Louis de Funès

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Louis de Funès

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Louis de Funès sur le tournage du film Le Gendarme et les Extra-terrestres, en 1978.

Nom de naissance Louis Germain David de Funès de Galarza
Naissance 31 juillet 1914
Courbevoie (Seine)
Nationalité Drapeau de France Français
Décès 27 janvier 1983 (à 68 ans)
Nantes (Loire-Atlantique)
Profession Acteur
Pianiste
Films notables La Traversée de Paris (1956)
Le Gendarme (saga, 1964-1982)
Trilogie Fantômas (1964-1967)
Le Corniaud (1965)
La Grande Vadrouille (1966)
Oscar (1967)
La Folie des grandeurs (1971)
Les Aventures de Rabbi Jacob (1973)
L'Aile ou la Cuisse (1976)
La Soupe aux choux (1981)

Louis de Funès, de son nom complet Louis Germain David de Funès de Galarza, est un acteur français né le 31 juillet 1914 à Courbevoie (Hauts-de-Seine) et mort le 27 janvier 1983 à Nantes (Loire-Atlantique)[n 1]. Ayant joué dans plus de cent quarante films, il est l'un des acteurs comiques les plus célèbres du cinéma français de la seconde moitié du XXe siècle et le champion incontesté du box-office français des années 1960 jusqu'au début des années 1980, attirant plus de 270 millions de spectateurs dans les salles[1].

Après presque vingt ans sur les planches ainsi que devant les caméras dans de nombreux seconds rôles, il impose son personnage de Français moyen impulsif, râleur, au franc-parler parfois dévastateur, aux mimiques et verbigérations muettes, à la fin des années 1950 dans La Traversée de Paris. Dans les deux décennies qui suivent, on retrouvera une suite de succès populaires parmi lesquels la saga du Gendarme de Saint-Tropez, la Trilogie Fantômas, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Oscar, La Folie des grandeurs, Les Aventures de Rabbi Jacob, L'Aile ou la Cuisse ou La Soupe aux choux. Outre la France, les films de Louis de Funès ont connu un grand succès dans divers pays européens, et notamment en Russie, au temps de l'URSS[2] ; sa popularité mettra quelques années avant de traverser l'Atlantique. Il a également adapté quelques scénarios au cinéma et coréalisé un film, L'Avare, en 1980.

Biographie[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille ruinée de la noblesse castillane[3], Louis de Funès est le troisième enfant de Carlos Luis de Funes de Galarza (1871 - Malaga, 19 mai 1934[4]) et Leonor Soto Reguera (Ortigueira, 21 janvier 1878 - Montmorency, 25 octobre 1957[n 2]), arrivés d’Espagne en 1904 après que son père eut enlevé sa mère, la famille de la grande bourgeoisie de celle-ci (le père de Leonor est un grand avocat de Madrid) s’opposant à leur union puis acceptant finalement de la doter confortablement[5].

Ses deux aînés sont Marie (Maria Teolinda Leonor Margarita), née à Courbevoie le 20 juillet 1907 et morte à Paris le 28 octobre 1993, mariée en secondes noces avec le réalisateur François Gir, et Charles (Carlos Teolindo Javier), né à Courbevoie le 12 septembre 1908 et « mort pour la France » à Rethel le 20 mai 1940 (soldat au 152e régiment d'infanterie), « fauché par une mitrailleuse allemande[4] ».

Personnage un peu fantasque[n 3], son père, qui ne peut plus exercer sa profession d’avocat depuis son installation en France, s’improvise diamantaire avant de partir plusieurs années au Venezuela, « dans l'espoir de faire prospérer ses affaires[6] », d'où il revient rongé par la tuberculose avant de mourir seul en Espagne en 1934. Sa mère, en revanche, est le premier professeur de comédie de Louis :

« Il arrivait à ma mère de me courser autour de la table en criant « Yé vais té touer ». Dans sa façon d’être et d’agir, elle possédait, sans le savoir, le génie des planches[7]. »

— Louis de Funès

Elle lui donne également ses premières leçons de piano à l’âge de 5 ans[8]. Le jeune Louis passe toute son enfance à Villiers-sur-Marne (Seine-et-Oise), où il fréquente l'école Jules-Ferry.

En 1930, à 16 ans, après des études secondaires moyennes au lycée Condorcet et sur les conseils de son frère, devenu fourreur, de Funès entre à l’École professionnelle de la fourrure, située près de la place de la Bastille, mais il en est renvoyé pour chahut[6]. Il travaille ensuite chez plusieurs fourreurs, exerce successivement différents métiers, mais, à cause de ses renvois systématiques et par lassitude de ses frasques professionnelles, ses parents l’inscrivent en 1932 à l’École technique de photographie et de cinéma, située à deux pas de son domicile, où il choisit la section cinéma[9]. Dans les cours, il a notamment pour condisciple Henri Decaë qui fut, bien plus tard, directeur de la photographie sur plusieurs de ses films.

« Louis de Funès était quelqu'un qui n'était pas expansif à la ville. Chaque fois que nous nous rencontrions pour un nouveau film, il me redisait quelques formules chimiques apprises à l'ETPC vingt ou trente ans auparavant, en 1933, dont ce nom de produit qui le faisait hurler de rire, « hyposulfide de soude ». Ceci en imitant le professeur strict qui nous en enseigna les propriétés... C'était comme une connivence entre nous[10] ! »

— Henri Decaë

Finalement, il est renvoyé pour incendie volontaire[11]. Commence alors un cycle de périodes de chômage et d’emplois d’où il finit toujours par se faire renvoyer[12]. « Après avoir abandonné ses études secondaires, mon père avait exercé toutes sortes de petits métiers. Je me demande s'il ne les enjolivait pas un peu dans ses interviews car à la maison il n'en parlait jamais », expliquera son fils Olivier de Funès[12].

Le 27 avril 1936, il épouse à Saint-Étienne sa première femme, Germaine-Louise-Élodie Carroyer (Paris, 7 mars 1915 - Clermont, 28 septembre 2011). Un enfant naît de cette union le 12 juillet 1937, Daniel-Charles-Louis, mais le couple se sépare au bout de trois ans, le divorce n’est prononcé que le 13 novembre 1942[13]. Pendant l'Occupation, il enchaîne les petits boulots (étalagiste, cireur et gratteur de parquets…)[14]. Bientôt, Louis se fait engager comme pianiste de bar et rencontre Eddie Barclay[n 4] : « Louis de Funès, comme moi, ne déchiffrait pas la musique. Il avait de l'oreille. C'était un excellent musicien. Il ne parlait pas un jour d'être comédien[15]. » Il joue dans un grand nombre d’établissements, enchaînant des soirées de douze heures, payé à la coupelle ou touchant un cachet de misère[16].

« Je l'ai rencontré en 1942 lorsqu'il était pianiste à la Madeleine. Dans un bistrot à Bagatelle, il tenait le piano à quatre mains. Lorsque ce dernier jouait seul, de Funès montait sur le piano et chantait[17]. »

— Le cinéaste Georges Lautner se souvient.

Il se servira de cette capacité dans certains de ses films, tels que Pas de week-end pour notre amour, La Rue sans loi, Frou-Frou, Le Corniaud, La Grande Vadrouille, Le Grand Restaurant ou encore L'Homme orchestre.

Il se remarie en 1943 avec Jeanne-Augustine Barthélemy. Le couple habite alors un petit deux-pièces au 42, rue de Maubeuge. En 1944, il a un deuxième fils, Patrick, et en 1949 un troisième, Olivier, qui tiendra six rôles au côté de son père au cinéma, dont Fantômas se déchaîne, Les Grandes Vacances, L'Homme orchestre et un rôle au théâtre dans Oscar.

Premiers pas sur scène[modifier | modifier le code]

En 1942, à l’âge de 28 ans, il décide de devenir comédien, et s’inscrit au cours Simon, réussissant son concours d’entrée grâce à une interprétation d’une scène des Fourberies de Scapin, de Molière[18]. Même s’il n’y fait qu’un court passage[19], il croise dans le cours d'autres apprentis comédiens, comme Daniel Gélin, qui lui permet de débuter plus tard dans la pièce L'Amant de paille de Marc-Gilbert Sauvajon.

« Un hasard prodigieux. Je descendais d’un wagon de première dans le métro et Daniel Gélin, déjà croisé au cours René-Simon, montait dans un wagon de seconde. La porte allait se refermer lorsqu’il me crie : « Téléphone-moi demain. J’ai un petit rôle pour toi[18] ». »

— Louis de Funès

Daniel Gélin donnera cependant une version un peu différente de leur rencontre sur le quai de métro dans son autobiographie[20]. À côté de quelques petites figurations théâtrales, l’acteur se démène pour gagner sa vie grâce à ses activités de pianiste, donnant parfois des cours le jour, puis jouant la nuit à travers le Paris nocturne[21].

