Mikhaïl Gorbatchev

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Mikhaïl Gorbatchev
Михаил Горбачёв
Mikhaïl Gorbatchev, en 1986.
Mikhaïl Gorbatchev, en 1986.
Fonctions
Secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique
11 mars 198524 août 1991
Président Vassili Kouznetsov (1985)
Andreï Gromyko (1985-1988)
lui-même (1988-1991)
Prédécesseur Konstantin Tchernenko
Successeur Vladimir Ivachko (par intérim)
Président du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS
1er octobre 198825 mai 1989
(7 mois et 24 jours)
Président du Conseil Nikolaï Ryjkov
Prédécesseur Andreï Gromyko
Successeur Poste aboli
Lui-même (Président du Soviet suprême de l'URSS)
Président du Soviet suprême de l'URSS
25 mai 198915 mars 1990
(9 mois et 18 jours)
Président du Conseil Nikolaï Ryjkov
Prédécesseur Poste créé
Successeur Anatoli Loukianov
Lui-même (Président de l'URSS)
Président de l'URSS
15 mars 199025 décembre 1991
(1 an, 9 mois et 10 jours)
Premier ministre Valentin Pavlov
Ivan Silaïev
Président du Conseil Nikolaï Ryjkov
Prédécesseur Poste créé
Lui-même (Président du Soviet suprême de l'URSS)
Successeur Guennadi Ianaïev (usurpateur, 1991)
lui-même (1991)
Biographie
Date de naissance 2 mars 1931 (83 ans)
Lieu de naissance Privolnoïe (RSFSR)
Nationalité Soviétique (1931-1991)
Russe (depuis 1991)
Parti politique PCP(b) (1950-1952)
PCUS (1952-1991)
Indépendant (1991-2001)
PSDR (2001-2004)
USD (en) (depuis 2007)
PDIR (en) (?)
Conjoint Raïssa Gorbatcheva (1953-1999)
Diplômé de Université d'État de Moscou
Religion Aucune (athéisme, anciennement orthodoxe)

Signature

Mikhaïl Gorbatchev Mikhaïl Gorbatchev
Dirigeants du Parti communiste de l'Union soviétique
Président du Præsidium du Soviet suprême de l'URSS
Président du Soviet suprême de l'URSS
Président de l'URSS
Prix Nobel de la Paix 1990

Mikhaïl Sergueïevitch Gorbatchev (en russe : Михаил Сергеевич Горбачёв Prononciation du titre dans sa version originale Écouter), né le 2 mars 1931 à Privolnoïe dans l'actuel kraï de Stavropol, est un homme d'État soviétique et russe qui dirigea l'URSS entre 1985 et 1991. Résolument réformateur, il s'engagea à l'extérieur vers la fin de la guerre froide, et lança à l'intérieur la libéralisation économique, culturelle et politique connue sous les noms de perestroïka et de glasnost. Impuissant à maîtriser les évolutions qu'il avait lui-même enclenchées, sa démission marqua le point final de l'implosion de l'URSS, précédée de deux ans par l'effondrement des démocraties populaires en Europe de l'Est.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né, avec un angiome sur le haut du front, de parents kolkhoziens ralliés au communisme[1], Mikhaïl Gorbatchev[2] est originaire du Caucase du Nord dans le kraï de Stavropol. Il est le fils de Sergueï Andreïevitch Gorbatchev (1909-1976), vétéran de la Seconde Guerre mondiale et conducteur d'engins agricoles au village de Privolnoïe, et de Maria Panteleïevna née Gopkalo (1911-1993).Son grand-père maternel, président du kolkhoze Krasnyï Oktiabr, est arrêté en été 1937, lors des Grandes Purges, car il aurait créé une organisation secrète. Il est ensuite torturé pendant 14 mois, avant d'être condamné à mort, mais après réexamen de son dossier, le procureur n'ayant relevé aucune « activité criminelle »[3], il échappe à la peine capitale. Il est libéré fin 1938, et redevient président du kolkhoze en 1939. Mikhaïl est profondément marqué par cet épisode : « Ce fut dans mon enfance que je connus mon premier véritable choc : mon grand-père fut arrêté. On l'emmena en pleine nuit…[4] ». Son grand-père paternel, qui refusait la collectivisation, avait également été condamné en janvier 1934, au moment de la grande famine, pour « sabotage » et envoyé aux travaux forcés dans la région d'Irkoutsk. Il acheva sa peine de prison par anticipation ; il travailla ensuite au kolkhoze de Privolnoïe[5].

