, comme le montre le succès de la Confusion des sentiments de Stefan Zweig, diffusé en 1979 (12 millions de téléspectateurs), avant d'aller sur les écrans des salles de cinéma.

Elle fut membre du jury du Festival de Cannes en 1970 et en 1989. Elle est un des membres fondateurs de la société Unifrance.

Elle fut l'épouse de Roger Hanin (1958), dont elle produisit plusieurs films.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]