Isabelle Huppert

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Isabelle Huppert

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Isabelle Huppert à la 66e Mostra de Venise en 2009.

Nom de naissance Isabelle Anne Madeleine Huppert
Naissance 16 mars 1953 (61 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de France Française
Profession Actrice
Films notables Les Valseuses
La Dentellière
Violette Nozière
La Porte du paradis
Loulou
Madame Bovary
La Cérémonie
La Pianiste

Isabelle Huppert est une actrice française, née le 16 mars 1953[1],[2] à Paris.

Égérie de Claude Chabrol et de Benoît Jacquot, Isabelle Huppert est l'une des actrices les plus prolifiques de l'Hexagone (deux ou trois films par an en moyenne) et l'une des rares interprètes à s'être constitué une filmographie véritablement internationale : sa carrière exigeante et reconnue l'amène en effet à tourner aux États-Unis (sous la direction de Michael Cimino, de Hal Hartley, de Curtis Hanson ou encore d'Otto Preminger), en Italie (avec les frères Taviani, Mauro Bolognini, Marco Ferreri et Marco Bellocchio), en Russie (avec Igor Minaiev), en Europe centrale (avec l'Allemand Werner Schroeter, le Polonais Andrzej Wajda, la Suissesse Ursula Meier, l'Autrichien Michael Haneke, la Hongroise Marta Meszaros ou le Serbe Aleksandar Petrović), et même sur le continent asiatique (avec le Coréen Hong Sang-soo, le Philippin Brillante Mendoza ou le Franco-Cambodgien Rithy Panh). Sa carrière théâtrale la fait également travailler sous la direction de metteurs en scène renommés comme Bob Wilson, Yasmina Reza, Claude Régy, Krzysztof Warlikowski, Luc Bondy et Jacques Lassalle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Née dans le 16e arrondissement de Paris au sein d'une famille aisée et nombreuse, Isabelle Huppert est la fille de Raymond Huppert, industriel dirigeant d'une entreprise fabriquant des coffres-forts, et d'Annick Beau, professeur d'anglais et férue de piano. Elle passe son enfance à Ville-d'Avray où elle reçoit une solide éducation dans le domaine des arts et de la culture.

Elle a trois sœurs et un frère, également orientés dans la culture : Élisabeth, énarque, s'est dirigée vers l'écriture, la peinture, la comédie et la réalisation, Caroline est aussi réalisatrice et Rémi est devenu écrivain tout en étant consultant en management et développement international. Jacqueline, quant à elle, est sociologue et professeur d'économie à HEC, spécialisée dans les ressources humaines et la répartition du genre en entreprise[3].

Isabelle Huppert est la mère de trois enfants[4], de son union avec le réalisateur Ronald Chammah qui l'a dirigée dans Milan noir en 1988 : l'actrice Lolita Chammah (née en 1983), Lorenzo (né en 1988) et Angelo (né en 1997).

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée de Saint-Cloud, Isabelle Huppert passe tout d'abord par le conservatoire de Versailles tout en étudiant les langues slaves et orientales à la faculté de Clichy, dont elle sort licenciée en russe. Elle suit également les cours de l'École nationale des langues orientales vivantes mais n'en sort pas diplômée[4]. En parallèle, elle suit les cours d’art dramatique de l’École de la rue Blanche puis ceux du Conservatoire national supérieur d’art dramatique où elle a notamment pour professeurs Jean-Laurent Cochet et Antoine Vitez[5].

Elle est connue pour avoir bâti sa carrière sur des choix exigeants, des films difficiles et des metteurs en scène peu consensuels. Son jeu, dépouillé et théâtralisé[6], se caractérise en général par des gammes nuancées et retenues, jugées plus cérébrales et expérimentales qu'intuitives. La presse lui prête en effet souvent l'image d'actrice intellectuelle qu'elle réfute en partie[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Si elle effectue ses premières apparitions au cinéma dès 1972, chez Nina Companeez, elle se fait remarquer trois ans plus tard grâce à son rôle d'artiste brute dans Aloïse de Liliane de Kermadec puis, en 1975 dans Madame Baptiste adapté, par Claude Santelli, de Guy de Maupassant. Elle tourne également avec des réalisateurs qui marquent le renouvellement du cinéma d’auteur français après la Nouvelle Vague : Yves Boisset avec Dupont Lajoie où elle est une jeune campeuse violée et assassinée par Jean Carmet, Claude Sautet avec César et Rosalie où elle joue la sœur cadette de Romy Schneider, Bertrand Blier, dans Les Valseuses qui l'impose dans un rôle secondaire mais resté culte d'adolescente rebelle en quête d'émancipation et Bertrand Tavernier avec Le Juge et l'Assassin où elle est la maîtresse de Philippe Noiret. Ces films, chacun dans leur genre, marquent le public et la critique et permettent à l’actrice débutante d’affirmer un jeu distancié, rigoureux et tout en nuance : une partition singulière qui la distingue des autres étoiles montantes de l’époque, Miou-Miou et Isabelle Adjani.

