Affaire Iran-Contra

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L’affaire Iran-Contra (ou Irangate, nommée ainsi en souvenir du scandale du Watergate) est un scandale politique survenu aux États-Unis dans les années 1980.

L'affaire est toujours voilée de secrets et il est difficile de découvrir les faits. Plusieurs membres de l'administration Reagan ont vendu illégalement des armes à l'Iran, qui était un ennemi avoué des États-Unis, utilisant les profits pour financer secrètement, et malgré l'opposition du Congrès des États-Unis[1],[2], les Contras, un mouvement contre-révolutionnaire nicaraguayen de lutte armée regroupant les opposants au gouvernement sandiniste de Daniel Ortega. Dans le cadre de la Guerre froide, il s'agit pour l'administration Reagan de renverser un régime considéré comme communiste[3] et situé dans ce que les États-Unis considèrent comme leur zone d'influence.

Après la révélation de la vente d'armes en novembre 1986, le président Reagan est apparu à la télévision américaine et a nié les faits[4]. Toutefois, une semaine plus tard, le 13 novembre, il est retourné sur les ondes pour affirmer que les armes étaient effectivement transférées à l’Iran. Reagan a en revanche démenti que cette vente faisait partie d’un échange d'otages (plusieurs Américains sont à l'époque otages au Liban)[5].

L'affaire[modifier | modifier le code]

L’affaire met en lien deux sujets disparates : la vente d’armes à l’Iran et le financement de militants Contra au Nicaragua. Le financement direct a été rendu illégal par l’amendement Boland (en). L’affaire émerge après la publication le 3 novembre 1986 du journal libanais Al-Shiraa (en) qui démontre que les États-Unis ont vendu des armes à l’Iran en échange de la libération des otages du Hezbollah. Des lettres envoyées par Oliver North à John Poindexter appuient l’accusation[6]. Toutefois, l’ambassadeur israélien aux États-Unis déclare que l’objectif était d’établir des liens avec des éléments militaires en Iran. Le financement Contra provient des ventes d’armes et d'un trafic de stupéfiant dont les États-Unis avaient connaissance.

Prise d’otages[modifier | modifier le code]

À la fin des années 1970 et début 1980, le Moyen-Orient faisait face à de fréquentes prise d’otages d’organisations islamistes. En 1979, des étudiants Iraniens ont pris en otage 66 employés de l’ambassade des États-Unis à Téhéran.

Le 20 janvier 1981, le jour où Ronald Reagan est devenu Président, les otages ont été libérés à la suite des accords d’Alger. Bani Sadr, alors président de la République islamique, et Gary Sick, alors membre du Conseil de sécurité nationale, parlent d'une « surprise d'octobre », c'est-à-dire d'un accord entre Reagan et Khomeiny pour retarder la libération des otages et ainsi désavantager Carter dans la présidentielle, en échange d'une livraison d'armes.

En 1983, des membres d'Al-Dawa, un parti politique irakien en exil devenu organisation militante, ont été emprisonnés pour avoir pris part dans une série d’attentats à la voiture piégée au Koweït le 12 décembre 1983 contre les ambassades françaises, américaines, l'aéroport et une raffinerie[7]. En réponse à cet emprisonnement, le Hezbollah, un allié de Al-Dawa, prennent en otage 30 occidentaux, dont six Américains[8] ; par ailleurs, William Francis Buckley (en), chef de l'antenne de la CIA à Beyrouth, est kidnappé en 1984 par le Jihad islamique. Le Hezbollah demande la libération des prisonniers en échange des otages.

Les membres de l’administration Reagan déclarent qu’ils croyaient qu’en vendant des armes à l’Iran, l’Iran influencerait le Hezbollah libanais à les libérer. Trois otages sont libérés en réponse à la vente d'armes[9].

L’Iran était en pleine guerre contre l'Irak et trouvait peu de nations occidentales prêtes à l'approvisionner en armes. La vente d’armes était également vue, selon le conseiller à la sécurité nationale du président Reagan Robert McFarlane (en), comme susceptible d'améliorer les relations tendues avec l’Iran[10]. Les profits sont allés aux Contras, des guerilleros engagés dans une lutte anti-communiste contre le régime sandiniste du Nicaragua.