En 1945, toujours grâce à Daniel Gélin, que de Funès surnommait « Ma Chance » lorsqu’il le croisait[22], il débute au cinéma dans La Tentation de Barbizon, de Jean Stelli. Dans le petit rôle du portier du cabaret Le Paradis, il prononce sa première réplique à l'écran en voyant un client (interprété par Pierre Larquey) qui essaye de passer à travers une porte fermée : « Ben, il a son compte celui-là, aujourd’hui ! » L'acteur enchaîne dès lors silhouettes, figurations et petits rôles. Quelquefois, il incarne même plusieurs personnages dans un même film, comme pour Du Guesclin de Bernard de Latour, en 1948, où il tient tour à tour les rôles de mendiant, de chef de bande, d'astrologue et de seigneur[23]. En 1949, il joue dans Pas de week-end pour notre amour, une comédie conçue autour du ténor-vedette de l'époque, Luis Mariano ; de Funès y tient le rôle secondaire du domestique-pianiste du baron (joué par Jules Berry), ce qui lui permet d'accompagner à l'écran des airs d'opérettes et autres morceaux de facture classique, mais également de jazz[n 5].

L'ascension[modifier | modifier le code]

En 1950, il est pianiste-comédien dans la troupe Les Burlesques de Paris de Max Révol lorsque Sacha Guitry lui confie plusieurs petits rôles, notamment dans La Poison (1951), Je l'ai été trois fois (1952), Si Paris nous était conté (1955) et surtout La Vie d'un honnête homme (1953), où il a un rôle un peu plus consistant de valet de chambre « obséquieux et fourbe, presque inquiétant l'espace d'un plan[24] ». Dans ce film, son personnage s'affine un peu plus — « il apparaît « au naturel », sans grimace ni moustache[24] » — et il est associé pour la première fois à Claude Gensac. En 1952, il rejoint la troupe des Branquignols dirigée par Robert Dhéry, bien que les circonstances de la rencontre entre de Funès et Dhéry varient considérablement en fonction des auteurs. Il débute d’abord dans la revue Bouboute et Sélection.

« En 1952, mon père jouait La Puce à l'oreille de Feydeau [...]. À la fin de la représentation, mon père courait au petit théâtre Vernet [...] pour apparaître dans le premier sketch de Bouboute et Sélection [...] puis, il reprenait le métro pour rejoindre le cabaret où il incarnait un clochard[25] »

— Olivier de Funès

Puis il officie dans Ah ! les belles bacchantes en 1953. Cette revue obtient un grand succès[26] – deux années de représentations – et contribue à le faire connaître[27]. De plus, intégré dans une troupe dédiée au comique, l’acteur va perfectionner sa technique. Il tourne ses premiers films en couleurs l’année suivante dans l’adaptation à l’écran du spectacle par Jean Loubignac, mais aussi dans La Reine Margot de Jean Dréville, tourné avant, mais sorti en salles après. Cette même année, il joue face à Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes d’Henri Verneuil et pour la première fois face à Bourvil dans Poisson d’avril de Gilles Grangier. Jean-Paul Le Chanois, après lui avoir confié deux petits rôles dans Sans laisser d'adresse (1951) et Agence matrimoniale (1952), lui offre le second rôle de M. Calomel dans la comédie populaire à succès Papa, maman, la bonne et moi (1954) et sa suite Papa, maman, ma femme et moi (1956). Courant les cachets, il tourne en 1954 pas moins de dix-huit films dans lesquels il n'obtient que des seconds rôles[28].

En 1956, il obtient un début de reconnaissance[29] au cinéma dans La Traversée de Paris, de Claude Autant-Lara, où il joue l’épicier Jambier. Il s’impose avec force face à Jean Gabin et Bourvil, dans une prestation de quelques minutes au cours de laquelle il dessine en quelque sorte son futur personnage[30] : lâche devant « le fort » (Jean Gabin) et colérique devant « le faible » (Bourvil). Même si le film a atteint aujourd’hui le statut de film culte, il connaît à sa sortie un succès public pour son « discours continûment ambivalent[31] ». Dès l’année suivante, Maurice Regamey lui offre son premier rôle principal dans Comme un cheveu sur la soupe. Son interprétation d'un compositeur suicidaire vaut à l’acteur le Grand Prix du rire 1957, sa première récompense et le film, « petite production sans prétention, qui aurait dû passer inaperçue, [...] tient l'affiche de très longues semaines[32]. » Toujours en 1957, il est la tête d’affiche de Ni vu, ni connu, d’Yves Robert, dans le rôle du braconnier Blaireau. Accompagné de son chien Fous le camp, cet « avatar rural de Guignol[33] » brave toutes les formes d'autorité et finit toujours par échapper au garde-chasse. Le film est un beau succès à sa sortie et vaut à l'acteur quelques articles laudateurs dans la presse, à l'instar de l'hebdomadaire France Dimanche, qui, dans son numéro du 20 septembre 1957, titre à la une :

« Louis de Funès, l'acteur le plus drôle de France[34] »

— France Dimanche

Il tient encore un rôle principal en 1958 dans Taxi, Roulotte et Corrida, d’André Hunebelle, tourné en Espagne, qui connaît un certain succès avec 2,542 millions d’entrées. Pourtant, la progression de sa carrière au cinéma marque une pause, et l’acteur va retourner à des films ou des rôles moins importants pour quelque temps.

Deux rôles décisifs[modifier | modifier le code]

C’est d’abord au théâtre que la carrière du comédien va connaître une nouvelle accélération. Depuis ses débuts, l’acteur ne s’est jamais éloigné des planches et il reprend notamment, en 1957, aux côtés de Danielle Darrieux et Robert Lamoureux, le rôle créé par Raimu dans Faisons un rêve de Sacha Guitry. Le biographe de l’auteur, Jacques Lorcey, note : « Ce sera la dernière grande joie de notre Sacha [Guitry]. [...] Ce succès, obtenu par des vedettes tellement différentes des créateurs lui apporte la certitude que son théâtre lui survivra[35]. »

En septembre 1959 pour les tournées Karsenty, il débute les répétitions d'Oscar, une pièce de Claude Magnier créée à Paris l'année précédente avec Pierre Mondy et Jean-Paul Belmondo. À partir du 1er octobre, commencent les cent jours d’une tournée en province et au Maghreb. Le succès est tel qu'on lui propose de reprendre la pièce à Paris en janvier 1961. D’abord hésitant, il accepte finalement[36]. La pièce est un énorme succès et sur scène, il multiplie les improvisations et les prouesses physiques :

« Louis [de Funès] était carrément génial dans Oscar. Génial d'invention, de burlesque. Il avait amélioré le rôle[37]. »

— Pierre Mondy, créateur du rôle repris par de Funès.

L’acteur reprendra « ce rôle fétiche » dans l’adaptation cinématographique de la pièce réalisée par Édouard Molinaro en 1967, puis à nouveau sur scène au début des années 1970 dans une mise en scène de Pierre Mondy.

En parallèle, il continue à tourner au cinéma comme en 1961 dans un petit rôle de barman dans Le crime ne paie pas, le troisième film réalisé par Gérard Oury. Lors du tournage, alors qu'il tient le seul rôle comique du film, de Funès essaie de convaincre le réalisateur qu'il est fait pour tourner des films comiques : « Quant à toi, tu es un auteur comique, et tu ne parviendras à t'exprimer vraiment que lorsque tu auras admis cette vérité-là[38]. » La même année, il tient le double rôle des jumeaux Viralot, l'un chef du personnel et l'autre commissaire, dans La belle américaine de Robert Dhéry. L'année suivante, il incarne un restaurateur colérique et cupide face à Jean Gabin dans Le Gentleman d’Epsom de Gilles Grangier. En 1963, il retrouve la tête d’affiche avec Jacqueline Maillan dans Pouic-Pouic, l’adaptation par Jean Girault de la pièce de boulevard Sans cérémonie, qu’il avait écrite avec Jacques Vilfrid. De Funès avait participé à la création de la pièce en 1952 — il tenait le rôle du maître d’hôtel incarné par Christian Marin dans le film — mais la pièce n’avait pas connu le succès. Finalement, malgré cet insuccès et les difficultés rencontrées par le réalisateur auprès des producteurs pour monter le projet autour de l'acteur[39], ce film lui permet de retrouver un large public et marque le départ de la seconde partie de sa carrière qui ne verra plus sa popularité fléchir.

