Georges Cravenne

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Georges Cravenne en compagnie de Sigourney Weaver et d'Alain Delon à la 25e cérémonie des César en 2000.

Georges Cravenne, Joseph Raoul Cohen de son nom d'état-civil, est un publicitaire et producteur de cinéma français, né le 24 janvier 1914 à Kairouan (Protectorat français de Tunisie), mort le 10 janvier 2009 à Paris. Il est le créateur des César du cinéma, des Molières du théâtre et des 7 d'or de la télévision.

Biographie[modifier | modifier le code]

D'abord simple clapman sur le tournage d'un film de Fernandel en 1934[1], Georges Cravenne débute une carrière dans le journalisme en 1935, comme critique à la revue Cinémagazine[2] dirigée par Marcel Carné, puis en créant et dirigeant la rubrique cinéma du quotidien Paris-Soir. Il participe alors, en 1937, à la création du Prix Louis-Delluc[3]. Parvenant à échapper à la Gestapo durant ses années de Résistance, il participe à la réouverture du Lido en 1946 et écrit pour L'Intransigeant en 1947[1].

Pionnier français des relations publiques, il ouvre son agence en 1948 et devient l'attaché de presse des grands réalisateurs et acteurs français tels que Jean Renoir, Max Ophüls, Henri-Georges Clouzot, Gérard Oury, Brigitte Bardot[4], et des grands films français des décennies 1950 à 1970[3] mais aussi du Parrain. Il célèbre la sortie des films par de grandes fêtes qui réunissent le Tout-Paris, et se fait remarquer en organisant des coups médiatiques, tel l'inauguration de l'escalier mécanique du Grand Rex en 1957 par Gary Cooper ou le concert de Maria Callas peu après le scandale de son annulation de Norma à l'Opéra de Rome en janvier 1958[1]. En 1956, il épouse l'actrice Françoise Arnoul, rencontrée deux ans plus tôt, et dont il se sépare en 1964.

Le 18 octobre 1973, alors que Georges Cravenne s'occupe de la promotion des Aventures de Rabbi Jacob, sa seconde épouse, Danielle, fragile psychologiquement[5],[6],[7],[4] tente de détourner un Boeing 727 sur l'aéroport de Marignane avec une carabine 22 long rifle et un pistolet factice[8],[5]. Elle réclame l'annulation de la sortie de ce film, qu'elle jugeait pro-sioniste[9],[10],[6], en pleine guerre du Kippour[11]. Danielle Cravenne accepte que l'avion se pose à Marignane pour ravitaillement avant de repartir vers Le Caire. Sur place, elle est blessée par le GIPN à la tête et à la poitrine. Elle décède dans l'ambulance qui l'évacuait vers une clinique[11]. La une du Libération le surlendemain se fait sur « la pirate du désespoir : une proie facile pour des tueurs assermentés »[5]. Georges Cravenne, défendu par Robert Badinter et Georges Kiejman, perd le procès qu'il intente ensuite à l'État français[4].

Après avoir fondé l'Académie des arts et techniques du cinéma en 1975, dont il demeurera secrétaire général pendant 30 ans, Georges Cravenne cherche à monter un événement similaire aux Oscars de Hollywood. La cérémonie prend le nom du sculpteur qui réalise les trophées : les César du cinéma dont la première édition se tient en 1976. Il accompagne ensuite la naissance des cérémonies des 7 d'or et des Molières[3].

En 1980, il touche à la production avec Pile ou face de Robert Enrico, avec Philippe Noiret et Michel Serrault. Ce film fut un succès populaire.

Il a reçu un César d'honneur en 2000. Élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en juillet 2008[12], il était également commandeur des Arts et des Lettres et dans l'ordre national du Mérite[3].

Georges Cravenne meurt à quelques jours de ses 95 ans. Il est inhumé le 14 janvier 2009 au cimetière du Montparnasse (21e division)[13], en présence de plusieurs personnalités du cinéma et de membres du gouvernement[14].

L'un de ses fils, Charles Cravenne[15], dirige la promotion de Columbia (Sony Pictures releasing) depuis les années 1980. Son autre fils, François-David, a travaillé au sein des cabinets ministériels de Christine Albanel au Ministère de la Culture et Luc Chatel au ministère de l'Éducation nationale. Sa fille Rebecca, journaliste, a été rédactrice en chef de l’émission Les Maternelles sur France 5.[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Amandine Schmitt, Georges Cravenne, inventeur des Césars, Le Monde, 14 janvier 2009, accès restreint
  2. Cinémagazine sur CinéRessources.net
  3. a, b, c et d Georges Cravenne, créateur des César, est mort, AP, 10 janvier 2009
  4. a, b et c Aurélien Ferenczi, Georges Cravenne, l'inventeur des César, est mort, Télérama.fr, 11 janvier 2009
  5. a, b et c Jean-Claude SussfeldDe clap en clap : une vie de cinéma, p. 147.
  6. a et b « Rabbi Jacob est sorti entre rire et drame », par Danièle Thompson, sur parismatch.com, consulté le 15 mai 2009
  7. Le créateur des César est mort, leJDD.fr, 10 janvier 2009.
  8. Emilie Valentin et Simon Dronet, Documentaire Personne ne bouge !, Arte France, 2013, 43 min.
  9. Gilles Gressard, Les Aventures de Rabbi Jacob, 2004, p. 67.
  10. Danièle Thompson, dans le documentaire Il était une fois… « Les Aventures de Rabbi Jacob » sur France 5, diffusé le 14 mai 2009
  11. a et b Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, éd. Presses Pocket, Paris, 1989, 346 p. (ISBN 2-266-03063-9 et 978-2266030632), p. 279.
  12. Décret du 11 juillet 2008 publié au JO du 13 juillet 2008.
  13. Sa tombe est juste à côté de celle de l'écrivaine et cinéaste Marguerite Duras
  14. Les obsèques de Georges Cravenne, Feminimix.com, Alain Delon et Mireille Darc et tous les comédiens très émus aux obsèques de Georges Cravenne…, Purepeople.com, 14 janvier 2009.
  15. « Mort de Georges Cravenne, le créateur des César »

Liens externes[modifier | modifier le code]