Transaction d’armes[modifier | modifier le code]

Le rapport Iran-Contra révèle que la vente d’armes à l’Iran est une violation de la politique du gouvernement des États-Unis ; il viole également la loi de contrôle de l’export d’armes[11]. Dans l’ensemble, si la libération des otages était le but de la vente d’armes à l’Iran, le plan est un échec puisque seuls trois des trente otages ont été relâchés.

Michael Ledeen, un consultant de Robert McFarlane, a demandé de l’aide au Premier ministre israélien Shimon Peres dans la vente d’armes à l’Iran[12]. L’idée générale derrière le plan était qu’Israël livre les armes à l’Iran, puis les États-Unis rembourseraient Israël avec les mêmes armes. La vente d’armes en Israël exigeait une autorisation de haut niveau du gouvernement des États-Unis. Après avoir convaincu le gouvernement israélien que le gouvernement américain approuvait cette vente, Israël était obligé d’accepter la vente d’armes[12]. Le 18 juillet 1985, alors qu’il se remettait de son opération de cancer, Reagan approuve à l’hôpital l’idée de McFarlane, qui était de tendre un bras vers l’Iran[13]. En juillet 1985, Israël envoie les missiles antichar américains BGM-71 TOW à l’Iran par le biais d'un trafiquant d’armes nommé Manucher Ghorbanifar, un ami du Premier ministre iranien. Le curé Benjamin Weir a été le seul otage relâché, bien que les armes aient été livrées à l’Iran. Le plan de Ledeen fut un échec.

Transactions subséquentes[modifier | modifier le code]

Robert McFarlane démissionne en décembre 1985[14]. Il est remplacé par l'Amiral John Poindexter. Le jour de la démission de McFarlane, Oliver North, un assistant militaire au United States National Security Council (NSC), a proposé un nouveau plan pour vendre des armes en Iran. Cette fois, il avait deux idées. La première était qu’au lieu de vendre les armes par l’intermédiaire d’Israël, la vente serait directe. La deuxième, le profit de la vente irait aux Contras après une majoration de prix. Oliver North voulait une augmentation de prix de 15 millions de dollars américain, alors que le trafiquant d’armes iranien Ghorbanifar s’était rajouté une augmentation personnelle de 41 %[15]. Au départ, les Iraniens ont refusé d’acheter les armes au prix surévalué par les commissions imposées de North et Ghorbanifar. Pourtant en février 1986, 1 000 missiles TOW ont été livrés en Iran[16]. De mai à novembre 1986, il y a eu des livraisons additionnelles d’armes de composants et d’armes divers[16]. Reagan a déclaré que la totalité des ventes ne remplirait pas un avion[17].

L'aide aux Contras[modifier | modifier le code]

L'administration Reagan fournissait une aide secrète aux Contras depuis novembre 1981, mais l'amendement Boland de 1982 mit fin à l'aide militaire quand on découvrit que la CIA supervisait des actes de sabotage au Nicaragua sans en informer le Congrès. L'amendement, effectif à partir de décembre 1983 à septembre 1985, interdisait à la CIA, au Département de la Défense et aux autres agences gouvernementales de fournir une aide militaire secrète. L'administration Reagan a contourné cette disposition en faisant appel au Conseil de sécurité nationale (NSC), qui n'était pas explicitement visé par cette loi, pour superviser l'envoi d'aide secrète. Le profit de la vente d’armes est allé aux Contras, une organisation d'opposants de droite déçus du régime, unis par leur opposition (d'où leur nom « Contras » : ceux qui sont contre) au gouvernement du FSLN marxiste au Nicaragua. Le plan était coordonné par Oliver North du Conseil de sécurité nationale. La vente d’armes à l’Iran et le financement des Contras contourne non seulement la politique de l’Administration, mais aussi la législation passée par le Congrès connu comme l’amendement Boland. Les officiels de l’administration soutiennent qu'outre la restriction du Congrès de financer les Contras ou toute affaire, le président (l’Administration) pouvait continuer à trouver des moyens alternatifs de financement pour les entités et gouvernements étrangers[18]. Les Contras étaient aussi activement impliqués dans le trafic de drogue.