Dans Oscar comme dans Pouic-Pouic, de Funès incarne un homme aisé et irascible, ayant des difficultés avec sa progéniture : il décline son « personnage fétiche inspiré du Pantalon » de la commedia dell'arte[40]. Il a alors créé son personnage comique : colérique, autoritaire, grimaçant, tout en énergie et « a gommé certaines outrances qui le parasitaient dans les années 1950[41]. »

Consécration[modifier | modifier le code]

Pouic-Pouic où de Funès incarne un boursicoteur harcelé par les histoires de famille et les péripéties domestiques, marque aussi le début de sa collaboration avec le réalisateur Jean Girault, également musicien[42], qui le fera jouer dans douze films : Pouic-Pouic (1963), Faites sauter la banque ! (1964), la série des Gendarme (six films entre 1964 et 1982), Les Grandes Vacances (1967), Jo (1971), L'Avare (1980) et La Soupe aux choux (1981). Malgré les réticences des producteurs qui auraient préféré Darry Cowl ou Francis Blanche[43], Girault impose de Funès dans le rôle de Ludovic Cruchot, le héros du Gendarme de Saint-Tropez. Le film rencontre un succès considérable et installe l’acteur en haut du box-office pour la première fois. À peine deux mois plus tard, de Funès triomphe à nouveau dans le rôle du commissaire Juve de Fantômas. Dans ce film, construit sur la double composition (Fantômas/Fandor) de Jean Marais dans le premier rôle, de Funès transfigure son personnage[n 6] et éclipse ses partenaires[44]. Pendant que les succès populaires s’accumulent, il tourne Le Corniaud, réalisé par Gérard Oury, et où il partage l’affiche avec Bourvil. La sortie du film en mars 1965 est un nouveau triomphe (près de douze millions de spectateurs). En 1966, il joue le rôle d'un directeur de restaurant dans Le Grand Restaurant, puis d'un chef d'orchestre tyrannique de la France occupée dans La Grande Vadrouille, de nouveau avec Bourvil comme partenaire et Oury comme réalisateur. Le film connaît un succès colossal et a longtemps détenu le record du plus grand nombre de places de cinéma vendues en France[n 7] (plus de 17 millions de spectateurs).

S'appuyant sur sa nouvelle popularité, certains de ses films ressortent sous de nouveaux titres. Ainsi, en janvier 1969, ressortent[45] Les Bons Vivants de Gilles Grangier (1965) sous le titre Un grand seigneur, Certains l'aiment froide de Jean Bastia (1959) sous le titre Les râleurs font leur beurre et[46] Dans l'eau qui fait des bulles de Maurice Delbez (1961) sous le titre Le garde-champêtre mène l'enquête.

La Folie des grandeurs de Gérard Oury doit marquer les retrouvailles de de Funès et Bourvil, mais la mort de ce dernier interrompt le projet. Simone Signoret suggère alors le nom de Yves Montand à Oury[47], qui perçoit le potentiel du duo :

« J'avais conçu pour Bourvil un rôle de valet de comédie genre Sganarelle. Montand sera plus proche de Scapin[48]. »

— Gérard Oury

Le tournage démarre après quelques modifications du scénario, et le film est un grand succès avec plus de 5,5 millions d'entrées à sa sortie en 1971.

Retour au théâtre[modifier | modifier le code]

Le château de Clermont, acquis par le couple de Funès en 1967.
Le château de Clermont, acquis par le couple de Funès en 1967[49].

Fin novembre 1971, au théâtre du Palais-Royal, il reprend Oscar, qu’il joue presque chaque soir, avec son fils Olivier, jusqu’à septembre 1972 avec une interruption pendant l’été (Oscar est jouée plus de quatre cents fois). À partir de mars 1973, il s’investit énormément dans le tournage des Aventures de Rabbi Jacob qui sort le 18 octobre de la même année, en acceptant de danser le célèbre ballet hassidique[50]. C'est un nouveau triomphe avec plus de sept millions de spectateurs. Le lendemain, le comédien est à nouveau sur les planches à la comédie des Champs-Élysées, pour ce qui fut sa dernière apparition au théâtre. Jusqu’au 25 avril 1974, il joue presque deux cents fois la pièce de Jean Anouilh, La Valse des toréadors[51].

À partir de là, il se repose au château de Clermont où le couple de Funès est souvent allé en vacances, car il était la propriété de Charles Nau de Maupassant[n 8], époux d'une tante paternelle de Jeanne de Funès, qui à la mort de celle-ci en 1963 hérite de la moitié du château. Après négociations avec les cohéritiers, le couple peut acquérir en 1967 le château inhabité depuis six ans[49], situé au Cellier en Loire-Atlantique ; il jardine beaucoup et refuse d’entreprendre quoi que ce soit en prévision du tournage très physique du prochain film de Gérard Oury, qui doit s'intituler Le Crocodile. Dans ce film, dont le premier tour de manivelle est prévu pour mai 1975, et où il prévoit de donner la réplique à Régine Crespin, Aldo Maccione et Charles Gérard, Louis de Funès doit jouer le rôle d’un dictateur sud-américain, « un petit colonel cupide, teigneux, couard avec des faiblesses : le fric, sa femme, son fils[52] ».

Santé précaire[modifier | modifier le code]

Lors du tournage du film Le Gendarme et les Extra-terrestres.

Le 21 mars 1975, alors que de Funès joue sur scène La Valse des toréadors, il ressent une douleur dans le bras. Il a alors une tension artérielle qui préoccupe ses proches. Le 30 mars, après avoir ressenti quelques jours avant une douleur à la poitrine, celui-ci est admis à l'hôpital Necker, où les douleurs reprennent. Les médecins diagnostiquent à ce moment un infarctus. Cela l'oblige à stopper les représentations de la pièce et la pré-production du film Le Crocodile qui est très avancée[53],[54]. Victime d'un second infarctus, il reste plus de deux mois à l'hôpital[55]. Il doit par la suite suivre un régime alimentaire adapté, sans boissons alcoolisées ou caféinées et s'abstenir de consommer des plats caloriques ce qui explique les raisons de son amaigrissement et son état diminué à partir de L'Aile ou la Cuisse[56]. Il doit ralentir son rythme de travail et renonce définitivement à sa carrière théâtrale, incompatible avec son état[57]. Sa carrière au cinéma est aussi compromise car outre sa condition physique amoindrie, les risques de rechute font que les assureurs ne veulent plus prendre le risque de le couvrir pour un film. Déterminé, le producteur Christian Fechner réussit finalement à obtenir un accord pour une assurance de deux semaines et prend le risque de produire L'Aile ou la Cuisse avec seulement une petite partie du tournage assurée[8]. Pour le grand retour de Louis de Funès, Christian Fechner souhaite attribuer le rôle de son fils Gérard, le partenaire principal, au nouveau comique montant du cinéma français : Pierre Richard. Ce dernier va revenir sur son accord après avoir lu le scénario. Il expliquera par la suite que son rôle ne lui plaisait pas et que le scénario dans son ensemble ne l’avait pas convaincu[58]. Ce sera donc Coluche qui partagera l'affiche avec de Funès. Lorsque le film sort le 27 octobre 1976, le public français plébiscite son retour – presque six millions d’entrées.

L'acteur continue à tourner mais à un rythme beaucoup moins soutenu qu'à ses débuts, comme La Zizanie avec Annie Girardot en 1978 ou Le Gendarme et les Extra-terrestres en 1979. Il appréhende son comique d'une nouvelle manière, parce que reconnaît-il :

« [...] je ne peux plus faire de la brutalité. Cette brutalité, cette colère est un produit que j'avais fabriqué pour un rôle et tous les metteurs en scène m'ont demandé ce produit [...] Désormais, ce comique ne m'intéresse plus[59] »

— Louis de Funès

Son médecin est toujours sur le plateau, ainsi qu’une ambulance.

Tombe de Louis de Funès au Cellier.

En 1980, le comédien réalise un vieux rêve : adapter au cinéma une pièce de Molière et en réaliser une version à son image. C’est ainsi que L’Avare arrive sur les écrans de cinéma, mais ne rencontre qu’un modeste succès auprès du public (en 1964 déjà, il avait enregistré sur un disque 33 tours six textes de pièces de Molière, dont des extraits de L'Avare, et dix fables de Jean de La Fontaine). Cette même année 1980, il reçoit cependant un César d’honneur pour l’ensemble de sa carrière, des mains de Jerry Lewis. Plus tard, un de ses fils lui conseille de lire un roman de René Fallet intitulé La Soupe aux choux qui, selon lui, a le potentiel pour pouvoir « faire un bon film ». Une adaptation au cinéma est tournée en compagnie de Jean Carmet et de Jacques Villeret, qui connaîtra un beau succès au box-office (3 093 319 entrées[60]).

Le Gendarme et les Gendarmettes est son dernier film. En décembre 1982, il part en famille quelques jours à la montagne, mais l'altitude le fatigue beaucoup et doit au Cellier. Dans la soirée du 27 janvier 1983, il part se coucher car il se dit très fatigué. En réalité victime d'un nouvel infarctus, il est emmené d'urgence en ambulance au Centre hospitalier universitaire de Nantes où il décède à vingt heures trente. Tous les médias ont fait leur une sur ce qui est vécu comme un drame national[61].