Vers les marches du succès[modifier | modifier le code]

Sa carrière prend véritablement son envol avec l'adaptation du roman de Pascal Lainé La Dentellière par le Suisse Claude Goretta, qui lui vaut plusieurs distinctions internationales (BAFTA anglais et Donatello italien, équivalents des César). Elle y tient le rôle d’une jeune shampouineuse introvertie, victime d’une déception amoureuse qui fait basculer son existence. Cette image de victime et de fragilité maladive la poursuit dans plusieurs de ses films des débuts, au risque de l’enfermer dans des compositions quelque peu répétitives (Les Ailes de la colombe de Benoît Jacquot, Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam, La Dame aux camélias de Mauro Bolognini). En même temps, elle contredit cette esquisse en donnant corps, devant la caméra de Claude Chabrol, au personnage-titre de Violette Nozière, célèbre parricide des années 1930. C’est son premier « rôle-limite » qui la consacre star nationale et lui vaut le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes 1978. Ce registre, auquel elle voue une redoutable fidélité, lui permet de montrer toute l’étendue de son talent, parvenant à rendre crédible la folie et les pulsions morbides sans verser dans l'hystérie. Violette Nozière fait en cela écho à Eaux profondes de Michel Deville, Coup de torchon de Tavernier, Malina de Werner Schroeter, La Cérémonie et Merci pour le chocolat de Claude Chabrol mais surtout La Pianiste de l'Autrichien Michael Haneke (d’après le roman d’Elfriede Jelinek, Prix Nobel de littérature en 2004). Ce rôle glaçant de professeur de piano intransigeant, victime de sa mère étouffante et de ses névroses sado-masochistes est salué par un second Prix d'interprétation cannois en 2001 (seule actrice française à avoir réussi le doublé).

Des choix constants et éclectiques[modifier | modifier le code]

La lecture de sa filmographie traduit également la permanence de deux directions dans ses rapports à la création : fidélité à des metteurs en scène de renom et goût tout aussi assidu pour l’expérience auprès d’auteurs débutants. C’est ainsi qu’elle tourne plusieurs fois avec Tavernier, Blier, Jean-Luc Godard, Benoît Jacquot, Werner Schroeter ou Haneke. Mais la complicité nouée depuis 1978 avec Chabrol s’affirme comme une ligne de force où le dialogue instauré entre le maître et la muse devient quasiment l’objet même du film, comme ce fut le cas avec L'Ivresse du pouvoir en 2006, qui est autant une fiction sur un scandale politique contemporain qu’un documentaire déguisé sur l’actrice. Entre-temps, le duo aura exploré une série large de genres cinématographiques d'où point une évidente admiration mutuelle : la comédie (Rien ne va plus), le drame social (La Cérémonie) et historique (Une affaire de femmes), le film noir (Merci pour le chocolat) ou encore l'adaptation littéraire (Madame Bovary). C'est d'ailleurs à Chabrol qu'elle doit l'obtention de son unique César de la meilleure actrice en 1996, pour son interprétation de postière infanticide dans La Cérémonie; fait paradoxal dans la mesure où Isabelle Huppert est la comédienne la plus nommée de toute l'histoire de la manifestation (quatorze nominations au total). Elle est néanmoins l'une des actrices les plus couronnées à l'international, cumulant deux prix à Cannes, trois à Venise, un à Berlin, trois aux European Film Awards, un à Moscou, un BAFTA au Royaume-Uni, un « Lola » en Allemagne (Deutschen Filmpreis, équivalent du César outre-Rhin), deux David di Donatello en Italie ainsi que de nombreuses récompenses saluant l'ensemble de sa carrière en festivals.

Elle travaille tout aussi régulièrement avec la nouvelle génération de metteurs en scène qui apparaît au début des années 1990 et 2000 à l'instar de Christian Vincent, Laurence Ferreira Barbosa, Patricia Mazuy, François Ozon, Olivier Dahan, Olivier Assayas ou plus récemment encore le Belge Joachim Lafosse et la Suissesse Ursula Meier. Comme elle le fit avec Maurice Pialat dans Loulou ou avec Schroeter (Malina, Deux) et Haneke (La Pianiste, Le Temps du loup, Amour), elle n’hésite pas à doubler les risques en acceptant de tenir le rôle-titre de Ma mère, adaptation de Georges Bataille filmée par le jeune écrivain Christophe Honoré.

