Le Capital

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Le Capital
Image illustrative de l'article Le Capital
Couverture originale du livre Premier

Auteur Karl Marx
Genre Sciences économiques, Philosophie politique
Titre original Das Kapital, Kritik der politischen Ökonomie
Éditeur original Verlag von Otto Meisner
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Date de parution originale 1867 - 1885 - 1894
Traducteur Joseph Roy
Lieu de parution Paris
Éditeur Maurice Lachâtre
Date de parution 1867

Le Capital. Critique de l'économie politique, du titre original allemand Das Kapital. Kritik der politischen Ökonomie, est l'ouvrage majeur du philosophe et théoricien de l'économie politique allemand Karl Marx.

Marx a consacré plus de 20 ans de sa vie à l'écriture de cette œuvre, mais n’en a achevé qu’une partie : le premier livre, publié en 1867 et dédicacé à Wilhelm Wolff, consacré au développement de la production capitaliste. Des brouillons de Marx ont été utilisés par Friedrich Engels pour publier les « livres 2 et 3 », en 1885 et 1894. Les ébauches de Marx consacrées à l'histoire des doctrines économiques ont été publiées par le socialiste allemand Karl Kautsky dans l'ouvrage Les Théories de la plus-value (4 vol., 1905-1910).

C'est en observant l'industrie britannique contemporaine et ses conditions de travail ainsi qu'en s'appuyant sur les précédents théoriciens de l'économie politique (tels que David Ricardo ou Adam Smith) et en les critiquant que Marx entend démontrer la nature réelle du capitalisme, et mettre l'accent sur les contradictions internes de ce système.

L'auteur considérait lui-même son ouvrage comme étant « certainement le plus redoutable missile qui ait été lancé à la tête de la bourgeoisie »[réf. nécessaire].

Sommaire

Livre Premier[modifier | modifier le code]

La traduction française du Livre 1 du Capital fut la seconde traduction de cet ouvrage, après la traduction russe parue en 1872. Ce fut aussi la dernière traduction parue du vivant de Marx. Les traductions suivantes sont, dans l'ordre chronologique: la version polonaise (1884-1890), danoise (1885), espagnole (1886), italienne (1886) et enfin anglaise (1887). C'est la seule traduction dont il ait assuré la révision[1].

Les idées et articulations principales de chaque chapitre du livre premier sont ici résumées et accompagnées de quelques citations.

Première section : La marchandise et la monnaie[modifier | modifier le code]

Chapitre 1 : La marchandise[modifier | modifier le code]

Valeur d'usage et valeur d'échange : « La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une immense accumulation de marchandise ». Dès lors l'analyse de la marchandise est le point de départ de ses recherches. L'utilité d'une chose confère à cette chose une valeur d'usage, la valeur d'échange est la proportion dans laquelle des valeurs d'usage différentes s'échangent l'une contre l'autre. Ce rapport change constamment avec le temps et le lieu. (Il parle aussi de valeur d'usage sociale). C'est ainsi, et cela par le rapport de l'échange. Il existe donc quelque chose de commun entre ces deux marchandises. Chacun des deux objets se retrouve donc être réductible à un troisième. Ce qu'il y a en commun entre ces objets c'est une valeur, qui a valeur dans la mesure où du temps de travail humain est matérialisé en lui. C'est ainsi que la grandeur de la valeur est fonction du quantum de travail nécessaire à la fabrication de l'objet. Mais cela pose problème en ce sens que le travail ne saurait être unique. La marchandise d'un paresseux ne vaut pas plus au motif qu'il a mis plus de temps à la réaliser. C'est pourquoi il convient de considérer une force unique c'est-à-dire une force moyenne correspondant au temps de travail nécessaire socialement. Puisque le travail évolue, la valeur d'une marchandise diffère elle aussi avec le temps.