Bien que les obsèques soient prévues « dans la stricte intimité », plus de 3 000 personnes sont présentes dans l'église Saint-Martin du Cellier, bondée, dont certains compagnons de jeu comme Jean Carmet ou Michel Galabru, mais également des personnalités comme Mme Giscard d'Estaing, la femme de l'ancien président de la République[62]. Il est enterré au cimetière du Cellier le 29 janvier 1983.

Louis de Funès travaillait à cette époque sur le projet de film Papy fait de la résistance, qui lui sera dédié[63]. Il devait en effet en incarner le rôle-titre, mais à la suite de son décès, c’est son vieux complice des Gendarmes, Michel Galabru, qui obtient le rôle. En hommage au comique, de nombreux comédiens ayant tourné avec lui, notamment Jacqueline Maillan, Jacques Villeret, Jean-Claude Brialy, Jean Carmet, Jacques François et Julien Guiomar, font une apparition dans le film.

Ressorts humoristiques[modifier | modifier le code]

Selon le comédien Dominique Zardi, le « roi des troisièmes couteaux »[64] avec plus de cinq cents films à son actif dont une dizaine aux côtés de Louis de Funès, ce dernier était un acteur déjà très perfectionniste à ses débuts. Il déclare à son sujet que « c'est d'ailleurs pour ça que beaucoup de gens l'ont considéré comme un voleur de rôles car dès qu'il apparaissait à l'écran, c'était fini, il emportait tout et on ne voyait que lui[65]. » Les critiques de cinéma sont partagés sur son talent, certains louent le « comique complexe » du numéro 1 du « comique à la française »[61], même si d'autres considèrent très dommageable que, comme d'autres grandes vedettes françaises, hormis pour quelques films comme L'Avare, il n'ait « pas toujours [eu] la main heureuse dans le choix de [ses] metteurs en scène »[61]. Pierre Bouteiller, critique sur France Inter, relativise cela en rappelant qu'« on allait voir un film de de Funès, on n'allait pas voir un film avec de Funès[61] ».

Les capacités du comédien à mimer et à faire des grimaces sont les principaux aspects de son humour. Le mime est pour lui essentiel pour ponctuer ses mots : « Quand on décrit une forme de bouteille avec ses deux mains, expliquait-il en joignant le geste à la parole, la bouteille est là, on la voit. Elle flotte un instant dans l’espace, même quand le geste est terminé. »[66] Il joue aussi beaucoup sur la répétition dans une scène de ses gestes ou paroles. De plus, le ressort de son humour est aussi capté dans le caractère excessif des sentiments et émotions qu’il exprime, que ce soit la peur ou le désespoir – feint ou réel – de son personnage. Il excelle en particulier dans l’expression de la colère : grognements, bruits de la bouche, gifles répétitives sur les autres personnages, grands gestes, etc. Ses rôles se prêtaient volontiers à ce jeu : ses personnages sont souvent hypocrites, antipathiques, sans être, la plupart du temps, méchants ou incapables de rédemption. De Funès disait que rien ne le faisait plus rire, dans la vie courante, qu’une personne en engueulant une autre, sans que cette dernière puisse répliquer. Il évitait les ressorts sentimentaux. Ainsi il n'a donné que trois baisers de cinéma de toute sa carrière : le premier dans le film le Dortoir des grandes d’Henri Decoin où il embrasse l'actrice Line Noro sur la bouche[67],[n 9] ; le deuxième dans Comme un cheveu sur la soupe dans la scène finale où il demande à Noëlle Adam qui l'a embrassé sur la joue de l'embrasser sur la bouche ; enfin dans La Zizanie, où de Funès et Annie Girardot se font un bref baiser.

Sa petite taille (1,64 m[68]) contrastait avec celle de ses partenaires plus grands (par exemple Bourvil avec 1,70 m, dans la moyenne nationale, et Yves Montand qui s'approchait des 1,85 m) et ajoutait un autre élément comique au personnage.

Art du déguisement[modifier | modifier le code]

Même s’il n’a pas souvent eu l’occasion d’y recourir dans les nombreux films auxquels il a participé, de Funès portait volontiers des déguisements pour accentuer, parfois jusqu’à l'outrance, les situations comiques dans lesquelles il faisait évoluer ses personnages[69].

On peut retenir parmi tous ces déguisements et caricatures : son déguisement en poète maniéré portant une perruque dans Le Grand Restaurant, en femme voilée, en général et en Thierry la fronde dans Le Gendarme de Saint-Tropez, en Chinois et en policier américain dans Le Gendarme à New York, en marin, en buisson et en hippie dans Le Gendarme en balade, en religieuse dans Le Gendarme et les Extra-terrestres, en gendarmette dans Le Gendarme et les Gendarmettes, en pirate, en évêque et en colonel de l'armée italienne dans Fantômas se déchaîne, en Écossais portant le kilt et en fantôme dans Fantômas contre Scotland Yard, en marin belge[n 10] dans Les Grandes Vacances, en kayakiste dans Le Petit Baigneur sans oublier les costumes de la Belle Époque dans Hibernatus, en mécanicien dans Le Corniaud, en soldat allemand au casque trop grand dans La Grande Vadrouille, en dame de la cour dans La Folie des grandeurs, en rabbin hassidique dans Les Aventures de Rabbi Jacob, en vieille femme, en Américain et en chauffeur dans L'Aile ou la Cuisse, en Harpagon dans L'Avare mais on retiendra avant tout son déguisement de gendarme dans La saga des gendarmes.

Des duos célèbres[modifier | modifier le code]

Le talent du comédien fonctionnait bien dans le cadre de duos réguliers ou occasionnels avec des acteurs très divers. Claude Gensac, connue pour le surnom que Cruchot lui donne dans la série des Gendarmes : « Ma biche », fut la complice féminine des personnages de de Funès ; elle a souvent joué sa femme à l’écran, à tel point que beaucoup de Français croyaient (et croient encore) que Claude Gensac était aussi sa femme dans la vie[70]. Elle a en fait joué avec lui dans onze films répartis sur une période de trente ans. Ils font connaissance au début de l'année 1952 lorsqu'elle est encore fiancée à Pierre Mondy, le partenaire de de Funès dans la pièce La Puce à l'oreille. Lors de leur première rencontre effective au cinéma (fin 1952 dans La Vie d'un honnête homme, un mois après leur confrontation théâtrale dans Sans cérémonie), et alors qu'ils forment un duo de serviteurs, elle apparaît à demi dénudée sous la main baladeuse de Michel Simon.

Michel Galabru (ici en 2008), un des partenaires réguliers de Louis de Funès.

L'acteur a aussi beaucoup joué avec Michel Galabru, son supérieur dans la série des Gendarmes, en lui servant de faire-valoir burlesque. Plusieurs scènes de La Folie des grandeurs sont restées célèbres, comme le réveil avec les rimes en « or » ou le nettoyage des oreilles[71],[72],[73], et font tout de suite penser à Yves Montand. Louis de Funès a aussi joué de célèbres scènes avec Coluche dans L'Aile ou la Cuisse. Mais son duo le plus marquant est celui formé avec Bourvil dans Le Corniaud et surtout dans La Grande Vadrouille[74].

Il a aussi joué avec son fils, Olivier de Funès, dans Les Grandes Vacances, L'Homme orchestre, Le Grand Restaurant, Sur un arbre perché, Fantômas se déchaîne et Hibernatus. D'autres acteurs ont joué plusieurs fois avec lui, comme Bernard Blier (Les Hussards, Jo et Le Grand Restaurant), Jean Gabin (Le Tatoué, La Traversée de Paris et Le Gentleman d'Epsom), Jean Marais (Le Capitaine Fracasse, Fantômas, Fantômas se déchaîne et Fantômas contre Scotland Yard), Maurice Risch (Les Grandes Vacances, Le Grand Restaurant, La Zizanie et certains épisodes du Gendarme de Saint-Tropez), Michel Simon (La Vie d'un honnête homme)… Il fut également aux côtés de Fernandel dans Le Mouton à cinq pattes, Mam'zelle Nitouche et Boniface somnambule au cinéma[n 11], ainsi que sur disque dans Un client sérieux de Georges Courteline en 1954. Il a également joué avec le duo Guy Grosso et Michel Modo dans La série des Gendarmes ou encore Le Grand Restaurant et aussi dans des films où les deux acteurs jouent des rôles secondaires comme Le Corniaud, La Grande Vadrouille, L'Avare, etc.