Scandale[modifier | modifier le code]

Quelles que soient les raisons de la vente d’armes américaines à l’Iran, l’affaire a provoqué une discorde politique aux États-Unis. Le magazine libanais Ash-Shiraa expose l’arrangement le 3 novembre 1986[19],[20],[21]. C’est le premier reportage public sur une affaire d’armes contre otages. L’opération a été découverte après qu’un avion du pont aérien fut abattu au Nicaragua. Eugene Hasenfus (en), qui a été capturé par les autorités nicaraguayennes, affirme initialement que ses deux collègues, Max Gomez et Ramon Medina, étaient des agents de la CIA[22]. Plus tard, il a retiré ses propos en disant qu'il ne savait pas[23]. Le gouvernement iranien a confirmé le reportage de Al-Shiraa et dix jours après que l’histoire fut publiée, le président Reagan dévoile la vérité. Dans un discours télévisé, le 13 novembre, Reagan confirme la vente d’armes à l’Iran et déclare les raisons de la vente d’armes. Il affirme que seule une cargaison d’avion a été transférée en Iran.

« La raison était […] d’envoyer un signe que les États-Unis étaient préparés à remplacer l’animosité par une nouvelle relation. Au moment où nous avons entrepris cette initiative, nous avons précisé l’opposition de l’Iran à toute forme de terrorisme international en tant que condition de progrès dans notre relation. L’étape la plus importante que l’Iran pouvait faire, nous l’avons indiqué, serait d’utiliser son influence au Liban pour sécuriser la libération de tous les otages[17]. »

Le scandale s’envenime le 21 novembre, quand Oliver North et sa secrétaire Fawn Hall sont surpris en train de détruire des documents pertinents. Le procureur général des États-Unis, Edwin Meese, avoue le 25 novembre que les bénéfices de la vente d’armes en Iran étaient rendus disponibles pour assister les rebelles Contras au Nicaragua. Le même jour, John Poindexter démissionne et Oliver North est licencié[24]. Poindexter est remplacé par Frank Carlucci le 2 décembre 1986[25].

Commission Tower[modifier | modifier le code]

Le 25 novembre 1986, face à la pression croissante des démocrates du Congrès et des médias, le président Reagan annonce la création d’une commission spéciale d’enquête (Special Review Board). Le lendemain, l’ex-sénateur John Tower, l’ex-secrétaire d'État Edmund Muskie et l’ex-conseiller à la sécurité nationale Brent Scowcroft sont assignés en tant que membres de cette commission, la Tower Commission, qui prenait effet le 1er décembre. Cette commission était la première à enquêter et évaluer le National Security Council. Les objectifs de la Commission Tower étaient d’enquêter sur « les circonstances environnant l’affaire Iran-Contra, d’autres cas d’études qui pourraient révéler les forces et faiblesses dans l’opération du système du National Security Council sous pression, et de quelle façon ce système a servi huit différents présidents depuis sa création en 1947 »[26].

Le président Reagan est apparu devant la Commission Tower le 1er décembre 1986[27] pour répondre aux questions. Ses réponses n’étaient pas entièrement cohérentes et il était (supposément) atteint de problèmes de mémoire, car les questions portaient sur des détails qui se sont produits durant les mois et années précédentes. Le Tower Commission Report a été rendue au président le 26 février 1987. Le rapport critique les actions d’Oliver North, de John Poindexter, du secrétaire à la Défense Caspar Weinberger et d’autres. Le rapport ne détermine pas si le président avait connaissance de l’étendue du programme, même s’il affirme que le président devrait avoir un meilleur contrôle du personnel du National Security Council. La formulation du rapport a peu surpris puisqu’une faible critique à l’égard du président était prévisible. À la place, il critique considérablement le président pour son laxisme dans la surveillance de ses subordonnés ou de ne pas être informé de leurs actions.

Le Congrès publie son propre rapport le 18 novembre 1987, indiquant que « si le président ne savait pas ce que faisaient ses conseillers à la sécurité nationale, il aurait dû[28]. Le rapport du Congrès déclare que le président assume une « responsabilité ultime » pour les méfaits de ses assistants, et que son Administration a exhibé « dissimulation, tromperie et mépris de la loi ». Un résultat majeur de la commission Tower était le consensus que Reagan aurait dû écouter plus souvent son conseiller à la sécurité nationale, plaçant en conséquence davantage de pouvoir entre les mains de cette position. Le conseiller à la sécurité nationale aurait dû être vu en tant que « commissionnaire honnête » et pas quelqu’un utilisant la position pour promouvoir son agenda politique. Certains doutaient des intentions de la commission Tower en la considérant comme une cascade politique. La commission a limité sa critique à l’égard du vice-président George H. W. Bush. Par conséquent[évasif], le président de la commission, John Tower, a été nommé secrétaire à la Défense par Bush quand il est devenu président. Brent Scowcroft a été nommé conseiller à la sécurité nationale[29].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Oliver North et John Poindexter sont inculpés de charges multiples le 16 mars 1988[30]