Double caractère du travail : Marx se penche alors sur la nature du travail. Pour lui, elle a une double face. Le travail compris dans la valeur d'usage de chaque marchandise est spécial et répond à un but particulier. Dès lors, des valeurs d'usages ne peuvent se faire face comme marchandises que si elles contiennent des travaux utiles de qualité différente. Si le travail est de qualité différente, il n'en demeure pas moins qu'il y a unicité du travail en ce sens que la différence est de degré et non de nature. Mais on peut néanmoins diviser le travail en deux, entre travail simple et travail complexe (du travail simple multiplié de sorte qu'une quantité donnée de travail complexe correspond à une quantité plus grande de travail simple) Dès lors on se doit de traiter chaque travail comme du travail simple.

Forme de la valeur : Un objet devient marchandise dans la mesure où il devient objet d'utilité et porte valeur. La valeur s'exprime à travers l'autre marchandise (valeur relative) et par équivalence. La forme relative de la valeur revient à comparer quantitativement les marchandises après avoir été ramenées à la même unité. Dès lors qu'elles ont le même dénominateur, elles deviennent commensurables (reprise de Aristote). Il y a donc une essence unique entre les marchandises. L'objet est de plus forte valeur dans le sens où du travail humain est accumulé en lui. C'est pourquoi, si la valeur d'usage de 20 mètres de tissu et de 1 habit sont différents, leur valeur d'échange est la même. Mais la valeur relative d'un objet peut changer. Si 20 mètres de toile valent un habit alors si la valeur de la toile change on peut se retrouver avec 20 mètres de toile valant deux habits. La valeur relative de l'objet est changée. Cette valeur relative qui amène une forme d'équivalent est la forme sous laquelle elle est immédiatement échangeable avec une autre marchandise. La monnaie est donc une marchandise spéciale, elle est équivalent universel dans le monde des marchandises.

En généralisant, on parvient à une forme valeur générale où toutes les marchandises tendent à se donner une équivalence dans une même marchandise. En remplaçant cette marchandise par la monnaie, on arrive à la forme monnaie, selon laquelle toute marchandise a la même valeur qu'une certaine quantité de monnaie. La marchandise a donc pour les individus un caractère fétiche (V. fétichisme de la marchandise) puisque le rapport social entre les producteurs contenu dans la valeur est masqué par sa valeur monétaire qui fait apparaître la valeur comme une propriété « matérielle » intrinsèque de la marchandise.

Chapitre 2 : Des échanges[modifier | modifier le code]

Les marchandises échangées par l'homme ne sont que les marchandises auxquelles il ne trouve pas lui-même d'utilité ; ces marchandises sont alors des porte-valeurs, puisqu'elles ne sont que des instruments d'échange qui permettent à l'homme d'acquérir des biens qui lui sont utiles.

Chapitre 3 : La monnaie ou la circulation des marchandises[modifier | modifier le code]

Si l'on considère que l'or est la marchandise qui remplit la fonction de monnaie, il est à la fois la mesure des valeurs (en tant que monnaie idéale) et l'étalon des prix (l'instrument de la circulation des marchandises), le prix traduisant lui-même la quantité idéale d'or que renferme une marchandise, en fonction du travail contenu dans cette marchandise.

La monnaie permet donc la métamorphose de la marchandise, c'est-à-dire l'échange de la marchandise en argent, où l'argent remplace la marchandise pendant un temps donné et supprime ainsi les problèmes du temps et de l'espace inhérents au troc immédiat. « L'argent est sans limite parce qu'il est immédiatement transformable en toute sorte de marchandise. »

L'argent est donc à la fois un moyen de paiement (lorsqu'il est reçu contre de la marchandise) et de circulation de la marchandise (lorsqu'il sert à acheter d'autre marchandise).

Deuxième section : La transformation de l'argent en capital[modifier | modifier le code]

Chapitre 4 : Transformation de l'argent en capital[modifier | modifier le code]

« La circulation des marchandises est le point de départ du capital. » Alors que l'échange naturel est Marchandise – Argent – Marchandise (M – A – M), où l'argent n'est qu'un intermédiaire qui facilite l'échange des marchandises, le capital naît d'un échange A – M – A', où A' correspond à A, la quantité d'argent de départ, augmentée d'une plus-value.