Après ses études de lycée, il travaille au côté de son père comme conducteur de moissonneuse-batteuse. En récompense, il est décoré de l'ordre du Drapeau rouge du Travail et envoyé à Moscou pour y faire des études supérieures[6]. Il y étudie le droit à l’université Lomonossov[7], où il rencontre Raïssa Titarenko, sa future femme. Il adhère d'abord aux jeunesses communistes, le Komsomol, puis au parti communiste en 1950. Gravissant les échelons comme apparatchik, il en devient le dirigeant pour la ville de Stavropol en 1962. Entre 1964 et 1967, il étudie à l’Institut d'agronomie de Stavropol et se spécialise dans les problèmes agricoles. Il est remarqué par Iouri Andropov, chef du KGB, qui passe ses vacances dans la région réputée pour ses stations thermales ; dès lors, sa carrière s'accélère grâce à Andropov et son mentor, l'idéologue Mikhaïl Souslov. Il est élu au Comité central en 1971 à 40 ans, secrétaire du Comité central, le 23 novembre 1978[8] et au Politburo en 1980, à l'âge de 49 ans.

Arrivée au pouvoir[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970, le KGB dirigé par Iouri Andropov, diligenta une enquête confidentielle pour évaluer le PNB soviétique selon les critères qualitatifs occidentaux et non plus seulement en volume comme le voulait la tradition soviétique. Le résultat fut très défavorable et apportait la preuve du déclin de l’Union soviétique qui avait vu son économie dépassée par celle du Japon et qui serait également dépassée, dans les années suivantes, par la RFA — anciens ennemis de l’URSS. D’autre part, à partir de 1978, la Chine dirigée par Deng Xiaoping, entreprit une véritable révolution économique qui rétablissait de fait les règles capitalistes de l'économie de marché dans l'économie chinoise, ce qui eut pour effet de lui donner un dynamisme considérable.

L’Union soviétique était ainsi confrontée à une situation géopolitique nouvelle et relativement inquiétante. N'étant plus capable de soutenir financièrement le rythme effréné de la course aux armements (si les États-Unis y consacraient 8 % du PIB, le budget militaire de l'URSS absorbait 15 à 20 % du PIB)[9], dans un contexte de la stagnation économique et une baisse des cours du pétrole, l'URSS n'a pas d'autre choix que de songer à une détente et au désarmement.

Débuts de la perestroïka[modifier | modifier le code]

Mikhail Gorbatchev et Ronald Reagan à Reykjavik en 1986.

Consciente du danger, la direction vieillissante du PCUS porte au pouvoir le représentant d’une nouvelle génération — Gorbatchev a 54 ans — mais formé et testé à l'école du parti. Dès décembre 1984, Gorbatchev avait pu faire son entrée sur la scène diplomatique internationale, en se rendant en Grande-Bretagne, en visite à Margaret Thatcher : le numéro deux soviétique s'y était démarqué des autres dirigeants de Moscou, par son image d'ouverture et en annonçant que l'URSS était prête à une réduction bilatérale des armements nucléaires.

Arrivé au poste de Secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique le 11 mars 1985, Gorbatchev tente d’insuffler une nouvelle jeunesse à l’économie de l’URSS. Il s’efforce de sauver le système par des réformes structurelles très profondes par rapport aux principes léninistes classiques. Symboliquement, sa première mesure concerne une vaste campagne contre l'alcoolisme : la prohibition instaurée en mai 1985 consiste à fermer la moitié des points de vente d'alcool et à majorer de 30 % le prix de la vodka ainsi que celui du vin et de la bière, ces mesures très impopulaires lui valent d'être surnommé le « secrétaire minéral »[10].

Gorbatchev prend la parole au palais des congrès du Kremlin le 1er février 1987.