North, inculpé de 16 chefs d’accusation, est le 4 mai 1989 jugé coupable au titre de trois chefs d’accusation mineurs[31]. La sentence est annulée en appel, sur les bases que les droits du Cinquième Amendment de North aurait pu être violés par l’utilisation indirecte de son témoignage au Congrès qui étaient données sous un accord d’immunité. En 1990, Poindexter est condamné de plusieurs chefs d’accusation dont : mensonges au Congrès, obstruction à la justice, conspiration, altération et destruction de documents pertinents à l’enquête. Sa sentence a également été annulée en appel pour les mêmes raisons. Le Independent Counsel (Conseil indépendant), Lawrence E. Walsh, a choisi de ne pas ré-inculper North ou Poindexter. Weinberger a été inculpé de mensonges au Independent Counsel, mais il est gracié par la suite par le président George H. W. Bush. Face aux preuves indéniables de sa participation au scandale, Ronald Reagan a exprimé des regrets à une conférence de presse télévisée de la Maison Blanche le 4 mars 1987. En réponse aux questions, Reagan déclare que ses affirmations précédentes, que les États-Unis n’ont pas échangé d’armes contre les otages, étaient incorrectes. Il a également déclaré que le vice-président, George H.W Bush, était au courant du plan. Le président Reagan a survécu au scandale et sa cote de popularité est revenue aux niveaux précédents ; quand le scandale éclata en 1986, « la cote de Reagan s’est effondrée à 46 % », mais plus tard il « a fini solidement à 68 % », selon un sondage Gallup en décembre 1988."[32].

Argent de la drogue[modifier | modifier le code]

À partir des années 1980, les Contras étaient soupçonnés d’être financés par la distribution de cocaïne. Une des premières allégations est contenue dans un procès classé en 1986 par deux journalistes représentés par le Christic Institute, qui déclaraient que la CIA et d’autres partis étaient impliqués dans des actes criminels, dont le financement d’achat d’armes avec la recette des ventes de cocaïne[33]. Le procès a été rejeté ; plusieurs participants ont subséquemment porté plainte contre le Christic Institute pour diffamation et ont gagné. Le rapport du Comité du Sénat des Affaires étrangères, du sénateur John Kerry en 1988 sur les liens de la drogue Contra, publié le 13 avril 1989, conclut que « des seniors de la politique des États-Unis n’étaient pas immunisés de l’idée que l’argent de la drogue était une solution parfaite pour les problèmes de financement Contra »[34]. Le rapport du Comité Kerry affirme que des membres du département d’État « qui ont fourni du support aux Contras étaient impliqués dans le trafic de drogue ; les éléments des Contras mêmes savaient pertinemment qu’ils recevaient une assistance financière et matérielle de trafiquants de drogue »[35]. Kerry avait des suspicions sur la connexion de North avec Manuel Noriega. Selon l’Archive de la Sécurité nationale (National Security Archive), Oliver North aurait été en contact avec Noriega et l’a rencontré personnellement.

aLe rapport poursuit : « les liens de la drogue Contra inclut paiements aux trafiquants de drogue par le département d'État des États-Unis, autorisé par le Congrès en tant qu'aide humanitaire, dans certains cas après l’inculpation de trafiquants par des agences fédérales, dans d’autres pendant que les trafiquants étaient sous enquête par ces mêmes agences ». Les chambres du Congrès ont commencé à poser des questions sur les allégations de drogue associées aux Contras, provoquant un réexamen au printemps de 1986 sur les allégations du département d’État, conjointement avec le département de la Justice et les agences d’intelligence nationales[36].