Ses partenaires principaux incluent :

Outre les acteurs, Louis de Funès a régulièrement collaboré avec les mêmes réalisateurs et scénaristes, et particulièrement Jean Girault, qui le laissait libre dans son jeu et dans ses improvisations. Les deux hommes ont travaillé sur douze films : Pouic-Pouic, Faites sauter la banque !, la série des Gendarmes, Les Grandes Vacances, Jo, L'Avare et La Soupe aux choux. Ils ont même réalisé L'Avare ensemble. À part ce film et La Soupe aux choux, les films réalisés par Jean Girault ont été écrits avec Jacques Vilfrid. L'acteur a également collaboré à quatre reprises avec Gérard Oury, qui lui a offert ses plus grands succès : Le Corniaud, La Grande Vadrouille, La Folie des grandeurs et Les Aventures de Rabbi Jacob. Une cinquième collaboration a même été envisagée : Le Crocodile. Mais le double-infarctus de Louis de Funès a fait tomber le projet à l'eau. Jean Halain est l'auteur de nombreux scénarios de films mettant en vedette Louis de Funès : la trilogie des Fantômas, Le Grand Restaurant, Oscar, Hibernatus, L'Homme orchestre, Sur un arbre perché et L'Avare. L'acteur a également prononcé les mots de Michel Audiard dans Les dents longues, Le Gentleman d'Epsom, Des pissenlits par la racine, Une souris chez les hommes et Les Bons Vivants.

Sens artistique et musical inné[modifier | modifier le code]

Selon Colette Brosset[75], Louis de Funès avait la musique et la danse dans la peau. Sa capacité à assimiler et à servir une chorégraphie était étonnante[76]. Ses arabesques font merveille[77] dans les films comme Ah ! les belles bacchantes, Le Grand Restaurant, L’Homme orchestre ou Les Aventures de Rabbi Jacob. Perfectionniste, il indiquera par rapport à sa célèbre prestation de danse hassidique :

« Il faut que je danse aussi bien que les danseurs juifs. L'effet comique ne vient pas du ridicule, au contraire ![78] »

— Louis de Funès

Ses talents de pianiste apparaissent également dans les films suivants : Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey, Je n’aime que toi, de Pierre Montazel, Frou-Frou, d'Augusto Genina, ou encore Ah ! les belles bacchantes, de Jean Loubignac (avec Francis Blanche au chant, dans Chanter sous le soleil, des célèbres Bouvart et Ratinet). Travailleur acharné, par respect pour les artistes professionnels, il préfère éviter paradoxalement le piano loisirs[79].

Succès et reconnaissance[modifier | modifier le code]

Les films dans lesquels a joué de Funès ont attiré plus de cent soixante millions de spectateurs en France[80] (ce qui représente plus de trois fois la population totale du pays). Entre 1964 et 1979, sept de ces films sont no 1 (en 1964, 1965, 1966, 1967, 1970, 1973 et 1979) au box-office.

La Grande Vadrouille est no 3 au box-office des films français. En 2012, c’est le 5e film ayant cumulé le plus d’entrées en France dans l’histoire du cinéma, derrière Titanic (1998), de James Cameron, Bienvenue chez les Ch'tis (2008), de Dany Boon, Blanche-Neige et les Sept Nains de Walt Disney et Intouchables (2011) d'Olivier Nakache et Éric Toledano.

Par ailleurs, en 1967, de Funès a joué dans trois films parmi les mieux classés : no 1 avec Les Grandes Vacances, no 2 avec Oscar et no 5 avec Fantômas contre Scotland Yard.

Box-office France[modifier | modifier le code]

Liste des films avec Louis de Funès ayant attiré au moins un million de spectateurs en France.

Sources : Filmographie de Louis de Funès pour le nombre d'entrées de chaque film et jpbox-office.com, Bilan annuel pour le n°1 du box-office annuel.

Film Année Réalisateur Classement Nombre d'entrées no 1 du box-office annuel
La Grande Vadrouille 1966 Gérard Oury 1er 17 272 987 -
Le Corniaud 1965 Gérard Oury 1er 11 740 438 -
Le Gendarme de Saint-Tropez 1964 Jean Girault 1er 7 809 334 -
Les Aventures de Rabbi Jacob 1973 Gérard Oury 1er 7 295 811 -
Les Grandes Vacances 1967 Jean Girault 1er 6 986 917 -
Le gendarme se marie 1968 Jean Girault 2e 6 828 626 Le Livre de la jungle (15 288 124 entrées)
Le Gendarme et les Extra-terrestres 1979 Jean Girault 1er 6 280 070 -
Oscar 1967 Édouard Molinaro 2e 6 122 041 Les Grandes Vacances (6 986 917 entrées)
L'Aile ou la Cuisse 1976 Claude Zidi 2e 5 842 400 Les Dents de la mer (6 261 327 entrées)
La Folie des grandeurs 1971 Gérard Oury 4e 5 563 160 Les Aristochats (12 481 726 entrées)
Le Petit Baigneur 1968 Robert Dhéry 4e 5 542 796 Le Livre de la jungle (15 288 124 entrées)
Le Gendarme à New York 1965 Jean Girault 4e 5 495 045 Le Corniaud (11 740 438 entrées)
La Traversée de Paris 1956 Claude Autant-Lara 4e 4 893 174 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Le Gendarme en balade 1970 Jean Girault 1er 4 870 673 -
Fantômas 1964 André Hunebelle 5e 4 492 419 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Le Gendarme et les Gendarmettes 1982 Jean Girault 4e 4 209 139 E.T. l'extra-terrestre (7 881 332 entrées)
Fantômas se déchaîne 1965 André Hunebelle 6e 4 163 000 Le Corniaud (11 740 438 entrées)
La Belle Américaine 1961 Robert Dhéry 9e 4 151 247 Les Canons de Navarone (10 197 729 entrées)
Le Grand Restaurant 1966 Jacques Besnard 8e 3 878 520 La Grande Vadrouille (17 270 304 entrées)
Fantômas contre Scotland Yard 1967 André Hunebelle 5e 3 557 971 Les Grandes Vacances (6 986 917 entrées)
Hibernatus 1969 Édouard Molinaro 5e 3 366 973 Il était une fois dans l'Ouest (14 862 764 entrées)
Le Tatoué 1968 Denys de La Patellière 8e 3 211 778 Le Livre de la jungle (15 288 124 entrées)
Le Capitaine Fracasse 1961 Pierre Gaspard-Huit 15e 3 152 121 Les Canons de Navarone(10 197 729 entrées)
La Soupe aux choux 1981 Jean Girault 9e 3 093 319 La Chèvre (7 080 137 entrées)
La Bande à papa 1956 Guy Lefranc 24e 2 913 256 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Les Hussards 1955 Alex Joffé 26e 2 875 093 Vingt mille lieues sous les mers (9 619 259 entrées)
La Zizanie 1978 Claude Zidi 9e 2 798 787 Midnight Express (5 973 695 entrées)
Ah ! les belles bacchantes 1954 Jean Loubignac 26e 2 629 305 Si Versailles m'était conté (6 986 788 entrées)
Taxi, Roulotte et Corrida 1958 André Hunebelle 21e 2 542 671 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
Ni vu, ni connu 1958 Yves Robert 22e 2 510 837 Les Dix Commandements (14 229 745 entrées)
Jo 1971 Jean Girault 13e 2 466 966 Les Aristochats (12 481 726 entrées)
L'Avare 1980 Jean Girault et
Louis de Funès
12e 2 433 452 La Boum (4 378 430 entrées)
Pouic-Pouic 1963 Jean Girault 15e 2 169 854 La Grande Évasion (8 756 631 entrées)
L'Homme orchestre 1970 Serge Korber 15e 2 141 879 Le Gendarme en balade (4 870 673 entrées)
Nous irons à Deauville 1962 Francis Rigaud 25e 1 986 165 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Faites sauter la banque ! 1964 Jean Girault 20e 1 918 785 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Le Diable et les Dix Commandements 1962 Julien Duvivier 27e 1 848 021 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Comme un cheveu sur la soupe 1957 Maurice Régamey 32e 1 829 310 Le Pont de la Rivière Kwaï (13 481 750 entrées)
Courte Tête 1957 Norbert Carbonnaux 33e 1 825 624 Le Pont de la Rivière Kwaï (13 826 124 entrées)
Le Gentleman d'Epsom 1962 Gilles Grangier 29e 1 726 833 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Certains l'aiment froide 1960 Jean Bastia 34e 1 724 638 Ben Hur (13 826 124 entrées)
Candide ou l'Optimisme au XXe siècle 1960 Norbert Carbonnaux 15e 1 670 988 Ben Hur (13 826 124 entrées)
Sur un arbre perché 1971 Serge Korber 18e 1 622 836 Les Aristochats (12 481 726 entrées)
Des pissenlits par la racine 1964 Georges Lautner 25e 1 517 887 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Les Veinards 1963 Jack Pinoteau 37e 1 511 419 La Grande Évasion (8 756 631 entrées)
Les Bons Vivants 1965 Georges Lautner 26e 1 391 061 Le Corniaud (11 739 783 entrées)
Un drôle de caïd 1964 Jacques Poitrenaud 29e 1 353 277 Le Gendarme de Saint-Tropez (7 809 334 entrées)
Bonjour sourire 1956 Claude Sautet 40e 1 256 883 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)
Les Tortillards 1960 Jean Bastia 41e 1 238 956 Ben Hur (13 826 124 entrées)
Carambolages 1963 Marcel Bluwal 47e 1 180 396 La Grande Évasion (8 756 631 entrées)
La Vendetta 1962 Jean Chérasse 35e 1 153 684 Le Jour le plus long (11 933 629 entrées)
Bébés à gogo 1956 Paul Mesnier 42e 1 069 206 Michel Strogoff (6 868 854 entrées)

Rayonnement international[modifier | modifier le code]

Outre la France, les films de Louis de Funès ont connu une grande popularité dans divers pays européens, comme l'Italie, le Royaume-Uni[81] et l'Allemagne, mais également l'URSS et sa zone d'influence d'Europe de l'Est[82]. Il est ainsi particulièrement célèbre en République tchèque[83], où il fut doublé au début des années 1960 par le célèbre acteur tchèque František Filipovský[n 12], dont de Funès déclara à son sujet qu'il fut son meilleur doubleur, certains fans tchèques n'hésitant pas à préférer sa voix à l'original. Encore aujourd'hui, la série des Gendarmes reste populaire pour les Tchèques[84].