Gorbatchev tire son inspiration d'Alexandre Nikolaïevitch Iakovlev, ancien ambassadeur au Canada, qui lui fit prendre conscience de la faillite du système soviétique dans le domaine agricole puis, de façon plus générale, dans sa stratégie de confrontation avec l'Occident. Celui-ci devint peu à peu son éminence grise et lui inspire successivement la glasnost, la perestroïka puis l'acceptation de la réunification allemande. Il est aussi encouragé par des partis communistes occidentaux qui tenaient sous l'ère Brejnev à afficher leurs divergences sur la question de la démocratie : en plus du Parti communiste italien, le Parti communiste français : Georges Marchais rencontre Gorbatchev à Moscou dès septembre 1985.

La seconde NEP qu'il tente de promouvoir échoue devant une opposition au sein du parti. Gorbatchev met alors en place une politique de glasnost (transparence) pour supprimer les reliquats de stalinisme et de perestroïka (restructuration) pour combattre la stagnation économique dès 1985. En matière de glasnost un premier signe se manifeste en novembre : l'ouvrage de Boris Pasternak, Le Docteur Jivago, dont la publication avait toujours été interdite par la censure, est autorisé à paraître en URSS. C'est fin avril 1986, à l'occasion de la catastrophe de Tchernobyl, que le mot glasnost s'impose. En décembre 1986, il autorise Andreï Sakharov, assigné à résidence à Gorki depuis janvier 1980, à revenir à Moscou.

Tournant dans la politique extérieure : la « seconde Détente » et fin de la Guerre froide[modifier | modifier le code]

8 décembre 1987 : Gorbatchev et Reagan signent le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire.

Gorbatchev propose d'ouvrir le dialogue avec Reagan et d'accélérer la normalisation des relations avec la Chine. Fin juin-début juillet 1985, Andreï Gromyko est remplacé aux Affaires extérieures par Edouard Chevardnadze qui participe à la conférence marquant le dixième anniversaire des accords d'Helsinki. Cette année, Gorbatchev propose « l'option zéro » au président américain Ronald Reagan au sujet des armes nucléaires, l'Union soviétique acceptant de suspendre ses essais nucléaires souterrains. Il décide aussi de reconduire le moratoire unilatéral concernant l'arrêt des essais nucléaires, le 6 août 1985, date anniversaire du bombardement d'Hiroshima. L'auteur du slogan « America is back » refuse de tenir compte de ces propositions. Il initie les traités de désarmement à l'origine de la rupture de l'équilibre de la terreur, installé depuis 1945. En 1986, Gorbatchev propose un plan d'élimination des armes nucléaires à l'horizon 2000. En octobre de la même année, il rencontre le président Reagan à Reykjavik, mais toujours sans résultat. C'est seulement en décembre 1987, à Washington, que les « deux Grands » s'accordent pour réduire de 50 % leurs arsenaux nucléaires, bien que les Américains refusent de renoncer à l'IDS.

Le 1er janvier 1986, un mois et demi après une première rencontre entre les deux chefs d'État à Genève, dans un message de Nouvel An, le président américain adressa un court message télévisé à toute l'URSS, tandis que le président de l'URSS fit de même sur une chaîne de télévision américaine. Le projet séduit : chacun des deux présidents se montra très modéré dans son message ; la gorbymania commençait à toucher les États-Unis. Le magazine Time lui décerna le titre d'Homme de l’année en 1987, puis d'Homme de la Décennie en 1989 après la chute du Mur de Berlin. Mais le 1er janvier 1987 Gorbatchev refusa de renouveler cette initiative en raison du très net refroidissement entre les deux capitales qui suivit les expulsions de diplomates soviétiques des Nations unies (25 diplomates) et des États-Unis (55 diplomates) décidées par Reagan et des mesures de rétorsion par Gorbatchev (10 diplomates, suppression du personnel de service soviétique affecté à l'ambassade et aux consuls américains en URSS ainsi que l'imposition de la parité stricte du nombre de touristes dans les deux pays). Ce fut un aspect oublié de la nouvelle politique soviétique adoptée envers l'Occident depuis 1985 : en échange d'importantes concessions sur le désarmement, répondre du tac au tac à ce type de rebuffades. Si le dialogue était maintenu avec Washington après novembre 1986, il resta infructueux jusqu'en juin 1987. L'affaire Mathias Rust permit à Gorbatchev d'évincer les durs du régime, les plus hostiles à l'option zéro (le ministre de la défense notamment).