Gaumont[modifier | modifier le code]

Si sa proximité avec Daniel Toscan du Plantier, dont elle fut la compagne, lui permit dans les années 1980 d’enchaîner une série de films avec la Gaumont qui officialisèrent sa carrière aux yeux du grand public, elle n’a jusqu’ici que rarement rencontré de grands succès populaires. Elle s’emploie néanmoins à maintenir le contact avec la comédie ou avec des films qui trouvent leur public, comme Sac de nœuds de Josiane Balasko, Coup de foudre et Après l'amour de Diane Kurys, Huit Femmes de François Ozon, Les Sœurs fâchées d’Alexandra Leclère ou encore Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine. Dans ses incursions comiques, elle prend plaisir à jouer des femmes antipathiques, frustrées et aigries au risque de n'être identifiée qu'à ce registre. Mais elle évite l'interprétation uniforme et rigide, soumettant chacune de ses compositions à une couleur singulière. Sa volonté de passer par différentes palettes d'émotions est palpable. Elle fait en effet appel à un répertoire de mimiques, de postures ou d'intonations contradictoires : d'une manifestation outrancière et tonitruante (l'hystérique et hypocondriaque tante Augustine des Huit Femmes où elle se livre à un numéro de transformation, à la fois physique et scénique, resté dans les mémoires) à une forme expressive plus distanciée et intérieure à l'instar des Sœurs fâchées où elle campe une bourgeoise délaissée par son mari, malheureuse, frigide et envieuse du succès de sa sœur.

Son titre de gloire reste avant tout, aux yeux de la profession, d’avoir été dirigée par plusieurs grands noms du cinéma international parmi lesquels Otto Preminger (Rosebud grâce auquel elle a fait la connaissance de son amie Kim Cattrall[8]), Joseph Losey (La Truite), Maurice Pialat (Loulou), Michael Cimino (La Porte du paradis), Marta Meszaros (Les Héritières), Jean-Luc Godard (Sauve qui peut (la vie), Passion), Marco Ferreri (L'Histoire de Piera), Andrzej Wajda (Les Possédés), Curtis Hanson (Faux témoin), Hal Hartley (Amateur), les frères Taviani (Les Affinités électives) et David O. Russell (J'adore Huckabees). Même si l'échec de La Porte du paradis, où elle est la prostituée française partagée entre Kris Kristofferson et Christopher Walken, lui a fait rater la marche de grande star mondiale, elle a néanmoins atteint une stature unique dans le cinéma français contemporain, de monstre non sacré, c’est-à-dire de personnalité unanimement respectée par ses pairs, institutionnalisée aux yeux du public mais éloignée des suffrages populaires et exemptée des contraintes du vedetteriat, s’employant à brouiller l'image trop lisse d'actrice vulnérable à travers des choix extrêmes, d'un élitisme revendiqué, aussi bien au cinéma qu’au théâtre (Orlando d'après Virginia Woolf, Médée d'Euripide, 4.48 Psychose de Sarah Kane ou Quartett d'Heiner Müller).

Jean-Michel Frodon, dans les Cahiers du cinéma, dit d'elle : « Isabelle Huppert est une excellente actrice, elle a joué remarquablement dans plus de grands films qu’aucune autre actrice européenne de sa génération - peut-être même aussi des autres générations »[9]. Jérôme Garcin écrivait en 1995 à son propos : « D'une juvénile curiosité, moins occupée à travailler sa légende que ses personnages successifs, ignorée par les paparazzi, oubliée des Césars, Isabelle la rousse se contente d'être comédienne. La meilleure de sa génération. La plus audacieuse. La plus obstinée. La moins prévisible. Une croisée moderne de Leopoldo Fregoli, prince italien de la métamorphose, et de la chétive Mlle Rachel, dont Alfred de Musset disait: « Sa voix est pénétrante. Elle ne déclame point, elle parle.»[10]

Sa passion, c’est le jeu sous toutes ses formes, auquel elle s'adonne avec ferveur, intensité et curiosité. Ce fut le sujet de In America, le film de Jerzy Skolimowski adapté du roman de son amie Susan Sontag pour lequel elle s'est battue sans qu'il n'aboutisse et qu'elle souhaitait produire avec la société Les Films du Camélia, fondée au côté de son compagnon, le metteur en scène Ronald Chammah. Cette société lui a permis de financer certains films dont elle tient le haut de l'affiche comme La Vie moderne de Laurence Ferreira-Barbosa, Comédie de l'innocence de Raoul Ruiz ou encore Ma mère de Christophe Honoré et même d'acheter les droits d'exploitation de Wanda de Barbara Loden, actrice et cinéaste qui fut l'une des épouses d'Elia Kazan, disparue prématurément d'un cancer en 1980. Grâce à son acharnement, cet unique film d'une artiste d'exception put ressortir en salles en 2003.

