Jean Marais

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Jean Marais

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Jean Marais (1947) par Carl van Vechten.

Nom de naissance Jean Alfred Villain-Marais
Naissance 11 décembre 1913
Cherbourg, France
Nationalité France Française
Décès 8 novembre 1998 (à 84 ans)
Cannes, France
Profession Acteur
Films notables Carmen
La Belle et la Bête
Le Comte de Monte Cristo
Le Bossu
Le Capitan
Le Capitaine Fracasse
Trilogie Fantômas

Jean Alfred Villain-Marais, dit Jean Marais, est un acteur français, né le 11 décembre 1913 à Cherbourg, mort le 8 novembre 1998 à Cannes ; il est également metteur en scène, écrivain, peintre, sculpteur, potier et cascadeur. En 1993, Jean Marais reçoit un César d'honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Signature.

Enfance[modifier | modifier le code]

Quand Jean Marais a quatre ans, sa mère alsacienne décide de partir pour Paris avec ses deux fils. Ils vivent jusque-là à Cherbourg avec son frère et son père vétérinaire dont sa mère a décidé de se séparer. Elle est souvent absente. Le petit Jean lui écrit des lettres mais c'est sa tante qui inscrit l'adresse sur l'enveloppe. Il comprend plus tard que c'est parce que sa mère, kleptomane, effectue des séjours en prison. Il est élève au lycée Condorcet. Jean Marais ne reverra son père que près de quarante ans plus tard, sans être sûr que ce soit bien lui.

Il a un fils adoptif, Serge. Dans l'émission L'Invité du jeudi présentée par Alain Cances diffusée le 26 avril 1979 sur Antenne 2, Jean Marais conteste cette information et annonce qu'il a reconnu cet enfant[1].

Débuts[modifier | modifier le code]

Il commence comme figurant en 1933 dans les films de Marcel L'Herbier qui ne lui donnait jamais sa chance. En 1937, il échoue au concours d'entrée au Conservatoire et étudie chez Charles Dullin, au théâtre de l'Atelier. Il y découvre les pièces classiques, où il tient des rôles de figuration qui lui permettent de financer ses cours.

Jean Cocteau[modifier | modifier le code]

Sa rencontre avec Jean Cocteau en 1937, lors d'une audition pour la mise en scène de sa réécriture d'Œdipe Roi, marque le véritable lancement de sa carrière. Le cinéaste et dramaturge tombe amoureux du jeune acteur, qui est son amant, puis son ami jusqu'à sa mort en 1963. Cocteau donne à Jean Marais un rôle muet dans Œdipe Roi : Jean Marais y joue le rôle du Chœur. Dans cette pièce Marais apparaît vêtu de bandelettes, costume créé par Coco Chanel, amie de Cocteau. Son rôle est muet car Marais ne maîtrise pas encore assez sa voix pour le théâtre, la cigarette l'aide à la transformer. Cocteau lui écrit rapidement une pièce sur mesure : Les Parents terribles (1938), qui lui donne la reconnaissance de la profession.

1942 le voit aux côtés de Viviane Romance dans l'adaptation par Christian-Jaque de Carmen.

En 1943, il joue un Tristan moderne dans L'Éternel Retour de Jean Delannoy. Il a une vive altercation avec le critique artistique Alain Laubreaux, du journal collaborationniste Je suis partout, qui l'a qualifié de "L'homme au Cocteau entre les dents" (cette altercation a d'ailleurs été reprise dans Le Dernier Métro de François Truffaut) et affirme qu'il ne doit son statut qu'aux hautes relations de Cocteau. Il devient l'idole de sa génération.

En 1944, il monte Renaud et Armide, mais la pièce est victime d'une cabale, semble-t-il menée par les collaborationnistes, et s'arrête très vite. Marais gagne encore en popularité et devient un symbole de résistance à l'occupant.

Après la libération de Paris, en août 1944, Jean Marais s'engage dans l'armée française et rejoint la 2e DB du général Leclerc.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Cocteau écrit pour lui La Belle et la Bête, un film très difficile à tourner, et auquel personne ne croit. Marais entre alors dans la légende. En 1946, il joue dans la pièce L'Aigle à deux têtes de Cocteau, puis en 1949, dans l'un des plus célèbres films de Jean Cocteau, Orphée.

À la fin des années 1940, il entre à la Comédie-Française. Il y est à la fois comédien, metteur en scène et décorateur. C'est la première fois qu'une telle fonction est donnée à un aussi jeune comédien (il a moins de 40 ans). Marais quitte la Comédie Française après une altercation avec le directeur.

Il tourne auprès des plus grandes vedettes féminines : Les Chouans avec Madeleine Robinson, Ruy Blas avec Danielle Darrieux, Aux yeux du souvenir où il retrouva Jean Delannoy avec Michèle Morgan.

Changement de registre[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, il s'éloigne de Cocteau.

Il tourne pour de grands cinéastes dont Luchino Visconti, Jean Renoir, Sacha Guitry.

1954 est l'année de son plus grand succès en salle avec Le Comte de Monte Cristo seconde adaptation par Robert Vernay du roman d'Alexandre Dumas.

Il partage en 1956 avec Ingrid Bergman la vedette d'Elena et les Hommes de Jean Renoir.

Luchino Visconti l'engage en 1957 pour Nuits blanches.

En 1959, il tourne une dernière fois avec Jean Cocteau, Le Testament d'Orphée dans lequel il joue Œdipe. Marais quitte Cocteau pour un danseur. Jean Cocteau décède en 1963.