Malgré son succès européen, de Funès reste relativement inconnu aux États-Unis jusqu'en 1973-1974 et ses fameuses Aventures de Rabbi Jacob, nommées pour un Golden Globe du meilleur film étranger en 1975.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Louis de Funès, comparé aux autres artistes de son époque et au nombre de films qu'il a tournés, n'a pas reçu un nombre très important de récompenses. En 1957, il reçoit le premier prix de sa carrière, le Grand Prix du rire, pour son rôle dans Comme un cheveu sur la soupe de Maurice Regamey[85]. Huit ans plus tard, lors de la 20e nuit du cinéma au théâtre Marigny, fin octobre 1965, Gina Lollobrigida lui remet une Victoire du cinéma pour son rôle dans Le Gendarme de Saint-Tropez[86]. En 1967, il reçoit le prix Georges-Courteline pour son rôle dans le film Les Grandes Vacances[87]. Le 15 mars 1973, il est fait chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur[51] et début 1980, il reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière, remis par Jerry Lewis[88]. Le prix Jean-Gabin, décerné de 1981 à 2008, a été créé à son initiative[89]. Enfin, de façon posthume, Louis de Funès sera classé 17e des 100 plus grands Français de tous les temps, classement établi en mars 2005 pour la chaîne de télévision France 2.

D'autre part, le 7 décembre 1967, il est reçu par le général de Gaulle au palais de l'Élysée pour un dîner officiel, en compagnie de son épouse et d'autres grandes personnalités de la culture[n 13],[90].

Postérité dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Louis de Funès a marqué le cinéma comique français du XXe siècle. Outre les hommages honorifiques classiques tels que l'entreprise horticole Meilland qui décide en 1984 de nommer un cultivar de rose en son hommage — la magnifique rose Louis de Funès — ou encore la poste française qui l'honore d'un timbre postal à son effigie édité en 1998 dans le cadre d’une série consacrée aux acteurs du cinéma français, il a inspiré nombres d'artistes. Ainsi on peut observer ses traits dans l’album de Lucky Luke intitulé Le bandit manchot où un personnage inspiré de lui est l’un des joueurs de cartes professionnels de Poker Gulch, une ville placée sous le signe du jeu[91]. Il est affublé d’un subalterne, un petit malfrat du nom de Double-six, inspiré de l’acteur Patrick Préjean. Dans un autre genre, Valère Novarina a publié aux éditions Actes Sud en 1986 un éloge, Pour Louis de Funès : « Il n’était pas de bon ton de l’apprécier. Ce n’était pas assez chic. Alors que c’était un très grand acteur de théâtre. J’ai fait parler Louis de Funès comme quelqu’un d'autre a fait parler Zarathoustra. »[92]. Ce texte sur Louis de Funès a donné lieu à plusieurs versions pour la scène, notamment celle créée au Théâtre d’Angoulême par Dominique Pinon le 4 décembre 1998, dans une mise en scène de Renaud Cojo. De son côté, Marcel Gotlib utilisera sa plume agile dans le tome III de sa Rubrique-à-brac où il affuble de Funès d'une perruque, pour y supplanter Bourvil dans Le Rectangle vert, librement inspiré du Cercle rouge de Jean-Pierre Melville. Plus récemment, dans les années 2000, Alexandre Astier, véritable admirateur[93], lui dédiera sa série télévisée Kaamelott. On peut d'ailleurs entendre dans la scène finale du dernier épisode de la série, Dies Irae, le thème principal de Jo pendant que la phrase de dédicace apparaît à l'écran. En 2013, le journal Télérama lui consacre un numéro spécial hors-série.

Carrière[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmographie de Louis de Funès.

Louis de Funès a été très prolifique. Ayant donné la réplique à plusieurs centaines d'acteurs, dirigé par plus d'une quarantaine de réalisateurs, outre une décennie où il s'essaya à différentes activités (une demi-douzaine de séries télévisées, une douzaine de doublages, une dizaine de courts métrages) tout en tournant dans les années 1950, il a plus de cent quarante longs métrages à son actif au cours de ses presque quarante années de carrière.

Quelques films majeurs par ordre alphabétique

On peut également noter que Papy fait de la résistance, de Jean-Marie Poiré, projet dans lequel il devait initialement jouer, lui sera dédié[95].

Musique / Discographie[modifier | modifier le code]

Louis de Funès a interprété de nombreuses chansons sur scène, à l'écran ou au disque, parmi lesquelles[96] :

  • 1962 : Pour toi, Dans mes godasses, C'est défendu et Comme la douane dans La Grosse Valse de Robert Dhéry, musique Gérard Calvi, avec Guy Grosso, Michel Modo, Pierre Tornade et Jacques Legras
  • 1967 : Ferme tes yeux mon bébé, mélodie et paroles de « mémé Fourchaume » dans Le Petit Baigneur
  • 1970 : Les Poupons (ou Quand tu fais « La la la - la la »), musique François de Roubaix, paroles Jean Halain et Remo Forlani, dans L'Homme orchestre avec son fils Olivier
  • 1981 (24 décembre) : Le Divin Enfant sur le plateau du Grand Anniversaire, émission de variétés de FR3 animée ce soir-là par Guy Béart.

Il a également enregistré des fables, des pièces de théâtre et des histoires pour enfants (Les Aristochats) sur micro-sillons[97].

  • 1953 : La Tomate présente le Journal de Jules Renard (33T - Phillips - Ref: N 76007R)
  • 1958 : Le Bœuf et l’Âne de la crèche avec Louis de Funès (l’âne) et Jacques Fabbri (le bœuf) (33T - Erato - ref: LDEV 3097)
  • 1958 : Le Bourgeois gentilhomme de Molière, interprété entre autres par Louis de Funès et Bernard Blier (16T - Contrepoint - ref: V 16.25005.30) puis en 33T - Vogue - N° COF.11 (1972)
  • 1959 : Les Fourberies de Scapin de Molière (16T - Contrepoint) puis en 33T - Vogue - N° COF.12 (1972)
  • 1960 : La Grosse Valse (33T - ref: LD 593 30)
  • 1964 : Louis de Funès joue avec les classiques (4 × 45T).
    • Volume 1 (Vogue, EPL 8259)
    • Volume 2 (Vogue, EPL 8260)
      • Jean de La Fontaine : La Cigale et la Fourmi, Le Petit Poisson et le Pêcheur, Le Lion et le Moucheron
      • Jean Racine : Les plaideurs
    • Volume 3 (Vogue, EPL 8261)
      • Jean de La Fontaine : La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, La Montagne qui accouche, Le Chat, la belette et le petit Lapin
      • Nicolas Boileau : Les Embarras de Paris
    • Volume 4 (Vogue, EPL 8262)
      • Jean de La Fontaine : Le Savetier et le Financier
      • Molière : Monologue de l'avare
      • Pierre Corneille : Stances à Marquise
      • Voltaire : La Vanité, Les oui et les non, Épigramme imitée de l'anthologie
  • 1964 : Louis de Funès joue Molière (L'Avare, Les Fourberies de Scapin, Le Bourgeois gentilhomme), La Fontaine (Fable) (33T - Vogue)
  • 1969 : Un client sérieux une comédie de Georges Courteline avec Fernandel (33T - Ref: DECA FM 133522) -. Louis de Funès y tient le rôle du substitut.
  • 1979 : Le Double Disque d'or des enfants collectif dont Louis de Funès (33T - ref : Vg304)
  • 1980 : Louis de Funès raconte les Aristochats (33T - Disneyland Records - ref: ST-3890 F)
  • 1981 : Pour le mercredi de vos enfants avec Bernard Blier, Les Charlots, Danièle Gilbert, Louis de Funès, Jean Chevrier, Pierre Tchernia, Pierre Perret. (33T - Vogue Clvlx 665) Louis de Funès y récite Le Corbeau et le Renard et Le Loup et l’Agneau.
  • Hommage à Louis de Funès (2 × 33T - Vogue - ref:426010)