Les allégations refont surface en 1996 quand le journaliste Gary Webb publie des rapports dans le San Jose Mercury News[37], et plus tard dans son livre Alliance Obscure[38], qui détaille comment les Contras avaient distribué du crack cocaïne à Los Angeles pour financer l’achat d’armes. Ces reportages étaient initialement attaqués par d’autres journaux, qui tentaient de discréditer le lien, en citant des rapports officiels qui apparemment blanchissaient la CIA.

Le reportage du The Wall Street Journal du 29 janvier 1997[39] sur les activités au Mena, indique que l’aéroport d'Arkansas a prétendument impliqué le gouverneur à l’époque, Bill Clinton dans une dissimulation de trafic de drogue. L’article du Wall Street Journal affirme :

« Au centre du réseau de spéculation tissé autour de Mena se trouve quelques faits incontestés : un des meilleurs informateurs de drogue dans l’histoire des États-Unis, le trafiquant Barry Seal, a basé son opération aérienne à Mena. Au sommet de sa carrière il importait environ 1 000 livres (450 kg) de cocaïne par mois, et avait une fortune personnelle estimée à plus de 50 millions $. Après être devenu un informateur pour le Drug Enforcement Administration, il a travaillé au moins une fois avec la CIA, dans une intervention de drogue Sandinista. Il a été assassiné par des tueurs à gages colombiens à Baton Rouge (Louisiane), en 1986 ; huit mois plus tard, un de ses avions—avec un pilote d’Arkansas aux commandes et Eugene Hasenfus dans la soute—a été descendu au-dessus du Nicaragua avec une cargaison de fournitures Contra. »

En 1998, l'Inspecteur Général de la CIA Frederick Hitz publie un rapport à deux volumes[40] qui soutient les affirmations de Webb, décrit comment 50 Contras et entités liés à Contra impliqués dans le trafic de drogue ont été protégés par les forces de l’ordre par l’administration Reagan-Bush, et documente la dissimulation de preuves relatives aux activités. Le rapport démontre qu’Oliver North et le National Security Council étaient informés de ces activités. Plus tard dans la même année, un rapport de l’inspecteur général du département de la Justice Michael Bromwich parvient à des conclusions similaires.

Le 10 décembre 2004, Gary Webb s’est apparemment suicidé en se tirant deux balles fatales dans la tête.

Personnes impliquées pardonnées et réinstallées[modifier | modifier le code]

En 1992, le Président George H. W. Bush gracie six personnes[41] impliquées dans le scandale, Elliott Abrams, Duane R. Clarridge, Alan Fiers, Clair George, Robert C. McFarlane et Caspar W. Weinberger. George W. Bush a sélectionné quelques individus qui ont servi sous Reagan pour des fonctions de haut-niveau dans son administration présidentielle[42],[43].