En 1959, André Hunebelle lui propose de tourner Le Bossu avec Bourvil. C'est le début d'une nouvelle carrière. Il est déjà populaire, ces films moins intellectuels que les précédents lui amenent un nouveau public.
Il tourne Le Capitan toujours avec Bourvil et André Hunebelle puis une série de films de cape et d'épée comme Le Capitaine Fracasse de Pierre Gaspard-Huit en 1961 ou encore Le Masque de Fer d'Henri Decoin en 1962.

Il connaît un nouveau succès avec la série des Fantômas (1964-1966) dans lesquels il joue le double rôle du journaliste Fandor et de Fantômas. Il y effectue ses propres cascades. Mais bien que le public afflue dans les salles et que le nombre d'entrées s'envole, Marais estime que ces films n'ont pas le prestige des précédents. De plus, après avoir dû partager la vedette avec Bourvil, le voilà désormais presque relégué au rang de premier second rôle par Louis de Funès, qui interprète le rôle du commissaire Juve. Il décide alors que le cinéma est fini pour lui, il se retire au théâtre.

En 1970, Jacques Demy lui offre son dernier grand rôle dans Peau d'âne dans lequel il donne la réplique à Catherine Deneuve.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Jean Marais en 1993, à la 18e cérémonie des César.

En 1973, il retrouve le succès pour sa dernière collaboration avec André Hunebelle dans Joseph Balsamo. En tout, il tourne huit fois sous la direction d'André Hunebelle. Il apparait dans Italiques pour parler de Cocteau - Moretti, l'âge du verseau de Louis Nucera[2].

Jean Marais se retire dans les Alpes-Maritimes, d'abord à Cabris où il passe une quinzaine d'années (un boulevard de la commune près de la maison qu'il habita porte son nom) puis à Vallauris où il pratique la poterie, la sculpture et le théâtre. Il y ouvre un magasin et même une galerie d'art grâce à un couple d'amis potiers.

Vers 1980, il monte le spectacle Cocteau Marais et devient le gardien de l'œuvre de Cocteau, sans en avoir légalement les droits.

En 1988, il enregistre la chanson On oublie rien, de François Valéry et Gilbert Sinoué, chez Franceval.

Au cours des années 1980, il joue au théâtre (Don Diègue dans Le Cid, Le Roi Lear, Les Monstres sacrés) et quelques rôles au cinéma (dans Parking de Jacques Demy et dans Les Misérables du XXe siècle de Claude Lelouch). Il joue son dernier rôle au cinéma dans Beauté volée de Bernardo Bertolucci en 1995, et au théâtre en 1997, celui du berger Balthazar dans L'Arlésienne, aux Folies Bergère.

Dans une interview donnée à Bernard Pivot, Jean Marais précise n'avoir jamais fait de figuration dans Drôle de drame et avoir été remplacé à la dernière minute.

Il écrit quelques livres dont ses Mémoires, L'Inconcevable Jean Cocteau, des contes et des poèmes.

Comme sculpteur, il réalise, entre autres, une évocation du Passe-murailles qui est installée à Montmartre devant la maison où habitait Marcel Aymé, auteur de la nouvelle éponyme.

Jean Marais meurt à Cannes le 8 novembre 1998. Il est enterré dans le petit cimetière de Vallauris, la ville des potiers, où il a passé les dernières années de sa vie.

Postérité[modifier | modifier le code]

À Montmartre, près de la basilique du Sacré-Cœur, une place Jean-Marais est inaugurée le 26 avril 2008. Une exposition « L'éternel retour » lui est consacrée à Montmartre pour les dix ans de sa mort.

Rue Norvins à Montmartre se trouve une sculpture de Jean Marais en hommage au Passe-muraille de Marcel Aymé.

Jean Marais reste l'un des rares acteurs à n'avoir jamais caché son homosexualité. Dans ses films, il est aussi l'un des rares, avec Jean-Paul Belmondo, à avoir presque toujours exécuté lui-même ses propres cascades.

Filmographie complète[modifier | modifier le code]

1933 - 1937[modifier | modifier le code]

1941 - 1949[modifier | modifier le code]

1950 - 1959[modifier | modifier le code]

1960 - 1970[modifier | modifier le code]

1975 - 1999[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Comédien[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Voxographie[modifier | modifier le code]

David et Goliath, Disque le petit ménestrel, 1968.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Yvan Foucart : Dictionnaire des comédiens français disparus, Mormoiron : Éditions cinéma, 2008, 1185 p. (ISBN 978-2-9531-1390-7)
  • Arnaud Lerch, Article "Jean Marais", in : Didier Eribon (dir.), Dictionnaire des cultures gays et lesbiennes, éd. Larousse, Paris, 2003
  • Hommage à Jean Marais, héros romantique d'aujourd'hui, sous la direction de Daniel Marchesseau, cat. exp. Musée de la Vie romantique, Paris, 1999
  • Christian Soleil, Jean Marais, La Voix brisée, éditions Actes Graphiques, Saint-Etienne, 1999
  • Bertrand Meyer-Stabley, Cocteau-Marais, les amants terribles, Éditions Pygmalion, Paris, 2009
  • Christian Soleil, Jean Marais, Le Dernier héros, éditions Edilivre, Paris, 2014

Box-office France[modifier | modifier le code]

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Contes
  • Histoires de ma vie
  • L"inconcevable Jean Cocteau

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Photo de Serge Villain-Marais
  2. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, le 28 septembre 1973.
  3. inamediapro site de l'INA, consulté le 19 février 2010

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Liens externes[modifier | modifier le code]