Bandes originales de films[modifier | modifier le code]

  • 1962 : Le Diable et les Dix commandements, avec Fernandel (45T - barclay 70 466)
  • 1962 : Le Gentleman d'Epson, avec Jean Gabin
  • 1963 : Carambolage, (45T - Vogue - ref: EPL 8098)
  • 1963 : Faites sauter la banque !, (45T - BEL AIR 211 151 M)
  • 1963 : Nous irons à Deauville, avec Sacha Distel (45T - rca victor 86006)
  • 1963 : La Belle Américaine, (45T - Vogue - ref: EPL 7887)
  • 1964 : Le Gendarme de St-Tropez, (33T - Seven Seas - ref : HIT 1402)
  • 1965 : Le Gendarme à New York, (45T)
  • 1965 : Le Corniaud, avec Bourvil (45T - Barclay 70773)
  • 1966 : La Grande Vadrouille, (45T)
  • 1966 : Le Grand Restaurant, (45T - Barclay 70916)
  • 1968 : Le Petit Baigneur, (45T - Vogue - ref: EPL8619)
  • 1970 : L'Homme orchestre, (45T - Philips - ref: 6009 088)
  • 1971 : La Folie des grandeurs, avec Yves Montand (45T - LP - AZ118)
  • 1973 : Les Aventures de Rabbi Jacob, (45T)
  • 1976 : L'Aile ou la Cuisse, (33T - Vogue -LDY 28076)
  • 1978 : La Zizanie, avec Annie Girardot (33T - Waner Bros)
  • 1980 : L'Avare, avec Michel Galabru
    • 45T - Wea - Filipacchi Music - scènes : « Au voleur, au voleur » et scène de la bastonnade
    • 33T - Wea - Filipacchi Music - ref : 68028
    • Coffret 3 × 33T + livret de huit pages (Wea - Filipacchi Music - ref : 68028)

Radio[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du registre d'état civil de la ville de Nantes (Loire-Atlantique) (1983) : Le vingt-sept janvier mil neuf cent quatre-vingt-trois à vingt heures trente minutes, est décédé place Alexis Ricordeau, Louis Germain David de FUNES de GALARZA, acteur, né à Courbevoie (Hauts-de-Seine) le trente et un juillet mil neuf cent quatorze, domicilié au Cellier (Loire-Atlantique) Château de Clermont ; fils de Carlos Louis de FUNES de GALARZA… Et de Leonor Soto REGUERA… Époux de Jeanne Augustine BARTHELEMY. Dresse le vingt-huit janvier mil neuf cent quatre-vingt-trois à quatorze heures quarante minutes, sur la déclaration de Alain MENANTEAU, vingt neuf ans, vaguemestre, domicilié à Gétigné (Loire-Atlantique) rue de la Chénaie, neuf, non parent du défunt qui, lecture faite, et invité à lire l'acte, a signé avec Nous, Annie POTREL épouse BOURGEOIS commis adjoint en cette Mairie, Officier de l'État Civil par délégation du Maire. Signatures.
  2. Extrait du registre d'état civil pour 1957 de la ville de Montmorency (Val-d'Oise) : « Le vingt cinq octobre mil neuf cent cinquante sept, à seize heures, est décédée 6, rue Le Laboureur, Léonor Soto y Réguéra, domiciliée 14, rue Germain Pilon à Paris, 18e arrondissement, née à Ortiguera, (Espagne), le vingt et un janvier mil huit cent soixante dix-huit, sans profession, fille de père et mère décédés dont les noms sont inconnus du déclarant - Veuve de de Funès, prénoms également inconnus. Dressé le vingt huit octobre mil neuf cent cinquante sept, dix heures trente minutes, sur la déclaration de Georges Oliveres, quarante et un ans, employé, domicilié à Montmorency, 5 rue Grétry, qui lecture faite a signé avec Nous, Armand Piednoir, adjoint au Maire de Montmorency, Officier de l’État Civil par délégation. [Signatures]. »
  3. Louis de Funès : « Ah, papa, c'était un artiste ! [...] il avait beaucoup d'humour, mais le quotidien ne l'intéressait pas[6]. »
  4. Cette période varie selon les sources, la famille de Funès affirme qu'elle débute en 1936, mais on trouve des dates postérieures dans certaines biographies.
  5. On peut l'écouter au piano à la 35e ou à la 40e minute du film par exemple, ou encore à la 75e minute où il effectue un remplacement au pied levé.
  6. Dans toutes les précédentes adaptations de Fantômas fidèles à l'œuvre originale, le commissaire Juve n'avait jamais été un personnage comique.
  7. La Grande Vadrouille restera pendant plus de trente ans à la tête du box-office du cinéma en France, devancé par le Titanic de 1997 seulement, et il faudra attendre encore onze ans de plus pour qu'un autre film français le dépasse (Bienvenue chez les Ch'tis, en 2008).
  8. Charles Nau de Maupassant, malgré son homonymie, n'a aucun lien de parenté avec l'écrivain Guy de Maupassant.
  9. Un an auparavant, il n'embrasse Juliette que sur la joue dans Elle et moi
  10. Il est écrit « Antwerpen » (Anvers) sur son pull
  11. De Funès et Fernandel ne firent que se croiser dans La Vie à deux, et dans deux sketchs différents du film à sketchs Le Diable et les Dix Commandements
  12. František Filipovský (1907-1993) a été un acteur tchèque renommé. Il obtint en 1954 le titre soviétique d'Artiste émérite et fut désigné Artiste du Peuple en 1984. Depuis 1995, il existe un Ceny Františka Filipovského (« Prix František Filipovský ») récompensant tous les ans le meilleur doubleur du pays.
  13. Complétaient ce dîner officiel : André Malraux, Jane Sourza, Tino Rossi, Raymond Devos, Jean Piat, Michèle Morgan, Gérard Oury, Fernandel, Jean Delannoy.
  14. Conformément à l'usage couramment répandu (cf. par exemple le site officiel), la « théâtrographie » de l'acteur débute par cette piécette jouée en amateur au collège.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Voir la section « Un champion du box-office français ».
  2. Jean-François Sirinelli, Georges-Henri Soutou, Françoise Thom, Catherine Horel, Culture et Guerre froide, Presses universitaires de la Sorbonne, 2008, page 166
  3. Loubier 1991, p. 19
  4. a et b de Funès et de Funès 2005, p. 25
  5. de Funès et de Funès 2005, p. 19
  6. a, b et c de Funès et de Funès 2005, p. 20
  7. de Funès et de Funès 2005, p. 38.
  8. a et b « Louis de Funès, la comédie humaine », de Philippe Azoulay, 27 janvier 2003 [présentation en ligne]
  9. Dicale 2009, p. 14
  10. Kernel 2004, p. 184.
  11. Jelot-Blanc 1993, p. 24
  12. a et b de Funès et de Funès 2005, p. 44
  13. Louis de Funès sur cinememorial.com
  14. Jean-Marc Loubier, Louis de Funès. Petites et grandes vadrouilles, Robert Laffont,‎ 2014, p. 47
  15. Kernel 2004, p. 77
  16. « Louis de Funès à propos de sa carrière de musicien de jazz », sur Institut national de l'audiovisuel (consulté le 17 décembre 2011)
  17. Interview de Georges Lautner sur autourdelouisdefunes.fr, 19 janvier 2008.
  18. a et b Jelot-Blanc 1993, p. 33
  19. Dicale 2009, p. 19
  20. Daniel Gélin, Deux ou trois vies qui sont les miennes,‎ 1978
  21. Dicale 2009, p. 19-20
  22. Bonnotte 2003, p. 43
  23. Du Guesclin (1949), sur l'IMDb
  24. a et b Aknin 2005, p. 6
  25. Aknin 2005, p. 44.
  26. avec plus de 800 représentations à guichets fermés, Loubier 2014, ch. 4.
  27. « Du jour au lendemain, Paris l'a découvert. Le métier, le public l'ont lancé » commentera Virlogeux, Loubier 2014, ch. 4.
  28. Dicale 2009, p. 34
  29. Anthony Palou, « Louis de Funès, classe tout rire », Le Figaro,‎ 12 juin 2009 (lire en ligne)
  30. Basile de Koch, « De Funès et les corniauds », Valeurs actuelles,‎ 28 avril 2014 (lire en ligne)
  31. François Bédarida, Histoire, critique et responsabilité : Histoire du temps présent, Éditions Complexe, coll. « Histoire du temps présent »,‎ 2003, 357 p. (ISBN 9782870279823, présentation en ligne), p. 174
  32. Aknin 2005, p. 106
  33. Aknin 2005, p. 10
  34. Jelot-Blanc 1993, p. 109.
  35. Jelot-Blanc 1993, p. 107
  36. de Funès et de Funès 2005, p. 75
  37. Jelot-Blanc 1993, p. 123
  38. Oury 1989, p. 214
  39. Jelot-Blanc 1993, p. 136
  40. Aknin 2005, p. 20
  41. Aknin 2005, p. 24
  42. « Jean Girault », sur Ciné-ressources (consulté le 16 mai 2009)
  43. Loubier 1991, p. 115
  44. Fantomas - Box Office Louis de Funès 1964, publié le 15 août 2010.
  45. Leguèbe 2003, p. 106.
  46. Louis de Funès : une légende, p. 113.
  47. Oury 1989, p. 250
  48. Dictionnaire du cinéma populaire français, p. 363
  49. a et b de Funès et de Funès 2005
  50. Dicale 2009, p. 429
  51. a et b Djemaa et Di Falco 2008, p. 136
  52. Oury 1989, p. 282
  53. de Funès et de Funès 2005, p. du chapitre 20
  54. Jelot-Blanc et de Funès 2011, p. 228
  55. Loubier 2014, « J'ai passé deux mois et demi à l'hôpital. J'ai découvert un monde fantastique de gentillesse : des médecins et des infirmières en or. »
  56. Jean-Jacques Beineix, Les Chantiers de la gloire, Fayard,‎ 2006, 835 p. (ISBN 9782213665030).
  57. Mongin 2002, p. 154
  58. « Saga Louis de Funès - 4 Le Retour au Sommet(1975/1982): L'Aile ou la Cuisse » (consulté le 17 décembre 2012)
  59. « Louis de Funès, la comédie humaine », de Philippe Azoulay, 27 janvier 2003 [présentation en ligne].
  60. « La soupe aux choux », Fiches de film, sur Allociné (consulté le 19 janvier 2013)
  61. a, b, c et d Pierre Bouteiller, Odile Grand, Gérard Lefort, Georges Charensol et Michel Ciment, « hommage à l'acteur, Louis de Funès qui vient de décéder », Le Masque et la Plume, sur Institut national de l'audiovisuel, France Inter,‎ 30 janvier 1983 (consulté le 8 août 2014), à partir de min 30 s
  62. Christine Ockrent, « Obsèques de Louis de Funès », Journal télévisé, sur INA, Antenne 2,‎ 29 janvier 1983
  63. « Papy fait de la résistance (1983) », sur Internet Movie Database
  64. « indispensabl[e] troisièm[e] coutea[u] du cinéma français », Bertrand Tessier, Belmondo, l'incorrigible, Archipoche,‎ 2010, 300 p. (ISBN 9782352871972), « La bande à Bébel ».
  65. Interview de Dominique Zardi sur autourdelouisdefunes.fr, 25 juin 2007.
  66. Jean-Loup Chifflet, Dictionnaire amoureux de l'Humour, Plon,‎ 2012, 465 p. (ISBN 9782259219556), « Funès, Louis de (1914-1983) ».
  67. Leguèbe 2003, p. 51.
  68. Louis de Funès : Une légende, p. 25.
  69. La Revue du cinéma n°353, Ligue Française de l'Enseignement et de l'Éducation Permanente,‎ septembre 1980, 143 p., p. 98
  70. Claude Gensac, Ma biche... c'est vite dit !, Michel Lafon,‎ 2005, 236 p. (ISBN 2749902282 et 9782749902289)
  71. Monnaie et cinéma : « Il est l'or de se réveiller »…, 15 janvier 2008.
  72. « Ruy Blas » de Victor Hugo revisité par Gérard Oury, 21 mai 2010
  73. Bonnotte 2003, p. 195
  74. Christian Plume et Xavier Pasquini, Bourvil, Bréa Éditions,‎ 1983, 189 p. (ISBN 2903198322 et 9782903198329), p. 64
  75. Voir ses commentaires dans les suppléments du DVD du Grand Restaurant.
  76. « pour les autres il a fallu quinze jours de répétitions. Pour lui, trois »
  77. de Funès et de Funès 2005, p. 1861-1862
  78. de Funès et de Funès 2013, p. 1822
  79. de Funès et de Funès 2013, p. 1748
  80. 161 319 000 pour la période 1956-1990 d’après le classement établi dans Studio magazine no 67 (novembre 1992), faisant de lui l'acteur le plus populaire pour cette période devant Bourvil (126 271 000) et Jean-Paul Belmondo (102 371 000).
  81. Nicole Beaurain, Le Cinéma populaire et ses idéologies, L'Harmattan, 2005, page 49
  82. Marie-Pierre Rey, La Tentation du rapprochement France et URSS à l'heure de la détente (1964-1974), Publications de la Sorbonne, 1995, page 199
  83. (en)Dubbing has its drawbacks but children knowing Alain Delon is cool, non?, Radio.cz, 2010
  84. Extrait d'une vidéo d'un spectacle d'écoliers à Prachatice en 2009.
  85. Bonnotte 2003, p. 225
  86. Djemaa et Di Falco 2008, p. 110
  87. Chazal 1979, p. 81
  88. Laffin 2002, p. 93
  89. Florence Moncorgé-Gabin, Quitte à avoir un père, autant qu'il s'appelle Gabin…, Le Cherche-midi,‎ 2003, p. 206
  90. « Réception des artistes à l'Elysée », sur INA
  91. Paul Bleton, Western, France : la place de l'Ouest dans l'imaginaire français, Belles Lettres,‎ 2002, 319 p. (ISBN 2251741143 et 9782251741147), p. 126
  92. Valère Novarina, citée dans le portrait que lui consacre le site Lire
  93. « Si Louis de Funès avait été encore en vie, je pense que je n'aurais rien fait d'autre que d'écrire un film pour lui », Interview vidéo sur Kaamelott, L'Internaute, 21 décembre 2009
  94. Leguèbe 2003, p. 68.
  95. Dicale 2009
  96. Discographie complète et illustrée sur Louisdefunes.org.
  97. Les Aristochats racontés par Louis de Funes, mars 2011
  98. Site officiel du Musée de Louis
  99. Annonce dans le bulletin municipal du 8e arrondissement, janvier 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Biographies[modifier | modifier le code]