Le MoMA et « La Femme aux portraits »[modifier | modifier le code]

En 2005, une exposition, « La Femme aux portraits », montrée d'abord à New York, puis à Paris (prolongée jusqu'en février 2006 au Couvent des Cordeliers) et en Europe, a révélé sa passion pour la photographie qui l'a poussée, depuis une trentaine d'années, à solliciter des portraits auprès des plus grands photographes (de Boubat et Cartier-Bresson à Hiroshi Sugimoto et Ange Leccia, en passant par Jacques Henri Lartigue, Richard Avedon, Robert Doisneau, Helmut Newton ou Nan Goldin…). 2005 est une année faste pour elle puisqu'elle triomphe au théâtre dans Hedda Gabler d'Henrik Ibsen, mis en scène par Eric Lacascade, reçoit un Lion Spécial à la Mostra de Venise pour l'ensemble de sa carrière et est sollicitée par le Moma à New York qui lui consacre une large rétrospective, saluant son apport à l'art contemporain en général et à l'art dramatique en particulier. Pour l'évènement, elle donne une représentation exceptionnelle de la pièce de Sarah Kane, 4.48 Psychose, interprétée trois ans plus tôt sous la direction de Claude Régy aux Bouffes du Nord. Au début 2006, c'est au tour de la Cinémathèque française, fraîchement rouverte à Bercy, de la mettre à l'honneur; occasion qui lui a permis d'aller à la rencontre des spectateurs, leur offrant un large choix de projections, de discussions (dont une avec son pygmalion Claude Chabrol) et de lectures publiques d'auteurs tels que Maurice Blanchot et Françoise Sagan.

Une actrice insatiable[modifier | modifier le code]

En 2008, elle remonte sur les planches deux ans après avoir interprété la Marquise de Merteuil dans la pièce d'Heiner Müller, Quartett, mise en scène par Bob Wilson, pour interpréter une comédie grinçante sur la bourgeoisie écrite et dirigée par Yasmina Reza au théâtre Antoine : Le Dieu du carnage. En début d'année 2009, elle tient le haut de l'affiche de l'adaptation cinématographique du roman de Marguerite Duras Un barrage contre le Pacifique par le réalisateur franco-cambodgien Rithy Panh. Son actualité est alors chargée puisqu'elle est promue au rang d'officier de la légion d'honneur et que le festival de Cannes annonce qu'il l'a choisie pour succéder à Sean Penn à la présidence du jury[11]. Elle retrouve également Benoît Jacquot avec Villa Amalia, d'après Pascal Quignard. Après Cannes, elle part à la Mostra de Venise présenter White Material de Claire Denis, une fable sur l'Afrique contemporaine écrite par Marie NDiaye. En 2010, elle partage l'affiche avec sa fille Lolita Chammah d'une comédie tournée dans le Nord de la France et en Belgique : Copacabana de Marc Fitoussi. Elle apparaît également, en compagnie de Sharon Stone, dans un épisode de la série New York, unité spéciale, tient le rôle d'une prostituée dans la comédie Sans queue ni tête de Jeanne Labrune et s'illustre à l'Odéon en Blanche Dubois dans la mise en scène expérimentale de Krzysztof Warlikowski, Un tramway, inspiré d'Un Tramway nommé désir de Tennessee Williams.

En 2011, elle participe à My Little Princess, première réalisation de la comédienne Eva Ionesco inspirée de sa propre relation avec sa mère photographe, Irina Ionesco, qui la força, petite fille, à poser nue sous son objectif. Le film est un échec commercial. Isabelle Huppert renoue en revanche avec le succès grâce à la comédie Mon pire cauchemar d'Anne Fontaine où elle forme un improbable duo avec Benoît Poelvoorde.

En 2012, elle présente en compétition, coup sur coup, Captive de Brillante Mendoza à la 62e Berlinale, Amour de Michael Haneke et Dans un autre pays de Hong Sang-soo au 65e Festival de Cannes puis, à la 69e Mostra de Venise, Bella addormentata de Marco Bellochio et Les Lignes de Wellington, projet inachevé de Raoul Ruiz finalisé par sa compagne Valeria Sarmiento.