Chapitre 5 : Les contradictions de la formule générale du capital[modifier | modifier le code]

Toutefois, la plus-value ne peut naître simplement de l'échange des marchandises. En effet, l'individu étant à la fois acheteur et vendeur, il ne peut vendre sa marchandise 10 % plus chère, sans ensuite acheter une autre marchandise 10 % plus chère. Il faut donc chercher ailleurs l'origine de la plus-value.

Chapitre 6 : Achat et vente de la force de travail[modifier | modifier le code]

Seule la force de travail a la faculté d'être une marchandise, qui, lorsqu'on la consomme, réalise du travail, et par conséquent créé de la valeur lorsqu'on la consomme. La valeur d'échange de la force de travail est elle-même à rapporter à la quantité de travail nécessaire à la production des denrées alimentaires qui permettent à l'individu de renouveler sa force de travail. C'est certainement là que se trouve l'origine de la plus-value.

Troisième section : La production de la plus-value absolue[modifier | modifier le code]

Chapitre 7 : Production de valeurs d'usage et production de la plus-value[modifier | modifier le code]

Pour produire, le producteur a besoin de produits qui ont nécessité un travail. Le tisseur a ainsi besoin que des individus aient travaillé à extraire le coton. En consommant de la force de travail pour produire des valeurs d'usage, le capitaliste se situe donc dans une logique normale de producteur.

Toutefois, le capitaliste se rend compte que la valeur d'échange d'une demi-journée de travail permet à l'individu qui vend sa force de travail de produire pendant une journée entière. En vendant des marchandises à une valeur d'échange qui équivaut à davantage de travail humain que ce qu'elles lui en ont coûté, le capitaliste réalise ainsi sa plus-value.

Chapitre 8 : Capital constant et capital variable[modifier | modifier le code]

Au cours de la production, les marchandises qui sont utilisées en tant que matières premières, moyens de production, etc., voient la valeur d'échange qu'elles possédaient, et qui se trouve ainsi utilisée, transférée dans la valeur d'échange de la marchandise produite. Cette partie du capital existait déjà avant le processus de production présent, elle se nomme donc capital constant.

En revanche, la partie du capital transformée par la force de travail change au cours de la production, puisqu'elle reproduit son équivalent et en plus un excédent : la plus-value. Il s'agit donc du capital variable. (Qui contient alors la valeur de la force de travail plus un excédent)

Chapitre 9 : Le taux de la plus-value[modifier | modifier le code]

« Le taux de la plus-value P / V = surtravail / travail nécessaire », il est donc indépendant du capital constant, qu'il faut considérer comme nul pour ne prendre en compte que la plus-value. Ce taux de plus-value peut par exemple être de 100 %, si pendant une journée de douze heures, le travail nécessaire et le surtravail durent tous deux six heures. « L'ouvrier a donc travaillé une moitié du jour pour lui-même et l'autre moitié pour le capitaliste. »

Chapitre 10 : La journée de travail[modifier | modifier le code]

La limite minimum de la journée de travail correspond à la partie de la journée travaillée pour le renouvellement de la force de travail. La limite maximum, si elle dépend des bornes physiques de la force de travail et de limites morales, est beaucoup plus élastique. Elle n'est déterminée que par le rapport de force entre le capitaliste et le travailleur.

Quand il n'y a pas de loi pour les restreindre, les capitalistes n'hésitent pas à faire travailler les ouvriers, qu'ils soient hommes, femmes ou enfants de 6 ans, pendant le jour et la nuit, jusqu'à l'épuisement, la maladie ou la mort.