  • Elliott Abrams[44] : sous Bush, assistant spécial au président et directeur senior du National Security Council pour les Affaires africaines Proche-Orient et du Nord ; dans Iran Contra, plaidé coupable de deux chefs d’accusation de rétention illégale d’information, pardonné.
  • Otto Reich[45]: chef de l’Office de Diplomatie Publique sous Reagan.
  • John Negroponte[46] : sous Bush, Directeur de l’Intelligence Nationale.
  • Amiral John Poindexter[47]: sous Bush, Directeur du Information Awareness Office ; dans Iran Contra jugé coupable de plusieurs chefs d’accusation dont conspiration, obstruction à la justice, mensonges au Congrès, arnaque du gouvernement, altération et destruction de preuves, sentence annulée.
  • Robert Gates[48] : sous Bush, depuis le 6 décembre 2006 en tant que nouveau secrétaire à la Défense remplaçant Donald Rumsfeld. À servi en tant que directeur de l’Intelligence Centrale en 1991–1993 sous George H.W. Bush. Pendant Iran Contra il était directeur adjoint de l’Intelligence Centrale.
  • Charles E. Allen[49] : sous Bush, désigné en août 2005 chief intelligence officer au Department of Homeland Security. La position d’Allen au DHS n’était pas sujette à la confirmation du Sénat. Avant d’être désigné au DHS, Allen avait travaillé 47 ans pour la CIA. Directeur de l’Intelligence Centrale William Webster a formellement reprimandé Allen pour ne pas avoir été conforme avec la requête de l’Intelligence Centrale d’être pleinement coopératif dans leur enquête interne du scandale Iran-Contra. Toutefois les collègues d’Allen signalent que Webster réprimande la seule personne de la CIA qui l’a guidé dans ses suspicions d’un détournement de fonds de Robert Gates. [Eclipse: The Last Days of the CIA, Mark Perry, 1992, p. 216]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En 1984, le Congrès avait imposé un arrêt de l'aide aux Contras. Voir Philippe Lemarchand (dir.), Atlas des États-Unis : les paradoxes de la puissance, Neuilly-sur-Seine, Éd. Atlande,‎ 1998 (ISBN 978-2-912-23202-1), p. 88
  2. Pour Philippe Broyer, L'argent sale dans les réseaux du blanchiment, Paris Montréal Budapest, L'Harmattan,‎ 2000 (ISBN 978-2-738-49998-1), p. 162, note 1, le Congrès a suspendu l'aide militaire aux mouvements antisandinistes entre octobre 1984 et octobre 1986.
  3. Gérard Chaliand précise que le Nicaragua n'a pas d'autre choix que de se tourner vers Cuba et l'URSS pour obtenir un soutien militaire face aux manœuvres américaines dans Chaliand, un itinéraire combattant: Afrique, Asie, Amérique latine : 30 ans d'enquêtes de terrain, Karthala, 1997, p. 600.
  4. Julie Wolf, « The Iran-Contra affair », American Experience, PBS,‎ 2000
  5. Ronald Reagan, « Address to the nation on the Iran arms and Contra aid controversy », Ronald Reagan Presidential Library,‎ 13 décembre 1986
  6. "[...]a single transaction which wd be preceded by a release of hostages" « Iran-Contra: White House e-mail » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), CNN
  7. Wright, Robin, Sacred Rage, Simon and Schuster, 2001, p. 112
  8. Gary Hucul, « The tragedy of Iran », crisispapers.org,‎ 25 avril 2006
  9. Douglas Martin, Albert Hakim, Figure in Iran-Contra Affair, Dies at 66, New York Times, 1er mai 2003
  10. Selon la Federation of American Scientistsfas.org
  11. « Excerpts From the Iran-Contra Report: A Secret Foreign Policy », New York Times,‎ 1994
  12. a et b The Iran-Contra Affair
  13. The American Experience | Reagan | Timeline (1983 - 1985)
  14. Walsh Iran / Contra Report - Chapter 1 United States v. Robert
  15. Lawrence Walsh, « Vol. I : Investigations and prosecutions », Final report of the independent counsel for Iran/Contra matters, Independent Council for Iran/Contra Matters,‎ 4 août 1993
  16. a et b Iran-Contra Affair
  17. a et b Address to the Nation on the Iran Arms and Contra Aid Controversy
  18. (en) Louis Fisher, « How Tightly Can Congress Draw the Purse Strings? », American Journal of International Law, vol. 83, no 4,‎ octobre 1989, p. 758-766 (lire en ligne)
  19. « 1985-1992 Irangate », U-S-History.com
  20. George Cave, « Why Secret 1986 U.S.-Iran “Arms for Hostages” Negotiations Failed », Washington report on middle eastern affairs (wrmea.com)
  21. « Ronald W Reagan » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), kipnotes.com
  22. « In summary ; Nicaragua Downs Plane and Survivor Implicates C.I.A », The New York Times,‎ 12 octobre 1986 (lire en ligne)
  23. « Hasenfus Tempers Comments on C.I.A », The New York Times,‎ 3 novembre 1986 (lire en ligne)
  24. « White House shake-up : A task is handed to State Dept. ; Poindexter and North Have Limited Options », The New York Times
  25. PBS, WGBH, « Timeline of Ronald Reagan's life », American Experience, PBS,‎ 2000
  26. Tower Commission, « Tower commission report excerpts », The Tower Commission report
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  28. BBC NEWS | Americas | Reagan's mixed White House legacy
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  32. Michael Benhoff, « More gloss for the Gipper : The myth of Reagan's "enormous popularity" », FAIR,‎ mars-avril 1989
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  47. John Sutherland, « No more Mr Scrupulous Guy », The Guardian (consulté le 10 octobre 2006)
  48. David Espo et Liz Sidoti, « Bush Says Rumsfeld Is Stepping Down », Associated Press (consulté le 2006-11-08)
  49. « Personnel Announcement », The White House (consulté le 28 novembre 2006)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]