Plus de trente ans après l'échec retentissant de La Porte du paradis de Cimino, fresque épique visionnaire faisant date dans l'histoire du cinéma pour marquer la fin de l'ère des indépendants et la reprise en main, à Hollywood, des grands studios au début des années 1980, Isabelle Huppert apparaît au casting de Dead Man Down de Niels Arden Oplev avec Noomi Rapace et Colin Farrell et The Disappearance of Eleanor Rigby de Ned Benson, film en deux parties interprété par Jessica Chastain, James McAvoy, Viola Davis et William Hurt. Par ailleurs, elle partage, en 2013, l'affiche, avec Cate Blanchett, de la pièce Les Bonnes de Jean Genet, mise en scène par Benedict Andrews au Sydney Theater[12]. En 2014, elle revient à l'Odéon, sous la direction de Luc Bondy, pour interpréter le rôle d'Amarinte dans Les Fausses Confidences de Marivaux[13]. Elle est également dirigée au cinéma, au côté du rappeur Kool Shen, par Catherine Breillat dans Abus de faiblesse et forme un tandem d'agriculteurs normands avec Jean-Pierre Darroussin dans La Ritournelle de Marc Fitoussi.

Reconnaissance internationale[modifier | modifier le code]

La carrière d'Isabelle Huppert, le tournant qu'elle prend à la fin des années 1990, son jeu en rupture avec les conventions et sa volonté de travailler pour des réalisateurs indépendants ou des auteurs insolites développant un cinéma au langage singulier, ont fait dire à Nicole Kidman, en 2012, qu'elle « aimait sa manière de se mettre constamment en danger » et qu'elle représentait, pour elle, un modèle à suivre pour ses choix futurs[14]. À l'instar de Kidman, Jessica Chastain déclare qu'elle est, de très loin, son actrice préférée et qu'elle est même pour elle une « idole absolue »[15],[16]. De son côté, Julianne Moore parle d'elle comme d'une « actrice fabuleuse », qu'elle « admire profondément »[17].

Isabelle Huppert est en effet fréquemment citée en exemple, à l'international, pour son audace, son impressionnante filmographie et ses prises de risque : Naomi Watts avoue avoir vu La Pianiste uniquement pour elle et a ainsi pu découvrir le travail de Michael Haneke qui la dirige en 2008, au côté de Tim Roth, dans Funny Games U.S.[18]. Abbas Kiarostami affirme avoir longtemps été hanté par son interprétation dans La Dentellière[19]. Volker Schlöndorff dit d'elle qu'elle est « une artiste qui n'a peur de rien »[20]. Sean Penn lui fait part de son admiration lors d'une rencontre organisée par le magazine Première en 2009[21]. James Gray dit être fascinée par les puissantes émotions que dégage son jeu[22]. Natalie Portman confesse, quant à elle, s'être largement inspirée de sa prestation dans La Pianiste et de celle de Catherine Deneuve dans Répulsion pour préparer son rôle oscarisé de danseuse étoile sombrant dans la folie dans Black Swan de Darren Aronofsky[23].

À noter[modifier | modifier le code]

Isabelle Huppert à l'ouverture du Festival de Cannes 2009.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Actrice[modifier | modifier le code]

Les dates sont celles de la première projection officielle (en festival ou en salle) et non pas obligatoirement l'année de sortie en salle. Lorsque l'année de la première projection et celle de la première sortie en salle (en France ou ailleurs) diffèrent, cela est précisé entre parenthèses.

Années 1972 à 1979[modifier | modifier le code]

Années 1980 à 1989[modifier | modifier le code]

Années 1990 à 1999[modifier | modifier le code]

Années 2000 à 2009[modifier | modifier le code]

Depuis 2010[modifier | modifier le code]

Box-office[modifier | modifier le code]

Films avec Isabelle Huppert ayant attiré au moins 1 million de spectateurs en France

Films Réalisateur Années France (entrées)
1 Les Valseuses Bertrand Blier 1974 5 726 031
2 8 Femmes François Ozon 2002 3 711 394
3 Docteur Françoise Gailland Jean-Louis Bertuccelli 1976 2 634 933
4 César et Rosalie Claude Sautet 1972 2 577 865
5 Coup de torchon Bertrand Tavernier 1981 2 199 309
6 Coup de foudre Diane Kurys 1983 1 631 269
7 La Femme de mon pote Bertrand Blier 1983 1 485 746
8 Dupont Lajoie Yves Boisset 1975 1 454 541
9 Les Sœurs fâchées Alexandra Leclère 2004 1 450 584
10 Madame Bovary Claude Chabrol 1991 1 292 151
11 La Dentellière Claude Goretta 1977 1 125 216
12 L'Ivresse du pouvoir Claude Chabrol 2006 1 103 122
13 Violette Nozière Claude Chabrol 1978 1 074 507
14 La Cérémonie Claude Chabrol 1995 1 000 271