« La prolongation de la journée de travail au-delà des bornes du jour naturel, c'est-à-dire jusque dans la nuit, n'agit que comme palliatif, n'apaise qu'approximativement la soif de vampire du capital pour le sang vivant du travail. » Le capitaliste instaure donc le travail de jour comme de nuit, pendant des horaires interminables, et par roulements de la force de travail.

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, les entrepreneurs parviennent même à prolonger la journée de travail par le biais de la loi, tel que c'est le cas lors de la création des Workhouses. La lutte pour une journée de travail « normale » n'intervient donc réellement qu'en Angleterre à partir de 1833 avec le Factory Act, qui régule notamment le travail des enfants. Mais celui-ci est encore trop souvent contourné par les capitalistes, et ne permettra donc de timides améliorations qu'après plusieurs révisions dans les années 1850.

La législation anglaise inspirera ensuite des réglementations dans d'autres pays, telles que la loi des douze heures française lors de la révolution de février 1848.

Chapitre 11 : Taux et masse de la plus-value[modifier | modifier le code]

Pour obtenir une même plus-value, le capitaliste doit soit pratiquer un taux fort de plus-value sur ses ouvriers, soit un taux moindre et avoir alors plus d'ouvriers. En tous cas, le capitaliste doit employer un nombre minimal d'ouvriers pour obtenir sa plus-value.

Quatrième section : La production de la plus-value relative[modifier | modifier le code]

Chapitre 12 : La plus-value relative[modifier | modifier le code]

La plus-value absolue, qui est la plus-value produite par la simple prolongation de la journée de travail, est à distinguer de la plus-value relative, obtenue par l'abréviation du temps de travail nécessaire, c'est-à-dire en modifiant la proportion, dans une journée, de temps de travail nécessaire par rapport à celle du surtravail, sans augmenter la durée de cette journée de travail.

Ainsi, seule une hausse de la productivité des travailleurs va permettre la hausse de la plus-value relative.

Chapitre 13 : Coopération[modifier | modifier le code]

Les hommes travaillant ensemble fournissent davantage de travail que s'ils travaillaient séparément. « Cela vient de ce que l'homme est par nature, sinon un animal politique, suivant l'opinion d'Aristote, mais dans tous les cas un animal social. » Cette proportion supérieure de travail obtenue par la coopération entre les ouvriers est d'autant plus profitable au capitaliste qu'il paye l'ouvrier seulement pour le travail individuel qu'il apporte, et non pour le travail collectif supplémentaire qui découle de la coopération.

Chapitre 14 : Division du travail et manufacture[modifier | modifier le code]

La manufacture a pu naître de deux façons différentes : soit il s'agit de la combinaison de métiers divers et indépendants, que l'on désagrège et que l'on simplifie, soit il s'agit de la coopération d'artisans de même genre dont le métier est décomposé en ses opérations diverses, et chacune de ces opérations est isolée.

Dans tous les cas, la tâche d'un travailleur se trouvant décomposée et simplifiée à l'extrême, celui-ci la répète pendant toute sa journée, et, possédant le matériel adapté, le travailleur parcellaire réduit les temps morts, gagne en habileté, il devient donc plus productif. Les manufactures hétérogènes, c'est-à-dire les manufactures où sont produites des marchandises formées de plusieurs pièces ensuite assemblées en une seule (comme dans le cas d'une fabrique de montre) sont imparfaites et font peu gagner en productivité. En revanche, les manufactures sérielles, c'est-à-dire celles où les marchandises produites parcourent des phases de développement connexes (comme dans le cas de la manufacture d'épingles), sont parfaites, puisqu'elles permettent d'utiliser au maximum le travailleur parcellaire et sa productivité. « La division du travail suppose l'autorité absolue du capitaliste sur des hommes transformés en simples membres d'un mécanisme qui lui appartient. » La manufacture nécessite donc que l'ordre soit maintenu, car les risques d'indiscipline de la part des travailleurs sont grands. Et ce n'est que l'intervention des machines qui « supprima la main-d'œuvre comme principe régulateur de la production sociale ».