Bibliographie complémentaire[modifier | modifier le code]

  • Pascal Djemaa et Di Falco (contrib.), Louis de Funès : le sublime antihéros du cinéma, Autres temps, coll. « Temps mémoire »,‎ 2008, 171 p.
  • Olivier Mongin, Éclats de rire : Variations sur le corps comique, Seuil, coll. « Coul.Idees »,‎ 2002, 343 p. (ISBN 978-2020517003) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Valère Novarina, Pour Louis de Funès, Paris, Actes Sud,‎ 1986, 79 p. (ISBN 2-86869-330-X)
  • Gérard Oury, Mémoires d'éléphant, Paris, Presses Pocket,‎ 1989, poche, 346 p. (ISBN 2-266-03063-9) Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Larry Portis, « L'État dans la tête et les pieds dans le plat. Hiérarchie et autorité dans les films de Louis de Funès », L'Homme et la Société, no 154,‎ 2004, p. 31-50 (ISSN 2747583651, lire en ligne)

Autour des films[modifier | modifier le code]

  • Vincent Chapeau, Sur la route de la Grande Vadrouille : Les Coulisses du tournage, Paris, Hors collection,‎ 2004, 105 p. (ISBN 2-258-06383-3)
  • Pierre-Jean Lancry, Pleins feux sur... La Grande Vadrouille, Paris, Horizon illimité, coll. « Pleins feux sur... »,‎ 2004, 136 p. (ISBN 2847870938)
  • Marc Lemonier, Sur la piste de Fantômas, Paris, Édition Hors Collection/Gaumont,‎ 2005, 127 p. (ISBN 2-258-06852-5)
  • Sylvain Raggianti, Le Gendarme de Saint-Tropez : Louis de Funès, histoire d'une saga, Paris, Flammarion,‎ 2007, 175 p. (ISBN 2081203278)

Documentaires[modifier | modifier le code]

Intervenants : Alexandre Astier, Guillaume Gallienne, Jamel Debbouze, Mylène Demongeot, Valère Novarina, Bertrand Dicale (biographe), Jean Baptiste Thoret (historien du cinéma), Claude Zidi, Danièle Thompson, Michel Galabru, Serge Korber, Roger Van Hool, Bernard Alane, ses fils Patrick de Funès et Olivier de Funès, Dominique Besnehard, Pascal Thomas, Eric Toledano, Olivier Nakache, Marcel Rufo.
  • 2013 : Stéphane Bonnotte, Louis De Funès, l'Irrésistible, diffusé sur le bouquet de chaînes cinéma Ciné+.
  • 2014 : Matthieu Allard, De Funès : 100 ans de rire, D8
Intervenants : Guillaume Gallienne, Jamel Debbouze, Bertrand Dicale (biographe), Claude Zidi, Danièle Thompson, Michel Galabru, Serge Korber, Olivier de Funès, Marcel Rufo.

Liens externes[modifier | modifier le code]