Le 15 mai 1988, il décide de retirer les troupes soviétiques d'Afghanistan[11]. La décision devient effective un an plus tard.

31 juillet 1991 : Gorbatchev et Bush signent l'accord START I.

En 1989, en visite officielle en Chine pendant les manifestations de la place Tian'anmen (mais avant leur répression), on sollicite son opinion à propos de la muraille de Chine : « Très bel ouvrage », dit-il, « mais il y a déjà trop de murs entre les hommes ». Un journaliste lui demande : « Voudriez-vous qu'on élimine celui de Berlin ? » Gorbatchev répond très sérieusement : « Pourquoi pas ? ». À propos des manifestants démocrates qui troublent son séjour, il déclare : « L'URSS a également ses têtes brûlées qui veulent changer le socialisme du jour au lendemain. » Dans le monde communiste, il garde un allié en la personne de Fidel Castro, qu'il rencontre trois fois de 1986 à 1989, malgré ses réserves à l'égard de la Perestroïka : pratiquement jusqu'à sa chute en septembre 1991, Gorbatchev résiste aux pressions extérieures et intérieures voulant l'obliger à lâcher Cuba économiquement et militairement. Ainsi, fin février 1990, deux mois après l'attaque américaine à Panama et quelques jours après la défaite des sandinistes au Nicaragua, des avions supersoniques soviétiques arrivent à Cuba, pour permettre à la Révolution de tenir tête aux provocations américaines de plus en plus nombreuses contre l'île de la part de l'administration Bush père. Entre-temps, en décembre 1989, à Malte, Gorbatchev et Bush proclament officiellement la fin de la Guerre froide. Cas unique dans le monde, Edouard Chevardnadze se rend à Qom en mars 1989 pour rencontrer l'ayatollah Khomeyni.

En 1990, il reçoit le prix Nobel de la paix pour sa contribution à la fin de la Guerre froide. En 1991, Gorbatchev signe avec le président Bush l'accord START I : les deux grandes puissances s'engagent à réduire leur arsenal nucléaire stratégique de 30 %.

Échec des réformes et chute de l'URSS[modifier | modifier le code]

Ses réformes donnent des résultats plutôt mitigés. La perestroïka (restructuration économique) n’a pas atteint les objectifs escomptés, aggravant les pénuries de biens de consommation et les inégalités sociales, entraînant un mécontentement populaire, tandis qu’une démocratisation du régime, amorcée avec la glasnost (transparence), déclenche des conflits inter-ethniques et la montée des nationalismes, mal perçus par les Russes.

Le 26 mars 1989, Gorbatchev créa une nouvelle Assemblée législative : le Congrès des Députés du Peuple d'Union Soviétique dont les deux-tiers étaient des membres élus au suffrage universel, à bulletin secret, sur candidatures multiples. Les premières élections législatives révélèrent l’échec des candidats de Gorbatchev et l’émergence des réformateurs et des nationalistes. Son gouvernement apparut trop modéré pour des réformateurs, partisans d’une économie libérale, et trop réformateur pour ceux qui souhaitaient un retour au communisme.

En mars 1990, Gorbatchev fait une réforme constitutionnelle : il crée un poste de Président de l'URSS et diminue le rôle dirigeant du chef du Parti communiste de l'Union soviétique. Le 14 mars 1990, le Congrès des Députés du Peuple élit Gorbatchev pour un mandat de cinq ans. L'élection suivante (1995) était prévue au suffrage universel[12]. Pourtant, le 1er mai de la même année, il est hué par certains de ses concitoyens. En effet, il est très impopulaire aux yeux des conservateurs du Parti qui le considèrent comme le fossoyeur du régime soviétique.

Les évènements qui ont suivi, tels que la proclamation de souveraineté de la Russie au cours du 1er Congrès des députés du peuple de la RSFSR le 12 juin 1990[13] et l'élection à la présidence de la République socialiste fédérative soviétique de Russie de Boris Eltsine (élu dès le 1er tour au suffrage universel direct), un an plus tard, diminuent le pouvoir de Gorbatchev et la souveraineté de l'URSS. Le 17 mars 1991, un référendum portant sur la question du maintien de l'Union soviétique donne 76 % de réponses favorables au maintien. Il n'en sera pas tenu compte.