Chapitre 15 : Machinisme et grande industrie[modifier | modifier le code]

C'est ainsi qu'avec l'avènement du machinisme, l'ouvrier devient moteur de la machine, il n'intervient plus directement sur le produit fabriqué. Toutefois, la valeur transmise par la machine étant d'autant plus faible que la machine dure longtemps, l'industrie mécanique réagit en s'appropriant des forces de travail supplémentaires (celui des femmes et des enfants), en prolongeant la journée de travail, et en intensifiant le travail, ceci afin de produire en un temps toujours décroissant une quantité toujours croissante de valeurs.

« Dans la manufacture et le métier, l'ouvrier se sert de son outil ; dans la fabrique, il sert la machine. » La machine fixe donc le rythme de travail de l'ouvrier, qui est contraint de le suivre sous peine de punitions prenant la forme de retenues de salaire. L'environnement de travail est malsain : des particules de matières premières inondent l'air ambiant, le bruit est constant, les accidents du travail sont innombrables. Les ouvriers ont donc cherché à lutter contre la machine, d'abord en s'attaquant à elle-même, puis contre le mode social d'exploitation qu'elle provoque, et qui s'ajoute aux « inconvénients temporaires » qu'elle entraîne : la baisse de l'emploi. La machine peut ainsi se présenter comme concurrente directe de l'ouvrier.

Si selon certains économistes, selon une loi de la compensation, les ouvriers dégagés par l'arrivée de la machine trouveront forcément de l'emploi dans une autre branche de l'industrie, on remarque au contraire que dans ce cas, s'ils parviennent à se tirer du chômage, c'est pour pratiquer des emplois « d'esclaves domestiques modernes ».

Si le développement du machinisme entraîne la multiplication des « esclaves du travail » par son fonctionnement, les améliorations apportées aux machines entraînent souvent une hausse de la part du capital constant au détriment du celle de capital variable, c'est-à-dire qu'elles détruisent des emplois. Les vagues de répulsion et d'attraction des ouvriers par la fabrique se succèdent donc sans cesse.

Le développement de la grande industrie supprime la coopération auparavant fondée sur la division du travail. La manufacture et le travail à domicile se trouvent mis à l'épreuve et doivent donc s'adapter. Alors que dans les manufactures, les conditions de travail empirent, la concurrence des fabriques poussant les patrons à augmenter l'exploitation du travail, le travail à domicile, pour survivre, devient dépendant des commandes des fabriques et de leurs fluctuations. Les ouvriers de ce mode de production sont donc successivement noyés par le travail et contraints au chômage. « Là, il [le capitaliste] peut donc recruter d'une manière systématique une armée industrielle de réserve, toujours disponible, que décime l'exagération du travail forcé pendant une partie de l'année et que, pendant l'autre, le chômage forcé réduit à la misère. »

Si la législation pour les fabriques se développe, ce n'est que tardivement, et celle-ci est imparfaite et manque d'efficacité, car les agents de contrôle étant peu nombreux, elle n'est presque jamais respectée.

Dans l'agriculture également, la machine se développe et détruit des emplois. « Dans l'agriculture moderne, de même que dans l'industrie des villes, l'accroissement de productivité et le rendement supérieur du travail s'achètent au prix de la destruction et du tarissement de la force de travail. »

Cinquième section: Recherches ultérieures sur la production de la plus-value[modifier | modifier le code]

Chapitre 16 : Plus-value absolue et plus-value relative[modifier | modifier le code]

En plus des précisions concernant la plus-value qui ont déjà été présentées auparavant, il convient d'ajouter que ce n'est pas la productivité qui est à l'origine de la plus-value, c'est toujours le surtravail.

Chapitre 17 : Variations dans le rapport de grandeur entre la plus-value et la valeur de la force de travail[modifier | modifier le code]

Trois facteurs déterminent le rapport de grandeur entre la plus-value et la force de travail : la durée du travail, le degré d'intensité du travail et son degré de productivité. Les différentes variations de ces facteurs font ainsi augmenter ou baisser la part de surtravail dans la journée.