Télévision[modifier | modifier le code]

Productrice[modifier | modifier le code]

À travers sa société Les Films du Camélia :

Autres contributions audiovisuelles et cinématographiques[modifier | modifier le code]

Documentaires sur Isabelle Huppert[modifier | modifier le code]

Œuvres de fiction / documentaires dans lesquels Isabelle Huppert apparaît, mais pas comme actrice[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Année Titre Auteur Rôle Metteur en scène Lieu(x) des représentations
1971-1972 Les Précieuses ridicules Molière Jean-Louis Thamin Comédie-Française
1972 Champion de la faim Franz Kafka une panthère dans une cage Daniel Benoin Théâtre Daniel-Sorano Vincennes et Festival de Shiraz-Persepolis (Iran)
1973 La Véritable Histoire de Jack l'éventreur Élisabeth Huppert Caroline Huppert Café-théâtre Le Sélénite (Paris)
1973 L'Avare Molière Georges Werler tournée dans les universités aux États-Unis
1973 Viendra-t-il un autre été ? Jean-Jacques Varoujean Jacques Spiesser Petit Odéon
1974 Pour qui sonne le glas Ernest Hemingway Robert Hossein Reims (Comédie de Reims)
1975 Voyage autour de ma marmite Eugène Labiche Caroline Huppert théâtre Essaïon
1977 On ne badine pas avec l’amour Alfred de Musset Camille Caroline Huppert théâtre des Bouffes du Nord et captation théâtrale réalisée par Caroline Huppert pour la télévision
1989 Un mois à la campagne Ivan Tourgueniev Natalia Petrovna Bernard Murat théâtre Édouard VII
1991 Mesure pour mesure William Shakespeare Isabella Peter Zadek Odéon-Théâtre de l'Europe, tournée Clermont-Ferrand (Opéra municipal de Clermont-Ferrand), Lausanne (Théâtre Vidy-Lausanne), TNP-Villeurbanne, Chambéry (Maison de la Culture), Nîmes (Théâtre de Nîmes), Le Havre (Maison de la Culture)
1992 Jeanne au bûcher Paul Claudel et Arthur Honegger Jeanne d'Arc Claude Régy Opéra Bastille
1993-1995 Orlando Virginia Woolf Orlando Bob Wilson Théâtre Vidy-Lausanne, Odéon-Théâtre de l'Europe
1996 Mary Stuart Friedrich Schiller Mary Stuart Howard Davies Royal National Theatre à Londres
2000-2001 Médée Euripide Médée Jacques Lassalle Festival d’Avignon, Odéon-Théâtre de l'Europe, tournée La Rochelle, Toulouse, et captation théâtrale réalisée par Don Kent au Festival d'Avignon
2002-2003 4.48 Psychose Sarah Kane Claude Régy théâtre des Bouffes du Nord, tournée Caen, Genève (Comédie de Genève), Lorient, Lisbonne, Villeurbanne, Rennes, Sao Paulo
2003 Jeanne au bûcher Paul Claudel et Arthur Honegger Luís Miguel Cintra Sao Carlos National Theater Lisbonne
2005 Hedda Gabler Henrik Ibsen Hedda Gabler Éric Lacascade Odéon-Théâtre de l'Europe Ateliers Berthier, tournée Caen (Centre Dramatique National de Normandie - Comédie de Caen), Genève (Comédie de Genève), Barcelone (Théâtre Lliure), Festival de la Rhur (Allemagne), Herouville-Saint-Clair (Square du Théâtre)
2005 4.48 Psychose Sarah Kane Claude Régy tournée Montpellier (Théâtre des Treize Vents), Los Angeles (UCLA), New York (Brooklyn Academy of Music), Montréal (Usine C), Berlin, Milan
2006-2007 Quartett Heiner Müller Madame de Merteuil Bob Wilson Odéon-Théâtre de l'Europe, puis tournée à Milan (Piccolo Teatro), Berlin (Berliner Festpiele), Marseille (Théâtre du Gymnase), Genève (Comédie de Genève)
2008 Le Dieu du carnage Yasmina Reza Véronique Houillé Yasmina Reza Théâtre Antoine
2009 Quartett Heiner Müller Madame de Merteuil Bob Wilson tournée Sao Paulo, Porto Alegre et New York (Brooklyn Academy of Music)
2010-2012 Un tramway d'après Un tramway nommé Désir Tennessee Williams Blanche DuBois Krzysztof Warlikowski Odéon-Théâtre de l'Europe, tournée à Berlin (Berliner Festpiele), Grenoble (MC2 Grand Théâtre), Luxembourg (Grand Théâtre), Varsovie (Teatr Polski), Athènes, tournée Genève (Comédie de Genève), Amsterdam, La Haye, Festival d'Adelaïde
2013 Les Bonnes Jean Genet Benedict Andrews Sydney, avec la Sydney Theatre Company, dont Cate Blanchett
2014 Les Fausses Confidences Marivaux Araminte Luc Bondy Théâtre de l'Odéon et tournée dans toute la France (TNB notamment)