Boris Eltsine sur un char pendant le putsch de Moscou en 1991.

Lors du Putsch de Moscou en août 1991, parti en vacances en Crimée, il est un temps écarté du pouvoir par un quarteron d'officiels conservateurs du Parti communiste soviétique qui l'enferment dans sa résidence d'été. La date du Putsch ne fut pas choisie au hasard, car c'est le 20 août que Gorbatchev devait signer un traité instaurant une nouvelle Union, appelée Union des républiques souveraines soviétiques (puis Union des républiques souveraines), réduisant notamment le rôle du KGB et de l’État centralisé, qui avaient tout à y perdre, au profit des républiques[14]. Le soutien d'Helmut Kohl s'avère insuffisant alors que le président François Mitterrand déclare vouloir attendre les intentions des « nouveaux dirigeants » soviétiques, reconnaissant de facto le gouvernement issu du putsch, et n'hésitant pas alors à lire en direct à la télévision une lettre envoyée par Guennadi Ianaïev, l'auteur du coup d'État[15]. Finalement, le putsch avorte, et Boris Eltsine, alors président de la République socialiste fédérative soviétique de Russie, devient le grand bénéficiaire de cet échec après avoir reçu dès les premières heures le soutien du président américain George H. W. Bush et du Premier ministre britannique John Major. Gorbatchev quitte la direction du Parti communiste de l'Union soviétique le 24 août 1991 et les activités du Parti communiste de Russie — le plus important d'URSS — sont suspendues par décret du président russe Eltsine le 29 août lors d'une séance du Soviet suprême. Le parti est purement dissous le 6 novembre.

Dans ses Mémoires, Gorbatchev écrit amèrement : « De Foros [en Crimée, où il est retenu], j’ai eu une conversation avec le président Bush. François Mitterrand devait m’appeler, il ne l’a pas fait ».

Les accords de Minsk signés le 8 décembre et les accords d'Alma-Ata signés le 21 novembre, créant la Communauté des États indépendants (CEI), sonnent le glas de l'Union soviétique. Gorbatchev démissionne de son poste de président de l'URSS le 25 décembre 1991[16] et le lendemain, le Soviet suprême dissout l'URSS ainsi que lui-même : la République socialiste fédérative soviétique de Russie devient la Fédération de Russie.

Après la dislocation de l'URSS[modifier | modifier le code]

Mikhail Gorbatchev, Brian Mulroney et Margaret Thatcher, le 11 juin 2004 en la cathédrale de Washington lors des funérailles de Ronald Reagan.
Mikhaïl Gorbatchev en 2010.

Le 20 avril 1993, il fonde Green Cross International. Il joue en 1993 son propre rôle dans le film Si loin, si proche ! de Wim Wenders.

Le 14 avril 1996, il annonce qu'il se présente à l'élection présidentielle de la Fédération de Russie[17], mais son score, le 16 juin, est très faible (386 069 voix, soit 0,5 % des suffrages). Il reste d'ailleurs un des dirigeants du XXe siècle les plus mal-aimés des Russes[18],[19].

Il publie ses mémoires en 1996, dénonçant la politique de Boris Eltsine et sa « trahison » envers le référendum d'avril 1991 qui avait donné une majorité favorable au maintien de l'Union.

Depuis le début de ce siècle, il est engagé avec des ONG écologistes et avec Daisaku Ikeda pour soutenir la cause pacifiste.

Le 26 novembre 2001, il fonde le Parti social-démocrate de Russie. Il démissionne en mai 2004 après un désaccord avec le président du parti Konstantin Titov (en), car ce dernier n'a guère apprécié l'hostilité manifestée par Gorbatchev à l'encontre de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, lors des élections législatives de l'année précédente.

Il reçoit, le 27 octobre 2005, le titre honorifique d’archonte du Patriarcat de Constantinople[20].