Chapitre 18 : Formules diverses pour le taux de la plus-value[modifier | modifier le code]

P / V = Plus-value / Capital Variable = Plus-value / Valeur de la force de travail = Surtravail / Travail Nécessaire

Sixième section : Le salaire[modifier | modifier le code]

Chapitre 19 : Transformation de la valeur ou du prix de la force de travail en salaire[modifier | modifier le code]

Le salaire est attribué à l'ouvrier en contrepartie de son travail effectué, mais il ne rétribue en fait que le travail nécessaire (et non le surtravail). Toutefois, il donne l'impression à l'ouvrier que c'est son travail dans son intégralité qui est payé. « Le rapport monétaire dissimule le travail gratuit du salarié pour son capitaliste. »

Chapitre 20 : Le salaire au temps[modifier | modifier le code]

Le salaire au temps correspond au rapport de la valeur journalière de la force de travail sur la journée de travail d'un nombre d'heures donné. Si le salaire au temps est bas, l'ouvrier va donc devoir travailler plus pour s'assurer un salaire moyen à peine convenable.

Chapitre 21 : Le salaire aux pièces[modifier | modifier le code]

Le salaire aux pièces dérive du salaire au temps. Il est payé si les pièces produites sont en bon état, et, si le nombre de pièces produites est insuffisant, l'ouvrier est congédié. Le salaire aux pièces assure donc au capitaliste la qualité et l'intensité du travail, il rend donc la surveillance superflue, ce qui permet le travail à domicile. De plus, il encourage l'augmentation de la productivité, ce qui fait par la suite baisser la valeur du produit et donc fait baisser le salaire de l'ouvrier.

Chapitre 22 : Différence dans le taux des salaires nationaux[modifier | modifier le code]

Plus la production capitaliste est développée dans un pays, plus la valeur relative de l'argent est petite, et, si le prix du travail paraît bon marché, il est en fait supérieur à celui des autres pays.

Septième section : Accumulation du capital[modifier | modifier le code]

Chapitre 23 : Reproduction simple[modifier | modifier le code]

Pour produire de manière continue, le capitaliste doit continuellement retransformer une partie de ses produits en moyens de production. De ce fait, par le processus de production, le capitaliste produit et reproduit la force de travail. Ainsi, le capitaliste souhaite juste « limiter la consommation individuelle des ouvriers au strict minimum », afin que l'ouvrier puisse reproduire sa force de travail.

Aussi, si la plus-value est entièrement dépensée par le capitaliste, on assiste à un phénomène de reproduction simple : le capitaliste reproduit toujours le processus de production dans les mêmes mesures, il obtient ainsi une part constante de plus-value.

Chapitre 24 : Transformation de la plus-value en capital[modifier | modifier le code]

En revanche, si le capitaliste ne dépense pas l'intégralité de la plus-value qu'il s'est appropriée, il la capitalise, c'est-à-dire qu'il la réinvestit dans le processus de production, ce qui lui permettra par la suite d'en retirer une quantité croissante de plus-value. Ainsi, c'est grâce à cette capitalisation de la plus-value que se produit l'accumulation. Pour certains, le capitaliste doit donc pratiquer l'abstinence, c'est-à-dire qu'il doit s'efforcer de consommer le moins possible de la plus-value (il doit donc résister à l'envie de la consommation ostentatoire), afin de la capitaliser. « Si le prolétaire n'est qu'une machine à produire de la plus-value, le capitaliste n'est qu'une machine à capitaliser cette plus-value. »

Plus le degré d'exploitation de la force ouvrière est grand, plus le capital provenant de la plus-value est capitalisé, et plus le capital avancé est grand, plus l'accumulation sera importante.

