Guennadi Ianaïev

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Guennadi Ivanovitch Ianaïev (en russe : Геннадий Иванович Янаев), né le 26 août 1937 à Perevoz, oblast de Nijni Novgorod, et mort le 24 septembre 2010 à Moscou[1], est un homme politique russe.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1963 à 1968, il travailla dans les Komsomols, l'organisation de jeunesse du Parti communiste de l'Union soviétique. Il fut en 1968-1980 président du comité soviétique pour les organisations de jeunesse. De 1986 à 1990, il fit partie comme secrétaire du bureau central de l'Union Générale des syndicats (jusqu'à 1989), comme vice-président et comme président.

C'est Mikhaïl Gorbatchev qui a favorisé son ascension dans le cercle du pouvoir. En 1995, il avoua : « Ce fut ma grande faute ». Ainsi il devint en 1990 (jusqu'à 1991) secrétaire du comité central et en même temps membre à part entière du bureau politique du PCUS, le plus puissant organe politique de l'URSS et précisément du 14 juillet 1990 au 24 août 1991. De 1990 août 1991, il était aussi vice-président de l'Union soviétique et c'est lui qui représentait Gorbatchev au Conseil d'État.

Le putsch d'août[modifier | modifier le code]

Il devint célèbre, en août 1991, pour avoir participé au putsch contre Gorbatchev avec la complicité du ministre de la Défense, le maréchal Dmitri Iazov, du ministre de l'Intérieur, Boris Pougo, du ministre-président Valentin Pavlov, du chef du KGB Vladimir Krioutchkov, les secrétaires du Comité central Valeri Boldine, Oleg Chenine, Oleg Baklanov (en) et Anatoli Loukianov (qui était en même temps président du Soviet suprême de l'URSS).

Le 19 août 1991, l'agence de presse soviétique TASS annonçait qu'en raison d'une maladie (imaginaire) de Mikhaïl Gorbatchev, Ianaïev avait pris en charge ses fonctions[2]. En fait, il l'avait fait enlever et envoyer à Foros en Crimée en résidence surveillée. Il annonça alors la mise en place de l'état d'urgence et la création d'un comité national d'urgence présidé par lui-même.

Lors d'un entretien téléphonique avec le président français, François Mitterrand, il déclara : « Les réformes se poursuivront et nous respecterons la démocratie et la glasnost. Nous voulons construire une économie privée, et continuer la politique de droits civils et de libertés. Dans le domaine de la politique internationale nous respecterons tous nos accords et tous nos engagements »[3].

Sa tentative de pousser Gorbatchev à la démission fit cependant long feu. Trois jours plus tard, le putsch était terminé et c'était Boris Eltsine qui était apparu comme l'âme de la résistance. Ce coup d'État manqué eut pour résultat l'affaiblissement du pouvoir de Gorbatchev, la dissolution du PCUS et, à la fin de 1991, c'est l'URSS elle-même qui disparaissait. Ianaïev et ses complices dans le putsch furent condamnés à des peines de prison, mais dès 1993, il fut remis en liberté pour raison de santé et, en 1994, amnistié par la Douma.

Carrière ultérieure[modifier | modifier le code]

On lui attribue cette phrase : « Je suis un communiste convaincu jusqu'au plus profond de mon âme »[4].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]