Le 21 novembre 2006, il est opéré de l'artère carotide dans une clinique de Munich, en Allemagne[21]. C'est dans ce pays qu'avait été traitée son épouse Raïssa, qui avait succombé à une leucémie le 20 septembre 1999 à l'âge de 67 ans.

Le 20 novembre 2007, Gorbatchev fonde un nouveau mouvement : l'Union des sociaux-démocrates (en) dont il est le leader[22],[23].

Le 30 novembre 2008, Gorbatchev et le milliardaire Alexandre Lebedev ont annoncé qu'ils fonderaient un nouveau parti : le Parti démocratique indépendant de Russie (en)[24],[25],[26],[27].

En 2009, il intervient dans le documentaire environnemental Nous resterons sur Terre.

Le 16 février 2011, il critique vivement le Kremlin, car ce dernier lui a interdit de créer un nouveau parti social-démocrate en Russie. Propos qu'il rapportera également dans le film qui lui est consacré : Mikhaïl Gorbatchev, Simples Confidences[28].,[29].

Le 7 décembre 2011, il demande l'annulation des élections législatives russes de 2011, remportées par Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, et contestées en raison de fraudes présumées[30]. Le 24 décembre 2011, après une manifestation qui a réuni plus de 100 000 personnes à Moscou, Gorbatchev demande à Vladimir Poutine de quitter la tête du gouvernement[31].

Avec la Green Cross International (qui dispose de 18 millions d'euros, financé par des donations privées et des subventions allouées par 34 États), il continue à défendre l'environnement. Le 12 mars 2012, il est intervenu lors de l'ouverture du sixième Forum mondial de l'eau, à l'âge de 81 ans, devant les délégués de 140 pays. Dans une interview du journal Le Monde, il se dit sceptique quant à la création d'une organisation mondiale de l'environnement, mais très favorable à la création d'un tribunal international « chargé de juger ceux qui sont coupables de crimes écologiques, aussi bien des chefs d'entreprise que des chefs d'État ou de gouvernement »[32].

Publications[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Gorbatchev a aussi participé à des annonces publicitaires pour les restaurants Pizza Hut où des gens l'acclament pour la liberté qu'il aurait apporté aux Russes, y compris celle d'avoir des restaurants occidentaux[37], et pour la compagnie de luxe Louis Vuitton, où on le voit, un sac Louis Vuitton à ses côtés, dans une voiture de luxe russe longeant le mur de Berlin[38].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • Mikhaïl Gorbatchev est le seul dirigeant soviétique à avoir interdit toute retouche à son portrait officiel.
  • Le chanteur français Renaud a écrit une chanson en son honneur, Welcome Gorby, dans laquelle il lui demande, avec humour, de venir « libérer la France » (« Ici y a des chaînes à briser. Commence par les chaînes de la télé. »)
  • La chaîne de crème glacée Baskin-Robbins a créé, en 1990, un nouveau parfum de glace, la Gorba Chocolate, pour l'honorer après une de ses visites en Californie.
  • La marque allemande de vodka Wodka Gorbatschow (de) n'a pas de lien avec Mikhaïl Gorbatchev[43], mais l'homonymie est parfois exploitée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mikhaïl Gorbatchev 1997, p. 43
  2. La graphie Gorbatchov, plus proche de la prononciation russe, se rencontre parfois.
  3. Détails qu'il rapporte dans le film qui lui est consacré, Mikhaïl Gorbatchev, Simples Confidences, diffusé sur Arte le 12 décembre 2011.
  4. Mikhaïl Gorbatchev 1997, p. 44
  5. Mikhaïl Gorbatchev 1997, p. 48
  6. Endre Bojtár, Patrick Michel, L'Autre Europe, L'âge d'homme,‎ 1994 (lire en ligne), p. 181
  7. Cette université destine ses étudiants les plus brillants à la Prokuratura, le Parquet russe.
  8. Mikhaïl Gorbatchev 1997, p. 17
  9. Gauchon Pascal, Gervaise Yves, Le nouveau monde géopolitique des Amériques, Paris, PUF, 2005, pp. 234-249.
  10. Veronika Dorman, « Contre l’alcoolisme, la Russie voit roubles », sur Libération,‎ 20 janvier 2010
  11. [1]
  12. Chronologie de la Russie (1985-2010)
  13. [2]
  14. (en) New version of Soviet Union Treaty expands republics'rights
  15. dans l'Humanité
  16. Mikhaïl Gorbatchev 1997, p. 11
  17. Mikhaïl Gorbatchev, 65 ans, candidat à l'élection présidentielle russe, mène une campagne dure et pathétique.
  18. Comment les Russes jugent ceux qui ont dirigé leur pays au XXe siècle
  19. Gorbatchev, mal-aimé des Russes, fête discrètement ses 80 ans à Moscou.
  20. Orthodoxie: Michael Gorbatchev devient archonte du patriarche de Constantinople.
  21. Mikhaïl Gorbatchev, opéré de la carotide, se sent bien
  22. [3]
  23. Gorbachev sets up Russia movement
  24. (en) Gorbachev launches political party with Russian billionaire
  25. (en) Gorbachev to form new Russian party
  26. Gorbatchev va créer un nouveau parti politique
  27. [4]
  28. Gorbatchev : « J'ai honte pour la Russie »
  29. Gorbatchev critique une classe dirigeante russe « riche et dépravée »
  30. « Mikhaïl Gorbatchev réclame l’annulation des élections de dimanche en Russie », La Croix, 7 décembre 2011.
  31. RUSSIE. Gorbatchev conseille à Poutine de quitter le pouvoir.
  32. Le Monde, Gorbatchev plaide pour un tribunal écologique mondial, 2012-03-13
  33. [5]
  34. [6]
  35. [7]
  36. Mikhail Gorbatchev, simples confidences sur Arte
  37. Publicité de Pizza Hut avec la participation de Gorbatchev
  38. (en) Mikhail Gorbachev advertises Louis Vuitton. Russia Today
  39. (en) Liste des membres honoraires du Club de Rome
  40. Lauréats du Prix Conscience Planétaire
  41. http://www.greencross.fr/Gorbatchev#haut
  42. http://english.pravda.ru/society/showbiz/10-02-2004/4810-gorbachev-0/
  43. http://www.spiegel.de/spiegel/print/d-46274898.html