Chapitre 25 : Loi générale de l'accumulation capitaliste[modifier | modifier le code]

Face à l'accélération de l'accumulation, l'excès de capital fait que le travail offert devient insuffisant, ce qui tendrait à entraîner une hausse des salaires et donc une baisse proportionnelle du travail gratuit.

Toutefois, plus le capital s'accumule et se concentre, plus la part attribuée au capital variable diminue au profit du capital constant. De ce fait, il se constitue une surpopulation relative, « elle forme une armée de réserve industrielle qui appartient au capital d'une manière aussi absolue que s'il l'avait élevée et disciplinée à ses propres frais. Elle fournit […] la matière humaine toujours exploitable et toujours disponible ». Le capitaliste a donc intérêt à l'apparition de cette surpopulation.

Il en résulte la loi générale suivante : la réserve industrielle est d'autant plus nombreuse que la richesse produite, l'accumulation du capital, le nombre absolu de la classe ouvrière et la productivité de son travail sont considérables. Plus la réserve grossit, plus le paupérisme officiel s'accroît.

Le cas de l'Angleterre illustre bien cette loi : alors que la classe ouvrière était en surnuméraire, que sa productivité s'est accrue, on a assisté à une augmentation du nombre de gens imposés, qui a subi une augmentation de 20 % entre 1853 et 1861, et témoigne donc du mouvement d'accumulation du capital et d'augmentation de la richesse produite. Parallèlement, le nombre de personnes inscrites sur la liste officielle des pauvres a subi une hausse de 14 % entre 1855 et 1865.

Pour les classes ouvrières et les mineurs, les conditions de travail sont insoutenables, celles de vie sont effroyables : les quantités de nourriture absorbées sont inférieures aux limites où se déclarent les maladies d'inanition, au niveau des logements « plus l'accumulation du capital est rapide, plus les habitations ouvrières deviennent misérables », les ouvriers et les mineurs sont entassés dans des baraques insalubres qu'ils louent malgré tout à des prix élevés, elles sont le foyer de maladies telles que vérole, fièvre scarlatine, choléra… En cas de crise, même les ouvriers les mieux payés doivent se rendre dans les « workhouses » pour obtenir de la nourriture qu'ils ne peuvent plus se fournir.

Avec l'abolition des corn Laws, le capital et le machinisme investissent en masse les campagnes. Les ouvriers agricoles voient leurs salaires s'effondrer et leurs conditions de vie deviennent telles que les hommes sont mieux nourris dans les prisons anglaises que ce que le sont les ouvriers agricoles. Ils sont expropriés, la destruction de leur habitat leur pose autant de problèmes de logement que pour les ouvriers.

Huitième section : L'accumulation primitive du capital[modifier | modifier le code]

Chapitre 26 : Le secret de l'accumulation primitive[modifier | modifier le code]

Le processus de production suppose l'avance d'un capital par le capitaliste, il existe donc nécessairement une accumulation primitive. « Cette accumulation primitive joue dans l'économie politique à peu près le même rôle que le péché originel dans la théologie. Adam mordit la pomme, et voilà le péché qui fait son entrée dans le monde. »

Chapitre 27 : L'expropriation de la population campagnarde[modifier | modifier le code]

Les capitalistes ont spolié l'Église de ses biens, aliéné les domaines de l'État, pillé et enclos les terrains communaux afin de se les approprier. Ils ont ainsi exproprié la population vers l'industrie des villes.

Chapitre 28 : Législation sanguinaire contre les expropriés à partir de la fin du XVe siècle. - Lois sur les salaires.[modifier | modifier le code]

En Angleterre, les lois concernant la condamnation du vagabondage se succèdent. Elles condamnent les hommes errants à la torture, à l'emprisonnement, à l'esclavage et même parfois à la mort, alors que leur vagabondage résulte de leur expropriation. Celle-ci a été effectuée par les capitalistes, qui sont d'autre part les juges qui les condamnent.