Lectures publiques[modifier | modifier le code]

Date Titre des textes Auteur Lieu Circonstances
20/01/2006 à 17h30 Textes de Maurice Blanchot et Françoise Sagan Cinémathèque française dans le cadre de la rétrospective dédiée à Isabelle Huppert à la Cinémathèque Française
18/10/2010 Just Kids Patti Smith Théâtre de l'Odéon lecture avec Patti Smith
26/11/2012 à 20h Une tribu, voilà ce que je suis ; Je suis une erreur ; Another sleepy dusty delta day Jan Fabre Théâtre de Gennevilliers dans le cadre de "Jan Fabre 4 solos"

Discographie[modifier | modifier le code]

Récompenses et nominations[modifier | modifier le code]

César[modifier | modifier le code]

Malgré ses quatorze nominations, Isabelle Huppert n'a reçu qu'une seule fois le César de la meilleure actrice, pour La Cérémonie de Claude Chabrol en 1996.

Année Récompense Film Reçue ?
1976
Meilleure actrice dans un second rôle
Aloïse
1978
Meilleure actrice
La Dentellière
1979 Violette Nozière
1981 Loulou
1982 Coup de torchon
1989 Une affaire de femmes
1995 La Séparation
1996 La Cérémonie x
1999 L'École de la chair
2001 Saint-Cyr
2002 La Pianiste
2003 Huit Femmes
2006 Gabrielle
2013
Meilleure actrice dans un second rôle
Amour

BAFTA[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1978 Meilleur espoir féminin La Dentellière x

David di Donatello[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1980 Meilleure actrice étrangère La Dentellière x

Festival de Cannes[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1978
Meilleure actrice
Violette Nozière x
2001 La Pianiste x

Festival de Venise[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1988
Meilleure actrice
Une affaire de femmes x
1995 La Cérémonie x
2005 Lion d'or spécial Gabrielle et l'ensemble de sa carrière x

Festival de Berlin[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2002 Meilleure contribution artistique Huit Femmes x

Prix du Cinéma allemand[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1991 Meilleure actrice Malina x

Prix Lumières[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
1996
Meilleure actrice
La Cérémonie x
2001 Merci pour le chocolat x
2006 Gabrielle x

Étoile d'Or du Cinéma français[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2003 Meilleure actrice Huit Femmes x

Prix du Cinéma Européen[modifier | modifier le code]

Année Récompense Film Reçue ?
2001
Meilleure actrice
La Pianiste x
2002 Huit Femmes x

Molière[modifier | modifier le code]

Année Récompense Pièce Reçue ?
1989
Meilleure comédienne
Un mois à la campagne
1994
Orlando
1995
2001 Médée
2005 Hedda Gabler
2014 Les Fausses Confidences

Festival international du film de Stockholm[modifier | modifier le code]

L'actrice française Isabelle Huppert a reçu vendredi 12.08.2011[36] le Cheval de bronze pour l'ensemble de son œuvre, a annoncé le festival du film de Stockholm, qui lui remettra cette distinction en novembre.

Festival international du film de Marrakech[modifier | modifier le code]