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mikhail Gorbatchev, Mémoires, Éditions du Rocher,‎ 1997
  • David Aikman, George Church, Sally B. Donnelly et al., Gorbatchev, Paris, M. Lafon,‎ 1988, 392 p. (ISBN 2-86804-574-X).
    Des journalistes du magazine Time proposent une biographie intime de M. Gorbatchev.
  • L'Énigme Gorbatchev (trad. David Kings), Paris, éditions n° 1, M. Lafon,‎ 1990, 343 p. (ISBN 2-86391-414-6).
    Enquête de huit journalistes du Time sur le "cas Gorbatchev".
  • Andreï Gratchev (trad. Monique et Jean Poirel, préf. Hubert Védrine), Gorbatchev, le pari perdu ? : de la perestroïka à l'implosion de l'URSS, Paris, Armand Colin, coll. « Comprendre le monde »,‎ 2011, 291 p. (ISBN 978-2-200-27506-8).
  • Andreï Gratchev (trad. Galia Ackerman et Pierre Lorrain), L'Histoire vraie de la fin de l'URSS : le naufrage de Gorbatchev, Monaco, éd. du Rocher, coll. « Documents »,‎ 1992, 361 p. (ISBN 2-7381-0189-5).
  • Andreï Gratchev (trad. Galia Ackerman et Pierre Lorrain), Le Mystère Gorbatchev : la Terre et le destin, Monaco, éd. du Rocher,‎ 2001, 377 p. (ISBN 2-268-04100-X).
  • Michel Heller (trad. Anne Coldefy-Faucard), Le 7e secrétaire : splendeur et misère de Mikhaïl Gorbatchev, Paris, Orban,‎ 1990, 430 p. (ISBN 2-85565-618-4).
  • Éric Laurent, L'Effondrement : histoire secrète de la chute de Gorbatchev, 1989-1991, Paris, Orban,‎ 1992, 338 p. (ISBN 2-85565-735-0).
  • Bernard Lecomte, Gorbatchev, Paris, Perrin,‎ 2014, 462 p. (ISBN 978-2-262-04737-5).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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