De même, des lois fixent les salaires des ouvriers, qui ne doivent en aucun cas être dépassés, sous peine d'emprisonnement de l'ouvrier et même du patron ; en revanche, aucune loi ne fixe de salaires minima.

Chapitre 29 : Genèse des fermiers capitalistes[modifier | modifier le code]

En Angleterre, après la chute du système féodal, le fermier est d'abord un bailli (un serf), puis il devient un métayer, c'est-à-dire un fermier qui avance le capital, le fait valoir. Avec l'usurpation des parties communales, il accroît son bétail et en tire des profits. Au XIXe siècle, la dépréciation de la monnaie due à celle des métaux précieux permet la baisse des salaires (dont ceux des ouvriers) alors que les prix des produits agricoles s'enchérissent. Le fermier capitaliste s'enrichit donc rapidement.

Chapitre 30 : Contrecoup de la révolution agricole sur l'industrie. Établissement du marché intérieur pour le capital industriel.[modifier | modifier le code]

À la suite de leur expropriation des terres, les cultivateurs sont transformés en salariés par la révolution agricole. Devenus des marchandises, ils sont attirés dans les villes, et forment ainsi le marché intérieur pour le capital industriel.

Chapitre 31 : Genèse du capitaliste industriel[modifier | modifier le code]

La propriété privée est fondée sur le travail personnel, celle des capitalistes est fondée sur le travail d'autrui. C'est par l'expropriation des travailleurs, le pillage des richesses et des hommes des colonies, la perception de l'usure que le capital industriel se développe peu à peu et prend le contrôle de la production capitaliste. Le capital arrive au monde « suant le sang et la boue par tous les pores ».

Chapitre 32 : Tendance historique de l'accumulation capitaliste.[modifier | modifier le code]

L'accumulation capitaliste passe par l'expropriation du peuple travailleur. La « propriété privée capitaliste » est « fondée sur l'exploitation du travail d'autrui, sur le salariat ».

L'évolution du capital va dans le sens de sa concentration, et de sa mondialisation, entraînant « l'entrelacement de tous les peuples dans le réseau du marché universel ». S'accroissent « la misère, l'oppression, l'esclavage, la dégradation, l'exploitation, mais aussi la résistance de la classe ouvrière sans cesse grossissante ».

Au terme du développement du capitalisme « le monopole du capital devient une entrave », le mode de production doit changer et la propriété capitaliste devenir propriété sociale. Le capitalisme s'est constitué par « l'expropriation de la masse par quelques usurpateurs », sa chute sera « l'expropriation de quelques usurpateurs par la masse ».

Chapitre 33 : La théorie moderne de la colonisation[modifier | modifier le code]

« La richesse coloniale n'a qu'un seul fondement naturel : l'esclavage. »

L'étude de l'émergence du capitalisme dans les colonies prouve pour Marx que « le mode de production et d'accumulation capitaliste, et partant la propriété privée capitaliste, présuppose l'anéantissement de la propriété privée fondée sur le travail personnel ; sa base, c'est l'expropriation du travailleur ».

Idées principales de l'œuvre[modifier | modifier le code]

La conclusion de Marx est que le capitalisme est un système à la fois injuste et instable, qui aliène les êtres humains, et dont la base est « l'expropriation des travailleurs » sous la forme du système de salaire. En outre, Marx estime que le capitalisme devra être remplacé par un mode de production fondé sur la propriété commune, remplaçant le travail salarié par le travail libre et coopératif.

Les rapports entre la théorie du fétichisme de la marchandise et la théorie de la valeur sont l'objet de débats passionnés depuis la lecture faite par Isaak Roubine : selon lui, « La théorie du fétichisme est, per se, la base de tout le système économique de Marx, et en particulier de sa théorie de la valeur. » (Essais sur la théorie de la valeur de Marx, 1928).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Consultez la liste des éditions de cette œuvre :
Le Capital (Marx).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le Capital de Marx.

Articles connexes[modifier | modifier le code]