Lors de la 12e édition du festival, fin 2012,, elle reçoit un prix pour l'ensemble de sa carrière des mains du juré James Gray. Gray était membre de son jury lors du Festival de Cannes 2009.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les Gens du Cinéma
  2. Notice d'autorité personne, Bibliothèque nationale de France.
  3. Le travail du genre par Jacqueline Huppert-Laufer, consulté le 14 janvier 2013.
  4. a et b Who's Who in France, édition 1998, page 1154.
  5. Voir sur huppert.free.fr.
  6. Selon l'encyclopédie Larousse (article consacré à Isabelle Huppert).
  7. Le Journal du dimanche « Isabelle Huppert : Attention, fragile », consulté le 20 décembre 2012.
  8. a et b L'Express « Isabelle Huppert: "Le cinéma est une très agréable dépendance" », consulté le 22 septembre 2012
  9. « Le Grand arbre de la réduction », Jean-Michel Frodon, Cahiers du cinéma, avril 2009
  10. « Huppert gagne », Jérôme Garcin, L'Express du 27 avril 1995.
  11. a et b Jury 2009 sur le site du Festival de Cannes, consulté le 19 juin 2009
  12. Allociné « Cate Blanchett et Isabelle Huppert réunies au théâtre », consulté le 23 septembre 2012
  13. Brigitte Salino, « Le marivaudage chic d'Isabelle Huppert », Le Monde,‎ 20 janvier 2014 (lire en ligne)
  14. (en) A Thing for Lamé and Condemned Men dans The New York Times du 6 septembre 2012.
  15. Le Figaro Madame, « Jessica Chastain : “La routine est mon ennemie” », consultée le 03 novembre 2012.
  16. (en) The Telegraph, « Jessica Chastain interview », consultée le 03 novembre 2012.
  17. Serge Kaganski, « Julianne Moore : Maps to the Stars exagère un peu la réalité, mais pas tant que ça », Les Inrocks,‎ 31 mai 2014 (lire en ligne)
  18. L'Express, « Interview de Naomi Watts : "Tourner Funny Gammes US a été la décision la plus difficile de ma carrière" », consultée le 03 novembre 2012.
  19. Les Inrocks, « Isabelle Huppert et Abbas Kiarostami, conversation sur le “pays du cinéma” », consultée le 03 novembre 2012.
  20. (en) Alt Film Guide, « European Film Awards 2009 : Tahar Rahim, Kate Winslet, Ken Loach, Isabelle Huppert », consultée le 03 novembre 2012.
  21. Première, « Rencontre entre Sean Penn et Isabelle Huppert, deux présidents de jury d'exception », consultée le 03 novembre 2012.
  22. [vidéo] France 5, « James Gray évoque Isabelle Huppert au Festival de Marrakech », consultée le 20 décembre 2012.
  23. Les Inrocks, « Natalie Portman: “Mon rôle dans ‘Black Swan’ était presque nocif” », consultée le 03 novembre 2012.
  24. Fiche d'Isabelle Huppert sur le site du Festival de Cannes, consulté le 19 juin 2009
  25. Palme d'Or « Elephant » sur le site du Festival de Cannes, consulté le 19 juin 2009
  26. Palmarès 2009 sur le site du Festival de Cannes, consulté le 19 juin 2009
  27. Journal Officiel du 1er janvier 2009, Décret du 31 décembre 2008 portant promotion et nomination. Consultable sur le site officiel
  28. (Cf. Catherine Breillat, Corps amoureux, 2006)
  29. Biographie en anglais d'Isabelle Huppert sur IMDB
  30. Libération « Isabelle Huppert, songe d’un jour d'été », consulté le 22 septembre 2012
  31. Les Inrockuptibles (article du 6 novembre 2009, mis en ligne sur le blog d'Isabelle Adjani) « [http://www.isabelleadjaniblog.com/2009/11/06112009-une-relation-gemellaire.html Isabelle Adjani : une relation gémellaire (avec Hervé Guibert) », consulté le 22 septembre 2012
  32. Le Nouvel Obs « Huppert-Adjani : la querelle des Isabelle », consulté le 22 septembre 2012
  33. Allociné « Isabelle Adjani, Isabelle Huppert : interview d'André Téchiné », consulté le 22 septembre 2012
  34. Télérama « Isabelle Adjani : “J’aime passionnément ce métier, mais je passe mon temps à y échapper” », consulté le 22 septembre 2012
  35. a, b, c, d, e, f, g et h Marie-Élisabeth Rouchy « Adjani et Huppert, la guerre des Isabelle », article du Nouvel Obs publié sur le forum AlloCiné, consulté le 07 avril 2013.
  36. http://www.stockholmfilmfestival.se/en/festival/2011/awards/lifetime/

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Douin, Comédiennes d'aujourd'hui, Paris, éd. Lherminier, 1980.
  • Steven Bach, Final cut : Dreams ans Disaster in the Making of Heaven's Gate, ed. William Morrow & Co, 1985.
  • Marc Ruscart, Isabelle Huppert par…, Quimper, éd. Gros Plan/Calligrammes, 1989.
  • Elfriede Jelinek, Isabelle Huppert in Malina, éd. Suhrkamp, 1991.
  • Isabelle Huppert : autoportrait(s), Cahiers du cinéma, 1994.
  • Elfriede Jelinek, Patrice Chéreau, Susan Sontag, Isabelle Huppert, la femme aux portraits, préface de Serge Toubiana, Paris, Le Seuil, 2005.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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